•  Les milliards d’Areva

    Cet article de l’observatoire du nucléaire démontre que si les gouvernements changent, la politique nucléaire de la France elle, ne change pas. EDF et AREVA s’empêtrent dans le tapis ! Jusqu’à la prochaine catastrophe.

     Jusque là, ça va….

     Gaulois. 

     Déficit budgétaire : Macron muet sur les milliards déjà détruits par EDF et Areva… et sur ceux qui vont suivre !

     http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article181

     La polémique fait actuellement rage à propos des 4,5 milliards d’économies exigées par M. Macron pour satisfaire la Commission européenne en contenant le déficit de la France à 3% du PIB. Mais il n’est presque personne pour pointer une des causes principales des difficultés budgétaires de la France : l’industrie nucléaire, avec en particulier la faillite consommée d’Areva et celle programmée d’EDF.

     

    Ainsi, le 8 mars 2017, l’Etat a versé 3 milliards pour recapitaliser EDF. Et, entre le 12 et le 31 juillet 2017, l’Etat injecte pas moins de 5 milliards dans les différentes structures issues de la faillite d’Areva. En particulier, dès le 12 juillet, 2 milliards ont déjà été versés par l’Etat à Areva SA, qui n’est désormais plus qu’une structure de défaisance sur le modèle du fameux "Consortium de réalisation" créé pour faire payer par les citoyens la faillite du Crédit Lyonnais.
    .
    De toute évidence, ce puits sans fond va continuer à coûter très cher puisque, le 20 juillet, l’opérateur Finlandais TVO a annoncé que la Chambre de commerce internationale (CCI) avait rendu un nouvel arbitrage partiel en sa faveur et au détriment d’Areva concernant le chantier désastreux de l’EPR finlandais. Il est désormais quasiment certain, comme annoncé de longue date par l’Observatoire du nucléaire, que cet arbitrage va se terminer un nouveau fiasco général pour Areva… et donc pour les finances publiques françaises : TVO réclame (à juste titre) près de 3 milliards de dédommagements
    .
    On peut ajouter à ce triste tableau la curieuse opération mise sur pied en décembre 2014 par un ministre de l’économie nommé Emmanuel Macron qui, sans la moindre justification, a fait racheter par l’Etat plus de 27 millions d’actions d’Areva (détenues par le Commissariat à l’énergie atomique) à un prix supérieur à la cotation officielle : 12,2 euros au lieu de 9,04 (*). Depuis, comme on pouvait le prévoir, l’action d’Areva a continué à s’effondrer (elle ne vaut plus que 4,4 euros), achevant de faire un nouveau fiasco de cette étrange opération macronienne.
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    On notera aussi la grande "pudeur" du premier ministre Edouard Philippe lorsqu’il s’est ému des 8 milliards manquant dans les caisses de l’Etat, oubliant que plus du quart de cette somme venait des errements d’Areva en particulier à l’époque où il était lui-même un cadre influent de cette entreprise à la dérive !
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    Les citoyens de France doivent savoir que ces sommes, pourtant affolantes, ne constituent pourtant qu’un petit aperçu des factures incommensurables qui vont être peu à peu publiées au fur et à mesure des révélations concernant les déboires de l’atome hexagonal.
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    D’ailleurs, sous nos yeux, et sans que personne ne le stoppe, le PDG d’EDF s’apprête à lancer une nouvelle opération catastrophique avec le projet de construction de deux EPR à Hinkley Point (Grande-Bretagne). Même si ces réacteurs ne seront probablement jamais construits, ou au pire jamais terminés comme l’annonce obstinément l’Observatoire du nucléaire, il est clair que ce projet va achever de ruiner EDF qui a déjà consacré (gaspillé) sur place plusieurs milliards.
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    Il est aussi notable que, avant même que le chantier ne soit commencé, la facture du projet ne cesse d’augmenter : début juillet, c’est un premier surcoût de près de 2 milliards qui a été annoncé, préfigurant les réévaluations successives comme c’est le cas depuis 10 ans concernant les chantiers EPR de Finlande et de Flamanville.
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    Il est toujours possible de se consoler en rappelant qu’Areva et EDF ne sont pas seuls dans cette galère : Westinghouse, l’entreprise historique du nucléaire aux USA et dans le monde, a elle aussi fait faillite, entrainant dans les bas fonds son actionnaire majoritaire, le japonais Toshiba (**).
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    L’industrie nucléaire est entrée dans la dernière phase de son existence, mais son agonie va hélas durer encore des années, sur fond de catastrophes nucléaires en cours (Tchernobyl, Fukushima) et probablement à venir, de déchets radioactifs abandonnés, de centrales à démanteler "offertes" à nos descendants, et de factures insensées qui vont faire passer pour une aimable plaisanterie (et une cynique diversion) les polémiques actuelles sur le budget de l’armée française…
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    (*) http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article181
    (**) http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20170411-japon-empetre-westinghouse-calvaire-toshiba-continue

     


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  • Cuve de l'EPR et falsifications nucléaires

    l'effondrement prévisible et irréversible de l'atome de France :

     Une réflexion qui ne manque pas de réalisme sur l'état du nucléaire français. A lire et à méditer, en attendant sagement que ça nous pète à la g.....

     Par Stéphane Lhomme

    Directeur de l'Observatoire du nucléaire
    http://www.observatoire-du-nucleaire.org

     http://www.alternatifs44.com/2016/11/cuve-de-lepr-et-falsifications.html

     http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/11/24/le-parc-nucleaire-francais-est-en-bout-de-course_5037311_3232.html

     

    Lorsque des problèmes de conformité de la cuve de l’EPR de Flamanville ont été reconnus par Areva en avril 2015, il s’agissait presque d’une information anodine tant le chantier de ce réacteur a connu - et connait encore - de retards, malfaçons et surcoûts.

    Mais, peu à peu, au fil des semaines et des révélations, cette affaire a dévoilé ce qui est incontestablement un des pires scandales industriels de tous les temps, tous pays confondus.

    Ainsi l’industrie nucléaire française, présentée continuellement comme « triomphante », « exemplaire », « enviée dans le monde entier », est en réalité un repaire d’escrocs qui, depuis des décennies, bâclent la fabrication de milliers de pièces, les couvrent par des certificats de sûreté falsifiés, et les utilisent sans se rendre compte ou sans se préoccuper de leurs déficiences !

    Et que dire l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), « la plus compétente et la plus intransigeante du monde » ? Soit elle est totalement déficiente au point de n’avoir jamais rien vu de ce trafic, soit elle en est tout simplement complice.

    Nul ne peut prédire quelles seront les nouvelles révélations de la semaine à venir, toujours plus incroyables que les précédentes au fur et à mesure qu’est déroulé le fil d’une improbable pelote. Mais, d’ores et déjà, la situation est inextricable.

    D’abord, la cuve de l’EPR de Flamanville, déjà installée dans le réacteur en construction, a été mal usinée et présente des faiblesses qui, si les règles normales de sûreté sont appliquées (ce qui serait la moindre des choses !), devrait aboutir à l’interdiction de son utilisation.

    Rappelons que les règles de sûreté prévoient « l’exclusion de la rupture de la cuve ». Cela signifie que cette rupture ne peut, ne doit pas survenir, car alors RIEN n’est prévu et c’est un scénario similaire à Fukushima, voire bien pire encore.

    Si l’Autorité de sûreté fait normalement son travail, EDF sera alors obligée de détruire une partie du réacteur (construit avec tant de mal !) pour en extraire cette cuve et la remplacer par une autre… qu’il faudra toutefois encore fabriquer et, si possible, de façon correcte !

    Ces opérations prendraient au bas mot 3 à 4 ans, sachant que l’EPR a déjà accumulé des retards insensés : débuté en 2007, le chantier devait être achevé en 2012. Le bout du calvaire est annoncé par EDF pour 2018, mais on peut raisonnablement en douter. Et si la cuve est recalée, ce serait pour 2020, 2022, 2025… ou jamais !

    Pendant ce temps, EDF perd des milliards, nos milliards ! Annoncé au départ à 2,8 milliards, le coût de l’EPR est désormais estimé au triple, 8,5 milliards, en attendant la facture finale qui sera assurément bien au-delà des 10 milliards, sans compter l’affaire de la cuve.

    Mais il y a encore pire : entre temps, Areva a livré aux Chinois deux cuves pour les EPR en chantier à Taïshan, et elles aussi présentent des faiblesses probablement rédhibitoires. Les Chinois attendent le verdict technique pour envoyer à la France la facture incommensurable de deux réacteurs arrêtés pendant des années, détruits en partie pour en extraire des cuves défaillantes en attendant d’éventuelles cuves de rechange…

    L’Autorité de sûreté nucléaire, confrontée à cette situation sidérante, et épiée par les observateurs du monde entier, n’a eu d’autre alternative que de demander EDF de lancer des vérifications dans ses réacteurs et à Areva de reprendre les dossiers des pièces usinées dans les forges du Creusot et autres usines, pour voir si des fautes industrielles n’avaient pas été commises sur d’autres pièces que les cuves.

    Ces vérifications n’en sont encore qu’au début mais l’on sait déjà que ce sont en réalité des milliers de pièces nucléaires qui ont été bâclées et ce depuis… 1965. Nous voilà réduits à attendre que les coupables eux-mêmes veuillent bien faire toute la lumière. Qui peut encore leur faire confiance ?

    A l’approche de l’hiver 2016, ce sont néanmoins sept réacteurs dotés de générateurs de vapeur suspects qui sont arrêtés, et cinq autres qui doivent l’être selon un calendrier qu’EDF impose à la prétendue « Autorité » de sûreté, alors que celle-ci devrait faire stopper immédiatement tous les réacteurs concernés.

    A cela, et en attendant d’éventuelles autres révélations, il faut ajouter la chute d’un générateur de vapeur de plus de 500 tonnes dans le réacteur n°2 de la centrale de Paluel (Seine-Maritime) le 31 mars 2016. Les vibrations et dégâts occasionnés ont gravement endommagé le réacteur qui est arrêté pour longtemps et peut-être pour toujours.

    Par ailleurs, le réacteur n°5 de la centrale du Bugey (Ain) subit lui aussi un arrêt de longue durée du fait de l’incapacité d’EDF à remédier à un grave défaut d’étanchéité de l’enceinte de confinement.

    En résumé, le parc nucléaire français est en bout de course, délabré et parsemé de pièces déficientes. Dans le même temps, les finances d’EDF sont dans un état si déplorable que l’entreprise pourrait sous peu rejoindre Areva dans la faillite, et est de toute façon dans l’incapacité d’entretenir correctement ses réacteurs.

    Les dirigeants politiques et industriels français en sont réduits à guetter les prévisions de la météo en priant que l’hiver soit particulièrement doux. Car, à la moindre vague de froid, il est fort probable que ce sera la pénurie d’électricité. Peut-être la France sera-t-elle sauvée par les pays voisins, à condition qu’ils aient assez d’électricité pour leur propre consommation et pour lui en envoyer : le pays de l’atome est à genoux.

    Cette situation insensée illustre le caractère absurde et dérisoire de l’annonce par EDF de la construction de deux EPR en Grande-Bretagne, à grands coups de milliards… qui n’existent pas.

    Les zélateurs de l’atome et les citoyens trop longtemps abusés sont probablement stupéfaits d’assister à l’effondrement de cette industrie supposée être triomphante. Or, en réalité, cette situation était parfaitement prévisible.

    Effectivement, construire un parc nucléaire revient à programmer une situation inextricable pour 30 à 40 ans plus tard. C’est ce qu’à fait la France dans les années 70 avec deux circonstances terriblement aggravantes : la taille surdimensionnée de ce parc, qui démultiplie les problèmes, et la rapidité de construction. Ce dernier point est d’ailleurs crucial.

    Pendant des décennies, l’édification en quelques années de 58 réacteurs a été présentée comme un exploit extraordinaire, ce qui n’est d’ailleurs pas faux du simple point de vue industriel. Le problème est que tous ces réacteurs arrivent en fin de vie dans un bel ensemble et non de façon échelonnée. Le piège se referme, d’autant qu’aucune alternative énergétique n'a été engagée.

    Les grands parcs nucléaires – principalement ceux des USA, du Japon, de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne et bien sûr de la France – ont été construits et financés pendant les fameuses « 30 glorieuses », quand l’argent coulait à flot.

    C’est ainsi que des sommes insensées ont été consacrées à l’édification de centaines de réacteurs : 100 aux USA, 58 en France, 54 au Japon, etc. Cette opération, ou plutôt ce coup de force dans la mesure où les opinions publiques étaient déjà fortement opposées à l’atome, ne peut (heureusement !) être réédité aujourd’hui car les caisses sont vides.

    L’argent n’est même plus disponible pour rafistoler les vieux réacteurs, sans parler de leur démantèlement, et pour s’occuper des déchets radioactifs : le tout est légué aux générations suivantes qui, pourtant, auront probablement bien d’autres problèmes à affronter.

    Il a parfois été dit que l’aventure nucléaire était comme un voyage en avion… sans piste d’atterrissage. Les réservoirs sont vides et la descente a commencé. Au mieux elle se soldera par un désastre industriel et financier, au pire ce dernier sera accompagné d’une ou plusieurs catastrophes nucléaires.

    Les atomistes les plus obtus osent encore prétendre que Tchernobyl est « de la faute des Soviétiques » et Fukushima « de la faute du Tsunami ». Ces arguties ne trompent plus personne : le nucléaire s’effondre et entraine la France, « royaume de l’atome », dans une chute irréversible. Notre maison est irradiée et nous regardons ailleurs…

     

    Un décret très discret

     Les commentaires sont superflus. On nous mitonne à la sauce nucléaire

     Tous exposés à de plus fortes radiations. C’est ce que prépare un décret très discret

    https://reporterre.net/Tous-exposes-a-de-plus-fortes-radiations-C-est-ce-que-prepare-un-decret-tres

     https://www.crashdebug.fr/actualites-france/12452-tous-exposes-a-de-plus-fortes-radiations-c-est-ce-que-prepare-un-decret-tres-discret

     

    La circulaire européenne relative à la protection des populations contre les expositions aux radiations intégrera le droit français par décret en janvier 2017. L’auteur de cette tribune, dans une lettre ouverte aux ministres concernées, s’indigne que ce texte modifie « gravement » le code de la santé publique en relevant les seuils jugés tolérables par l’administration en cas d’accident comme ceux de Tchernobyl et Fukushima.

    Jean-Marie Matagne est le président de l’Action des citoyens pour le désarmement nucléaire (ACDN). Il est également docteur en philosophie.


    Saintes, le 29 septembre 2016

    Madame Ségolène Royal
    Ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, chargée des relations internationales sur le climat

    Madame Marisol Touraine
    Ministre des Affaires sociales et de la Santé

    Mesdames les ministres,

    Honte à vous, si vous signez en l’état le « Décret n° 2017-xxxx du xx/01/2017 relatif à la protection sanitaire contre les dangers résultant de l’exposition aux rayonnements ionisants et à la sécurité des sources de rayonnements ionisants contre les actes de malveillances (sic) ».

    Ce décret, qui pour répondre à une demande européenne doit être pris en janvier 2017 par le Premier ministre, « sur le rapport de la ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer en charge des relations internationales sur le climat », modifie le code de la santé publique. Gravement. Horriblement.

    Sa longueur (84 pages), sa technicité le rendent pratiquement illisible au commun des mortels. Pour y comprendre quelque chose, il faut au moins bénéficier des lumières de la Criirad. En opacité, il ne le cède en rien à un certain projet de constitution européenne qui fut soumis naguère au peuple français et rejeté par lui. Sans doute mériterait-il de subir le même sort.

    Car il édicte une flopée de normes auxquelles devront se soumettre les utilisateurs en tous genres du nucléaire, pour continuer à exercer joyeusement leur activité. Les plus sympathiques de ces normes visent à limiter — à défaut de le supprimer — l’impact maléfique du gaz radon dans certains bâtiments publics. Mais, au-delà de ces mesures censées protéger la population, le cœur du décret se cache au chapitre Ier, Section 4, intitulée : « Gestion des situations d’urgence radiologique. » L’ignoreriez-vous, Mesdames ?

    Il tient en trois lignes :


        « Art. R. 1333-55. – I. – Pour l’application du principe d’optimisation prévu à l’article L. 1333-3, est fixé un niveau de référence à 100 mSv [milliSievert] en dose efficace reçue pendant la durée de la situation d’urgence radiologique, comprenant tout type d’exposition. » (Projet de décret, p. 24.)

     

    Admirons la langue de bois.

    Concrètement, les « situations d’urgence radiologique » dont il s’agit ici, ce sont les effets d’un accident majeur du type Tchernobyl ou Fukushima, survenu sur un ou plusieurs réacteurs nucléaires par suite d’une défaillance humaine ou matérielle, d’un événement naturel extrême, d’un attentat ou d’un « acte de malveillance ». Ou résultant d’une explosion atomique.

    267794 Photo Fournie Par Greenpeace De L Un De Ses Membres Mesurant A L Aide D Un Compteur Geiger La RadioaUn membre de Greenpeace mesurant à l’aide d’un compteur Geiger la radioactivité, le 27 mars 2011, à Fukushima.

     

    Ce décret nous prépare donc à la catastrophe. Comment ? En décrétant que la dose moyenne d’exposition aux radiations, jugée tolérable par l’administration pour une personne pendant les premières semaines de la « situation d’urgence », sera 100 fois plus élevée que la dose limite d’exposition annuelle (1 mSv) tolérable en temps normal. Cent fois plus, rien que ça. Que les personnes exposées ne la tolèrent pas et qu’elles en crèvent, ce n’est pas le problème de l’administration.

    On aurait pourtant cru, Mesdames, que c’était le problème d’une ministre de l’Environnement et d’une ministre de la Santé. Cherchez l’erreur.

    Et ce n’est pas fini. Quand la situation ne sera plus « urgente », mais que des personnes continueront à être exposées à la contamination ou à l’irradiation, la « dose de référence » dont elles profiteront à leur corps défendant (dose qui n’a rien de limitatif, précise la Criirad) restera 20 fois plus élevée que ne l’est actuellement la « dose limite » (impérative, elle).

    En effet :

       « Art. R. 1333-67. – Par application de l’article L. 1333-3, est fixé un niveau de référence à 20 mSv en dose efficace pour toute personne exposée à ces situations sur une année afin de définir la stratégie initiale de gestion des parcelles polluées. » (Projet de décret, p. 28)

     Ainsi, les personnes qui auront eu le malheur de se trouver dans la zone initiale d’exposition et de subir 100 fois plus de rayonnements ionisants que n’en supporte un humain normalement constitué pourront continuer, si elles se trouvent sur une « parcelle polluée », à en supporter 20 fois plus pendant un an (ensuite, ce sera laissé à l’appréciation des « responsables » locaux).

    Tmi Cleanup 2Une équipe de nettoyage de la radioactivité d’un bâtiment annexe après l’accident de la

    centrale de Three Mile Island, aux États-Unis, en 1979.

     Évidemment, les « parcelles » en question ne sont pas prévisibles et n’ont d’autre limite que les frontières françaises qui, comme on sait, sont étanches à la radioactivité.

    Mais comment expliquez-vous, Mesdames, que dans la fourchette proposée par la circulaire européenne : de 20 à 100 mSv en « situation d’urgence », puis de 1 à 20 mSv pendant l’année qui suit, la France choisisse la « dose de référence » maximale ?

    Ce choix est criminel. Il condamne à vivre et à mourir en zone contaminée des millions de personnes. Si vous avez à cœur de défendre l’environnement et la santé, à supposer même qu’il faille accepter la perspective inacceptable d’une catastrophe nucléaire, c’est la norme la plus basse qu’il vous fallait choisir. Seriez-vous à la solde du lobby nucléaire ?

    Pour vous défaire de ce soupçon, vous avez le choix entre deux issues : récuser ce projet de décret et exiger la fermeture de tous les réacteurs qui justifient son existence, ou bien le cosigner et assumer l’accusation d’avoir préparé un crime contre l’humanité, le jour où adviendra la catastrophe qui fera prendre pour une bluette l’affaire du sang contaminé.

    Au cas où vous n’obtiendriez pas que le gouvernement adopte un plan de fermeture des réacteurs, vous pourriez toujours démissionner.

    Veuillez agréer, Mesdames les ministres, l’expression de ma haute considération.

     Source(s) : Reporterre.net via Lesbrindherbes.org

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    Crashdebug.fr : Pour en finir avec les pénuries « Une chronique des bonnes nouvelles pour l’humanité »

     

    Radioprotection mondiale, copinage et serment de secret

    Là, c'est bien la secte nucléaire dans ses basses œuvres. Jugez plutôt !

    Pierre Dubochet | 1er mai 2014

    http://www.pierredubochet.ch/radioprotection-mondiale,-copinage-et-serment-de-secret.html

    Le dispositif de radioprotection mondiale : copinage, complaisance, serment de secret sur la pollution

    «
    Je jure de ne rien révéler ou utiliser de ce qui sera porté à ma connaissance». Vous avez dit transparence ?

    Tout en haut de ce dispositif, les scientifiques qui publient leurs découvertes dans des revues à comité de lecture. Il serait bien que la situation en Biélorussie par exemple montre que les budgets sont alloués vers les situations de pollution radioactive les plus sérieuses ; la réalité est différente.

    En dessous, l’UNSCEAR (United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation), fondée en 1955. Elle prend connaissance des publications et en retient ce qu’elle veut, n’étant soumise à aucun contrôle scientifique.

    En dessous, la CIPR (Commission Internationale de Protection Radiologique), émanation d’un comité de protection contre les rayons x et le radium, se fonde en 1950. Elle reçoit les publications de l’UNSCEAR et rédige ses recommandations. Vous comptez sur une information objective relativement à la pollution radioactive ? Vous allez être déçu. 

    Avant d'entrer en fonction, depuis le 15 juin 1966, les agents de ce service doivent accepter un «serment de secret sur la pollution radioactive
    » devant un tribunal d’instance en ces termes : «Je jure de bien et fidèlement remplir mes fonctions et de ne rien révéler ou utiliser de ce qui sera porté à ma connaissance à l’occasion de (mon) exercice». Aucun membre ne peut parler d’une quelconque pollution sans l’autorisation de son supérieur.

    Le document est mis à jour en 1983 : «
    Je jure de bien et fidèlement remplir mes fonctions et de ne rien révéler ou utiliser, directement ou indirectement, même après cessation de mes fonctions, de ce qui aura été porté à ma connaissance à l'occasion de [mon] exercice)», selon parution au Journal Officiel de la République française. 

    Par ailleurs, ce petit groupe remplace ses membres par cooptation. Il s’auto perpétue. Est-ce l'idée que vous aviez de la radioprotection mondiale ?

    Les membres de la CIPR (14 membres pour la commission principale) se retrouvent dans d’autres organisations, notamment dans l’UNSCEAR. Cette solidarité est dommageable à la prise en compte de réflexions différentes.

    Encore en dessous se trouvent AEN, IRPA, OCDE, AIEA, OMS, etc. Elles conservent ce qui leur paraît opportun des recommandations de la CIPR, puis rédigent les standards internationaux en matière de radioprotection, qu’elles transmettent en leur nom.

    C’est avec ce qu’il reste que les législations nationales sont décidées. 

    Les liens entre la CIPR et l’OMS sont formalisés en 1956 à Genève. L’OMS s’engage également à aider la CIPR à traduire et à diffuser ses recommandations. L’OMS institue des liens avec l’AIEA et l’UNSCEAR en 1959. 

     

    A Flamanville, l’Autorité de sûreté nucléaire est dans la main d’EDF

    Ou le copinage à tous les niveaux !

    Source : MédiaPart

     https://www.mediapart.fr/journal/france/181016/flamanville-l-autorite-de-surete-nucleaire-est-dans-la-main-d-edf

     18 octobre 2016 | Par Pascale Pascariello

     Deux inspecteurs de l’Autorité de sûreté nucléaire, chargés du contrôle des conditions de travail et de la sûreté sur le chantier de l’EPR, futur réacteur en construction, et dans trois autres centrales en Normandie, ont subi pressions et menaces de leur direction, au profit d’EDF. Et au mépris de la sécurité.

     « Je suis inspecteur du travail à la division de Caen de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Depuis 2011, j’ai subi et encaissé, dans le cadre de mon activité professionnelle, de nombreuses et parfois très lourdes pressions voire menaces, de multiples injonctions contradictoires, qui ont généré une situation de souffrance au travail. » C’est ainsi que débute le recours d’Alain auprès du président du tribunal administratif de Caen, en août 2016, pour faire reconnaître en accident du travail son épuisement psychologique survenu le 16 octobre 2015.

    La direction de l’Autorité de sûreté nucléaire « a essayé de m’imposer sa position ou d’influer sur les choix que j’avais à faire dans le cadre de ma mission d’inspecteur du travail », en particulier, « sur des sujets pouvant représenter des enjeux pour EDF – l’exploitant des centrales –, dès qu’un contrôle pouvait engendrer des suites impactant EDF de façon notable (suites pénales, impact industriel…) ou qu’il a fait l’objet d’une intervention hiérarchique d’EDF », explique Alain.  

     

    Résultat : il y a un an, il s’écroule. Ce burn-out oblige Alain à interrompre son activité professionnelle durant sept mois. L’expertise médicale est claire : « Épuisement professionnel. Le trouble peut être considéré comme un accident du travail, conséquence d’une série d’événements survenant par le fait ou à l’occasion du travail. » Depuis 2008, en tant qu’inspecteur du travail, Alain, ingénieur de l’industrie et des mines, est en charge, en Normandie, de trois centrales en activité et du chantier de l’EPR, futur réacteur nucléaire en construction à Flamanville (Manche). À ses côtés à partir de 2010, Laurent assure également une partie des contrôles de sûreté nucléaire.

    Ces deux inspecteurs ont mené, entre 2010 et 2014, des contrôles qui ont abouti, pour certains, à des procès retentissants. Suite à l’accident mortel d’un soudeur le 24 janvier 2011, sur le chantier de l’EPR, leur enquête retient la responsabilité de deux entreprises, dont Bouygues. Toujours sur le chantier du futur réacteur nucléaire, leurs inspections ont révélé la situation de travail illégal de près de 500 ouvriers polonais et roumains. Encadrés et dirigés par Bouygues, ils n’avaient ni congés payés, ni droit au chômage, et un salaire inférieur à la convention collective française.

    Ce système de fraude, dont Bouygues a bénéficié entre 2009 et 2012 sur l’EPR, lui a permis quelques belles économies. L’Urssaf, quant à elle, estime son préjudice global entre 9 et 12 millions d’euros. Le contrôle mené par les deux inspecteurs, Alain et Laurent, aboutira à un procès en correctionnelle en mars 2015, l’une des plus importantes affaires de travail illégal jugée en France.. Bouygues a été condamné à 25 000 euros d’amende. Il sera rejugé en appel du 7 au 10 novembre prochain.

    Loin d’être félicités pour leur professionnalisme, ces deux inspecteurs ont subi de nombreuses pressions de leur direction. Parmi les nombreux faits que rapporte Alain dans son dossier : en juin 2011, il se heurte à EDF qui fait obstacle à une inspection inopinée dans la centrale de Flamanville. Informé, le procureur de la République de Cherbourg demande à Alain de lui signaler, par écrit, ce délit afin qu’il rappelle à EDF son obligation de respecter la loi. Mais Alain est confronté à sa direction qui tente de le dissuader de notifier ce délit à la justice. Néanmoins, il ne cède pas à ces pressions et envoie un courrier au parquet de Cherbourg. Quelques semaines plus tard, il est convoqué par sa direction pour un entretien « officieux » de sanction.

    Il est alors informé que son comportement remet en cause sa carrière. Sa direction va jusqu’à lui reprocher d’avoir adressé à EDF un courrier signalant les poursuites judiciaires encourues. « J’observe que ma hiérarchie, très prompte pour me demander de me justifier, tant pour ce qui concerne mes constats que pour ce qui concerne mon comportement quand EDF s’en plaint, est beaucoup moins prompte à réagir quand il s’agit de me défendre vis-à-vis d’EDF », constate Alain.
     
    Les pressions de ce type se multiplient, les entretiens de sanction également. On reproche par exemple à Alain d’alerter, en septembre 2013, le ministère du travail sur une organisation mise en place par EDF dans les centrales nucléaires en matière de radioprotection et présentant des risques pour les salariés. Alain informe EDF, par courrier, qu’au regard des irrégularités constatées, il envisage de proposer une mise en demeure. Là encore, il est convoqué pour un rappel à l’ordre par sa direction. Pire, ignorant les conclusions de l’inspecteur, la direction de l’Autorité de sûreté nucléaire et le ministère du travail décident conjointement de réviser la réglementation… en faveur d’EDF.

    Qu’elle est loin la belle image d’une institution indépendante et transparente prônée par Pierre-Franck Chevet, président de l’Autorité de sûreté nucléaire. Le 6 novembre 2012, dès sa nomination, lors de son audition par la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, Pierre-Franck Chevet déclarait : « Selon moi, l’ASN repose sur quatre valeurs essentielles : compétence et rigueur, indépendance et transparence.. Toutes sont nécessaires mais ne sont suffisantes qu’inscrites dans la durée. » Bel exercice de communication qui tranche avec une tout autre réalité.

    Les échanges de mails entre Alain et sa hiérarchie témoignent de toutes les difficultés rencontrées lorsqu’il signale des irrégularités manifestes et graves de la part d’EDF. Il doit faire face au comportement de l’exploitant des centrales, peu disposé à l’informer de ses manquements en matière de sécurité et sûreté nucléaire. Il doit, en outre, affronter sa direction qui fait obstacle à ses conclusions lorsqu’elles vont à l’encontre d’EDF.

    Certains échanges décrivent comment l’ASN valide les irrégularités d’EDF. Alain alerte ainsi sa direction : « Je constate qu’EDF Flamanville ment et nous dissimule volontairement des informations relatives à la radioprotection. Je prévois un rappel à l’ordre. Et je dois défendre (une nouvelle fois) mot pour mot mes observations et justifier ma position vis-à-vis de ma hiérarchie et donc y consacrer un temps et une énergie non nuls. Bilan : EDF ment et nous offre même les preuves écrites. Est-il envisagé un rappel à l’ordre écrit par l’ASN ? Non. Qui s’en prend plein la g… ? L’inspecteur du travail qui projette de rappeler par écrit à EDF que le mensonge aux autorités administratives et judiciaires est un délit. »

    « Je constate qu’EDF Flamanville ment »

    Face à ces pressions exercées sur ces inspecteurs, et alors même que l’Autorité de sûreté nucléaire, gendarme du nucléaire, se doit d’être affranchie de tout lien avec EDF, la justice va intervenir. En effet, en octobre 2013, survient un nouvel incident sur le chantier de l’EPR : une pièce d’un appareil de manutention, le pont polaire, situé à l’intérieur du bâtiment réacteur, est projetée en l’air et fait une chute de 20 mètres. Par chance, aucun ouvrier n’est blessé. Alain et son collègue, Laurent, procèdent au contrôle de cet équipement, utilisé pour lever et installer des composants pouvant atteindre plus de 560 tonnes. Il s’agit d’un appareil primordial en terme de sûreté nucléaire et de sécurité des travailleurs.

    Le rapport des inspecteurs révèle qu’EDF a mis en place un dispositif non conforme, qui ne dispose d’aucun système d’arrêt d’urgence. Vu la gravité des faits constatés, Alain et son collègue alertent à plusieurs reprises EDF. Le premier électricien de France ignore ces rappels à l’ordre. Il s’apprête même à utiliser son dispositif à haut risque pour installer la cuve du réacteur, mettant ainsi en danger les salariés et les installations. Les deux inspecteurs saisissent la Direction régionale du travail (DIRECCTE) pour mettre en demeure l’électricien. EDF dispose alors de six mois pour rendre sa machine aux normes. D’ici là, interdiction formelle de l’utiliser.
    Mais EDF n’a pas l’intention de respecter la loi. Il a d’ailleurs préparé une grande journée de communication en rameutant la presse locale et nationale pour assister à l’installation de la cuve de l’EPR.

    La direction régionale du travail rappelle alors EDF à l’ordre, dans un courrier du 16 janvier 2014 : « Vous envisagez de réaliser les premières manutentions dès le 21 janvier 2014. Je vous rappelle qu’il n’existe aucune possibilité, applicable à votre situation, de déroger à la loi qui interdit d’utiliser des équipements de travail qui ne répondent pas aux règles techniques de conceptions. »

    Allant à l’encontre de ses propres inspecteurs et de la Direction régionale du travail, c’est le directeur général de l’Autorité de sûreté nucléaire, en personne, qui, le 21 janvier 2014, écrit à EDF : « Je vous informe ne pas avoir d’objection à la réalisation des opérations de levages des gros composants. » La direction de l’ASN autorise ainsi EDF à enfreindre la loi et à utiliser un équipement dangereux, en l’état, pour les salariés et la sûreté nucléaire.

    Les faits sont si graves que le procureur de la République Éric Bouillard décide d’y donner suite en ouvrant une enquête préliminaire. Motifs : « Mise à disposition aux salariés de matériel dangereux » et « utilisation de ce matériel malgré une mise en demeure ».
    En juin 2014, il la transmet à Nanterre, afin « que soit entendue la direction de l’Autorité de sûreté nucléaire », dont le siège est situé à Montrouge, en région parisienne.

    Contacté par Mediapart, le procureur Éric Bouillard souhaite comprendre pourquoi l’ASN, une autorité « qui doit être indépendante à l’égard de celui qu’elle contrôle, surtout en matière de sûreté nucléaire, a contredit ses propres inspecteurs et a autorisé EDF, alors qu’il existait une interdiction d’utiliser cette machine, à enfreindre la loi au risque de mettre en danger des hommes et des installations ». Depuis, Éric Bouillard a été nommé à la tête du parquet d’Ajaccio. Il a tenté avant son départ, en septembre 2015, de savoir où en était l’enquête du côté de Nanterre : silence radio.

    Contacté par Mediapart, Nanterre explique ne pas retrouver le dossier d’enquête. Est-il resté au fond des tiroirs ? Impossible donc de se pencher sur les liens entre l’ASN et EDF. La transparence a ses limites.

    Après ce nouvel affront de leur direction, Laurent, le collègue d’Alain, ne tiendra pas longtemps. Épuisé psychologiquement, il devra cesser son travail, en juillet 2014. Le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, n’ignore rien de la situation. En effet, suite au burn-out de son collègue, Alain lui adresse, le 30 juillet 2014, un courrier détaillé faisant état de l’ensemble des pressions subies :

     https://html2-f.scribdassets.com/8kkcvp8e9s5iq4pk/images/1-5d83676d07.jpg

     Extrait :

     La réponse du président de l’ASN ne viendra que deux mois plus tard. Il félicite le travail de l’inspecteur et regrette à demi-mot le comportement d’EDF. Cependant, nulle part, il n’y est fait mention des diverses pressions exercées. Encore moins des solutions pour y remédier. Ainsi que le regrette Alain, « le courrier du président de l’ASN n’exprime aucune reconnaissance des “dysfonctionnements” que je décrivais ni aucune proposition de nature à éviter qu’ils ne se renouvellent ».

    Avec le départ de son collègue, la situation d’Alain ne va pas s’améliorer. Épuisé, il assume, seul, le travail de deux inspecteurs. Mais un espoir survient, en septembre 2015, lorsqu’il apprend que son collègue, Laurent, est prêt à réintégrer son poste, toujours vacant. Fausse joie. Le 16 octobre, il apprend officieusement que la direction de l’ASN s’oppose au retour de Laurent, pourtant seul postulant à ce poste.

     Alain s’effondre et envoie ce mail à sa direction : « Je suis au bord de l’explosion. D’un côté par la charge de travail avec des dossiers importants… de l’autre la perspective qu’il n’y ait toujours personne sur le poste alors qu’il y a un candidat [Laurent] qui correspond parfaitement est juste insupportable pour moi. Quel est l’objectif réel de l’ASN ? Me détruire ? Me pousser au départ ? Au burn-out ? Au suicide ? » Le même jour, une alerte du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) est lancée pour « danger grave et imminent » concernant Alain, en « situation professionnelle de détresse ». Alain a été en arrêt maladie durant sept mois.

    Alain et son collègue ne sont pas seuls. Plus de dix ingénieurs de l’Autorité de sûreté nucléaire ont tenu à leur apporter, par écrit, leurs témoignages et soutiens. Tous reconnaissent l’investissement et la rigueur des deux inspecteurs, formant un « binôme efficace et vertueux » pour reprendre l’une des attestations. Alain est notamment présenté comme « un agent performant et motivé ayant une énorme capacité de travail, très soucieux de sa mission au service des conditions de travail des salariés ».

    Certains ingénieurs s’interrogent, également, sur le comportement de leur direction à leur encontre. L’un d’entre eux fait ce constat: « Les difficultés avec l’exploitant (EDF) et pressions sont supportées directement par l’inspecteur et pas par l’administration (l’ASN). Cette situation est d’autant plus difficile lorsque les positions de la hiérarchie de l’ASN et de l’inspecteur ne sont pas partagées… J’ai souvenir d’un moment difficile pour Alain et son homologue, lorsqu’ils ont constaté que le pont polaire de l’EPR, et surtout les équipements devant soulever les équipements lourds, n’étaient pas conformes à la réglementation. Là encore, ils ont eu beaucoup de mal à faire accepter leur position par la hiérarchie de l’ASN […]. Pour conclure, je suis inquiet de la situation, singulièrement pour la santé d’Alain, mais également plus largement en observant que l’administration ne sait pas prendre en compte les risques psycho-sociaux encourus par ses agents. »

     

    Pierre-Franck Chevet, président de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) (Reuters/Charles Platiau).

    Alors même que le silence est d’usage au sein du corps des Mines, Alain a également reçu une lettre signée par dix-neuf ingénieurs de l’Autorité de sûreté nucléaire, en avril 2016. En voici un extrait : « Nous tenions à t’exprimer notre soutien et notre admiration devant ton courage. Ton courage, nous le connaissions déjà. Il était clair devant ton investissement sans relâche […]. Ton courage à ne jamais baisser les armes dans l’adversité quand la plupart d’entre nous auraient sans doute plié pour se protéger. En s’y mettant à tous, on va bien trouver un moyen de te renvoyer l’ascenseur […].. »

    Le burn-out d’Alain n’a pas été sans conséquence à l’intérieur de l’ASN. Pierre-Franck Chevet a adressé, en mai 2016, à la division de Caen, dont dépend l’ingénieur, le message suivant : « Bonsoir, je comprends l’émotion que vous avez ressentie à la suite de l’intervention de Alain. Un point a eu lieu entre les représentants du personnel siégeant au CHSCT et la direction générale de lʼASN. Cette réunion a permis un partage d’informations et un examen des premières actions pouvant contribuer à vous apporter un soutien. J’invite celles et ceux d’entre vous qui en éprouvent le besoin à s’adresser à la cellule d’écoute qui vient d’être mise en place […]. »

    Le CHSCT a lancé une expertise sur les conditions de travail, confiée au cabinet Idenea qui devrait prochainement rendre ses conclusions. Alain ne serait pas un cas isolé au sein de l’ASN, selon le CHSCT, qui n’a pas souhaité s’exprimer davantage sur la situation. L’ASN a refusé de reconnaître l’épuisement professionnel d’Alain en accident du travail.

    Sollicitée à de nombreuses reprises depuis une semaine, l'Autorité de sûreté du nucléaire n'a pas répondu à nos questions.

    Les prénoms des deux inspecteurs ont été modifiés.

     Gaulois

     

     



     



     

     



     


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  • Le nucléaire et son coût


    Quelques vérités sur le coût abyssale de l'énergie nucléaire devrait éclairer les lanternes des plus septiques.

    Il va sans dire que cette technologie de mort n'a jamais été rentable, ni aujourd'hui, ni hier.

    Sans parler des risques d'accidents qui planent au dessus de nos têtes.

    Gaulois.


    Six questions sur le nucléaire, une bombe fiscale à retardement

    Grégory Lamotte / Fondateur et président de Comwatt

     

    Le 07/07/16

     

    http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-158645-nucleaire-francais-la-bombe-fiscale-des-10-prochaines-annees-2012936.php?f8aWSeY0lSx8667M.99#Xtor=AD-6000

    Le nucléaire est aujourd'hui moins compétitif que les énergies renouvelables. EDF et l'Etat sont contraints de prendre des risques que les contribuables devront assumer.

    La France a-t-elle eu raison de miser sur le nucléaire dans les années 1970 ?

    En 1970, le prix de l'électricité nucléaire était bien plus bas que le prix des renouvelables. À cette époque, beaucoup de pays ont choisi d'investir dans cette technologie, probablement à juste titre. Mais depuis cette date, les mauvaises nouvelles se sont accumulées et le nucléaire a perdu progressivement ses trois avantages que sont le prix, l'indépendance énergétique et l'emploi.

    Le nucléaire est-il toujours rentable en 2016 ?

    Depuis 1970, chaque nouvelle génération de centrale coûte plus cher que la précédente. Plus le temps passe, plus la technologie est complexe à mettre en oeuvre. Nous le constatons tous les jours avec les injonctions de l'Autorité de sûreté nucléaire qui mettent régulièrement en demeure EDF de respecter les critères de qualités. D'un autre côté, les chantiers étant de plus en plus complexes, ils mettent de plus en plus de temps à se réaliser. En 1970, il fallait en moyenne quatre ans, en 2014 la moyenne est de 10 ans, avec des records à plus de 16 ans. Le nucléaire est une des seules technologies au monde à avoir une courbe d'apprentissage négative, c'est-à-dire que plus nous avons d'expérience et plus le délai et le prix augmente. Une complexité plus importante et un temps de construction qui double, cela nous entraîne forcément vers une explosion des coûts.

    L'électricité produite par les centrales nucléaires est-elle la moins chère ?

    Depuis les années 2000, le prix du nucléaire a été multiplié par 5 et le prix du solaire divisé par 6. Le projet de réacteur nucléaire de type EPR qu’EDF souhaite construire en Angleterre va commercialiser de l'électricité à un prix de 0,12 €/kWh à partir de 2027 (les Anglais s'engagent à acheter à ce prix pendant 35 ans, ce prix est indiqué dans le contrat). En comparaison, en 2016 le solaire et l'éolien produisent de l'énergie en Europe (Royaume-Uni, Allemagne, France...) vendue à 0,07 €/kWh. En 2027, le solaire sera à moins de 0,04 €/kWh selon le rapport de BNE (Bloomberg New Energy). Le nucléaire est donc trois fois plus cher que les renouvelables sans subventions.

    Le nucléaire garantit-il notre souveraineté économique ?

    Depuis que la dernière mine d'uranium a fermé en France, nous avons tiré un trait sur l'indépendance énergétique. 100 % de l'uranium est donc importé, ce qui rend la France vulnérable en cas de conflits, comme nous l'avons observé lors de conflits proches du Niger.

    Le nucléaire est-il bon pour générer des emplois locaux ?

    Selon une étude de l'OCDE, à quantité d'énergie produite équivalente, les renouvelables créent 6 fois plus d'emplois que les énergies nucléaires. D'autant plus que les renouvelables étant installés sur nos toitures et dans nos champs de France vont créer des emplois locaux, non délocalisables. Ainsi avec l'énergie solaire et éolienne, nous faisons d’une pierre deux coups, nous réduisons notre facture et sans subventions nous créons de l'emploi local pour que l'argent reste à la maison.

    Qui va payer le déficit de compétitivité du nucléaire français ?

    En 2016, le nucléaire est devenu si peu compétitif que sans le soutien public, la plupart des constructeurs de centrales (comme Areva) auraient déposé le bilan. Les banques ne croient plus au nucléaire, c'est pour cette raison qu’EDF (via nos impôts) va devoir supporter seule le risque financier de son projet d'EPR anglais de Hinkley point qui est de 22 milliards d'euros (plus que la capitalisation d’EDF qui est de 19 milliards d'euros). L'État va devoir injecter 5 milliards d'euros pour recapitaliser Areva et éviter ainsi le dépôt de bilan, mais comme la situation économique d'Areva ne se redresse pas, il va falloir réaliser cette opération tous les deux ans.

    Lire aussi :
    EDF affiche un bénéfice net en chute alors que le projet Hinkley Point reste sur le fil du rasoir

    En plus de sous-estimer le démantèlement avec les estimations les plus basses du monde, EDF vient d'annoncer vouloir retarder de 50 ans le démantèlement des anciennes centrales nucléaires. La raison invoquée : un virage technologique à 180° avec un démantèlement sous air et non plus sous eau. Mais derrière ce rapport, se cache un signal clair : « après moi le déluge ! ». Qui va payer dans 50 ans des économies que nous aurons réalisées en 2016 ? C'est une dette aux générations futures qui est inexcusable. Nous ne pouvons plus nous permettre pour des raisons électorales de fixer le niveau des tarifs réglementés de vente de l’électricité en dessous des coûts d’EDF. Il faut cesser de faire payer par l'impôt les pertes abyssales du nucléaire et enfin proposer une énergie post nucléaire !

    Grégory Lamotte est président fondateur de Comwatt









     

     


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  • Déclaration de Montréal

    Assurément une énième déclaration sur ce sujet. Si louable soit-elle, la secte nucléaire n'en tiendra aucun compte. 

    Nous ne le répèterons jamais assez, la folie humaine a trouvé, à travers le nucléaire, un outils par excellence d'auto-destruction. Finalement comme si la fin de notre espèce devait être avancée de quelques centaines de millions d'années. 

    Puisqu'il s'agit de folie humaine, ce document digne de bonne foi nous en révèle les contours...Macabres. Je laisse aux lecteurs le soins d'en cerner toute l'ignominie de ce qui fut ce double massacre terroriste nucléaire  des USA  les 6 et 9 août 1945. Les scientifiques, les médias et le public dont la France se félicitaient d'une telle monstruosité.    

      

    71ème anniversaire des bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki   La bombe atomique couverte par un brevet français ? 

    L'énergie atomique se manifesta publiquement pour la première fois le 6 août 1945: destruction à peu près complète et instantanée d'Hiroshima. La "performance" fut répétée trois jours plus tard sur Nagasaki avec le même succès. Si la surprise fut grande dans l'opinion publique, parmi les savants il n'en fut rien car ils envisageaient ce développement scientifique depuis 1939Contrairement à ce qui a été écrit plusieurs années plus tard, ces destructions de masse ne traumatisèrent ni le milieu scientifique ni l'opinion publique. Elles furent perçues comme le début d'une ère nouvelle, "l'âge atomique" confirmant la fiabilité de cette nouvelle source d'énergie.
     

    (Photo Masayoshi Onuka)
    Le 7 août, au poste de quarantaine militaire de Ninoshima, à environ 4 kilomètres au large de Hiroshima. Beaucoup de ceux atteints de profondes brûlures dues à la chaleur de l'explosion, restent étendus ainsi sans bouger, respirant à peine, jusqu'à ce que la vie s'en aille. 
    Le mercredi 8 août 1945on put lire à la une du journal Le Monde : "Une révolution scientifique: Les Américains lancent leur première bombe atomique sur le japon". L'unanimité fut assez parfaite dans l'ensemble de la presse. L'ampleur du désastre, ces êtres humains qui, en quelques millionièmes de seconde, furent "volatilisés" et ne laissèrent qu'une ombre sur les murs, loin de déclencher horreur et indignation, fut reçue comme la preuve objective d'un avenir radieux pour une humanité qui allait enfin être débarrassée à tout jamais des contraintes du travail. La matière se révélait source inépuisable d'énergie, qu'il serait possible d'utiliser partout sans limite, sans effort, sans danger. 

    D'invraisemblables projets étaient présentés sérieusement comme à notre portée dans un avenir très proche. On parlait de faire fondre la glace des pôles par bombardement atomique pour produire un climat tempéré sur la terre entière, d'araser le Mont Blanc ou de combler la Méditerranée pour irriguer le Sahara (Joliot), etc. 

     
    Le délire scientiste n'a plus jamais atteint de tels sommets. Les explosions sur le japon furent glorifiées et bénies par tout ce que l'establishment scientifique avait de disponible: à l'époque cela s'appelait "les savants". La mobilisation fut spontanée pour nous initier à cet avenir que les prix Nobel du "Projet Manhattan" nous avaient soigneusement préparé. Hiroshima devait ouvrir à l'humanité une ère de liberté, on entrait dans la modernité libératrice.
     
    La seule voix discordante fut celle d'Albert Camus dans l'éditorial de Combat le 8 août 1945: "Le monde est ce qu'il est, c'est-à-dire peu de chose. C'est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d'information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique. On nous apprend, en effet, au milieu d'une foule de commentaires enthousiastes, que n'importe quelle ville d'importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d'un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l'avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. [...] Il est permis de penser qu'il ya quelque indécence à célébrer une découverte qui se met d'abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l'homme ait fait preuve depuis des siècles". Ces positions lui valurent, quelques jours plus tard, de violentes critiques.
     
    Pour France-Soir, l'ère nouvelle fut inaugurée le 16 juillet 1945, date de l'essai de la première bombe atomique. Il titre le 8 novembre 1945: "Le 16 juillet 1945 à Alamogordo, par une nuit d'orage, le monde est entré dans une ère nouvelle". L'article se poursuit ainsi: "L'espèce humaine a réussi à passer un âge nouveau: l'âge atomique". 
    Ce même journal titrait un article le 9 août 1945: "L'emploi de la bombe atomique ouvre des horizons illimités". 

     
    Le 10 août 1945, après la destruction de Nagasaki, France-Soir confiait ses colonnes à "un prince, académicien français et prix Nobel de physique" qui titrait son article: "L'homme pourra demain tirer plus d'énergie de quelques grammes de matière désintégrée que de la houille, de l'eau et du pétrole, par le prince Louis de Broglie, de l'Académie française". 
     
    Le 8 août 1945, le journal Libération titrait en première page: "La nouvelle découverte peut bouleverser le monde. [...] Charbon, essence, électricité ne seraient bientôt plus que des souvenirs".
     
    L'Humanité du 8 août 1945 titre en première page: "La bombe atomique a son histoire depuis 1938, dans tous les pays des savants s'employaient à cette tâche immense: libérer l'énergie nucléaire. Les travaux du professeur Frédéric Joliot-Curie ont été un appoint énorme dans la réalisation de cette prodigieuse conquête de la science". Les journaux mentionnent à de nombreuses reprises la part jouée par la France dans cette prodigieuse découverte. Ainsi on trouve dans le Figaro du 9 août 1945 un communiqué de l'AFP: "Paimpol 8 août - M. Joliot-Curie fait de Paimpol la communication suivante: L'emploi de l'énergie atomique et de la bombe atomique a son origine dans les découvertes et les travaux effectués au Collège de France par MM. Joliot-Curie, Alban et Kowarski en 1939 et 1940. Des communications ont été faites et des brevets pris à cette époque". Un de ces brevets porte sur les "Perfectionnements aux charges explosives", brevet d'invention n° 971-324, "demandé le 4 mai 1939 à 15 h 35 min à Paris" (lire: L'histoire de la protection des brevets de l'équipe Joliot).
     
     
    Cependant, personne n'osa en 1945 réclamer au gouvernement américain des royalties, bien que finalement on affirmât que la destruction de Hiroshima était couverte par un brevet français! Seul un bénéfice moral était attendu en exigeant que l'opinion mondiale reconnût la contribution française aux massacres d'Hiroshima et de Nagasaki.
      
     
      
    Témoignages:  - Récits des jours d'Hiroshima du docteur Shuntaro Hida
    - 
    Futaba Kitayama, atomisée à 1 700 mètres de l'hypocentre à Hiroshima
    - 
    Hideo Shimpo atomisé â 1 300 mètres de l'hypocentre à Hiroshima
    - 
    Tomiko Matsumoto atomisé à 1 300 mètres de l'hypocentre à Hiroshima
    - 
    Ube Makoto atomisé à 3 kilomètres de l'hypocentre à Hiroshima
    - 
    Hiroshima 54 jours d'enfer du Docteur Michihiko Hachiya
    - 
    Tamiki Hara atomisé à Hiroshima

    A lire:
    L'homme qui défia la censure (Les destructions de masse de la bombe atomique ne traumatisèrent ni le milieu scientifique, ni la presse, ni l'opinion publique)
    Hiroshima et Nagasaki anéanties pour rien 
    Les ingénieurs oubliés de la bombe
    Lire l'extrait du livre "Plus clair que mille soleils" de Robert Jungk qui présente les physiciens ayant participés à la construction de la bombe atomique américaine, leurs motivations puis les réticences de certains...)
    Hiroshima 8h15 le 6 août 1945
     
      
      
     

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  • Nucléaire coût et responsabilité

    Le coût abyssale du nucléaire n'est plus à démontrer. Quand aux responsabilités en cas de catastrophe, ce sera sauve qui peut !

    Mais ne soyons pas mauvaise langue, le nucléaire en France est sûr ... Jusque là.

    Preuve en est de l'EPR, que les concepteurs sont incapables de construire.

    Votre facture d'électricité augmente ? Allez donc savoir pourquoi !

    Gaulois.

    Le stockage de déchets radioactifs de Bure pourrait coûter près de 35 milliards d’euros

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/01/11/le-stockage-de-dechets-radioactifs-de-bure-pourrait-couter-pres-de-35-milliards-d-euros_4845468_3244.html

    LE MONDE | 11.01.2016

     

    Combien coûtera l’enfouissement des déchets radioactifs français dans le sous-sol de la commune de Bure (Meuse) ? Depuis le début du projet de Centre industriel de stockage géologique (Cigéo), le chiffre final reste inconnu. Le chantier est pourtant majeur, puisqu’il s’agit d’enterrer, à 500 mètres de profondeur, les 80 000 m3 de résidus à haute activité et à vie longue (des centaines de milliers ou des millions d’années pour certains) produits par le parc électronucléaire hexagonal.

    En 2005, la facture avait été estimée entre 13,5 et 16,5 milliards d’euros. En 2009, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), chargée de ce projet, l’avait réévaluée à 36 milliards d’euros. Mais ce montant était contesté par les producteurs de déchets : principalement EDF, pour les réacteurs nucléaires, mais aussi Areva, pour les usines de retraitement du combustible et le CEA, pour les centres de recherche.

    Dans un dossier de chiffrage transmis au ministère de l’écologie en octobre 2014 – et jusqu’ici non accessible au public –, l’Andra estime désormais le coût du projet à environ 34,4 milliards d’euros, dont 19,8 milliards pour la construction, 8,8 milliards pour l’exploitation durant plus de cent ans et 4,1 milliards d’impôts et taxes, auxquels s’ajoute 1,7 milliard de dépenses diverses. Cela, aux conditions économiques de 2012.

    Il revient à présent à la ministre de l’écologie de fixer, par arrêté, le « coût de référence » du site. Ségolène Royal devrait arbitrer « prochainement », indique son cabinet. Arbitrer car, dans leurs observations, EDF, Areva et le CEA proposent de retenir un coût très inférieur, de seulement 20 milliards d’euros, modulé d’une « marge pour risques à déterminer ». Selon les trois producteurs de déchets nucléaires, appelés à financer l’installation, l’Andra n’aurait pas pris en compte toutes les « optimisations » possibles et certains de ses calculs s’écarteraient du « retour d’expérience industriel ».

    Lire aussi : A Bure, un campement contre « la poubelle nucléaire »

    Comment la ministre tranchera-t-elle ? Entre 20 et 34,4 milliards d’euros, l’écart est énorme. L’enjeu principal est celui de la sûreté. Précisément, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a publié, lundi 11 janvier, son avis sur le dossier de chiffrage, rendu en février 2015 mais jusqu’ici non public. Il en ressort que « certaines hypothèses retenues par l’Andra, d’ordre technique et économique, sont trop optimistes et de ce fait non conformes à l’impératif de prudence qui s’impose ». En clair, le chiffrage de l’Andra serait lui-même sous-évalué.

    En particulier, explique Jean-Christophe Niel, le directeur général de l’ASN, le dossier de l’Andra ne prend pas en compte la possibilité que le volume de déchets à stocker soit plus important que prévu, dans le cas d’un arrêt du retraitement du combustible. Et il mise sur des « opportunités » de réduction des coûts (galeries souterraines plus longues, alvéoles de stockage des fûts radioactifs plus grandes…) dont « la démonstration de sûreté reste à faire ».

    En tout état de cause, le « cimetière radioactif » de Bure, comme l’appellent ses opposants, devra encore franchir plusieurs étapes : d’abord, une loi sur la réversibilité du stockage, puis, en 2018, une demande d’autorisation de création, avec une enquête publique, avant une éventuelle mise en service en 2025, pour une phase pilote de cinq à dix ans.

    Lire aussi : Les déchets radioactifs tentent de refaire surface dans la loi Macron, en vain



     

     





     

     


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  • La France, le Bugey et la Suisse

    Ou la dictature du nucléaire français.

    A l'évidence, la France nucléaire, c'est-à-dire la plupart des politiques, B. Accoyer bille en tête sous la coupe de la secte nucléocrate, n'aime pas les menaces venant des pays voisins. Pourtant, la centrale du Bugey est un risque énorme pour une large région du sud-est de la France et de la Suisse. Il ne fait aucun doute que si une centrale Suisse était aussi proche de la France, cette dernière déclarerait la guerre.

    Le nucléaire français est sûr, sans danger. Pas si sûr que ça. Jusque là, ça va ….

    Si Accoyer habitait la Bretagne, au lieu de la Haute Savoie, il y a fort à parier qu'il ne répondrait même pas aux autorités Suisse. Lui qui parle d'ingérence, il oublie un détail d'importance ; l'ingérence incontrôlables des radionucléides provenant du Bugey, ou d'ailleurs.

    Ce triste personnage ferait bien de prendre au sérieux la plainte Suisse, toute aussi sérieuse que la menace d'accident nucléaire. Il serait d'ailleurs intéressant de savoir ou se réfugierait le député en cas de catastrophe ? A l'assemblée nationale ?

    Cocoricooooo !!!

    Gaulois.

     

    La centrale nucléaire du Bugey menace la Savoie

    http://www.lecourrier.ch/139205/la_centrale_nucleaire_du_bugey_menace_la_savoie

    Jeudi 19 mai 2016

    Laurent Blondaz

    Bernard Accoyer, député de Savoie, a accusé d’ingérence les autorités genevoises qui ont porté plainte contre la centrale du Bugey. Pourtant, selon Laurent Blondaz, la région ne se relèverait pas d’un accident atomique.

    Le 2 mars dernier, la ville et le canton de Genève (Suisse) ont déposé une plainte en pénal pour mise en danger d’autrui au sujet de la centrale nucléaire du Bugey (Ain), située à une septantaine de kilomètres de la cité.1 Précisions données quelques jours plus tard dans une conférence de presse, rassemblant Esther Alder (maire de Genève), Antonio Hodgers (conseiller d’Etat), l’avocate Corinne Lepage, ainsi que les représentants d’une association bugiste: «Nous voulons absolument la fermeture de la centrale nucléaire du Bugey. [...] La technologie nucléaire vieillissante qui nous entoure constitue un risque majeur. [...] En cas d’accident grave, Genève serait dans la zone d’évacuation.»

    En fait, l’industrie nucléaire et l’Etat français ne font qu’un. Quatre jours seulement après cette conférence de presse, l’ancien président de l’Assemblée nationale et député-maire d’Annecy-le-Vieux (Haute-Savoie), Bernard Accoyer, répliquait par un communiqué, qui fut rapidement repris par la quasi-totalité des journaux nationaux. Selon lui, «on ne peut pas laisser dire n’importe quoi!» Les centrales européennes sont «sûres».

    «Sûres», les centrales françaises? Tout comme l’étaient les quatre réacteurs de Fukushima, la veille du 11 mars 2011? Le Japon est un pays pourtant largement reconnu pour sa fiabilité. Ses nombreuses méthodes de qualité: lean, kaisen, Ishikawa, 5S et autres... font référence dans le monde industriel. Mais bien sûr, les Français sont probablement plus intelligents que les Japonais et que les Genevois...

    Pas si sûres en fait, ces centrales françaises. C’est ce que dit un autre Bernard, le professeur Laponche, physicien nucléaire, polytechnicien, et donc lui-même issu du sérail industriel énergétique: «Il y a une forte probabilité d’un accident nucléaire majeur en Europe... La France est dans l’erreur. Avec le nucléaire, elle s’obstine à privilégier une énergie non seulement dangereuse mais obsolète.»

    Bernard Accoyer fustige par ailleurs «l’ingérence» des autorités genevoises. Mais garantit-il qu’un nuage radioactif français s’échappant d’un réacteur défaillant ne fasse pas «ingérence» un jour dans le ciel de la cité de Calvin? Ce qui est regrettable pour ce représentant du peuple, c’est qu’il ne mette pas en question la sécurité des territoires et de ses habitants, dont ses électeurs annéciens, ainsi que l’ensemble des Savoyards. Car oui, les populations risquent très gros. Les réacteurs 2, 3, 4 et 5 du Bugey, qui sont actuellement en activité, sont les plus anciens de France, avec ceux de la très contestée Fessenheim, en Alsace. Ils sont issus d’ailleurs de la même technologie. Toute la Savoie est située à moins de 150 km de la centrale. De surcroît, les vents d’ouest dominants amplifient les risques. Chambéry est à 50 km, Annecy à 70 km, que dire de Belley, du Bugey, et du proche Dauphiné, qui seraient en cas d’accident une zone d’évacuation sans retour?

    Et cette centrale a tout pour ne pas plaire: zone d’inondation, zone sismique, exposition aux attentats en étant à moins de 15 km de la piste de l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry, soit à moins de deux minutes de détournement d’avion. Le site du Bugey accueille aussi Iceda: la décharge nucléaire nationale à ciel ouvert, ainsi que le réacteur n°1, arrêté depuis plus de vingt ans, mais non démantelé, comme le sont d’ailleurs l’ensemble des anciens réacteurs français. Et n’oublions pas non plus l’encombrant réacteur Superphénix de Creys-Malville (Isère), situé à 15 km en amont, qui doit rester accessible aussi pour son démantèlement.
    A Fukushima, cinq ans après, les fuites radioactives se déversent toujours dans l’océan. On comptabilise plus de 1900 décès indirects, et, malgré les déportations de plus de 150 000 personnes, dont certaines ne pourront jamais regagner leur lieu de vie. Les terres sont contaminées et il ne sera pas possible d’y remédier. Une augmentation importante des cancers est à redouter.

    Qu’en serait-il si un accident similaire se produisait au Bugey? La Savoie entière perdrait son économie et son âme. Les eaux minérales d’Evian, de Thonon, d’Aix seraient impropres à la consommation, ou à défaut, délaissées par les consommateurs. Idem pour les reblochons: pastilles vertes pour «fermiers», rouges pour «laitiers», jaune et noir pour «irradiés»? Idem pour les tommes, beauforts, abondances ou autres chevrotins... mais aussi nos vins, et autres produits du terroir qui marquent l’identité savoyarde. L’économie touristique serait aussi anéantie. Qui viendrait encore en vacances se baigner dans un lac irradié, ou surfer une poudreuse d’isotopes radioactifs, ou rechercher le calme intérieur dans une montagne contaminée? Le risque pour la Savoie est immense.

    Dans les années 1970, le philosophe Denis de Rougemont fustigeait déjà les «arguments» lénifiants» des promoteurs de cette énergie. Nous n’aurions «pas le choix». Les tournures changent au fil des décennies, mais la pression sur l’opinion publique reste la même. Aujourd’hui, on ose même apporter de fallacieuses raisons environnementales: l’arrêt du nucléaire ne permettrait pas d’atteindre les objectifs de la COP21! «Il ne faut pas prendre ses désirs pour des fatalités!» disait de Rougemont2. Cela demeure malheureusement d’une très vive actualité.

    L’industrie nucléaire, contrôlée par une petite élite nationale issue du Corps des mines, n’apporte rien à l’économie savoyarde. Pourquoi la défendre? En revanche, Savoie Technolac accueille le très prometteur Ines, Institut national de l’énergie solaire. Une multitude de jeunes pousses et de PME sont prêtes à éclore et à se diffuser régionalement. La transition énergétique n’attend qu’une chose: que l’on fasse le bon choix!

    Pour toutes ces raisons, le Mouvement région Savoie, soucieux du devenir de ce territoire et de sa population, soutient la plainte déposée par les autorités genevoises. Il demande la fermeture au plus vite des quatre réacteurs du Bugey. Avant qu’il ne soit trop tard! Il s’indigne vivement contre le souhait irresponsable du gouvernement français d’augmenter de dix ans la durée de vie des centrales, dont les réacteurs montrent déjà de nombreux éléments de fatigue.

    • 1.Donnant suite à cette plainte, le parquet de Paris a ouvert début mai une enquête préliminaire (ndlr.)

    • 2.Denis de Rougemont, L’Avenir est notre affaire! édition Stock, 1977.

     

    * président du MRS, un mouvement régionaliste savoyard qui «milite pour le droit de vivre et décider au pays». Paru dans Reporterre, reporterre.net

     

     


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  • Un livre à paraître bientôt

     

    Malgré tous les efforts de la secte nucléaire pour jeter le discrédit sur ceux qui, à juste titre, dénoncent les méfaits de la radioactivité, le nucléaire est en perte de vitesse et c'est tant mieux. Faudra-t-il affirmer encore longtemps que cette technologie est synonyme de mort.

    Ne manquez pas cet ouvrage car l'auteur sait de quoi il parle.

    Gaulois.

     

     

    http://enfants-tchernobyl-belarus.org/doku.php

     

     

    Le bilan humain de la catastrophe de Tchernobyl d’avril 1986 a été définitivement figé avec le rapport adopté en 2006 par l’ONU et les gouvernements biélorusse, russe et ukrainien. Ce bilan minore considérablement le nombre de victimes, car il « ignore » de nombreuses séquelles constatées chez les millions de personnes exposées aux retombées radioactives et chez les 800 000 « liquidateurs » de l’accident. Et, en octobre 2011 un expert russe qui avait coordonné la rédaction de ce rapport a affirmé au Japon que la santé de la population touchée par les rejets radioactifs de la catastrophe de Fukushima, en mars 2011, ne serait pas affectée…
    Comment expliquer cette scandaleuse culture du déni des effets de la radioactivité ? En se plongeant dans les archives, en remontant aux premiers usages intensifs des rayons X et du radium. C’est ce qu’a fait Yves Lenoir pour ce livre où il retrace la surprenante histoire de la construction progressive d’un système international de protection radiologique hors normes au sein de l’ONU, qui minore systématiquement les risques et les dégâts des activités nucléaires.
    On apprend ainsi comment les promesses de l’« énergie atomique » civile ont fait l’objet dans les années 1950 d’une intense propagande au niveau mondial : non seulement cette énergie satisfera sans danger les besoins de l’humanité, mais l’usage généralisé de faibles doses de radioactivité permettra de décupler la production agricole ! Surtout, Yves Lenoir révèle que les normes de protection des travailleurs de l’énergie atomique ou des populations qui pourraient être exposées après un accident nucléaire ont été définies par une poignée d’experts, en dehors de tout contrôle démocratique. Il explique leurs méthodes pour construire une « vérité officielle » minimisant les conséquences de Tchernobyl. Et comment ces procédés ont été mis en œuvre, en accéléré, après Fukushima. Une remarquable enquête historique, riche de nombreuses révélations.

     

     

     


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  • On nous y prépare ... A la catastrophe

    Une autre contribution de Pierre Péguin - Physicien

    Les nucléocrates pourraient avancer qu'il s'agit de pessimisme à outrance, pourtant ... Il est évident que le conditionnement des populations à l'acceptation de catastrophes nucléaires possibles ne date pas d'aujourd'hui. Souvenez-vous de ce rapport de l'OMS en 1958

    http://whqlibdoc.who.int/trs/WHO_TRS_151_fre.pdf 

    Rapport ou il est question de santé mentale face à l'utilisation de l'énergie atomique, notamment en bas de page 50 de ce rapport, cette formulation on ne peut plus limpide  : 

     "Cependant, du point de vue de la santé mentale, la solution la plus satisfaisante pour l'avenir des utilisations pacifiques de l'énergie atomique serait de voir monter une nouvelle génération qui aurait appris à s'accommoder de l'ignorance et de l'incertitude et qui, pour citer Joseph Addison, le poète anglais du XVIIIe siècle, saurait “chevaucher l'ouragan et diriger la tempête”

    Vous avez bien lu ! C'est l'OMS, soumise à l'AIEA, qui écrit une telle formule.

    N'oublions jamais que la secte nucléaire s'attache dans ses basses oeuvres à formater les populations en les maintenant dans l'ignorance et le mensonge tout en décrédibilisant le monde scientifique qui ose dénoncer ses méfaits. En terme de nucléaire, la démocratie est totalement absente.

    Merci à Pierre Péguin pour ses contributions éclairantes.

    Gaulois.


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  • La sphère nucléocrate

    Ou la fabrique de l'ignorance

    Un document très intéressant sur l'exercice du bon sens. C'est bien connu, les promoteurs du nucléaire ignorent la démocratie. 

    Merci à leurs auteurs Catherine LIEBER et Yves LENOIR

    Gaulois.

     

    QUELQUES DECRYPTAGES   DU NUCLEARISME  PAR UNE NON-SCIENTIFIQUE

    ou l'exercice du bon sens face aux « experts » pro-nucléaires

    « D'abord ils vous ignorent, puis ils rient de vous, puis ils vous combattent, puis vous gagnez » (Gandhi)

    Catherine LIEBER
    Membre du Comité Antinucléaire de Paris de 1972 à 1976
    Secrétaire de campagne de René Dumont sur les questions nucléaires
    Membre du Bureau d'Enfants de Tchernobyl-Belarus

    Yves LENOIR
    Membre en 1974-1975 du groupe de Travail – options techniques pour les déchets radioactifs,
    sous-groupe du groupe interministériel d'évaluation de l'environnement
    Président d'Enfants de Tchernobyl-Belarus

     


                                                  
    Préface

    Bien souvent, les lobbyistes de l'atome profitent de leur statut de scientifiques pour écraser de leur savoir les opposants, et les réduire au silence. Or, « le  bon sens étant la chose du monde la mieux partagée » selon Descartes, il nous est possible d'exercer notre simple logique pour apercevoir dans leurs discours et leurs agissements un certain nombre de mensonges, d'absurdités ou d'anomalies accessibles aux simples mortels que nous sommes. N'hésitons donc pas à exercer à leur encontre nos facultés de raisonnement, et ne nous laissons pas intimider par l'autorité qu'ils s'arrogent au nom des  compétences qu'ils prétendent avoir.

    QUELQUES ABSURDITES LOGIQUES COMMISES PAR LES « EXPERTS »:

    Probabilisme mal compris:
         Avant l'accident de Tchernobyl, les « experts » assuraient qu'il y avait une chance sur 2 millions qu'un tel accident se produise. (Le bulletin de l'AIEA de février 1983 présentait la filière RBMK - celle du réacteur de Tchernobyl - comme la plus sûre au monde).
         La conséquence implicitement (ou explicitement) tirée était : « un tel accident ne se produira jamais ».
         Erreur logique! En réalité, cela signifiait qu'un tel accident pouvait se produire... Ceux qui ont émis cette objection ont vu – à leur grand regret – les événements leur donner tragiquement raison!
         En fait, se lancer dans des calculs de probabilité sur l'éventualité d'un accident majeur est totalement dénué de sens. Les experts étaient satisfaits de pouvoir dire: la probabilité est infime. Mais ils avaient le tort de considérer (ou de laisser croire) que probabilité infime = 0 probabilité! Quelle probabilité infime y avait-il pour qu'un aigle tue Eschyle en laissant tomber une tortue sur sa tête? C'est pourtant ce qui s'est produit...
         Ce que l'on aurait dû  prendre en considération, c'est l'ampleur plus ou moins dramatique du risque (même infime) pris. Comme pour le pari pascalien, ce qui compte davantage que le calcul de probabilité, c'est la valeur de l'enjeu. En admettant le calcul (erroné) que l'on faisait, il y avait 1.999.999 chances que l'accident n'ait pas lieu. Mais l'unique risque qu'il se produise induisait la mort de centaines milliers de personnes, et de centaines de milliers d'autres êtres vivants, la contamination d'une partie de la planète pour des siècles, la dégradation du capital génétique de générations successives... On peut raisonnablement estimer que cet « enjeu » n'était pas acceptable.
       *
          Conduite à risque:
         Après Fukushima, instruit par l'expérience, Jacques Repussart, Directeur de l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, interviewé par Olivier Boulanger*, prône l'acceptation du risque – et notamment du risque nucléaire - en ces termes: « Le risque zéro n'existe pas. La vie de l'homme est pleine de risques (…) L'absence de risque, ce n'est même pas souhaitable sauf à ne plus rien faire ».
         Examen logique: Cette déclaration fait un amalgame de  tous les types de risques, comme s'ils étaient tous similaires. Elle assimile risques naturels et risques créés par l'homme, risques inévitables et risques évitables par une décision humaine.
        D'autre part, elle affirme une « logique » du tout ou rien: ou l'on refuse LE risque (tous les risques) et on ne fait plus rien, ou on accepte LE risque (n'importe lequel)  et on continue d'agir.
         Enfin, elle élude les questions de fond: qui accepte quel risque et pour qui?
    Et pourquoi?
    *Universcience .tv, video visible sur le site.
    *
        Causalité niée:
         On entend souvent cet argument: «Le lien entre contamination radioactive ( ou « faibles doses ») et augmentation du nombre des cancers (des leucémies, des malformations congénitales, des maladies cardiovasculaires, etc …) n'est pas prouvé scientifiquement».
        Admettons les prémisses (fausses) de ce raisonnement! Laissons de côté l'historique de cette absence affirmée de preuves scientifiques, et les diverses responsabilités dans cette absence prétendue.
         La conséquence abusivement tirée en est: « Il n'y a donc aucun lien entre cette contamination et les maladies (précitées) ».
         Erreur logique! Qu'un lien ne puisse pas être démontré scientifiquement ne signifie pas qu'il n'existe pas! Pour preuve, le lien entre tabagisme et cancer du poumon. Pendant des décennies, il a été nié par les marchands de cigarettes et leurs affidés, avec le même argument. Or, il existe bel et bien!
    *
         La charrue avant les boeufs:
         En avril 1974, à la fin d'une réunion officielle dans un cadre interministériel, consacrée à la question des déchets radioactifs, Yves Lenoir* demanda à Pierre Pellerin* pourquoi son service, à l'instar des études menées en grande Bretagne et aux Etats-Unis, ne lancerait pas une recherche épidémiologique sur la cohorte bien identifiée des professionnels exposés aux rayonnements ionisants dans l'industrie atomique nationale. Ce dernier lui répondit: « « Pourquoi chercher puisqu'on ne trouvera rien! »
        Aberration logique! Le moins que l'on puisse dire, c'est que cette attitude est en totale contradiction avec ce que l'on considère comme une démarche scientifique: la conclusion ayant été posée avant même l'examen des faits, on s'est dispensé de cet examen...
     *1-Yves Lenoir: Président d'Enfants de Tchernobyl-Belarus, membre en 1974-1975 du groupe de Travail – options techniques pour les déchets radioactifs, sous-groupe du Groupe interministériel d'évaluation de l'environnement. Anecdote rapportée dans sa conférence:  Et si on parlait de radioprotection , lesproduitsdujardin Edit.
    La première publication de cet échange se trouve dans Tchernobyl, la tragédie optimisée ,éditée en 1996 par les Amis de la Terre et le CEDI.
    *2-Pr Pellerin, Directeur du Service de Protection contre les Rayonnements Ionisants.
    *
           La charrue avant les boeufs (bis):
           Le gouvernement japonais  a fait sienne cette attitude.
         Anand Grover, rapporteur spécial du haut Commissariat aux droits de l'homme des Nations Unies, lui recommande lors d'une conférence à Genève, le 27 mai 2013, de « ne pas limiter les contrôles sanitaires des enfants au seul examen de la thyroïde et de les étendre à l'ensemble des effets sanitaires potentiels, notamment à travers des examens urinaires et de sang ». Le gouvernement japonais répond, dans un contre-rapport rendu public lors de la même conférence: « Pourquoi les examens de sang et d'urine sont-ils requis? Sur la base de la possibilité de quel type de troubles sont-ils justifiés? (…) Les examens de dépistage (…) ne doivent pas être imposés aux habitants locaux car ils constituent un fardeau inutile. »[C'est moi qui souligne]
         Pourquoi chercher d'éventuelles pathologies radioinduites, puisqu'il est décidé qu'on ne trouvera rien? Le plus insupportable, c'est que cette stratégie du camouflage se revêt du manteau de la philanthropie: « L'idée est inacceptable parce que nous ne devons en aucun cas accabler les riverains en les contraignant à subir des examens médicaux injustifiés. »
    *
         Un bon scientifique est un scientifique qui laisse sa sensibilité au vestiaire!
         Le Dr Austin M. Brues* présenta, dans un article de 1955, les généticiens inquiets des effets de la contamination radioactive sur le capital génétique de l'humanité comme des êtres guidés par leurs émotions, et donc incapables d'une étude scientifique objective. Un bon chercheur doit  être dénué de « sentimentalisme »... « Inhumain » serait peut-être le terme approprié?
    *
         Archaïsme de la pensée:
         Ce même Dr Brues* écrit: « Elles sont victimes [suite à une contamination radioactive]  parce qu'elles avaient besoin de l'être ». En d'autres termes,elle sont victimes parce qu'elles avaient intérêt à être malades (... ou même à mourir?)!
              Examen logique: on retrouve là un des schémas les plus archaïques de la pensée humaine. Si quelqu'un est frappé par le malheur, c'est qu'il en est responsable ou complice. De là à dire qu'il l'a cherché, voire mérité ...
    *Directeur  de recherche Biologique et Médicale  au laboratoire national Argonne, qui dépendait de l'AEC. Il publia cet article intitulé  The new Emotionalism in Research dans le Journal of Cancer Research, le 15 avril 1955
    *

         La « radiophobie », une invention bien commode:
         Les nucléocrates prétendent que l'augmentation des pathologies diverses chez les populations vivant en zones contaminées s'explique, non par la radioactivité à laquelle elles sont soumises, mais par la peur qu'elles en ont. Il s'appuient sur un concept « découvert » en 1985 par Mark Sheaffer, un psychiatre de Bethesda. Il cherchait une explication à la baisse d'immunité observée chez des personnes habitant près de la centrale de Three Miles Island. Or la théorie admise ne prévoit que cancers et malformations comme conséquences sanitaires de l'exposition à des doses non létales de radiation. Au lieu de s'interroger sur cette théorie que les faits remettaient en question, il l'a prise comme prémisse indiscutable d'un raisonnement déductif que l'on peut ainsi formuler: puisque la baisse d'immunité ne peut venir des radiations, alors celle-ci doit venir d'ailleurs. Ces personnes immuno-déprimées sont angoissées. Donc, c'est l'angoisse qui est la véritable cause de leurs troubles. CQFD.
         Il n'est pas surprenant que les nucléocrates aient adopté cette explication, et qu'ils en en aient usé et abusé: elle est si  merveilleusement opportune! Et si intéressante pour les lobbyistes de l'atome. Tout d'abord, elle permet de les dédouaner de la responsabilité des maladies additionnelles en zones contaminées. Les vrais responsables, encore une fois, ce sont les victimes, qui ont tellement peur qu'elles s'en rendent malades! Mais un autre avantage s'ajoute à celui-ci: la théorie de la radiophobie permet de désigner ceux qui dénoncent la nocivité de la radioactivité comme les seuls coupables, puisqu'ils nourrissent la peur en avertissant du danger! D'où un troisième avantage: on peut légitimer la censure - voire la répression - à leur égard.
         Cette théorie comporte cependant un AVEU de taille: il y a bien augmentation des pathologies en zones contaminées, puisqu'on est obligé d'en chercher l'explication...
      *
         Atteinte au principe de non-contradiction:
         Une étrange distorsion de la pensée se fait jour, quand on examine les divers discours des nucléaristes: ils affirment en même temps un principe d'incertitude – « il y a controverse sur l'effet des faibles doses, on ne sait pas, rien n'est prouvé, l'impact de Tchernobyl sur l'augmentation des pathologies est impossible à distinguer en pratique parmi tous les autres facteurs »...etc – et un dogmatisme péremptoire dès qu'il est question de l'avenir des populations contaminées – « il n'y aura pas de morts dues aux radiations » (déclaration de Claude Allegre dans les jours qui ont suivi Fukushima)...
         Ces gens savent-ils encore ce que réfléchir veut dire?

    ANALYSE DE FORMULATIONS REVELATRICES:
      
         Saut dans l'inconnu:
         En 2011, Jacques Repussart, , directeur de radioprotection et de sûreté nucléaire, intervient* lors de l'audition parlementaire ouvrant le séminaire du CODIRPA* sur la gestion des accidents nucléaires: « Il faut accepter de se préparer à des situations complètement inimaginables », déclare-t-il.*
    *1-cf. le Figaro.fr du 06/05/2011
    *2-CODIRPA: Comité Directeur pour la gestion de la phase Post-Accidentelle d'un accident nucléaire ou d'une urgence radiologique. Mise en place depuis 2005 par l'ASN.
    *3-La phrase de Repussart ne concerne pas l'exercice CODIRPA, qui part d'hypothèses d'accidents définies. Elle se réfère à ce qui dépasse de façon « inimaginable » ces hypothèses.
         Examen logique:Comment diantre se préparer à ce qu'on ne peut pas imaginer? Comment se protéger de ce qui dépasse nos capacités de prévision? Que signifie, dans cette optique, « se préparer »? Eh bien, sans doute se préparer psychologiquement, toute autre préparation apparaissant comme une gageure impossible à remplir! *Et se préparer psychologiquement, ce ne peut être que se résigner à subir ce que l'on ne peut même pas anticiper.
         Le non-scientifique s'étonne! Les « experts » qui se targuent d'être les plus savants et les plus rationnels des hommes semblent incapables d'entrevoir le simple « imaginable », et d'envisager la plus logique des protections: refuser cet inimaginable qui se profile en abandonnant l'énergie qui le suspend sur nos têtes.
    *Cette conclusion à laquelle mène le simple bon sens est confirmée par l'examen des textes  qui suivent...
    * Pour plus d'information, voir la Note 1.
    *
         Créer un homme nouveau, « l'homo atomicus »:
         A la même époque que le Dr Brues, le Dr John Bugher * récuse les craintes d'un généticien en ces termes: « ...notre problème d'ajuster l'homme à un monde dans lequel l'énergie nucléaire est largement utilisée est suffisamment sérieux pour qu'on se dispense d'exagérer la portée de petites probabilités évanescentes ».
         Examen logique:  ce médecin considère que sa tâche fondamentale, autrement plus « sérieuse » que celle de s'inquiéter du patrimoine génétique de l'humanité, consiste à « ajuster l'homme » au monde que lui préparent ses pairs! Il ne s'agit donc pas de construire un monde pour l'homme,  mais d'adapter l'homme au monde qu'on lui construit.
         Admirons les termes choisis pour déconsidérer les inquiétudes exprimées: « petites probabilités évanescentes ». « Ah, qu'en termes galants ces choses-là sont dites! »(Le Misanthrope de Molière)
    *Directeur de la division biologie et médecine de l'AEC. Cette réponse est citée dans la conférence d'Yves Lenoir, Et si on parlait de radioprotection.
    *
         Créer un homme nouveau, « l'homo ignarus»...:
         Après Fukushima, le physicien sud-coréen Jaiki Lee* appelle de ses voeux « une réforme de la perception du public qui doit apprendre à vivre avec le nucléaire », considérant que « la curiosité tue » bien davantage que les radiations!
         Il faut avouer qu'il y a une cohérence parfaite et une impressionnante continuité des discours, à travers les décennies. Faut-il parler de formatage?
    *Nippon Foundation International Expert Symposium, colloque Radiation and health Risks, 11 et 12 septembre 2011 à Fukushima.
    * Pour plus d'information, voir la Note 2.
    *

            Créer un homme nouveau, « l'homo docilis ...»:
         La psychiatre Evelyn Bromet*, intervenant dans le projet psychiatrique mis en place à Fukushima, considère « la méfiance envers les autorités comme un facteur de risque pour la santé mentale ».
        Examen logique:  la dissidence assimilée à un problème psychiatrique, cela rappelle quelque chose...Que fera-t-on de ceux qui s'obstineront  à se méfier?
    * colloque déjà mentionné Radiation and health Risks.
    *
        ...ou « l'homo patiens»:
        Toujours très soucieux de la santé mentale des personnes soumises à une contamination radioactive, les psychiatres envisagent maintenant de travailler en amont de la catastrophe. Craig Katz, psychiatre à l'Icahn School de New York*, constatant que les victimes d'affections psychopathologiques consécutives à une catastrophe présentent souvent des prédispositions aux troubles mentaux et des traumatismes antérieurs à celle-ci, recommande de « rendre la population mentalement plus saine avant la catastrophe, de manière à ce qu'elle soit mieux préparée lorsque survient cette dernière. »
    *FMU-IAEA International Academic Conference, Radiation, Health and Society, 21-24 novembre 2013, Fukushima. Cette idée apparaissait déjà dans les discussions préalables à la rédaction de la constitution de l'OMS, dans les années 1946-48.
    *
          Les cavaliers de l'apocalypse:
         Le rapport N° 151  dans la base TRS de l'OMS, en date de 1958, se termine par ces considérations édifiantes à propos des rapports entre dirigeants et savants: «Enfin, si l'on considère la position des dirigeants et des autorités, il y a peu d'espoir qu'une forme quelconque d'action et d'éducation sur le plan de la santé mentale amène une modification générale de leurs attitudes.
    (...) Cependant, du point de vue de la santé mentale, la solution la plus satisfaisante pour l'avenir des utilisations pacifiques de l'énergie atomique serait de voir monter une nouvelle génération qui aurait appris à s'accommoder de l'ignorance et de l'incertitude et qui, pour citer Joseph Addison, le poète anglais du XVIII° siècle, saurait 'chevaucher [dans]l'ouragan et diriger la tempête'. »
         Deux remarques:     
         Si l'on traduit cette belle déclaration, elle signifie que l'énergie atomique civile a besoin, pour prospérer, que les dirigeants ne cherchent pas à savoir et se préparent à gérer des catastrophes par avance acceptées.
         On est obligé de conclure que la démocratie n'a pas à s'exercer en ce qui concerne l'énergie nucléaire: car les élus, acceptant l'ignorance, gèreront en se contentant d'appliquer les décisions d'experts non-élus ( comme ceux de l'AIEA à Fukushima).
    *
         Les chiffres qui effacent l'homme:
         Le Chernobyl Forum (2003-2005) formule ainsi ses prédictions concernant l'état de santé des « personnes ayant été plus spécifiquement exposées »: « la hausse possible de la mortalité par cancer provoquée par cette exposition aux radiations ne pourrait pas dépasser quelques petits pour-cents. Cela pourrait finalement représenter jusqu'à 4000 cancers mortels... »
         Examen logique: laissons de côté le caractère scandaleusement faux de cette évaluation. Même si elle était vraie, elle devrait susciter l'indignation! La vie humaine est réduite à des chiffres, ce qui lui ôte tout caractère individualisé, et réduit le crime à un simple calcul. Des « petits pour-cents », ce n'est rien! (Ainsi les déportés étaient-ils réduits à des nombres inscrits sur leur chair avant d'être exterminés). Mais la traduction qui suit – 4000 morts – devrait faire réfléchir. C'est plus que le nombre de morts du World Trade Center, l'attentat terroriste  meurtrier qui a traumatisé le monde occidental... D'où vient l'indifférence à l'égard de ce chiffre?
         Entrer dans le débat sur les chiffres est certes une nécessité. Mais c'est accepter une vision purement  comptable dont la conséquence perverse est de faire oublier de quoi – de qui – on parle. Voilà pourquoi le regard d'un non-scientifique peut être irremplaçable dans certains cas. Les controverses spécialisées ne sont pas de son ressort, et ne le détournent pas de l'essentiel: la réalité humaine dissimulée par les chiffres. Ce que voit le non-scientifique, c'est que pour les nucléocrates, il y a un certain nombre de morts qu'ils considèrent comme dérisoire et sans importance: 4000, peut-être plus?... On devrait leur demander où ils situent leur plafond d'acceptabilité...
    *
         « Tout ce qui ne tue pas rend plus fort »!
         Gerry Thomas, directrice de la Chernobyl Tissue Bank à Londres, analyse* ainsi l'accroissement des cancers de la thyroïde provoqué par la contamination radioactive, seule conséquence que n'ont pu nier les nucléocrates: « Finalement, le cancer de la thyroïde est facilement soigné (…) De nos jours, avoir un cancer ne signifie plus mourir ».Ouf! Tout va bien!
         Examen logique: Être opéré, subir radiothérapie et chimiothérapie, vivre sous traitement permanent pour remplacer l'organe qui a dû être enlevé, c'est sans importance, du moment que l'on n'en meurt pas! Oui à la maltraitance, du moment  qu'elle ne tue pas!
     *Libération, 12 mars 2012
      
    EXAMEN DE FAITS SIGNIFICATIFS:

      « Ne laissez pas les intellectuels jouer avec les allumettes » (Prévert):
         On s'est lancé dans le développement d'une activité humaine créatrice de déchets hautement toxiques – et ce, pour des millions d'années en ce qui concerne certains de ces déchets - avant de savoir si on pourrait éliminer leur toxicité.
         Qu'en déduire? Qu'on est en présence de fous dangereux et irresponsables.
         Dire, comme n'ont cessé de le faire les  adorateurs du nucléaire, « la science trouvera », relève de la pensée magique, non de la rationalité dont ils se réclament.
         Qu'a donc trouvé « la science »? Enfouir ces déchets.
         Traduction: On met la poussière sous le tapis.
    *
         « Ne laissez pas les intellectuels... » (bis):
         Le non-scientifique, réfléchissant à la question des déchets, s'aperçoit qu'il faut y inclure les centrales nucléaires arrivées au terme de leur utilisation. Or leur démantèlement pose des problèmes considérables, que les promoteurs du nucléaire ne savent pas gérer. En d'autres termes, on a construit des usines d'un type nouveau, posant un problème nouveau – la contamination radioactive irréversible et massive des matériaux les constituant– avant d'avoir déterminé comment on pourrait répondre à ce problème nouveau.
        Suggestion malveillante:
         Certes, le raisonnement qui amène à prolonger la vie des centrales nucléaires au-delà de leur durée prévue est essentiellement économique, d'une nature très classique pour tout ce qui touche aux infrastructures: elles coûtent très cher, il faut les faire durer. En outre, leur renouvellement coûte plus cher que leur maintien en service.   Mais on ne peut que constater qu'en retardant le moment de fermer les centrales nucléaires existantes, les nucléocrates retardent du même coup la mise en évidence de leur imprévoyance et leur incurie. Cela tombe bien!
         Examen logique des deux derniers points: une génération de décideurs a créé un problème dont elle n'avait pas la solution et a laissé aux générations qui la suivraient le soin de le résoudre. N'y a-t-il pas là une perversion, voire un renversement,  du lien transgénérationnel? Aux enfants de réparer les dégâts causés par leurs parents immatures...
    *
        Dormez tranquilles, braves gens! :
         Jacques Lochard, un des grands pontes du projet ETHOS*, membre de la CIPR, s'insurge contre l'évacuation prétendument abusive des populations en ces termes:  « On ne va pas évacuer contre leur gré des centaines de milliers de personnes pour les protéger d'un risque minime. »
         Encore une fois, le camouflage prend l'apparence de la philanthropie: il s'agit de respecter la liberté des gens qui ne veulent pas partir de chez eux! Pourquoi ne veulent-ils pas partir? Sont-ils tous volontaires pour rester? Qu'est-ce que le « risque minime » dont parle Lochard? Qui a décrété que ce risque était minime? Ne soyons pas trop curieux... C'est plus dangereux que d'être irradié!
    *Ethos in Fukushima, programme sous l'égide de la CIPR.
    *
        Pas de panique!
         Après l'accident de Tchernobyl, le bulletin d'avril 1987 de l'AIEA précise, à propos de l'évacuation des populations hors des zones contaminées: « la sélection des niveaux de danger impliquant l'introduction de telle ou telle mesure de protection ne doit pas être seulement basée sur des considérations quant au risque biologique d'une exposition aux radiations, mais aussi sur l'effet psychologique négatif et la nocivité pour la santé publique qui pourraient résulter de la mise en oeuvre d'une mesure donnée ».
        Traduction: il vaut mieux laisser les gens vivre dans des zones dangereuses pour leur santé que de leur faire peur en les évacuant.
         Un avantage de cette option, c'est qu'elle dissimule l'ampleur du désastre. Moins on évacue, plus les conséquences de l'accident paraissent minimes!
    « Sur les noires couleurs d'un si triste tableau
    Il faut passer l'éponge et tirer le rideau » (Rodogune de Corneille)*
            Soulignons cependant que cette explication donnée par l'AIEA constitue en même temps un AVEU: on a laissé sciemment des populations vivre dans des zones où existe un « risque biologique » dû à « une exposition aux radiations ».
    *C'est aussi l'application du Principe d'Optimisation de la CIPR, examiné ci-après.
    *
         « Le veau d'or est toujours debout! » (Faust de Gounod):
         Le Principe d'Optimisation, ardemment défendu par le Dr Henri Jammet*, conditionne les mesures de protection radiologique à leur coût, comparé à celui des dommages sanitaires qu'elles éviteraient, quand rester dans les limites des doses légales n'est plus tenable.
         Traduction: on ne protège pas quand cela coûterait plus cher que de gérer ensuite les dommages sanitaires.
    *1° chef du Service de Protection Radiologique du CEA en 1951, représentant de la France à l'UNSCEAR (United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiations), vice-président de la CIPR (Commission Internatio-
    nale de protection Radiologique).
    *
         « Circulez, il n'y a rien à voir! » (Coluche):
         Le Japon a adopté une loi « de protection du secret spécial d'Etat » le 6 décembre 2013. Selon cette loi, tout élément relatif à la sûreté des centrales nucléaires et aux conséquences d'un accident sur les populations relève désormais de la diplomatie étrangère, de l'anti-espionnage et de la lutte anti-terroriste. Ainsi, quiconque voudra dévoiler, voire même simplement étudier, les effets de la catastrophe de Fukushima se verra passible de 5 à 10 ans de prison!
    *
         Assurons-nos arrières:
         L'AIEA a proposé  un accord qualifié de Practical Arrangements à la Préfecture de Fukushima, au Ministère japonais des AE et à l'Université médicale de Fukushima. Dans les clauses de cet accord figurent – parmi d'autres- celles-ci:
    (8)- chaque partie assure la confidentialité de toute information classée confidentielle par l'autre; (10)- le gouvernement japonais accepte l'accord sur les privilèges et l'immunité de l'AIEA.
         Examen logique: La confidentialité n'étonne pas. Elle est dans la droite ligne de l'attitude déjà rencontrée sur ce sujet... Mais soulignons cette « immunité » que se garantit l'AIEA: c'est une clause classique qui protège tout fonctionnaire expert international dans l'exercice de son mandat onusien. Mais elle prend une résonance bien particulière quand il s'agit de santé publique et d'atome, car s'assurer l'immunité dans ce cas, c'est envisager un possible délit, voire un crime, d'avance impunis!  
          

    UNE MISE EN CAUSE DU DOGME DE  L'IMMACULEE SCIENCE

         Renversons les idoles.
         La science bénéficie d'une image de marque d'humanisme, de philanthropie, de désintéressement qui fait que l'on ne peut soupçonner ses pratiquants de mensonges ou de crimes délibérés. Or la naïveté n'est plus acceptable après ce que nous a montré le XX° siècle. Il est bien connu, par exemple, que des médecins ayant prêté le serment d'Hippocrate ont fait des expériences atroces sur les cobayes humains des camps de concentration. On sait aussi que des expériences ont été faites sur des citoyens américains pour tester l'effet de la radioactivité sur leur organisme, et ceci sans leur demander leur avis ni même les prévenir. Ces exemples, parmi beaucoup d'autres, interdisent dorénavant de considérer les scientifiques comme intrinsèquement bons et honnêtes, à moins de préférer mettre la tête dans le sable!
    *
         Science et « total-nucléarisme »*:
         N'oublions pas que la pratique de la science et le statut qui en découle pour ses pratiquants leur donnent un pouvoir. Comme tout pouvoir, il entraîne des dérives et des abus qui peuvent aller jusqu'au totalitarisme. Le totalitarisme est un système d'oppression et de massacre  fondé sur l'adoration d'une loi ou d'une valeur considérées comme supérieures à la vie humaine: la vérité unique et exclusive détenue par  l'Eglise catholique (Torquemada et l'Inquisition), la suprématie de la race aryenne (Hitler et le nazisme), la dictature du prolétariat (Staline), le message absolu et univoque du Coran (l'islamisme). Pour les nucléaristes, l'énergie nucléaire est une activité sacrée au culte de laquelle la vie humaine peut être sacrifiée.
    *Thierry Ribault, chercheur au CNRS, parle de « national-nucléarisme ».








    PROPOSITION DE LOI:

          Décret n°1:Tous les décideurs qui préconisent l'énergie nucléaire et travaillent à sa propagation sur la planète sont obligés de signer un texte où ils s'engagent à aller sur les sites des accidents majeurs qui se produiront pour y accomplir la tâche des « liquidateurs ».

       Décret n°2: Une commission internationale est créée pour vérifier qu'ils respectent leur engagement quand adviennent les circonstances qui l'exigent, et pour les y contraindre s'ils s'y refusent.

         Cette loi applique la règle suivante: « les conseilleurs sont les payeurs »!

    Postface
        
         Cette analyse de quelques textes et commandements des nucléaristes reste ouverte. Elle n'épuise pas la matière abondante fournie par ces derniers. Le but que j'ai poursuivi en l'écrivant est de donner à chacun l'envie de poursuivre ce travail (jouissif) de démystification. Usez de votre esprit critique, ne nourrissez aucun complexe face aux grands prêtres du nucléaire à tout prix, et ne leur accordez surtout pas  un crédit  qu'ils ne méritent pas.
         Bien entendu, il ne s'agit pas de se satisfaire de l'ignorance et de se contenter d'un bon sens dénué d'informations précises et de connaissances de base. C'est pourquoi ce texte a été écrit avec la participation active d'Yves Lenoir, un scientifique. Ne nous reposons pas sur la conviction erronée qu'un non-scientifique ne peut pas comprendre le minimum nécessaire à une appréhension basique du problème! Il faut s'instruire autant qu'on le peut et ne pas laisser à d'autres le monopole de la réflexion, surtout quand on voit clairement quel mauvais usage ils en font!
    *
    Les citations que j'analyse sont extraites en grande partie d'une conférence d'Yves LENOIR: Et si on parlait de radioprotection?, d'un texte de Thierry RIBAULT: Le désastre de Fukushima et les sept principes du national-nucléarisme, et de la thèse de Christophe JOLLY: Thresholds of Uncertainty: Radiation and Responsibility in the Fallout Controversy.
    ________________________________________________________________________________________________

        NOTES POUR INFORMATIONS SUPPLEMENTAIRES

    1- On a commencé à s'interroger sur la préparation d'une population à une catastrophe majeure dans la période la plus intense de la course aux armements dans les années 50. Voici une réflexion très lucide d'Eisenhower, que l'on trouve dans ses cahiers, écrite vers la fin de son second mandat. Extraits des archives de D. Eisenhower à propos de la guerre thermonucléaire, dans les années 56-58 :
    “Plans are worthless but planning is absolutely invaluable.
    “For a general thermonuclear war, however, neither plans nor planning has great value.
    “The heavy casualties would undermine public support for the government and might result in the disintegration of the national government. This scenario might be avoided if the pu­blic is prepared emotionaly and psychologically…
    “I was searching desperately to find the best thing for us to do at the present time in order to minimize the terrible results of a nuclear attack…
    “The first priority of the government would be to protect the remaining population from the residual radiation. Given the depleted state of health care, the destruction of food sources, and the severe disruptions to  monetary, communication, trans­portation, and power systems, this would be difficult.
    “The economy would suffer from complete paralysis, and government control, especially at the federal level, would be severely compromised.
    “… there could be no possibility of our exercising a repre­sentative free government for two decades at the minimum.
    “I emphasize again the vital need for an effective disarma­ment program.”

    Transposition dans le cas d'un accident atomique ma­jeur (un réacteur contient autant de radioactivité qu'en produisent 1 000 explosions atomiques)
    “Dans le cas de la destruction totale d'une centrale, aucun plan, ni aucune planification ne servent à grand-chose.
    “La population pourrait perdre toute confiance dans le gou­vernement au point de provoquer la désintégration de ce der­nier. Ce scénario pourrait être évité en préparant le public sur les plans émotionnel et psychologique.
    “Je cherche désespérément la meilleure chose à faire aujour­d'hui pour minimiser les terribles conséquences d'un ac­cident atomique maximal…
    “Le gouvernement devrait prioritairement protéger le reste de la population de la radioactivité répandue partout. A cause de la désorganisation de l'ensemble des services de santé, des systèmes de transport, de fourniture de nourriture et d'électri­cité, ce serait difficile.
    “L'économie pourrait endurer une paralysie complète et le contrôle gouvernemental, surtout au niveau central, serait sévè­rement compromis.
    “… nous perdrions durant deux décennies au moins la pos­sibilité d'un exercice démocratique du pouvoir.
    “J'insiste de nouveau sur le besoin vital d'un programme d'arrêt de l'exploitation de l'énergie atomique.”
    *
    2- Une partie des « élites » de la radioprotection est persuadée que l'Homme et la Nature ont une capacité d'adaptation aux radiations. Voilà ce que rapporte Yves Lenoir, qui participait avec l'agronome Patrice Miran  à une réunion de travail le 18 avril 1988 dans le local du chef-lieu du raïon de Novozybkov (oblast de Briansk), près de la frontière Biélorusse. Parmi les participants : Eduard P. Shiker, médecin chef de l'hôpital du raïon et l'adjoint au maire chargé de l'agriculture, Valeri Nikolaïev. Novozybkov est l'une des villes les plus contaminées de Russie. Sa population n'a pas été évacuée.
     Vers la fin de cette  conférence de travail, le radiobiologiste D. Popov, adjoint du Directeur de l'Institute of Radiation Hygiene de Léningrad et membre de la CIPR, V. Ramzaev, a déclaré: « Les gens s'adaptent parce qu'ils ne font pas attention, qu'ils vivent comme avant. Les gens qui ne font pas systématiquement le lien entre maladies et radiations s'adaptent. Ce n'est pas une théorie : c'est une observation ! On pourrait ne pas mesurer [la radioactivité], mais il le faut pour leur prouver que leur peur n'est pas justifiée. »
    *
    Comme le constate Alain Bouc:
    "Il est très difficile d'enlever des cerveaux les approximations, les clichés et le prêt-à-penser. Il me semble que tout travail authentique de recherche met en lumière des réalités qui étonnent et qui heurtent et qui, de ce fait même, n'ébranleront  pas beaucoup les certitudes du lecteur moyen. Après un instant d'interrogation, il en revient à ses convictions antérieures."
    Essayons, nous,  de ne pas être ce « lecteur moyen »...
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  • Le terrorisme, la conférence climat, et le nucléaire.

    La COP 21 sera à coup sûr une nouvelle ratée et surtout, dans le contexte actuel, une excellente occasion pour le pouvoir de museler la contestation.

    Gaulois.

     

     

    Une contribution de Pierre Péguin Physicien.


    votre commentaire
  • Le déni des responsabilités du nucléaire par les institutions officielles de l’ONU

    La secte nucléaire, fidèle à ses pratiques du mensonge et de la désinformation, prend toute son expression dans ce texte qui dénonce les carences de l'ONU, à travers

    l'OMS  https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_mondiale_de_la_sant%C3%A9

    l' UNSCEAR   http://www.unscear.org/

    et l'AIEA  https://www.iaea.org/


    Combien faudra-t-il encore de catastrophes nucléaires, avant que ces organisations cessent d'en être les promoteurs ? 

    Gaulois. 


    Publié le 30 octobre 2015

    http://www.vivre-apres-fukushima.fr/le-deni-des-responsabilites-du-nucleaire-par-les-institutions-officielles-de-lonu/

    Texte original en anglais :  http://www.fukushima-is-still-news.com/2015/10/children-cancers-radiation.html


    Un texte du Dr Gordon Edwards président du CCNR
    CCNR: Canadian Coalition for Nuclear Responsibility
    en version française: Regroupement pour la Surveillance du Nucléaire: RSN
    <<
    26 octobre 2015
    Deux organismes internationaux associés à l’organisation des nations Unies -–l’UNSCEAR et l’OMS –n’ont pas hésité à affirmer qu’il ne sera pas possible de prouver que les conséquences néfastes sur la santé du désastre de Fukushima sont attribuables aux rayons. Ils se basent sur une argumentation mathématique abstraite, sans aucune preuve médicale, et sans connaître les doses individuelles de rayonnements ionisants reçues par les citoyens japonais habitant dans le région où la catastrophe de Fukushima a eu lieu.
    Ces organismes ne nient pas qu’il y aura de nombreux cancers, leucémies, effets génétiques et autres maladies causées par l’accident dans les décades à venir; ils disent simplement qu’il est peu probable que quiconque sera en mesure de prouver, hors de tout doute raisonnable, en utilisant des méthodes statistiques, que ces décès supplémentaires seront causés par l’exposition des gens à la radioactivité provenant des réacteurs de Fukushima dai ichi.
    John Gofman, un physicien nucléaire pionnier qui est devenu un chercheur médical primé, a appelé cela « le crime parfait »: vous savez qui a été tué, vous connaissez la cause du décès, vous savez qui en est l’auteur, mais vous ne pouvez pas le prouver.
    Et en effet, ces deux organismes internationaux n’ont absolument rien fait pour aider à recueillir les éléments qui auraient permis de prouver quelque chose: c’est à dire collecter des données sur les expositions individuelles; ce qui aurait pu être fait par exemple en collectant systématiquement les dents des bébés par localisation géographique. Les dents des bébés pourraient avoir absorbé du strontium 90 ou d’autres radionucléides ostéotropes et auraient donné une estimation approximative de l’exposition aux radiations des jeunes enfants en fonction de leur emplacement.
    Toutes les maladies radio-induites consécutives à une exposition chronique de faible niveau ont une «période de latence» qui se mesure en années ou en décades avant que les effets médicaux complets ne soient visibles dans la population exposée.
    Les cancers de la Thyroïde ont l’une des périodes de latence les plus courtes, spécialement chez les jeunes enfants; de sorte que cette maladie est la première chose à rechercher. Au Belarus, plus de 5.000 enfants ont du subir l’ablation chirurgicale de leur glande à la suite de l’accident de Chernobyl; et dans ce cas la période de latence a été d’environ 5 ans.
    Dans la région de Fukushima le nombre de cancers de la thyroïde chez les enfants a été tellement plus grand que prévu qu’il est difficile d’échapper à la conclusion que ces cancers en plein accroissement sont dus aux radiations.
    Ironiquement, ceux qui mettent leur foi dans les estimations à vue de nez de l’UNSCEAR et de l’OMS soutiennent que la relation de cause à effet ne peut être prouvée en l’absence de mesures de dose individuelles.
    Ainsi, on pourrait conclure, en l’absence de preuves et de doses individuelles, que ces cancers ne SONT PAS causés par les rayons,
    mais on ne pourrait pas conclure que ces cancers SONT provoqués par les radiations alors qu’on constate une augmentation de 20 à 50 fois du nombre de cancers de la Thyroïde, quoiqu’on n’ait pas de données sur les doses individuelles ?
    Le Comité scientifique des Nations Unies sur les effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR) a été vivement critiqué par l’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW), lauréate du prix Nobel, pour avoir une approche biaisée envers les conséquences médicales de la triple fusion des coeurs de Fukushima; l’UNSCEAR en effet nie ou minimise les conséquences sur la santé des émissions radioactives des réacteurs accidentés.
    «Alex Rosen, de l’IPPW-Allemagne, un des principaux auteurs de la critique, affirme que l’UNSCEAR est composé de délégués d’états nucléaires qui ont des intérêts et une vue biaisée sur l’énergie nucléaire. Leur rapport sur la catastrophe nucléaire se fonde plus sur les publications de l’industrie nucléaire que sur des sources indépendantes; il omet ou interprète de façon erronée des aspects cruciaux sur l’exposition aux rayonnements et il utilise des hypothèses contestables comme base pour ses calculs.»
    Voir: http://tinyurl.com/n9wkqxr
    Par ailleurs l’organisation Mondiale de la santé (OMS) est liée par un accord signé il y a longtemps (1959) avec l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA); Il limite la capacité de l’OMS à procéder à des études ou à publier des rapports sur les effets observés chez les populations exposées aux rayonnemens nucléaires émis par les installations nucléaires autorisées.
    Voici un extrait de l’accord:
    «..L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) reconnaît à l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) la responsabilité première d’encourager, assister et coordonner la recherche sur, et le développement et l’application pratique de l’énergie atomique à des fins pacifiques à travers le monde; sans préjudice du droit de l’OMS de promouvoir, développer, assister et coordonner l’action sanitaire internationale, y compris la recherche sous tous ses aspects…
    Chaque fois qu’une des associations se propose d’entreprendre un programme ou une activité dans un domaine où l’autre organisation a ou pourrait avoir un intérêt substantiel, la première partie s’engage à consulter l’autre en vue de régler la question d’un commun accord.»
    Gordon Edwards, président du RSN.
    L’auteur poursuit:
    En signalant une émission de TV Canadienne au cours de laquelle il a parlé de l’incidence élevée des cancers de la thyroïde:
    https://www.youtube.com/watch?v=Xk1L_JHHFuA&feature=youtu.be
    Il signale que: La principale source d’iode alimentaire au Japon c’est les algues et non pas l’ingestion de lait comme c’est le cas en Europe et en Amérique du nord. Il est probable que cet iode alimentaire est la cause de la hausse dramatique des cas de cancers de la Thyroïde chez les enfants japonais
    >>

    Note
    Effectivement, les japonais consomment régulièrement des algues. Qui contiennent de l’Iode.
    Si les algues contiennent de l’Iode radioactif, il ne peut pas s’agir de l’Iode 131 rejeté lors de l’accident de 2011. Il ne peut s’agir que d’Iode rejeté récemment par la centrale ruinée.
    En effet la période de l’Iode 131 est de 8 jours; au bout de 3 mois il a perdu son activité radioactive.
    On a trouvé en juillet 2015 de l’Iode 131 dans les boues d’une station d’épuration à Gunma (voir l’article).Il est donc très vraisemblable que les réacteurs en ruine émettent encore actuellement de l’Iode radioactif et sont capables de contaminer les algues.
    Des mesures et des précisions seraient bienvenues sur ce sujet.

    Le RSN est un organisme sans but lucratif, reconnu par gouvernement fédéral canadien en 1978. Il est voué à l’éducation et à la recherche concernant toutes les questions qui touchent à l’énergie nucléaire, civiles ou militaires — y compris les solutions alternatives au nucléaire — et tout particulièrement celles touchant au Québec et au Canada.
    Le site du RSN (en français)
    http://ccnr.org/index_f.html
    http://ccnr.org/index_fuk.html
    le texte d’origine en anglais:
    http://www.fukushima-is-still-news.com/2015/10/children-cancers-radiation.html
    Le site de «independent WHO» qui milite pour l’indépendance de l’OMS vis à vis de l’AIEA
    http://independentwho.org/fr/

    Les critiques du rapport de l’UNSCEAR:
    La critique du rapport de l’UNSCEAR par les médecins de l’IPPNW
    http://www.vivre-apres-fukushima.fr/les-medecins-de-lippnw-critiquent-severement-le-dernier-rapport-de-lunscear/
    Vous pouvez y trouver un résumé de leurs critiques et en télécharger la version française intégrale
    La critique par le Dr Keith BAVERSTOCK
    http://www.vivre-apres-fukushima.fr/la-critique-du-rapport-2013-de-lunscear-sur-les-consequences-de-fukushima-en-francais/
    La critique par les 40 ONG:
    http://www.vivre-apres-fukushima.fr/40-ong-ont-demande-a-lonu-la-revision-du-rapport-de-l-unscear-sur-les-consequences-de-fukushima-pour-la-sante/
    Le rapport de l’UNSCEAR:
    http://www.unscear.org/docs/reports/2013/13-85418_Report_2013_Annex_A.pdf
    Le 30 octobre 2015
    L’information en français sur Fukushima:
    La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
    Les Veilleurs de Fukushima
    le site de l’ACRO
    et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
    et dans la colonne de droite de cette page.


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  • Le réacteur nucléaire EPR

    Tout va bien !

    Deux sources d'informations qui vont dans le même sens, l'EPR est un fiasco! Ne riez pas, car c'est bien avec nos sous que nous payons les indemnités de retard, les énormes surcoût et cela pour tenter de mettre au point une bombe à retardement.
    Vous êtes-vous seulement posé la question de savoir pourquoi EDF augmente ses tarifs dans des proportions qui frisent l'escroquerie. Bon ! Si vous êtes masos, c'est à vous de voir.

    Gaulois. 

    Copiez les liens dans votre navigateur..

    C.R.I.L.A.N.
    Association loi 1901, agréée au titre de l’article L.141-1 du code de l’Environnement.
    Siège social : 10 route d’Etang Val, 50340-Les Pieux-
    Tel : 02 33 52 45 59   -  www.crilan.fr
    Siret n° 442 001 285 00018, Association N° W5000033 ,Code NAF 9499Z

    COMMUNIQUE :
    Nouveaux retard et surcoût pour L’EPR de Flamanville .
    Le PDG d’EDF annonce le plus sérieusement du Monde.... l’optimisation du chantier.

    Avec la morgue technocratique habituelle aux hauts dirigeants d’EDF, la nouvelle direction persiste dans son incurie et sur un ton très détaché, annonce aujourd’hui nouveaux retards et surcoûts pour le réacteur EPR de Flamanville  !

    Quoi que semble en penser le PDG d’EDF, les retards pour la mise en marche n’améliorent pas la situation de la “ vitrine commerciale” dont le pouvoir nucléaire et Sarkozy avaient autorisé travaux et essais par décret jusque la date limite du 10 avril 2017. Que  va-t-il  maintenant se produire sur le plan législatif si le chargement et  la mise en marche de l’EPR ne deviennent effectives qu’à la fin 2018 ?
    - Va-t-on passer outre à la légalité comme EDF l’a déjà fait à Flamanville lors de la construction des premiers réacteurs?
     - Va-t-on promulguer un nouveau décret, en prolongation du premier, attaquable en justice?

     De 3 milliards en 2005, le coût estimé par EDF passe maintenant à 10, 5 milliards en 2015, soit 350 %  d’augmentation !  Ce qui n’est pas pour nous surprendre puisque cela fait trois ans que nous avions annoncé le même chiffre sur la foi d’informations internes à EDF  .Et si les travaux continuent, le coût va encore s’alourdir.Quel sera son montant fin 2018?  Et en conséquence, quelle augmentation du coût de l’électricité nucléaire?

    Arrêtons les frais et le totalitarisme nucléaire !

    L’exemple du surgénérateur Super Phénix n’a pas à l’évidence servi de leçon : 6 fois plus coûteux qu’un réacteur classique, mis en marche, arrêté, puis remis en marche, plusieurs fois  pour une production d’électricité de 3 à 5 % de ses capacités théoriques, il ne fut  abandonné définitivement  qu’en 1997...Et si on s‘acheminait vers la même situation ?
    Si le chantier devait être arrêté, ce n’est ni aux travailleurs, exécutants, ni aux consommateurs mais aux décideurs de payer leur incurie.  Rappelons que dans les années 80, lorsque la construction des couloirs de lignes THT vers Rennes et Caen avait été interrompue par décision de justice, les lignards avaient continué à percevoir leur salaire.

    Il est urgent d’arrêter le réacteur le moins sûr du monde et ses multiples avatars technologiques, le plus coûteux et le plus inutile, dont on veut exporter les surplus de production nucléaire vers la Grande Bretagne et British Energy...filiale d’EDF.Nous n’avons pas à prendre de tels risques pour des décideurs apprentis sorciers.


    Observatoire du nucléaire - http://www.observatoire-du-nucleaire.org
    Communiqué du jeudi 3 septembre 2015

    Réacteur nucléaire EPR de Flamanville repoussé à 2018 :
    l'arrêté de création sera caduc dès le 11 avril 2017 !
    - L'arrêté officiel prévoit un chargement en combustible avant le 11 avril 2017
    - L'Enquête publique et le Débat national sont caducs et devront être refaits
    - L'abandon du projet est désormais inévitable


    Le 10 avril 2007, signant le décret de création de l'EPR de Flamanville(*), le Premier ministre Dominique de Villepin pensait voir vraiment large en accordant 10 ans à EDF pour construire le réacteur et le charger en combustible, le chantier devant théoriquement être bouclé en 4 ans et demi.
    Or, de malfaçons en accidents de chantier, d'erreurs de conceptions en fautes de construction, EDF reconnait aujourd'hui que le réacteur EPR ne sera pas mis en service avant "le quatrième semestre 2018". Il est donc avéré que la date limite du 11 avril 2017 ne sera pas respectée, comme l'Observatoire du nucléaire le prévoyait dès 2012 (**).
    Une bataille juridique se profile : les autorités françaises vont probablement signer à la sauvette un arrêté complémentaire repoussant de quelques années la date limite de chargement du réacteur mais ce subterfuge sera attaqué en justice et ne masquera pas la réalité : l'arrêté de création sera caduc le 11 avril 2017, ainsi que l'enquête publique et le Débat national(***) officiel (CNDP) qui devront donc être refaits.
    Ces procédures prendront plusieurs années et repousseront d'autant la mise en service de l'EPR, à supposer que la cuve du réacteur - qui présente des zones de faiblesse largement en deçà des limites exigées - soit utilisable, ce qui fera aussi l'objet d'une bataille juridique si l'Autorité de sûreté nucléaire ne prend pas ses responsabilités en interdisant l'utilisation de cette cuve.
    Comme démontré par la catastrophe de Fukushima, tout réacteur nucléaire fait peser un danger immense sur la population, mais le risque est assurément des plus élevés avec l'EPR, véritable dinosaure qu'il serait irresponsable de mettre en service près de 30 ans après sa conception au début des années 90.
    Le mieux serait assurément de suivre les exemples de réacteurs nucléaires entièrement construits mais jamais mis en service, comme à :
    Lemoniz (Espagne)
    Zwentendorf (Autriche)
    Bataan (Philippines)
    ou Kalkar (Allemagne).

    (*) http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000276348&categorieLien=cid
    (**) http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article40
    (***) http://cpdp.debatpublic.fr/cpdp-epr/index-2.html 

    Une autre source, largement aussi crédible. Là, ça concerne plus spécifiquement l'enfouissement des déchets nucléaires

    Ville-sur-Terre
    le 3 septembre 2015





    COP21, le nucléaire et CIGéo...

    Si avec Google vous faites la recherche : “COP21” “nucléaire”,
    magie du référencement,
    le premier lien proposé est celui de la SFEN (Société française d’énergie nucléaire),
    la pire des associations pronucléaires !

    http://www.sfen.org/fr/le-blog-des-energies/cop-21-quelle-place-pour-le-nucleaire

    On y explique évidemment que le nucléaire fait partie des solutions contre le réchauffement climatique,
    et que dans la grande Galerie des solutions, Porte de Versailles, seront exposées les solutions bas carbone.  

    Y verra-t-on les stands de AREVA, EDF, ANDRA... ?

    http://www.world-efficiency.com/La-Galerie-COP21/Exposer-a-La-Galerie.htm

    Allez savoir pourquoi, les pages référencées par Google, qui expliquent que le recours au nucléaire n’est pas la solution
    et qu’on ne guérit pas la peste en propageant le choléra, arrivent bien loin derrière...

    .....

    Est-ce que l’augmentation du niveau de la radioactivité dans l’environnement
    à cause des rejets d’une industrie nucléaire
    qui va donc s’étendre
    n’est pas aussi un grand danger pour l’humanité ?

    Bonne question, non ?
    L’objet d’un prochain billet ?

    .....

    En cette rentrée,
    sur qui compter
    pour empêcher la réalisation
    du projet CIGéo à BURE (Champagne-Lorraine) ?



    # 1 – Sur le Pape François ?

    Pas tant que ça.
    Dans son encyclique le Pape lance un cri d’alerte.
    C'est une étonnante analyse économique, sociale, politique, philosophique, sociétale, culturelle, spirituelle, religieuse…  
    Si Il a écrit : “... si l’information objective conduit à prévoir un dommage grave et irréversible,
    bien qu’il n’y ait pas de preuve indiscutable, tout projet devra être arrêté ou modifié,”
    Il n’a pas écrit :  “Les déchets nucléaires, tu n’enfouiras point !”
    Dommage. Mais il exprime bien toutes les précautions que nous devons prendre dans l’exploitation de notre Terre.
    L’ouvrage est d’une richesse exceptionnelle, et n’est pas réservée aux seuls croyants.
    Les non-croyants peuvent lire une version “laïque” de LAUDATO SI
    qui garde toute sa vérité, toute son intelligence, toute sa force :

    http://blogs.mediapart.fr/blog/michelgueritte/200815/lencyclique-laudato-si-la-version-laique

    On a le droit d’être “non-croyants”. Il y en a bien qui ne croient pas en l’ANDRA !





    # 2 – Sur Jean-Pierre CHAUSSADE ?

    Pas du tout.
    Jean-Pierre CHAUSSADE, ingénieur de l’Ecole Centrale de Paris, a été Directeur de Communication de l’EDF. Il est expert en énergie, environnement et gestion de crise. Aujourd’hui diacre, il est membre de l'équipe nationale de l'Eglise catholique qui s'occupe de la préparation de la COP21, membre du groupe Ecologie et environnement de la Conférence des évêques de France, membre de l'antenne Environnement et modes de vie de Pax Christi France - (C’est dans ce cadre qu’il travaille avec Monseigneur Marc STENGER) - Il est membre du Conseil d’Administration d’Observ’ER, l’observatoire des énergies renouvelables, en tant que personne qualifiée.

    Le problème est que cette personnalité catholique incontestable présente le nucléaire comme une solution pour la lutte contre le réchauffement climatique. Or, ce n’est la position ni de l’Eglise, ni du Pape, ni de Marc Stenger d’ailleurs.

    Jean-Pierre CHAUSSADE vient de le dire clairement le 29 août dernier à Saint-Etienne, lors d’un débat contradictoire avec Corinne LEPAGE, dans le cadre des Assises chrétiennes de l’écologie. Voir le résumé :

    http://www.villesurterre.eu/images/stories/CHAUSSADE-150829-Resume-Saint-Etienne.pdf

    Et non seulement “ce référent de l’Eglise” assure la promotion du nucléaire mais il critique l’éolien et le photovoltaïque !

    Jean-Pierre CHAUSSADE dit qu’il s’exprime là en son nom propre.
    Douteux, on ne parle plus en son nom propre quand on a cette notoriété et ces fonctions...

    Soyons donc vigilants sur les déclarations “climatiques” de tous les experts quelle que soit leur étiquette.






    # 3  – Sur le député Jean-Yves LE DEAUT ?

    Pas du tout.
    Le 10 août dernier il déclarait : "Je déposerai cet automne un nouveau projet de loi sur Cigéo".
    Nous l’y avons encouragé :

    http://www.villesurterre.eu/images/stories/Le-Deaut-150816-Mail-ouvert-V6.pdf

    Nous lui avons vite offert une place sur le “Bure des com
    ploteurs”, et nous avons dressé un portrait de “missionné” pour la réalisation de CIGéo :

    http://www.villesurterre.eu/index.php?option=com_content&view=article&id=577

    La confirmation est tombée le 27 août dernier : François Hollande missionne en effet Jean-Yves LE DEAUT pour relancer CIGéo.
    “Pour l'Elysée, le projet inscrit dans la loi de 2006 sur la gestion durable des déchets radioactifs
    doit être poursuivi moyennant des aménagements.
    Le nouveau texte prévoira ainsi un retour devant le Parlement pour décider de la fiabilité du stockage souterrain”.





    # 4 – Sur le géologue Marc DESCHAMPS membre du CLIS de BURE ?

    Peut-être...
    Marc DESCHAMPS est membre du Comité local d’information et de suivi (CLIS) de BURE, en tant que personne qualifiée.
    Dans notre mail du 16 août deux choses l’ont "interpellé" :

    1- Nous avions déclaré : “la géologie n'est qu'un constat scientifique du passé.”
    Marc DESCHAMPS répond : “la géologie n’est pas qu’un "constat scientifique du passé. Les études actuelles portent essentiellement sur l'analyse des processus en œuvre et sur leurs causes. Beaucoup sont non seulement modélisés mais aussi expérimentés et mettent en œuvre des outils physiques et chimiques extrêmement performants. Les progrès accomplis permettent d'intégrer l'ensemble des processus géologiques dans une évolution géodynamique globale qui est aujourd'hui de mieux en mieux comprise à toutes les échelles d'observation.”
    Qui peut le croire ?

    2- Nous avions déclaré : "Ce projet n'est pas éthique vis-à-vis des générations futures".
    A l’évidence Marc DESCHAMPS a une autre définition de l’éthique et répond : “Y a t-il une éthique qui serait indiscutable ? Ces déchets que nous avons produits sont malheureusement bien là et nous avons le devoir de trouver la moins mauvaise solution...
    Non Monsieur : ce n’est pas la solution, mais une option.

    ...et que la seule éthique sur laquelle tout le monde pourrait s'accorder c'est qu'il est urgent d'arrêter d'en produire !”

    Reste un point sur lequel Marc DESCHAMPS est en accord avec nous : “Compte tenu des délais indispensables avant de pouvoir envisager l'enfouissement des déchets HA notamment, il n'y a aucune raison de précipiter les décisions et nous avons encore du temps pour poursuivre les recherches dans les différentes voies possibles. Et là il me paraît évident que Mr LE DEAUT prenant la suite de la tentative estivale de Mr LONGUET, a tout à fait tort de vouloir légiférer dans l'urgence.”

    Merci Monsieur DESCHAMPS.
    J’espère que vous ne serez pas “grondé” pour ces propos, car selon les grands élus de la région, selon l’OPECST, selon la CNE, selon bien des gouvernants, il est urgent de décider...





    # 5 – Sur l’ANCCLI ?

    Sûrement pas.
    L’ANCCLI est l’Association nationale des comités et commissions locales d'information.
    Avec la collaboration de l’IRSN, elle organise régulièrement des groupes de travail, des débats, des réunions sur différents thèmes.
    Nous venons de prendre connaissance du sujet de la prochaine journée sur l’ETHIQUE du projet CIGéo : “faire avancer les choses” !
    Bizarre non ?
    Pourquoi l’ANCCLI aurait-elle pour mission de faire avancer ses membres vers un consensus sur la construction de CIGéo ?

    Soyons donc vigilants sur les objectifs de toutes les entités impliquées dans l’industrie nucléaire.






    # 6  – Sur Ségolène ROYAL ?

    Ben non !
    Le 23 juin dernier les déclarations de Ségolène pouvaient donner espoir :
    "Ma conviction profonde, c'est qu'on n'a pas examiné non plus toutes les alternatives à la technologie concernant le stockage des déchets radioactifs"..."Il y a notamment une technique de stockage par subsurface (à quelques dizaines de mètres de profondeur) que je souhaiterais voir examinée avant de prendre des décisions irréversibles comme l'enfouissement souterrain de déchets radioactifs"...

    http://www.villesurterre.eu/index.php?option=com_content&view=article&id=520

    Mais le 17 juillet tous les espoirs s’envolent :
    "Le projet Cigéo a déjà été voté par le Parlement en 2006, son principe a été acquis... et cette décision a été prise par le gouvernement. Si cela n'avait tenu qu'à moi, j'aurais été contre; mais j'appartiens à un gouvernement, le premier ministre a pris cette décision... Gouverner, c'est faire des compromis". Quant à la réversibilité, elle est selon Ségolène, "assurée".

    http://cap21lorraine.hautetfort.com/archive/2015/07/17/bure-toujours-bure-5658461.html

    Difficile d’admettre que le projet CIGéo puisse être validé par le ministre de tutelle en raison d’un simple compromis gouvernemental !




    # 7  – Sur la gouvernance actuelle du réseau Sortir du Nucléaire ?

    Non plus.
    La gouvernance actuelle se limite à la communication sur les chaînes humaines de bisounours...

    .....

    # 8  – Sur les riverains ?

    Peut-être.
    Asphyxiés par l’argent de l’ANDRA qui dégouline en Meuse et Haute-Marne, ils commencent enfin à bouger.
    Notamment les agriculteurs qui se posent des questions.
    Nous y reviendrons...

    .....

    # 9  – Sur nous les militants, les résistants ?

    Il le faut.
    Ne comptons que sur nous.

    Bonne rentrée

    Michel GUERITTE

    .....

    Une date à retenir :




    .





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  • Le nucléaire et les enfants

    Des études sont menées afin de mettre en évidence des taux plus élevés de cancers, leucémies, etc.. autour des centrales nucléaires.. 

    https://www.google.fr/#q=Etudes+men%C3%A9es+autour+des+centrales+nucl%C3%A9aires

    https://www.google.fr/#q=Etudes+suisses+et+allemandes+autour+des+centrales+nucl%C3%A9aires

    Il ne fait aucun doute que si le nucléaire est dangereux pour l'ensemble de l'humanité,  il l'est d'autant plus pour les enfants. En effet, ceux-ci, avant même de voir le jour, sont des cibles privilégiées de la radioactivité. De nombreuses recherches, hélas souvent étouffées par la nucléocrature, démontrent aisément
    les désordres causés sur les mécanismes du système biologique des enfants.  Induction de dommages à l'ADN, aberrations chromosomiques et mutations,  alors qu'ils sont en plein développement.
    Il serait intéressant de connaître avec exactitude le degré de contamination des exploitants des réacteurs nucléaires.
    Si la technologie nucléaire a amorcé son déclin, il n'en restera pas moins des conséquences dramatiques de ces quelques décennies d'exploitation mortifère.
    Gaulois.

    Les leucémies des enfants sont plus nombreuses autour des centrales nucléaires: 3 études concordantes

    http://www.vivre-apres-fukushima.fr/les-leucemies-des-enfants-sont-plus-nombreuses-autour-des-centrales-nucleaires-3-etudes-concordantes/ 


    Une étude allemande
    18 mai 2015
    a été présentée le 28 Août 2010 au congrès mondial de l’IPPNW (Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire)à Bâle le 28 Août 2010
    L’étude avait été initiée par le ministère de l’environnement allemand.
    le Pr Wolfgang Hoffmann est professeur d’épidémiologie en soins de santé et santé communautaire, ainsi que directeur de l’Institut pour la médecine communautaire à l’École de médecine de l’université Ernst-Moritz-Arndt à Greifswald en Allemagne. Ses thèmes de recherche portent sur l’épidémiologie des facteurs de risques environnementaux, l’épidémiologie des soins de santé, de nouveaux concepts de soins de santé et de prévention, l’épidémiologie des maladies chroniques et les méthodes épidémiologiques.
    Le Pr Hoffmann a fait partie pendant 6 ans du comité d’experts qui ont mené l’étude KIKK, lancée en Allemagne en 2002.
    Le but de cette étude était de régler la question, donc de faire la meilleure étude possible sur le problème de la leucémie infantile autour des centrales nucléaires allemandes.
    Le Pr Hoffmann a présenté cette étude qui montre sans doute possible que plus on s’approche de n’importe quelle centrale nucléaire allemande en exploitation commerciale normale, plus les cas de leucémie infantile chez les enfants de 0 à 5 ans augmentent parmi les résidents.

    En rouge les cas d’enfants atteints de leucémie. – En vert les cas témoins
    Une analyse détaillée de ce graphique en anglais
    KNA a traduit et sous-titré la video de la conférence en français: cliquer ici
    Le texte de la conférence en français (traduction par Odile Girard (http://www.fukushima-is-still-news.com/) et KNA (http://kna-blog.blogspot.fr/)
    D’après-vous, peut-on imaginer que ce fait indiscutable n’existe qu’en Allemagne ?
    Une étude anglaise
    En 2014, le biologiste anglais Ian Fairlie a confirmé les résultats de cette étude, je vous invite à lire la traduction française de son article:
    Leucémies des enfants : leur augmentation autour des centrales nucléaires est confirmée
    La conclusion de Ian Fairlie
    Mon explication‭ ‬met en cause les rayonnements:
    ‭- ‬Elle repose sur la principale constatation de l‭’‬étude KIKK:‭ ‬la multiplication des cas de leucémies des nourrissons et des enfants est étroitement associée avec la proximité des cheminées des‭ ‬centrales nucléaires.
    – Elle repose aussi sur l‭’‬observation du KIKK que les cancers solides en augmentation étaient pour la plupart‭ «‬embryonnaires‭»‬; c‭’‬est à dire que les bébés naissent soit avec des‭ ‬cancers solides,‭ ‬soit avec des tissus pré-cancéreux qui,‭ ‬après la naissance,‭ ‬se développent en tumeurs à part entière‭; ‬c‭’‬est ce qui se passe également avec la leucémie.

    L‭’‬augmentation du nombre de leucémies observées par l‭’‬étude KIKK et de nombreuses autres études peut être‭ ‬dûe à‭ ‬l‭’‬exposition de‭ l‭’‬embryon ou du foetus‭ «‬in utero‭»‬ aux‭ ‬radionucléides incorporés par la mère à partir‭ des ‬émissions radioactives des centrales nucléaires.
    ‬De très grands pics d‭’‬émissions par les centrales nucléaires pourraient produire un clone pré-leucémique‭; ‬et après la naissance un deuxième pic de radiations pourrait transformer quelques uns de ces clones en cellules entièrement cancéreuses.
    ‬Les bébés concernés naissent pré-leucémiques‭ (‬ce qui est invisible‭) ‬et les leucémies complètes ne sont diagnostiquées qu‭’‬au cours des premières années après la naissance.
    Note : Les émissions de produits radioactifs par les centrales ne sont pas réguliers. Il y a des pics notamment pendant les opérations d’entretien. D’autre part, l’industrie ne sait pas confiner le Tritium (hydrogène radioactif) produit; il est donc rejeté dans l’environnement sous couvert des « autorisations de rejets »
    Et en France ?
    L’étude Géocap a été publiée en 2012, dans un document malheureusement en anglais: « Childhood leukemia around French nuclear power plants – The Geocap study, 2002–2007″
    Elle a été menée par l’INSERM, l’IRSN, Le registre national des cancers du sang de l’enfant, l’Université Paris sud.
    Voir l’étude française en anglais
    Sans surprise, les résultats confirment l’excès de cas de leucémies infantiles à proximité des centrales françaises.
    Et sans surprise non plus, l’étude conclut « Dans l’ensemble, les résultats suggèrent un excès de risque potentiel sur 2002-2007 qui pourraient être dus à des facteurs inconnus liés à la proximité des centrales nucléaires »
    Elle propose seulement des études supplémentaires…
    Des facteurs inconnus ! Alors que la radioactivité est un facteur notoirement cancérigène !
    Au sujet du rapport entre les statistiques et les maladies induites par l’industrie, voir l’article:
    Amiante, nucléaire, pesticides, perturbateurs endocriniens – Pourquoi sommes-nous si mal protégés ?
    Le risque pour les enfants à proximité des centrales nucléaires
    est connu
    Et que fait-on en pratique pour les protéger ?
    On installe une école à deux pas d’un site nucléaire !!!
    Le site Reporterre nous apprend qu’il y a quelques mois a été inauguré en Loir-et-Cher, sur la commune d’Avaray, un nouveau groupe scolaire pour les enfants d’Avaray et de Lestiou, la commune voisine. Il remplace deux écoles primaires existantes datant à peu près de Jules Ferry, et dépassées par les exigences des normes actuelles.
    Voilà une grande première en France : la construction d’un ERP (établissement recevant du public) dans le périmètre rapproché d’une centrale nucléaire, en l’occurrence celle de Saint-Laurent-des-Eaux. Cette centrale possède deux réacteurs de 950 mégawatts en activité, et deux autres en démantèlement. Démantèlement étant en l’occurence un bien grand mot, puisque nulle part n’ont été démantelés jusqu’au bout ces types de réacteurs UNGG (Uranium Naturel Graphite Gaz), rendus tristement célèbres à Tchernobyl.
    A ces INB (installations nucléaires de base) de production s’ajoute une INB de déchets proprement dits : les silos de graphite irradié (2 000 tonnes). A ces 2 000 tonnes on doit ajouter 2 500 tonnes par réacteur arrêté, ce qui fait pour Saint-Laurent 7 000 tonnes de graphite irradié. On sait qu’ils dégagent du tritium qui est un isotope radioactif de l’hydrogène. Que voilà un voisinage idéal pour une école primaire !
    Pourtant la circulaire Borloo du 17 février 2010 recommande d’éviter les constructions sensibles dans les périmètres de dangers des centrales nucléaires, et ce par le biais d’un document précis commandé à l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) régionale, ici celle d’Orléans.
    Voir les détails sur le site de Reporterre

    L’école est située à un peu plus de 2 km de la centrale
    Cliché reporterre

    Derrière le groupe scolaire, à droite, les tours de refroidissement SLB1 et SLB2
    à gauche, les structures carrées cachées derrière les arbres sont les carcasses de SLA1 et SLA2, en cours de « démantèlement » depuis 20 ans ; elles contiennent chacune 2500 t de graphite irradié.

    IPPNW, International Physicians for the Prevention of Nuclear War, Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire
    International : http://www.ippnw.org/
    Europe : http://www.ippnw.eu/
    France : http://amfpgn.org/site/category/qui-sommes-nous/amfpgn-presentation/
    Le 17 Mai 2015
    L’information en français sur Fukushima:
    La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
    Les Veilleurs de Fukushima
    le site de l’ACRO
    et bien d’autres que vous trouverez aux adresses ci-dessus
    et dans la colonne de droite de cette page.


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  • Areva et l'argent public

    Une réflexion intéressante, à l'heure où le nucléaire a amorcé le virage de son déclin.  

    Gaulois.

     

    Renflouement d'Areva : les "élites" françaises s'entêtent… avec l'argent public

    Ce n'est pas nous, qui l'avons combattue depuis des années (*) pendant que tant d'autres l'encensaient, qui chercherons à dédouaner Mme Lauvergeon de ses lourdes fautes commises à la tête d'Areva. Cependant, il est trop facile de la désigner comme seule responsable du désastre industriel et financier de la filière nucléaire.

    Ce n'est pas seulement une question de morale : le problème est que les "élites" françaises - dirigeants industriels, politiques, mais aussi de nombreux éditorialistes de la presse - masquent leurs responsabilités pour mieux renouveler leur soutien irrationnel à la filière nucléaire, pourtant totalement archaïque et sans avenir.

    Les promoteurs de l'atome ne se cassent d'ailleurs pas la tête pour trouver des arguments : tout comme Mme Lauvergeon au début des années 2000, ils tentent à nouveau d'instrumentaliser la question du climat, s'appuyant en particulier sur la prochaine "Cop21", le Somment mondial de Paris en décembre prochain.

    Ainsi, émettant peu de co2, l'énergie nucléaire serait un outil incontournable pour "sauver la planète". Nous ne développerons pas ici le caractère absurde de cette option (soigner la peste par le choléra ne sauve pas le patient !), il suffit largement de regarder l'évolution des données de l'énergie.

    Ainsi, la part du nucléaire dans la production mondiale d'électricité est passée de 17,1% en 2001 à 10,9% en 2012(**). A titre de comparaison, les énergies renouvelables sont déjà à 21,2%, le double. La part de l'atome est donc l'objet d'un véritable effondrement commencé bien avant Fukushima… et qui va inexorablement continuer.

    En effet, la grande majorité des 400 réacteurs encore en service sur Terre a dépassé les trente ans d'âge et s'approche de la fin de vie. D'ailleurs, pas moins de cinq réacteurs viennent d'être définitivement fermés aux USA (***), trop dégradés et/ou tout simplement non rentables.

    Il est en effet toujours possible, comme entend le faire EDF en France, de rafistoler les réacteurs (à grands frais toutefois) pour prolonger leur durée de vie. Mais, outre la démultiplication du risque de catastrophe, cela rend l'électricité nucléaire tellement chère que les propriétaires de centrales préfèrent en rester là : deux des cinq réacteurs américains fermés venaient en effet d'obtenir 20 ans de durée de vie en plus.

    D'ici une dizaine d'années - autant dire demain matin lorsque l'on parle d'énergie - les réacteurs nucléaires français seront majoritairement à l'arrêt. Il est d'ores et déjà trop tard - tant mieux ! - pour les remplacer par de nouveaux réacteurs, lesquels seraient de toute façon impossibles à financer, sans oublier qu'EDF et Areva s'avèrent incapables d'en construire un seul (respectivement en Finlande et à Flamanville).

    Les promoteurs de l'atome, le gouvernement en tête, s'accrochent encore à l'idée d'exporter des centrales, prétendant que divers pays sont intéressés. Il est vrai que l'on compte de nombreux effets d'annonce avec tambours et trompettes - il faut croire que les chefs d'États, souvent des autocrates, croient encore se donner du prestige en prétendant accéder au nucléaire - mais il y a presque autant d'annulations… beaucoup plus discrètes.

    Qui plus est, contrairement à un mythe entretenu dans l'opinion, l'industrie nucléaire française est totalement déconsidérée par ses échecs successifs. Or, d'autres pays proposent des réacteurs (Russie, Chine, Corée du Sud, etc) et ont beaucoup plus de chance de décrocher les rares projets qui se concrétiseront.

    En résumé, la filière nucléaire française est dans l'impasse et n'a aucune perspective de sauvetage. Areva a certes encore du travail pour l'entretien d'une partie du parc nucléaire mondial, mais il ne faut pas se laisser tromper par ce qui n'est que la queue de la comète, les derniers feux d'un monde finissant.

    Il est donc totalement insensé d'augmenter encore les factures d'électricité des Français pour permettre à EDF de racheter une partie des activités d'Areva, de tenter de mettre au point un prétendu EPR-NM ("nouveau modèle") qui sera aussi défaillant que le précédant, de creuser encore les déficits incommensurables des deux entreprises. Et c'est sans parler des dépenses incalculables à venir pour le démantèlement des centrales et pour les déchets radioactifs, qui vont inévitablement être couvertes par l'argent public.

    Au contraire, il faut profiter de ce que la majorité des salariés du nucléaire arrivent en fin de carrière pour réduire sensiblement les effectifs sans avoir besoin de licencier. C'est une "fenêtre de tir" unique qu'il ne faut surtout pas laisser passer, et qui peut encore permettre de basculer dans l'ère des économies d'énergie et des énergies renouvelables, bien plus créatrice d'emplois. Qui plus est des emplois qui ne nécessitent pas d'être irradié pour gagner sa vie.

    Du fait de la catastrophe de Fukushima, le Japon, pays pourtant très consommateur d'énergie, a fermé ses 54 réacteurs nucléaires en environ un an. La France, qui compte à peu près le même nombre de réacteurs (58), peut donc faire de même, d'autant qu'elle compte deux fois moins d'habitants.

    Bien entendu, ce n'est pas cela qui règlera les questions du climat et de l'accès de tous à l'énergie. Mais rester dans l'impasse nucléaire n'arrangerait rien, bien au contraire. Au final, chacun le sait bien, la seule solution serait que les Humains deviennent raisonnables et cessent de surexploiter la planète et leurs contemporains. Là est bien le noeud du problème, et ce n'est pas le nucléaire, avec ses catastrophes, ses déchets radioactifs, ses bombes atomiques, qui arrangera quoi que ce soit…

    Stéphane Lhomme

    Directeur de l'Observatoire du nucléaire

    http://www.observatoire-du-nucleaire.org


    (*) Video du 16 novembre 2004, France europe express, France3.

    (**) Key world stat energy (Agence internationale de l'énergie): http://bit.ly/1czjKVd , page 24.

    (***) Crystal River 3, San Onofre 1 et 2, Kewaunee 1 et Vermont Yankee



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  • Accident nucléaire en Europe: que mangerons-nous ?

    Nous ne le répéterons jamais assez, la pieuvre nucléaire ne se soucie nullement de la santé des populations. Relever les niveaux maximum admissible est la préparation d'un crime, osons le dire, d'un génocide !
    Je l'ai souvent signalé, mais le répète une fois de plus, cette formule de l'Organisation Mondiale de la Santé dans son rapport n° 151 de 1958 qui déjà à l'époque préconisait la manipulation des populations afin de les habituer à la contamination radioactive jusqu'à ce qu'ils en crèvent !
    "Cependant, du point de vue de la santé mentale, la solution la plus satisfaisante pour l'avenir des utilisations pacifiques de l'énergie atomique serait de voir monter une nouvelle génération qui aurait appris à s'accommoder de l'ignorance et de l'incertitude et qui, pour citer Joseph Addison, le poète anglais du XVIIIe siècle, saurait “chevaucher l'ouragan et diriger la tempête” Rapport OMS n° 151 de 1958 - Bas de page 50

    http://whqlibdoc.who.int/trs/WHO_TRS_151_fre.pdf

    ----

    Yves Lenoir, ingénieur de l’école supérieur d’électricité ayant fait sa carrière en tant qu’ingénieur de recherche à l’école des Mines en mathématiques appliquées, nous livre ici son point de vue très éclairant sur ce rapport douteux :

     



    Gaulois.


    Publié le 6 avril 2015

     

    http://www.vivre-apres-fukushima.fr/accident-nucleaire-en-europe-que-mangerons-nous/

    La révision des limites de contamination des aliments en cas d’accident nucléaire, est à l’ordre du jour de l’agenda européen en juillet 2015.
    Les règlements qui établissent les Niveaux Maxima admissibles (NMA) de contamination des aliments ont été établis en 1987-1990 dans le cadre du traité EURATOM. La vocation de ce traité est le développement de l’industrie nucléaire. Les NMA édictées se préoccupent donc plus de sauvegarder l’industrie nucléaire que de la santé des populations. Les enfants y sont particulièrement négligés.
    La commission européenne a élaboré un projet de révision qui reprend les normes Euratom, sans autre modification que de prolonger de 6 mois à 1 an la définition du nourrisson.
    Ce projet doit être présenté en Juillet 2015 devant le parlement européen qui aura le pouvoir de l’amender. Une occasion à saisir.
    Je résume ci-dessous l’analyse que fait la CRIIRAD du projet de la commission européenne dans son bulletin d’information n°65 de Février 2015.

    Les limites sont exprimées en Becquerels par Kilo : Bq/kg.
    Une activité de 1 Bq correspond à une désintégration par seconde, avec à chaque fois l’émission d’un rayonnement ionisant.
    Quand un produit contient 100 Bq/kg de Césium 137, cela signifie qu’à chaque seconde, dans un Kilogramme de cet aliment, 100 atomes de Césium se désintègrent et produisent un rayonnement gamma.
    Si l’aliment est ingéré, les désintégrations se produisent à l’intérieur des organes où le Césium s’est fixé. Il va irradier tous les organes autour de lui tant que sa radioactivité ne sera pas éteinte ou qu’il soit éliminé.
    Le Césium se concentre surtout dans les muscles dont le coeur; pour le Strontium c’est plutôt l’os d’où il va irradier la moëlle osseuse; pour l’iode c’est la thyroïde; pour le tritium c’est partout.
    les 4 classes de produits radioactifs du projet
    La réglementation divise les produits radioactifs en 4 classes:
    Il s’agit ici de l’ingestion par l’alimentation ou la boisson.
    1- Le groupe du STRONTIUM
    Le Strontium 90 agresse particulièrement l’os et la moëlle osseuse. Il provoque le risque de cancer des os et de leucémie.
    C’est un émetteur de rayons Bêta. Demi-vie:29 ans.
    2- Le groupe des isotopes radioactifs de l’Iode.
    L’organe sensible est ici la glande Thyroïde.
    Le rayonnement émis: Bêta et Gamma. Demi vie de I131=8 jours.
    3- le groupe du PLUTONIUM (plus Américium, Curium…)
    la toxicité des rayons Alpha émis est 20 fois supérieure à celle des rayons gamma ou Bêta.
    Sont spécialement concernés: les surfaces osseuses, la moëlle osseuse, le foie,les gonades.
    (Par ailleurs, les poussières de Plutonium inhalées sont particulièrement dangereuses pour le poumon – cancer). Demi-vie du Pu 239: 24.000 ans.
    4- Le groupe des Césium 134 et 137.
    Ces radionucléides sont émis en grandes quantités en cas d’accident nucléaires.
    Ils sont émetteurs Gamma.Demi vie: Cs137=30 ans – Cs 134=2 ans.
    Les Césiums se fixent particulièrement sur les muscles dont le coeur.
    Sont exclus du dispositif:
    Le Tritium (demi vie: 12 ans) qui rend l’eau radioactive. Emetteur Bêta. Diffuse dans tout le corps; l’industrie ne sait pas l’empêcher de fuir à travers toutes les parois.
    Et le Carbone 14 (demi-vie 5.730 ans).
    Ils peuvent être émis en grande quantités en cas d’accident
    Les aliments pouront être commercialisés quelle que soit leur teneur en Tritium ou en Carbone 14 qui ne seront pas comptabilisés.
    Niveaux maxima Admissibles de contamination radioactive des aliments
    après un accident nucléaire (projet)
    Niveaux Maxima admissibles de contamination radioactive
    en (Bq/kg)
    Aliments
    pour
    nourrissons
    Produits
    laitiers
    Liquides
    destinés à la
    consommation
    Autres denrées
    alimentaires
    Aliments
    de moindre
    importance
    isotopes du Strontium
    notamment SR 90
    75
    125
    125
    750
    7 500
    Isotopes d’Iode
    notamment I 131
    150
    500
    500
    2 000
    20 000
    Isotopes du Plutonium
    et transplutoniens
    Notamment Pu 239 et Am 241
    1
    20
    20
    80
    800
    Autres nucléides dont
    Césium 134 et CS 137
    400
    1 000
    1 000
    1250
    12 500






    Activités totales possibles
    626
    1 645
    1 645
    4 080
    40 800
    Tableau repris du bulletin d’information de la CRIIRAD
    Une aberration:
    On n’additionne pas les contaminations des différents groupes !
    Si l’activité radioactive de chaque groupe pris séparément est inférieure à la norme, l’aliment sera autorisé à la vente
    On ne tiendra pas compte de la somme de la radioactivité des 4 groupes !
    Du lait peut ainsi, sans être interdit à la vente contenir jusqu’à 1645 Bq/kg:
    125 Bq/kg de Strontium 90
    + 500 Bq/kg d’Iode 131
    + 20 Bq/kg de Plutonium 239
    + 1000 Bq/kg de Césium 137
    Soit 1645 Bq/kg
    Les 5 catégories d’aliments
    Les Niveaux Maxima Admissibles varient selon la catégorie d’aliments considérée:
    1- Les aliments pour nourrissons:
    Le législateur a considéré qu’il est acceptable d’autoriser un certain degré de contamination dans les aliments pour nourrisons !.
    La dénomination «aliments pour nourrissons» masque en pratique une réalité très restrictive. Contrairement à ce qui est suggéré, ne sont concernés que les produits étiquetés «préparation pour nourrissons» et qui couvrent tous les besoins alimentaires du nourrisson. En pratique n’est concerné que le lait infantile.
    Le projet de révision de la commission européenne propose d’étendre l’application des maxima admissibles aux nourrisons aux enfants jusqu’à 1 an: c’est le seul point positif du texte.
    Les laits pour nourrissons sont généralement des poudres; il faut y ajouter 90% d’eau qui elle a des normes bien plus élevées !!! (voir le tableau).
    Les petits pots pour Bébés sont classés dans la colonne «autres aliments» dont les limites sont bien plus élevées (voir le tableau) . Même chose pour les fruits, légumes, fromages frais, céréales.
    Aucune disposition n’est prévue pour les femmes qui allaitent.
    Les vérifications effectuées par la CRIIRAD montrent que les nourrissons sont en fait très mal protégés. Et on sait qu’ils sont bien plus sensibles aux radiations que les adultes.
    2- les produits laitiers
    Aliment qui joue un rôle important dans l’alimentation des enfants en croissance. La limite de contamination est plus élevée que pour les nourrissons. Elle sera utilisée à partir de 1 an.
    L’intitulé est trompeur: cette catégorie n’inclut que le lait à l’exclusion des autres «produits laitiers»: beurre, crèmes, fromages frais, faisselles et tous les autres fromages de vache, de chèvre et de brebis
    3- Les liquides destinés à l’alimentation:
    les limites sont identiques à celles du lait.
    Celle catégorie inclut l’eau potable. La norme couvre l’eau en bouteilles mais aussi l’eau du robinet
    le site Actions planète propre indique (pour la France bien sûr):
    qu’un adulte utilise 160 l d’eau par jour,
    dont 1% pour la boisson= 1,6 l et 6% pour la cuisine = 9,6 l
    La base Ciblex donne les consommations (selon enquête INSEE), pour un adulte c’est 2 l /j
    Compte tenu des quantités d’eau réellement consommées par jour, jusqu’à 1 645 Bq/l de contamination totale cela mène à des niveaux de contamination inacceptables.
    4- Autres denrées alimentaires
    La totalité des aliments:
    viandes, poissons, céréales, fruits, légumes; l’ensemble des produits laitiers excepté le lait (crèmes, fromages, beurre etc.) et toutes les préparations culinaires: des soupes aux pizzas en passant par les petits pots pour bébés…
    On remarque la valeur de 2 000 Bq/kg pour l’iode radioactif; cela correspond à des doses à la thyroïde tellement élevées qu’elles justifieraient l’administration de comprimés d’Iode stable; la consommation d’aliments si contaminés ne devrait pas être autorisée.
    5- Denrées alimentaires de moindre importance
    épices, condiments, caviar, truffes cacao…vitamines;
    Comme ces aliments sont consommés en faible quantités les «experts» leur ont attribué des niveaux de contamination maxima 10 fois supérieurs aux autres aliments !!!
    Exemple: Pour l’Iode 131, Niveau maxima Admissible:
    – dans les pommes de terre: 2 000 Bq/kg – classée autres denrées alimentaires
    – dans les patates douces: 20 000 Bq/kg !!! car «de moindre importance».

    Cet article est le résumé du dossier réalisé par Corinne Castanier dans le bulletin d’information «Trait d’union» n° 65, Février 2015 de la CRIIRAD.
    Le projet de résolution de la Commission européenne ci dessus passera devant les députés européens en Juillet 2015.
    La CRIIRAD a va transmettre son analyse critique et ses arguments au groupe de travail de la commission ENVI et à son rapporteur Mme Esther Herranz-Garcia.

    La CRIIRAD nous propose une pétition demandant à ce que les populations soient mieux protégées: La pétition
    Le site de la CRIIRAD: www.criirad.org
    Contact avec la CRIIRAD: contact@criirad.org

    ENVI : Commission parlementaire européenne de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire.
    http://www.confrontations.org/fr/nos-publications/suivi-des-commissions-du-pe/envi/821-envi
    La CRIIRAD – Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité – est née en mai 1986, au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl, à l’initiative d’un groupe de citoyens révoltés par les mensonges officiels et qui souhaitaient connaître la vérité sur la contamination réelle du territoire français. La CRIIRAD est une association. Elle possède son propre laboratoire d’analyses.
    Indépendante de l’Etat, des exploitants du nucléaire et de tout parti politique, la CRIIRAD existe grâce au soutien moral et financier de quelques milliers d’adhérents.
    Elle mène ses propres investigations, informe le public et les médias. Si nécessaire, elle interpelle les responsables et les pouvoirs publics, engage des actions en justice et contribue ainsi à faire évoluer la règlementation en vigueur.
    Le 06 Avril 2015
    L’information en français sur Fukushima:
    La revue de presse hebdomadaire de PECTINE
    Les Veilleurs de Fukushima
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