• Solidarité internationale

     Chaque jours à travers le monde, des voix s'élèvent contre les méfaits de la secte nucléaire.

    Rémy Pagani, maire actuel de Genève, écrit au maire démissionnaire de Futaba ( Préfecture de Fukushima - Voir l'article précédent ).

    Ceci est un engagement fort de solidarité envers le maire de Futaba, ainsi qu'au peuple japonais.

    Rémy Pagani soutient le collectif IndependentWho ( Pour l'indépendance de l'OMS ) :

    http://independentwho.org/fr/la-vigie-et-les-personnalites/

    Merci à lui et aux trop rares élus qui ont encore une conscience.

    Gaulois.

    De la part du Maire de Genève
    au Maire (démissionnaire) de Futaba (Fukushima)M. Katsutaka Idogawa
    Un message de solidarité

    Cher Monsieur,

    Ce fut un grand plaisir de vous accueillir au Palais Eynard en octobre de l’année dernière.

    J’ai appris que vous avez démissionné de votre poste de Maire de Futaba, une décision très difficile à prendre. Vous êtes le seul maire de Fukushima qui a fait évacuer les habitants et ouvertement critiqué le gouvernement et TEPCO pour leur ignorance et leur irresponsabilité. Vous avez pris toutes les mesures possibles pour protéger la population contre les risques des rayonnements.

    J’ai été effaré d’apprendre que le gouvernement japonais avait augmenté les doses admissibles de 1 mSv/an (la dose limite établie par la Commission Internationale de  Protection contre les Radiations) à 20 mSv/an. Il est reconnu, même par le CIPR, qu’il n’existe pas de niveau inoffensif de rayonnement et que les enfants sont plusieurs fois plus vulnérables aux rayonnements que les adultes. 

    Comment  le gouvernement japonais peut-il justifier cette augmentation de la limite de la CIPR ? Il est intolérable que les autorités utilisent la population de Fukushima comme cobayes. En effet, avec l’Agence Internationale de l’Energie Atomique et l’Organisation Mondiale de la Santé, elles sont en train de collecter des données sanitaires sur la population.

    J’ai appris que des centaines d’habitants de Fukushima ont été exposées à des retombées radioactives très élevées. La situation à Fukushima est sans doute pire que celle de Tchernobyl – et les critères d’évacuation y étaient plus stricts. Il parait que près de 40% des enfants sont diagnostiqués avec des problèmes de  thyroïde -  les premières maladies à se manifester - et que l’incidence des problèmes de  thyroïde augmente aussi en dehors de Fukushima. En dépit de cette situation alarmante, les autorités sanitaires cachent la réalité, nient les effets des rayonnements et ne font pas les examens médicaux nécessaires.

    Il est inacceptable que les habitants soient confinés dans des zones fortement contaminées. Il est complètement insensé que le gouvernement et la Préfecture de Fukushima envisagent de faire revenir dans quelques années la population de Futaba dans la zone mortellement irradiée. Les associations japonaises font état de multiples violations des droits humains. 

    Comme je vous l’ai promis, la Ville de Genève fera de son mieux pour aider à l’organisation des examens de santé appropriés en coopération avec des experts de la santé indépendants et avec le soutien d’associations telles qu’IndependentWHO. Si vous avez besoin d’autre  assistance, n’hésitez pas à me contacter.

    J’espère que de plus en plus de gens resteront solidaires dans votre combat pour la justice.

    Recevez, cher Monsieur, l’expression de mes sentiments les meilleures.

    Rémy Pagani


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  • Lettres des enfants de Fukushima.

    Je doute que l'ONU prête attention à ce message d'enfants victimes de la folie nucléaire.

    Faut-il encore et toujours le rappeler ; l'ONU, c'est l'AIEA, qui fait la promotion du nucléaire à travers le monde. L'ONU, c'est l'OMS, garante de la santé des peuples et qui, en matière de protection nucléaire, s'évertue à ne rien faire, puisque complice de l'AIEA. 

    Cette lettre est lue en présence du Professeur Michel Fernex, qui se bat depuis la catastrophe de Tchernobyl pour aider les victimes de cette folie humaine.

    Gaulois.

    "Lettres des enfants de Fukushima lues à l'ONU" par Taka Honda le 30.10.2012.

    http://kna-blog.blogspot.fr/2013/02/lettres-denfants-de-fukushima-lues-aux.html

    Une fille en 2ème année : Je ne prête pas attention aux rivières quand je vais à l'école. Je m'efforcerai de me laver plus souvent les mains à partir d'aujourd'hui.

    Un garçon en 4ème année : Je veux jouer dehors sans m'inquiéter de la radioactivité.

    Une fille en 5ème année : Je suis reconnaissante envers les gens qui transportent des poissons et de la nourriture de l'hémisphère Sud où la radioactivité est faible. Je tiens à les apprécier davantage quand je mange des aliments alors que beaucoup de personnes sont tellement préoccupées par la radioactivité dans la nourriture que je mange.

    Une fille en 5ème année : J'ai appris qu'il y a plus de 221 radionucléides dans le monde, et les champignons et la rouille augmentent dans les réacteurs nucléaires. Alors que notre gouvernement ne nous aide pas, j'apprécie qu'il y ait tellement de gens prêts à nous soutenir.

    Une fille en 6ème année : La radioactivité causera des maladies dans 10 ans. Je vais faire plus attention, et dire à mes amis de faire de même.

    Maintenant, j'espère que vous avez un peu idée de ce à quoi pensent les enfants de Fukushima.

    Je suis également très impressionné et ému d'apprendre qu'ils apprécient toujours énormément la vie malgré la situation très difficile dans laquelle ils doivent pourtant vivre.
     
    Pour terminer, je vous laisse ce message. C'est un peu long, mais s'il vous plaît écoutez-le.
    Il est écrit par une fille en 7ème année.

    Après l'accident dans les centrales nucléaires, alors que je regardais la TV j'ai entendu quelqu'un en parler, je suis devenue un peu inquiète de pouvoir tomber malade dans 10 ans ou plus, mais je n'étais pas très prudente.

    Mais maintenant j'ai appris, et il y a trois choses qui m'inquiètent.

    Numéro 1 : Je suis inquiète de pouvoir avoir un bébé en bonne santé comme un femme normale quand je vais grandir et me marier. Ma mère s'occupe très bien de moi. Elle demande à mon école de me garder à l'intérieur pendant les leçons d'éducation physique. Elle achète autant que possible de la nourriture d'endroits éloignés du Japon ou de l'étranger. Elle est tellement attentionnée. Mais je pense que j'ai déjà un peu de radioactivité

     à l'intérieur de mon corps. Donc, peut-être que mon corps est plus pollué

    que celui d'une personne normale. Je pense à la possibilité que mon bébé naisse avec des malformations. Si je n'ai pas de chance, peut-être que mon ventre est abîmé, et je ne pourrai pas avoir d'enfant du tout. Donc, je suis prête renoncer à avoir un bébé quand je serai plus âgée.

    Numéro 2 : Je suis inquiète de ce qui va arriver à Fukushima dans le futur.  J'aime beaucoup ma mère et mon père. Ils vivent à Fukushima. Mes amis, Grand-mère et Grand-père y vivent aussi. Je veux vraiment que nous partions tous quelque part loin d'ici, mais nous ne pouvons pas. Ma maman est si gentille qu'elle m'envoie dans les programmes de repos et récupération, mais beaucoup de mes amis n'y vont pas car leur mère ne le leur permettent pas. Je suis inquiète pour ma santé. Je suis encore plus inquiète pour la santé de mes amis, et celle des gens qui sont importants pour moi. C'est ma mère qui m'inquiète le plus. Elle a fait beaucoup d'efforts pour assurer ma sécurité. Récemment, j'ai fait un rêve où les gens à Fukushima mourraient dans quelques années à cause de la radioactivité. Cela m'effraie beaucoup. Ces pensées effrayantes me tiennent éveillée la nuit. J'espère que ce rêve ne se réalisera pas.

    Numéro 3 : Alors que les gens du gouvernement savent que nous souffrons, ils ne font rien. Je suis passée de la tristesse à être maintenant très en colère contre eux. Ils ne protègent pas nos vies. Les gens à Fukushima souffrent à cause des centrales nucléaires qui fabriquent du courant pour les gens de Tokyo. Et je pense que c'est une erreur que le gouvernement ne fasse rien pour nous aider et prétende ne rien savoir de nous. Non seulement le gouvernement, mais le gouvernement local de Fukushima ne fait rien non plus. Je veux leur dire, "Vous prétendez être victimes, mais en réalité vous êtes aussi coupables".

    Enfin, les gens de partout dans le monde pensent à nous, mais je le dis, ils ne savent pas grand-chose du danger d'avoir l'énergie nucléaire. Je veux parler du danger des radiations et demandez-leur de ne jamais répéter la même erreur.

    Je suis reconnaissante des choses que j'ai apprises. Cela m'a aidé à y voir plus clair.

    Comme vous l'avez entendu, les enfants de Fukushima s'efforcent toujours tellement de vivre une vie normale.

    Pouvez-vous les aider, s'il vous plaît ?

    ---

    A Fukushima, « on retire la terre ! »

    Ce passage, digne de la secte nucléaire  !!

    « Le retour d’une population est défini par le niveau d’irradiation des dépôts radioactifs, explique Philippe Renaud, de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Il faut donc, avant toute chose, diminuer ce niveau, mais dans les zones où l’on dépasse les 20 mSv/an, il n’y a pas grand-chose à faire !» Pour lui, c’est à chaque Japonais de décider s’il veut retourner chez lui. «Une dose de 10 mSv est équivalente à ce que l’on reçoit lors d’un scanner du corps entier. Si les gens qui se disent déracinés veulent revenir au prix de ce risque, pourquoi les en empêcher ? »

    http://www.liberation.fr/terre/2013/01/28/a-fukushima-on-retire-la-terre_877474

    28 janvier 2013 à 21:46

    Le jardind'enfants Kohitsuji à Fukushima, où le sol contaminé a été retiré, et où le matériel de jeu a été remplacé. (photo Jiji Press. AFP)

    Reportage Les liquidateurs s’efforcent de décontaminer les alentours de la centrale sinistrée. Avec l’espoir insensé de faire revenir les habitants.
    Par LAURE NOUALHAT Envoyée spéciale à Fukushima
    «Ma terre, je l’aime. La dépolluer est un devoir. Je ne me vois pas partir et ne rien faire.» Près de deux ans après le triple désastre qui toucha, en mars 2011, le nord-est du Japon, Takao, ancien paysagiste de 47 ans, fait partie d’une brigade de décontamination qui officie dans la province de Fukushima. Dans le petit village de Date, situé à 40 km de la centrale nucléaire, son équipe vient de terminer son ouvrage : scalper un terrain et ébrancher les pins qui faisaient de l’ombre à une petite maison blanche. Les troncs désormais lisses sortent de la terre mise à nu pour s’élancer vers le ciel bleu roi, offrant un spectacle de désolation. Avant les travaux, le compteur Geiger affichait 3 microsieverts/heure, soit 26 fois la dose annuelle admissible par l’OMS (1 millisievert par an). Depuis, la dose a baissé, mais reste 10 fois supérieure à la norme.
    Si les blessures du tremblement de terre et du tsunami cicatrisent grâce à la reconstruction, celles de l’accident nucléaire sont d’un autre genre. Villages, champs, bois et rivières, maisons et bâtiments publics… Tous ont été contaminés par un panache radioactif échappé de la centrale de Fukushima Daichi. Des radioéléments comme le Césium 134 ou 137 ont atterri sur la cime des arbres, les routes, les toits, les potagers… Comme à Tchernobyl en son temps, il faut décontaminer cette nature souillée avant tout retour potentiel.
    Emmitouflés dans des combinaisons blanches, masques sur le visage, les liquidateurs sont les seuls à arpenter ces hameaux désertés. Leur mission ? Décaper la nature. Munis de pelleteuses, de pelles, de pioches, ils enlèvent de la terre, des plantes, de la mousse, des feuilles mortes. Armés de jets à haute pression, ils rincent les toits, les équipements publics et poussent les sédiments dans les tranchées. Paysans, petits artisans, salariés, des milliers d’hommes du cru, pour la plupart volontaires, ont été formés sur le tas à la manipulation de déchets contaminés. Comme Isumi, 42 ans, ancien éleveur qui s’ennuie ferme depuis que les autorités lui ont interdit de commercialiser le lait de ses vaches. «Toute la journée, on retire la terre sur 5 à 7 centimètres avec des pelles mécaniques. Parfois, on le fait manuellement car les engins ne passent pas. On creuse avec des pelles et on désherbe les rives des cours d’eau. C’est un travail de longue haleine.» Les plannings de décontamination des habitations s’étalent effectivement sur cinq ans. «La priorité est donnée aux endroits fréquentés par les enfants : terrains de jeux, cours d’école, jardins», explique Hiroaki Kagaya, chargé du dossier à la préfecture.
    «Forêts». En 2012, l’administration a consacré 2,7 milliards d’euros à ces travaux titanesques. «Pour une maison dotée d’un terrain de 400 m2, il faut compter deux semaines de travaux et 10 000 euros, calcule le fonctionnaire. Après les habitations, il faudra s’atteler aux forêts et aux rivières, ce sera beaucoup plus long !» Et encore plus aléatoire. Car pour supprimer la contamination, on n’a rien trouvé de mieux que… de la déplacer. Après leur récolte, les déchets radioactifs sont stockés dans de gros sacs numérotés empilés un peu partout sur des terrains vagues, des champs ou des cours d’école. Avant leur stockage définitif prévu sur deux sites dans la région, et sur un troisième lieu - encore indéterminé - pour les déchets les plus dangereux.
    Selon les ONG, cet acharnement est inutile. Les radioéléments, en se répandant sur les forêts qui couvrent 75% de la zone, ont infiltré la terre ou les cours d’eau qui filent dans les rizières. A la moindre averse, ils réapparaissent, entraînés par le ruissellement. En juin 2012, la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (Criirad) a effectué des mesures dans des maisons décontaminées : six mois après les travaux, elle a noté des doses annuelles jusqu’à six fois supérieures à la norme de l’OMS. «Cela montre à quel point la décontamination est insuffisante, note Bruno Chareyron, de la Criirad, dans son rapport qui préconise l’évacuation définitive. On devrait aider les habitants à déménager vers des territoires non contaminés, et non leur promettre un retour.»
    C’est pourtant bien de retour dont il s’agit. En 2014, tout au plus, certaines familles pourront réintégrer leurs maisons. A condition que les niveaux d’exposition soient les plus bas possibles : de 1 à 5 millisieverts par an, voire 10. « Le retour d’une population est défini par le niveau d’irradiation des dépôts radioactifs, explique Philippe Renaud, de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Il faut donc, avant toute chose, diminuer ce niveau, mais dans les zones où l’on dépasse les 20 mSv/an, il n’y a pas grand-chose à faire ! »   Pour lui, c’est à chaque Japonais de décider s’il veut retourner chez lui. « Une dose de 10 mSv est équivalente à ce que l’on reçoit lors d’un scanner du corps entier. Si les gens qui se disent déracinés veulent revenir au prix de ce risque, pourquoi les en empêcher ? »
    «Hot spots». Car, pour les autorités locales et certains scientifiques, vivre en zone contaminée est désormais envisageable. Il suffirait de faire attention à ce que l’on mange, aux endroits que l’on foule et d’éviter les hot spots, ces points de radioactivité très élevée.
    Le retour, Norio Kanno en rêve. Maire du village d’Iitate-mura, dont les 7 000 habitants ont tous été éparpillés dans des logements temporaires, il essaie de convaincre ses administrés qu’une nouvelle vie sur place est possible. «Bien sûr, ce ne sera pas complètement comme avant, mais il faut y croire.» A Iitate-mura, la municipalité a replanté du riz sur des parcelles décontaminées. «Il était comestible. Le problème, c’est de convaincre les Japonais d’acheter les produits de Fukushima», s’inquiète cet élu, qui soupçonne les médias - surtout étrangers - de jouer sur les angoisses de la population. «Les gens pourront rentrer chez eux à la fin de l’année», clame-t-il. La préfecture, elle, se veut plus prudente. «Pour que les gens reviennent, il faut des taux de radioactivité suffisamment bas, mais aussi rétablir les infrastructures, rouvrir les commerces et fournir du travail», prévient Hiroaki Kagaya. Bref, réinstaller la vie.


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  • Le maire de futaba démissionne

    Face au comportement des autorités, Katsutaka Idogawa, maire de Futaba a démissionné. Ce n'est pas un renoncement, mais un appel à réagir positivement.
    Visionner son interventionau conseil des droits de l'homme à l'ONU :
    http://www.youtube.com/watch?v=h53lSGXGC_g
    La réalité à Fukushima - un avocat japonais prend la parole au conseil des droits de l'homme à l'ONU  :
    http://www.vivre-apres-fukushima.fr/le-maire-de-futaba-et-lavocat-de-fukushima-collective-evacuation-trial-ont-demande-laide-du-conseil-des-droits-de-lhomme-des-nations-unies/

    Ci-après en fin de page, une information selon laquelle le gouvernement autorise la culture du riz dans les zones contaminées. Ainsi, les japonais mourront plus vite ! C'est monstrueux.
    Gaulois.
     
    Traduit du japonnais en français et en anglais
     
    Eternellement Futaba (un message du maire)

    Le 23 janvier 2013
    Katsutaka Idogawa, le maire de Futaba

    Nous sommes confrontés à des conditions difficiles sans précédent comme réfugiés en conséquence de l’accident nucléaire. Cependant, nous ne pouvons pas être à la dérive sans fin. J’ai continué à demander au gouvernement de nous fournir un endroit où on pourrait s'installer pour la reconstruction de la communauté.  Malheureusement,  il m’a  manqué  du temps pour y réussir.
    Aujourd'hui, j'ai démissionné du poste du maire de Futaba, en espérant que nous serons réunis quelque part pour mener une vie paisible sans aucun risque de radiation. Je tiens à  profiter de cette occasion pour exprimer ci-dessous mes opinions personnelles fondées sur mon expérience et ma manière de voir les choses.

    1. Ne pas céder à l’accident
    Vous perdrez votre combat contre l'accident nucléaire si vous laissez les choses rester comme elles le sont maintenant. Il n’est pas souhaitable que les citoyens de Futaba capitulent. J'espère que vous allez gagner la lutte et persévérer pour  survivre. Nous sommes séparés pour le moment, mais réunissons-nous de nouveau une fois que le risque d'irradiation sera passé suite au déconditionnement  des réacteurs et que la cohabitation avec la nature deviendra possible de nouveau.
    Nos enfants, n’oubliez jamais les sentiments de déception que vous avez eus et vivez fort par tous les moyens pour rétablir Futaba. Pour remplir cette mission, ne cessez  pas d'apprendre et soyez des personnes respectueuses. Je souhaite que vous jouiez un rôle important dans le monde entier.

    (1) Souvenez-vous des points suivants pour triompher
    1. Le gouvernement nous a imposé l’évacuation de Futaba
    2. TEPCO et le gouvernement nous ont toujours assuré qu'aucun accident grave ne se produirait jamais
    3. Il existe un accord de sécurité entre Futaba, la préfecture de Fukushima et TEPCO
    4. Nous ne sommes pas responsables de l'accident
    5. Nous n’avons reçu ni excuse officielle ni compensation appropriée (rien de tangible)
    6. Ce n’est que vous qui pouvez exercer vos propres droits
    7. Nous avons été irradiés
    8. Nous serons obligés de nettoyer la radioactivité
    9. Les autorités ont augmenté la dose de rayonnement admissible à 20mSv par année (la dose de rayonnement admissible pour le public est inférieure à 1mSv par an)
     
    (2) Les choses à faire pour la victoire
    1. Identifier les personnes responsables de l'accident
    2. Faire une liste de tous les dommages que nous avons subis
    3. Quantifier les dommages accumulés
    4. Exiger le remboursement  des dommages
    5. Exiger le meilleur remboursement possible des dommages ou une solution de rechange (le déplacement provisoire de la ville)
    6. Insister sur l’absence de  responsabilité pour l’accident chez les habitants de Futaba
    7. Être conscient de ce qui se passe
    8. Tirer des leçons des victimes de la maladie de Minamata
    9. Allez parler avec les gens d'Hiroshima et de Nagasaki
    10. Être reconnaissant envers les gens qui nous soutiennent comme réfugiés
    11. Essayer de protéger votre santé et votre ADN en vous protégeant contre le risque d’irradiation
    12. Être conscient des conséquences de Tchernobyl et  ne jamais répéter la même erreur

    (3) Mobilisation (dans la défense de nos droits fondamentaux)
    1. Partagez les responsabilités parmi vous et formez des groupes de  recherche sur les sujets suivants pour résoudre les facteurs préjudiciables aux résidents de Futaba:
    • Mesure de contamination radioactive
    • Décontamination
    • Compensations
    • Logement
    • Emploi
    • Soins de santé
    • Cimetières
    • Scolarité
    • Construction d'installations de stockage provisoire des déchets nucléaires

    2. Création d'une commission d'enquête sur l’accident
    Aucun des rapports officiels sur l’accident ne présente la réalité vécue par les victimes qui ont été forcées d'évacuer les zones contaminées. Nous sommes responsables pour documenter les faits nous-mêmes afin d'éviter la désinformation ou la falsification des données par des tiers.

    2. Insister sur le droit de réclamer
    Organiser des collectifs de supporters, de juristes, de professionnels académiques, de bénévoles et de victimes d'irradiation pour obtenir les droits dus à la souveraineté du peuple et la restauration des droits de l'homme des victimes

    3. Appréciez les enseignements de nos grands ancêtres
    (1) Découvrir de nouvelles choses en prenant des leçons du passé
    Nous pouvons tirer des leçons du passé pour obtenir de nouvelles idées. L'histoire peut vous donner un aperçu du problème auquel vous êtes confronté. Autrefois, le clan de  Shineha, nos ancêtres, a été décimé par le clan de Soma. Ensuite, le clan de Choshu a vaincu le clan d’Aizu. En dépit de toutes ces défaites dans le passé, nos ancêtres ne périrent pas et nous sommes vivants aujourd'hui. Nous devons notre vie à nos ancêtres et nous sommes également responsables de transmettre notre ville natale aux générations à venir. Nous avons subi un accident sans précédent. Maintenant nous devons nous concentrer sur la protection de nos enfants contre les dommages génétiques causés par l’irradiation. Contre vents et marées,  persévérons pour rétablir Futaba.

     (2) Cinq plans de la vie
    Cette maxime de vie préconisée par Zhu Xing Zhong, un officier de l'ancienne Chine durant la dynastie de Song, contient beaucoup de sagesse sur la vie. Il comprend cinq projets pour la vie: le plan de vie, le plan du corps, le plan de la famille, le plan du vieillissement et le plan de la mort.

     (3) Noble Chemin Octuple
    On croit que le Bouddha a prêché le Noble Chemin Octuple comme un nouveau moyen de  recherche spirituelle.

    Vision juste ou compréhension juste
    Pensée juste ou discernement juste
    Parole juste
    Action juste
    Profession juste
    Effort ou persévérance juste
    Attention juste
    Concentration juste

    Nous ne sommes pas dans un esprit capable d'assumer ces enseignements. J'aimerais que vous vous souveniez de ces mots pour obliger TEPCO et le gouvernement à réaliser leurs responsabilités dans l'accident. Ils négligent et sous-estiment les droits fondamentaux des victimes de l’accident. J'espère aussi que ces enseignements serviront aux enfants de Futaba comme  guide de vie.
    Nous avons appris de nombreuses leçons face à l'accident, entre autres le mépris pour la vie humaine. Le gouvernement nous a ordonné d'évacuer la ville. Je considère cela comme une déclaration de guerre contre nous. Comment pouvons-nous lutter contre les autorités faute d’armes, de moyens et d’autorisations?
    Il y a un musée mémorial du camp de concentration d'Auschwitz dans la ville de Shirakawa (à Fukushima). Il est bien connu que les nazis ont massacré des millions de Juifs au gaz toxique. Quand il s'agit de Fukushima, les éléments  de la  santé et de la génétique (ADN) de la population y sont endommagés par la radioactivité toxique. Quelle ironie! Nous ne pouvons pas assurer la sécurité de la santé sans évacuer la population immédiatement. La décontamination doit être effectuée plus tard sur le long terme.
    Il manque un grand nombre d'études critiques qui pourraient justifier les normes de sécurité de la radioactivité artificielle. Certains disent que le rayonnement ne cause aucun impact sur notre santé, même quand la dose de radioactivité est de 20mSv par an. S'ils osent le dire, laissez-les vivre dans un tel endroit avec leurs familles pour prouver l'innocuité. C'est seulement alors que les gens pourront enfin rentrer à Fukushima. Ils se servent de la population de Fukushima comme cobaye. Ceci est comparable à la situation dans laquelle un tyran lance des missiles contre son propre peuple.
    Le slogan «pas de revitalisation du Japon sans reconstruire Fukushima" est orchestré partout.  En réalité, la majorité des gens ne croient pas que la reconstruction de Fukushima dans le vrai sens soit possible lorsque le nombre d'enfants diminue et que leurs vies sont en danger. Futaba a été rendue inhabitable en échange d'avoir consenti à la construction de la centrale nucléaire. Nous avons abandonné tout ce qui avait été construit grâce aux subventions accordées pour la centrale nucléaire.

    La préfecture de Fukushima a en effet joué un rôle important pour réaliser la construction de la centrale nucléaire en jeu. Sans son intervention, la ville de Futaba n'aurait  jamais pu  remporter l'enchère.  Certains disent que nous n'avons aucun droit de nous comporter en victimes car nous avons accepté la construction de la centrale nucléaire. Il me semble que nous n'avons nulle part pour  nous installer. Nous nous efforçons de survivre dans la détresse. J'ai demandé à l'ancien premier ministre Monsieur Kan de sauver les enfants, les personnes âgées et les parents dans la souffrance. Rien n'a changé. J'ai ensuite prié Monsieur Noda de nous traiter comme des membres légitimes du pays. En réalité, notre tolérance a dépassé le seuil. J'ai fait de mon mieux pour attirer l'attention sur notre situation dans les médias tout en recevant des critiques de la part des citoyens de Futaba.
      
    J'ai également lancé un appel auprès des autorités préfectorales de Fukushima. Elles n’ont pas donné de réponse concrète à ma demande et j'ai été déprimé. Le gouverneur de la préfecture de Fukushima a insisté sur la construction des installations de stockage temporaire de déchets nucléaires à Futaba en vue de la reconstruction de la préfecture. En retour, je lui ai posé la question à propos de la reconstruction de Futaba. Pas de réponse. Je lui ai alors demandé de nous offrir une nouvelle ville. Pas de réponse. Comment pouvons-nous discuter l'un avec l'autre?
    J'ai interrogé le chef du ministère de l'Environnement sur la raison pour laquelle on avait choisi Futaba comme le site possible de la construction de deux installations de stockage provisoire. Il a dit qu'il ne savait rien. Je lui ai ensuite demandé de me montrer les procès-verbaux sur ce sujet. Il m'a répondu qu'il n'exitait pas un tel document, disant qu'on n'allait effectuer que la recherche géographique (des sites) et qu'on n'avait pas l'intention de construire des installations de stockage temporaire. Comment puis-je y croire?
    Futaba, c'est une ville avec  une ancienne histoire et des actifs hérités de nos ancêtres. Quiconque est ignorant de notre histoire n'a pas le droit d'insister sur la construction des installations de stockage provisoire de notre ville. J'espère que vous allez prendre une décision sur cette question après une discussion adéquate. Je préfère que les jeunes prennent la décision finale.
    Rappelez-vous que vous allez perdre votre propriété si vous recevez le remboursement entier de la compensation. Cela signifie que vous allez perdre votre ville natale. Vous devez être bien conscients de ce fait si vous souhaitez rentrer à Futaba à l'avenir.

    Enfin et surtout, je tiens à exprimer ma sincère gratitude au peuple de Futaba, aux résidents des communautés locales dans et autour du district de Futaba et de Fukushima, au gouvernement japonais, à la préfecture de Fukushima, aux gens dans tout le Japon pour leur aide et leur soutien lors de l'évacuation après l'accident, aux membres de la Diète, aux membres des gouvernements locaux dans tout le Japon, aux habitants de la préfecture de Saitama et aux membres de l'Assemblée préfectorale de cette préfecture, aux citoyens de la ville de Kazo et aux  membres ses administrations locales, aux citoyens de la ville de Sakura, aux professionnels de la santé, aux travailleurs sociaux, à ceux qui nous ont fourni de précieuses informations et aux gens du monde entier qui nous ont soutenus. Je vous remercie de votre soutien. Je vous adresse ce message pour vous dire un grand merci.

    Je suis reconnaissant à vous pour votre soutien à long terme.

    Forever Futaba (message from the mayor)

    23 January 2013

    Katsutaka Idogawa, the mayor of Futabamachi

    We are faced with the unprecedented harsh conditions as evacuees. However, we cannot keep drifting from place to place forever. I have kept asking the government to provide us with a place to settle in for the reconstruction of the community. Unfortunately, I didn’t have enough time to achieve it.
    Today I submitted my resignation as the mayor of Futaba, hoping that we will be reunited somewhere to lead a peaceful and radioactive-free life. I would like to take this opportunity to express my personal views as below based on my approach and experiences to date.

    1. Fight over the accident
    You lose your fight over the nuclear accident if you allow things to remain as they are now. I don’t want the people of Futaba to surrender. I hope that you will win the fight and strive to survive. We are split apart at the moment, but let's get together again once the risk of radiation is gone when the decommissioning of the reactors is completed and the cohabitation with nature becomes possible.
    To our children- never forget the feelings of disappointment you have had and live strong at any price to reconstruct Futaba. To achieve this goal, don't stop learning and be a respectful person. I wish you would lead the world.

    (1) Keep the following things in mind to win the fight
    1. The government demanded the evacuation from Futaba
    2. TEPCO and the government assured us that no accident would ever occur
    3. There is a safety agreement among Futaba, Fukushima Prefecture and TEPCO
    4. We are not responsible for the accident
    5. There is no official apology and compensation (nothing tangible)
    6. Nobody but you can exercise your own rights
    7. We were irradiated
    8. We will be forced to clean up the radioactivity
    9. The authorities have revised the admissible radiation dose up to 20mSv/year (the admissible radiation dose for the general public is less than 1mSv/year)i

    (2) Things to do for the victory
    1. Identify the people responsible for the accident
    2. Make a list of all the damages we have suffered
    3. Quantify the accumulated damages
    4. Demand the recovery of loss
    5. Demand the maximum possible recovery of loss and the alternatives for loss  (a tentative relocation of the town)
    6. Insist that Futaba Town and its people have no responsibility for the accident
    7. Be aware of what is happening
    8. Take the lessons from the victims of the Minamata diseaseii
    9. Go and talk with the people in Hiroshima and Nagasaki
    10. Always be grateful to the people who have supported us in refuge
    11. Try to protect your health and DNA by protecting yourself from radiation
    12. Be aware of the consequences of Chernobyl and never repeat the same mistake

    (3) Mobilise (in the defence of our fundamental rights)
    1. Share the roles and form the groups for the research into the following issues to resolve factors detrimental to for the residents in Futaba:
    Contamination survey 
    Decontamination 
    Compensations
    Housing 
    Employment 
    Health care
    Cemeteries
    Schooling 
    Construction of interim storage facilities for nuclear waste
    2. Creation of an accident investigation board
    In the official accident reporting, there is no mentioning of the reality of the residents who were forced to evacuate from the contaminated zones. We are responsible for keeping the accurate record by ourselves to avoid the misinformation or falsification of data by the third parties.

    2. Insist on the right to claim 
    Organise the collectives of supporters, legal experts, academics, volunteers and victims of irradiation to win over the sovereignty rights of the people and the restoration of the human rights of the victims

    3. Cherish the teachings of our great ancestors
    (1) Discover new things by taking lessons from the past
    We can take lessons from the past for new ideas. The history can give you an insight into the problem you are facing. Long time ago, the Shineha clan, our ancestors, were decimated by the Soma clan. Then the Choshu clan defeated the Aizu clan. In spite of all those defeats in the past, our ancestors did not perish and we are here now. We owe our life to our ancestors and are responsible for passing down our town to the next generations. We have undergone an unprecedented accident. Now we should focus on protecting our children from the genetic damage  caused by the radiation. Come hell or high water, let's keep going on for the reconstruction of Futaba.

     (2) Five plans in life
    This maxim of life advocated by Zhu Xing Zhong, an officer of ancient China during the Song Dynasty, contains much wisdom about life. It comprises five plans for  life: life plan, body plan, family plan, aging plan and death plan.

     (3) Noble Eightfold Path 
    It is believed that the Buddha preached the Noble Eightfold Path as a new way of spiritual seeking.

    Right view: the right way of looking at things
    Right intention: Correct understanding of right view
    Right speech: speech without false words
    Right action: right conduct
    Right livelihood: right occupation
    Right effort: right diligence
    Right mindfulness: right attention
    Right concentration: right meditation

    We are in no state of mind of assuming these teachings. I wish you could keep these words in mind to make TEPCO and the government realise their responsibilities for the accident. They are neglecting and underestimating the fundamental human rights of the victims of the accident. I also hope that these teachings will serve as life guidance for the children of Futaba.
    We have taken many lessons from the accident in Fukushima- among other things the disdain for human life. The government ordered us to evacuate from the town. I consider this to be a  declaration of war against us. How can we fight against the authorities without arms, means and authorisations?
    There is a memorial museum of Auschwitz concentration camp in Shirakawa City (in Fukushima). It is well known that Nazis massacred millions of Jews with poisonous gas. When it comes to Fukushima, the health and genetic structures (DNA) of the population there are being damaged by poisonous radioactivity. What an irony! We cannot guarantee the safety of health without evacuating the population immediately. Decontamination should be conducted later over a long period of time.
    There are not a sufficient number of credible studies that prove the safety standard of man-made radioactivity. Some say that the radiation does not cause any impact on our health even in a living condition of radioactive dosage of 20mSv/year. If they dare to say so, let them live in such a place with their families to prove the safety.  It is not until then that the people can finally return to Fukushima. They are using the people in Fukushima as guinea pigs. It is essentially identical to the situation in which a tyrant is launching missiles against his own people.
    The motto "no revitalisation of Japan without the reconstruction of Fukushima" is orchestrated though not a few people believe that the reconstruction of Fukushima in the true sense will never be possible when the number of children is decreasing and their lives are in danger. Futabamachi was made uninhabitable though the town was requested  to set up the nuclear power plant. We left behind everything funded by the subsidies granted for the nuclear power plant.

    We could not have accepted to build the nuclear power plant in the town without major  intervention of Fukushima Prefecture. People say that we do not deserve to play the victim as we accepted the construction of nuclear power plants. We feel like we have nowhere to go. We are striving to survive in distress. I begged the former premier Mr. Kan to save the children, the elders and the parents in agony. Nothing has changed. I then appealed to Mr. Noda to treat us as legitimate members of the country. In reality, our tolerance has reached its threshold. I did my best to appeal for attention to our plight in the media while receiving criticism from the townspeople.    
      
    I also appealed for attention to our plight to the prefectural authorities. I recently raised the issues with them. They did not give me any concrete answer to my request and I was depressed. The governor (Mr. Sato) of Fukushima Prefecture insisted on the construction of the interim storage facilities of nuclear waste in Futaba in view of the reconstruction of the prefecture. In return, I asked him about the reconstruction of Futaba. No answer. I then asked him to give us a new town. No answer. How can we discuss with each other?
    I asked the chief of the Ministry of Environment the reason for deciding to build two interim storage facilities in Futaba. He said he had no idea. I then asked him to show me the relevant meeting minutes. He replied to me saying that there was no such document. They said that they would only conduct the geographical research (of the sites) and that they had no intention to build the interim storage facilities. How can I believe them?
    We have history and assets inherited  from our ancestors. Anyone who is ignorant of our history has no right to insist on the construction of the interim storage facilities in our town. I hope that you will make a decision on this issue after adequate discussion. I prefer that the young people will make the final decision. 
    Please keep it in mind that you will lose your property if you receive the full reimbursement for the compensation. This means that you will lose your hometown. You have to be well aware of this fact if you wish to go back to Futaba in the future.

    Last but not very least, I would like to extend my sincere gratitude to the people of Futaba, the residents of local communities in and around Futaba County and Fukushima, the government and Fukushima Prefecture, the people in all over Japan for their aid and support in evacuation after the accident, the members of the Diet, the members of local governments all over Japan, the people of Saitama Prefecture and the members of prefectural assembly, the citizens of Kazo City and its local government members, the citizens of Sakura City, the medical professionals, the welfare workers, the people who have provided us with precious information and the people all over the world who have supported us. We owe it to your support. I leave this message to you by expressing my gratitude to you.

    I am thankful to you for your long-term support.

    ---   

    La culture riz autorisée dans zones contaminées

    30 janvier 2013

    http://bistrobarblog.blogspot.fr/2013/01/ultraman-30-janvier-2013-culture-riz.html

    C'est du n'importe quoi dans le Japon radioactif sous le PDL : le gouvernement autorise la culture du riz dans d'anciennes zones d'évacuation qui dépassaient 500 Bq/kg en 2011
    Il n'y a pas que la Bourse (avec les superbes surenchères de Goldman Sachs pour pouvoir vendre aux pigeons) qui est devenue folle au Japon. C'est tout et n'importe quoi, y compris d'autoriser la culture du riz dans les zones les plus contaminées de Fukushima.
       
    Voici la dernière d'après la chaîne financée publique NHK News (29 janvier) :
    La restriction sur la culture du riz va être assouplie dans la préfecture de Fukushima
    Le ministère de l'agriculture a annoncé sa politique d'assouplissement de la restriction sur la culture du riz dans des régions de la préfecture de Fukushima et autoriser les agriculteurs à faire pousser du riz dans des zones dont le riz testé au césium radioactif dépassait 500 Bq/kg en 2011, du moment où tous les sacs de riz sont testés avant commercialisation.

    Selon la politique annoncée le 29 janvier par le ministère, les zones de Fukushima qui cultivaient le riz l'année dernière y seront autorisées cette année tant que des mesures seront prises comme le test de tous les sacs de riz.

    Les zones qui avaient l'interdiction de culture, comme la zone de préparation à une évacuation d'urgence et celles où des matériaux radioactifs dépassant 500 Bq/kg ont été détectées par des tests faits en 2011, seront également autorisées à la culture tant qu'il existe des plans de gestion pour les rizières sur place et que tous les sacs de riz sont testés avant commercialisation.

    Dans l'ancienne zone d'évacuation de 20 km, la zone planifiée d'évacuation et les zones désignées comme d'habitation limitée, le riz sera cultivée cette année comme expérience pour le redémarrage de culture dans l'avenir. Le ministre de l'agriculture, Hayashi, a dit dans une conférence de presse, ''en se basant sur les intentions des habitants locaux, nous préparons un soutien d'aide aux efforts pour redémarrer la culture du riz. Nous aimerions voir dès que possible une agriculture qui se reconstruit dans les zones touchées par la catastrophe.''
       
    Les intentions des habitants locaux ??? Et les intentions des consommateurs ?

    Les consommateurs ont été trop aimables et raisonnables, j'en ai peur. Une majorité sur Twitter dit de la nourriture contaminée au césium radioactif qu'ils ne soutiennent ni ne participe à la campagne du gouvernement du ''Mange et soutiens''. Beaucoup (avec quelques rares exceptions ici et là) ne veulent pas blesser les fermiers des zones contaminées de Fukushima, Miyagi, Iwate et le nord de Kanto. Dire qu'ils ne soutiennent pas la campagne du gouvernement n'a rien à voir avec l'arrêt de la distribution de nourriture contaminée au Japon et au-delà (en Thaïlande, par exemple).

    C'est faux de dire que ''tout le Japon a été contaminé et donc que la nourriture cultivée partout est contaminée'', comme le disent ceux qui citent souvent Koide de l'université de Kyoto. D'après ce que j'ai lu, ce dont parle le Dr Koide est la contamination venant des tests atmosphériques, pas forcément de l'accident de Fukushima. Mais il n'approfondit pas et les gens ne s'embêtent pas à le faire.

    Il y a des aliments un peu plus sains disponibles à l'ouest du Japon et à Hokkaido où les retombées de Fukushima ont été négligeables. Et pourtant on dit aux japonais de manger des aliments cultivés dans les zones contaminées, pour que les agriculteurs puissent gagner de l'argent et repartir (ce qui fait que le gouvernement national n'a pas besoin de les indemniser). Ceux qui ont les moyens achètent tranquillement la nourriture à l'ouest du Japon. Ceux qui ne le peuvent arrêtent tout simplement d'acheter.

    Je n'ai jamais aimé les attaques du Pr Hayakawa par les consommateurs qui ne manifestent pas contre la nourriture contaminée mais qui le font contre l'élimination à grande échelle des débris de la catastrophe qui s'avère aussi contaminés aux matériaux radioactifs. Je ne suis toujours pas d'accord avec le Pr Hayakawa sur les débris de la catastrophe, mais je dois être d'accord avec lui sur la nourriture.

    Si, par exemple, les gens qui avaient l'habitude de se rassembler en grand nombre devant la résidence du premier ministre à Tokyo chaque vendredi avaient crié ''Nous ne voulons pas manger des aliments contaminés !'' au lieu de chanter à sens unique ''Pas de redémarrage des centrales nucléaires !'', je me demande quelle différence cela aurait pu faire. Je sais que ce ne serait pas arrivé car les organisateurs de l'événement étaient pour ''manger et soutenir'', et que la contamination de Tohoku et Kanto n'était pas un problème pour eux.
    par Hélios



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  • Souriez, vous êtes irradiés !

       Une déclaration, une injure de plus aux victimes, à mettre sur le compte de la secte nucléaire.

    Vous lisez bien :

    " L'impact de la radioactivité ne vient pas vers les personnes souriantes. Il vient vers les personnes nerveuses (...) Ceci est prouvé par l'expérimentation sur les animaux "
    Yamashita Shunichi, Département de Médecine moléculaire de l'Université de Nagasaki,
    intervenant à Fukushima.

    http://www.youtube.com/watch?v=g0i7BgwNtiQ

    http://onaironaironair.wordpress.com/2011/05/27/conferencier-shunichi-yamashita-professeur-duniversite-de-nagasaki/

    ---

    On ne vit jamais deux fois la même chose

    http://fukushima-diary.com/

    [Édito]

       Le 18 mars 2011 à 13:00, j’étais dans une voiture toutes fenêtres fermées et climatisation coupée.
    C’était deux jours après que le plus gros nuage de retombées ait touché Tokyo et la révolution était toujours dans l’air.
    Je travaillais comme ingénieur civil sur un chantier BTP.
    Parce que Tepco avait commencé son “Blackout Électrique” pour nous montrer à quel point l’électricité est précieuse, on ne pouvait plus travailler à l’intérieur des bureaux et j’ai été affecté au chantier pour le travail de terrain.
    La décision de la société de nous faire travailler dehors parce que nous ne le pouvions plus à l’intérieur aurait été juste si la radioactivité n’avait pas été là.
    Je ne pouvais pas comprendre pourquoi ils ne comprenaient pas le risque radioactif mais je devais obéir sous peine d’être viré.
    Je demandais à mes amis des réseaux sociaux – la plupart d’entre eux étaient hors du Japon – de m’envoyer un email dès qu’il se passait quelque chose de terrible à Fukushima.
    Ce jour-là j’ai appris deux choses :
    1. Si vous suivez les vieux japonais vous êtes cuits.
    2. L’information est capitale, vraiment.
    En regardant les cendres voler au-dessus de la rue, je me rêvait éveillé d’être le dernier être vivant de l’île, rapportant le niveau de radioactivité, les créatures mutantes et mes propres problèmes de santé.
    1 an et 10 mois sont passés. Je suis de l’autre côté de la planète.
    Toutefois, je ne retrouverai jamais ce que j’ai perdu pendant mes stupides rêves éveillés de ces jours-là.
    Il y a 2 types d’erreurs. Les unes sont celles que vous pouvez rattraper à tout moment, comme de se couper les cheveux trop court, ou bien de se tromper d’achat, etc. Les autres sont celles que vous ne pouvez pas réparer, comme la santé ou le temps.
    Chaque fois que je regarde cette photo je pense à ça.
    Ne gaspillez pas cet éditorial, j’espère que vous apprenez de mes regrets.

    ---

    «Fukushima a brisé des familles»

    Le Courrier  
    16 JANVIER 2013

    http://www.lecourrier.ch/105036/fukushima_a_brise_des_familles

    Thierry Jacolet
    IMPACT SOCIAL • L’accident nucléaire a provoqué une fracture sociale dans la région contaminée. Le chercheur Alain Kaufmann a étudié sur place ses répercussions sur la vie des habitants.
    C’est une menace invisible et inodore. Elle a pourtant déjà fait pas mal de dégâts depuis qu’elle est entrée par effraction dans la vie des habitants de la Préfecture de Fukushima, il y a bientôt deux ans. Le risque radioactif a fait éclater des familles et des communautés entières parmi les 2 millions d’habitants de cette région contaminée. Mais aussi au sein des milliers d’évacués des environs de la centrale accidentée qui ont été envoyés dans cette préfecture pour être logés dans des abris provisoires.
    «Le désastre a provoqué une fracture sociale», résume le sociologue des sciences Alain Kaufmann. Le directeur de l'Interface sciences-société à l’Université de Lausanne a séjourné dernièrement dans cette préfecture meurtrie avec trois collègues de l’Université de Caen, dans le cadre d’un programme de recherche du CNRS baptisé NEEDS (nucléaire, environnement, énergie, déchets et société). Il a rencontré les autorités et la population. Interview.
    Quel est l’impact social de la catastrophe?
    Alain Kaufmann: Les conséquences sont profondes. Près de 250 000 personnes ont été déplacées dans et à l’extérieur de la Préfecture de Fukushima. Beaucoup de familles ont été brisées car il y a eu de fortes tensions concernant ces départs. Ce qui a conduit à une hausse du nombre de divorces. Les hommes, qui assurent le plus souvent le revenu de la famille, ont dû ou voulu rester en zone contaminée. Les femmes sont souvent parties avec les enfants.
    Ce sont les mères de famille qui souffrent le plus?
    Oui car ce sont elles qui se projettent le plus dans le futur à travers leurs enfants, notamment leurs filles car elles ne savent pas si leurs filles pourront avoir un jour des enfants ou s’il y a un risque d’anomalies. Cette mémoire s’inscrit dans les corps des femmes et pourrait se transmettre de génération en génération. Fukushima a réactivé le spectre d’Hiroshima et de Nagasaki.
    Comment sont accueillies les personnes transférées de la zone évacuée vers les villes ou villages de réfugiés?
    Pas nécessairement bien. Les autorités locales craignent une stigmatisation. Certains cas ont été rapportés dans les médias concernant des enfants dans les écoles. Ce phénomène avait déjà été observé à Hiroshima et Nagasaki avec les hibakushas. Des communautés ont été souillées par la radioactivité. Certaines personnes ne veulent même pas déclarer qu’elles sont déplacées. Elles se sentent déclassées par leur statut de «réfugié».
    De quelle manière ces réfugiés du nucléaire tiennent-ils le coup?
    Par la reconstruction communautaire. Les gens hébergés dans des appartements ou des villages provisoires sont souvent très seuls au début. Alors, ils reconstituent des communautés de personnes déplacées. C’est le cas de certaines paysannes du village d’Itate qui se sont remises à pratiquer l’agriculture bio près de la ville de Fukushima. Les rituels traditionnels contribuent aussi à mieux digérer la catastrophe. Le drame est que ces réfugiés sont sortis de leur communauté. Ils n’ont plus leur réseau de sociabilité. Certains sont relogés dans des conditions difficiles comme des containers. Ils le vivent très mal.
    Et dans les zones contaminées, comment les habitants restés sur place se comportent-il face à la radioactivité?
    Comme on a pu l’observer à la suite de Tchernobyl, mais de manière beaucoup plus importante, les gens tentent de s’approprier les moyens de radioprotection, en faisant eux-mêmes des mesures. En particulier les paysans qui analysent leur production pour limiter la contamination alimentaire. Le citoyen doit se débrouiller seul. C’est grave. L’Etat s’est déresponsabilisé.
    Quels genres de traumatismes avez-vous observé parmi la population?
    On observe beaucoup de stress post-traumatique, notamment chez les enfants qui sont logés dans les villages provisoires de réfugiés. Il y a aussi beaucoup de colère.
    De la colère contre qui?
    Contre le gouvernement, les industriels du nucléaire, certains scientifiques et experts japonais. Ils font des discours lénifiants pour dire qu’il n’y a pas de risque. Comme certains lobbys pronucléaires au niveau international, ils affirment que les effets les plus dévastateurs des accidents nucléaires sont liés à l’anxiété – la radiophobie – et non l’irradiation. Un expert japonais a même dit qu’il fallait sourire aux radiations pour ne pas subir de dommages! Il y a une crise de confiance parmi la population. Les autorités ont même revu à la hausse les doses limites de radioactivité considérées comme acceptables dans le reste du monde. Il y a aussi eu une campagne de culpabilisation des Japonais qui ne mangeaient plus les produits en provenance de Fukushima. Ils ont été taxés de mauvais citoyens.
    Les autorités font-elles quand même des efforts en matière de prévention ou de protection?
    Les autorités de Fukushima et le gouvernement sont dans une optique de retour à la normale et de reconstruction avec le programme de décontamination (ndlr: ébranchage, nettoyage au Kärcher de bâtiments, décapage de la terre sur 5-10 centimètres...). Il est très difficile pour un Etat d’abandonner une partie importante de son territoire pour des centaines d’années. Comme il est très difficile sur le plan culturel et affectif d’abandonner ou de raser des sites parfois sacrés tels que des forêts contaminées. La catastrophe nucléaire produit une fracture irréversible dans le temps et dans l’espace. C’est toute la mémoire sociale qui est affectée, comme la capacité à se projeter dans le futur. I


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  • Fukushima : le CNRS tait la vérité et domestique les masses

    Fort heureusement, ils ne sont pas tous larbins du nucléaire au CNRS. Rendons grâce à Thierry Ribault pour son courage.

    Gaulois.

    Tribune 16/01/2013 à 08h01
    http://www.rue89.com/rue89-planete/2013/01/16/fukushima-le-cnrs-tait-la-verite-et-domestique-les-masses-238627

    Thierry Ribault | Economiste au CNRS

    Le CNRS a rendu accessible le 7 janvier un dossier scientifique multimédia   http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosnucleaire/index_gd.htm  sur l’énergie nucléaire, destiné au « grand public ». Chercheur au CNRS en poste au Japon, où je travaille sur les modalités de la protection humaine dans le contexte du désastre de Fukushima, je tiens à me dissocier des propos tenus dans cette « animation », destinée à domestiquer les masses et taire la véritable situation à Fukushima.
    Dans ce dossier « scientifique » aux desseins animés, les affirmations dénuées d’argumentation et prenant des allures d’évidences indiscutables sont légion. Ainsi, il y est certifié que :
    « Le nucléaire est un investissement politique sur le très long terme, qui impose des décisions sur plusieurs décennies, difficiles à remettre en cause même après un accident nucléaire majeur comme celui de Fukushima. »
    On apprend également que :
    « Le rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur la catastrophe de Tchernobyl, paru en 2005 sous l’égide des Nations unies, a évalué le nombre de décès de victimes immédiates de l’accident à moins de 50, et à 2 200 celui de l’excès de décès entraîné par l’exposition à la radioactivité des 200 000 “liquidateurs” les plus exposés. »
    Des estimations remises en question
    Rappelons que ces estimations ont été contestées par l’Union of Concerned Scientists (qui annonce 25 000 morts), ou par l’Académie des sciences de New York (qui en annonce entre 211 000 et 245 000, 15 ans après la catastrophe).
    En Ukraine, un rapport gouvernemental de 2011 rend compte de 2 254 471 personnes affectées par le désastre de Tchernobyl, dont 498 409 enfants. Entre 1992 et 2009, chez les enfants ukrainiens, les maladies endocriniennes ont été multipliées par 11,6, les pathologies de l’appareil locomoteur par 5,3, les maladies du système gastro-intestinal par 5, les maladies cardiovasculaires par 3,7 et les troubles du système urogénital par 3,6.
    La proportion d’enfants présentant des maladies chroniques est passée de 21% à 78%, et sur les 13 136 enfants nés des « liquidateurs » de Tchernobyl de 1986-1987, 10% présentaient des malformations congénitales à la naissance.
    Parodie de « neutralité scientifique »
    Les Nations unies constituant par ailleurs manifestement l’unique source accréditée par les contrôleurs scientifiques du CNRS, pourquoi ces derniers ne se réfèrent-ils pas au rapport radionégationniste de 2011 de l’United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation (UNSCEAR) ?
    Ce dernier fait état de 62 morts – 15 morts du cancer de la thyroïde et 47 morts parmi les secours d’urgence – en tout et pour tout en lien avec l’irradiation due à la catastrophe de Tchernobyl.
    Faire état de quelques nuisances radio-induites supplémentaires ne peut, il est vrai, que servir la déplorable parodie de « neutralité scientifique » à laquelle ils s’adonnent, en concubinage avec leurs « partenaires » (CEA [Commissariat à l’énergie atomique], ANDRA [Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs], IRSN [Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire], EDF, AREVA).
    « Domestiquer les masses »
    A Fukushima, selon le même dossier, « une zone rouge de 20 km a été délimitée, dans laquelle le gouvernement travaille à la dépollution : nul ne sait quand les quelque 110 000 habitants seront autorisés à rentrer », sans que soit fait mention des vastes zones inhabitables situées à 40 km de la centrale et bien au-delà, et sans que soit rappelé que le critère de définition de la zone de migration obligatoire a été fixé à une dose de 20 millisieverts par an, soit quatre fois plus qu’à Tchernobyl et vingt fois la norme internationale d’inacceptabilité.
    La fameuse « non-imposition des valeurs », à laquelle faisait référence Max Weber dans sa conférence de 1917, « La science, profession et vocation » (si chère à certains chercheurs du CNRS qui, récemment réunis en colloque, l’y revendiquaient encore), ne s’est, de fait, pas imposée dans l’élaboration de ce dossier sur le nucléaire, destiné plutôt, comme dirait Weber lui-même, à « domestiquer les masses ».
    Ce que le dossier du CNRS se devait d’établir concernant le désastre de Fukushima, et que ses exécutants académiques ont choisi de ne pas dire, je souhaite le dire aujourd’hui après bientôt deux ans de travail sur place.
    Fukushima : les silences du CNRS
    Le désastre de Fukushima, c’est une diffusion de césium 137 dans l’atmosphère 500 fois plus importante qu’à Hiroshima, d’après le physicien artisan du nucléaire japonais Anzai Ikuro. C’est aussi, selon le Norwegian Institute of Air Research, la plus grande émission de gaz rare xénon 133 connue en dehors des essais nucléaires : plus de deux fois les émissions de ce gaz à Tchernobyl.
    C’est un tiers du département de Fukushima contaminé à un taux supérieur à 37 000 becquerels par mètre carré (pour le seul césium 137), et au moins treize départements contaminés, le tout représentant 8 à 10% du territoire japonais.
    C’est 1 532 barres de combustible de 3 tonnes et de 4 mètres de long chacune, stockées dans la piscine du réacteur n°4, au cinquième étage d’un bâtiment qui menace, à la première secousse, de s’effondrer, suscitant ce commentaire laconique du Pr. Hiroaki Koide, spécialiste des réacteurs à l’université de Kyoto : « Ce serait la fin ».
    Le 4 janvier 2013, le Pr. Koide reconnaît dans un entretien qu’il nous a accordé qu’« il existe une marge de manœuvre tant que, d’une part, la température de la piscine n’excède pas les 170°C et que, d’autre part, la disposition des barres n’est pas modifiée ».
    100 000 habitants de Fukushima qui ne peuvent pas partir
    Le désastre de Fukushima, c’est 24 000 employés ayant travaillé sur les lieux depuis mars 2011, dont seulement 3,7% peuvent bénéficier d’un examen de détection de cancer proposé par les autorités et TEPCO. C’est, sur les deux millions d’habitants du département, seulement 100 000 réfugiés du nucléaire ayant migré à l’intérieur du département et 63 000 autres l’ayant quitté.
    C’est seulement 10% des enfants du département déplacés en dehors de celui-ci. C’est un tiers des 300 000 habitants de la ville de Fukushima affirmant vouloir partir sans pouvoir le faire. Ce sont les aides au retour mises en place par le gouvernement, pour inciter les réfugiés à revenir dans des zones pourtant identifiées comme contaminées, et c’est depuis décembre 2012 la suppression de la gratuité des logements publics pour les réfugiés hors du département.
    Le désastre de Fukushima, c’est la mise en place de la plus grande enquête sanitaire sur les effets des radiations jamais conçue, qui permettra de collecter, d’ici 2014 et sur trente ans, les données relatives aux habitants du département, dont 360 000 enfants, les objectifs de l’équipe en charge étant de « calmer l’inquiétude de la population » et d’« établir un record scientifique ».
    Sur les 80 000 enfants examinés pour la thyroïde, 39% présentent des nodules de moins de 20 mm et des kystes de moins de 5 mm d’épaisseur. Un premier cas de cancer de la thyroïde a été officiellement déclaré chez un enfant de moins de 18 ans le mardi 11 septembre 2012.
    « Les gens regardent ailleurs »
    Le désastre de Fukushima, c’est cet habitant de la ville de Fukushima qui nous déclare lors d’un entretien, en novembre 2012, que le ghetto de Varsovie et les zones contaminées de Fukushima, c’est une seule et même chose :
    « Les gens de l’extérieur savent que s’y trouve l’antichambre des camps de la mort, regardent ailleurs et continuent de certifier que le nucléaire, c’est incontournable. »
    Voilà la « protection » mise en œuvre à Fukushima, qui ne suscite que silence dans le dossier nucléaire du CNRS. « L’ignorance c’est la force », disait Orwell. Dans cette situation d’effondrement de la conscience humaine, de grande inversion où le désastre est nié dans ses conséquences négatives, pour être transmué en opportunité d’affaires dans un milieu morbide auquel chacun est sommé de se soumettre, la prise de position en faveur de la vie est devenue un programme révolutionnaire.
    Raccourcir la période de nocivité des managers de l’organisation des apparences, mettre en cause l’ensemble des intérêts qui gouvernent la dégradation du tout, tromper les trompeurs, renverser les inverseurs, évacuer les évacuateurs : voilà ce que, à mes yeux, doit « chercher » à faire un chercheur au CNRS.
    Non pas se contenter d’un engagement, piètre variante de la mise au service du nucléaire attestée ici par la mobilisation des scientifiques de caserne, mais, face aux actes déraisonnés des producteurs d’ignorance et à la déshumanisation qu’ils promeuvent, faire preuve d’un véritable enragement.


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  • Séjour en territoire non contaminé pour des enfants de Fukushima

    Voici le témoignage d'un ami lors de son séjour au Japon. 

     Membre du collectif  " IndependentWho " ( Indépendence pour l'OMS ) , Christophe Elain représente le collectif genevois afin de fédérer les moyens entre différents pays dont le japon, victime de la catastrophe de Fukushima.

    Gaulois.

    http://independentwho.org/fr/2013/01/08/sejour-enfants-fukushima/

    8 - janvier - 2013

    Makiko Fujimoto
    A l’occasion des vacances de fin d’année, un troisième séjour a été organisé dans la ville de Takashima, une ville proche de Kyoto, pour des enfants vivant dans des zones fortement contaminées par la catastrophe de Fukushima.
     
    C’est une mère de famille, Makiko Fujimoto, qui est à l’initiative de ces séjours, simplement parce que pour elle, il est naturel de faire le maximum pour que les enfants, d’où qu’ils soient, puissent être heureux, sans souffrances.
     
     
    Pas habituée à organiser ce genre d’événement, cela n’a pas été simple pour elle au début mais elle a eu l’agréable surprise de voir les bonnes volontés répondre présentes de diverses manières (dons d’argent, dons d’aliments, gîte loué à prix coutant, bénévoles pour cuisiner…).

                                                              Des bénévoles très efficaces en cuisine

    Ainsi, après un premier séjour au printemps 2012, puis un second durant l’été, c’est une quarantaine d’enfants, accompagnés d’une dizaine de parents, qui ont pu bénéficier pendant 9 jours de ce troisième séjour et quitter pour un petit moment les endroits fortement contaminés où ils vivent.
    Pendant quelques jours, ils vont donc pouvoir bénéficier d’une nourriture non contaminée, biologique, variée et très bien présentée.
     

                                                                   Une nourriture variée et non contaminée

    Jeux variés et activités diverses sont aussi au programme et l’ambiance qui règne et les rires montrent que tout cela est fort apprécié.

                                               Atelier « Mochi », préparation traditionnel à base de riz gluant

    Si les enfants présents sont majoritairement de la région de Fukushima, d’autres viennent de la région voisine d’Ibaraki et d’autres encore de Chiba (près de Tokyo), région plus éloignée mais néanmoins contaminée.
    Bien sûr, ces familles sont particulièrement sensibilisées. Elles ont fait suivre des examens médicaux à leurs enfants : nodule à la thyroïde, césium 134 et césium 137 dans les urines… Les parents ont évidemment en commun une forte inquiétude. Aussi, ce qui est énormément apprécié de tous, dans ce cadre privilégié, c’est de pouvoir enfin parler de ce qui les préoccupent, surtout pour les parents qui vivent près de Fukushima car là-bas il est très difficile, voir impossible, d’évoquer la catastrophe et les problèmes que posent la radioactivité.
    En effet, il y a déni, réaction classique dans les cas de grandes catastrophes, mais aussi le fait que les personnes qui abordent ce sujet sont considérées comme des gens qui nuisent au futur de Fukushima alors on se tait. De plus, quand on sait la discrimination dont ont été victimes les hibakushas (survivants de la bombe atomique), et que déjà, pour les habitants de la région de Fukushima cette même discrimination a commencé, cela n’incite pas à s’exprimer. Alors, oui le soulagement est réel quand enfin on peut parler librement sans crainte d’être mal vu ou rejeté.
    Ce qui est difficile pour les parents, c’est le fait de ne pas avoir de réponses claires sur les risques. Le flou et la minimisation des risques sont savamment orchestrés par le lobby nucléaire et le gouvernement, bien aidé en cela par les médias « classiques ». Alors, tous sont avec la même question : quitter ou non cette région contaminée. Et à l’incertitude concernant les risques sanitaires vient s’ajouter le contexte professionnel, familial de chacun, son attachement à un endroit… La décision n’est pas forcément simple à prendre. Que faire, qui croire ?

                                        Le plaisir de pouvoir jouer dehors sans s’inquiéter de la radioactivité

    Rencontrer ces parents a été très intéressant et j’ai éprouvé une réelle joie à me retrouver au milieu de ces enfants plein de vie, mais en même temps, il m’a été difficile de ne pas penser que dans quelques années, pour certains d’entre eux, ils auront à souffrir de cette terrible radioactivité. Il y a 3 semaines de cela, les membres de l’AIEA et du lobby nucléaire, à la conférence de Koriyama, affichaient, eux, leurs certitudes : « l’accident de Fukushima n’a tué personne et nous n’avons pas noté de problèmes de santé dues à une contamination radioactive parmi les travailleurs ou la population. » dixit M.Weiss de l’Unscear. Et Maria Neira, représentante de l’OMS, n’en finissait plus d’énumérer la longue liste des soi-disant activités de l’OMS concernant cette catastrophe. Alors, lorsque je retournerai à nouveau devant l’OMS pour faire la vigie, plus que jamais, j’aurai envie, je crois, de porter ce panneau qui dit « Dissimulation et non-assistance = crime ».
    Christophe Elain ( Premier plan à droite sur la photo )

    Kyoto – 08 janvier 2012  

    Présentation d’IndependentWHO aux adultes de ce séjour


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  • Ginza Nucléaire et obésité radiophobie

    Ce qui est le plus redoutable, c'est la perfide désinformation des grands médias, comme toujours à la botte ou complices des pouvoirs en place, disciples de la secte nucléaire.

    N'hésitez pas à consulter aussi le site de l'observatoire du nucléaire http://observ.nucleaire.free.fr/  qui donne régulièrement des informations sur le Japon, parmi un tour d'horizon international sur le nucléaire.

    Communiqué d'une personne de mes connaissances.

    Gaulois.

    Vidéo à voir.
    http://kna-blog.blogspot.fr/2012/12/ginza-nucleaire-n-rohl-1995.html
    Le problème c'est qu'à défaut d'être visionné par les japonais, on les noient sous des
    fausses informations ou pas d'information du tout. On les formate dès
    l'enfance à obéir aux hiérarchies, institutions etc.
    C'est comme sur ce que l'on peut lire sur le site de fukushimaDiary,
    toujours les mêmes info déconcertantes;
    datées du 30 Décembre 2012
    https://www.facebook.com/FukushimaDiaryFR?filter=1

    /"Au Japon, Maeshima a été infirmière scolaire pendant 25 ans.
    S'appuyant sur cette expérience, elle a fait du bénévolat pendant
    environ un an à l'école élémentaire "Mano" de Minami Soma, un village
    qui a été évacué sur ordre après l'accident à la centrale nucléaire.
    Elle témoigne de la série de problèmes qu'elle a rencontrés avec les
    enfants.

    "Certains cherchent à grossir [à traduire par"s'amaigrissent" sans
    doute] tandis que d'autres prennent trop de poids et deviennent obèses",
    dit-elle. "Les maux de tête et de fréquentes insomnies font que certains
    enfants manquent l'école."
    Ce n'est pas tellement la vue des blessures physiques dues à la
    radioactivité, c'est plus de voir la vie des enfants sens dessus-dessous.
    "Comme prévu, tous les enfants sont stressés", dit Maeshima. "Ils ont
    l'air très bien mais plus j'en apprends sur leur situation familiale,
    plus je m'inquiète pour eux"."
    [...]
    Des conséquences imprévues sur la santé des enfants

    Pour protéger les habitants contre la radioactivité le gouvernement a
    imposé une limite stricte du temps à passer à l'extérieur des maisons.
    Beaucoup d'enfants de Fukushima sont ainsi restés enfermés pendant plus
    d'un an. Des conséquences inattendues de cette limitation ont pris de
    court Maeshima au cours d'un voyage scolaire.

    Alors que les élèves de l'école élémentaire Mano marchaient dans les
    environs d'une centrale située à moins de deux miles de là, elle a
    remarqué qu'un grand nombre d'entre eux étaient à bout de souffle. "Leur
    endurance a bien diminué", dit-elle.
    Après le déjeuner, les élèves ont été ravis de pouvoir jouer au
    ballon-prisonnier dans un grand gymnase mais c'était plus que ce que
    leur corps pouvait supporter. "En moins de 10 minutes, trois élèves sont
    venus à moi avec des étourdissements," dit-elle. "C'était juste un
    ballon-prisonnier." Elle dit que, pour garder les enfants en bonne
    santé, un gros travail attend les enseignants à l'avenir.

    Les habitants présentent des symptômes "étranges"

    Quelle est la quantité de radioactivité nocive aux humains ? Le Japon se
    pose la question depuis que la centrale nucléaire de Fukushima a explosé
    après le tsunami.

    Maeshima fait du bénévolat depuis Janvier à l'école primaire de
    Fukushima qui se trouve hors de la zone d'évacuation entourant la
    centrale nucléaire dévastée. Certaines mères ont dit à Maeshima que dans
    les six mois qui ont suivi la fusion des réacteurs nucléaires de la
    centrale et la libération de radioactivité qui en a résulté, elles ont
    perdu leurs cheveux. "Leurs cheveux ont commencé à tomber", dit-elle.
    "Elles étaient presque chauves. Elles m'ont dit qu'elles portaient des
    perruques". Un administrateur du bureau de son école, une femme de 26
    ans, lui a dit que sa gorge avait commencé à lui faire mal et que ses
    ganglions lymphatiques avaient commencé à enfler.

    Dans les deux cas, les médecins ont dit aux femmes qu'il n'y avait aucun
    moyen de déterminer si ces symptômes étaient provoqués par les
    radiations. Mais, dans un cabinet médical, les femmes ont vu d'autres
    patientes présentant les mêmes symptômes, dit Maeshima. "Ils ont subi un
    stress énorme et ces symptômes peuvent être causés par ce stress",
    dit-elle. "Ce peut être un impact direct de la radioactivité mais
    personne, pas un médecin, ne peut le certifier"."/

    et un autre post toujours daté du 30 Décembre 2012:
    /"Quelqu'un que je connais par Twitter a déménagé dans le Sud-Est asiatique.
    C'est pour raison professionnelle de son mari mais pour elle c'est une
    évacuation.
    Elle était dans Chiba avec ses enfants, un point chaud connu.
    Elle tweetait qu'elle saignait du nez et que ses enfants étaient
    fatigués, fiévreux, etc.
    Ils étaient très inquiets mais ont du rester là plus d'un an.

    Elle a fait faire des prises de san...g à ses enfant dans le nouveau
    pays mais les résultats ne sont pas très bons.
    Ils montrent une chute des globules blancs, des hématies, des
    plaquettes, etc. et les enfants sont toujours excessivement fatigués.

    La deuxième année va bientôt se terminer. Je commence à craindre qu'il
    soit trop tard pour évacuer.
    Certains ont déjà accumulé trop de radioactivité par l'air, l'eau et la
    nourriture.

    Je me demande parfois quoi publier sur le Fukushima Diary. J'aime être
    clair et logique.
    Arrêter les centrales nucléaires, démanteler la centrale de Fukushima,
    minimiser les expositions à la radioactivité, ce sont les seules et
    uniques portes de sortie. Même en arrêtant toutes les centrales
    nucléaires, on sera toujours exposé. De plus, démanteler la centrale de
    Fukushima n'aide pas à arrêter les autres centrales nucléaires. Ce sont
    des problèmes différents.

    Je pense personnellement que l'évacuation est la décision fondamentale
    et c'est ce que j'ai fait.
    L'évacuation vous aide à arrêter d'être irradié et parce que vous n'avez
    plus à payer de facture d'électricité, ça aide à faire arrêter les
    centrales nucléaires, chose qui peut aussi booster les démantèlements.
    Toutefois, ce n'est pas facile pour la plupart des gens.

    2011 n'en finit pas. On est seulement au début du 25e mois après 2011.
    Plus ça dure, pire c'est.

    Que faire ? C'est la question.
    La plupart des japonais sont comme assommés par le choc et choisissent
    la mort lente.
    La mort lente est le mode de vie de suivre la tendance en espérant
    mourir avant que la souffrance n'arrive.
    La souffrance est transmise à la génération suivante. Voilà comment on
    gagne du temps en sacrifiant la vie des enfants.

    Je ne souhaite pas grand chose. J'espère seulement qu'autant d'enfants
    que possible arriveront à sortir de cette prison."
    /
    Cela est fou, presque deux ans après, les gens (la plupart?) sont
    toujours maintenues dans l'ignorance et le fatalisme, on veut qu'ils se
    laissent mourir, on veut leur faire croire que l'obésité ou le "manque
    de souffle" est due à leur situation d'enfermement alors que ce sont les
    problèmes thyroïdiens dues à leur contamination radioactive qui
    provoquent ces désordres. Et il n'y a pas seulement les problèmes
    thyroïdien bien sûr. Est-ce bien cela?

    Cela correspond à l'info de l'AFP d'il y a une semaine qui laissait
    entendre cette farce de l'obésité Et radiophobie et repris en cœur par
    pas moins d'une dizaine de médias.
    Cela rappelle les beaux jours de "Radio
    Paris".https://fr.wikipedia.org/wiki/Radio_Paris

    http://www.vivre-apres-fukushima.fr/fukushima-un-nombre-croissant-denfants-deviennent-obeses-a-cause-du-manque-dexercice-lie-a-la-crainte-de-lexposition-aux-radiations/


    http://www.carevox.fr/enfants-ados/article/fukushima-les-enfants-prennent-du
















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  • Le Japon va-t-il sortir de sa sortie du nucléaire ?

    C'était prévisible. Tout ou presque est remis en cause à chaque changement de gouvernement, au Japon comme ailleurs.
    Le nucléaire a de beaux jours devant lui ? Pas si sûr car les protestations fusent un peu partout. Il y a de moins en moins de consensus au sein même des gouvernements sur la question de l'énergie nucléaire. Il faut le dire et le redire, les décisions de maintenir le nucléaire sont prises et imposées dans l'arbitraire, depuis des décennies. 

    Gaulois. 
     
    Valéry Laramée de Tannenberg
    Le 02 janvier 2013
    Faute de consensus, le nouveau gouvernement n’a pas encore de politique énergétique. Mais il pourrait en rédiger une. A condition de se concilier les bonnes grâces des bouddhistes et des parlementaires américains.
    Il fallait s’y attendre. Sitôt installé, le gouvernement conservateur japonais revoit la politique énergétique japonaise. Dans un entretien accordé le 30 décembre à la chaîne de télévision TBS, le nouveau Premier ministre a clairement annoncé la construction de nouvelles centrales nucléaires. «Ces réacteurs seront complètement différents de la vieille tranche n°1 de Fukushima, qui a été construite il y a 40 ans», a indiqué Shinzo Abe. Le leader du parti libéral démocrate (PLD) tire-t-il déjà un trait sur la lente sortie du nucléaire, annoncée il y a seulement trois mois par l’ancienne majorité? [JDLE] Pas si sûr.
    D’abord, parce qu’il est peu imaginable que Tokyo lance un nouveau programme électronucléaire avant d’avoir autorisé le redémarrage des 48 réacteurs mis en sommeil après le 11 mars 2011. Ce qui n’est pas pour tout de suite. Reprenant les propos de Shunichi Tanaka, le patron de la Nuclear Regulation Authority (NRA), l’Asahi estime qu’il ne sera pas possible de boucler ce délicat dossier en moins de trois ans, comme souhaité par Shinzo Abe.
    Autre obstacle au nucléarisme du chef du gouvernement nippon: le manque d’entrain de ses ministres et alliés politiques. Le puissant ministre du commerce (et à ce titre en charge des questions énergétiques) se retranche derrière la NRA, nouvellement indépendante. «Pour évaluer leur sûreté [des réacteurs], nous nous appuierons sur le point de vue d’experts de la NRA», confirme Toshimitsu Motegi. Un point de vue que ne partageront sans doute pas les membres du Nouveau Komeito, un parti bouddhiste de centre droit allié au PLD.
    Très lié à la secte Soka Gakkai, le mouvement dirigé par Natsuo Yamaguchi, qui a envoyé 40 représentants et conseillers à la Diète, a toujours milité pour une réduction de la «dépendance à l’énergie nucléaire en accroissant autant que faire se peut l’utilisation des énergies renouvelables et les économies d’énergie». Le Nouveau Komeito, dont l’un des membres est ministre du territoire, des infrastructures, des transports et du tourisme, est évidemment totalement opposé à la construction de nouveaux réacteurs.
    Les négociations entre les deux formations s’annoncent donc musclées. D’autant que le cabinet Abe prévoit de publier en juillet prochain son projet de nouvelle politique énergétique. Un programme qui devra définir le nouveau mix énergétique de l’archipel et fixer sa contrainte carbone.
    En attendant, les industriels prennent leurs précautions. Depuis quelques mois, un consortium comprenant notamment Japan Petroleum Exploration, Nippon Oil and Energy Corp., Mitsubishi Gas Chemical, fait le siège des autorités de l’Alaska. Ces gros consommateurs de gaz donneraient cher pour que les Américains construisent un nouveau gazoduc reliant les formidables gisements de Prudhoe Bay (1.000 milliards de mètres cubes de réserve) à la côte sud de l’Etat. Un gaz qui pourrait être ensuite liquéfié pour être envoyé par méthaniers vers Yokohama.
    Leur demande a été reprise à haut niveau. En avril dernier, le Premier ministre japonais d’alors, Yoshihiko Noda, avait lors d’une visite officielle pressé Barack Obama d’autoriser les exportations gazières vers le Japon. Ce que la Maison blanche n’a toujours pas fait. Ce qui n’interdit pas l’optimisme. En juillet dernier, Osaka Gas et Chubu Electric ont signé des accords au Texas, en Louisiane et dans le Maryland pour importer, à partir de 2017, jusqu’à 30 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié par an.
    Mais pour que les accords deviennent contrats et que le gazoduc voit le jour en Alaska, les entreprises japonaises devront contourner, outre l’administration Obama, un autre obstacle majeur : le parlement américain. Nombre de sénateurs et de représentants craignent que l’exportation du gaz américain ne conduise à son renchérissement aux Etats-Unis. Inacceptable, pour ces défenseurs de l’American Way of Life.

    ---------

    Huit soldats de la Marine américaine ont porté plainte

    Un porte avion de cette envergure doit posséder les appareils nécessaires pour mesurer précisément la radioactivité. S'ils estiment avoir été fortement irradiés inutilement et à leur insu, les marins américains devraient porter plainte contre leur propre gouvernement. En fait, les officiers ne pouvaient pas ne pas connaître le taux de radioactivité à bord de ce bâtiment de guerre.
    voir le mémoire officiel ci-dessous ( en anglais )

    http://www.stripes.com/polopoly_fs/1.202195!/menu/standard/file/TEPCO_COMPLAINT.pdf

    On apprend dans ce mémoire que le président Obama et sa petite famille
    étaient partis en voyage dans l'hémisphère sud dans la semaine qui a
    suivi le 11 mars.
    Lui par contre semblait bien informé !!!

    Les expressions « Envoyer les troufions au casse-pipe » ou bien comparer les soldats à « De la chair à canon » prennent ici toute leur signification. L'armée Américaine a des précédents en la matière comme en Irak, en ex-Yougoslavie ou en Afghanistan, dont les soldats rentrent aux pays « Irradiés » par les munitions à l'uranium appauvri.
    L'armée française aussi, avec les essais nucléaires en Algérie et pendant laquelle les soldats servaient de cobayes.  
    Gaulois.

    Le Monde.fr avec AFP | 28.12.2012
    http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2012/12/28/huit-soldats-de-la-marine-americaine-portent-plainte-contre-tepco-apres-fukushima_1811263_3222.html

     

     

     

     

     

     

    Le porte-avions de la VIIe flotte américaine, "Ronald-Reagan", le 12 mars 2011. | REUTERS/HO

    Huit soldats de la Marine américaine ont porté plainte, vendredi  28 décembre, contre la compagnie japonaise Tepco, qu'ils accusent d'avoir menti sur les niveaux de radiations émanant de la centrale nucléaire de Fukushima en mars 2011.
    Ils réclament plusieurs centaines de millions de dollars à la société, estimant qu'elle n'a pas transmis les véritables mesures aux capitaines de l'USS-Ronald-Reagan, engagé dans les opérations de secours après le séisme et le tsunami du 11 mars 2011.
    Tepco et le gouvernement japonais "ont toujours assuré qu'il n'y avait pas de danger de contamination par les radiations pour le porte-avions ou son équipage", souligne le texte de leur plainte déposée devant une cour fédérale de Californie.
    Les autorités japonaises ont insisté pour dire qu'il n'y avait pas de risque "immédiat" tout en "mentant effrontément à propos de la fusion du réacteur" à la centrale de Fukushima, soulignent les avocats des plaignants.
    PREMIÈRE PLAINTE DÉPOSÉE À L'ÉTRANGER
    La plainte accuse Tepco de négligence et d'imprudence et demande que la compagnie soit reconnue responsable de l'exposition aux radiations du navire et de son équipage, et aussi d'avoir conçu une centrale qui n'était pas sûre. L'USS-Ronald-Reagan s'est trop approché de la centrale et "les plaignants doivent désormais faire face à une vie entière d'empoisonnement aux radiations et doivent supporter ce qui aurait pu et aurait dû être évité". Une des membres de l'équipage, qui était enceinte lors du déploiement dans la zone, a joint sa fille âgée d'un an à la procédure judiciaire.
    Au Japon, Tepco, cité par l'agence Kyodo News, a souligné qu'il s'agissait de la première plainte déposée à l'étranger visant sa gestion de la catastrophe. "Nous ne ferons pas de commentaires tant que nous n'en aurons pas reçu copie", a fait savoir la société.
    Un séisme de magnitude 9 et un tsunami géant avaient entraîné la submersion des installations de la centrale de Fukushima, le 11 mars 2011, causant le plus grave accident nucléaire depuis celui de Tchernobyl en Ukraine en 1986.


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  • Fukushima, zone interdite

    AIPRI
    Association Internationale pour la Protection contre les Rayons Ionisants. L'AIPRI a pour but la divulgation scientifique dans le domaine de la physique nucléaire et des dangers radiologiques de la contamination interne. Un lien à ne pas manquer pour disposer d'informations contradictoires. Je vous conseille d'ailleurs fortement la lecture très instructive du document " La Chambre à gaz atomique " de Paolo Scampa.

    http://www.vff-marenostrum.org/News/La-chambre-gaz-atomique-P.Scampa-2012.pdf

    Gaulois.


    http://aipri.blogspot.fr/2012/12/fukushima-zone-interdite.html

    Samedi 22 décembre 2012

    Une nouvelle et discrète carte nippone de dépôt de césium 137 a fait sa comparution lors d’une conférence à l’AIEA en septembre 2012. Cette carte que l’on trouve ici page 12 discrédite totalement la carte officielle précédente, dévoile une zone interdite gigantesque et confirme hélas nos inquiétudes du premier jour.

    Cette carte révèle un dépôt moyen de 50 Ci/km2 (1850000 Bq/m2) de Cs137 dans un cercle de 40 km de rayon pour une surface de 5027 km2 qui correspond à un fallout au sol de 2,51E5 Ci pour une masse totale de 2,9 kg de césium 137. Ce dépôt au sol représente 60,7% de l'excursion de l'élément qui a été estimée par la TEPCO de 4,767 kg pour 1,53E16 Bq soit 414000 Ci.  Étant donné qu’en général les dépositions locales ne dépassent pas 20% de l’excursion aérienne, cette dernière a été de toute évidence et sans surprise sous-estimée.

    Une chose est d’ores et déjà certaine: la zone interdite effective s’étend dans un rayon d’au moins 40 km autour de Fukushima (et probablement bien au-delà de ce rayon). Cette zone interdite qui dépasse de 2 à 6 fois la valeur d’évacuation obligatoire (555000 Bq/m2) est au Japon un territoire bien évidemment habité et cultivé. (On y fabrique entre autre non loin force gomme à chewing-gum exportée dans le monde entier.) C’est un libre et démocratique camp de concentration atomique.

    NB. Les zones en rouge, jaune, vert clair et bleu clair, les 4 premières de la légende, sont toutes des couleurs "interdites". La zone jaune qui dépasse du reste cette carte restreinte va de 1 million (1000 KBq) à 3 millions (3000 KBq) de Bq/m2 de Cs137 et excède pour autant de 2 à 6 fois la valeur impérative (AIEA) de déplacement des populations.




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  • Actualité au Japon

    Natalités en baisse

    Iori Mochizuki
    La natalité a drastiquement décru entre avril et septembre 2012
    Selon le premier rapport du service statistique de la démographie du ministère de la Santé, du Travail et des Affaires Sociales, le nombre de naissances entre avril et septembre s’est effondré en 2012 comparé à la même période des 3 années précédentes. (2009 – 2012)
    Le dernier rapport mensuel est celui de septembre, donc les chiffres des 6 derniers mois sont le cumul d’avril à septembre.


    2009 : 554 023
    2010 : 555 839
    2011 : 551 066
    2012 : 536 889
    Source
     
    Iori Mochizuki
    _____
    Français :
    Pic de radioactivité sur l’ouest du Japon : 0,14 μSv/h dans Ehime
    Selon le ministère de l’Éducation, de la Culture, des Sports, de la Science et des Technologies, il y a eu un pic de radioactivité dans plusieurs préfectures de l’ouest du Japon.
    Ce peut être la pluie mais le niveau de radioactivité est monté de façon inhabituellement violente. Dans la préfecture d’Ehime, on est passé de 0,07 μSv/h à plus de 0,14 μSv/h.
    Cette augmentation conséquente a été observée dans les préfectures de Shimane, Ehime, Saga et Ohita.

    Iori Mochizuki

    [Montée nationaliste après la catastrophe] Une foule se rassemble écouter le discours d’Abe du LDP


    Le Japon va tenir des élections demain, le 16 décembre 2012.
    Ils prévoient que le LDP va emporter la majorité des sièges le faisant glisser à droite comme jamais.
    (cf. [Édito] 3 raisons pour les quelles nous devons cesser d’aimer le Japon [Lien])
    Dans la soirée du 15 décembre 2012 se sont tenus les derniers discours à Akihabara, à Tokyo. La foule s’est rassemblée avec d’innombrables drapeaux japonais.
    (Comparaison : [Référence] Personne n’écoute le discours de l’ex-premier ministre Kan [Lien])
    ↓ Le discours d’Abe (le président du LDP)

    ↓ Le discours d’un ex-premier ministre, M. Aso

    Iori Mochizuki
    Graphique] Dans la ville de Fukushima, le niveau de radioactivité augmente depuis 180 jours
    Le 14 décembre 2012, le Fukushima Diary a rapporté le tweet disant que “le niveau de radioactivité de la ville de Fukushima augmente depuis juin” sous Express. [Lien]
    Selon la borne de surveillance préfectorale de Fukushima, il augmente depuis environ 180 jours :


    [Express] “Ça a mobilisé 160 personnes, coûté 4 millions de yen pour serrer un boulon dans une centrale nucléaire”

    Une fois, un gros boulon s’est un peu dévissé dans une centrale nucléaire en activité. Quand un réacteur nucléaire produit de l’électricité,  le niveau de radioactivité est extrêmement élevé, donc 30 ouvriers ont été préparés pour resserrer le boulon. Ils ont été mis en file pour courir vers le boulon à 7 m les uns des autres.

    Le dosimètre bipe quand vous approchez du boulon et compte 1, 2, 3.  Certains d’entre eux avaient leur dosimètre bipant avant même de prendre une clé. Pour resserrer le boulon il a fallu 160 ouvriers et 4 millions de yens au total.

    Le guitariste japonais des ARROWS a un cancer de la thyroïde ayant fait une métastase dans un ganglion lymphatique
    Le 10 décembre 2012, M. Yamauchi, guitariste japonais (35 ans) du groupe “the ARROWS” s’est rendu à l’hôpital pour subir une ablation de sa thyroïde le lendemain.
    Son cancer de la thyroïde a été diagnostiqué en septembre dernier au cours d’un contrôle médical. Il a fait des métastases dans un ganglion.
    Source
    Article lié : Le comédien japonais Miyasako a finalement un cancer de l’estomac [Lien]

    L’an dernier aujourd’hui je quittais le Japon. Je ne l’ai pas revu depuis.
    Je n’ai pas de regret. Il n’y avait pas d’autre route.
    Mon appartement était à 10 minutes de la gare de Yokohama mais personne ne l’a loué depuis que j’en suis parti.
    Ça veut dire ce que ça veut dire.
    Depuis que j’ai quitté le Japon ils ont commencé à brûler les débris, de plus en plus d’aliments ont été expédiés, des répliques majeures ont eu lieu et la censure est devenue plus méchante. Je suis content d’en être parti.
    Le pays est imaginaire. La race est une légende. mais la radioactivité est réelle. Il lui faut 24 000 ans pour se réduire de moitié.
    Le nucléaire était littéralement une boîte de Pandore.
    “Vous savez, parfois les mots ont deux sens”.
    Quand vous êtes au Japon, vous êtes une victime mais dès que vous mettez le pied dehors vous devenez un survivant.
    Une victime est 100% passive alors qu’un survivant a la responsabilité d’aider les autres à sortir.
    Au Japon, le pouvoir de la grande presse est extrêmement fort. Il a une apparence parfaitement démocratique mais la majorité des gens est contrôlée par la presse et elle vote. Les autres sont victimisés par la majorité. Le problème est la chaîne.
    L’énergie nucléaire ne fonctionne pas sans créer tout le temps de nouveaux sites de décharges. Les affaires sociales ne marchent pas sans avoir tout le temps de nouveaux bébés. C’est un système complètement pyramidal. On pensait que c’était bon mais en fait ce ne sont juste que de nouvelles victimes.
    Je me demande si être aveugle à la vérité est la signification du mot paix.
    Dans ce cas, je dois être une catastrophe pour les gens qui veulent “dormir en paix”. J’ai eu des tonnes de tracas. Personne ne s’attendait à ce que le Fukushima Diary dure aussi longtemps. Tout le monde pensait que je mourrai en route. Malheureusement pour eux, je suis toujours vivant et le Fukushima Diary tient toujours.
    Certains sont réconfortés de mon existence. Au milieu de l’intense contre-attaque de l’industrie nucléaire et des gens qui croient que les réfugiés sont des lâches, le Fukushima Diary se dresse toujours comme un phare.
    La situation va empirer de plus en plus. Le gouvernement japonais pourra même essayer d’empêcher les gens de quitter le Japon.
    alors l’esprit de défiance gagnera plus de signification avec le Fukushima Diary.
    Lorsque votre famille ne vous comprend plus, que la société essaye de vous oppresser, vous pouvez toujours vous rappeler que
    vous n’êtes pas seul.
    ■ Note
    J’ai reçu quelques chèques et virements cash. Merci beaucoup !
    A présent, le Fukushima Diary accepte les chèques et les virements à sa nouvelle adresse où tout type de devise est accepté !
    Voici la nouvelle adresse :
    PO box 487 ASHMORE CITY QLD Australia 4214
    Bénéficiaire : C. Meskanen (Merci de libeller vos chèques sous ce nom parce que Iori n’a toujours pas de compte en banque.)
    Devise : Toutes
    Je n’ai toujours pas mon propre compte mais bientôt …
    Je sens que mon travail est enfin admis lorsque je reçois des dons. C’est plus que de l’argent !
    Merci beaucoup.
    Iori


    1 052 personnes présentent des signes d’empoisonnement alimentaire dans la ville d’Hiroshima :  “le nombre de patients devrait encore augmenter”
    le 4 décembre, le Fukushima Diary a rapporté la mutation des norovirus. (cf. [Mutation] Épidémie d’un variant de norovirus, épidémie dépassant le Japon [Lien])
    La contamination s’étend.
    Du 11 au 12 décembre 2012, 1 052 personnes de plus présentent des symptômes d’empoisonnement alimentaire à Hiroshima après avoir consommé un plateau-repas, le norovirus a été détecté sur 11 personnes et un des employés de la société préparant ces plateaux-repas, “Daiyas foods Hiroshima branch“.
    1 052 personnes malades dans les 285 bureaux où cette société sert ses plateaux-repas.
    Les plateaux-repas contenait du riz, des légumes japonais au vinaigre, du poulet frit, du chou (le 10 dec.), des crevettes grillées et un steak de Hambourg (le 11 dec).
    Le 12 décembre, les bureaux qui avaient acheté ces plateaux-repas ont appelé la municipalité et le traiteur a reçu l’ordre de suspendre toute activité à partir du 13 jusqu’à ce qu’ils confirment l’instauration de mesures de prévention récurrentes.Toutefois, la société distribuait environ 5 000 plateaux-repas par jour, la municipalité d’Hiroshima pressent qu’il va y avoir encore plus de malades.
    Les dons par virements mensuels sont aussi très utiles ! Merci !

    Les écoles élémentaires de la ville de Fukushima vont servir le riz de la ville à partir de janvier
    Le bureau de l’éducation de la ville de Fukushima va faire que les écoles élémentaires de la ville servent du riz produit en ville aux repas scolaires.
    Ils servent du riz de Aizu depuis janvier dernier mais ils vont servir celui de Fukushima à partir de janvier et jusqu’à l’automne.
    Ils sont supposés faire des mesures de la radioactivité du Cs-134/137 par scintillation Nal. La plus petite quantité détectable ainsi est de 10 Bq/kg.



    L’Île du BONHEUR
    16-12-12
    Lors du Rassemblement Franco-Japonais de soutien à la population japonaise du samedi 8 décembre 2012 à La Bastille-Paris, Nelson Surjon, engagé dans la protection des enfants de Fukushima, nous a fait une intervention réaliste et émouvante, sur la situation sanitaire des enfants et du déroulement de l'aide apportée sur place, par le gouvernement japonais, qui ne remplit pas ses obligations envers la population victime de cet accident nucléaire.
    Le présent billet, fait suite et complète mon précédent billet intitulé "Les enfants sont précieux"

    Nelson habitait à Tokyo et a rejoint la France avec sa famille, afin de la protéger lors de l'accident nucléaire.

    Un joli poème du poète japonais Taro Aizu, natif de Fukushima, nous introduit dans cet univers qui devrait être heureux et insouciant ...
    Celui de l'enfance au sein d'une famille comme partout ailleurs ...
    Puissent les habitants de Fukushima retrouver le BONHEUR que son nom signifie ♥

     ✿福島市 FuKu [♫ Bonheur ♫ Heureuse ♫ Bonne Fortune ♫] + Shima = Île✿ 


    MON CADEAU
    "Mon cadeau pour vous"
    Une petite fille est venue
    et a écarté ses paumes
    tenant une feuille rouge tombée
    d'un érable japonais

    Taro Aizu

                                                        Nelson Surjon lors de son intervention à la Bastille

    " Bonjour à tous,

    Je tenais à remercier Yūki et toute l’équipe de Yosomono, ainsi  que le Réseau Sortir du Nucléaire, pour me donner l’opportunité de pouvoir m’adresser à vous aujourd'hui, sur les conditions des enfants  de Fukushima.
    Je veux partager avec vous aujourd'hui et vous faire entendre les voix des parents et des enfants de Fukushima, des voix presque inaudibles, rendues muettes à travers le monde, à cause de mensonges et d’une désinformation massive, engendrée par le gouvernement et les médias du monde entier, eux aussi corrompus et alliés de la Mafia nucléaire internationale.

    L’image de la  reconstruction de Fukushima est bel et bien entamée, mais avec un total mépris envers sa population, sans remords de les exposer avec  leurs enfants à des taux de radioactivité très forts, des taux alors inconcevables et INTERDITS avant la catastrophe nucléaire de Fukushima.

    Alors, pour freiner une évacuation nécessaire de milliers de personnes, le gouvernement a dû trouver des solutions pour empêcher la population de s’enfuir.  

    L’une de ces solutions les plus connues et plus efficaces, était d’augmenter la dose légale d’exposition de la population a la radiation «externe». De 1 mSv à 20 mSv par an. Du jamais vu! Mais comme certaines communes atteignent des niveaux largement supérieurs, le gouvernement soutient fermement qu'il n'y a pas de danger, même à 100 mSv. Il faut savoir que 5 mSv était le seuil d’évacuation à Tchernobyl et que 20 mSv était la dose maximale limite pour les travailleurs du nucléaire. Il n’y a AUCUNE nouvelle donnée scientifique qui peut à ce jour permettre de dire que ces niveaux sont sans danger pour la population. AUCUNE …  
    Ils ont juste augmenté la dose légale !
    Alors qu'en est-il pour nos amis de Fukushima, qui ont dû survivre à un tremblement de terre, un tsunami d'une puissance effroyable et la plus grosse catastrophe nucléaire à ce jour?
     
    D’abord, il y a les évacués.
    Nombreux sont ceux qui ont réussi à partir… Malheureusement, ils sont partis par le mauvais chemin. Le gouvernement a caché volontairement une simulation appelée SPEEDI qui en temps réel donnait les indications si précieuses sur un plan d’évacuation qui aurait permis aux habitants de Fukushima de se protéger contre le nuage radioactif qui les poursuivait… Un nuage de Césium, Iodine, Cobalt, Strontium et Plutonium entre autres !

    La plus part des gens, comme ceux de Minami Soma se sont réfugiés dans des villes comme Koriyama ou la ville de Fukushima, pourtant à 60 km de la centrale, mais encore plus irradiées que leurs communes qu'ils venaient juste de quitter. Cette évacuation soudaine, a entraîné une misère, tant sanitaire que psychologique. Un stress omniprésent, la peur au ventre et cette sensation d’avoir été trahi et abandonné, par un gouvernement qu'il n’aurait auparavant jamais remis en question.

    Le Nucléaire, ce n’est pas seulement un danger sur la santé physique, mais attaque aussi violemment l’état psychique des victimes.

    Les mères de Fukushima veulent protéger leurs enfants, donc, elles sont parties loin, peut être trop loin, car elles se sentent délaissées peu à peu, car leurs maris ont dû rester derrière, pour ne pas perdre leur travail. Les maris rejoignent leur famille pour ceux qui sont chanceux, pendant les weekends, mais d’autres, espacent leur visite une fois tous les mois, ou une fois tous les deux mois… D’autres maris ne comprennent pas pourquoi leurs femmes sont parties, car beaucoup doivent nier l’évidence d’une radiation dangereuse pour garder leur travail.

    L’alcoolisme, le divorce, augmentent...  Des familles séparées, déchirées.  Il y a aussi la discrimination interne et externe à Fukushima. Ceux qui ont pris conscience du danger, se retrouvent écartés de la société et doivent affronter la peur seuls, livrés à eux-mêmes, car à Fukushima, c'est tabou de parler de radiation à son voisin, à sa propre famille, même à son docteur !

    La plupart des docteurs de Fukushima, souvent les mains liées ou tout simplement de connivence avec les autorités, déclarent systématiquement qu'aucun de leurs symptômes n’est lié à la radiation. Aucun! C’est dans la tête que ça se passe. Tout va bien a Fukushima …
    En tout cas, c’est ce que dit un certain Docteur Shunichi Yamashita.
    Ce qui m’amène à la raison de ma présence ici aujourd'hui.

    Les enfants de Fukushima sont sous l’emprise d’un pseudo scientifique qui contrôle la destinée, la vie et la santé d’une population d’environ 2 millions d’habitants, dont plus de trois cents mille enfants.
    Donc, voici le Dr Shunichi Yamashita, que nous appelons tous avec un malin plaisir «Damashita»… Celui qui triche (en Japonais) ou encore Docteur 100 mSv!

    Damashita est né a Nagasaki et ironiquement, sa mère est une Hibakusha, une irradiée.

    Encore plus ironique, Damashita avait pourtant écrit un passage très intéressant dans le Journal de L'Association des Physicistes Japonais avant la catastrophe de Fukushima, où il disait mot pour mot: « Pour les gens de moins de 20 ans, les risques de cancer sont indéniables s'ils sont exposés à une radiation de 10 a 100 mSv. » Et pourtant, c’est cet homme, qui tient maintenant entre ses mains, la vie de milliers d’enfants.

    Cet homme est aussi connu pour son fameux discours expliquant de vive voix aux habitants, que la radiation ne pouvait toucher que les gens qui ne souriaient pas et que cela avait été prouvé par une étude faite sur des SOURIS.  

    Histoire vrai !

    Lors de nombreuses interviews, il déclara aussi avec désinvolture, qu'il ne sera pas responsable des effets de la radiation sur les enfants de Fukushima, car il sera mort d’ici là!

    Damashita est aussi un membre de Soka Gakai, la plus grande secte religieuse du Japon et en avril 2011, il fut nommé Conseiller de l'Université Médicale de Fukushima, qui est désormais le Quartier Général de notre fameuse étude épidémiologique.

    Par décret du Gouverneur de Fukushima lui-même, Yuhei Sato, il est désormais à la tête d’une expérimentation qui vise tout simplement à minimiser la peur de la radiation, en dirigeant une campagne intense de désinformation scientifique.

    Scientifiquement, celle-ci est intitulée « une étude épidémiologique », mais renommons ceci comme il doit l'être, une expérimentation  sur des êtres vivants exposés à des particules radioactives qui auront, ou qui ont déjà, des terribles conséquences sur des êtres  innocents, les enfants!

    Les enfants de Fukushima! 
    Les enfants du Japon! 
    Le futur du Japon! 

    Les enfants de 0 à 18 ans d’âge, au lieu d’être évacués, sont désormais officiellement devenus les cobayes de la plus grande expérimentation nucléaire de l’histoire de l’humanité. Jusqu'à ce jour, 115 000 mille enfants, participent à l’étude.

    La plus part des enfants, portent maintenant un «glass badge» un petit dosimètre qui calcule leur accumulation de radiation.
    Ces résultats alimentent bien évidemment notre fameuse expérimentation.

    Les enfants essaient de vivre une vie d’enfants, mais trop souvent, les signes externes les ramènent hélas, trop vite a la réalité. Forcés à manger des produits potentiellement contaminés à l’école, de participer a des jeux collectifs en plein air sur une terre radioactive, afin de restaurer la confiance de communautés entières. Les enfants ne sont pas que des cobayes, mais manipulés par les adultes, pour alimenter la propagande « la restauration de Fukushima ».

    Ceci est la photo d’enfants sur le chemin de l’école, passant devant l’une des centaines de stations mesurant la radioactivité ambiante.
    Celle-ci montre plus de 1 uSv par heure, mais je précise que la plupart de ces stations sont truquées, car elles sont décontaminées tout autour.
    La radiation est généralement 20 à 30% plus forte.
    Ceci est un fait, même reconnu par TEPCO.

    Une école de la ville de Date, juste à quelques mètres de l’école, 38.54 uSv par heure, au sol.

    Mais retournons a notre « étude épidémiologique »

    La dernière série d’échographies de la thyroïde sur 42 000 enfants, contrôle de mars à août 2012, révèle que 43% des enfants, présentaient des anomalies de la thyroïde.

    Il y a quelques semaines, un second cas de cancer de la thyroïde a été relevé auprès d’un enfant. "Mais bien sur ce n’est pas la radiation."

    Ces résultats ont bien entendu attiré de suite la fureur des parents.
    Pris au dépourvu, Damashita et son coéquipier le Dr. Suzuki, appelèrent au calme en assurant de nouveau, qu'un tel pourcentage d’anomalies « ne leur semblait pas fondamentalement anormal », malgré et je cite « un manque de données sur ce sujet » et que des anomalies et cancers de la thyroïde se révélèrent seulement 4 à 5 ans après Tchernobyl.

    Malheureusement pour Damashita et Suzuki san, il s’avère qu'il y a eu en fait une enquête épidémiologique  déjà réalisée en 2001, dans le cadre d’une étude sanitaire sur les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl.

    Un taux de 1.6 % d’anomalies thyroïdiennes à Nagasaki et ZÉRO nodule détecté.

    Il faut aussi noter que l’excuse de Damashita sur le fait que les enfants de Tchernobyl ont développé des anomalies ou des cancers qu'au bout de 5 ans, est complètement fausse!

    Les études sur les enfants de Tchernobyl n’ont commencé officiellement qu'en 1990, soit 4 ans plus tard. Nous n’avons pas de données officiels avant cela.

    Mais je ne suis pas là pour vous donner des chiffres, mais plutôt pour essayer de vous relayer des messages.

    Des messages de parents inquiets et qui désirent que leur voix soit entendue.
    Ils ne veulent pas être oubliés, car leur dilemme, notre dilemme vient juste de commencer.

    Laissez-moi vous présenter,  Monsieur et Madame Shibuya:

    Sur cette photo, ils viennent de recevoir les résultats des tests de leurs enfants, Ayumi chan et Mutsuki kun. Ils sont sous le choc.

    Sur cette photo, Madame Kanno et ses deux enfants Yuika , 10 ans et Naoki, 11 ans. Leurs tests ne montrent pas de kystes, néanmoins  Madame Kanno est allée dans un hôpital privé, où elle s'est vue refuser un deuxième avis, selon la directive de l'hôpital.

    Sur cette photo, Madame Mutoh  et ses 2 enfants, Shougo et Remi. Tous les deux ont des kystes de la thyroïde.  Madame Mutoh n’a pas eu plus d’informations.
    On ne lui a pas remis une copie de l'échographie et l'hôpital lui a dit qu'il n’y avait plus besoin de suivi médical pour le moment.

    Sur cette photo, Madame Mutoh a emmené Shougo dans un hôpital Universitaire de la ville de Fukushima pour un examen sanguin. Shougo manque de globules blancs, mais le docteur affirme hâtivement qu'il ne faut pas s'en inquiéter et qu'aucun autre test est nécessaire.

    Naoki et Yuika sont les enfants de Madame Tsuda. Ses enfants ont eux aussi des kystes thyroïdiens. En fait sa fille Yuika en a tellement que les docteurs n’arrivent pas à les compter.

    Madame Shima et ses enfants Yuri, 11 ans  et Kaito 13 ans, eux aussi présentent des kystes de la thyroïde.
    Certaines de ces familles, n’ont pas trouvé de kystes chez leurs enfants d'après les premiers tests. Elles ont réussi à trouver des hôpitaux en dehors de la Préfecture, pour finalement apprendre avec stupeur, que leurs enfants avaient des kystes de la thyroïde!

    Voici quelques témoignages:

    1. J’ai emmené mon deuxième fils, qui souffre d’une thyroïde enflée, à l’hôpital connu pour les traitements de la thyroïde. Le médecin lui a touché la thyroïde et a écrit effectivement sur le dossier qu'il a des kystes. Je lui ai dit que nous étions de Fukushima. Alors il m’a dit qu'il n’avait pas le droit de donner son avis aux réfugiés de Fukushima.

    2. Mon fils a toujours la thyroïde enflée, pas d’appétit. Malgré tout, il faut l’autorisation soit de la préfecture de Fukushima, soit de l’Université Médicale de Fukushima pour le traitement. Je suis prête à payer beaucoup d’argent pour le suivi, mais ce n’est pas une question d’argent, car évidemment, mon fils est couvert par la sécurité sociale. Salaud !

    3. Bonjour. On m’a dit « Demandez d’abord à l’Université Médicale de Fukushima et attendez la réponse ». Autrement dit, aucun médecin ne peut rien faire avec les habitants et les réfugiés de Fukushima sans autorisation. Par conséquent, mon médecin ne m’a donné ni diagnostic, ni l’état actuel de ma thyroïde.

    4. Mon fils s’est fait refuser dans un hôpital qui se trouve à Nagano. J’avais déjà eu la même expérience ailleurs aussi. Le médecin m’a dit qu'il peut soigner un petit rhume ou une blessure, mais pas la thyroïde ni les maladies qui seraient liées à la radioactivité. Il m’a aussi montré une fiche « Avis sur le suivi de la santé des habitants de Fukushima » délivrée par la préfecture de Fukushima.

    5. Pour soigner les réfugiés et les habitants de Fukushima, il faut absolument une autorisation de la préfecture de Fukushima qui dit que c’est eux qui prennent l’entière responsabilité de la santé et de la radioactivité de tous les habitants « à vie ». C’est absurde ce qu'ils disent...
    Pour finir, j’aimerais vous faire partager un SOS de la part de notre amie Tokiko Noguchi

    "Je suis une maman vivant à Fukushima. J'ai une fille collégienne et un fils handicapé. Ma fille entre au lycée cette année, et nous avions décidé avec ma famille de déménager à l’extérieur du département pour protéger nos enfants de l’irradiation.

    Depuis mars 2011, les autorités offraient une aide au logement pour les déplacés et réfugiés de l'accident nucléaire de Fukushima. Mais du jour au lendemain, la préfecture de Fukushima a déclaré qu'elle n'accepterait plus de nouvelles demandes d'appartements gratuits réquisitionnés pour les personnes souhaitant se réfugier à l’extérieur du département, dès le 28 décembre 2012.

    Le jour où cette décision a été rendue publique, j’ai reçu les résultats de l’échographie de la thyroïde de mon fils, les résultats étaient terribles car de petites tumeurs étaient apparues. Je suis sous le choc et j'ai peur pour mes enfants.

    De nombreux pères et mères de Fukushima se demandent s’ils doivent, afin de protéger leurs enfants, s’éloigner de leur pays natal et s’inquiètent de savoir où aller.

    Dans le cas où ils prennent la décision de déménager hors de la préfecture de Fukushima, parce que cela est nécessaire, le fait de pouvoir avoir accès à des logements réquisitionnés est une aide vitale."

    Il y a une pétition que vous pouvez retrouver sur mon groupe Facebook, Twitter ou sur le Blog Evacuate Fukushima - 福島の子供を守れ.
    S’il vous plaît partagez et signez cette pétition. Les enfants doivent être évacués et toutes les ressources nécessaires doivent être mises à disposition pour les gens qui veulent évacuer. " ©Nelson Surjon



    Aujourd'hui dimanche 16 décembre, le peuple japonais vote pour les Législatives.

    Quelques liens :

    http://www.lyonne.fr/france-monde/actualites/a-la-une/international/2012/12/15/nucleaire-fukushima-renforce-l-imperatif-de-transparence-et-cooperation-1375395.html

    http://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/nucleaire-fukushima-renforce-l-imperatif-de-transparence-et-cooperation_1199625.html

    vidéo  sur le site de la Provence.com : Une délégation française
    manifeste à Koriyama :
    http://www.laprovence.com/video/%2BUne%2Bd%25C3%25A9l%25C3%25A9gation%2Bfran%25C3%25A7aise%2Bmanifeste%2Bcontre%2Ble%2Bnucl%25C3%25A9aire%2Bau%2BJapon/ff186e0de91s/laprovence/actualite

    Elections et nucléaire
    Japon : la victoire des conservateurs réouvre la porte du nucléaire
    Le Monde.fr | 17.12.2012


    L'argument de la "sortie du nucléaire" n'a pas su convaincre au Japon. Vingt mois après la catastrophe de Fukushima, le Parti libéral-démocrate (PLD), pro-nucléaire, a triomphé, dimanche 16 décembre, aux législatives, laminant les formations qui avaient fait campagne pour l'abandon de l'atome en pariant sur le rejet de la population.
    Bien que des millions de Japonais aient signé une pétition pour dire "adieu au nucléaire" et que des centaines, voire des milliers, de militants "no nuke" aient défilé chaque vendredi sous les fenêtres du premier ministre, le PLD l'a emporté en se posant en "parti réaliste" privilégiant les défis économiques, principale préoccupation des citoyens, devant la question des centrales atomiques.
    RELANCE DES RÉACTEURS
    Conséquence : le plan énergétique du gouvernement sortant de Yoshihiko Noda – qui prévoyait l'arrêt progressif de la production nucléaire sur trente ans – risque, sinon de passer intégralement à la trappe, du moins de subir une révision importante.
    Le PLD s'est engagé à un passage en revue des 50 réacteurs du pays – dont seuls deux sont actuellement en service – dans un délai de trois ans pour se prononcer ensuite sur leur relance. Les conservateurs, qui plaident en faveur d'un Japon fort et non tributaire de l'étranger, jugent en effet impossible à moyen terme de se passer d'une des rares formes d'électricité que le pays est capable de produire sans trop dépendre de l'extérieur.
    La perspective d'une relance du nucléaire s'est immédiatement traduite sur les marchés par une très forte progression des titres des compagnies d'électricité lundi. Plus forte hausse : l'action de la compagnie gérant la centrale de Fukushima, Tokyo Electric Power (Tepco), s'est envolée de près de 33 % à la Bourse de Tokyo, après être tombée très bas après l'accident nucléaire de mars 2011.
    Lire : Japon : le marché salue la victoire des conservateurs
    NOUVELLE AUTORITÉ DE RÉGULATION NUCLÉAIRE
    Si la décision de relance est du ressort du pouvoir politique, le verdict de sûreté préalable doit toutefois être prononcé par la nouvelle Autorité de régulation nucléaire, mise en place en septembre. Cette instance prévoit de définir de nouvelles normes de sécurité plus sévères que les précédentes dans le courant de l'année prochaine, de superviser l'élaboration de plans de prévention et de secours par les régions hébergeant des installations atomiques et de se prononcer sur leur sûreté.
    Lire : Japon : l'autorité nucléaire renforce les règles de sûreté des centrales
    Outre le passage en revue des résultats de "tests de résistance" imposés à tous les réacteurs, l'autorité est en train de procéder, avec des experts-géologues extérieurs, à des examens du sous-sol de six sites nucléaires soupçonnés d'être bâtis sur des failles actives.
    La nouvelle autorité, constituée d'un comité de 5 membres et d'effectifs administratifs et techniques de 500 personnes, s'avère, à la différence de la précédente, statutairement indépendante du gouvernement et, en particulier, du ministère de l'industrie. Sa transparence se matérialise notamment par la diffusion sur Internet de ses réunions et trois conférences de presse hebdomadaires. Mais des critiques ont fusé dans la presse sur les choix de ces cinq membres, compte tenu de leur passé professionnel dans le secteur de l'énergie nucléaire.
    DÉFAILLANCE DES OPÉRATEURS DE CENTRALES

    "Les changements concernant le statut de l'instance de régulation sont positifs, mais il reste beaucoup à faire au niveau des industriels et exploitants en termes de prise de conscience et de gestion de la sûreté", a assuré à l'AFP André-Claude Lacoste, ex-président de l'Autorité de sûreté nucléaire française, auditionné vendredi par l'autorité nippone avec deux autres experts étrangers. Et d'ajouter : "Il est extrêmement dangereux que les opérateurs de centrales considèrent comme suffisant de s'en tenir aux seules règles que leur impose le pays, car le principe premier de la sûreté nucléaire internationale repose sur l'initiative d'élever davantage le niveau."
    Vendredi, Tepco avait admis que ses "mauvaises habitudes" étaient responsables de la catastrophe du 11 mars 2011. Takefumi Anegawa, qui dirige la cellule de réforme mise en place par le groupe après le désastre, a fait siennes les conclusions d'un rapport parlementaire qui avait dénoncé en juillet la "collusion" entre le gouvernement, l'autorité de sûreté et l'opérateur nucléaire. Le responsable de Tepco a jugé que ce rapport, fruit de six mois d'enquête, contenait de nombreuses descriptions "des failles de notre culture d'entreprise en matière de sécurité et de nos mauvaises habitudes".
    Lire : Fukushima : le gouvernement et Tepco ont ignoré le risque d'accident
    La compagnie avait déjà admis en octobre qu'elle avait minimisé le risque de tsunami par peur de devoir fermer la centrale pour travaux. Dans un rapport en forme de confession, elle indiquait qu'avant même que le tsunami géant ne submerge la centrale, la compagnie était au courant que les systèmes de défense et de protection étaient insuffisants, mais qu'elle n'avait toutefois pas agi. "Il y avait cette inquiétude que si de nouvelles et sévères mesures étaient imposées, la sécurité de toutes les centrales existantes serait devenue un sujet de préoccupation", indiquait le texte.
    Lire : Fukushima : la compagnie Tepco admet avoir minimisé le risque de tsunami
    NORMES DE SÛRETÉ PLUS ÉLEVÉES

    "Il est nécessaire de relever encore les normes de sûreté nucléaire, en envisageant tous les événements extrêmes qui peuvent affecter les centrales, et ce, de manière transparente", assure Delphine Batho, interrogée par Le Monde.fr. La ministre de l'écologie, qui participait à une conférence ministérielle internationale sur la sûreté nucléaire, samedi dans la préfecture de Fukushima, a fait des propositions en ce sens : la publication du suivi par chaque Etat du plan d'action sur la sûreté de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), comme le fait déjà la France ; l'obligation de revues des centrales par des équipes étrangères ; et la création d'une force d'action rapide à l'échelle internationale en cas de crise.
    "Les engagements pris lors de la conférence générale de l'AIEA en septembre 2011 [un renforcement de la sûreté des centrales mais sans caractère contraignant] ne doivent pas être perdus de vue, avance la ministre. Au Japon, nous avons essayé de convaincre nos partenaires d'avancer sur la question de la sûreté nucléaire, qui est un peu éclipsée aujourd'hui au profit de l'agenda économique."
    Audrey Garric (avec agences)

    Bien entendu, il n'est jamais question de sortie du nucléaire. Il est probable que si Cécile Duflot était à la place de Delphine Batho, c'est-à-dire " ministre de l'écologie ", le discours serait le même. Il est très probable que la première a refusé ce ministère, bien trop risqué pour sa réputation d'écologiste !!

    Le renforcement de la sûreté nucléaire totalement illusoire dont nous sommes abreuvés à grands renforts d'effets médiatiques ne change rien aux risques. Preuve en est des catastrophes qui arrivent et dont les dégâts considérables s'ajouteront à ceux provoqués par les prochaines catastrophes, inéluctables.

    Gaulois.

    L' OMS minimise les effets sur la santé à Fukushima  

    L'OMS est dans son rôle. Il n'y a rien à espérer de cette institution complice de l'AIEA. Voir aussi la rubrique " Nucléaire - Indépendance pour l'OMS "

    Gaulois

    L'OMS a minimisé les effets sur la santé de la crise nucléaire sur des résidents de Fukushima :

    BERLIN - Un médecin allemand, membre d'un groupe de médecins Prix Nobel de la Paix a critiqué un Rapport de  l'Organisation Mondiale de la Santé sur la catastrophe nucléaire de Fukushima pour avoir minimisé ses effets sur la santé humaine.
    Dans une revue de recherche, Alex Rosen a dit que le rapport de l'OMS, publié en mai cette année sur des doses évaluées de radiation reçues par des résidents près des réactreurs endommagés de la centrale nucléaire de Fukushima, a été compilé principalement par des officiels(fonctionnaires) liés à l'Agence Internationale de l'Energie Atomique 'AIEA), qui promeut l'utilisation de l'énergie atomique pour des buts pacifiques.
    Rosen, membre des Médecins Internationaux pour la Prévention de
    La guerre Nucléaire (IPPNW), a appelé à une évaluation indépendante basée sur une méthodologie scientifique solide qui examinerait les impacts de santé des retombées radioactives après que le complexe nucléaire de Fukushima N° 1  ait subi trois fusions principales en mars 2011.
    Le rapport de l'OMS estime la dose maximale de radiation corps entier par personne dans les quatre premiers mois de la crise à 50 millisieverts, même dans deux municipalités très proche de la centrale, la ville de Namie et le village d'Iitate. Il a aussi estimé qu'aucune zone n'avait reçu  des doses supérieures à  100 millisieverts.
    Rosen a noté que l'estimation de l'OMS  de la quantité des retombées radioactives émises par les réacteurs détruits de la centrale, était significativement plus basse que des projections fournies par des instituts de recherches dans beaucoup de pays.
    Le rapport OMS a aussi négligé de prendre en compte l'irradiation des gens vivant dans la zone des 20 km de l'usine et qui ont été évacués dans les premiers jours de la catastrophe, après que la zone ait ete  désignée "zone interdite", dit Rosen, indiquant la possibilité que ces résidents pouvaient avoir reçu de hautes doses avant ou pendant leur évacuation.
    Le rapport "semble suggérer une certaine sécurité en omettant des informations importantes telles que le risque de développer un cancer et d'autres maladies radio-induites, qui augmente proportionnellement au montant de l'exposition radioactive," dit Rosen, qui est pédiatre.
    L'aspect le plus criticable du rapport est "son manque apparent de neutralité," dit-il.
    Rosen affirme plus loin que le rapport reflète un effort pour minimiser les effets du désastre, car il a été compilé principalement par le personnel d'AIEA et les membres des organismes de réglementation nucléaires qui sont étroitement associés avec l'industrie nucléaire du Japon.
    "Il est suspect qu'un tel rapport ait été écrit principalement par l'AIEA et il est suspect qu'un rapport écrit principalement par l'AIEA avec la collaboration d'institutions nucléaires soit publié sous le nom de l'OMS, à moins que ce soit pour fournir une garantie "non suspecte" sur la véracité des niveaux de radiation auxquels les résidents  de Fukushima ont été exposés, a argumenté Rosen.
    Le mois dernier, la branche allemande du groupe de médecins internationaux a envoyé une lettre au Directeur Général de l'OMS, Margaret Chan, appelant à une augmentation substantielle des recherches médicales sur les effets sur a santé du désastre de Fukushima. La branche a aussi cherché à obtenir un premier établissement d'un registre complet des résidents de Fukushima ayant été exposés à plus de 1 millisievert de radiations après les trois fusions.
    Un fonctionnairede l'OMS a dit que l'organisation est encore incapable de répondre à la  recherche de Rosen pour la  revue de la branche allemande car les document sont  toujours en cours d'examen.
    Médecins Internationaux pour la Prévention de la Guerre Nucléaire est basé à Somerville, dans le Massachusetts et a reçu le Prix Nobel de la Paix en 1985. Le groupe a des branches dans 62 pays et régions dans le monde entier, y compris au Japon.


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