• Politico-écologistes contaminés !

    Ou des pesticides dans leurs cheveux

    J'ai envie de pleurer lorsque j'apprend que ces " Personnalités " ont, eux aussi des pesticides dans leurs cheveux.  

    Rassurez-vous, je garde mon chagrin pour celles et ceux qui n'ont rien demandé en terme de pollution et qui sont finalement les victimes de ceux qui polluent en toute impunité. N'en déplaise aux septiques, avec la complicité des bonimenteurs. Les politico-écolos, assez loin de la réalité de terrain se croient-ils à l'abri des polluants ? J'ai envie de dire non et heureusement. 

    Comme cela est suggéré dans l'article, le niveau de pollution est fonction de l'environnement dans lequel chaque individu évolue. A n'en pas douter, le prolétariat est de loin le plus exposé.

    Les perturbateurs endocriniens ne choisissent pas leurs cibles, mais suivent les chemins qu'on leur trace.

    Gaulois.

     

      

     


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  • Pesticides

    Ou les magouilles de l'industrie agrochimique et l'Europe.

    C'est la même chose dans tous les domaines, du moment qu'il y a du pouvoir et du fric à la clé.

    N'oublions jamais que ce sont les multinationales qui dictent leurs lois aux politiques.

    Gaulois.

     

    Vidéo à visionner et à diffuser très largement.

    L'appel de Pollinis :

     

     

    Chère amie, Cher ami,

    En cliquant sur le lien ci-dessous, vous accéderez à une vidéo très importante pour défendre votre droit à l'information sur les pesticides et leurs effets sur votre santé, l'environnement et les polllinisateurs comme les abeilles.  

    Lien vidéo : http://info.pollinis.org/directive-secrets-des-affaires/

    Cette vidéo ne dure que quelques minutes.

    Vous y découvrirez comment l'industrie agrochimique et l'Europe sont en train de verrouiller le système, pour empêcher les citoyens, les scientifiques et les laboratoires indépendants, d'avoir accès aux documents et aux études qui leur permettraient de mesurer les effets potentiellement catastrophiques des pesticides sur notre santé, sur la santé des abeilles et sur l'environnement.

    J'ai tenu à enregistrer cette vidéo parce que nous avons une opportunité inespérée de nous défendre, à condition d'agir immédiatement.

    Après avoir regardé cette vidéo, s'il vous plaît, transférez cet email à vos proches et à tous vos contacts pour les informer et les mobiliser au plus vite.

    Merci.

    Nicolas Laarman

    Délégué général de POLLINIS

     

     

     

     

    POLLINIS Association Loi 1901
    10 rue Saint Marc – 75002 Paris 
    www.pollinis.org

     

     

     

     


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  • La France dépotoir

    Ou les routes de la honte

    Notre pays détient de nombreux records, entre autres celui des déchets jetés un peu partout sans le moindre souci de l'environnement. 

    N'ayons pas peur de l'image peu élégante : Si les citoyens prennent autant de soin de leur C.. que le bord des routes, leur endroit ne doit pas être beau à voir !

    Gaulois. 


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  • Bayer et Monsanto

    Ou les grands pollueurs dans leurs basses œuvres.

    Bayer deviendrait le plus grand pollueur de la planète. A l'heure ou de multiples appels pour la protection de la nature se font entendre, les plus grands groupes agissent à contre-sens, pour seul intérêt le fric, la puissance.

    En savoir plus sur Bayer :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Bayer_(entreprise)

    http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=10174

    Etc …

    Gaulois.

    Bayer prêt à débourser 55 milliards d’euros pour Monsanto

    LE MONDE 20-05-16

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/05/20/pourquoi-bayer-veut-racheter-monsanto_4923184_3234.html


    Des paroles puis… des actes. L’Allemand Bayer a annoncé lundi 23 mai avoir fait une offre à 62 milliards de dollars (55 milliards d’euros) pour racheter le fabricant américain de semences OGM Monsanto et créer un géant mondial des pesticides et des engrais. Le groupe de chimie-pharmacie indique faire « une offre en numéraire pour acquérir toutes les actions de Monsanto au prix de 122 dollars par action ou une valeur totale de 62 milliards de dollars », écrit l’industriel allemand dans un communiqué, quelques jours après avoir annoncé, sans détails, avoir approché Monsanto.

    En avalant Monsanto, Bayer espère réaliser, au bout de trois ans, environ 1,5 milliards de dollars d’économies et enregistrer une hausse de son bénéfice par action d’environ 5% la première année et d’au moins 10% les suivantes. Déjà lourdement endetté, le chimiste allemand se dit pourtant « hautement confiant » dans sa capacité à financer un tel rachat.

    C’est l’opération la plus ambitieuse et la plus risquée jamais envisagée par une entreprise allemande, ce pourrait aussi être la plus impopulaire. Ce gigantesque rachat ferait de Bayer le géant mondial incontesté des pesticides et des semences. L’allemand mêlerait aussi son destin à une des entreprises les plus haïes du monde, connue du grand public pour être l’inventeur du fameux glyphosate, l’herbicide le plus vendu sur la planète, qui divise les experts sur son potentiel effet cancérigène.


    Lire aussi :   Roundup : le pesticide divise l’Union européenne et l’OMS


    Pour Bayer, l’initiative est spectaculaire. Quelques semaines après son arrivée à la tête du groupe, le nouveau PDG Werner Baumann ose la plus grosse prise de contrôle de l’histoire de l’entreprise. Selon la presse économique du pays, certains dirigeants de Bayer songeaient en interne depuis longtemps au rapprochement avec Monsanto, mais la possibilité avait toujours été écartée par l’ancien PDG Marijn Dekkers. Son départ, fin avril, a laissé la voie libre à son successeur pour imprimer un tournant dans l’histoire du chimiste allemand.

    Vague de consolidation

    Monsanto, de son côté, a déclaré la semaine dernière étudier l’offre de Bayer. Pour le groupe installé à Saint-Louis, dans le Missouri, être la cible du groupe allemand est pour le moins ironique : c’est l’américain, par son offre de rachat de son concurrent suisse Sygenta en 2015, qui avait lancé la vague de consolidation qui bouleverse actuellement le secteur de l’agrochimie. Les Suisses avaient refusé l’offre catégoriquement, préférant se rapprocher du chinois Chemchina que du controversé américain. Entre-temps, outre-Atlantique, les deux grands acteurs du marché, Dupont et Dow Chemical, ont annoncé leur fusion.

    Par cette offre de rachat, Bayer se saisit d’une opportunité unique de devenir le premier acteur du marché, en se mariant avec un groupe jugé complémentaire dans ses activités et son ancrage géographique. Puissant sur le marché des produits phytosanitaires – notamment grâce aux très contestés pesticides néonicotinoïdes –, Bayer est en revanche un acteur mineur sur celui des semences, avec seulement 1,4 milliard d’euros. Il est surtout présent en Europe et en Asie.

    Lire aussi :   Bayer-Monsanto : manger ou être mangé

    Monsanto, célèbre pour ses graines génétiquement modifiées, est de son côté le leader mondial du secteur semencier, avec un chiffre d’affaires de 10 milliards d’euros par an. Côté pesticides, il est seulement représenté par le glyphosate. Il est fortement implanté aux Etats-Unis et en Amérique latine. Pour Bayer, la fusion avec Monsanto ferait passer son chiffre d’affaires sur ces deux spécialités – semences et pesticides – de 10,4 à 24 milliards d’euros. L’allemand a réalisé en 2015 un chiffre d’affaires de 46 milliards d’euros, en hausse de 12 % par rapport à l’année précédente.

    Opération risquée

    Mais l’opération comporte des risques importants. Financier d’abord : Bayer doit mettre sur la table 52 milliards d’euros pour faire venir les dirigeants de Monsanto autour de la table des négociations. Or, l’allemand a déjà racheté en 2014, pour 11 milliards d’euros, le département des médicaments sans ordonnance de Merck & Co. En cas de financement par l’emprunt du rachat de Monsanto, l’endettement de Bayer passerait théoriquement de 16 à quelque 70 milliards d’euros, un niveau très élevé, qui obligerait sans doute le groupe à opérer une augmentation de capital ou à se séparer de certaines activités.

    Le risque stratégique n’est pas moindre. Certes, la prise de contrôle de Monsanto est cohérente avec l’orientation Life Sciences (« sciences de la vie ») prise par Bayer depuis quelques années, qui a mis en octobre en Bourse son activité plastique, Covestro. Mais le département Crop Sciences (« sciences des récoltes ») deviendrait le cœur écrasant du groupe, réduisant de facto l’importance de ses autres spécialités : la pharmacie classique et les médicaments vendus sans ordonnance et ceux pour animaux, posant la question de leur maintien à terme. Par ailleurs, Monsanto, confronté à une baisse de ses ventes, a été obligé de se restructurer. Le glyphosate, produit phare du groupe, qui le vend sous la marque Roundup Ready, pourrait se voir retirer l’autorisation de commercialisation en Europe, qui expire au 30 juin. La décision, qui était attendue à Bruxelles jeudi 19 mai, a été reportée faute de consensus. Le gouvernement fédéral allemand est lui-même divisé sur la question.

    Lire aussi :   Pesticides : Bruxelles va proposer une réautorisation du Roundup pour dix ans

    Reste le risque en termes d’image. Monsanto n’est pas seulement la bête noire des écologistes, elle suscite le rejet de larges franges de la population et de nombreux politiques. En se mariant à Monsanto, l’inventeur de l’aspirine prend le risque de voir s’effriter la confiance du public sur ses produits pharmaceutiques de grande consommation.

    Lire aussi :   Une étude américaine banalise les effets des OGM

    • Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)



     



     

     


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  • Les paysans, les pneus et l'écologie

     

    Brûler des pneus, c'est bon pour la santé 

     

    Il paraît que la paysannerie est proche de la terre. Entendons pas là plus sensible au respect de l'environnement. Il paraît aussi que leurs revendications sont légitimes. Et bien en ce qui me concerne, je balaie sans remord de telles affirmations.

     

    En effet, comment peut-on souscrire aux arguments des agriculteurs, lorsqu'ils brûlent sans le moindre scrupule des tonnes de pneus. Il suffit de suivre ( de loin quand-même ) n'importe laquelle de leurs manifestations pour voir ces panaches de fumée noire, hautement toxiques. Ces gens-là ne respectent rien, pas même leur propre environnement et leur santé, alors la santé et l'environnement des autres, ils s'en fichent complètement.

     

    Manifestement, ils sont les rois de la pollution, car après les épandages de pesticides dans leurs cultures, ils s'attaquent à l'espace publique.

     

    Essayez donc de brûler un seul pneu chez vous et la maréchaussée ne tardera pas à débarquer, avec les ennuis qui vont avec !

     

    Non vraiment, quand bien même certains aspects de leurs manifestations et revendications peuvent se justifier, brûler des pneus fait sauter toute légitimité.

     

    Ces gens-là sont des voyous irresponsables.

     

    Un bonheur pour nos poumons: un kilo de pneu brûlé c’est 100 grammes de particules fines dégagées dans l’air (autant dire beaucoup), en plus de métaux, de composés cancérigènes et autres joyeusetés chimiques.

     

    Cocoricooooo !!

     

    Gaulois.

     


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  • Scandale écologique

    C'est sûr, je ne vais pas me faire que des amis, en particulier parmi les inconditionnels des sports d'hiver ! Mais je préfère laisser ces derniers cultiver leur écologie bien particulière, si toutefois ils savent ce que veut dire le mot «  Écologie  » 
    Je ne peux qu'être horrifié par un tel scandale qui consiste à acheminer de la neige par hélicoptère, juste pour satisfaire l'image des élus locaux et le tiroir caisse des stations. Sans oublier les gandins bling bling abrutis du ski. Ceux-là même dont j'ai pu souvent apprécier leur suffisance, leur arrogance, ayant vécu 18 ans dans cette si belle région Savoyarde.
    Sainte-Foy-en-Tarentaise, tout près de Tignes Val-d'Isère est en train de perdre son identité, comme la plupart de ces villages magnifiques de montagne.
    Depuis maintenant des décennies et dans l'indifférence totale, nous pouvons voir proliférer, au nom de l'industrie autour de la neige « L'or blanc », des villages artificiels qui défigurent durablement la montagne. Les téléphériques en tous genre et tous azimuts sillonnent leurs flancs, les canons à neige et maintenant les carrières à neige à grands renforts d'hélicos participent à cette folie collective de ce qu'ils appellent encore les sports d'hiver.
    Bien entendu, les défenseurs de l'environnement vont une fois de plus être qualifiés de Zozos !

     

    http://www.leparisien.fr/societe/savoie-les-cent-tonnes-de-neige-de-la-discorde-29-12-2015-5406857.php#xtref=https%3A%2F%2Fwww.google.fr

     

    http://www.ledauphine.com/savoie/2015/12/30/la-neige-venue-du-ciel-en-helicoptere-n-a-pas-fini-de-diviser-les-savoyards

    Très éclairant : http://laterredabord.fr/?p=20179

    Etc...


    C'est aussi ça la France.  Cocoricooooo !  
    Gaulois.

     


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  • Monsanto

    Ou le pire du pire

    Que cette multinationale, un véritable empire industriel, soit condamnée ne nous ferait pas pleurer. Depuis le temps qu'ils empoisonnent l'eau, l'air, la terre, la faune, la flore et l'humain.
    Le plus dramatique est cette complicité inacceptable du monde agricole, par l'entremise des coopératives, les semenciers ainsi que de nombreuses marques.

    Gaulois.

    La liste des marques, non exhaustive :

    http://www.terresacree.org/actualites/1643/actualite-boycott-monsanto-enfin-la-liste-des-marques-complices-assassines-109019

    Pourquoi faut-il juger Monsanto ?
    19 décembre 2015 / Hans Herre

     http://reporterre.net/Pourquoi-faut-il-juger-Monsanto

     

     

     

    Monsanto condamné

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/09/10/monsanto-condamne-en-appel-pour-la-toxicite-de-son-hebrbicide-lasso_4751628_3244.html#

     

    L’histoire complète de Monsanto: La société la plus maléfique au monde ! 

    http://www.alterinfo.net/L-histoire-complete-de-Monsanto-La-societe-la-plus-malefique-au-monde-_a116632.html

     19 Août 2015

    La plus grande histoire d’horreur jamais contée… Monsanto !…
    L’histoire complète de Monsanto: La société la plus maléfique au monde !
    Hanzai E. Waking Times
     article en français: http://www.sante-nutrition.org/lhistoire-complete-de-monsanto-la-societe-la-plus-malefique-au-monde/

     


    De toutes les méga-sociétés folles furieuses, Monsanto a largement surpassé ses rivales, remportant le titre glorieux de la « société la plus maléfique sur Terre » !
Non contente de siéger simplement sur son trône de mort au sommet d’une montagne de cadavres, elle continue de mettre au point de nouveaux moyens scientifiquement innovateurs pour nuire à la planète et à ses habitants.
    Comme pour les vrais champions du mal, elles ne s’arrêteront pas avant…eh bien, qu’on les arrête ! Mais qu’est Monsanto et comment est-elle devenue si incroyablement maléfique ? Je pense que la meilleure manière de démarrer ce périple est de retourner vers les profonds et glauques égouts de son sinistre passé, alors munissez-vous d’un en-cas et de boissons sans OGM et allons-y.
    1901 : La société est fondée par John Francis Queeny, membre des Chevaliers de Malte, avec derrière lui 30 ans d’expérience dans l’industrie pharmaceutique ; il épouse Olga Mendez Monsanto, dont le nom deviendra celui de la société,Monsanto Chemical Works. La société produit au début de la saccharine de synthèse, qui est vendue à Coca-Cola comme édulcorant artificiel.
    Le gouvernement savait déjà que la saccharine était un poison et il lui fit un procès pour stopper sa fabrication mais le perdit en cour d’appel, ouvrant ainsi la Boîte de Pandore Monsanto qui commença à empoisonner le monde avec ce soda.
    Le gouvernement savait déjà que la saccharine était un poison et il lui fit un procès pour stopper sa fabrication mais le perdit en cour d’appel, ouvrant ainsi la Boîte de Pandore Monsanto qui commença à empoisonner le monde avec ce soda.
    image:  http://www.sante-nutrition.org/wp-content/uploads/2015/03/toxiclove.jpg

     

     Olga Mendez Monsanto, qui donna son nom à la société et son mari John Francis Queeny

     
    Années 20 : Monsanto étend son activité aux produits chimiques industriels et aux médicaments, devenant le plus gros fabricant mondial d’aspirine, l’acide acétylsalicylique (toxique, bien sûr). C’est aussi l’époque où les choses commencent à se précipiter horriblement pour la planète avec l’introduction de leurs polychlorobiphéniles (les PCB).
    « Les PCB étaient vus comme une merveille chimique par l’industrie, un liquide visqueux résistant aux fortes températures et à la dégradation et ayant des applications presque illimitées. Les PCB sont aujourd’hui considérés comme l’une des plus graves menaces chimiques pour la planète. Largement utilisés comme lubrifiants, fluides hydrauliques, huiles de coupe, revêtements imperméables et produits d’étanchéité, ce sont des carcinogènes potentiels et on les retrouve impliqués dans des maladies de la reproduction, de la croissance et du système immunitaire. Le centre mondial de fabrication des PCB était l’usine Monsanto aux abords de St Louis dans l’Illinois, qui possède le plus fort taux de morts fœtales et de naissances prématurées de l’état. »(1)
    Bien que les PCB aient été finalement interdits après 50 ans de dégâts, ils existent toujours dans le sang et les cellules des animaux et de l’homme à travers le globe. Des documents présentés plus tard au tribunal ont montré que Monsanto était parfaitement conscient des effets meurtriers, mais l’a criminellement caché au public pour conserver le filon des PCB !
    Années 30 : Création de sa première semence de maïs hybride et extension de la fabrication de détergents, savons, produits de nettoyage industriels, caoutchouc synthétique et plastiques. Oh oui, tous toxiques bien sûr !
    Années 40 : Ils démarrent la recherche d’uranium, qui servira pour la première bombe atomique du Projet Manhattan, qui sera larguée ensuite sur Hiroshima et Nagasaki, tuant des centaines de milliers de japonais, coréens et militaires américains et en empoisonnant des millions d’autres.
    La société poursuit sans relâche ses folies meurtrières en créant des pesticides pour l’agriculture qui contiennent la mortelle dioxine, source d’empoisonnement de la nourriture et des réservoirs d’eau. Il fut découvert ensuite que Monsanto avait omis de dévoiler que la dioxine était utilisée dans un large éventail de leurs produits, ils auraient sinon été obligés de reconnaître qu’elle avait créé un enfer écologique sur Terre.
    Années 50 : S’alignant de près avec la Compagnie Walt Disney, Monsanto crée plusieurs attractions au Disney’s Tomorrowland (« le pays de demain »), qui exposent la gloire des produits chimiques et des plastiques. Leur « Maison du futur » est entièrement faite de plastique toxique non biodégradable comme ils l’avaient affirmé. Quoi ? Monsanto a menti ? J’en suis scandalisé !
    « Après avoir attiré un total de 20 millions de visiteurs entre 1957 et 1967, Disney fit raser la maison, mais découvrit que ce ne serait pas sans mal. Selon le Monsanto Magazine, les boulets de démolition rebondissaient sur la fibre de verre et les matériaux en polyester armé. Chalumeaux, marteau-piqueurs, tronçonneuses et pelleteuses se montrèrent impuissants. On attacha finalement des élingues tractées pour décoller petit à petit des éléments de la maison qui seront évacués ensuite par camion. » (2)
    Années 60 : Monsanto, avec son complice criminel, la société Dow Chemical, produit l’Agent Orange dont la dioxine est l’un des composants, qui sert à l’invasion américaine du Vietnam. Résultats ? Plus de 3 millions de personnes contaminées, mort d’un demi-million de civils vietnamiens, un demi-million de bébés vietnamiens qui naissent avec des malformations de naissance et des milliers de vétérans américains qui souffrent ou meurent encore aujourd’hui de ses effets !
    Monsanto est de nouveau traîné en justice et des mémos internes révèlent qu’ils connaissaient les effets mortels de la dioxine de l’Agent Orange quand ils l’ont vendu au gouvernement. Bien que ce soit scandaleux, Monsanto est autorisé à présenter sa propre « recherche » qui concluait que la dioxine était inoffensive et ne présentait un quelconque risque de santé. Satisfait, le tribunal se rallie à Monsanto et classe l’affaire. Il apparaît plus tard que Monsanto a présenté des études mensongères et que la vraie recherche concluait que la dioxine tuait très efficacement.
    Un autre mémo plus tardif publié dans un tribunal en 2002 admettait « que les preuves validant la persistance de ces composants et leur présence universelle en tant que résidus dans l’environnement sont incontestables…des pressions du public et juridiques pour les éliminer afin d’éviter une contamination mondiale sont inévitables. La question fait boule de neige. Où allons-nous à partir d’ici ? Les alternatives : mettre la clé sous la porte ; s’en débarrasser autant que possible et ne rien faire d’autre ; tenter de continuer l’activité ; avoir des produits alternatifs. » (3)
    Monsanto devient partenaire de I.G. Farben, fabricant de l’aspirine Bayer et des produits chimiques d’Hitler qui ont exterminé des millions de gens durant la seconde guerre mondiale. Ensemble, les deux sociétés utilisent leurs compétences communes du génocide pour introduire un autre produit neurotoxique mortel, l’aspartame, dans l’alimentation. Quand des questions font surface concernant la toxicité de la saccharine, Monsanto exploite cette opportunité pour amener un autre de ses poisons mortels à un public peu méfiant.
    Années 70 : Un partenaire de Monsanto, G.D.Searle, publie une centaine de fausses études internes qui déclarent que l’aspartame est inoffensif, alors que la propre recherche de la FDA [Food and Drug Administration, Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux] révèle clairement que l’aspartame entraîne des tumeurs et de grands trous dans le cerveau des rats, avant de les tuer. La FDA commande une enquête chez G.D. Searle pour « avoir sciemment dénaturé des études, avoir caché les faits matériels et fait de fausses déclarations » concernant la sécurité de l’aspartame.
    Searle, pendant ce temps, désigne stratégiquement un initié haut placé de Washington, Donald Rumsfeld, qui servit comme secrétaire de la défense durant les présidences de Gerald Ford et George W. Bush, pour qu’il devienne PDG. Le but premier de la société est que Rumsfeld utilise son influence politique et sa vaste expérience des affaires pour mettre la FDA dans sa poche.
    Quelques mois plus tard, Samuel Skinner reçoit « une offre qu’il ne peut refuser« , se retire de l’enquête et démissionne de son poste d’avocat pour aller travailler comme juriste chez Searle. Cette tactique mafieuse retarde le procès assez longtemps pour que la prescription soit prononcée et que l’enquête soit abandonnée abruptement et commodément.
    Années 80 : Au beau milieu des recherches incontestables révélant les effets toxiques de l’aspartame et alors que le Dr Jere Goyan, commissaire à la FDA, était sur le point de signer une pétition pour l’interdire légalement sur le marché, Donald Rumsfeld téléphone à Ronald Reagan le lendemain de son entrée en fonction pour obtenir une faveur. Reagan vire ce Goyan peu coopératif et nomme le Dr Arthur Hayes Hull directeur de la FDA, qui va faire rapidement pencher la balance en faveur de Searle et le NutraSweet est approuvé pour la consommation humaine dans les produits secs. La suite est tristement ironique, car Reagan, connu pour son goût des bonbons et sucreries souffrira ensuite d’Alzheimer durant son second mandat, l’un des nombreux et horribles effets de la consommation d’aspartame.
    Le but réel de Searle était cependant de voir l’aspartame approuvé comme édulcorant des sodas car des études exhaustives révélaient qu’à des températures dépassant 30°C, il « se décompose en toxines nommées Diketopiperazines, alcool méthylique et formaldéhyde« , devenant bien plus léthal que sous sa forme en poudre !
    L’Association Nationale des Buveurs de Soda proteste violemment au départ, craignant de futures poursuites judiciaires des consommateurs malades chroniques ou tués en buvant le poison. Quand Searle peut démontrer que l’aspartame liquide, bien qu’incroyablement létal, entraîne une addiction beaucoup plus importante que la cocaïne, l’association est convaincue que les profits de la vente de sodas contenant de l’aspartame qui grimpent en flèche compenseraient toute responsabilité dans l’avenir. Avec ça, la cupidité est gagnante et les consommateurs de soda peu méfiants le paient de leur santé.
    Coca-Cola est de nouveau le premier sur les rangs (vous vous souvenez de la saccharine?) et commence dès 1983 à empoisonner les buveurs de Coca Light avec l’aspartame. Comme prévu, les ventes s’envolent car les gens deviennent éperdument accro au doux poison en canette et tombent malades. Le reste de l’industrie des sodas, satisfaite de ce qu’elle voit emboîte rapidement le pas, oubliant fort à propos toute ses réticences du début pour l’aspartame comme produit chimique mortel. Il y a de l’argent à gagner, beaucoup d’argent et c’est tout ce qui compte vraiment pour eux de toutes façons !
    En 1985, sans s’émouvoir outre mesure des relents de corruption et des multiples accusations de recherche frauduleuse réalisée par Searle, Monsanto achète la société et installe une nouvelle filiale pour l’aspartame qu’il nomme NutraSweet Company. Quand des multitudes de scientifiques et de chercheurs indépendants continuent d’avertir sur les effets toxiques de l’aspartame, Monsanto passe à l’offensive, soudoie l’Institut National du Cancer et fournit ses propres études personnelles frauduleuses pour que l’Institut confirme que le formaldéhyde ne provoque pas de cancer, de façon à garder l’aspartame sur le marché.
    Les effets connus de l’ingestion d’aspartame sont : « manie, rage, violence, cécité, douleurs articulaires, fatigue, prise de poids, angine de poitrine, coma, insomnie, torpeur, dépression, acouphènes, faiblesse, spasmes, irritabilité, nausées, surdité, pertes de mémoire, éruptions cutanées, vertiges, maux de tête, AVC, anxiété, palpitations, évanouissement, crampes, diarrhée, panique, inflammation buccale. Les maladies déclenchées comprennent le diabète, la sclérose en plaques, le lupus, l’épilepsie, le Parkinson, les tumeurs, les fausses couches, la stérilité, la fibromyalgie, la mort du nourrisson, l’Alzheimer… » Source : FDA (5)
    De plus, 80 % des plaintes faites à la FDA sur les additifs concernent l’aspartame, qui se retrouve aujourd’hui dans plus de 5000 produits dont les sodas light et non-light et les boissons pour sportifs, les gommes à mâcher, les desserts glacés, les cookies, les gâteaux, les vitamines, les boissons lactées, les thés instantanés, les cafés, yogourts, aliments pour bébés et de très nombreux autres ! Lisez les étiquettes de près et n’achetez pas tout ce qui contient de cet horrible tueur !
    Avec toutes ces morts et maladies, le comparse de la FDA, Arthur Hull, démissionne en butte à la corruption et il est immédiatement embauché par le cabinet des relations publiques de Searle en tant que consultant scientifique expert. Non, ce n’est pas une plaisanterie ! Monsanto, la FDA et de nombreuses agences de régulation de santé gouvernementales sont les mêmes personnes ! Il semble que la seule condition préalable pour devenir commissaire de la FDA est d’avoir passé du temps soit à Monsanto soit dans l’un des cartels pharmaceutiques du crime organisé.
    Années 90 : Monsanto dépense des millions pour mettre en échec la législation nationale et fédérale qui refuse à la société du Mal de continuer à déverser de la dioxine, des pesticides et autres poisons cancérigènes dans les réseaux d’approvisionnement en eau potable. Quoi qu’il en soit, ils vont au tribunal d’innombrables fois pour avoir rendu malades des ouvriers d’usine, les habitants des zones environnantes et entraîné des malformations congénitales chez les bébés.
    Avec leurs coffres remplis des milliards de bénéfices, débourser 100 millions de dollars de dommages et intérêts n’est pas cher payé pour faire des affaires et grâce à la FDA, au Congrès et à la Maison Blanche, les affaires restent très bonnes. Si bonnes que Monsanto est poursuivi en justice pour avoir donné du fer radioactif à 829 femmes enceintes lors d’une étude pour voir ce qui se passerait.
    En 1994, la FDA criminellement approuve encore une fois la toute dernière monstruosité de Monsanto, l’hormone de croissance bovine synthétique [qu’on injecte aux vaches pour augmenter leur production de lait], produite à partir de bactéries E. Coli génétiquement modifiées, malgré une communauté scientifique manifestement scandalisée par ses dangers. Bien sûr, Monsanto prétend que du lait rempli de pus, bourré d’antibiotiques et d’hormones est non seulement sain, mais en fait bon pour nous !
    Encore pire, les exploitations laitières qui refusent d’utiliser ce pus toxique pour leurs vaches et étiquettent leurs produits comme « sans hormone de croissance » font l’objet de poursuites judiciaires par Monsanto, affirmant que c’est une concurrence déloyale par rapport aux rivaux qui l’utilisent. Ce que dit Monsanto en essence, c’est « Ouais, nous savons que l’hormone de croissance rend les gens malades mais ce n’est pas correct d’avertir qu’elle ne se trouve pas dans vos produits« .
L’année suivante, la diabolique compagnie commence à fabriquer des céréales génétiquement modifiées tolérantes à leur herbicide toxique, le Roundup. De l’huile de colza, des graines de soja, du maïs et du coton BT, tous Roundup Ready, commencent à envahir le marché, annoncés comme étant des alternatives plus saines à leur concurrents biologiques sans OGM. La propagande a apparemment fonctionné car aujourd’hui plus de 80 % du colza du marché provient de leur variété d’OGM.
    Les quelques produits OGM que vous devez définitivement éviter dans votre alimentation sont le soja, le maïs, le blé et l’huile de colza, bien que plusieurs experts en santé « naturelle » prétendent que cette dernière soit une huile bonne pour la santé. Avec ses OGM, ce n’est pas le cas, mais vous la trouverez polluant de nombreux produits dans les rayons des épiceries. Comme ces céréales GM ont été créées pour « s’auto-polliniser« , elles n’ont pas besoin de la nature ou des abeilles. C’est comme d’avoir un rapport sexuel avec vous-même pour faire un bébé. Oui, Monsanto veut gâcher aussi ce plaisir. Mais toute plaisanterie à part, il existe un très sombre agenda à ce sujet et c’est d’exterminer mondialement la population d’abeilles.
    Monsanto sait que les oiseaux et surtout les abeilles perturbent leur monopole par leur capacité à polliniser les plantes, créant ainsi naturellement des aliments en dehors de l’agenda de domination totale de la compagnie. Quand les abeilles tentent de polliniser une plante ou une fleur GM, elle s’empoisonne et meurt. En fait l’effondrement des colonies d’abeilles est attesté et se produit depuis l’introduction des céréales GM.
    Pour contrer les accusations selon lesquelles ils auraient délibérément généré ce génocide en cours des abeilles, Monsanto rachète diaboliquement Beeologics, la plus grande firme de recherches sur les abeilles qui se consacrait à l’étude du phénomène d’effondrement des colonies et dont les recherches fouillées accusaient le monstre comme étant le premier coupable ! Et ensuite leur discours devient, « les abeilles, quelles abeilles ? Tout va pour le mieux ! » De nouveau je n’invente pas, à mon grand regret !
    Au milieu des années 90, ils décident de redorer leur société maléfique en se spécialisant dans le contrôle de l’approvisionnement mondial de nourriture par des moyens artificiels biotechnologiques pour empêcher la poule aux œufs d’or, le Roundup, de perdre des parts de marché face à des herbicides compétitifs moins toxiques. Vous voyez, le Roundup est si toxique qu’il extermine les céréales sans OGM, les insectes, les animaux, la santé humaine et l’environnemen tout à la fois. Vraiment très efficace ! [Lire à ce sujet cet article sur les études du Pr Séralini]
    Comme les cultures Roundup Ready sont conçues pour être de toxiques pesticides se faisant passer pour des aliments, elles ont été bannies de l’Union Européenne, mais pas en Amérique ! Existe-t-il un quelconque lien entre cela et le fait que les américains, malgré le coût élevé des soins de santé et les difficultés pour y accéder, sont collectivement les gens les plus malades dans le monde ? Bien sûr que non !
    Tel était le plan de Monsanto depuis le début, toutes les céréales ne venant pas de chez eux seraient détruites, obligeant les agriculteurs à n’utiliser que ses semences terminator. Et Monsanto s’est assuré que les agriculteurs qui refusaient d’entrer dans le circuit soient expulsés ou poursuivis en justice quand les graines terminator apportées par le vent empoisonnaient les terres cultivées en biologie.
    Ce qui a donné à la société un monopole virtuel car les semences terminator et le Roundup travaillent en collaboration et les cultures OGM ne peuvent survivre dans un environnement non-chimique, obligeant les agriculteurs à acheter les deux.
    L’étape suivante était de dépenser des milliards pour racheter mondialement autant de compagnies semencières que possible et les transformer en sociétés vendant des semences terminator dans le but d’éliminer les concurrents et de supprimer les aliments biologiques de la face de la terre. Selon Monsanto, toute l’alimentation doit être sous leur total contrôle et génétiquement modifiée, sinon elle n’est pas comestible !
    Ils font semblant d’être choqués par les critiques de la communauté scientifique remettant en question le fait que des céréales génétiquement modifiées à base de gènes d’animaux malades, (porcs, vaches, araignées, singes, poissons), et de vaccins et virus soient sains à consommer. La réponse à cette question est manifestement un très grand « jamais de la vie ! »
    On pourrait penser que la société est si fière de ses aliments GM qu’elle en sert à ses employés, mais ce n’est pas le cas. En fait, Monsanto a interdit de servir des aliments GM dans les cafétérias de ses propres employés. Réponse peu convaincante de Monsanto « Nous laissons la liberté de choix« . Il faut entendre, « nous ne voulons pas tuer notre personnel ».
    C’est tout à fait d’accord par contre de forcer les nations pauvres et les américains à consommer ces monstruosités modifiées comme moyen de mettre fin à la famine, il est sûr que les morts n’ont pas besoin de manger ! Je parie que dans l’esprit de la plupart des gens actuellement, Monsanto s’oriente clairement vers un eugénisme et un génocide, et pas de fournir des aliments qui nourrissent le monde. Comme dans la Belle au Bois Dormant de son coéquipier Disney, la méchante sorcière donne aux gens la pomme GM qui les fait dormir éternellement !
    Années 2000 : Monsanto contrôle désormais la plus grande part du marché mondial des OGM. Le gouvernement américain dépense de son côté des millions pour financer l’épandage aérien du Roundup, entraînant une dévastation environnementale massive. Poissons et animaux meurent par milliers les jours suivant les épandages pendant que le taux de maladies respiratoires et de morts par cancer flambe. Mais tout ceci n’étant considéré que comme une coïncidence exceptionnelle, les épandages se poursuivent donc. Si vous pensiez que la FDA et Monsanto sont les mêmes personnes, vous pouvez maintenant ajouter le gouvernement à cette liste déplorable.
    Le monstre continue à grossir : Monsanto fusionne avec Pharmacia & Upjohn, puis les sépare de son entreprise de chimie et se requalifie société agricole. Oui, c’est exact, une entreprise de produits chimiques dont les composants ont dévasté l’environnement, tué des millions de gens et la vie sauvage pendant des années veut nous faire croire aujourd’hui qu’elle produit des aliments sains et nutritifs qui ne décimeront plus les gens. C’est extrêmement difficile à vendre, c’est pourquoi ils continuent à grossir par le biais de fusions et de partenariats secrets.
    DuPont étant une corporation trop importante pour permettre une fusion, ils forment à la place un partenariat discret où chacun est d’accord pour laisser tomber les actions mutuelles en justice et commencer à partager les technologies d’OGM pour un bénéfice mutuel. Pour dire les choses simplement, ensemble ils seraient trop puissants et trop liés politiquement pour que rien ne les empêche de posséder un monopole virtuel sur l’agriculture ; « contrôlez la nourriture & vous contrôlez les peuples ! »
    Tout n’est pas rose quand même, car le monstre est régulièrement condamné à des amendes de 100 millions de dollars pour avoir causé des maladies, des malformations chez les enfants et des morts en déversant illégalement tout leur PCB dans les nappes phréatiques et en mentant continuellement sur la sécurité de ses produits – la routine, quoi, en quelque sorte.
    Le monstre s’acharne souvent et s’avère résistant à abattre, car il commence à déposer de futiles plaintes contre les agriculteurs qu’ils accusent de violer les brevets des semences terminator. Virtuellement dans tous les cas, des semences non voulues sont emportées par le vent sur les terres des agriculteurs par les exploitations voisines où sont semées des graines terminator. Non seulement ces terribles graines détruisent les cultures des agriculteurs, mais les procès les mènent à la faillite, pendant que la Cour suprême annule en première instance les règlements et se rallie à chaque fois à Monsanto.
    Le monstre commence en même temps à faire déposer des brevets pour des techniques d’élevage de porcs, affirmant que des animaux élevés plus ou moins selon leurs brevets leur en donnerait la possession. Ce dépôt de brevet est si vague qu’il est devenu évident qu’ils voulaient prétendre que tous les porcs élevés dans le monde enfreindraient leur brevet.
    Le terrorisme mondial s’étend à l’Inde, avec plus de 100.000 agriculteurs qui sont en faillite à cause de mauvaises récoltes, avec certains qui se suicident en buvant du Roundup pour que leurs familles puissent toucher une assurance-vie. Le monstre répond en tirant parti de la situation, en alertant les médias sur un nouveau projet d’assistance aux petits agriculteurs indiens qui consiste à offrir les choses-mêmes qui ont entraîné au départ des récoltes ratées dans le pays ! Le média Forbes nomme ensuite Monsanto « société de l’année » . Ignoble, mais vrai.
    Encore plus inquiétant est que Whole Foods [chaîne de distribution de produits], une corporation qui se qualifie comme biologique, naturelle et écologique, s’avère tout sauf cela. Ils refusent de soutenir la proposition 37, mesure d’étiquetage des OGM en Californie que Monsanto et ses copains OGM ont finalement aidé à mettre en échec.
    Pourquoi ? Parce que Whole Foods a « couché » longtemps avec Monsanto, garnissant secrètement ses rayons de cochonneries hors de prix, bourrées de pesticides, d’hormones de croissance bovine, et d’antibiotiques, qu’une publicité mensongère nommait « naturelles et biologiques ». Ils refusent donc bien sûr l’étiquetage obligatoire qui les feraient paraître comme « Whole Frauds » et « Whore Foods » [jeu de mots intraduisible, frauds signifiant mensonges et whore, putains, NdT], ce qu’ils sont en réalité !
    Quand cependant plus de 20 compagnies biotechnologiques dont WalMart, Pepsico et ConAgra ont rencontré la FDA  dans l’optique de lois d’étiquetage obligatoire, ceci après avoir combattu becs et ongles pour mettre la Proposition 37 en échec, Whole Foods voit une opportunité de sauver la face en devenant la première chaîne d’épicerie à annoncer un étiquetage obligatoire de leurs OGM…en 2018 ! Merci quand même. Putains.
    Et si on pense que ses confrères se sont soudainement achetés une conscience, réfléchissez à deux fois. Ils réagissent simplement au tollé public pour la mise en échec de la Proposition 37 en fabricant des lois trompeuses sur l’étiquetage des OGM pour contourner un changement réel, conservant ainsi un statu quo intact.
    S’ajoutant au massacre mondial, Monsanto et ses partenaires criminels, Archer Daniels Midland, Sodexo et Tyson Foods écrivent et sponsorisent la Loi sur la Modernisation de la Sécurité Alimentaire : HR 875. Cette « loi » criminelle donne à l’agriculture industrielle un monopole virtuel pour surveiller et contrôler toute la culture alimentaire partout, y compris dans les potagers privés, et délivrer de sévères pénalités et peines de prison pour ceux qui n’utilisent pas de produits chimiques et d’engrais. Le président Obama a décidé que cela semblait raisonnable et a donné son approbation.
    Avec cette loi, Monsanto proclame que seuls les aliments GM sont sains et biologiques et que les plantes des potagers répandant potentiellement des maladies, ils doivent donc disparaître pour la sécurité du monde. Si manger les saloperies de pesticides GM est leur vision d’une alimentation saine, j’aimerais penser que le reste du monde est assez intelligent pour s’en passer.
    Comme d’autres révélations sont tombées concernant ces réelles intentions du géant maléfique, Monsanto a concocté une loi ridicule, la HR 933, qu’Obama a signé machinalement en la faisant voter aussi. Cette loi déclare que quelle que soit la nocivité des cultures OGM de Monsanto et l’étendue des dévastations qu’elles infligent au pays, les tribunaux fédéraux américains ne peuvent empêcher nulle part la poursuite de leurs cultures quel que soit l’endroit choisi. Oui, Obama a signé une clause qui met Monsanto au-dessus des lois et les rend encore plus puissants que le gouvernement lui-même. On peut se poser la question de savoir qui est vraiment en charge du pays parce que ce n’est certainement pas le gouvernement !
    Puis arrive pourtant un point critique quand une corporation devient trop maléfique et qu’elle engendre une réaction ferme ! De nombreux pays continuent de faire des procès à Monsanto pour crimes contre l’humanité et a totalement interdit leurs produits, les invitant à « dégager et rester dehors ! »
    Le monde a commencé à prendre conscience que le monstre ne veut pas simplement un contrôle de la production mondiale au nom du profit. Non, il devient clair qu’après plus d’un siècle de mort et de destruction le but premier est de détruire la santé de l’humanité et de l’environnement, transformant le monde en un enfer sur terre mon-satanique !
    Une recherche sur le nom lui-même révèle une origine latine, ce qui signifie « mon saint », ce qui peut expliquer pourquoi les critiques en parlent comme de « Mon Satan ». Une version conspirationniste intéressante est que les franc-maçons et autres sociétés ésotériques ont attribué des nombres à chaque lettre de notre système d’alphabet basé sur le latin. Avec ce système numérologique, que donne Monsanto ? Mais voyons, 6-6-6, bien sûr !
    Sachez que tout n’est pas perdu. Le mal perd toujours à la fin une fois qu’il est exposé à la lumière de la vérité comme cela se passe maintenant. Le fait que le gouvernement mené par le bout du nez par Monsanto trouve nécessaire de promulguer une législation désespérée pour protéger celui qui le dirige réellement prouve ce point. Chassé de partout ailleurs, les États-Unis sont la dernière place de Monsanto, façon de parler.
    Même ici nombreux sont pourtant ceux qui ont commencé à riposter en manifestant et en rejetant les monstruosité OGM, choisissant de faire pousser leur nourriture et d’acheter aux paysans locaux plutôt que dans les chaînes d’épicerie commanditées par Monsanto.
    Les gens qui s’éveillent commencent aussi à se rendre compte qu’ils ont été trompés par des arnaqueurs et que les criminels du gouvernement fédéral ont été pervertis par trop de pouvoir, la mainmise et la cupidité, ce qui a engendré la création d’une bête monstrueuse incontrôlable.
    Et comme les gens votent contre en choisissant de ne pas acheter les poisons OGM, les branches de Monsatan sont peu à peu, lentement mais sûrement, tranchées, jusqu’à donner le dernier coup d’épée en plein dans son cœur de noirceur. C’est ce qui mettra fin pour de bon à son règne de terreur !

    Références:
    http://bestmeal.info/monsanto/company-history.shtml


     

    http://www.sourcewatch.org/index.php/Monsanto


     

    http://www.pfnh.org/article.php?id=65

     

    http://www.sante-nutrition.org/lhistoire-complete-de-monsanto-la-societe-la-plus-malefique-au-monde/

     


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    Pourquoi tous les gouvernements échouent à réduire la présence des pesticides

     Avec les pouvoirs exécutifs qui se succèdent au fil des décennies, rien n'avance en terme d’éthique environnementale. Politiquement, de gauche comme de droite l'écologie passe au second plan, après la politique économique. Qu'il s'agisse de l'imposture nucléaire, des énergies fossiles polluantes et dangereuses, de la pollution industrielle, automobile et des pesticides que l'on peut sans hésiter qualifier de pollution agricole, les écolo-politiques sont soit impuissants ou plus motivés par leurs intérêts personnels. Les changements positifs, n'en doutons pas, ne viendront pas de ceux-là ! 

     Des cris d'alarme sur l'état de la planète restent sans suite. C'est comme si l'espèce humaine allait délibérément vers un suicide généralisé. Pour cela, des justifications imbéciles sont avancées, comme par exemple les catastrophes naturelles contre lesquelles on ne peut pas lutter. Pourtant, il est raisonnable de croire que nous n'avons pas besoin d'en rajouter pour accélérer ces catastrophes dont personne n'est en mesure d'en prévoir l'ampleur. Quand je parle de suicide, c'est pratiquement le cas des agriculteurs qui sont les premières victimes de leurs poisons.

     Alors pour quand le réveil des consciences, avant qu'il soit trop tard.

     Gaulois.

     par Nolwenn Weiler 30 mars 2015

     http://www.bastamag.net/Pourquoi-la-consommation-de-pesticides-continue-a-augmenter

    Réduire de moitié l’usage des pesticides : telle est l’ambition affichée par les ministres de l’Agriculture depuis une décennie. Pourtant, le recours à ces produits toxiques et cancérogènes ne cesse d’augmenter. Malgré les discours sur « l’agriculture raisonnée », malgré la progression des cultures bio, malgré l’effort des consommateurs qui achètent de plus en plus de produits sans pesticides, malgré les résultats obtenus par plusieurs agriculteurs qui réduisent drastiquement le recours à la chimie… En cause : le poids de l’agro-business qui freine tout changement d’ampleur. Et l’absence de véritables sanctions contre les fraudeurs qui continuent d’utiliser des produits pourtant interdits. Enquête sur une aberratio

    En septembre 2008, le ministre de l’agriculture Michel Barnier présente au gouvernement le plan « Écophyto 2018 » [1]. Élaboré à la demande de Nicolas Sarkozy, dans la foulée du très consensuel Grenelle de l’environnement, le plan est ambitieux : outres la suppression des molécules les plus dangereuses (comme les néocotinoïdes), il prévoit de réduire de moitié l’usage des pesticides. Et Michel Barnier envisage « un nouveau modèle agricole » pour la France. Car le bilan de l’utilisation massive des pesticides commence à peser très lourd : pollutions généralisées des rivières, risque de cancers et de maladies neurologiques pour ceux qui les utilisent ou les ingurgitent, menace sur la biodiversité, les « produits phytosanitaires » sont la source de nombreux maux. Las, six ans et 361 millions d’euros plus tard – le budget du plan Ecophyto (formations d’agriculteurs, dispositif de surveillance...) –, rien n’a changé.

    Ou du moins, pas grand chose. L’un des seuls points positifs est la mise en place d’un indicateur, le nodu (pour NOmbres de Doses Unités), qui permet de quantifier la consommation de pesticides. Calculé à partir des données de vente des distributeurs de produits phytopharmaceutiques, le nodu a pour mission de « vérifier la diminution effective de l’utilisation des pesticides ». Mais ce qu’il a mis en évidence c’est… une augmentation de 5% par an de la consommation de produits phytosanitaires entre 2009 et 2013, avec un pic à 9,3% en 2013 ! Aujourd’hui comme hier, la France reste le premier consommateur de pesticides en Europe et le troisième au niveau mondial.

    Le poids du lobby agro-chimique

    Entièrement basé sur la bonne volonté, « le plan Écophyto a péché par idéalisme, en misant trop exclusivement sur une approche d’incitation au changement de pratiques », souligne le rapport du député PS de Meurthe et Moselle Dominique Potier, « Pesticides et agro-écologie, les champs du possible » [2]. Joël Labbé, sénateur EELV du Morbihan, est plus sévère : « L’objectif était de diminuer la consommation de phytos de 50%. Très bien. Et puis, au dernier moment, les lobbies agricoles ont fait ajouter un « si possible », qui a tout mis par terre [3] ». Pour Jean-Pierre Fonbaustier, agriculteur et membre de la Confédération paysanne, la raison principale de la faillite d’Écophyto est « toute simple » : « Les organismes économiques – coopératives et négoce – n’ont aucun intérêt à ce que le niveau de consommation de produits phytosanitaires se réduise. Il y a une très grosse responsabilité de la filière agricole. » 

     « Je ne parlerai pas d’échec, tempère de son côté Eric Thirouin, président de la commission environnement de la fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA). Le fait que les produits les plus dangereux aient été retirés du marché est pour nous un vrai progrès. Nous souhaitons toujours rendre l’objectif de réduction des pesticides possible, mais nous pensons que le nodu ne doit pas être le seul indicateur. On ne peut réduire l’usage sans se soucier des impacts. Et en prenant des précautions, on peut réduire les impacts. » Quel genre de précautions ? Des bidons avec seringues standardisées pour qu’il n’y ait pas de contacts avec le produit au moment de l’application, des buses de précisions pour les pulvérisateurs, des applications électroniques pour mieux gérer les informations météo, etc. « Ces outils de précisions ne réduisent les usages qu’à la marge, et ils maintiennent notre agriculture dans un système très dépendant des pesticides », répond François Veillerette de Générations futures, une ONG engagée dans la lutte contre les pesticides.

    Le blé et le colza très gourmands en pesticides

    « Si le nodu ne diminue pas, c’est aussi à cause du marché, estime Dominique Potier. Le prix d’achat élevé des céréales et des oléagineux encourage le rendement à tout va. Il y a aussi une responsabilité de la PAC puisqu’on a un système d’aides publiques qui favorise davantage la production céréalière que les systèmes de polyculture et d’élevage. » Or, les grandes cultures, notamment le blé et le colza, consomment environ 70% du total des pesticides épandus en France. Arrive ensuite la viticulture, qui absorbe 20% du total. « Dans les grandes cultures, c’est la course perpétuelle aux nouveaux produits phytos », détaille Jean-Pierre Fonbaustier, lui même producteur céréalier.

    « Si on est en monoculture de blé, la pression des maladies est chaque année plus forte puisque les ravageurs s’habituent aux produits et développent des résistances. » Faire tourner les cultures sur une même parcelles, faire des rotations, permet d’éviter ce cercle infernale, en ayant un système agronomique plus robuste. « Mais pour le négoce et les coops, c’est plus simple d’avoir à gérer deux ou trois cultures plutôt que cinq ou six, estime Jean-Pierre le producteur. La taille des coopératives fait partie du problème. Elles ne sont pas dans une logique agronomique et paysanne. »

    Changer de modèle : une nécessité

     « Écophyto a échoué parce que notre agriculture est restée dans des pratiques et des logiques productivistes et agrochimiques », martèle Joël Labbé. La réduction de l’usage de pesticides n’ira pas sans une reconfiguration des systèmes agricoles. « Il faut sortir du modèle unique d’augmentation de la productivité à l’hectare », dit Jean-Pierre Fonbastier. « On n’est pas obligé de se fier au seul rendement, voire à la seule marge, pour évaluer la réussite de sa ferme, ajoute Bertrand Omon, ingénieur agronome et membre du réseau Écophyto. On peut aussi s’intéresser à sa santé ou à l’impact sur l’environnement. »  Des indicateurs qui ne sont pas pris en compte par le marché... Faire fi du rendement maximum, est-ce la solution ? Oui, si l’on en croit Eric Odienne, agriculteur dans l’Eure. Avec son épouse, Annick Bril, ils sont engagés depuis une dizaine d’années dans la réduction d’intrants sur leurs parcelles céréalières. Ils admettent produire 8 à 10 quintaux de blé en moins, chaque année, que leurs collègues. « Mais avec les économies réalisées en engrais et en pesticides, on retombe sur nos pieds côté revenu. »

    Pour arriver à de tels résultats, Eric et Annick ont progressivement modifié leur façon de travailler. Contrairement à ses collègues restés en « conventionnel raisonné », Eric arpente souvent ses champs à pieds, et sans pulvérisateur, pour observer ce qui se passe, et tâcher de comprendre. En ce début de printemps, il évalue le degré « d’invasion » des charançons. Ce petit coléoptère peut provoquer de sacrés dégâts au niveau des tiges. « On surveille les parcelles avec des cuvettes jaunes [une couleur qui attire les insectes, ndlr] placées au-dessus de la végétation à divers endroits. » Certains conseillers agricoles préconisent de traiter dès qu’on en aperçoit deux ou trois dans les cuvettes. Mais tant qu’il n’en trouve pas au moins une vingtaine, Eric Odienne n’intervient pas. « Je prends ce risque. Et la plupart du temps, il ne se passe rien. La difficulté, évidemment, c’est d’apprécier le risque. » C’est aussi tout l’intérêt du métier.

    60% de pesticides en moins !

    Cinq à six fois par an, Eric et Annick échangent avec un groupe d’agriculteurs engagés dans une même démarche. Il s’agit d’un groupe « Déphy ». Mis en place en 2009, dans le cadre d’Ecophyto, « Déphy » est un réseau de fermes dont la mission est de démontrer qu’il est possible de réduire sa consommation de pesticides sans que les fermes ne sombrent. Rotation des cultures, décalage des dates de semis, réduction des labours... Les 187 groupes qui se sont constitués à travers la France ont expérimenté diverses techniques et méthodes de travail, avec des résultats souvent excellents. Dans le groupe dont Eric Odienne et Annick Bril font partie, les agriculteurs utilisent entre 40 et 60 % de phytos en moins que leurs voisins !

    La plupart d’entre eux en sont très contents, et continuent à chercher des solutions pour réduire encore leurs consommations d’intrants. « Ils sont par contre très déçus de constater que le changement ne se fait que chez eux, que cela n’inspire pas le modèle dominant », relève l’ingénieur agronome Bertrand Omon. « Michel Barnier en son temps avait parlé de changement de paradigme. Et bien ce changement n’a pas eu lieu. Il y a des questions qu’on ne se pose jamais. La France exportatrice, par exemple, c’est un postulat. C’est une question qui ne fait pas débat. C’est dommage. Pourquoi ne peut-on pas envisager de produire un peu moins ? »

    Le bio, un gisement d’économie de chimie

    « Notre obsession, ce n’est pas de produire au maximum, nous recherchons un équilibre sur nos fermes », décrit Stéphanie Pageot, agricultrice et présidente de la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab). En 2008, les discours post-Grenelle promettaient 20 % de la surface agricole utile (SAU) en bio pour 2020. Soit une multiplication par dix du nombre d’hectares cultivés avec zéro pesticide. A cinq ans de l’échéance, on en est très loin. « En sept ans, la SAU bio n’a même pas doublé, soupire Stéphanie Pageot. Nous sommes passés de 2,5 à 4%. » Défauts de formation, manque de structuration des filières, difficultés d’accès au foncier pour les jeunes non issus du milieu agricole, manque de soutiens publics … : diverses raisons sont invoquées pour expliquer cet échec. Pourtant, une partie des consommateurs joue le jeu : en dix ans le chiffre d’affaires du marché des produits bio a été multiplié par trois, dépassant les 4,5 milliards d’euros.

    « Il faut absolument que des surfaces de grandes cultures se convertissent au bio, insiste-t-elle. La multitude de petits projets qui émergent, bien que nécessaire, ne suffira pas ! » Avec seulement 1,7% des surfaces engagées dans la bio, il est vrai que le potentiel de progression est important. « Nous avons aussi besoin que les crédits alloués à la recherche augmentent. » Plutôt que d’étudier le génome, l’Inra (Institut national de recherche agronomique) pourrait se mettre à l’agronomie, suggère-t-on dans les campagnes... Selon Stéphanie Pageot, la solution au financement de cette politique est toute trouvée : « Il suffit de taxer les phytos ! »

    Taxer davantage les pesticides ?

    Il existe actuellement une taxation spécifique sur les phytosanitaires : la redevance pour pollutions diffuses. Prélevée sur l’achat de certains produits, elle rapporte environ 100 millions d’euros par an. Son poids dans l’équilibre économique des exploitations est faible. Elle pèse pour environ 3, 5% des dépenses de phytosanitaires et représente environ 0,18% du chiffre d’affaire [4]. Pour 2015, la taxe a été légèrement augmentée. Elle fera rentrer 30 millions d’euros de plus dans les caisses de l’État.

    « Il faut arrêter d’ajouter des taxes », proteste Eric Thirouin, de la FNSEA. Côté distribution, on s’indigne aussi de la proposition de l’actuel ministre de l’Agriculture Stéphane le Foll d’imposer des sanctions financières en cas de non atteinte des objectifs de réduction. « Les distributeurs n’acceptent pas d’être seuls à supporter la responsabilité financière de l’atteinte d’un objectif disproportionné dont ils sont loin de détenir toutes les clés », proteste un communiqué commun de Coop de France et de la fédération nationale du négoce agricole (FNA).

    Pesticides interdits : les fraudeurs impunis

    Taper aux portefeuilles serait la solution selon l’écologiste François Veillerette : « Si on veut que les comportements changent enfin, il faut soumettre ceux qui ne jouent pas le jeu à des redevances importantes. » Il préconise de fixer auparavant « des objectifs de réduction par culture ». Qu’en pense le ministère ? Difficile de savoir. Malgré diverses sollicitations, Basta ! n’a pu avoir personne en ligne. Et le discours officiel manque un peu de clarté. Quel est le lien logique entre la promotion de l’agro-écologie et les facilitations administratives offertes sur un plateau aux éleveurs de cochons souhaitant agrandir leurs exploitations ? Sans parler des menaces de diminution des aides publiques à la bio, annulées in extrémis à la mi-mars.

    Ceux qui enfreignent la loi en matière de vente et de consommation de pesticides, sont-ils sanctionnés ? Les contrôles effectués en 2012 et 2013 chez les distributeurs ont révélé un taux de non conformité de 60%. La première cause de non conformité est la détention ou la vente de produits interdits. D’autres tests sont effectués sur des produits agricoles en post-récolte pour vérifier le respect des limites maximale de résidus (LMR) et d’éventuelles substances bannies par la loi. 80% des anomalies repérées lors de ces contrôles concernent des substances interdites. Mais seulement 20% de ces « anomalies » sont sanctionnées par un PV, comptabilise le rapport parlementaire. « Les Procureurs considèrent souvent que d’autres priorités s’imposent à eux et ils classent de nombreux dossiers ou utilisent souvent un simple rappel à la loi », remarque la récente mission parlementaire. Bref : les coupables ne sont quasiment jamais sanctionnés, voire à peine inquiétés, même quand ils sont pris en flagrant délit.

    Poisons en liberté

    N’oublions pas, termine François Veillerette, que les produits dont nous parlons sont mis en cause pour leurs graves effets sanitaires par de nombreuses études scientifiques. Plusieurs d’entre eux sont des perturbateurs endocriniens [5] » Un bilan de ces études réalisé en 2013 par le très officiel Inserm, à la demande du ministère de la Santé, a reconnu les conséquences désastreuses pour la santé de la chimie agricole : cancers, maladies neurologiques et troubles de la reproduction. Les agriculteurs et leurs familles en sont les premières victimes. Une association des agriculteurs victimes de pesticides, Phyto-victimes, s’est constituée il y a quelques années. Mais ils ont de grandes difficultés à être entendus.

    Il y a quelques jours, plusieurs pesticides ont été classés cancérogènes « probables » ou « possibles » par le Centre international de recherches sur le cancer (Circ). Parmi eux, le célèbre round up, désherbant le plus utilisé en France (lire notre article). Ce classement est « un signal qui doit nous alerter », assure la ministre de la Santé, Marisol Touraine. A propos du round up, elle évoque la « vigilance » du gouvernement avant de renvoyer vers « une évaluation européenne chargée d’évaluer la toxicité du produit ». Précisons qu’une équipe de scientifiques français avait mis en évidence le caractère cancérigène du produit dès 2002 ! La « vigilance » des politiques prend son temps. En attendant, les ventes de pesticides prospèrent. En 2013, le chiffre d’affaire du secteur s’élève à 2,1 milliards d’euros [6].

     Nolwenn Weiler

     Photo : CC gonzales2010

     Notes

     

    [1] Pour consulter le plan (à télécharger).

     

     

    [3] A propos du lobby des pesticides, lire cette analyse du journaliste Fabrice Nicolino, publiée dans la revue Silence.

     

    [4] Source : rapport CGAAER-CGEDD-IGF de juillet 2013 sur la fiscalité des produits phytosanitaires.

     

    [5] Au sujet des perturbateurs endocriniens, lire le dernier ouvrage de Marine Jobert et François Veillerette « Perturbateurs endocriniens, la menace invisible ».

     

    [6] Source : Union des industries de protection des plantes (UIPP), publication Protéger les plantes, c’est protéger l’avenir.

     

     

     


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  • Quand les adultes polluent, les enfants nettoient !

    Vous pouvez polluer tant que vous voulez, puisque vous êtes assurés que les enfants feront le nettoyage de votre m.... derrière vous.
    Il n'est pas acceptable, sous couvert de responsabilisation des enfants, que ces derniers soient mis à contribution pour débarrasser la nature des déchets polluants. Avec la complicité des élus locaux, les enfants sont affublés de chasubles aux couleurs des super-marchés Leclerc qui se font une publicité gratuite nauséabonde et inacceptable en totale contradiction avec les produits souvent douteux qu'ils vendent.
    Il serait plus judicieux, lors de sorties nature des scolaires, de seulement leur montrer les tableaux affligeants qui défigurent nos forêts et notre
    environnement. Les élus et services des forêts ayant un peu de conscience à la place du petit pois qui leur sert de cerveau, pourraient prendre des photos et les placarder en porte de mairie et pourquoi pas dans les classes d'écoles. Les instituteurs pourraient alors, en cours d' instruction civique, sensibiliser leurs élèves. Le nettoyage des forêts devrait être assuré exclusivement par des personnes habilitées et rémunérées par les collectivités locales, puis les coûts  répercutés sur les impôts locaux. Vous trouvez que l'on paie déjà trop d'impôts ? Soit, mais il faut savoir ce que l'on veut.

    Gaulois.         


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  • Amendes et dépôts sauvages

    Ce conseil municipal est à côté du problème. Il suffit de sillonner nos belles campagnes françaises pour en être convaincus. La grande majorité des containers débordent, avec en prime des dépôts parfois importants autours. Qui peut affirmer que de voir ces dépôts sauvages est agréable. Mais qui se pose réellement la question de savoir pourquoi de tels amoncellements devant les containers. C'est pourtant criant de vérité. Comme je l'ai déjà exprimé ici : http://libre-infos.eklablog.com/-a47111355
    Les élus se focalisent sur des soi-disant incivilités, pendant que les sociétés de ramassage ramassent de moins en moins, à la recherche de toujours plus de profit.

    Il faut le répéter sans cesse, face aux défaillances de ramassage, il est préférable de voir s'entasser ces ordures aux points de collecte plutôt que, excédés, les usagers les jettent en pleine nature. Quand les sociétés de ramassage seront-elles mises à l'amende pour défaut de ramassage ? Il est pourtant bien facile de comprendre que le ramassage insuffisant entraîne des bénéfices pour la société qui, si elle est sollicitée pour augmenter ses rotations, fait monter les enchères et bien entendu ses bénéfices au détriment de l'usager payeur. CQFD.

    Gaulois.

     

     

     

     

     


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  • Comment les cubains ont converti leur île au bio

    Si Cuba est considéré comme une dictature par les uns. Ou une démocratie par les autres, il n'en reste pas moins vrai que ce petit pays ne s'en sort pas si mal.

    Si à Cuba c'est possible, pourquoi pas ailleurs.

    Gaulois.
    http://www.kaizen-magazine.com/comment-les-cubains-ont-converti-leur-ile-au-bio/

    le 16 juillet 2014

    Les écologistes du monde en entier en rêvent, les Cubains l’ont réalisé. Depuis plus de vingt ans, l’île s’est convertie à l’agriculture biologique. Nécessité, possibilité et volonté ont été les clés de cette success story !

    1989. Chute du Mur de Berlin. Deux ans plus tard, effondrement du bloc soviétique. Cuba perd alors son principal fournisseur de pétrole, de matériel agricole, d’engrais chimiques et autres pesticides. Avec la disparition de l’URSS et des anciens pays de l’Est, qui achetaient ses produits à prix constants, l’île perd aussi des marchés juteux, notamment celui du sucre, dont elle exportait 85% de sa production. Tous les ingrédients sont réunis pour que le pays plonge dans le chaos. D’autant que le blocus américain se resserre. Pour Cuba, c’est le début d’une nouvelle ère, de cette « période spéciale en temps de paix » annoncée en 1992 par Fidel Castro et qui durera cinq ans, autrement dit une période de grave crise économique : le produit intérieur brut (PIB) chute de 35 %, le commerce extérieur de 75%, le pouvoir d’achat de 50% et la population souffre de malnutrition.
    « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait » (Marc Twain)
    Nécessité fait loi. Afin de satisfaire ses besoins alimentaires, la population se lance dans la culture de fruits et légumes. « Les Cubains avaient faim, explique Nils Aguilar, réalisateur du film Cultures en transition. Ce sont eux qui ont fait les premiers  pas en occupant les terres dans un mouvement spontané ». Des milliers de jardins, « organoponicos », fleurissent sur des petits lopins de terre, sur les terrasses, entre les maisons, sur d’anciennes décharges, au milieu des terrains vagues, bref dans le moindre interstice laissé vacant. Outre la culture, on y pratique souvent l’élevage de petits animaux : poules, lapins, canards, cochons. « Les principaux acteurs du mouvement agro-écologique, ce sont les paysans eux-mêmes, affirme Dorian Felix, agronome, spécialisé dans l’agroécologie tropicale, en mission à Cuba pour l’association Terre et Humanisme. Ils ont expérimenté ces pratiques, les ont validées et diffusées. Leur mobilisation et celle de la société civile tout entière a été, et reste, très importante. »
    Le boom de l’agriculture urbaine
    Dans la foulée, le gouvernement entame une transition forcée. Produire de la nourriture devient une question de sécurité nationale. A partir des années 1990, l’accent est mis sur la production locale, à partir de ressources locales, pour la consommation locale. L’Etat distribue des terrains à qui veut les cultiver et développe une agriculture vivrière et biologique de proximité : sans pétrole pour faire fonctionner les tracteurs, on recourt à la traction animale ; sans engrais chimiques ni pesticides, on redécouvre le compost, les insecticides naturels et la lutte biologique.
    « C’est une véritable révolution verte, confirme Nils Aguilar. Dans ce pays, tout le monde est impliqué, j’ai eu la surprise d’entendre un chauffeur de taxi me vanter les prouesses de l’agroécologie ! Cuba développe une agriculture post-industrielle et prouve que ces techniques peuvent nourrir les populations ». Aujourd’hui, la main-d’œuvre agricole a été multipliée par dix. D’anciens militaires, fonctionnaires et employés se sont convertis ou reconvertis à l’agriculture, car nombre d’entre eux avaient été paysans auparavant. Chaque école cultive son potager, les administrations ont leur propre jardin, fournissant les légumes aux cantines des employés.
    Phénomène sans précédent, l’agriculture urbaine s’est développée comme nulle part ailleurs dans le monde. L’île compte près de 400 000 exploitations agricoles urbaines, qui couvrent quelque 70 000 hectares de terres jusqu’alors inutilisées et produisent plus de 1,5 millions de tonnes de légumes. La Havane est à même de fournir 50% de fruits et légumes bios à ses 2 200 000 habitants, le reste étant assuré par les coopératives de la périphérie.
    Révolution verte à la cubaine
    En 1994, les fermes d’Etat productivistes sont progressivement transformées en coopératives pour fournir en aliments les hôpitaux, écoles, jardins d’enfants. Quant au reliquat de la production, il est vendu librement sur les marchés. Universitaires, chercheurs, agronomes sont mis à contribution pour diffuser les techniques de l’agroécologie. Un réseau de boutiques vend semences et outils de jardinage à bas prix, prodiguant également aux clients des conseils d’experts. Et dans toutes les villes du pays, on enseigne l’agriculture biologique par la pratique, sur le terrain. Bien plus qu’un simple transfert de connaissances technologiques, il s’agit de « produire en apprenant, d’enseigner en produisant et d’apprendre en enseignant. »
    L’impact de cette révolution verte est multiple : réduction de la contamination des sols, de l’air et de l’eau, recyclage des déchets, augmentation de la biodiversité, diversification des productions, amélioration de la sécurité alimentaire, du niveau de vie et de la santé, création d’emplois – notamment pour les femmes, les jeunes et les retraités. C’est aussi une politique moins centralisée qui s’est mise en place, donnant davantage de marge de manœuvre aux initiatives individuelles et collectives autogérées. Le mot d’ordre dominant : « Décentraliser sans perdre le contrôle, centraliser sans tuer l’initiative ». Dans les villes, ce principe a permis de promouvoir la production dans le quartier, par le quartier, pour le quartier, en encourageant la participation de milliers de personnes désireuses de rejoindre l’initiative.
    Aujourd’hui, Cuba produit pour sa consommation plus de 70% de fruits et légumes, ce qui ne lui garantit pas une totale autonomie alimentaire, dans la mesure où elle dépend encore des importations de riz et de viande, notamment. Mais, selon les critères de l’ONU, « le pays a un indice de développement humain élevé et une faible empreinte écologique sur la planète ». Si demain les importations de nourriture devaient s’arrêter, les habitants seraient beaucoup moins en péril que ceux d’un pays comme la France, qui dispose seulement de quelques jours de réserves dans ses supermarchés (d’après le Ceser – Conseil économique, social et environnemental Ile-de-France -, la région dispose de quatre jours de réserves alimentaires).
    Il aura fallu une crise pour que Cuba découvre les vertus de l’agroécologie, de la permaculture, de l’agroforesterie ou encore du sylvopastoralisme. L’île a-t-elle réussi pour autant sa transition énergétique ? En partie seulement. La consommation de pétrole a redémarré en 1993 grâce à (ou à cause de ?) la production nationale et à l’aide du Venezuela qui lui fournit près de 110 000 barils de pétrole par jour. Mais on peut parier que le pays ne pourra plus faire machine arrière. Car au-delà de la révolution agricole, les initiatives individuelles et collectives ont prouvé que les Cubains pouvaient prendre en main leur destin. Une véritable révolution culturelle !
    Par Frédérique Basset
    Texte extrait du dossier “Plus forts ensemble” de Kaizen 11.


    Le paradoxe de l’agriculture cubaine

     

    http://cubanismo.net/cms/fr/articles/le-paradoxe-de-l-agriculture-cubaine

    Posted 5 juillet 2012 by cubanismo

    Miguel A. Altieri en Fernando R. Funes-Monzote


    Dans l'hebdomadaire progressiste Américaine Monthly Review, qui a une tradition de plus de
    60 ans, apparût, début de l'année, une profonde analyse sur l’agriculture cubaine. Pas quelque chose
    a lire de suite, mais de la lecture de vacance conseillée!
    Miguel A. Altieri (agroeco3@berkeley.edu) est professeur d’agroécologie à l’Université de
    Californie, à Berkeley, et président de la Société scientifique latino-américaine d’agroécologie
    (SOCLA). Il est également l’auteur de plus de 250 articles de revue et de douze livres. Fernando R.
    Funes-Monzote (mgahonam [at] enet.cu) occupe actuellement le poste de chercheur pour la station
    expérimentale Indio Hatuey, à l’Université de Matanzas, à Cuba. Il est l’un des membres fondateurs
    de l’Association cubaine d’agriculture biologique.
    Lorsqu’au début des années ’90, après l’effondrement du bloc soviétique, Cuba perd son principal
    partenaire commercial, la production alimentaire dégringole en raison de la chute des importations
    de fertilisants, pesticides, tracteurs, pièces détachées et pétrole. La situation est à ce point
    catastrophique que Cuba enregistre le taux de croissance de la production alimentaire par habitant le
    plus bas de toute l’Amérique latine et des Caraïbes. Mais très vite, l’île va réorienter son agriculture
    de manière à être moins dépendante des importations de produits chimiques synthétiques, et va ainsi
    développer l’agriculture écologique.1 Le succès de cette reconversion est à ce point fulgurant que
    Cuba enregistre alors le meilleur score en matière de production alimentaire dans toute l’Amérique
    latine et les Caraïbes, soit un taux de croissance annuel de 4,2 pour cent par habitant de 1996 à
    2005, contre un taux moyen de 0 pour cent dans le reste de la région.2
    Cette reprise de la production est due à l’adoption depuis le début des années ’90 d’une série de
    politiques de décentralisation agricole qui encouragent des formes de production à la fois
    individuelles et sous forme de coopératives : les unités de base de production en coopératives
    (UBPC) et les coopératives de crédits et services (CCS). Récemment, le ministère de l’Agriculture a
    annoncé le démantèlement de toutes « les sociétés d’État non performantes », l’octroi de subsides
    pour la création de 2.600 nouvelles petites exploitations agricoles urbaines et périurbaines et la
    cession de droits d’utilisation (en usufruit) pour la plupart des 3 millions d’hectares de terres
    publiques inutilisées. C’est dans ce cadre que seront prises les mesures relatives à l’utilisation des
    ressources et mises en place les stratégies de production alimentaire et de commercialisation au
    niveau municipal. De leur côté, le gouvernement central et les sociétés d’État apporteront leur
    soutien aux agriculteurs via la distribution des matières et services dont ils ont besoin.3
    Durant le milieu des années ’90, près de 78.000 exploitations agricoles sont données en usufruit à
    des particuliers et des personnes morales. Aujourd’hui, plus de 100.000 exploitations agricoles ont
    été distribuées, pour un total de plus d’un million d’hectares. Ces exploitants agricoles sont affiliés
    aux CCS sur base du modèle de production « campesino ». Quant au gouvernement, il penche en ce
    moment sur un moyen d’accélérer le traitement du nombre record de demandes.4
    Le programme de redistribution des terres est basé sur de solides systèmes de recherche et
    développement qui ont joué un rôle clé dans l’expansion de l’agriculture urbaine biologique, la
    production artisanale massive et l’utilisation de matières biologiques pour les sols et la lutte contre
    les parasites. L’ouverture de marchés agricoles locaux et la présence d’organisations puissantes qui
    soutiennent les agriculteurs, comme l’Association nationale des petits agriculteurs (ANAP,
    Asociación Nacional de Agricultores Pequeños), l’Association cubaine de production animale
    (ACPA, Asociación Cubana de Producción Animal) et l’Association cubaine des techniciens
    agricoles et forestiers (ACTAF, Asociación Cubana de Técnicos Agrícolas y Forestales), ont
    également contribué à ce succès.
    Toutefois, les changements les plus importants qui ont permis le rétablissement de la souveraineté
    alimentaire à Cuba ont probablement eu lieu dans le secteur de l’agriculture paysanne qui, en
    2006, alors qu’il ne couvre que 25 pour cent des terres agricoles, a produit plus de 65 pour cent de
    l’alimentation du pays.5 La plupart des paysans sont affiliés à l’ANAP et pratiquement tous font
    partie de coopératives. Si la production de légumes assurée par ces paysans diminue
    considérablement entre 1988 et 1994, elle va reprendre pour atteindre en 2007 des niveaux
    supérieurs à ceux de 1988 (voir tableau 1). Cette hausse de la production a lieu alors qu’on a utilisé
    72 pour cent de produits chimiques en moins par rapport à 1988. On observe un scénario similaire
    pour d’autres produits agricoles, comme les haricots, racines et tubercules.
    Cuba enregistre d’excellentes performances en agriculture urbaine. L’île compte 383.000
    exploitations agricoles urbaines, qui couvrent 50.000 hectares de terres inutilisées et produisent plus
    de 1,5 million de tonnes de légumes. Certaines de ces exploitations agricoles urbaines atteignent
    même un rendement de 20 kg/m2 par an de matières végétales comestibles sans recours aux
    produits chimiques synthétiques, ce qui équivaut à cent tonnes par hectare. Les exploitations
    agricoles urbaines fournissent 70 pour cent, ou plus, de tous les légumes frais consommés dans des
    villes comme La Havane et Villa Clara.
    Tableau 1.
    Changements au niveau de la production végétale et de l’emploi de produits agrochimiques
    Culture % changement production % changement emploi de produits agrochimiques
    1988 à 1994 1988 à 2007 1988 à 2007
    Légumes en général -65 +145 -72
    Haricots -77 +351 -55
    Racines et tubercules -42 +145 -85
    Source : Peter Rosset, Braulio Machín-Sosa, Adilén M. Roque-Jaime, and Dana R. Avila-Lozano,
    “The Campesino-to-Campesino Agroecology Movement of ANAP in Cuba,” Journal of Peasant
    Studies 38 (2011): 161-91.
    Partout dans le monde, et en particulier en Amérique latine, les taux de production agroécologique
    de l’île, les efforts de recherche communs et les systèmes d’organisation innovants ont suscité un
    vif intérêt. Aucun autre pays au monde n’a atteint de telles performances avec une forme
    d’agriculture basée sur la biodiversité, la réduction des kilomètres alimentaires et de la
    consommation énergétique, et un bouclage efficace de la production locale et des cycles de
    consommation. Pourtant, certains parlent du « paradoxe de l’agriculture cubaine ». Autrement dit, si
    les progrès agroécologiques à Cuba sont si importants, pourquoi le pays continue-t-il d’importer des
    quantités considérables d’aliments ? Si les méthodes de contrôle biologiques efficaces sont
    largement répandues, pourquoi le gouvernement autorise-t-il les cultures transgéniques Bt qui
    produisent leur propre insecticide à partir d’un gène dérivé de bactéries?
    L’article de Dennis Avery, membre du Centre des enjeux alimentaires mondiaux au Hudson
    Institute, intitulé “Cubans Starve on Diet of Lies”, alimente le débat sur ce paradoxe: Les Cubains
    racontent au monde qu’ils ont glorieusement appris à produire eux-mêmes leur nourriture sans
    pétrole ni produits chimiques après la disparition des subsides soviétiques au début des années ‘90.
    Ils vantent leurs « coopératives paysannes », leurs biopesticides et leurs engrais biologiques. Ils
    applaudissent les cultures de vers et les guêpes parasites lâchées sur les chenilles destructrices. Ils
    glorifient leurs attelages de boeufs courageux entraînés pour remplacer les tracteurs. Partout dans le
    monde, les défenseurs de l’agriculture biologique se pâment d’admiration. Pourtant, notre attaché à
    La Havane nous informe qu’un haut fonctionnaire du ministère de l’Agriculture a déclaré dans la
    presse cubaine que 84 pour cent des aliments sont importés. L’exploit de l’agriculture biologique
    était un pur mensonge.6
    Avery recourt à cette désinformation pour promouvoir une campagne de discrédit menée contre les
    auteurs qui analysent et nous informent sur les exploits héroïques du peuple cubain dans le domaine
    de l’agriculture, accusant ces scientifiques d’être des menteurs communistes.
    La vérité sur les importations alimentaires à Cuba
    Avery fait référence aux propos de Magalys Calvo, à l’époque vice-ministre de l’Économie et
    ministre de la Planification, qui déclarait en février 2007 que 84 pour cent des produits composant «
    le panier alimentaire de base » étaient importés à l’époque. Or, ce chiffre se rapporte uniquement
    aux aliments distribués via les réseaux gouvernementaux au moyen de la carte de rationnement. Les
    chiffres généraux montrent au contraire que la dépendance de Cuba aux importations alimentaires
    enregistre une baisse continue depuis plusieurs années, à l’exception de brèves périodes de revers
    dues aux catastrophes humaines et naturelles. Les données relatives à la dépendance de Cuba aux
    importations alimentaires (voir graphique n°1) montrent que cette dépendance n’a cessé de baisser
    entre 1980 et 1997, excepté un pic au début des années ’90 suite à l’effondrement des relations
    commerciales avec l’ancien bloc socialiste.7
    Graphique 1. Dépendance de Cuba aux importations alimentaires, 1980–1997
    Source: José Alvarez, The Issue of Food Security in Cuba, University of Florida Extension Report
    FE483, téléchargé le 20 juillet 2011 sur http://edis.ifas.ufl.edu/pdffiles/FE/FE48300.pdf.
    Le graphique n°2 ci-dessous indique toutefois de manière beaucoup plus nuancée quels sont les
    points forts et les points faibles de l’agriculture cubaine après une décennie de développement des
    techniques d’agriculture écologique. Des progrès fructueux ont indéniablement été accomplis en
    matière de culture de racines comestibles (aliment de base de la cuisine cubaine), sucre et
    édulcorants, légumes, fruits, oeufs et fruits de mer. La viande constitue un cas intermédiaire, tandis
    que d’importantes quantités d’huile de cuisson, céréales et légumineuses (en particulier le riz, le blé
    destiné à la consommation humaine, le maïs et le soja destiné au bétail) continuent d’être importées.
    Ceci vaut également pour le lait en poudre qui n’est pas représenté sur le graphique. Or, le taux de
    dépendance aux importations s’élève au total à un peu plus de 16 pour cent —assez ironiquement ce
    chiffre est exactement l’inverse des 84 pour cent cités par Avery. Il convient également de souligner
    que dans toute l’Amérique latine et les Caraïbes, on compte vingt-trois pays exportateurs nets de
    denrées alimentaires.8
    Graphique n°2. Taux de dépendance pour produits alimentaires sélectionnés, 2003
    Source: Calculated from FAO Commodity Balances, Cuba, 2003, http://faostat.fao.org.
    Le débat sur la dépendance alimentaire fait rage à Cuba. Cette dépendance s’est intensifiée dans les
    années 2000 lorsque les importations depuis les États-Unis ont augmenté et que les ouragans ont
    dévasté l’agriculture du pays. Lorsqu’en 2008, l’île est touchée consécutivement par trois ouragans
    particulièrement dévastateurs, Cuba doit alors pour satisfaire les besoins de sa population importer
    55 pour cent de nourriture, ce qui revient approximativement à 2,8 milliards de dollars. Une crise
    mondiale des prix alimentaires éclate et entraîne une hausse des prix qui pousse le gouvernement à
    développer et assurer l’autosuffisance alimentaire de l’île. Que ce soit via les importations ou via
    une production propre, force est de reconnaître que Cuba a toujours été en mesure de répondre
    adéquatement aux besoins alimentaires de sa population.
    Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et Agriculture (FAO), en 2007 (derniers
    chiffres disponibles) à Cuba, l’apport énergétique alimentaire journalier par habitant s’élevait en
    moyenne à plus de 3.200 kcal, soit le taux le plus élevé de toute l’Amérique latine et des Caraïbes.9
    Les différents modèles : l’agroécologie opposée à l’agriculture industrielle
    Dans ces circonstances, les efforts des paysans de l’ANAP pour réduire les importations
    alimentaires devraient revêtir une importance stratégique, mais est-ce vraiment le cas ? Malgré les
    avancées incontestables de l’agriculture durable à Cuba et l’efficacité prouvée des alternatives à la
    monoculture, certains dirigeants continuent de s’intéresser aux systèmes basés sur l’utilisation de
    grandes quantités d’intrants agricoles avec des programmes technologiques sophistiqués et coûteux.
    Sous prétexte de « garantir la sécurité alimentaire et réduire les importations alimentaires », ces
    programmes spécifiques mènent une politique de « maximisation » de la production agricole et
    animale et insistent sur un retour à la monoculture — et donc un modèle dépendant des intrants
    chimiques synthétiques, machines lourdes et systèmes d’irrigation — malgré un gaspillage
    énergétique manifeste et une certaine fragilité technologique.
    En réalité, de nombreuses ressources sont fournies grâce à la coopération internationale (par le
    Venezuela notamment) en vue de « protéger ou développer les zones agricoles » soumises à une
    exploitation intensive, où sont cultivés par exemple la pomme de terre, le riz, le soja et les légumes.
    Ces zones « protégées » réservées à la production agricole industrielle à grande échelle représentent
    moins de 10 pour cent des terres cultivées. Des millions de dollars sont investis dans les systèmes
    d’irrigation à pivot, machines et technologies agricoles industrielles : un modèle attrayant qui
    permet d’accroître la production à court terme, mais qui sur le long terme engendre d’importants
    coûts socioéconomiques et environnementaux, et reproduit un modèle qui a échoué bien avant
    1990.
    L’an dernier, on a annoncé que l’usine de pesticide « Juan Rodríguez Gómez », établie dans la
    commune d’Artemisa, à La Havane, produirait au moins 100.000 litres d’herbicide glyphosate en
    2011.10 Au début de cette même année, un programme télévisé cubain informait la population du
    projet Cubasoy. Ce programme, intitulé « Bienvenida la Soya », expliquait « qu’il est possible de
    transformer les terres depuis des années couvertes de marabú [arbuste légumineux épineux et
    envahissant] en monoculture de soja dans le sud de la province de Ciego de Ávila ».
    Grâce à la technologie et aux crédits brésiliens, ce projet couvre plus de 15.000 hectares de terres
    sur lesquelles sont cultivés en alternance le soja et le maïs, l’objectif étant d’atteindre les 40.500
    hectares d’ici 2013, avec un total de 544 systèmes d’irrigation à pivot central installés d’ici 2014.
    La production de soja s’élève à environ 1,2 tonne par hectare (1.100 livres par acre) sans irrigation
    et atteint les 1,97 tonne par hectare (1.700 livres par acre) avec irrigation. On ne sait pas si les
    variétés de soja cultivées sont transgéniques, mais on sait que la variété de maïs utilisée est le maïs
    transgénique cubain FR-Bt1. Nonante pour cent des machines sont importés du Brésil (gros
    tracteurs, semoirs directs et équipement pour la protection des cultures). D’importants
    investissements ont été réalisés en matière d’irrigation, aménagement de routes, assistance
    technique, traitement et transport.
    Le débat sur les cultures transgéniques
    Cuba a investi des millions dans la recherche et le développement de la biotechnologie agricole via
    son centre de génie génétique et de biotechnologie (CIGB) et son réseau d’institutions à travers tout
    le pays. A Cuba, la biotechnologie n’est pas soumise au contrôle des grandes entreprises ni aux
    droits de propriété intellectuelle comme c’est le cas dans les autres pays. Les biotechnologistes
    cubains affirment que leur système de biosécurité impose des normes de sécurité biologique et
    environnementale strictes.
    Cette autonomie et ces avantages permettent la mise en oeuvre d’innovations biotechnologiques
    pour résoudre les problèmes tels que les maladies virales et problèmes de tolérance à la sécheresse
    pour lesquels il n’existe pas encore de solutions agroécologiques. En 2009, le CIGB a planté à
    Yagüajay, Sancti Spiritus, trois hectares de maïs génétiquement modifié (maïs transgénique FR-Bt1)
    à titre expérimental. Cette variété est supposée éliminer les larves très nuisibles du « palomilla del
    maíz » (Spodoptera frugiperda, également connu sous le nom de légionnaire d’automne). En 2009,
    cette variété transgénique (également dite génétiquement modifiée, GM) a été semée sur un total de
    6.000 hectares à travers plusieurs provinces. D’un point de vue agroécologique, il est assez
    troublant que la première variété transgénique testée à Cuba soit le maïs Bt, vu le grand nombre
    d’alternatives biologiques pour contrôler les parasites lépidoptères.
    Il existe à Cuba plusieurs variétés de maïs dont certaines présentent des taux de résistance aux
    parasites moyennement élevés, voire très élevés, et qui augmentent considérablement les chances
    d’accroître la production par la phytogénétique traditionnelle et les stratégies de gestion
    agroécologique connues. De nombreux centres de multiplication d’insectes parasites et pathogènes
    (CREEs, Centros de Reproducción de Entomófagos y Entomopatógenos) produisent la bactérie
    Bacillus thuringiensis (un insecticide microbien) et les Trichogramma (petites guêpes),
    extrêmement efficaces contre les phalènes comme le palomilla. De plus, l'association du maïs à
    d’autres cultures comme les haricots ou la patate douce en polyculture permet de réduire
    considérablement les agressions parasitaires par rapport aux monocultures de maïs. Ce qui permet
    également d’accroître le rapport équivalent des terres (et donc d’augmenter le nombre total de
    cultures pour une parcelle donnée) et de protéger le sol.
    Lorsqu’en 2008, le maïs transgénique Bt est planté à titre expérimental, les chercheurs et
    agriculteurs au sein du mouvement agroécologique expriment leur inquiétude. Plusieurs personnes
    mettent en garde contre les cultures transgéniques qui compromettent l’agrobiodiversité et sont
    contraires aux programmes de production agricole du gouvernement puisqu’elles s’éloignent de la
    production agroécologique officiellement adoptée comme stratégie agricole à Cuba.
    D’autres ont l’impression que la biotechnologie est ajustée par rapport aux intérêts des
    multinationales et du marché. Vu les risques éventuels pour l’environnement et la santé publique, il
    serait préférable que Cuba continue d’encourager les alternatives agroécologiques qui se sont
    révélées sans danger et ont permis au pays de garantir la production alimentaire malgré le contexte
    économique et climatique difficile.
    Le principal avantage des cultures GM est de simplifier le processus de production agricole,
    puisque les agriculteurs peuvent cultiver davantage de terres. Les cultures GM résistantes aux
    herbicides (comme le maïs et le soja « Roundup Ready ») et capables de produire leur propre
    insecticide (comme le maïs Bt) n’ont en général pas un rendement supérieur aux autres cultures
    analogues qui ne sont pas génétiquement modifiées. Toutefois, l’utilisation de cultures GM
    combinée à une plus grande mécanisation (et en particulier, l’utilisation de gros tracteurs) a permis
    à une exploitation agricole familiale dans le Midwest aux États-Unis de passer de 240 hectares
    environ (600 acres) à près de 800 hectares (2.000 acres).
    En septembre 2010, plusieurs experts préoccupés par les cultures transgéniques ont organisé un
    colloque avec des membres du personnel et de la direction du Centre national pour la sécurité
    biologique et l’Office pour la réglementation environnementale et la sécurité nucléaire (Centro
    Nacional de Seguridad Biológica and the Oficina de Regulación Ambiental y Seguridad Nuclear),
    les deux institutions chargées de délivrer les autorisations relatives aux cultures GM. A l’issue de la
    conférence, les experts ont demandé un moratoire sur l’autorisation des cultures GM jusqu’à ce
    qu’on dispose de davantage d’informations et que la population puisse débattre des effets de cette
    technologie sur l’environnement et la santé. Mais jusqu’à présent il n’a pas été donné suite à cette
    demande. Ce qui est positif avec le débat sur l’incohérence de cultiver du maïs transgénique FR-Bt1
    à Cuba c’est que les autorités ont publiquement reconnu les risques que peuvent engendrer les
    cultures GM pour les petits agriculteurs. Même si l’utilisation du maïs transgénique sera limitée aux
    zones reprises dans le projet Cubasoy et celles soumises à un contrôle strict, ces efforts sont pour le
    moins discutables.11
    Impact du paradoxe — Que nous réserve l’avenir ?
    L’instabilité des marchés internationaux et la hausse des prix de l’alimentation dans un pays plutôt
    dépendant des importations alimentaires sont une menace pour la souveraineté nationale. Une
    réalité qui a poussé certains hauts fonctionnaires à insister sur la nécessité de promouvoir la
    production alimentaire basée sur les ressources localement disponibles.12 Il paraît pour le moins
    paradoxal que pour garantir la sécurité alimentaire en période de croissance économique, la plupart
    des ressources sont destinées à l’importation d’aliments ou la promotion de l’agriculture industrielle
    plutôt que celle des agriculteurs locaux. On constate que les décideurs politiques soutiennent de
    manière cyclique l’agriculture traditionnelle à chaque fois que la situation financière s’améliore,
    tandis que les approches durables et l’agroécologie, vues comme des « alternatives », ne sont
    encouragées qu’en période de pénurie économique. Un état d’esprit qui sape sérieusement les
    avancées réalisées en matière d’agroécologie et d’agriculture biologique depuis l’effondrement
    économique des années ‘90.
    En ce moment, l’agriculture cubaine expérimente deux modèles de production alimentaire
    radicaux : un modèle intensif avec utilisation de quantités importantes d’intrants et un autre, lancé à
    un moment spécial, axé sur l’agroécologie et basé sur une faible utilisation d’intrants. L’expérience
    acquise grâce aux initiatives agroécologiques dans des milliers de petites et moyennes exploitations
    agricoles est un point de départ intéressant pour la mise en place de politiques nationales qui
    encouragent l’agriculture durable et rompent avec le modèle de monoculture en place depuis près de
    quatre cents ans.
    En plus d’être le seul pays du monde à avoir réussi à rétablir sa production alimentaire grâce aux
    approches agroécologiques dans un contexte économique particulièrement difficile, Cuba présente
    des caractéristiques fondamentales qui permettront à l’agroécologie d’atteindre des niveaux sans
    précédent :
    Si Cuba ne représente que 2 pour cent de la population de l’Amérique latine, elle possède 11 pour
    cent des scientifiques de la région. L’île compte environ 140.000 techniciens professionnels de haut
    niveau et de niveau moyen, des douzaines de centres de recherche, des universités agricoles et
    instituts dépendants, des institutions gouvernementales comme le ministère de l’Agriculture, des
    organisations scientifiques soutenant les agriculteurs (par exemple l’ACTAF), et des organisations
    d’agriculteurs comme l’ANAP.
    Cuba possède suffisamment de terres pour assurer via l’agroécologie la production alimentaire
    nécessaire aux besoins nutritionnels de ses onze millions d’habitants.13 Malgré les problèmes
    d’érosion du sol, de déforestation et pertes de biodiversité rencontrés au cours de ces cinquante
    dernières années — y compris au cours des quatre siècles d’agriculture extractive — les conditions
    restent exceptionnellement favorables pour l’agriculture. Cuba possède six millions d’hectares de
    terres d’assez bonne qualité et un million d’hectares en pente légère parfaitement utilisables pour les
    cultures. Plus de la moitié de ces terres ne sont pas cultivées. La productivité, tant au niveau des
    terres qu’au niveau du travail, et une utilisation efficace des ressources restent faibles dans cette
    zone agricole. Si toutes les exploitations agricoles (qui contrôlent 25 pour cent des terres) et toutes
    les UBPC (qui contrôlent 42 pour cent des terres) adoptaient des programmes agroécologiques
    diversifiés, Cuba serait en mesure de produire suffisamment pour nourrir sa population, alimenter
    l’industrie touristique et même exporter de la nourriture destinée à générer des devises étrangères. A
    cette production viendrait s’ajouter l’agriculture urbaine, qui atteint déjà des niveaux de production
    importants.
    Environ un tiers de toutes les familles paysannes, c’est-à-dire près de 110.000 familles, est affilié à
    l’ANAP via le mouvement agroécologique interagriculteurs (MACAC, Movimiento Agroecológico
    Campesino a Campesino). Ce mouvement applique des approches participatives basées sur les
    besoins des paysans locaux et permet la socialisation de l’immense réservoir de connaissances des
    familles et de la communauté en matière d’agriculture, des connaissances liées à leur passé et leur
    identité. Grâce à ce partage de savoir, les paysans ont pu réaliser d’immenses progrès en matière de
    production alimentaire par rapport au secteur traditionnel, tout en préservant l’agrobiodiversité et en
    réduisant les quantités de substances agrochimiques.
    Les performances enregistrées par le secteur agricole au cours de ces deux dernières décennies
    malgré les catastrophes climatiques montrent la grande faculté de résistance des exploitations
    agricoles face à ce genre de calamités naturelles. Environ un mois après que l’ouragan Ike se soit
    abattu sur Cuba en 2008, des chercheurs ont mené une étude dans les provinces de Holguin et Las
    Tunas et ont constaté que dans les exploitations agricoles diversifiées les pertes étaient de 50 pour
    cent comparés à 90 et 100 pour cent dans les exploitations voisines pratiquant la monoculture. De
    même, les exploitations axées sur l’agroécologie ont enregistré une reprise de la production plus
    rapide (de 80 à 90 pour cent quarante jours après le passage de l’ouragan) par rapport aux
    exploitations pratiquant la monoculture.14
    Ces chiffres montrent combien il est important d’accroître la diversité des végétaux et la complexité
    des systèmes agricoles de façon à réduire la vulnérabilité face aux catastrophes climatiques, une
    tactique bien ancrée chez les paysans cubains.
    La plupart des efforts de production ont pour but de réaliser la souveraineté alimentaire, autrement
    dit le droit de chacun d’avoir accès à une alimentation saine, nutritive, adaptée aux particularités
    culturelles, de qualité et disponible en quantités suffisantes pour pouvoir mener une vie saine en
    toute dignité. Mais vu la hausse attendue du coût du carburant et des intrants, la politique
    agroécologique cubaine vise également à accroître deux autres souverainetés. La souveraineté
    énergétique, à savoir le droit de chacun d’avoir accès, dans les limites écologiques, à une énergie
    suffisante provenant de sources d’énergie appropriées et durables de façon à pouvoir vivre
    dignement. La souveraineté technologique qui porte sur la capacité à réaliser la souveraineté
    alimentaire et la souveraineté énergétique en soutenant les services environnementaux à partir de
    l’agrobiodiversité existante et en utilisant les ressources disponibles localement.
    On peut trouver des exemples de ces trois souverainetés — alimentaire, énergétique et
    technologique — dans des centaines de petites exploitations agricoles où les agriculteurs produisent
    de 70 à 100 pour cent de l’alimentation nécessaire à la consommation de leur famille et vendent le
    surplus sur le marché, ce qui leur permet de percevoir un revenu (par exemple, Finca del Medio,
    CCS Reinerio Reina à Sancti Spiritus; Plácido farm, CCS José Machado; Cayo Piedra, à Matanzas,
    dépendant de la CCS José Martí; et l’exploitation San José, CCS Dionisio San Román à
    Cienfuegos). Ces niveaux de productivité sont obtenus grâce à l’usage de technologies locales,
    comme le vermicompostage, la reproduction de micro-organismes utiles et les systèmes de
    production diversifiés comme la polyculture, la rotation, l’intégration d’animaux dans les
    exploitations agricoles et l’agroforesterie. De nombreux agriculteurs utilisent également des
    systèmes intégrés aliments/énergie et développent leurs propres sources d’énergie en utilisant le
    travail de l’homme et des animaux, le biogaz et les éoliennes, en plus des cultures destinées aux
    biocarburants comme le jatropha intercalé avec le manioc.15
    Conclusions
    Cuba jouit de grandes connaissances en matière d’agroécologie, mais aussi d’une grande expérience
    pratique résultant des différentes initiatives appuyées par les chercheurs, professeurs, techniciens et
    agriculteurs soutenus par l’ACTAF, l’ACPA et l’ANAP. Un héritage basé sur les expériences
    acquises par les communautés rurales qui ont enregistré d’importants succès agroécologiques ayant
    permis de dégager les principes à la base d’une politique agricole visant à promouvoir l’efficacité,
    la diversité, la synergie et la résistance. C’est en exploitant son potentiel agroécologique que Cuba a
    atteint de si hauts niveaux de production, et notamment en utilisant de faibles quantités d’énergie et
    d’intrants externes, en investissant dans la recherche, plutôt que dans l’approche industrielle et
    biotechnologique qui demande un plus grand équipement, une consommation d’énergie plus
    importante et des laboratoires plus sophistiqués.
    La volonté politique exprimée dans les écrits et les discours des hauts fonctionnaires par rapport à la
    nécessité de donner la priorité à l’autonomie agricole doit à présent être concrétisée par un soutien
    et un encouragement des initiatives productives à haut rendement énergétique de manière à réaliser
    les trois souverainetés au niveau local (municipal), condition indispensable pour préserver une
    planète en crise.
    En multipliant les possibilités d’alliances stratégiques entre l’ANAP, l’ACPA, l’ACTAF et les
    centres de recherche, il est possible de lancer un grand nombre de projets pilotes dans plusieurs
    municipalités importantes, et d’ainsi tester les différentes technologies agroécologiques qui visent à
    réaliser ces trois souverainetés, le tout en tenant compte des spécificités environnementales et
    socioéconomiques de chaque région.
    Ces initiatives requièrent une approche « paysan à paysan » qui transcende la recherche du haut vers
    le bas et les paradigmes, permettant aux agriculteurs et aux chercheurs de s’instruire et d’innover
    collectivement. L’intégration d’étudiants et professeurs d’université dans ces processus
    d’expérimentation et d’évaluation permettra d’approfondir les connaissances scientifiques pour le
    passage à une agriculture axée sur l’écologie. Cela permettra en outre de perfectionner les
    connaissances théoriques en agroécologie, ce qui à son tour permettra d’améliorer la formation des
    futures générations de professionnels, techniciens et agriculteurs.
    Le mouvement agroécologique invite les décideurs politiques cubains qui préconisent l’agriculture
    traditionnelle industrielle, la révolution verte, à prendre en considération la réalité d’une nation
    vivant sur une petite île soumise à un embargo et frappée par des ouragans potentiellement
    dévastateurs. Ces réalités prises en compte, l’application de méthodes et approches agroécologiques
    à travers tout le pays aidera Cuba à assurer sa souveraineté alimentaire tout en maintenant son
    autonomie politique.
    Notes
    1. Peter Rosset and Medea Benjamin, eds., The Greening of the Revolution (Ocean Press:
    Melbourne, Australia, 1994); Fernando Funes, et. al., eds., Sustainable Agriculture and Resistance
    (Oakland: Food First Books, 2002); Braulio Machín-Sosa, et. al., Revolución Agroecológica
    (ANAP: La Habana, 2010).
    2. Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO), The State of Food and
    Agriculture 2006 (Rome: FAO, 2006), http://fao.org.
    3. MINAG (Ministerio de la Agricultura), Informe del Ministerio de la Agricultura a la
    Comisión Agroalimentaria de la Asamblea Nacional, 14 mai 2008 (MINAG: Havana, Cuba, 2008).
    4. Ana Margarita González, “Tenemos que dar saltos cualitativos,” Interview d’Orlando Lugo
    Fonte, Trabajadores, 22 juin 2009, 6.
    5. Raisa Pagés, “Necesarios cambios en relaciones con el sector cooperativo-campesino,”
    Granma, 18 décembre 2006, 3.
    6. Dennis T. Avery, “Cubans Starve on Diet of Lies,” 2 avril 2009, http://cgfi.org.
    7. Fernando Funes, Miguel A. Altieri, et Peter Rosset, “The Avery Diet: The Hudson’s Institute
    Misinformation Campaign Against Cuban Agriculture,” Mai 2009, http://globalalternatives.org.
    8. FAO, Ibid.
    9. FAOSTAT Food Supply Database, http://faostat.fao.org, 28 juillet 2011.
    10. René Montalván, “Plaguicidas de factura nacional,” El Habanero, 23 novembre 2010, 4.
    11. Fernando Funes-Monzote and Eduardo F. Freyre Roach, eds., Transgénicos ¿Qué se gana?
    ¿Qué se pierde? Textos para un debate en Cuba (Havana: Publicaciones Acuario, 2009),
    http://landaction.org.
    12. Raúl Castro, “Mientras mayores sean las dificultades, más exigencia, disciplina y unidad se
    requieren,” Granma, 25 février 2008, 4–6.
    13. Fernando Funes-Monzote, Farming Like We’re Here to Stay, PhD dissertation, Wageningen
    University, Pays-Bas, 2008.
    14. Braulio Machin-Sosa, et. al., Revolución Agroecológica: el Movimiento de Campesino a
    Campesino de la ANAP en Cuba (ANAP: La Habana, 2010).
    15. Fernando Funes-Monzote, et. al., “Evaluación inicial de sistemas integrados para la
    producción de alimentos y energía en Cuba,” Pastos y Forrajes (forthcoming, 2011).
    Montly Review, 2012, Volume 63, Issue 08 (januari) / The Paradox of Cuban Agriculture


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  • Zéro pesticide

    Un article qui vient compléter celui posté précédemment ! Et qu'il faut lire entre les lignes.
    Seuls, les usagers seraient responsables des méfaits sur la santé par les herbicides et autres produits similaires. Mais pas les céréaliers qui pourtant,  utilisent des quantités « industrielles » de produits plus nocifs les uns que les autres. Pour s'en convaincre, il suffit de constater la pollution généralisée des nappes phréatiques de l'Eure-et-Loir.

    http://www.tribune-orleans.fr/news/eau-9-000-personnes-du-departement-boivent-trop-de-nitrates

     

    http://www.lechorepublicain.fr/eure-et-loir/actualite/2013/08/30/eau-d-alimentation-nitrates-et-pesticides-sous-surveillance-en-eure-et-loir_1670718.html

    Comme toujours, il y a deux poids deux mesures.
    Les premiers comme les seconds utilisent ces poisons et c'est bien vers la zéro  utilisation qu'il faut aller, pour tout utilisateur.
    Gaulois.


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  • Épandage de nuit

    Voilà encore une mesure qui, si elle est appliquée, relève de la débilité digne de la technocratie française.
    Que les céréaliers traitent de jour ou de nuit, le résultat est sensiblement le même. En effet, « le poison » déposé de nuit est toujours présent le matin et cela ne fera guère de différence pour les abeilles.
    Il faut souligner que ce qui est dangereux, voir mortel pour les abeilles, ne présenterait pas de danger pour les habitants. De qui se moque-t-on ?
    De plus, le traitement de nuit risque fort de réveiller au sens propre du terme, l'ire des riverains. Il serait judicieux d'inviter ces décideurs sans scrupules près des parcelles traitées afin qu'ils savourent le doux ronronnement des tracteurs, amplifié par l'atmosphère nocturne.
    Décidément, nous sommes gouvernés par des politiques qui se situent à des années-lumière de l'écologie.
    Cocoricoooo !... 
    Gaulois.


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  • L'effroyable mer de plastique

    Le sujet n'est certes pas nouveau, d'ailleurs j'avais abordé le sujet dans cette même rubrique :

    http://libre-infos.eklablog.com/-a46370308

    Et pour rappel, relatif au festival de Cannes, à lire ou à relire et diffuser sans modération :

    http://libre-infos.eklablog.com/-a47025571

     http://www.rtl.fr/actualites/culture-loisirs/cinema/article/a-cannes-l-autre-festival-de-dechets-dans-les-fonds-marins-7748306629

    Gaulois.

    Communiqué de l'IPSN :

    L’effroyable mer de plastique

    L’effroyable mer de plastique

    Vous le savez sûrement, il existe dans le Pacifique Nord, entre Hawaï et la Californie, un « septième continent », un immense espace de 3,5 millions de km2 de déchets en plastique [1]. C’est 6 fois la surface de la France et plus de 100 fois celle de la Belgique ! Et ce continent, observé pour la première fois en 1997, ne cesse de croître. Des experts ont même considéré que le traitement d’une telle masse de déchets est quasi impossible (trop cher et trop risqué). Il faudrait donc attendre que les plastiques se désagrègent, ce qui prendra entre 500 et 1000 ans minimum. Même si de nouvelles découvertes viennent bouleverser les médecines naturelles et nous permettent de vivre plus vieux, je n’en verrai pas la fin. Et vous non plus, ni vos enfants ou vos petits-enfants.

    Si vous habitez loin du Pacifique et que ce problème vous semble étranger, sachez que les autres mers ne sont pas en reste. En méditerranée, on compterait près de 250 milliards de micro-plastiques tandis que, selon Greenpeace, à l’échelle de la Terre, environ 1 million d’oiseaux et 100 000 mammifères marins meurent chaque année de l’ingestion de plastiques. Irrémédiablement, ces plastiques se retrouvent dans nos assiettes : ingurgités par les petits poissons qui les prennent pour du plancton, ils finissent dans le ventre des gros que nous pêchons avant de les mettre dans nos assiettes.

    Une piste ingénieuse

    Contre ce désastre, des ingénieurs américains ont développé une piste intéressante. Ils ont trouvé un moyen de transformer des sacs plastique en carburant, notamment en « biodiesels » ou en gaz naturel. L’étude a été menée par le Centre de Technologie Durable de l’Illinois (Illinois Sustainable Technology Center). Selon les chercheurs, l’opération produit bien plus d’énergie qu’elle n’en coûte et permet de recycler 80 % des produits concernés, qu’il s’agisse de sacs plastique, d’emballages ou d’autres plastiques domestiques.

    Rien qu’aux Etats-Unis, selon l’agence de protection de l’environnement, 100 milliards de sacs plastique sont jetés tous les ans et 13 % seulement sont recyclés. Le reste est jeté dans des décharges ou dans la nature et ils finissent dans les lacs et les rivières. L’étude menée par le ISTC est donc une excellente nouvelle puisque, si elle est suivie d’effet, on recyclera tous les ans des milliards de sacs plastique pour en tirer de l’énergie. Tant mieux ! Cela permettra peut-être de limiter la croissance de l’effroyable 7e continent.

    Bien à vous,

    Augustin de Livois

    PS : L’IPSN organise le 5 mai à Lyon, à 19 heures, une conférence sur le thème : logique  émotionnelle et santé naturelle « accueillir et décoder ses émotions, les messages du corps » donnée par Didier Bouckaert, psycho-praticien et formateur en logique émotionnelle.
    Vous pouvez vous inscrire en lui écrivant à: didier.bouckaert@sfr.fr

    Lieu : salle Coquelicot, 47 rue Royale, Lyon 4e (Ecole Lyonnaise des Plantes). Attention le nombre de place est très limité. Prix de l’entrée : 15 €. La priorité est donnée aux personnes inscrites par mail.

     

    Source

    [1] www.notre-planete.info

     


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  • Condamné

    Voir aussi mon article du 2 mars, dans cette même rubrique

    Faut-il s'étonner de cette condamnation ? La justice étant ce qu'elle est, c'est-à-dire à la botte du pouvoir et sous l'influance des lobbies.

    Au moment où je publie cet article, le plus gros céréalier du coin pollue consciencieusement son champ de plus de 10 ha, mitoyen de notre " Mouchoir de poche ". La colère gronde....

    Gaulois.

    Le 7 avril, le tribunal correctionnel de Dijon s’est prononcé dans l’affaire Emmanuel Giboulot. Celui-ci a été déclaré coupable et condamné à verser une amende de 1 000 euros, dont 500 avec sursis.

    Voilà Emmanuel jugé comme un délinquant pour avoir voulu préserver la santé des consommateurs. On marche sur la tête !

    Naturellement, il fait appel de cette décision invraisemblable.

    Le principe de précaution est inscrit dans la Constitution, la magistrate aurait donc pu et dû le relaxer. Et ce d’autant plus que l’urgence de la situation n’était pas caractérisée puisque l’épidémie de flavescence dorée était contenue en Saône-et-Loire.

    Un immense décalage avec le public
    En fait, la position du tribunal – qui protège le préfet – montre surtout l’immense décalage qui existe entre les autorités et le grand public. Alors qu’en quelques jours la pétition lancée par l’IPSN, que vous pouvez encore signer ici, a rassemblé plus d’un demi-million de signatures et que les médias se sont emparés de l’affaire, les institutions locales restent frileuses.

    La raison en est simple : les autorités tentent de ménager la chèvre et le chou et restent du côté de la logique économique ; les consommateurs, eux, savent qu’il en va de leur santé. L’urgence et la gravité ne sont pas du côté de la flavescence dorée ou de la cicadelle (l’insecte qui répand la maladie), mais de la dégradation de la santé de notre environnement qui nous menace directement.

    Et la vigne est un exemple symptomatique de la situation :

    Les dangers des pesticides pour les vignerons sont bien connus : outre la maladie de Parkinson développée par de nombreux travailleurs de la vigne, on parle de plus en plus de « la maladie du vigneron », ou dit plus crûment des cancers de la vessie, provoqués par les pesticides. La mort de Frédéric Ferrand dans le Bordelais et le combat engagé par son père contre les pesticides ont suscité l’émoi du public mais pas des autorités qui considèrent que nous manquons encore de données sur le sujet… [1] Combien de morts faut-il pour lancer des études ?

    Mais il n’y a pas qu’eux. De plus en plus, les habitants des régions viticoles se méfient des épandages. Certains soutiens d’Emmanuel Giboulot racontent que, dans le Mâconnais, les traitements contre la flavescence dorée étaient insupportables et qu’en période de traite, tout le monde restait chez soi pour ne pas être intoxiqué. On comprend mieux pourquoi en période vacances scolaires, alors que de nombreux enfants visitaient la région, Emmanuel Giboulot ne souhaitait pas traiter. Mais la justice le déclare quand même coupable !

    Quant aux amateurs de vin qui s’inquiètent, on leur dit depuis des années que les résidus encore présents sur les peaux au moment des vendanges sont évacués dès la fermentation. Vraiment ? Et quid des molécules entrées dans la terre l’année précédente et dont la vigne et les raisins se sont abreuvés ?

    Pour protéger notre santé, préservons la nature…
    Les pesticides nuisent à la santé de ceux qui travaillent la vigne et détruisent notre environnement qui en est saturé. Ils fragilisent l’écosystème dans lequel poussent les vignes dont, à terme, ils menacent la survie. Et il en va des vignes comme pour le reste de l’agriculture et de l’exploitation des ressources naturelles.

    Préserver notre santé passe par le développement d’une agriculture biologique au service de l’homme et de la nature et non plus de quelques groupes industriels qui se sont donné le droit – avec le blanc-seing de l’administration et de la justice – de nourrir et d’empoisonner les Terriens ! À dire vrai, on sait aujourd’hui qu’il faut aller beaucoup plus loin. Le combat continue.

    Avec tout mon dévouement,

    Augustin de Livois

    PS : Deux citations qui me paraissent particulièrement à propos :

    « Malgré la crise majeure des années 2007-2009, la sphère de l’économie n’a toujours rien appris et continue de fonctionner selon de vieux postulats érigés au rang de dogme. Il a fallu attendre l’émergence de l’écologie, fortement dopée par cette crise, pour que les hommes prennent conscience du caractère limité des ressources de la nature – d’où cette question posée et reposée : “Comment assurer une croissance illimitée de la production des biens et des services alors que celle-ci est assise sur des ressources limitées ?” – celles précisément que la planète met à notre disposition. (…) Or partout dans le monde les écosystèmes, c'est-à-dire les milieux naturels, se dégradent. » (Jean-Marie Pelt) [2]

    « Comment pouvons-nous parler de progrès alors que nous détruisons encore autour de nous les plus belles manifestations de la vie ? Nos artistes, nos architectes, nos savants, nos penseurs suent sang et eau pour rendre la vie plus belle et en même temps nous nous enfonçons dans nos dernières forêts, la main sur la détente d’une arme automatique. (…) Il faut lutter contre cette dégradation de la dernière authenticité de la Terre et de l’idée que l’homme se fait des lieux où il vit. Est-ce que nous ne sommes vraiment plus capables de respecter la nature, la liberté vivante, sans aucun rendement, sans utilité, sans autre objet que de se laisser entrevoir de temps en temps ? La liberté elle-même serait alors anachronique. (…) Il faut absolument que les hommes parviennent à préserver autre chose que ce qui leur sert à faire des semelles, ou des machines à coudre, qu’ils laissent de la marge, une réserve, où il leur serait possible de se réfugier de temps en temps. C’est alors seulement que l’on pourra parler de civilisation. » (Romain Gary dans Les racines du ciel)

    Sources :

    [1] Cancers dans le monde agricole : « on sous-estime l'impact des pesticides »

    [2] Les dons précieux de la nature, Fayard 2010


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