•  Méga fichier

     Nous sommes tous fichés

    Les dérives sur les libertés n'ont jamais été aussi dangereuses.

    Le pire, c'est que les surveillances individuelles sont ordonnées par des hauts ( Pas si haut que ça ! ) personnages, puisque n'en déplaise aux adorateurs de ces anciens dirigeants, le conseil constitutionnel est composé d'anciens chefs d'état qui n'ont jamais vraiment respecté la vie privée des populations.

    Que l'on ne nous chante pas la grande messe de la sécurité pour justifier de telles mesures ! D'ailleurs de quelle sécurité s'agit-il ? Celles de ceux qui bien sûr se prennent pour les élites de la nation.

    Papon 2, pardon, le ministre de l'intérieur a bien pris la précaution de faire publier le décret un dimanche de Toussaint. C'est, comme bien souvent pour ce genre de texte, d'une grande fourberie.

     

    Passe d’armes au sein de l’exécutif sur le TES, le « mégafichier » des 60 millions de Français

     

    Le lancement du TES est prévu mardi dans les Yvelines. Mais sa dimension exceptionnelle et les conditions de sa création suscitent la controverse.

    Le Monde.fr avec AFP | 08.11.2016

     

     http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/11/08/passe-d-armes-au-sein-de-l-executif-sur-le-tes-le-megafichier-des-60-millions-de-francais_5026925_4408996.html

    La polémique autour du fichier regroupant les données personnelles des Français s’est amplifiée lundi 7 novembre avec les protestations de la secrétaire d’Etat chargée du numérique, Axelle Lemaire, et du Conseil national du numérique (CNNum), qui a demandé sa suspension, poussant le ministre de l’intérieur à monter au créneau.

    Lire aussi :   La création d’un fichier rassemblant 60 millions de Français suscite de vives inquiétudes

    Dans une lettre de quatre pages adressée à cet organe consultatif, Bernard Cazeneuve a assuré que sa création s’était effectuée « dans la transparence », qu’il y avait eu« débat » et que « les étapes du travail interministériel » avaient bien été suivies. « Je ne veux pas entrer dans des polémiques inutiles », a-t-il ajouté en réponse à la secrétaire d’Etat, en marge d’un déplacement à Calais. Tout en disant respecter le fait que sa collègue exprime ses « convictions », il a néanmoins lancé : « Le gouvernement, c’est la solidarité. »

    Le fichier, baptisé « Titres électroniques sécurisés » (TES), a fait l’objet d’un décret paru le 30 octobre au Journal officiel. Il réunit dans une seule base de données – identité, couleur des yeux, domicile, photo, empreintes digitales… – les détenteurs d’un passeport et d’une carte d’identité, et concerne potentiellement près de 60 millions de Français.

    « De réels problèmes de sécurité »

    Son lancement officiel est prévu mardi dans les Yvelines, département « pilote », avant sa généralisation dans toute la France à partir du début de 2017. Mais sa dimension exceptionnelle, les risques de piratage et, surtout, les conditions de sa création, sans concertation publique ni débat parlementaire, suscitent la controverse.

    Dans un entretien au quotidien L’Opinion publié lundi, Mme Lemaire a déploré « un dysfonctionnement majeur » « Ce décret a été pris en douce par le ministère de l’intérieur, un dimanche de Toussaint, en pensant que ça passerait ni vu ni connu. » Pour elle, « ce genre de fichiers » pose « de réels problèmes de sécurité » à l’heure où les cyberattaques constituent un fléau à grande échelle.

    Le CNNum a également appelé le gouvernement à « suspendre la mise en œuvre » du TES. Déplorant « l’absence de toute concertation préalable à la publication du décret », il l’a invité à ouvrir « une réflexion interministérielle » sur le sujet. Selon l’organe consultatif, le nouveau fichier laisse « la porte ouverte à des dérives aussi probables qu’inacceptables » et est « propice aux détournements massifs de finalités ».

    La semaine dernière, la présidente de la Commission informatique et libertés (CNIL), Isabelle Falque-Pierrotin, s’était déjà élevée contre la création d’un dispositif aussi sensible sans débat parlementaire. « Il ne nous paraît pas convenable qu’un changement d’une telle ampleur puisse être introduit presque en catimini », avait-elle affirmé à l’Agence France-Presse, en appelant la représentation nationale à se saisir du dossier pour en peser « les avantages et les inconvénients ».

    Lire aussi :   Bernard Cazeneuve défend la création du fichier rassemblant les données de 60 millions de Français

    « Mesure liberticide et dangereuse »

    Regrettant également l’absence de « débat démocratique », le Parti communiste français (PCF) a demandé lundi au gouvernement d’« abroger le décret et de mandater la CNIL et le CNNum pour faire des propositions alternatives de sécurisation des titres d’identité sous contrôle parlementaire »Europe Ecologie-Les Verts a aussi réclamé la mise en place d’un dialogue sur le sujet, dénonçant « une mesure liberticide et dangereuse ».

    A droite, Jean-François Copé (Les Républicains) s’est dit « très circonspect », estimant que l’absence d’information d’Axelle Lemaire sur le sujet était « un mégacouac gouvernemental ». Le nouveau fichier « respecte strictement l’Etat de droit », a assuré en revanche l’ancien premier ministre François Fillon (LR), lui aussi candidat à la primaire de droite pour la présidentielle.

    En 2012, un projet de loi de la droite créant un mégafichier pour lutter contre l’usurpation d’identité et permettre l’identification d’une personne à partir de ses données – empreintes digitales notamment –, y compris à des fins judiciaires, avait été censuré par le Conseil constitutionnel en raison de sa seconde finalité.

    Pour le ministre de la justice, Jean-Jacques Urvoas, qui avait critiqué à l’époque le dispositif, le TES répond aujourd’hui « à l’objectif d’un juste équilibre entre la protection de l’identité de nos concitoyens et la garantie des libertés publiques ».

    Lire aussi :   Fichier des Français : les oublis et les erreurs de Cazeneuve et Urvoas

    Le débat parlementaire de pure forme annoncé est pipé d'avance et destiné à donner le change.


     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La liberté n'a pas de prix

    Gaulois.

     


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  • Cuve de l'EPR et falsifications nucléaires

    l'effondrement prévisible et irréversible de l'atome de France :

     Une réflexion qui ne manque pas de réalisme sur l'état du nucléaire français. A lire et à méditer, en attendant sagement que ça nous pète à la g.....

     Par Stéphane Lhomme

    Directeur de l'Observatoire du nucléaire
    http://www.observatoire-du-nucleaire.org

     http://www.alternatifs44.com/2016/11/cuve-de-lepr-et-falsifications.html

     http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/11/24/le-parc-nucleaire-francais-est-en-bout-de-course_5037311_3232.html

     

    Lorsque des problèmes de conformité de la cuve de l’EPR de Flamanville ont été reconnus par Areva en avril 2015, il s’agissait presque d’une information anodine tant le chantier de ce réacteur a connu - et connait encore - de retards, malfaçons et surcoûts.

    Mais, peu à peu, au fil des semaines et des révélations, cette affaire a dévoilé ce qui est incontestablement un des pires scandales industriels de tous les temps, tous pays confondus.

    Ainsi l’industrie nucléaire française, présentée continuellement comme « triomphante », « exemplaire », « enviée dans le monde entier », est en réalité un repaire d’escrocs qui, depuis des décennies, bâclent la fabrication de milliers de pièces, les couvrent par des certificats de sûreté falsifiés, et les utilisent sans se rendre compte ou sans se préoccuper de leurs déficiences !

    Et que dire l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), « la plus compétente et la plus intransigeante du monde » ? Soit elle est totalement déficiente au point de n’avoir jamais rien vu de ce trafic, soit elle en est tout simplement complice.

    Nul ne peut prédire quelles seront les nouvelles révélations de la semaine à venir, toujours plus incroyables que les précédentes au fur et à mesure qu’est déroulé le fil d’une improbable pelote. Mais, d’ores et déjà, la situation est inextricable.

    D’abord, la cuve de l’EPR de Flamanville, déjà installée dans le réacteur en construction, a été mal usinée et présente des faiblesses qui, si les règles normales de sûreté sont appliquées (ce qui serait la moindre des choses !), devrait aboutir à l’interdiction de son utilisation.

    Rappelons que les règles de sûreté prévoient « l’exclusion de la rupture de la cuve ». Cela signifie que cette rupture ne peut, ne doit pas survenir, car alors RIEN n’est prévu et c’est un scénario similaire à Fukushima, voire bien pire encore.

    Si l’Autorité de sûreté fait normalement son travail, EDF sera alors obligée de détruire une partie du réacteur (construit avec tant de mal !) pour en extraire cette cuve et la remplacer par une autre… qu’il faudra toutefois encore fabriquer et, si possible, de façon correcte !

    Ces opérations prendraient au bas mot 3 à 4 ans, sachant que l’EPR a déjà accumulé des retards insensés : débuté en 2007, le chantier devait être achevé en 2012. Le bout du calvaire est annoncé par EDF pour 2018, mais on peut raisonnablement en douter. Et si la cuve est recalée, ce serait pour 2020, 2022, 2025… ou jamais !

    Pendant ce temps, EDF perd des milliards, nos milliards ! Annoncé au départ à 2,8 milliards, le coût de l’EPR est désormais estimé au triple, 8,5 milliards, en attendant la facture finale qui sera assurément bien au-delà des 10 milliards, sans compter l’affaire de la cuve.

    Mais il y a encore pire : entre temps, Areva a livré aux Chinois deux cuves pour les EPR en chantier à Taïshan, et elles aussi présentent des faiblesses probablement rédhibitoires. Les Chinois attendent le verdict technique pour envoyer à la France la facture incommensurable de deux réacteurs arrêtés pendant des années, détruits en partie pour en extraire des cuves défaillantes en attendant d’éventuelles cuves de rechange…

    L’Autorité de sûreté nucléaire, confrontée à cette situation sidérante, et épiée par les observateurs du monde entier, n’a eu d’autre alternative que de demander EDF de lancer des vérifications dans ses réacteurs et à Areva de reprendre les dossiers des pièces usinées dans les forges du Creusot et autres usines, pour voir si des fautes industrielles n’avaient pas été commises sur d’autres pièces que les cuves.

    Ces vérifications n’en sont encore qu’au début mais l’on sait déjà que ce sont en réalité des milliers de pièces nucléaires qui ont été bâclées et ce depuis… 1965. Nous voilà réduits à attendre que les coupables eux-mêmes veuillent bien faire toute la lumière. Qui peut encore leur faire confiance ?

    A l’approche de l’hiver 2016, ce sont néanmoins sept réacteurs dotés de générateurs de vapeur suspects qui sont arrêtés, et cinq autres qui doivent l’être selon un calendrier qu’EDF impose à la prétendue « Autorité » de sûreté, alors que celle-ci devrait faire stopper immédiatement tous les réacteurs concernés.

    A cela, et en attendant d’éventuelles autres révélations, il faut ajouter la chute d’un générateur de vapeur de plus de 500 tonnes dans le réacteur n°2 de la centrale de Paluel (Seine-Maritime) le 31 mars 2016. Les vibrations et dégâts occasionnés ont gravement endommagé le réacteur qui est arrêté pour longtemps et peut-être pour toujours.

    Par ailleurs, le réacteur n°5 de la centrale du Bugey (Ain) subit lui aussi un arrêt de longue durée du fait de l’incapacité d’EDF à remédier à un grave défaut d’étanchéité de l’enceinte de confinement.

    En résumé, le parc nucléaire français est en bout de course, délabré et parsemé de pièces déficientes. Dans le même temps, les finances d’EDF sont dans un état si déplorable que l’entreprise pourrait sous peu rejoindre Areva dans la faillite, et est de toute façon dans l’incapacité d’entretenir correctement ses réacteurs.

    Les dirigeants politiques et industriels français en sont réduits à guetter les prévisions de la météo en priant que l’hiver soit particulièrement doux. Car, à la moindre vague de froid, il est fort probable que ce sera la pénurie d’électricité. Peut-être la France sera-t-elle sauvée par les pays voisins, à condition qu’ils aient assez d’électricité pour leur propre consommation et pour lui en envoyer : le pays de l’atome est à genoux.

    Cette situation insensée illustre le caractère absurde et dérisoire de l’annonce par EDF de la construction de deux EPR en Grande-Bretagne, à grands coups de milliards… qui n’existent pas.

    Les zélateurs de l’atome et les citoyens trop longtemps abusés sont probablement stupéfaits d’assister à l’effondrement de cette industrie supposée être triomphante. Or, en réalité, cette situation était parfaitement prévisible.

    Effectivement, construire un parc nucléaire revient à programmer une situation inextricable pour 30 à 40 ans plus tard. C’est ce qu’à fait la France dans les années 70 avec deux circonstances terriblement aggravantes : la taille surdimensionnée de ce parc, qui démultiplie les problèmes, et la rapidité de construction. Ce dernier point est d’ailleurs crucial.

    Pendant des décennies, l’édification en quelques années de 58 réacteurs a été présentée comme un exploit extraordinaire, ce qui n’est d’ailleurs pas faux du simple point de vue industriel. Le problème est que tous ces réacteurs arrivent en fin de vie dans un bel ensemble et non de façon échelonnée. Le piège se referme, d’autant qu’aucune alternative énergétique n'a été engagée.

    Les grands parcs nucléaires – principalement ceux des USA, du Japon, de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne et bien sûr de la France – ont été construits et financés pendant les fameuses « 30 glorieuses », quand l’argent coulait à flot.

    C’est ainsi que des sommes insensées ont été consacrées à l’édification de centaines de réacteurs : 100 aux USA, 58 en France, 54 au Japon, etc. Cette opération, ou plutôt ce coup de force dans la mesure où les opinions publiques étaient déjà fortement opposées à l’atome, ne peut (heureusement !) être réédité aujourd’hui car les caisses sont vides.

    L’argent n’est même plus disponible pour rafistoler les vieux réacteurs, sans parler de leur démantèlement, et pour s’occuper des déchets radioactifs : le tout est légué aux générations suivantes qui, pourtant, auront probablement bien d’autres problèmes à affronter.

    Il a parfois été dit que l’aventure nucléaire était comme un voyage en avion… sans piste d’atterrissage. Les réservoirs sont vides et la descente a commencé. Au mieux elle se soldera par un désastre industriel et financier, au pire ce dernier sera accompagné d’une ou plusieurs catastrophes nucléaires.

    Les atomistes les plus obtus osent encore prétendre que Tchernobyl est « de la faute des Soviétiques » et Fukushima « de la faute du Tsunami ». Ces arguties ne trompent plus personne : le nucléaire s’effondre et entraine la France, « royaume de l’atome », dans une chute irréversible. Notre maison est irradiée et nous regardons ailleurs…

     

    Un décret très discret

     Les commentaires sont superflus. On nous mitonne à la sauce nucléaire

     Tous exposés à de plus fortes radiations. C’est ce que prépare un décret très discret

    https://reporterre.net/Tous-exposes-a-de-plus-fortes-radiations-C-est-ce-que-prepare-un-decret-tres

     https://www.crashdebug.fr/actualites-france/12452-tous-exposes-a-de-plus-fortes-radiations-c-est-ce-que-prepare-un-decret-tres-discret

     

    La circulaire européenne relative à la protection des populations contre les expositions aux radiations intégrera le droit français par décret en janvier 2017. L’auteur de cette tribune, dans une lettre ouverte aux ministres concernées, s’indigne que ce texte modifie « gravement » le code de la santé publique en relevant les seuils jugés tolérables par l’administration en cas d’accident comme ceux de Tchernobyl et Fukushima.

    Jean-Marie Matagne est le président de l’Action des citoyens pour le désarmement nucléaire (ACDN). Il est également docteur en philosophie.


    Saintes, le 29 septembre 2016

    Madame Ségolène Royal
    Ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, chargée des relations internationales sur le climat

    Madame Marisol Touraine
    Ministre des Affaires sociales et de la Santé

    Mesdames les ministres,

    Honte à vous, si vous signez en l’état le « Décret n° 2017-xxxx du xx/01/2017 relatif à la protection sanitaire contre les dangers résultant de l’exposition aux rayonnements ionisants et à la sécurité des sources de rayonnements ionisants contre les actes de malveillances (sic) ».

    Ce décret, qui pour répondre à une demande européenne doit être pris en janvier 2017 par le Premier ministre, « sur le rapport de la ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer en charge des relations internationales sur le climat », modifie le code de la santé publique. Gravement. Horriblement.

    Sa longueur (84 pages), sa technicité le rendent pratiquement illisible au commun des mortels. Pour y comprendre quelque chose, il faut au moins bénéficier des lumières de la Criirad. En opacité, il ne le cède en rien à un certain projet de constitution européenne qui fut soumis naguère au peuple français et rejeté par lui. Sans doute mériterait-il de subir le même sort.

    Car il édicte une flopée de normes auxquelles devront se soumettre les utilisateurs en tous genres du nucléaire, pour continuer à exercer joyeusement leur activité. Les plus sympathiques de ces normes visent à limiter — à défaut de le supprimer — l’impact maléfique du gaz radon dans certains bâtiments publics. Mais, au-delà de ces mesures censées protéger la population, le cœur du décret se cache au chapitre Ier, Section 4, intitulée : « Gestion des situations d’urgence radiologique. » L’ignoreriez-vous, Mesdames ?

    Il tient en trois lignes :


        « Art. R. 1333-55. – I. – Pour l’application du principe d’optimisation prévu à l’article L. 1333-3, est fixé un niveau de référence à 100 mSv [milliSievert] en dose efficace reçue pendant la durée de la situation d’urgence radiologique, comprenant tout type d’exposition. » (Projet de décret, p. 24.)

     

    Admirons la langue de bois.

    Concrètement, les « situations d’urgence radiologique » dont il s’agit ici, ce sont les effets d’un accident majeur du type Tchernobyl ou Fukushima, survenu sur un ou plusieurs réacteurs nucléaires par suite d’une défaillance humaine ou matérielle, d’un événement naturel extrême, d’un attentat ou d’un « acte de malveillance ». Ou résultant d’une explosion atomique.

    267794 Photo Fournie Par Greenpeace De L Un De Ses Membres Mesurant A L Aide D Un Compteur Geiger La RadioaUn membre de Greenpeace mesurant à l’aide d’un compteur Geiger la radioactivité, le 27 mars 2011, à Fukushima.

     

    Ce décret nous prépare donc à la catastrophe. Comment ? En décrétant que la dose moyenne d’exposition aux radiations, jugée tolérable par l’administration pour une personne pendant les premières semaines de la « situation d’urgence », sera 100 fois plus élevée que la dose limite d’exposition annuelle (1 mSv) tolérable en temps normal. Cent fois plus, rien que ça. Que les personnes exposées ne la tolèrent pas et qu’elles en crèvent, ce n’est pas le problème de l’administration.

    On aurait pourtant cru, Mesdames, que c’était le problème d’une ministre de l’Environnement et d’une ministre de la Santé. Cherchez l’erreur.

    Et ce n’est pas fini. Quand la situation ne sera plus « urgente », mais que des personnes continueront à être exposées à la contamination ou à l’irradiation, la « dose de référence » dont elles profiteront à leur corps défendant (dose qui n’a rien de limitatif, précise la Criirad) restera 20 fois plus élevée que ne l’est actuellement la « dose limite » (impérative, elle).

    En effet :

       « Art. R. 1333-67. – Par application de l’article L. 1333-3, est fixé un niveau de référence à 20 mSv en dose efficace pour toute personne exposée à ces situations sur une année afin de définir la stratégie initiale de gestion des parcelles polluées. » (Projet de décret, p. 28)

     Ainsi, les personnes qui auront eu le malheur de se trouver dans la zone initiale d’exposition et de subir 100 fois plus de rayonnements ionisants que n’en supporte un humain normalement constitué pourront continuer, si elles se trouvent sur une « parcelle polluée », à en supporter 20 fois plus pendant un an (ensuite, ce sera laissé à l’appréciation des « responsables » locaux).

    Tmi Cleanup 2Une équipe de nettoyage de la radioactivité d’un bâtiment annexe après l’accident de la

    centrale de Three Mile Island, aux États-Unis, en 1979.

     Évidemment, les « parcelles » en question ne sont pas prévisibles et n’ont d’autre limite que les frontières françaises qui, comme on sait, sont étanches à la radioactivité.

    Mais comment expliquez-vous, Mesdames, que dans la fourchette proposée par la circulaire européenne : de 20 à 100 mSv en « situation d’urgence », puis de 1 à 20 mSv pendant l’année qui suit, la France choisisse la « dose de référence » maximale ?

    Ce choix est criminel. Il condamne à vivre et à mourir en zone contaminée des millions de personnes. Si vous avez à cœur de défendre l’environnement et la santé, à supposer même qu’il faille accepter la perspective inacceptable d’une catastrophe nucléaire, c’est la norme la plus basse qu’il vous fallait choisir. Seriez-vous à la solde du lobby nucléaire ?

    Pour vous défaire de ce soupçon, vous avez le choix entre deux issues : récuser ce projet de décret et exiger la fermeture de tous les réacteurs qui justifient son existence, ou bien le cosigner et assumer l’accusation d’avoir préparé un crime contre l’humanité, le jour où adviendra la catastrophe qui fera prendre pour une bluette l’affaire du sang contaminé.

    Au cas où vous n’obtiendriez pas que le gouvernement adopte un plan de fermeture des réacteurs, vous pourriez toujours démissionner.

    Veuillez agréer, Mesdames les ministres, l’expression de ma haute considération.

     Source(s) : Reporterre.net via Lesbrindherbes.org

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    Radioprotection mondiale, copinage et serment de secret

    Là, c'est bien la secte nucléaire dans ses basses œuvres. Jugez plutôt !

    Pierre Dubochet | 1er mai 2014

    http://www.pierredubochet.ch/radioprotection-mondiale,-copinage-et-serment-de-secret.html

    Le dispositif de radioprotection mondiale : copinage, complaisance, serment de secret sur la pollution

    «
    Je jure de ne rien révéler ou utiliser de ce qui sera porté à ma connaissance». Vous avez dit transparence ?

    Tout en haut de ce dispositif, les scientifiques qui publient leurs découvertes dans des revues à comité de lecture. Il serait bien que la situation en Biélorussie par exemple montre que les budgets sont alloués vers les situations de pollution radioactive les plus sérieuses ; la réalité est différente.

    En dessous, l’UNSCEAR (United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation), fondée en 1955. Elle prend connaissance des publications et en retient ce qu’elle veut, n’étant soumise à aucun contrôle scientifique.

    En dessous, la CIPR (Commission Internationale de Protection Radiologique), émanation d’un comité de protection contre les rayons x et le radium, se fonde en 1950. Elle reçoit les publications de l’UNSCEAR et rédige ses recommandations. Vous comptez sur une information objective relativement à la pollution radioactive ? Vous allez être déçu. 

    Avant d'entrer en fonction, depuis le 15 juin 1966, les agents de ce service doivent accepter un «serment de secret sur la pollution radioactive
    » devant un tribunal d’instance en ces termes : «Je jure de bien et fidèlement remplir mes fonctions et de ne rien révéler ou utiliser de ce qui sera porté à ma connaissance à l’occasion de (mon) exercice». Aucun membre ne peut parler d’une quelconque pollution sans l’autorisation de son supérieur.

    Le document est mis à jour en 1983 : «
    Je jure de bien et fidèlement remplir mes fonctions et de ne rien révéler ou utiliser, directement ou indirectement, même après cessation de mes fonctions, de ce qui aura été porté à ma connaissance à l'occasion de [mon] exercice)», selon parution au Journal Officiel de la République française. 

    Par ailleurs, ce petit groupe remplace ses membres par cooptation. Il s’auto perpétue. Est-ce l'idée que vous aviez de la radioprotection mondiale ?

    Les membres de la CIPR (14 membres pour la commission principale) se retrouvent dans d’autres organisations, notamment dans l’UNSCEAR. Cette solidarité est dommageable à la prise en compte de réflexions différentes.

    Encore en dessous se trouvent AEN, IRPA, OCDE, AIEA, OMS, etc. Elles conservent ce qui leur paraît opportun des recommandations de la CIPR, puis rédigent les standards internationaux en matière de radioprotection, qu’elles transmettent en leur nom.

    C’est avec ce qu’il reste que les législations nationales sont décidées. 

    Les liens entre la CIPR et l’OMS sont formalisés en 1956 à Genève. L’OMS s’engage également à aider la CIPR à traduire et à diffuser ses recommandations. L’OMS institue des liens avec l’AIEA et l’UNSCEAR en 1959. 

     

    A Flamanville, l’Autorité de sûreté nucléaire est dans la main d’EDF

    Ou le copinage à tous les niveaux !

    Source : MédiaPart

     https://www.mediapart.fr/journal/france/181016/flamanville-l-autorite-de-surete-nucleaire-est-dans-la-main-d-edf

     18 octobre 2016 | Par Pascale Pascariello

     Deux inspecteurs de l’Autorité de sûreté nucléaire, chargés du contrôle des conditions de travail et de la sûreté sur le chantier de l’EPR, futur réacteur en construction, et dans trois autres centrales en Normandie, ont subi pressions et menaces de leur direction, au profit d’EDF. Et au mépris de la sécurité.

     « Je suis inspecteur du travail à la division de Caen de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Depuis 2011, j’ai subi et encaissé, dans le cadre de mon activité professionnelle, de nombreuses et parfois très lourdes pressions voire menaces, de multiples injonctions contradictoires, qui ont généré une situation de souffrance au travail. » C’est ainsi que débute le recours d’Alain auprès du président du tribunal administratif de Caen, en août 2016, pour faire reconnaître en accident du travail son épuisement psychologique survenu le 16 octobre 2015.

    La direction de l’Autorité de sûreté nucléaire « a essayé de m’imposer sa position ou d’influer sur les choix que j’avais à faire dans le cadre de ma mission d’inspecteur du travail », en particulier, « sur des sujets pouvant représenter des enjeux pour EDF – l’exploitant des centrales –, dès qu’un contrôle pouvait engendrer des suites impactant EDF de façon notable (suites pénales, impact industriel…) ou qu’il a fait l’objet d’une intervention hiérarchique d’EDF », explique Alain.  

     

    Résultat : il y a un an, il s’écroule. Ce burn-out oblige Alain à interrompre son activité professionnelle durant sept mois. L’expertise médicale est claire : « Épuisement professionnel. Le trouble peut être considéré comme un accident du travail, conséquence d’une série d’événements survenant par le fait ou à l’occasion du travail. » Depuis 2008, en tant qu’inspecteur du travail, Alain, ingénieur de l’industrie et des mines, est en charge, en Normandie, de trois centrales en activité et du chantier de l’EPR, futur réacteur nucléaire en construction à Flamanville (Manche). À ses côtés à partir de 2010, Laurent assure également une partie des contrôles de sûreté nucléaire.

    Ces deux inspecteurs ont mené, entre 2010 et 2014, des contrôles qui ont abouti, pour certains, à des procès retentissants. Suite à l’accident mortel d’un soudeur le 24 janvier 2011, sur le chantier de l’EPR, leur enquête retient la responsabilité de deux entreprises, dont Bouygues. Toujours sur le chantier du futur réacteur nucléaire, leurs inspections ont révélé la situation de travail illégal de près de 500 ouvriers polonais et roumains. Encadrés et dirigés par Bouygues, ils n’avaient ni congés payés, ni droit au chômage, et un salaire inférieur à la convention collective française.

    Ce système de fraude, dont Bouygues a bénéficié entre 2009 et 2012 sur l’EPR, lui a permis quelques belles économies. L’Urssaf, quant à elle, estime son préjudice global entre 9 et 12 millions d’euros. Le contrôle mené par les deux inspecteurs, Alain et Laurent, aboutira à un procès en correctionnelle en mars 2015, l’une des plus importantes affaires de travail illégal jugée en France.. Bouygues a été condamné à 25 000 euros d’amende. Il sera rejugé en appel du 7 au 10 novembre prochain.

    Loin d’être félicités pour leur professionnalisme, ces deux inspecteurs ont subi de nombreuses pressions de leur direction. Parmi les nombreux faits que rapporte Alain dans son dossier : en juin 2011, il se heurte à EDF qui fait obstacle à une inspection inopinée dans la centrale de Flamanville. Informé, le procureur de la République de Cherbourg demande à Alain de lui signaler, par écrit, ce délit afin qu’il rappelle à EDF son obligation de respecter la loi. Mais Alain est confronté à sa direction qui tente de le dissuader de notifier ce délit à la justice. Néanmoins, il ne cède pas à ces pressions et envoie un courrier au parquet de Cherbourg. Quelques semaines plus tard, il est convoqué par sa direction pour un entretien « officieux » de sanction.

    Il est alors informé que son comportement remet en cause sa carrière. Sa direction va jusqu’à lui reprocher d’avoir adressé à EDF un courrier signalant les poursuites judiciaires encourues. « J’observe que ma hiérarchie, très prompte pour me demander de me justifier, tant pour ce qui concerne mes constats que pour ce qui concerne mon comportement quand EDF s’en plaint, est beaucoup moins prompte à réagir quand il s’agit de me défendre vis-à-vis d’EDF », constate Alain.
     
    Les pressions de ce type se multiplient, les entretiens de sanction également. On reproche par exemple à Alain d’alerter, en septembre 2013, le ministère du travail sur une organisation mise en place par EDF dans les centrales nucléaires en matière de radioprotection et présentant des risques pour les salariés. Alain informe EDF, par courrier, qu’au regard des irrégularités constatées, il envisage de proposer une mise en demeure. Là encore, il est convoqué pour un rappel à l’ordre par sa direction. Pire, ignorant les conclusions de l’inspecteur, la direction de l’Autorité de sûreté nucléaire et le ministère du travail décident conjointement de réviser la réglementation… en faveur d’EDF.

    Qu’elle est loin la belle image d’une institution indépendante et transparente prônée par Pierre-Franck Chevet, président de l’Autorité de sûreté nucléaire. Le 6 novembre 2012, dès sa nomination, lors de son audition par la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, Pierre-Franck Chevet déclarait : « Selon moi, l’ASN repose sur quatre valeurs essentielles : compétence et rigueur, indépendance et transparence.. Toutes sont nécessaires mais ne sont suffisantes qu’inscrites dans la durée. » Bel exercice de communication qui tranche avec une tout autre réalité.

    Les échanges de mails entre Alain et sa hiérarchie témoignent de toutes les difficultés rencontrées lorsqu’il signale des irrégularités manifestes et graves de la part d’EDF. Il doit faire face au comportement de l’exploitant des centrales, peu disposé à l’informer de ses manquements en matière de sécurité et sûreté nucléaire. Il doit, en outre, affronter sa direction qui fait obstacle à ses conclusions lorsqu’elles vont à l’encontre d’EDF.

    Certains échanges décrivent comment l’ASN valide les irrégularités d’EDF. Alain alerte ainsi sa direction : « Je constate qu’EDF Flamanville ment et nous dissimule volontairement des informations relatives à la radioprotection. Je prévois un rappel à l’ordre. Et je dois défendre (une nouvelle fois) mot pour mot mes observations et justifier ma position vis-à-vis de ma hiérarchie et donc y consacrer un temps et une énergie non nuls. Bilan : EDF ment et nous offre même les preuves écrites. Est-il envisagé un rappel à l’ordre écrit par l’ASN ? Non. Qui s’en prend plein la g… ? L’inspecteur du travail qui projette de rappeler par écrit à EDF que le mensonge aux autorités administratives et judiciaires est un délit. »

    « Je constate qu’EDF Flamanville ment »

    Face à ces pressions exercées sur ces inspecteurs, et alors même que l’Autorité de sûreté nucléaire, gendarme du nucléaire, se doit d’être affranchie de tout lien avec EDF, la justice va intervenir. En effet, en octobre 2013, survient un nouvel incident sur le chantier de l’EPR : une pièce d’un appareil de manutention, le pont polaire, situé à l’intérieur du bâtiment réacteur, est projetée en l’air et fait une chute de 20 mètres. Par chance, aucun ouvrier n’est blessé. Alain et son collègue, Laurent, procèdent au contrôle de cet équipement, utilisé pour lever et installer des composants pouvant atteindre plus de 560 tonnes. Il s’agit d’un appareil primordial en terme de sûreté nucléaire et de sécurité des travailleurs.

    Le rapport des inspecteurs révèle qu’EDF a mis en place un dispositif non conforme, qui ne dispose d’aucun système d’arrêt d’urgence. Vu la gravité des faits constatés, Alain et son collègue alertent à plusieurs reprises EDF. Le premier électricien de France ignore ces rappels à l’ordre. Il s’apprête même à utiliser son dispositif à haut risque pour installer la cuve du réacteur, mettant ainsi en danger les salariés et les installations. Les deux inspecteurs saisissent la Direction régionale du travail (DIRECCTE) pour mettre en demeure l’électricien. EDF dispose alors de six mois pour rendre sa machine aux normes. D’ici là, interdiction formelle de l’utiliser.
    Mais EDF n’a pas l’intention de respecter la loi. Il a d’ailleurs préparé une grande journée de communication en rameutant la presse locale et nationale pour assister à l’installation de la cuve de l’EPR.

    La direction régionale du travail rappelle alors EDF à l’ordre, dans un courrier du 16 janvier 2014 : « Vous envisagez de réaliser les premières manutentions dès le 21 janvier 2014. Je vous rappelle qu’il n’existe aucune possibilité, applicable à votre situation, de déroger à la loi qui interdit d’utiliser des équipements de travail qui ne répondent pas aux règles techniques de conceptions. »

    Allant à l’encontre de ses propres inspecteurs et de la Direction régionale du travail, c’est le directeur général de l’Autorité de sûreté nucléaire, en personne, qui, le 21 janvier 2014, écrit à EDF : « Je vous informe ne pas avoir d’objection à la réalisation des opérations de levages des gros composants. » La direction de l’ASN autorise ainsi EDF à enfreindre la loi et à utiliser un équipement dangereux, en l’état, pour les salariés et la sûreté nucléaire.

    Les faits sont si graves que le procureur de la République Éric Bouillard décide d’y donner suite en ouvrant une enquête préliminaire. Motifs : « Mise à disposition aux salariés de matériel dangereux » et « utilisation de ce matériel malgré une mise en demeure ».
    En juin 2014, il la transmet à Nanterre, afin « que soit entendue la direction de l’Autorité de sûreté nucléaire », dont le siège est situé à Montrouge, en région parisienne.

    Contacté par Mediapart, le procureur Éric Bouillard souhaite comprendre pourquoi l’ASN, une autorité « qui doit être indépendante à l’égard de celui qu’elle contrôle, surtout en matière de sûreté nucléaire, a contredit ses propres inspecteurs et a autorisé EDF, alors qu’il existait une interdiction d’utiliser cette machine, à enfreindre la loi au risque de mettre en danger des hommes et des installations ». Depuis, Éric Bouillard a été nommé à la tête du parquet d’Ajaccio. Il a tenté avant son départ, en septembre 2015, de savoir où en était l’enquête du côté de Nanterre : silence radio.

    Contacté par Mediapart, Nanterre explique ne pas retrouver le dossier d’enquête. Est-il resté au fond des tiroirs ? Impossible donc de se pencher sur les liens entre l’ASN et EDF. La transparence a ses limites.

    Après ce nouvel affront de leur direction, Laurent, le collègue d’Alain, ne tiendra pas longtemps. Épuisé psychologiquement, il devra cesser son travail, en juillet 2014. Le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, n’ignore rien de la situation. En effet, suite au burn-out de son collègue, Alain lui adresse, le 30 juillet 2014, un courrier détaillé faisant état de l’ensemble des pressions subies :

     https://html2-f.scribdassets.com/8kkcvp8e9s5iq4pk/images/1-5d83676d07.jpg

     Extrait :

     La réponse du président de l’ASN ne viendra que deux mois plus tard. Il félicite le travail de l’inspecteur et regrette à demi-mot le comportement d’EDF. Cependant, nulle part, il n’y est fait mention des diverses pressions exercées. Encore moins des solutions pour y remédier. Ainsi que le regrette Alain, « le courrier du président de l’ASN n’exprime aucune reconnaissance des “dysfonctionnements” que je décrivais ni aucune proposition de nature à éviter qu’ils ne se renouvellent ».

    Avec le départ de son collègue, la situation d’Alain ne va pas s’améliorer. Épuisé, il assume, seul, le travail de deux inspecteurs. Mais un espoir survient, en septembre 2015, lorsqu’il apprend que son collègue, Laurent, est prêt à réintégrer son poste, toujours vacant. Fausse joie. Le 16 octobre, il apprend officieusement que la direction de l’ASN s’oppose au retour de Laurent, pourtant seul postulant à ce poste.

     Alain s’effondre et envoie ce mail à sa direction : « Je suis au bord de l’explosion. D’un côté par la charge de travail avec des dossiers importants… de l’autre la perspective qu’il n’y ait toujours personne sur le poste alors qu’il y a un candidat [Laurent] qui correspond parfaitement est juste insupportable pour moi. Quel est l’objectif réel de l’ASN ? Me détruire ? Me pousser au départ ? Au burn-out ? Au suicide ? » Le même jour, une alerte du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) est lancée pour « danger grave et imminent » concernant Alain, en « situation professionnelle de détresse ». Alain a été en arrêt maladie durant sept mois.

    Alain et son collègue ne sont pas seuls. Plus de dix ingénieurs de l’Autorité de sûreté nucléaire ont tenu à leur apporter, par écrit, leurs témoignages et soutiens. Tous reconnaissent l’investissement et la rigueur des deux inspecteurs, formant un « binôme efficace et vertueux » pour reprendre l’une des attestations. Alain est notamment présenté comme « un agent performant et motivé ayant une énorme capacité de travail, très soucieux de sa mission au service des conditions de travail des salariés ».

    Certains ingénieurs s’interrogent, également, sur le comportement de leur direction à leur encontre. L’un d’entre eux fait ce constat: « Les difficultés avec l’exploitant (EDF) et pressions sont supportées directement par l’inspecteur et pas par l’administration (l’ASN). Cette situation est d’autant plus difficile lorsque les positions de la hiérarchie de l’ASN et de l’inspecteur ne sont pas partagées… J’ai souvenir d’un moment difficile pour Alain et son homologue, lorsqu’ils ont constaté que le pont polaire de l’EPR, et surtout les équipements devant soulever les équipements lourds, n’étaient pas conformes à la réglementation. Là encore, ils ont eu beaucoup de mal à faire accepter leur position par la hiérarchie de l’ASN […]. Pour conclure, je suis inquiet de la situation, singulièrement pour la santé d’Alain, mais également plus largement en observant que l’administration ne sait pas prendre en compte les risques psycho-sociaux encourus par ses agents. »

     

    Pierre-Franck Chevet, président de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) (Reuters/Charles Platiau).

    Alors même que le silence est d’usage au sein du corps des Mines, Alain a également reçu une lettre signée par dix-neuf ingénieurs de l’Autorité de sûreté nucléaire, en avril 2016. En voici un extrait : « Nous tenions à t’exprimer notre soutien et notre admiration devant ton courage. Ton courage, nous le connaissions déjà. Il était clair devant ton investissement sans relâche […]. Ton courage à ne jamais baisser les armes dans l’adversité quand la plupart d’entre nous auraient sans doute plié pour se protéger. En s’y mettant à tous, on va bien trouver un moyen de te renvoyer l’ascenseur […].. »

    Le burn-out d’Alain n’a pas été sans conséquence à l’intérieur de l’ASN. Pierre-Franck Chevet a adressé, en mai 2016, à la division de Caen, dont dépend l’ingénieur, le message suivant : « Bonsoir, je comprends l’émotion que vous avez ressentie à la suite de l’intervention de Alain. Un point a eu lieu entre les représentants du personnel siégeant au CHSCT et la direction générale de lʼASN. Cette réunion a permis un partage d’informations et un examen des premières actions pouvant contribuer à vous apporter un soutien. J’invite celles et ceux d’entre vous qui en éprouvent le besoin à s’adresser à la cellule d’écoute qui vient d’être mise en place […]. »

    Le CHSCT a lancé une expertise sur les conditions de travail, confiée au cabinet Idenea qui devrait prochainement rendre ses conclusions. Alain ne serait pas un cas isolé au sein de l’ASN, selon le CHSCT, qui n’a pas souhaité s’exprimer davantage sur la situation. L’ASN a refusé de reconnaître l’épuisement professionnel d’Alain en accident du travail.

    Sollicitée à de nombreuses reprises depuis une semaine, l'Autorité de sûreté du nucléaire n'a pas répondu à nos questions.

    Les prénoms des deux inspecteurs ont été modifiés.

     Gaulois

     

     



     



     

     



     


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  • Bouche cousue

    Ou le silence étourdissant 

    Qui n'a jamais utilisé les transports en commun urbains est en droit de penser qu'il s'agit là d'une plaisanterie. Ceci dit, la France n'a rien à envier aux anglais, du moins dans ce domaine.

    Pour avoir vécu quelques années à Paris et utilisé le tube, pardon le métro, je n'ai pas souvent assisté à des conversations. Il faut croire qu'ils n'ont pas grand chose à se dire.  Avec leur mine de papier mâché, les parisiens m'on souvent fait penser à des croque morts.

    Finalement il est inutile d'interdire de parler ou de chanter dans le métro puisque les citoyens moutons gardent un silence de cathédrale.

    Essayez donc de vous balader, la fleur aux dents en ville et de chanter. Tout le monde se retourne sur votre passage et vous prend pour un déséquilibré, en attendant d'être repéré par les pitbulls de la république.

     

    Plus loin :

     http://www.ouest-france.fr/culture/musiques/condamne-pour-avoir-chante-du-brassens-429016

     http://drivrsdu.fr/interdiction-de-chanter-dans-la-rue-a-saint-etienne/

    http://www.20min.ch/ro/news/vaud/story/Pietonne-en-justice-pour-avoir-chante-en-marchant-21813549

    http://www.midilibre.fr/2014/03/29/verbalise-en-gare-pour-avoir-ecoute-de-la-musique-avec-des-ecouteurs,841226.php

    http://www.legorafi.fr/2012/09/03/trop-souriant-dans-le-metro-il-finit-en-garde-a-vue/

    Gaulois.


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  • Bijoux volés

    Ou l'indécence au quotidien !

    En prenant connaissance de ce fait divers, j'ai presque envie de battre le rappel pour organiser une quête afin de dédommager cette pauvre femme. Mais ses 84 millions d'abonnés y ont sans doute pensé avant moi.

    Heureusement ce même 4 octobre, l’Écho Républicain a bien voulu remettre les pendules à l'heure de l'indécence. Le comportement de responsables politiques donne envie de vomir.

    Gaulois.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • Riches et pauvres

    Ou quand les uns profitent des autres.

     Pris séparément, ces deux articles, n'ont rien à voir l'un avec l'autre me direz-vous. Pas si sûr, car ils en disent long et reflètent plutôt bien les différences inacceptables de la société.

    D'un côté, près de 15 % de la population rame pour survivre, alors que de l'autre, les plus aisés profitent de la baisse du taux de crédit immobilier.

    Pendant ce temps, les premiers ont souvent du mal à payer leur loyer. et sont souvent les victimes des seconds.

    J'ai si souvent entendu dire que chacun se démerde pour "Arriver " . En clair dépasser l'autre, voir le piétiner. Il ne fait aucun doute que nous ne sommes pas dans une société de partage ou règne le chacun pour soi.

    C'est triste. Cocoricooooo !

    Gaulois.

     

     

     

     

     


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  • Tout va bien !

    Ou le vrai visage de la France

    3 articles qui en disent long sur l'état d'esprit de la France. Et ce n'est qu'un tout petit aperçu.

    Dans cet article, Bruno Le maire se fait le chantre de la droite dure et de...l'extrême droite.

    Bon, à gauche, ce n'est pas mieux ni plus rassurant !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La preuve dans cet article. C'est vrai ça, il n'a rien d'autre à faire ce sinistre ministre.

    Il paraît qu'il est de gauche. Heureusement car s'il était de l'extrême droite !!!

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Là, les médias dans leurs basses oeuvres du sexisme, voir du racisme 


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  • Pokémon

    Ou comment devenir Pokécon

    Après les réseaux sociaux et ses innombrables dérives, voici dans toute son imbécilité ce nouveau passe-temps; le Pokémon. De quoi devenir complètement zinzin, sans parler des risques occasionnés par cette chasse tous azimuts.

    A l'évidence, les promoteurs de ce jeux débile se moquent éperdument des conséquences qui peuvent en résulter. Pour ceux-là, ce sont les intérêts financiers avant tout.

    Affligeant !

    Gaulois.


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  • De Maïak à Tchernobyl, la « guerre » radioactive : une liquidatrice témoigne

    Un témoignage qui, 30 ans après la catastrophe de Tchernobyl, démontre l'horreur du nucléaire. Ici les pratiques de l'ex URSS dans ce domaine.

    La folie humaine est sans limite.

    Gaulois.

     

     

    Entretien avec Natalia Borisovna Manzurova

    Par Natalia Borisovna Manzurova, Tatiana Kasperski et Sezin Topçu

    16-09-16 http://mouvements.info/de-maiak-a-tchernobyl/

    Natalia Borisovna Manzurova est l’une des rares liquidateur.ices encore en vie de Tchernobyl. À ceux/celles qui s’étonnent qu’elle se porte bien malgré l’épreuve du passé, elle répond : « La radioactivité m’a gelée ». Issue d’une famille de travailleurs nucléaires, Natalia Manzurova est née en 1951 à Tcheliabinsk 40 (rebaptisée Oziorsk après 1994), ville secrète de la région de Tcheliabinsk où fut construite la première usine de production de plutonium soviétique à la sortie de la Seconde Guerre mondiale. Elle a six ans lorsque l’accident nucléaire de Maïak (aussi appelé accident de Kychtym) frappe sa ville le 29 septembre 1957 et contamine de manière durable la région de l’Oural. Après des études de génie mécanique à Tcheliabinsk, puis de radiobiologie à l’Académie d’agriculture Timiriazev de Moscou, Natalia Manzurova entre en 1978 à la Station expérimentale de recherche scientifique (ONIS) du complexe nucléaire Maïak. La mission principale de l’ONIS consiste alors à mettre au point des méthodes et outils de décontamination et de résilience « durables », en vue de permettre le « retour à la normale » de cette zone de l’Oural fortement radioactive. Quand l’accident de Tchernobyl survient en 1986, cette expertise, dont Natalia Manzurova et ses collègues détiennent le monopole, est fortement mobilisée pour la « liquidation » des conséquences de la catastrophe. Natalia Manzurova exerce dans la zone interdite de Tchernobyl entre 1987 et 1991. Elle revient par la suite à Maïak, où elle travaille encore deux ans en tant qu’ingénieure constructeure, avant d’être contrainte à une retraite d’« invalidité » à l’âge de 42 ans. À partir des années 1990, elle milite à Oziorsk au sein de la branche locale de l’Union Tchernobyl de la Russie, qui défend les droits des liquidateurs, et ensuite au sein de l’association Planète des Espoirs, une ONG d’Oziorsk mobilisée en faveur des victimes de la catastrophe de Maïak. Jadis scientifique, mère célibataire et potentielle victime, Natalia Manzurova devient donc tour à tour décontamineur, « homme », malade, guerrière, activiste. À travers sa trajectoire, ce sont les conditions de vie tantôt avantageuses tantôt moyenâgeuses que le nucléaire, civil comme militaire, a dictées à toute une génération d’hommes et de femmes qui se donnent à voir. De Maïak à Tchernobyl, on ne croise pas seulement des territoires entiers transformés en déchèteries, mais aussi des vies entières brisées à l’infini.

    Mouvements : L’accident de Maïak est la première catastrophe nucléaire de l’histoire, gardée secrète pendant plus de trois décennies[1]. Quand il survient, vous avez 6 ans. Vous avez en quelque sorte grandi dans la catastrophe. Comment avez-vous vécu cela de l’intérieur ?

    Natalia Borisovna Manzurova (N.B.M.) : Je fais partie de la première génération des « travailleur·se·s de l’atome » (atomchtchiki) mais aussi des « enfants d’iode ». On nous appelle « la génération iode », nous qui sommes nés avant 1960. Jusqu’aux années 1960, il n’y avait pas de capteurs d’iode dans les installations nucléaires, donc les populations, et surtout les enfants, ont inhalé beaucoup d’iode radioactif. Ce n’est qu’à partir du début des années 1960 que les autorités ont commencé à filtrer l’iode. À l’époque tout était secret, mais on savait qu’il y avait des travailleur·se·s qui étaient très irradié·e·s suite à l’accident de Maïak. Il·elle·s ont été relogé·e·s à Obninsk[2], Krasnodar, Dimitrovgrad ou encore à Tchernigov en Ukraine. L’usine de production de plutonium n’a pas été arrêtée. Beaucoup de familles, ami·e·s de mes parents, sont parti·e·s. Après l’accident de Maïak, on n’a rien dit aux gens, mais ma mère était dosimétriste, donc elle savait. Elle devenait folle, par exemple quand, enfante, il m’arrivait de mettre une fleur dans la bouche au printemps. En hiver, quand les branches étaient couvertes de glace, les enfants les suçaient, ma mère les grondait. Elle ne m’autorisait pas à courir pieds nus. Quand je suis devenue mère moi-même, lorsque je sortais avec mon bébé, elle me disait de prendre telle route plutôt que telle autre, plus contaminée.

    M. : Y a-t-il eu beaucoup de morts précoces ou de maladies autour de vous ?

    N.B.M. : À Maïak, ceux·lles qui travaillaient dans les sites de production étaient en grande partie des hommes. La plupart sont morts avant l’âge de 50 ans. Le cimetière là-bas est impressionnant. Il y a aussi toute une partie « enfants ». Les enfants ont décédé en très grande quantité. J’ai constaté aussi qu’il y avait dans la ville beaucoup d’enfants trisomiques.

    M. : Qu’en est-il des risques sanitaires subis par vos parents ? Ont-il·elle·s été surveillé·e·s ?

    N.B.M. : Après Tchernobyl, je suis venue au bureau de la direction de l’usine et j’ai vu le chef du service de dosimétrie où travaillait ma mère. Il avait un gros cahier devant lui. Et il m’a demandé : « T’as envie de voir les doses reçues par tes parents ? » J’ai regardé. Mon père, qui travaillait dans un des réacteurs en tant que mécanicien, avait au total reçu 600 Röntgen, et ma mère 400. Normalement, au-delà de 100 Röntgen, il·elle·s auraient dû être relogé·e·s. Il y a une expression chez nous, on parle de « brûler » le·la travailleur·se. Cela veut dire qu’on le garde, quand bien même il a dépassé la dose admissible. C’est une manière d’éviter d’irradier beaucoup trop de monde. À Tchernobyl aussi, au début, les liquidateur·rice·s étaient envoyé·e·s sur place temporairement et, ensuite, pour limiter d’irradier trop de personnes, on les rendait permanent·e·s. Cela relevait de cette idée de « brûler ». Ma mère est morte en 1991, à l’âge de 63 ans, d’un cancer de l’estomac. À l’époque, on n’avait même pas la catégorie de maladie professionnelle. La seule législation qui venait d’être adoptée concernait les Tchernobyliens.

    M. : Il n’y a pas que l’accident de Kychtym qui a dévasté la région de l’Oural. La rivière Tetcha a déjà été très fortement contaminée auparavant[3]. Quelles en furent les conséquences ?

    N.B.M. : C’est une grosse affaire qui concerne encore aujourd’hui quatre villages qui n’ont pas été relogés. Nous avons créé l’ONG Planète des Espoirspour entre autres exiger que cette rivière soit reconnue comme une déchetterie nucléaire. On a demandé qu’un sarcophage soit construit autour, que son lit soit déplacé ou qu’elle soit mise dans des tuyaux. Mais nous n’avons pas été entendu·e·s. On nous a accusé·e·s d’être des « agent·e·s de l’étranger ». Les mesures prises sont insignifiantes. Il·elle·s mettent du sable au bord de la rivière pour, soi-disant, décontaminer. C’est un chantier permanent, donc un travail permanent, ça permet de faire tourner un business de construction, qui est la porte ouverte à de multiples corruptions. De plus, les autorités disent : « Si vous nous permettez de stocker des déchets radioactifs à Maïak, avec l’argent qu’on obtiendra, on pourra réhabiliter la rivière[4] » ! Il y a donc un chantage.

    M. : Vous avez malgré tout opté pour une carrière dans le nucléaire. Pourquoi ?

    N.B.M. : En 1977, mon mari m’a quitté, notre enfant avait alors huit mois. J’ai une formation d’ingénieure mécanicienne. Je devais trouver un travail. Après l’accident de Maïak, on avait mis en place deux instituts de recherche : la Station expérimentale de recherche scientifique, chargée d’étudier l’impact de la contamination radioactive sur l’environnement, et l’Institut de biophysique de Tcheliabinsk, avec une filiale à Oziorsk, qui s’occupait des conséquences sur la santé humaine. J’avais une amie qui travaillait à la Station. En 1978, j’y suis entrée aussi pour travailler d’abord dans la partie non secrète. Puis un an après, on m’a envoyé à Moscou pour une formation en radiobiologie. À mon retour en 1979, j’ai commencé à travailler dans la partie secrète, et ce jusqu’en 1987.

    M. : Quel type de recherche meniez-vous ?

    N.B.M. : Je travaillais sur la manière de faire de l’agriculture sur un territoire contaminé. Cette recherche était lancée dans le cadre de la préparation à la guerre nucléaire. J’avais des serres construites sur le site de Maïak. On plantait à ciel ouvert sur les territoires contaminés, et on faisait le contrôle dans les serres, en milieu confiné. Dans les serres, on isolait les plantes de la terre, en les faisant pousser dans une solution chimique spéciale. On utilisait aussi l’eau contaminée venant du réacteur – c’est-à-dire l’eau de refroidissement – pour y faire pousser des algues. On les donnait ensuite aux vaches. En fait, elles donnaient plus de lait avec ça ! C’est qu’en hiver, normalement, elles mangent de la nourriture sèche. Avec ces algues, elles étaient mieux nourries. On parvenait ainsi à obtenir des veaux en « bonne santé ». C’était notre travail, notre but.

    M. : C’était donc une science au service de la résilience nucléaire. Y avait-il des recherches menées sur les impacts sanitaires également ?

    N.B.M. : La recherche épidémiologique était l’une des missions principales de l’Institut de biophysique de Tcheliabinsk et de sa filiale d’Oziorsk. Elle portait sur le personnel du site, sur les habitant·e·s ainsi que sur les riverain·e·s de la rivière Tetcha. Beaucoup d’expériences ont également été menées sur des souris, des chats, des lapins. Des études existent donc depuis longue date mais ne sont pas communiquées. Les conséquences catastrophiques de la contamination radioactive sur la santé ne sont jamais reconnues à l’international non plus. J’ai souvent posé la question aux expert·e·s : « Vous étudiez en permanence ces effets, vous recevez les gens à l’hôpital une fois par an, vous menez des examens systématiques, alors, vos résultats ? ». Pas de résultat. Des médecins disent devant d’autres médecins qu’il y a des leucémies, des cancers, des problèmes, mais ça s’arrête là. Les gens continuent à y vivre. Dire les conséquences n’arrangerait personne, surtout en ce temps de « renaissance du nucléaire » en Russie.

    M.: En 1986, quand l’accident de Tchernobyl survient, Moscou se tourne vers votre Institut pour la liquidation des conséquences de la catastrophe. Comment se déroule la suite ?

    N.B.M. : Nous étions à l’époque les seul·e·s spécialistes de la contamination permanente et à grande échelle. Et quand les premiers échantillons de Tchernobyl sont arrivés, notre dosimétriste ne pouvait même pas s’approcher de ces échantillons tellement ils étaient contaminés, alors même qu’ils venaient de traverser tout le pays en voiture. La première année (1986), une partie du personnel du laboratoire de Maïak a régulièrement été envoyée sur place. Puis, au bout d’un an, il·elle·s ont décidé de le garder de façon permanente. L’État a proposé qu’on construise sur place un institut de recherche identique au nôtre. Il·elle·s ont ainsi sélectionné un spécialiste de chaque domaine. Moi j’étais spécialiste de l’agriculture, d’autres de la santé humaine, etc. Puis sont arrivés les télégrammes de Moscou nous annonçant notre nouveau lieu de travail. À l’époque, on appelait cela le « transfert volontaire obligatoire ». Quand on vous transférait quelque part, il fallait y aller dans les délais impartis, sinon votre ancienneté n’était plus comptée. Vous pouviez même être licencié·e tout court, pour « manquement très grave ». C’était l’article 33 du Code du travail. Et puis, ensuite, plus personne ne vous embauchait.

    M. : Vous étiez donc forcée d’aller travailler à Tchernobyl ?

    N.B.M. : En fait, avec du recul, il faut dire que je n’étais pas complètement obligée d’accepter ce départ. J’aurais pu mettre en avant le fait que j’étais mère seule, et il·elle·s auraient, je pense, accepté. Mais comme ma mère savait qu’il s’agissait d’un désastre, qu’elle-même avait servi toute sa vie avec l’idée d’un devoir professionnel, elle m’a proposé de garder ma fille. Et je considérais, comme elle, que c’était mon devoir professionnel que d’y aller. Un peu comme pour les pompiers en cas d’incendie, les médecins en cas d’épidémie… Par ailleurs, il y avait un certain niveau de radioprotection là où l’on travaillait, avec des portiques, des dosimètres, etc., donc je pensais qu’on savait faire.

    M. : Vous êtes arrivée à Tchernobyl en août 1987, avec une dizaine de collègues scientifiques. Y avait-il d’autres femmes à part vous ?

    N.B.M. : C’était tous des hommes à part moi. Et ils sont tous morts, sauf moi. Il y avait aussi des technicien·ne·s du laboratoire qui sont venu·e·s, une dizaine également si je ne me trompe, on comptait plusieurs femmes parmi eux·lles. Les techniciens hommes sont tous morts aussi. Les femmes non. À Pripiat, nous étions les seuls personnels scientifiques à rester sur place de façon permanente. D’autres scientifiques, d’autres instituts, biélorusses ou autres, furent envoyé·e·s aussi, mais pour des missions courtes. Nous avons construit, dans la ville évacuée de Pripiat, notre petit laboratoire, sur les décombres d’une école maternelle. À plusieurs reprises, on a voulu fermer notre laboratoire, car l’idée était de liquider les conséquences et de redémarrer les réacteurs. Ils disaient qu’il n’y avait pas besoin de science. Et nous, on disait que notre mission n’était pas de faire de la science, mais d’avoir une utilité pratique.

    M. : Quelle était votre contribution pratique à la gestion de l’après-catastrophe ?

    N.B.M. : On a par exemple utilisé une machine spéciale, une charrue, que nous avions mise au point à Maïak, pour labourer le champ. Elle enlevait deux centimètres de surface du sol et le remettait à soixante centimètres de profondeur. Ainsi, si on devait planter quelque chose, les racines n’allaient pas être atteintes par la radioactivité. Et pour des plantes ayant des racines plus longues, on a ajouté une corde à la machine, corde qui coupait ces racines au-delà de soixante centimètres. On a proposé aussi de planter à grande échelle du maïs, du tournesol, car ils absorbent la radioactivité. L’idée était de les arracher ensuite, puis de les enfouir. Mais toutes nos propositions n’ont pas été acceptées par l’administration. En fait, il y avait un gros budget réservé à la liquidation des conséquences de Tchernobyl. Pour bénéficier de ce budget, les cadres montaient des opérations, pas forcément efficaces, mais qui rapportaient de l’argent. Concernant par exemple la « Forêt rousse[5] », mon Institut a proposé de la garder en tant que telle. Parce qu’elle était sur un sol sablé, et retenait le sol. Mais un cadre a poussé pour la raser car cette opération apportait beaucoup d’argent. Il y avait bien sûr aussi des controverses sur la façon de procéder au mieux, dans l’urgence. Certain·e·s proposaient par exemple juste de planter de l’herbe, alors qu’on disait « purifions d’abord le sol avant de replanter ». Nous avons par ailleurs fait des propositions en vue de permettre l’élevage de poissons dans la zone. Tout ça, c’était ce que nous savions faire, ou en tout cas ce sur quoi nous étions habitué·e·s à travailler à Maïak. Mais l’idée de l’État, à l’époque, n’était pas forcément de rétablir l’agriculture, la pêche, etc.

    M. : Comment la « zone » de Tchernobyl a-t-elle été encadrée ?

    N.B.M. : La zone de trente kilomètres était entourée de barbelés électriques. Il y avait un point de contrôle strict à Tchernobyl, puis un autre à Pripiat. Les travailleur·se·s avaient un pass. Et ceux qui pouvaient entrer à Tchernobyl ne pouvaient pas forcément passer à Pripiat. Mais, aux alentours, les riverain·e·s trouvaient toujours un moyen d’y pénétrer. Nous avions nous-mêmes creusé un tunnel pour aller dans les villages d’à côté, pour avoir un peu de liberté… On ne pouvait pas sortir facilement sinon. On était tout le temps surveillé. La sortie légale, c’était une fois tous les quinze jours.

    M. : Était-il avantageux de travailler dans la « zone » à la fin des années 1980 ?

    N.B.M. : Les salaires dans la « zone » étaient très élevés. En temps normal le salaire d’ingénieur·e ne dépassait pas 120 roubles. Quand j’ai été envoyée à Tchernobyl, je n’ai pas demandé ce qu’allait être mon salaire. J’ai reçu 1 500 roubles par mois ! Il y avait également des missions ponctuelles, payées cinq ou dix fois un salaire mensuel si elles étaient particulièrement dangereuses.

    M. : Où viviez-vous précisément ? À Tchernobyl ou à Pripiat ?

    N.B.M. : Personne ne dormait à Pripiat. Les liquidateur·rice·s étaient installé·e·s à Tchernobyl. Les soldat·e·s dormaient dans des tentes. Les « civil·e·s » étaient placé·e·s dans des résidences abandonnées, qu’on a transformées en dortoirs. On les a décontaminées, nettoyées un peu, puis on s’y est installé. Elles étaient pour l’essentiel équipées de meubles récupérés sur place, ceux qui étaient utilisables après la décontamination. J’étais cadre, mais je dormais aussi dans un dortoir, avec plusieurs autres femmes. C’était du luxe quand même par rapport, par exemple, aux cuisinières, qui dormaient dans des dortoirs très peuplés, devaient se réveiller à 4h30 du matin pour préparer les repas, etc. À Tchernobyl, il y avait une cantine et un hôpital.

    M. : Et votre laboratoire ?

    N.B.M. : Notre « labo » était à Pripiat. Nous nous sommes installé·e·s dans les locaux d’une école maternelle évacuée. Avant la « guerre », je veux dire avant Tchernobyl [rires], on avait construit quatre serres à Pripiat, d’après la technologie hollandaise. On y faisait pousser des plantes hors-sol, ça s’appelle la culture hydroponique. Bien sûr, avec l’accident, tout ça était contaminé. Je travaillais à élaborer une technique pour décontaminer tout ça. On a aussi mis en place une ferme avec des porcs, des vaches, plus une ruche. On avait jusqu’alors travaillé avec l’atome militaire, on voulait voir ce que ça donnait avec l’atome civil. On a appris qu’il n’y avait pas de différence : civil·e ou militaire, c’était pareil ! J’ai travaillé un an dans ce laboratoire, dans la division de décontamination et de remise en culture, en tant qu’ingénieure principale. Ensuite je suis devenue ingénieure de la division s’occupant de l’enfouissement de déchets.

    M. : Comment avez-vous procédé pour prendre en charge les déchets de Tchernobyl ?

    N.B.M. Les déchets de haute activité étaient emmenés en voitures plombées, on les enfouissait pas loin de Pripiat. Pour l’enfouissement, toutes les machines étaient dirigées à distance. C’était des machines importées de l’étranger. Les voitures qui transportaient des déchets de moyenne activité ou d’autres voitures et bus qui circulaient dans la zone devaient être décontaminés régulièrement. On avait des points de « traitement sanitaire » pour ces machines. Concernant les voitures très contaminées, et abandonnées, une machine les écrasait les pressait les unes sur les autres, puis on mettait du béton dessus, puis de l’herbe. Les soldats lavaient les routes, les maisons ; ils enlevaient les couches supérieures du sol et ramenaient les débris aux sites d’enfouissement des déchets. À côté des villages, on creusait des trous, on y mettait tout ce qu’il y avait à détruire. Beaucoup de personnes ont travaillé à ces tâches.

    M. : Et quel fut le sort des objets personnels contaminés ?

    N.B.M. : Lors de ma première année à Tchernobyl, nous avons eu pour mission d’inventorier tous les objets personnels et meubles dans les habitations abandonnées. Les dosimétristes les mesuraient. Ceux qui étaient propres ou récupérables, des lits, etc., étaient distribués aux paysan·e·s des alentours. Ceux qui étaient classés « non utilisables » devaient être enfouis. Les soldat·e·s venaient, prenaient un drap et balançaient ces objets dans des camions stationnés au-dessous des fenêtres. Pour accomplir cette mission, on se déplaçait en bus. On l’appelait « bus pleurant » parce que, parmi les employé·e·s, parmi nous les liquidateur·rice·s, nombreux·ses étaient ceux·lles qui étaient d’ancien·e·s habitant·e·s. Il·elle·s devaient cataloguer leurs propres objets comme déchets, et puis pleuraient quand il·elle·s voyaient qu’ils étaient balancés de la fenêtre pour finir dans la déchèterie.

    M. : Les animaux étaient également contaminés. Qu’est-ce qu’ils sont devenus ?

    N.B.M. : À Tchernobyl, dans les villages, il a fallu tuer tous les animaux puis les enterrer. Mais beaucoup d’animaux se sont évadés. Lorsque nous avons décidé de créer une ferme expérimentale, on nous a fourni un hélicoptère et nos gars sont partis chercher ces animaux. Ils ont trouvé des vaches, qu’ils ont enfermées dans un enclos. Il·elle·s y ont également enfermé un bœuf qui n’a pas voulu y rester et a défoncé la clôture. Tout le troupeau l’a suivi. Cela faisait un an qu’ils étaient en pâturage sauvage. Des chiens se sont croisés avec des loups en se transformant en des animaux terribles, avec des allures de loup. Il n’était pas possible de se promener seul·e le soir, ils pouvaient encercler et attaquer. La rage s’est propagée. Il y avait beaucoup de renards, des renards enragés attaquaient les soldat·e·s qui vivaient dans des tentes, ils les mordaient au cou. La rage était également fréquente chez les sangliers.

    M. : Et concernant les plantes, on sait aujourd’hui que certaines d’entre elles ont subi de fortes mutations. Quelles sont vos observations de première main là-dessus, en tant que scientifique ?

    N.B.M. : Nous observions des mutations à la fois chez les plantes et chez les animaux. Surtout au printemps, qui est un moment de grande vulnérabilité, les conifères sont des plus vulnérables. Comme ils ne se défeuillent pas, la radioactivité dans les aiguilles continue d’agir. Un exemple de mutation des conifères est ce qu’on appelle le « balai de sorcière » : la branche ne pousse plus en longueur, à la place de cela, plusieurs rameaux s’y développent à partir d’un même point, à l’horizontal.

    M. : Vous avez aussi évoqué lors de certaines de vos conférences publiques un phénomène de momification des corps. Pouvez-vous préciser de quoi il s’agit ?

    N.B.M. : J’ai souvent parlé du cas d’un chien qu’on avait trouvé à l’école maternelle où mon labo s’est installé. Il était à moitié aveugle, sa peau était détruite. Nous avons dû le chasser, c’était en automne 1987, et nous avons retrouvé plus tard son corps momifié à l’hôpital abandonné de Pripiat. Dans le même hôpital toujours, un jour du printemps 1988, un professeur de l’Université de Kazan en mission à Pripiat m’a demandé d’enlever l’alarme. Il voulait y chercher un récipient dont il avait besoin pour stocker de l’eau radioactive. Nous sommes allés dans le service de gynécologie. Il y avait une cuve, j’ai enlevé le couvercle et j’ai vu des corps de « bébés », de fœtus couleur chocolat, avec des petits bras, petites jambes, des nombrils. Ces fœtus avaient peut-être 7-8 mois. Ensuite le professeur a crié de la salle d’opération : « Viens voir ! » Il m’a montré des embryons dans la boîte des instruments. Nous avons laissé la cuve, nous sommes allés dans le service pédiatrique et c’est là que nous avons vu ce chien, mi-couché, mi-assis sur un lit d’enfant. Son corps ne s’est pas non plus décomposé, il a été momifié. Nous sommes parti·e·s, il m’a rappelé plus tard pour vider la cuve. Nous avons pris un chauffeur, une pelle et nous avons fait une tombe improvisée pour les fœtus et les embryons. Nous avons laissé une marque, mais je ne dis à personne laquelle, on ne sait jamais. J’ai compris rétrospectivement que certaines doses de radiation tuent des bactéries qui participent à la décomposition de la chair.

    M.: Revenons maintenant aux corps irradiés des liquidateur·rice·s. Pour commencer, pouvez-vous nous décrire les conditions de travail à Tchernobyl ?

    N.B.M. : Les ouvrier·ère·s travaillaient quinze jours, puis avaient quinze jours de repos. Pour les supérieur·e·s, c’était vingt jours, puis dix jours de repos. Il y avait cette rotation. Donc au bout de quinze jours, c’est l’équipe suivante qui reprenait les lits du dortoir. Au travail, on mettait des habits spéciaux. Le plus souvent des habits militaires. Mais c’était pour les supérieur·e·s, les cadres. Pour les autres, c’étaient de simples habits de travailleur·se·s du bâtiment. Après le rappel des troupes soviétiques de l’Afghanistan, on nous a massivement distribué leurs habits. On avait également des masques sur le visage, faits en « tissu de Pétrianov » : une couche de gaze à l’extérieur, une sorte de ouate de coton à l’intérieur. C’était les mêmes que celles portées par les travailleur·se·s des centrales. Des années plus tard, lors d’une conférence publique à Moscou, un employé a parlé de ce « tissu de Pétrianov ». Il a raconté qu’il y a eu au début tout un lot défectueux qui devait être jeté. Mais un affairiste aurait revendu le lot défectueux à l’administration de la zone. Je me suis alors souvenue que nous avions arrêté de porter les masques à un moment, car le tissu se transformait en bouloches, on avait l’impression d’inspirer des trucs chimiques. Quand on a reçu un lot de masques normaux, on a commencé à les porter à nouveau. On portait également des dosimètres individuels que l’on devait rendre aux postes de contrôle une fois le travail terminé. Mais ma mère m’avait expliqué que ces dosimètres avaient un seuil et n’enregistraient pas les doses au-dessus de ce seuil. Et qu’ils ne prenaient pas en compte toute l’exposition interne. À plusieurs reprises, j’ai réclamé qu’on me donne des « crayons », qui sont des appareils permettant de mesurer le rayonnement en temps réel. J’aurais pu ainsi calculer la dose absorbée. Mais on ne m’en a pas donné. Nos doses et notre santé ont été classifiées.

    M. : Comment les maladies ou les problèmes surgis sur place ont-ils été pris en charge ?

    N.B.M. : Il y avait un bureau médical auquel on s’adressait si l’on avait des problèmes. Ce n’est qu’en 1987 qu’il·elle·s ont créé une polyclinique et que l’on a commencé à faire des analyses. Plus tard, des instituts de médecine spécialisés ont été créés en URSS. Ceux·lles qui sont restés travailler dans la zone plus d’une année ont été inclus·es dans un groupe d’observation expérimentale. Au bout de trois périodes de travail dans la zone, donc tous les trois mois environ, on devait faire des analyses et voir tous les médecins. C’est ainsi que l’on a diagnostiqué ma tumeur à temps. C’est le médecin traitant sur place qui effectuait ces tests, mais les résultats arrivaient chez les médecins en chef, qui eux les transféraient aux médecins de recherche. Les résultats complets n’étaient donc pas donnés à mon médecin traitant, ni à moi, ils partaient directement chez les scientifiques. Et quand il y avait des gens qui tombaient réellement malades, on les envoyait à l’hôpital de Kiev par exemple.

    M. : Y avait-il des dispositifs permettant aux liquidateur·rice·s de réduire le risque subi ?

    N.B.M. : J’ai élaboré à Tchernobyl tout un cours intitulé « Radioactivité pour les nul·le·s ». J’apprenais aux hommes comment faire pipi ! Eux, ils font pipi puis se lavent les mains. Alors qu’il faut faire l’inverse. Et aussi apprendre à fumer la cigarette autrement. Se laver les mains d’abord. Idem, avant d’ouvrir une bouteille, il faut se laver les mains. J’apprenais aussi aux travailleur·se·s comment préparer un petit sac à emporter avec soi en cas d’évacuation urgente.

    M. : L’exposition à la radioactivité avait-elle des effets directs ou immédiats, d’après vos observations et votre propre expérience de travail ?

    N.B.M. : Fatigue, faiblesse, envie de dormir… À Tchernobyl, au début, on ne comprenait pas ce que c’était, les effets de radiation. Mais quand on mangeait, le repas ne suffisait pas pour longtemps, le métabolisme était beaucoup trop rapide. Après la manipulation des échantillons, on avait le sang qui coulait du nez, ainsi que la diarrhée. Notre immunité avait baissé, on avait souvent la grippe. À l’école maternelle où l’on travaillait, il y avait une pièce avec des matelas par terre. Les malades restaient là pendant que les autres travaillaient. Tout cela c’était la « norme » quand j’étais à Pripiat. Lorsque je rentrais à la maison, je dormais tout le temps. J’ai aussi observé que la radioactivité agit sur la potence sexuelle. Des hommes sous mon autorité étaient nombreux à me prier de leur permettre d’aller voir leurs femmes rien que pour une nuit. Un jour, un technicien de laboratoire, âgé de 60 ans, m’a avoué qu’il n’arrivait pas à tenir quinze jours, qu’il voulait rentrer exceptionnellement chez lui pour retrouver sa femme. J’étais étonnée. Ensuite, j’ai observé aussi qu’il y a une autre phase liée à l’irradiation, c’est la phase d’impuissance sexuelle. Elle n’est pas forcément définitive. Les gens se faisaient traiter moyennant des médicaments prescrits à l’hôpital. Cela dit, à force d’un couplage stress-radiation-fatigue-alcool, il arrive aussi que ça devienne permanent. Tout cela a détruit beaucoup de familles. Tellement que ma chef comptable à Tchernobyl se plaignait car toutes les familles divorçaient, et ça lui créait du travail supplémentaire.

    M. : Vous avez, tout à l’heure, qualifié Tchernobyl de « guerre ». Pouvez-vous y revenir ?

    N.B.M. : Les liquidateur·rice·s disent souvent « j’ai été en guerre ». Même si on n’a pas annoncé officiellement une situation de guerre, tout le fonctionnement en relevait. Pendant le combat, vous devez obéir. Là-bas, c’était pareil. Même en cas de petites infractions, les gens pouvaient être renvoyés. Il y avait aussi une grosse interdiction sur l’alcool. La vodka, on la donnait seulement à ceux·lles qui effectuaient des tâches très difficiles, sur le sarcophage par exemple, de même que lors d’une bataille on la donnait aux moments critiques, lors d’une attaque, etc. Toutes les opérations étaient décidées par l’état-major comme en cas de guerre. Dans cet état-major, il y avait des gens du gouvernement, des responsables de la zone, des académicien·ne·s et des représentant·e·s de l’armée. Et les soldat·e·s étaient vraiment séparé·e·s de nous. Il·elle·s vivaient dans des tentes, il·elle·s ne vivaient pas avec nous. En plus des soldat·e·s, il y avait des officiers des troupes de forces chimiques déployés sur place. Quand ces jeunes officiers arrivaient, il·elle·s me voyaient, jeune femme à responsabilité, et il y en avait toujours un qui me faisait la cour. Ensuite, quand il·elle·s voyaient que ce n’était pas possible, il·elle·s me prenaient sous leur protection. Une femme dans la zone ne pouvait pas vraiment se déplacer toute seule. D’ailleurs les hommes travaillant dans la zone avaient pour la plupart leurs femmes sur place, en plus de leurs femmes officielles. Et l’administration facilitait cette organisation. Ils obtenaient ainsi des résidences plus grandes, etc. Il était très dur pour une femme seule de travailler dans la « zone », elle était très vulnérable. Pour finir avec le caractère guerrier de la vie sur place, tout le quotidien était géré, entièrement. On était nourri, logé. On n’avait qu’à travailler. Et c’était un travail très dur, pénible. Au bout d’un moment, on en arrive à oublier les simples réflexes du quotidien. Moi j’ai complètement changé après la « guerre ». Avant, j’aimais bien m’habiller, prendre soin de moi, travailler pour acquérir des choses par exemple matérielles. Après, tout cela est devenu mineur. Je n’ai même plus eu envie de mettre une jupe. J’ai compris que tout ce qui comptait, c’était la famille, la santé, et le reste n’avait plus aucune importance. On me dit : « Tu es une victime de Tchernobyl ».

    M. : Vous êtes, en réalité, une victime de Tchernobyl au sens plein. De quelle manière le travail dans la « zone », et plus généralement dans la radioactivité, a-t-il détérioré votre santé ?

    N.B.M. : Mes ami·e·s rigolent souvent quand on se voit : « Tu as travaillé seize ans dans tout ça, et tu te portes bien. » Moi je réponds : « Parce que la radioactivité m’a gelée »… C’est vers le printemps 1988 que mes soucis sont apparus. J’ai commencé à avoir mal à l’estomac, au foie. En hiver, je me suis retrouvée à l’hôpital de Puchtcha-Voditsa, situé dans une banlieue de Kiev. J’y ai rencontré d’autres victimes, dont un jeune homme semi-paralysé qui avait fait partie de la garde des forces de l’ordre mobilisées sur le site pendant les premiers jours suivant l’accident. Il était devenu un « légume ». Au printemps 1991, j’ai été opérée d’une partie de la tyroïde. En septembre de cette année, ma mère est décédée. J’ai alors commencé à lire les lettres que je lui avais écrites au cours des années, et j’ai réalisé que j’avais oublié pas mal d’événements que j’y décrivais. Cette année-là, j’ai souffert de la perte de mémoire à court terme. J’ai lu après que, d’après la littérature médicale, c’était l’une des conséquences de l’irradiation, couplée à la fatigue et au stress. Je suis rentrée définitivement à la maison au tout début 1992. Et on m’a embauchée sur le site de Maïak en tant qu’ingénieure de construction. C’est à cette période que j’ai commencé à avoir des malaises étranges, je ne pouvais plus marcher, j’avais mal à la plante des pieds. Ensuite j’ai eu de très forts maux de tête. Mais je m’efforçais à travailler. Et puis il y a eu une avarie dans un atelier sous terre. J’y suis descendue – il y faisait moins vingt degrés – habillée d’un scaphandre plombé, pour faire un constat. C’est ce qui m’a probablement achevée. Peu de temps après, j’ai été hospitalisée. Les médecins ont pensé que c’était une dysenterie. J’avais très mal à la tête. La pression artérielle baissait. Mon état a empiré, la pression a commencé à augmenter très fortement. Et je me suis dit : « Voilà, c’est comme cela que l’on meurt ». J’ai pensé que j’étais morte, je sentais comme des épines dans mon corps. Je me voyais aussi de l’extérieur : je m’étais pliée en deux et je volais dans un tunnel. J’ai alors senti une main et j’ai ouvert les yeux : il y avait plein de médecins autour de moi. Ils n’ont pas compris ce qui s’était passé. Ils m’ont dit que mes analyses étaient bonnes, qu’il n’y avait pas d’infection, et ils m’ont jetée de l’hôpital le lendemain. Ensuite, j’ai commencé à avoir des crises épileptiques. Les urgentistes m’amenaient à l’hôpital, je restais couchée à l’accueil, ils ne savaient pas quoi faire, je repartais ensuite à la maison. Je ne pouvais plus aller au travail. Les médecins disaient que je simulais pour avoir des « papiers[6] ». Mais moi, je n’avais pas besoin de ces papiers, je les avais déjà.

    M. : Vous avez donc été reconnue victime d’irradiation bien avant 1991 ?

    N.B.M. : Oui, ça s’est fait quand j’étais à l’hôpital de Pouchtcha-Voditsa pour la deuxième fois, en 1990. Je souffrais alors d’un problème avec ma colonne vertébrale. J’avais des « nœuds » sur les vertèbres, qui faisaient pression sur les nerfs. Je devais porter ma main dans ma poche, et je marchais en traînant la jambe. Quelqu’un m’a dit : « Envoie tes papiers, il y a une commission d’expertise médicale ». J’ai envoyé et j’ai oublié. Et ensuite, j’ai eu une réponse de la commission d’expertise médicale de Tcheliabinsk : il·elle·s ont établi le lien avec l’irradiation. Plus tard, il a été presque impossible d’obtenir de tels certificats. Ensuite, quand j’ai commencé à avoir des maladies incompréhensibles, les médecins ont décidé qu’il s’agissait de problèmes psychiatriques. Une fois, lors d’une consultation médicale à Oziorsk, j’ai eu une crise, on m’a mise sous perfusion. Le médecin responsable m’a dit qu’ils allaient me mettre sous perfusion à domicile et que je devais arrêter de travailler. J’ai démissionné. Il·elle·s ont établi une deuxième catégorie d’invalidité. Et ensuite, à la fin 1993 j’ai passé deux mois dans un centre psychiatrique pour la réhabilitation des personnes atteintes d’un syndrome post-traumatique à Tcheliabinsk. Cela m’a sauvé la vie.

    M. : Concernant les victimes, le concept de « radiophobie » notamment a été mis en avant à l’époque, y compris par les agences internationales. Dans quelle mesure les problèmes psychiatriques, les syndromes post-traumatiques ou les atteintes neurologiques ont-ils été prégnants et reconnus ?

    N.B.M. : À partir de 1992, on a beaucoup parlé dans les médias des suicides des liquidateur·rice·s de Tchernobyl, ceux·lles-ci occupaient la première place pour les suicides. Mais après, on a étouffé l’affaire. J’ai cherché des données. Apparemment, il s’agissait vraiment d’atteintes au système nerveux. Et les médecins ne savaient pas quoi en faire, il·elle·s jetaient simplement les patient·e·s dehors, comme ce fut mon cas. Aussi, une grande partie des liquidateur·rice·s étaient jeunes, il·elle·s avaient entre 18 et 20 ans au moment de l’accident. Il·elle·s sont devenus des handicapés à 30 ans. On peut donc comprendre leur état psychologique. Et quand j’avais mes maux de tête, j’avais aussi des pensées suicidaires, rien ne m’aidait. Je sortais sur mon balcon et je m’imaginais en train de tomber, je me sentais indifférente. J’ai été qualifiée invalide en 1994, à 42 ans. Mais personne ne m’a expliqué la raison par exemple de mes crises épileptiques. Ces crises que j’avais, je tremblais terriblement, les yeux ouverts, cela terrifiait les gens. C’est bien des années plus tard, en 1998 je crois, qu’il·elle·s ont établi un diagnostic. Une fois, on m’a fait une IRM qui a révélé une cicatrice, une sorte de signe comme quoi j’avais eu un accident vasculaire cérébral. Cela est probablement survenu lorsque j’étais à l’hôpital, avec ce que l’on pensait être une dysenterie, quand j’ai eu l’impression d’être morte. La cicatrice était près de cette partie du cerveau que l’on appelle hypothalamus. Donc mes crises étaient des crises hypothalamiques.

    M. : Et qu’en est-il d’éventuels cancers ou problèmes génétiques ?

    N.B.M. : En 1995, après avoir déjà été qualifiée d’invalide, j’ai lu quelque part, à propos de l’Académie militaire de Saint-Pétersbourg, qu’elle faisait des bilans de santé des Tchernobyliens. Je leur ai écrit, il·elle·s m’ont invitée à passer des examens médicaux. Il·elle·s m’ont prise très au sérieux. Il·elle·s ont essayé d’établir des diagnostics. Il·elle·s en ont établi une vingtaine, dont le « syndrome d’irradiation chronique ». J’ai demandé à mon médecin ce que cela voulait dire. Cela voulait dire que la quantité des aberrations chromosomiques dépassait la norme. J’avais 20% de chances de donner naissance à un bébé malformé, m’a dit le médecin. Ensuite, à la polyclinique de Maïak, on m’a repris ces documents médicaux et le certificat a disparu de mon dossier. Je ne l’ai jamais retrouvé. Pendant de nombreuses années, j’ai été surveillée pour une tumeur de la thyroïde droite. Au printemps 2011, on m’a fait une ponction de la tyroïde à l’Institut de biophysique d’Oziorsk. On m’a dit qu’ils ont trouvé des « cellules BL », on ne m’a pas parlé de « cellules de cancer ». Je suis rentrée, et j’ai appris qu’il pouvait s’agir d’un cancer. En été 2011, j’ai été opérée de la tyroïde au service cancérologique de Tcheliabinsk. Le cancer n’a pas été confirmé mais je vois régulièrement un cancérologue, car il y a un risque, donc il faut surveiller.

    M. : Vous avez à plusieurs reprises évoqué le fait d’être « jetée » de l’hôpital, tout comme le fait que l’obtention d’un statut de victime a été progressivement rendue difficile. Comment cela s’est opéré ? De quels types de compensations ou gestes de reconnaissance les liquidateur·rice·s ont-ils pu bénéficier ou non ?

    N.B.M. : Au début 1991, le gouvernement a saisi nos supérieur·e·s pour discuter d’un projet de loi sur les avantages et les compensations. Les gens se sont exprimé·e·s mais ne croyaient pas qu’une telle loi allait vraiment être adoptée, que l’on allait être compensé pour les dommages subis. Il s’agissait de nombreux privilèges. Je suis montée sur la tribune et j’ai dit : « La loi sera adoptée, mais ce ne seront que ceux·lles proches du pouvoir qui en profiteront ». La même année, il y a eu le congrès des liquidateur·rice·s de toute l’URSS qui a donné naissance à une organisation, lUnion Tchernobyl. La loi sur les compensations a ensuite été adoptée. Mais les mécanismes de mise en application n’ont pas été activés. Ceux·lles qui ont pu en profiter étaient effectivement ceux·lles qui étaient proches du pouvoir, des commandant·e·s, des généraux·les, des gens qui n’ont pas passé une seule journée à Tchernobyl. Il·elle·s ont obtenu des appartements, des voitures, des datchas, une ligne téléphonique, tout. Et dans les régions, on ne pouvait prétendre à rien. On ne me payait rien à l’époque. Ce n’est que des années plus tard, après que mon invalidité a été établie, que l’on m’a payée d’emblée trois-quatre ans de compensations. Mais ce n’était pas grand-chose. Plus tard, lorsque des textes d’application de la loi ont été adoptés, j’ai obtenu un lot de terrain en 1995, ce qui m’a beaucoup aidée. Travailler la terre était mon moyen de réhabilitation. En 1997, nous avons créé une organisation de défense des droits des liquidateur·rice·s de Tchernobyl à Oziorsk, une filiale locale de l’Union Tchernobyl de Russie. Pendant huit-neuf ans, nous avons bien travaillé. Quand il y a eu des limitations à ces avantages, nous avons élaboré un ensemble de méthodes de résistance.

    M. : Quelles sont les limitations intervenues en matière de réparation des dommages ?

    N.B.M. : Au tout début, il y avait une longue liste de maladies pour lesquelles un lien avec l’irradiation suite à l’accident pouvait être officiellement établi. J’ai été dans la première vague. Ensuite, on n’a eu de cesse de rayer des maladies de cette liste, même les tumeurs. À l’une des assemblées générales, j’ai dit à nos liquidateur·re·s : « Dites à vos conjoint·e·s de ne pas signer un refus d’autopsie si vous décédez ». Puisque l’autopsie est le seul moyen d’établir le lien entre le décès et l’irradiation. Les conjoint·e·s pouvaient ainsi recevoir des compensations. Mais le personnel de l’hôpital les forçait à signer ce refus. Il y avait de plus en plus d’« astuces » pour limiter les compensations. Il y a aussi eu la réforme de la retraite anticipée pour les liquidateur·rice·s. Au début, pour la période 1986-1987, une année à Tchernobyl était équivalente à trois ans de travail, pour 1988-1989 à deux ans de travail. À la fin des années 1990, il y a eu des modifications. La norme d’une année pour trois a été remplacée par celle d’une année pour un an et demi. Puis, en 2004, la loi sur la monétisation des avantages sociaux en nature est intervenue. Avant, les médicaments, les séjours dans des maisons de repos, les transports en commun, etc., tout était gratuit pour les liquidateur·rice·s. Avec cette loi a été fixée une somme d’argent à laquelle on avait désormais droit. Et on devait choisir : soit on recevait cette somme directement, soit on optait pour les avantages en nature. Avant, on pouvait bénéficier des avantages dont la valeur correspondait à environ 100 000 roubles par an. Quand un montant fixe a été établi, on n’a eu droit qu’à 2 000 roubles par an. D’ailleurs, il n’était plus vraiment possible d’obtenir ces avantages en nature. La liste des avantages a été très réduite. Enfin, il y a aussi eu une optimisation des soins. Avant, on avait droit à tout type d’analyses ou d’examens médicaux nécessaires, et on pouvait se faire soigner. Après la monétisation, cela a changé. J’ai à un moment donné eu des problèmes d’intestins, je n’ai pas pu accéder à l’hôpital pendant plusieurs mois. J’ai fini par débarquer à l’hôpital, un pyjama dans mon sac. Jadis considérés comme des « héro·ïne·s de la nation », nous sommes devenu·e·s un « fardeau pour la nation ».

     

    [1] Z. A. Medvedev, Désastre nucléaire en Oural, Cherbourg, Isoète, 1988.

    [2] Obninsk est une ville scientifique soviétique, située à une centaine de kilomètres de Moscou, où le premier réacteur civil au monde a été connecté au réseau en 1954.

    [3] K. Brown, Plutopia. Nuclear Families, Atomic Cities, and the Great Soviet and American Plutonium Disasters, New York, Oxford University Press, 2013, chapitre 3.

    [4] Les pays étrangers disposant de réacteurs soviétiques envoient leur combustible usé au centre de retraitement de Maïak. Selon la législation en vigueur, ils doivent reprendre les déchets issus du retraitement, mais cela ne se fait pas forcément.

    [5] Il s’agit de la forêt située dans la zone de dix kilomètres autour de la centrale de Tchernobyl et qui a été très fortement irradiée suite à l’accident. La radioactivité a tué les arbres, essentiellement des pins, qui sont devenus bruns, d’où la référence à la couleur rouge. Au lendemain de la catastrophe, ces arbres ont été arrachés au bulldozer et enfouis en tant que déchets nucléaires. Le site de la forêt reste encore aujourd’hui extrêmement contaminé.

    [6] Il s’agit de certificats médicaux requis pour établir l’invalidité en lien avec l’exposition à la radioactivité.

     

     


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  • Manipulation des masses

    Ou la jeunesse formatée

    Il n'est pas interdit ni indécent d'apprendre l'histoire aux enfants à l'école.

    Mais là, ça va beaucoup trop loin. La manipulation de la jeunesse par l'exécutif est abject et inacceptable.

    Les socialistes auraient-ils l'intention de prendre comme modèle la triste histoire des jeunesses Hitlériennes ?

    Le terrorisme d'état, ou si vous préférez, la doctrine militaire et policière n'a jamais été aussi loin et il est à craindre qu'au lieu de contenir le terrorisme «  Officiel », il le renforce.

    Gaulois.

     

    Texte du Collectif Ni guerres ni état de guerre sur le protocole Défense Education nationale

    07-10-16

    http://collectifantiguerre.org/spip.php?article75&lang=fr

    Des écoles, pas de canons !

    Pas de canons dans les écoles !

    A l’heure où les dépenses militaires de la France augmentent et où l’école et l’université manquent de moyens, il n’est pas sans intérêt de se pencher sur les relations entre l’Armée et l’Education nationale.

    Un nouveau protocole (le cinquième) a été signé en mai 2016 entre les ministères de l’Education nationale, de l’Agriculture et de la Défense : il vise à enseigner à la jeunesse scolaire et universitaire « l’esprit de défense et de sécurité ». Qu’en est-il ?

    L’idée d’enseigner à l’école « l’esprit de défense » a germé dans la tête de Charles Hernu en 1982, alors qu’il était ministre de la Défense[1]. Six ans après la suppression du service militaire, il s’agissait de mettre l’école à contribution pour sensibiliser ses élèves à « l’esprit de défense ». La formation des enseignants dans cette perspective est apparue en 1989 et l’intégration de cette notion dans les programmes en 1995.

    Le nouveau protocole de 2016 approfondi la coopération Armée – Ecole et l’étend à l’enseignement primaire et à l’enseignement supérieur ainsi qu’à la recherche. Mais surtout, il explicite une orientation nouvelle qui correspond aux doctrines récentes en matière d’utilisation des forces armées.

    L’implication directe de l’Ecole dans la chose militaire repose sur une analyse du changement des menaces auxquelles le pays doit faire face. On peut ainsi trouver dans les textes des deux ministères, Défense et Education, l’idée qu’après la fin de la guerre froide, où la menace était précise et relevait essentiellement d’une préparation des forces armées, s’est ouverte une époque où les menaces sont multiples et diffuses : terrorismes, possibilité d'attaques déloyales contre la substance économique d'une nation ouverte par la mondialisation de l'économie, risques pesant sur l'approvisionnement en énergie et l'environnement, cyberattaques, etc.

    L’idée principale ici est que le seul instrument militaire ne suffit pas à affronter ces menaces : il faut une implication de tous les qui doit se préparer dès l’école (et désormais dès l’école primaire).

    Cette nouvelle doctrine, issue des thèses nord-américaines, consiste à relier, voire à fusionner la sécurité extérieure et la sécurité intérieure. Elle est exposée dans le dernier Livre blanc de la Défense (2008) qui devient significativement Livre blanc de la Défense et de la Sécurité nationale.

    L’unification des tâches de sécurité, externe et interne, a deux conséquences désormais bien visibles : l’armée se voit confier des tâches de police tandis que la police se militarise. Mais surtout, l’idée s’installe dans les esprits qu’il ne s’agit plus de défendre un territoire contre un ennemi extérieur, mais de faire face à des dangers intérieurs sans cesse rappelés dans les discours officiels (« nous sommes en guerre ») et dans la pratique avec un état d’urgence plusieurs fois reconduits.

    Or, cette « sécurité nationale » ou « sécurité intérieure » est une notion bien floue, qui a été introduite dans la doctrine militaro-policière, et aujourd’hui dans les programmes scolaires, sans aucun débat public, ni dans la société, ni au parlement. Pas plus que la guerre extérieure, la guerre intérieure ne mérite donc délibération politique !

    D’autres notions tout aussi vagues, telles que « cohésion nationale » ou même « valeurs de la République[2] », viennent s’y ajouter pour former un ensemble d’injonctions destinées à façonner les esprits et à justifier la répression à l’encontre d’ennemis eux bien précis : les musulmans ou réputés tels, les classes populaires, les mouvements sociaux.

    Autre mot fétiche, la résilience.

    La résilience nationale est définie comme « la volonté et la capacité d’un pays, de la société ou des pouvoirs publics à résister aux conséquences d’une agression ou d’une catastrophe majeures, puis à rétablir rapidement leur capacité de fonctionner normalement, ou à tout le moins dans un mode socialement acceptable ».

    Ce qui est important ici, c’est la nécessité d’impliquer l’ensemble de la population, notamment en cas de menace d’un ennemi intérieur : l’école se voit attribuer le rôle de l’y préparer.

    Ces notions floues, « résilience », « cohésion », « engagement » servent à enfumer et à atténuer les effets d’une politique qui ne serait pas pour l’heure « socialement acceptable ». On pourrait traduire la citation précédente ainsi : des grèves avec occupation se multiplient, des blocages s’étendent, en l’essence manque, les poubelles s’entassent, la jeunesse des quartiers populaires entre action, le chef du patronat traite les grévistes et les jeunes de terroristes. Le gouvernement estime que la cohésion nationale est menacée, que la Nation est atteinte, et donc les valeurs de la République, et il en appelle à la résilience. Il a bien préparé les choses : de la maternelle à l’université, les enseignants ont été conviés à préparer les élèves à se mobiliser pour « faire fonctionner normalement » le pays, dans un « mode socialement acceptable » (par exemple en faisant primer la sécurité sur la démocratie). Des trinômes académiques (constitués de représentants des ministères de la Défense et de l’Education, et de l’Institut des hautes études de la défense nationale) existent partout sur le territoire et ont constitué des relais comme les y invite le protocole de 2016.

    Bien sûr, pour l’instant, le pouvoir ne peut énoncer de telles perspectives : mais il prépare les esprits.

    Le noyau dur de la mobilisation des esprits, de la résilience, est quant à lui bien précisé : c’est l’armée.

    Le protocole l’exprime ainsi :

     

    « L'enseignement de défense et de sécurité nationale, conçu en lien avec la formation à la citoyenneté, est centré sur la défense militaire, qui lui confère sens et visibilité, et concerne l'ensemble des disciplines.

    Il permet aux élèves de :

    - percevoir concrètement les intérêts vitaux ou nécessités stratégiques de la Nation, à travers la présence ou les interventions militaires qu'ils justifient ;

    - comprendre le cadre démocratique de l'usage de la force et de l'exercice de la mission de défense dans l'État républicain ;

    - appréhender les valeurs inhérentes au métier militaire, à partir de l'étude des aspects techniques. »

     

    L’école est ainsi appelée à expliquer et à justifier les guerres que l’impérialisme français conduit dans plusieurs régions.

    Un témoignage (datant de 2015, donc dans le cadre du protocole précédent) montre jusqu’où peut aller l’intrusion de l’armée dans l’école. Dans l’académie de Clermont-Ferrand, les enseignants ont été conviés à une journée de formation sur le thème de la défense nationale pour préparer une action en classe de troisième.

    L’expérience est ainsi relatée dans un blog de Mediapart[3], nous citons :

     

    « La pédagogie mise en œuvre fait l’objet d’un hallucinant powerpoint dans un premier temps mis en ligne sur le site de l’académie avant d’en être retiré. Extraits :

     

    «  Diviser la classe en cinq groupes. Expliquer à chaque groupe qu’il constitue un ennemi impitoyable de la France et qu’il doit mener une attaque contre cette dernière en 2015. Question : comment allez-vous procéder ? [Après] un temps d’échange entre les élèves, chaque groupe vient devant la classe expliquer sa stratégie. »

     

    Dans le cadre de l’inévitable étude de cas, les élèves s’intéressent ensuite au nouveau véhicule blindé VBCI ; un petit film de Giat Industrie leur permet d’arriver à cette trace écrite dont on mesure toute la sagacité : « l’armée française effectue ses missions à l’étranger, il est important d’être bien accepté par les populations locales. Le fait que le VBCI soit pourvu de roues et non de chenilles y contribue » (sic). Histoire, sans doute, de faire oublier par lesdites populations locales les soupçons d’abus sexuels dont sont accusés certains militaires…

     

    Bien sûr, on veillera à « privilégier la mise en activité des élèves avec des partenaires extérieurs (…) : le délégué militaire départemental, le 92e RI, la réserve, le centre d’information et de recrutement des forces armées etc. »

     


    [1] Jusqu’à sa démission en 1985 suite à l’affaire du Rainbow Warrior, le bateau de Greenpeace dynamité à Auckland par une opération de commando préparée avec Mitterrand, et qui a coûté la vie au photographe Fernando Pereira.

    [2] Souvent réduites à une seule, la laïcité, qui elle-même a brutalement changé de sens, puisqu’elle s’applique désormais aux individus.

     

     


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  • Le chauffage au bois

    Ou les controverses du chauffage au bois

    Habiter en milieu rural permet de se chauffer plus facilement au bois. En ville c'est souvent plus compliqué. Ceci posé, les controverses du chauffage au bois sont nombreuses.

    Pour les uns, ce mode de chauffage est polluant, pour d'autre, plus économique, etc...

    Il serait aisé de clore le débat en affirmant à juste titre qu'il n'y a pas de solution miracle.

    Je prend notre exemple et les arguments qui vont avec, sans prétendre que c'est parfait. Depuis environ 40 ans, nous avons choisi ce mode de chauffage qui nous convient. L'une des principales objections rencontrées réside dans la récupération des palettes. Il est vrai qu'il faut faire attention à ne pas brûler des palettes traitées, tout en précisant qu'après une longue période de stockage, le traitement a presque totalement disparu. Souvent les palettes traitées sont celles dites « Europe » et donc consignées et réutilisées. Seules celles abîmées finissent à la benne. Pour les palettes en sapin, il est vrai aussi qu'elles peuvent encrasser les cheminées, là encore un long stockage diminue le résineux. En ce qui nous concerne, nous brûlons des palettes stockées depuis quelques années. Celles traités étant mises à l'écart pour des travaux de bricolage ou évitées à la récupération. Lorsque nous habitions la Savoie, nous étions pointé du doigt par des voisins parce que nous brûlions des palettes. Je m'empresse d'ajouter qu'au fil du temps,  ces même personnes ont changé d'avis et font de même. Certains sans les précautions cité ci-dessus. Comme quoi les conseilleurs....

    Toujours en Savoie, les palettes étaient de moins en moins utilisées pour notre chauffage, puisque nous avions le bénéfice du bois d'affouage. Précisions ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Affouage

    Certes, le bois acquis en affouage était majoritairement du résineux. Il fallait donc le stocker si possible au moins 5 ans avant de le brûler. Ce qui oblige à prévoir un stock suffisant au démarrage de ce mode de chauffage. De plus, le ramonage devait être sérieux, en raison d'un encrassement plus important.

    Je maintiens que le chauffage au bois n'est pas plus polluant que la plupart des autres sources de chauffage, même si, comme n’importe quel combustible, le bois qui brûle crée de la pollution. Pollution composée de matières organiques volatiles, monoxyde de carbone, particules fines, dioxyde d’azote.

    Les cheminées ouvertes et dans une moindre mesure les inserts sont des gouffres à bois et par voie de conséquence engendrent un taux de pollution bien plus important qu'avec une cuisinière ou un poêle traditionnel. C'est pour cette raison, entre autre que nous privilégions depuis toujours une cuisinière. Bien que ces appareils anciens polluent davantage que les appareils récents. Les rejets sont plus ou moins importants, selon de nombreux critères. Qualité de l'appareil, de la cheminée et du bois. Ce dernier doit être brûlé sec. C’est aussi à l’utilisateur de faire en sorte que son poêle soit utilisé dans le respect de l'environnement. En savoir plus sur http://www.consoglobe.com/poele-bois-danger-alternative-3017-cg#l6Ai9IqP55h1OZqw.99

    Si la maîtrise de ce chauffage est raisonnée, une grande partie de la pollution engendrée est absorbée par la faune.

    En conclusion, il faut tout mettre en œuvre pour limiter la quantité de bois brûlé. Plus il y a de bois brûlé, plus il y a destruction des forêts. Ce qui conduit à une absorption moindre des rejets plus importants. C'est un cercle vicieux !

    Les appareils modernes sont plus performants, mais sont coûteux et pas toujours à la portée des plus modestes. Quand c'est possible, il vaut mieux privilégier une cuisinière à un poêle qui lui se contente de chauffer. Une bonne vieille cuisinière est de loin moins gourmande en bois que le poêle, tout en obtenant un chauffage aussi efficace.

    Depuis de nombreuses années, avec une meilleure prise de conscience de l'écologie, surtout pas celle des politiques qui ne vaut pas un clou, mais l'écologie de terrain, bien plus efficace que les grands discours, nous avons appris à tirer le meilleur parti d'une bûche de bois. Comme son nom l'indique, la cuisinière permet en plus de chauffer, de cuisiner. Nous avons la chance de posséder un petit terrain, entouré d'environ 250 mètres de haies qu'il faut entretenir. Les essences sont variées. Coudre, Frêne, chêne, Châtaignier, Merisier. Avec quelques palettes récupérées dans les entreprises voisines, nous avons largement de quoi nous chauffer chaque hiver et même d'augmenter légèrement le stock, permettant ainsi de bien laisser sécher le bois.

    Nous avons pris l'habitude de ne plus stocker le bois en longueurs d'un mètre, mais de débiter les branchages en bûches dès le nettoyage des haies. Utilisant une tronçonneuse, la chaîne souffre moins à couper du bois vert. De plus, le bois débité en bûches sèche mieux. Quand c'est possible, j'utilise de l'huile de friture mélangée à l'huile de graissage de la chaîne. Sans prétendre que c'est écologique, c'est moins pire. Encore une fois il n'y a pas de solution miracle. Pour couper le bois, je m'arrange à le faire sur une surface propre et nette, ce qui permet de récupérer la sciure. Comme nous utilisons des toilettes sèches https://fr.wikipedia.org/wiki/Toilettes_s%C3%A8ches , la sciure est utilisée à cette fin.

    Régulièrement, il faut vider le cendrier de la cuisinière. Plutôt que de la jeter, la cendre sert à fabriquer de la lessive. Voir sur mon blog dans la même rubrique : http://libre-infos.eklablog.com/trucs-et-astuces-c1573549  C'est économique et efficace. D'autant que l'eau utilisée est gratuite, sans calcaire puisqu'il s'agit de l'eau de pluie. Depuis plus de 6 ans nous n'achetons plus de lessive !

    Un autre avantage de la cuisinière. Un serpentin, placé en bain marie dans un grand récipient en inox occupe un coin de la cuisinière. Le serpentin chauffé en période hivernale, alimente l' « entrée eau froide » du ballon d'eau chaude, d’où économie non négligeable d'électricité.

    Bien entendu, il faut aussi avoir la volonté de mettre en pratique ces procédés, plus faciles à réaliser quand on habite la campagne.

    En résumé, depuis la bûche de bois, avec une cuisinière :

    - Récupération de la sciure pour les toilettes sèches

    - Chauffage

    - Cuisine

    - Récupération de la cendre pour la lessive

    - Préchauffage de l'eau du chauffe-eau

     Si vous avez des questions, des suggestions ou critiques, réagissez.D'autant que le débat sur l'utilisation du bois est vaste.

    Le savoir, si modeste soit-il, se partage.

    Gaulois.

     

     

     

     

     

     

     


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  • Shimon Peres homme de paix ????

    Non, Shimon Peres n'était pas un homme de paix.

    Le battage médiatique autour de cet individu a quelque chose d'insultant pour le peuple palestinien.

    Seulement voilà, Israël est le pays chouchou de la France, même si la colonisation à outrance de la Palestine continue. Shimon Peres n'a rien fait pour améliorer la situation. Ce n'est pas le Nobel de la paix, tout aussi contestable qui l'a rendu meilleur. C'est devenu la coutume, le Nobel et les honneurs aux dictateurs. C'est à vomir. Alors, qui peut encore avaler la couleuvre ?

    Plus loin : http://www.legrandsoir.info/La-carriere-de-Shimon-Peres-Le-roi-des-hypocrites-d-Israel-Counterpunch.html

      Gaulois. 

    Non Shimon Peres n’était pas un homme de paix

    Les hommages gouvernementaux et médiatiques se succèdent, à l’annonce du décès du dirigeant israélien Shimon Peres, dans sa 93ème année. Chacun y va de ses trémolos sur « Shimon », censé représenter le « camp de la paix » israélien, par opposition aux « faucons » qui dirigent le pays.

    C’est de l’enfumage.

    Au cours de sa très longue carrière, terminée en apothéose comme Président de l’Etat d’Israël, Peres n’a jamais dévié d’un pouce du projet sioniste de conquête et de destruction de la Palestine.

    « L’homme de paix » ne manquait ni de talent, ni d’entregent en matière de militarisme. Dans les années 1950, il joua par exemple un rôle-clé dans l’acquisition de la technologie d’origine française qui allait permettre à Israël d’introduire l’arme atomique au Moyen-Orient (sans jamais l’avouer, soit dit en passant).

    A la différence d’un grand nombre de dirigeants politiques israéliens, Shimon Peres n’avait pas fait préalablement carrière dans l’armée. Mais cela ne le rendait pas plus pacifiste pour autant. Aucun problème, pour lui, de faire partie de coalitions gouvernementales avec des criminels assumés, comme le terroriste du groupe Stern Yitzhak Shamir devenu Premier ministre dans les années 1980, ou le tristement célèbre Ariel Sharon lors de la terrible vague de répression du peuple palestinien (plusieurs milliers de morts) au début des années 2000.

    Lorsqu’il devient lui-même temporairement Premier Ministre –épisode rare, pour l’individu, qui n’était pas très populaire dans l’opinion publique israélienne-, Peres montre que lui aussi sait jouer les « durs ». On lui doit notamment le massacre de Cana, une localité du sud du Liban, où 106 civils, réfugiés placés sous la protection de l’ONU, furent massacrés par les bombardiers de Tsahal.

    Jamais hostile à la colonisation des territoires palestiniens, malgré des légendes sur ce point diffusées à l’international, Peres a bien servi jusqu’à ses derniers jours, dans une astucieuse répartition des rôles, en vendant une image floue de « colombe », tandis que ses collègues (Netanyahou, Lieberman, etc) revendiquent leur rôle de brutes.

    Pour rappel la lettre de Mordechai Vanunu demandant au Comité du prix Nobel de la paix de retirer son nom de la liste des candidats.au Comité du Prix Nobel, intitulée : "Je ne saurais figurer sur une liste de lauréats incluant quelqu’un tel que Shimon Peres"

    Jérusalem-Est occupée, le 1er mars 2009,

    Chers membres du Comité du Prix Nobel de la Paix (Oslo),

    Je suis Mordechaï Vanunu ; j’ai été nominé à plusieurs reprises à la candidature au Prix Nobel de la Paix. C ’est également le cas, en cette année 2009.

    Par la présente, je demande au Comité de retirer mon nom de la liste des candidats, cette année. Je ne saurais en effet figurer sur une liste de lauréats incluant quelqu’un tel que Shimon Peres. Il s’agit, en effet, de l’homme qui a présidé de A jusqu’à Z à la politique d’armement nucléaire israélien.

    Peres a créé, puis développé, le centre de production d’armes atomiques de Dimona, en Israël. Exactement comme l’a fait le Dr. Khan au Pakistan, Peres a été l’homme derrière la prolifération d’armes atomiques vers l’Afrique du Sud et d’autres pays. Il a aussi été, à titre d’exemple, à l’origine du programme de tests d’armes nucléaires en Afrique du Sud, à partir de 1978.

    C’est ce même Peres qui a ordonné que je sois kidnappé à Rome, en Italie, le 30 septembre 1986, et qui a diligenté le procès secret qui m’a condamné pour espionnage et trahison à dix-huit années de prison de haute sécurité, dans un isolement total, en Israël. Jusqu’à ce jour, il persiste à s’opposer à ma liberté et à mon élargissement, ce, en dépit du fait que j’ai effectué la totalité de ma condamnation, soit dix-huit ans d’incarcération.

    Pour toutes ces raisons, je ne veux pas être nominé et je n’accepterai aucune nomination. Je dirai « Non » à toute nomination de cette nature, aussi longtemps que je ne serai pas libre, c’est-à-dire, aussi longtemps que je resterai contraint à ne pas quitter le territoire israélien.

     

    28 septembre 2016

    "Le terrorisme israélien et la retenue des Palestiniens", par Amira Hass

    "Tandis que les experts continuent d’expliquer pourquoi le « calme » a pris fin, ce qu’il faut clairement expliquer, c’est la retenue des Palestiniens face à la violence des Israéliens.", écrit dans Haaretz, Amira Hass, qui s’inscrit en faux dans la manière dont les médias présentent la situation en Israël/Palestine.

    Le 20 septembre 2016 à Hébron. Hazem Bader, AFP :

    "Le déchaînement d’agressions à coups de couteau est de retour ? La vague de terreur bat son plein une fois de plus ? Vous avez tort, Messieurs Dames. La vague, c’est un océan, la terreur n’a jamais cessé et son audace ne fait que croître. On ne l’appelle pas par son vrai nom – on la qualifie de « sécurité » : Ses auteurs se promènent librement et obéissent à l’ordre d’intimider quatre millions d’êtres humains.

    Vous faut-il une traduction ? Le régime militaire qui nous est imposé depuis des dizaines d’années, c’est de la terreur pour les Palestiniens.

    Moi aussi, je crois que c’est de la terreur car les gens sont intimidés à tel point que leur vie leur est volée et que leur santé, leur bien-être et leur maison sont détruits afin que nos maîtres jouissent de leurs droits, gagnent en politique et en économie en étendant leur territoire, par exemple Sussia, Kfar Adumim et la vallée du Jourdain où l’irrigation des fines herbes paye bien, et en exportant des armes. La terreur, ce sont des dizaines de milliers de soldats armés déployés en Judée, en Samarie et à Jérusalem, ville unifiée. Ils apportent la frayeur, car on les y envoie pour perpétuer cette infâme dépossession.

    Un individu armé d’un fusil regarde dans un miroir : il est terrorisé par l’image d’une personne qui braque une arme à feu sur lui. Ce n’est pas une illusion d’optique ; c’est cognitif. Il semble que nous ne puissions pas nous voir comme la cause, des agresseurs – disons-le franchement – des terroristes, vis-à-vis de ceux qui, depuis leur naissance vivent sous une pluie de décrets militaires, nos fusils, tanks, avions, hélicoptères et drones crachant du feu sur eux.

    Nous ne nous voyons pas ? Je corrige : Nous refusons de nous voir comme la cause. Dans un réflexe pavlovien rabattu et ennuyeux, nos médias qualifient de « vague » les agressions à coups de couteau, et avec l’aide d’analyses savantes, expliquent pourquoi le « calme » est terminé. Ça peut aussi virer au pathétique : « Une terroriste de treize ans a essayé de donner des coups de couteau, au poste de contrôle d’Eliyahu. On a tiré sur elle. Légèrement blessée ». Reportage de « Channel 7 », chaîne du colon-qui-pense. Ce reportage n’a pas changé, même après qu’il s’est avéré que le sac « suspect » que portait la fillette ne contenait rien qui puisse mettre en danger la vie de nos soldats (par ex. un couteau, un tournevis ou un crayon pointu). Un présentateur de Radio Israël a même continué de décrire ses mouvements au poste de contrôle comme une tentative d’attaque. Réalisateurs et reporters vont et viennent mais le titre reste : « Les Palestiniens ont recommencé à nous attaquer, nous les nebechs (les misérables) du ghetto ».

    Le titre « Inquiétude au sujet de l’éruption d’incidents (de sécurité) » est déployé en tête de la page d’accueil du site web d’Haaretz. Il n’est pas là pour rassembler des reportages sur la façon dont des dizaines de jeunes Palestiniens deviennent handicapés après des tirs de balles IDF Ruger dans leurs genoux. Ce n’est pas le même titre pour le déchaînement d’interdictions de quitter la bande de Gaza, ou pour une autre vague de soldats, tueurs de Palestiniens qui ne posaient aucun danger de mort : à al-Fawar (Mohammed Hashash), Silwad (Iyad Hamed), Shoafat (Mustafa Nimer). Vous n’y trouverez pas de titre résumant les orgies quotidiennes que sont les incursions militaires (au moins 116 entre le 9 et le 21 septembre). Par exemple, à Bil’in mercredi dernier (le 21), au matin : Les « nebechs » du ghetto ont fait irruption chez des militants des Comités de résistance populaire – faisant une peur bleue aux enfants – et ont confisqué (c.-à-d. volé) des ordinateurs et des téléphones cellulaires. Ni morts ni blessés pour nos soldats : La réalité est une victime dont on ne parle pas !

    On fait des reportages sur une nouvelle vague de terreur lorsque des juifs : soldats, gardes-frontières, sont atteints ou se sentent menacés. Des dizaines de milliers d’histoires et de reportages – principalement dans Haaretz – qui traitent de violence militaire et bureaucratique en Israël, se transforment en accidents aléatoires. Le flot intolérable et continu de harcèlement délibéré contre les Palestiniens, est lié au fait que nous sommes des occupants militaires étrangers, et ne se voit pas comme un continuum, dans le milieu journalistique.

    Les journalistes aiment le drame et la tragédie. Quand le désastre est permanent, ça ne fait plus sensation, spécialement lorsque la cause, c’est nous. Les misères journalières que nous infligeons aux Palestiniens n’existent pas dans le monde des israéliens. C’est pourquoi ça fait rarement la une, et l’absence de gros titres, à son tour, forme dans notre esprit, une réalité dans laquelle tout est bien. Alors se forme une tout autre réalité où l’on se pose la question : « Qu’est-ce qu’ils ont ces Palestiniens à encore nous attaquer ? »

    Un citoyen jordanien et six Palestiniens, y compris quatre mineurs, ont péri sous le feu israélien en moins d’une semaine, au cours de tentatives d’attaques ou d’attaques présumées. Le 9 septembre, une bombe éclairante lancée par « l’Armée de Défense d’Israël », a tué Abdel Rahman al-Dabbagh, âgé de 16 ans, alors qu’il manifestait contre le siège de Gaza, près de la barrière. La réponse probable à la question de savoir s’il y avait un moyen autre que celui de tuer toutes ces personnes, sera que les fusillades ont obéi aux règles d’engagement.

    Le déni cognitif empêche les israéliens de se rendre compte du réel degré de retenue des Palestiniens. Parmi les quatre millions de victimes de cette constante terreur, seule une poignée d’entre eux expriment leur désespoir par des actes qui les conduisent presque certainement à la mort. C’est cette retenue collective, non le petit nombre de d’attaques au couteau ou de tentatives d’attaque à la voiture bélier, qui mérite une explication. Cette retenue est un bien-fondé, car ce n’est pas le bon moment pour une lutte de masse. Cette retenue exprime le désespoir, parce que ceux qui écoutent partout dans le monde, ne sont pas les décideurs et que ceux qui décident n’écoutent pas.

    On trouve également de l’espoir dans la retenue des Palestiniens : Ils sont du côté de la justice et de l’avenir, puisqu’ils combattent pour leur libération. "

    Amira Hass

    Traduit par Chantal C. pour CAPJPO-EuroPalestine

    Source : http://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.744264

    CAPJPO-EuroPales

     

     

     

     

     


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  • Linky menaçant

    Ou atteinte à votre santé, votre vie privée et votre porte-monnaie

    Les méthodes employées afin d'imposer ce compteur communiquant sont édifiants. L'association des maires de France « MAIREinfo se range d'emblée du mauvais côté, c'est-à-dire celui des fossoyeurs de l'énergie et par voie de conséquence l'absence de démocratie.

    Sur le site de MAIREinfo, nous pouvons lire par ailleurs que le déploiement de Linky est bien une obligation légale pour ERDF. Sans doute comme le nucléaire dangereux, imposé contre vents et marées.

    Pourquoi imposer le linky inquisiteur qui va, en plus de l'intrusion de votre vie privée, coûter à terme entre 5 et 7 milliard d'euros pour le consommateur ?

    La génération des derniers compteurs électronique fonctionne très bien ! Alors, pourquoi changer quelque chose qui marche ?

    A méditer !

    Gaulois.

     

    Communiqué de L'observatoire du nucléaire

    Des citoyens engagés contre les compteurs communicants ont lancé une pétition pour contester les méthodes agressives des poseurs de Linky (envoyés par ENEDIS) mais aussi celle de l'Association des maires de France (AMF), laquelle s'est fendue d'un communiqué de menaces spécifiquement dirigées...contre moi ( cf http://bit.ly/2d115G6 ) Sans croire qu'il s'agit d'un moyen "miraculeux", il est néanmoins assurément utile de signer cette pétition, en tout cas en voici le lien : http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=LINKYRE

    Continuons à nous battre pour protéger notre présent et l'avenir de nos enfants...
    Stéphane Lhomme
    http://refus.linky.gazpar.free.fr

     

     


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  • Le nucléaire et son coût


    Quelques vérités sur le coût abyssale de l'énergie nucléaire devrait éclairer les lanternes des plus septiques.

    Il va sans dire que cette technologie de mort n'a jamais été rentable, ni aujourd'hui, ni hier.

    Sans parler des risques d'accidents qui planent au dessus de nos têtes.

    Gaulois.


    Six questions sur le nucléaire, une bombe fiscale à retardement

    Grégory Lamotte / Fondateur et président de Comwatt

     

    Le 07/07/16

     

    http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-158645-nucleaire-francais-la-bombe-fiscale-des-10-prochaines-annees-2012936.php?f8aWSeY0lSx8667M.99#Xtor=AD-6000

    Le nucléaire est aujourd'hui moins compétitif que les énergies renouvelables. EDF et l'Etat sont contraints de prendre des risques que les contribuables devront assumer.

    La France a-t-elle eu raison de miser sur le nucléaire dans les années 1970 ?

    En 1970, le prix de l'électricité nucléaire était bien plus bas que le prix des renouvelables. À cette époque, beaucoup de pays ont choisi d'investir dans cette technologie, probablement à juste titre. Mais depuis cette date, les mauvaises nouvelles se sont accumulées et le nucléaire a perdu progressivement ses trois avantages que sont le prix, l'indépendance énergétique et l'emploi.

    Le nucléaire est-il toujours rentable en 2016 ?

    Depuis 1970, chaque nouvelle génération de centrale coûte plus cher que la précédente. Plus le temps passe, plus la technologie est complexe à mettre en oeuvre. Nous le constatons tous les jours avec les injonctions de l'Autorité de sûreté nucléaire qui mettent régulièrement en demeure EDF de respecter les critères de qualités. D'un autre côté, les chantiers étant de plus en plus complexes, ils mettent de plus en plus de temps à se réaliser. En 1970, il fallait en moyenne quatre ans, en 2014 la moyenne est de 10 ans, avec des records à plus de 16 ans. Le nucléaire est une des seules technologies au monde à avoir une courbe d'apprentissage négative, c'est-à-dire que plus nous avons d'expérience et plus le délai et le prix augmente. Une complexité plus importante et un temps de construction qui double, cela nous entraîne forcément vers une explosion des coûts.

    L'électricité produite par les centrales nucléaires est-elle la moins chère ?

    Depuis les années 2000, le prix du nucléaire a été multiplié par 5 et le prix du solaire divisé par 6. Le projet de réacteur nucléaire de type EPR qu’EDF souhaite construire en Angleterre va commercialiser de l'électricité à un prix de 0,12 €/kWh à partir de 2027 (les Anglais s'engagent à acheter à ce prix pendant 35 ans, ce prix est indiqué dans le contrat). En comparaison, en 2016 le solaire et l'éolien produisent de l'énergie en Europe (Royaume-Uni, Allemagne, France...) vendue à 0,07 €/kWh. En 2027, le solaire sera à moins de 0,04 €/kWh selon le rapport de BNE (Bloomberg New Energy). Le nucléaire est donc trois fois plus cher que les renouvelables sans subventions.

    Le nucléaire garantit-il notre souveraineté économique ?

    Depuis que la dernière mine d'uranium a fermé en France, nous avons tiré un trait sur l'indépendance énergétique. 100 % de l'uranium est donc importé, ce qui rend la France vulnérable en cas de conflits, comme nous l'avons observé lors de conflits proches du Niger.

    Le nucléaire est-il bon pour générer des emplois locaux ?

    Selon une étude de l'OCDE, à quantité d'énergie produite équivalente, les renouvelables créent 6 fois plus d'emplois que les énergies nucléaires. D'autant plus que les renouvelables étant installés sur nos toitures et dans nos champs de France vont créer des emplois locaux, non délocalisables. Ainsi avec l'énergie solaire et éolienne, nous faisons d’une pierre deux coups, nous réduisons notre facture et sans subventions nous créons de l'emploi local pour que l'argent reste à la maison.

    Qui va payer le déficit de compétitivité du nucléaire français ?

    En 2016, le nucléaire est devenu si peu compétitif que sans le soutien public, la plupart des constructeurs de centrales (comme Areva) auraient déposé le bilan. Les banques ne croient plus au nucléaire, c'est pour cette raison qu’EDF (via nos impôts) va devoir supporter seule le risque financier de son projet d'EPR anglais de Hinkley point qui est de 22 milliards d'euros (plus que la capitalisation d’EDF qui est de 19 milliards d'euros). L'État va devoir injecter 5 milliards d'euros pour recapitaliser Areva et éviter ainsi le dépôt de bilan, mais comme la situation économique d'Areva ne se redresse pas, il va falloir réaliser cette opération tous les deux ans.

    Lire aussi :
    EDF affiche un bénéfice net en chute alors que le projet Hinkley Point reste sur le fil du rasoir

    En plus de sous-estimer le démantèlement avec les estimations les plus basses du monde, EDF vient d'annoncer vouloir retarder de 50 ans le démantèlement des anciennes centrales nucléaires. La raison invoquée : un virage technologique à 180° avec un démantèlement sous air et non plus sous eau. Mais derrière ce rapport, se cache un signal clair : « après moi le déluge ! ». Qui va payer dans 50 ans des économies que nous aurons réalisées en 2016 ? C'est une dette aux générations futures qui est inexcusable. Nous ne pouvons plus nous permettre pour des raisons électorales de fixer le niveau des tarifs réglementés de vente de l’électricité en dessous des coûts d’EDF. Il faut cesser de faire payer par l'impôt les pertes abyssales du nucléaire et enfin proposer une énergie post nucléaire !

    Grégory Lamotte est président fondateur de Comwatt









     

     


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  • Tauromachie


    Ou la barbarie dénoncée

    Rien, absolument rien ne peut justifier de tels actes et il est grand temps d'abolir cette barbarie. Si l'homme persiste à exprimer sa virilité dans la torture des taureaux, c'est qu'il est le plus barbare des animaux !

    D'ailleurs, le plus grand prédateur de la planète est l'homme.

    Gaulois.

     Plus loin :

     http://flac-anticorrida.org/wp-content/uploads/2013/07/isabelle_nail-Artaficio.pdf

     http://chansonfrancaise.blogs.sudouest.fr/archive/2015/08/05/lutte-anti-corrida-on-connait-pas-trop-la-chanson-1039745.html

     

    Espagne: grande manifestation pour l'abolition de la tauromachie

     

    Par LEXPRESS.fr 11-09-16

    http://news.lexpress.fr/espagne-grande-manifestation-pour-l-abolition-de-la-tauromachie-29729

     

    Espagne: grande manifestation pour l'abolition de la tauromachie 

     Des milliers d'Espagnols anti-corridas ont envahi ce samedi les rues de Madrid pour réclamer "l'abolition de la tauromachie", forts d'avoir déjà obtenu l'interdiction d'une célèbre fête qui s'achevait par la mort en public d'un taureau attaqué à coups de lance. 

     

    "Corrida, honte nationale." Tel était le genre de messages que l'on pouvait lire ce samedi sur les pancartes des milliers d'Espagnols anti-corridas qui ont envahi les rues de Madrid pour réclamer "l'abolition de la tauromachie".

     

    Des porte-parole du Parti contre la maltraitance animale (Pacma) ont appelé par haut-parleur à "en finir avec tous les spectacles taurins et festivités sanglantes". Pacma, fondé il y a treize ans, mobilise de plus en plus de militants et manifestants. Ce parti était parvenu à rassembler plus de 284 000 voix aux élections législatives de juin.

     

    Une première victoire en Castille-et-Léon

     

    Il milite pour la prohibition de la corrida mais dénonce aussi "la cruauté" de certaines traditions, tel le placement de "boules" de feu sur les cornes de taureaux lors de fêtes. Les défenseurs des animaux s'enorgueillissent d'avoir remporté une victoire, au printemps, quand la région de Castille-et-Léon, dans le nord du pays, avait annoncé, au printemps, "l'interdiction de la mise à mort de taureaux en public lors de fêtes taurines populaires et traditionnelles".

     

    Cela signifiait la prohibition de la très ancienne fête du Toro de la Vega, célébrée en septembre dans la ville médiévale de Tordesillas, où un taureau était traditionnellement pourchassé, blessé à coups de lance, avant de mourir devant la foule.

     

    Des mesures d'interdiction adoptées dans plusieurs régions

     

    "Le taureau sent, souffre, c'est un mammifère supérieur comme nous", protestait samedi Chelo Martin Pozo, professeure de 39 ans, venue de Séville pour ce rassemblement madrilène. "La corrida est une honte nationale et si elle me représente, alors je ne suis pas espagnole", assurait-elle, dans un pays qui a magnifié l'art d'affronter le taureau.

     

    Cependant, au passage des manifestants qui dénonçaient la corrida comme "une torture", des passants leur répondaient "mensonge", illustrant une vive polémique dans le pays. La région de Catalogne, dans le nord-ouest, a interdit la corrida en 2012. Et plusieurs mairies et régions ont adopté des mesures pour ne plus subventionner la tauromachie, voire pour l'interdire.

     

     

     


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  • Une guerre mondiale a commencé

    Bien que controversé, John Pilger, journaliste et réalisateur affirme haut et fort ce que la majorité des médias à la botte donc muselés, taisent ou transforment.

    La crédibilité de ce texte ne fait aucun doute. Il est facile de vérifier toutes ses affirmations, malgré les secrets de polichinelle. Comme l'ignoble mensonge sur les soi disant armes de destruction massive en Irak que les grands médias relayaient sans la moindre objectivité. Ce qui a conduit à une guerre meurtrière ayant provoqué la mort de centaines de milliers de personnes. Les dirigeants des USA et du Royaume Unis devraient être jugés comme des criminels de guerre.
    Nous sommes bien face à une énorme désinformation. La guerre en Irak n'était qu'un triste prétexte pour déclarer une guerre sans merci au monde Arabe.

    Il faut le dire et le redire, le terrorisme d'état engendre un autre terrorisme.

    Gaulois.

    Une guerre mondiale a commencé. Briser le silence.

    Par John Pilger

    http://www.informationclearinghouse.info/article44496.htm


    Avril 17, 2016 "Information Clearing House" – J’ai filmé dans les Iles Marshall qui se trouvent au nord de l’Australie, au milieu de l’Océan Pacifique. Chaque fois que je raconte aux gens où j’ai été, ils demandent, « Où est-ce ? » Quand j’offre un indice en me référant à « Bikini », ils disent « Vous vouliez dire le maillot de bain. »

    Peu semblent conscients que le maillot de bain bikini a été nommé pour célébrer les explosions nucléaires qui ont détruit l’Ile de Bikini. 66 engins nucléaires ont été explosés par les Etats-Unis dans les Iles Marshall entre 1946 et 1958 – l’équivalent de 1,6 bombes Hiroshima chaque jour pendant 12 ans.

    Bikini est silencieux aujourd’hui, muté et contaminé. Des palmiers poussent en une formation quadrillée étrange. Rien ne bouge. Il n’y a pas d’oiseaux. Les pierres tombale dan le vieux cimetière sont vivantes de radiations. Mes souliers ont enregistrés « dangereux » avec un compteur Geiger. Etant sur la plage, j’ai observé le vert émeraude du Pacifique qui tombait dans un grand trou noir. C’était le cratère laissé par une bombe à hydrogène appelée « Bravo ». L’explosion a empoisonné des gens et leur environnement sur des centaines de miles, peut-être pour toujours.

    A mon retour de voyage, j’ai stoppé à l’aéroport d’Honolulu et j’ai remarqué un magazine américain appelé Women's Health (Santé des femmes). Sur la couverture, il y avait une femme souriante en bikini, et le titre : « Vous aussi, pouvez avoir un corps bikini. » Quelques jours plus tôt, dans les Iles Marshall, j’avais interviewé des femmes ayant des « corps bikini » très différents ; chacune avait souffert d’un cancer de la thyroïde et d’autres cancers menaçant la vie. Contrairement à la femme souriante du magazine, elles étaient toutes appauvries : les victimes et les cobayes d’une superpuissance rapace qui est aujourd’hui plus dangereuse que jamais.

    Je relate cette expérience comme un avertissement et pour interrompre une confusion qui a consommé tant d’entre nous. Le fondateur de la propagande moderne, Edward Bernays, a décrit ce phénomène comme “la manipulation consciente et intelligente des habitudes et des opinions” de sociétés démocratiques. Il l’a appelé un « gouvernement invisible ».

    Combien de gens sont-ils conscients qu’une guerre mondiale a commencé ? Pour le moment, c’est une guerre de propagande, de mensonges et de confusions, mais ceci peut changer instantanément avec le premier ordre erroné, le premier missile. 

    En 2009, le Président Obama se trouvait devant une foule en adoration dans le centre de Prague,  au centre de l’Europe. Il s’engageait à « libérer le monde d’armes nucléaires ». Les gens l’acclamaient et certains pleuraient. Un torrent de platitudes s’est écoulé dans les médias. Obama a, par la suite, été récompensé du Prix Nobel pour la paix.

    C’était un faux. Il mentait.

    L’Administration Obama a construit plus d’armes nucléaires, plus d’ogives nucléaires, plus de systèmes nucléaires de livraison, plus d’usines nucléaires. La dépense en ogives nucléaires seulement, a plus augmenté sous Obama plus que sous n’importe quel autre président américain. Le coût en 30 ans dépasse $ 1 trillion.

    On envisage une mini-bombe nucléaire. On la connaît comme le B61 Model 12. Il n’y a jamais rien eu de pareil. Le Général James Cartwright, un ancien Vice-président de l’état-major des chefs réunis a dit, « « La rendre plus petite (rend l’utilisation de cette arme nucléaire) plus pensable. »

    Dans les derniers 18 mois, la plus grande construction de forces militaires depuis la Seconde guerre mondiale – dirigée par les Etats-Unis – a lieu le long de la frontière occidentale de la Russie. Depuis l’invasion de l’Union soviétique par Hitler, des troupes étrangères n’ont présenté une telle menace démontrable pour la Russie.

    L’Ukraine – autrefois une partie de l’Union soviétique -  est devenue un parc à thèmes pour la CIA. Ayant orchestré un coup d’état à Kiev, Washington contrôle effectivement un régime qui est voisin de la Russie et lui est hostile : un régime pourri de Nazis, littéralement. Des personnages parlementaires importants en Ukraine sont des descendants politiques des fascistes fameux de l’OUN et de l’UPA. Ils ont ouvertement loué Hitler et ont appelé à la persécution et l’expulsion de la minorité parlant le russe.

    Ceci est rarement une information en Occident, ou est inversé pour supprimer la vérité.

    En Lettonie, en Lituanie et en Estonie -  à côté de la Russie – l’armée US déploie des troupes de combat, des tanks, des armes lourdes. Cette provocation extrême contre la seconde puissance nucléaire du monde est passée sous silence en Occident.

    Ce qui rend la perspective d’une guerre nucléaire même plus dangereuse est une campagne parallèle contre la Chine. Rarement un jour ne passe sans que la Chine ne soit élevée au statut de « menace ». D’après l’Amiral Harry Harris, le commandant US du Pacifique, la Chine est “en train de construire un grand mur de sable dans la Mer de Chine méridionale ». Il se réfère à la construction par la Chine de pistes d’atterrissage dans les îles Spratly, qui sont l’objet d’un différent avec les Philippins – une dispute sans priorité jusqu’à ce que Washington fasse pression et soudoie le gouvernement de Manille et que le Pentagone lance une campagne de propagande appelée « liberté de navigation ».

    Qu’est-ce que cela signifie vraiment ? Cela signifie la liberté pour des bateaux de guerre américains de patrouiller et de dominer les eaux côtières de la Chine. Essayez d’imaginer la réaction américaine si des bateaux de guerre chinois faisaient la même chose au large des côtes de la Californie.

    J’ai fait un film appelé The War You Don't See, (La guerre que vous ne voyez pas) dans lequel j’ai interviewé des journalistes distingués en Amérique et en Grande Bretagne : des journalistes comme Dan Rather de CBS, Rageh Omar de la BBC, David Rose de l’Observer.

    The War You Don't See de John Pilger sur Vimeo.

    Ils disent tous que si les journalistes et les personnalités de la radio et de la télévision avaient fait leur boulot et avaient interrogé la propagande que Saddam Hussein possédaient des armes de destruction massives; n’avaient pas amplifié les mensonges de George W. Bush et Tony Blair et que les journalistes n’y avaient pas fait écho, l’invasion de l’Irak en 2003 aurait pu ne pas se passer et des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants seraient en vie aujourd’hui.

    La propagande pour préparer le terrain d’une guerre contre la Russie et/ou la Chine n’est pas différente en principe. A ma connaissance, aucun journaliste dans la « dominance » occidentale – disons un équivalent de Dan Rather  – ne demande pourquoi la Chine construit des pistes d’atterrissage dans la Mer de Chine méridionale. La réponse devrait crever les yeux. Les Etats-Unis encerclent la Chine avec un réseau de bases, avec des missiles balistiques, des groupes de combat, des bombardiers armés de nucléaire. Cet arc mortel s’étend de l’Australie aux îles du Pacifique, les îles Marianne et les Marshall et Guam, jusqu’aux Philippines, la Thaïlande, Okinawa, la Corée et dans l’Eurasie jusqu’en l’Afghanistan et l’Inde. L’Amérique a pendu un nœud coulant autour du cou de la Chine. Ce n’est pas une nouvelle. Silence dans les médias ; la guerre par les médias.

    En  2015, dans le plus grand secret, les US et l’Australie ont organisé le plus grand exercice unique air-mer militaire dans l’histoire récente, connu comme le Sabre talisman. Il vise à répéter un Plan de bataille air-mer, bloquant des couloirs de navigation, comme le détroit de Malacca et le détroit de Lombok qui coupent l’accès de la Chine au pétrole, au gaz et à d’autres matériaux bruts vitaux du Moyen-Orient et d’Afrique.

    Dans le cirque connu comme la campagne présidentielle américaine, Donald Trump est présenté comme un lunatique, un fasciste. Il est certainement odieux ; mais il est aussi une figure de haine médiatique. Rien que cela devrait soulever notre scepticisme.

    Les visions de Trump sur la migration sont grotesques, mais pas plus grotesques que celles de David Cameron. Ce n’est pas Trump qui est le Grand Expulseur des Etats-Unis, mais le Prix Nobel pour la paix, Barack Obama. D’après un des commentateurs libéraux prodigieux, Trump « déchaîne les forces sombres de la violence » aux Etats-Unis. Les déchaînant ?

    Ceci est le pays où des tout-petits tirent sur leur mère et où la police mène une guerre meurtrière contre des Américains noirs. Ceci est le pays qui a attaqué et a cherché à renverser plus de 50 gouvernements, dont beaucoup des démocraties, et ont bombardé de l’Asie au Moyen-Orient, causant la mort et la dépossession de millions de gens.

    Aucun pays ne peut égaliser ce record systémique de violence  La plupart des guerres américaines (presque toutes contre des pays sans défense) ont été lancées, non pas par des Présidents républicains mais par des présidents libéraux Démocrates : Truman, Kennedy, Johnson, Carter, Clinton, Obama.

    En 1947, une série de directives du Conseil national de sécurité décrivait l’objectif premier de la politique étrangère américaine comme « un monde substantiellement transformé à la propre image (de l’Amérique) ». L’idéologie était de l’américanisme messianique. Nous étions tous Américains. Ou sinon. Des hérétiques pouvaient être convertis, subvertis, soudoyés, salis ou écrasés.

    Danald Trump en est un symbole, mais il est aussi un non-conformiste. Il dit que l’invasion de l’Irak était un crime ; il ne veut pas partir en guerre contre la Russie et la Chine. Le danger pour le reste d’entre nous n’est pas Trump, mais Hillary Clinton. Elle n’est pas indépendante. Elle intègre l’élasticité et la violence d’un système dont « l’exceptionnalisme » vanté est totalitaire avec occasionnellement un visage libéral.

    Alors que l’élection présidentielle se rapproche, Clinton sera saluée comme la première femme présidente, sans se soucier de ses crimes et de ses mensonges – comme Barack Obama a été loué comme le premier président noir et les libéraux ont avalé ses sottises sur  « l’espoir ». Et l’extase continue.

    Décrit par l’éditorialiste du Guardian, Owen Jones comme « drôle, charmant, avec un sang-froid qui exclut pratiquement tout autre politicien », Obama, l’autre jour, a envoyé des drones pour massacrer 150 personnes en Somalie. Il tue généralement des gens le mardi, d’après le New York Times, quand on lui soumet une liste de candidats pour la mort par drone. Si calme.

    Dans la campane présidentielle de 2008, Hillary Clinton avait menacé de « totalement effacer » l’Iran avec des armes nucléaires. Comme Secrétaire d’Etat sous Obama, elle a participé au renversement du gouvernement démocratique du Honduras. Sa contribution à la destruction de la Libye en 2011 était presque radieuse. Quand le dirigeant libyen, le Colonel Kadhafi  a été publiquement sodomisé avec un couteau – un meurtre rendu possible par la logistique américaine – Clinton jubilait au sujet de sa mort : « Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort. »

    Une des alliées la plus proche de Clinton est Madeleine Albright, l’ancienne Secrétaire d’Etat, qui a attaqué une jeune femme pour ne pas soutenir « Hillary ». C’est la même Madeleine Albright qui a notoirement célébré à la TV la mort d’un demi million d’enfants irakiens comme « en ayant valu la peine ».

    Parmi les plus grands partisans de Clinton il y a le lobby d’Israël et les compagnies d’armes qui alimentent la violence au Moyen-Orient. Elle et son mari ont reçu une fortune de Wall Street. Et pourtant, elle est à peu près décrétée  la candidate des femmes, pour repousser le danger Trump, le démon officiel. Ses supporters incluent des féministes distinguées : des gens comme  Gloria Steinem aux US et Anne Summers en Australie.

    Il y a une génération, un culte post moderne connu maintenant comme « la politique d’identité » a stoppé beaucoup de gens intelligents de tendance libérale examinant les causes et les individus qu’ils soutenaient – comme le charlatanisme d’Obama et de Clinton ; comme des mouvements progressistes bidons comme Syriza en Grèce, qui a trahi le peuple de ce pays et s’est allié à ses ennemis. Une auto-absorption, une sorte de « moi-isme », est devenu le nouvel état d’esprit dans les sociétés privilégiées occidentales et indiquait la disparition de grands mouvements collectifs contre la guerre, l’injustice sociale, l’inégalité, le racisme et le sexisme.

    Aujourd’hui, le long sommeil peut être passé. Les jeunes remuent de nouveau. Graduellement. Les milliers en Grande Bretagne qui ont soutenu Jeremy Corbyn comme dirigeant du Labour font partie de ce réveil – comme ceux qui se sont ralliés au Sénateur Bernie Sanders.

    En Grande Bretagne, la semaine dernière, l’allié le plus proche de Jeremy Corbyn, son trésorier  dans l’ombre, John McDonnell, s’est engagé à ce qu’un gouvernement Labour paierait les dettes de banques pirates et, en effet, continue la dites austérité.

    Aux US, Bernie Sanders a promis de soutenir Clinton si où quand elle est nominée. Lui aussi  a voté pour l’usage de la violence de l’Amérique contre des pays quand il pensait que c’était « juste ». Il dit qu’Obama a réalisé un « bon travail ».

    En Australie, il y a une sorte de politique mortuaire, dans laquelle des jeux parlementaires fastidieux sont repris par les médias tandis que les réfugiés et les populations indigènes sont persécutés avec une inégalité qui grandit, en même temps que le danger de guerre. Le gouvernement de Malcolm Turnbull vient juste d’annoncer un prétendu budget de défense de $ 195 milliards qui est une conduite à la guerre. Il n’y a pas eu de débat. Le silence.

    Qu’est-il arrivé à la grande tradition populaire d’action directe, sans entraves des partis ? Où est le courage, l’imagination et l’engagement nécessaires pour commencer le long voyage pour un monde meilleur, juste et pacifique ? Où sont les dissidents en art, en films, en théâtre, en littérature ?

    Où sont ceux qui briserons le silence ? Où attendons-nous jusqu’à ce que le premier missile nucléaire soit tiré ?

    Ceci est une version éditée d’un discours par John Pilger à l’Université de Sydney, intitulé Une guerre mondiale a commencé.

    Suivez John Pilger su Twitter @johnpilger r

     

     


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