• Ces bras cassés qui nous gouvernent 

    Ce document s'adresse à tous ceux qui font avancer les choses aussi à ceux qui disent " que voulez-vous qu'on fasse ? "


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    Deux sujets à méditer

     

    Nous vivons une époque formidable.

     

    Nous disposons du portable, du smartphone, d’internet entre autres outils d’informations. De désinformation devrais-je dire. Nos dirigeants et les multinationales, grâce à leurs complices à la botte les médias, nous abreuvent de sujets d’actualité arrangés à la sauce qui leur convient. Les populations naïves qui courent au boulot ou à pole emploi, en passant par les hyper marchés acheter les gadgets inutiles ne se préoccupent guère des sujets criants. Sujets qu’il serait long d’énumérer et d’aborder ici.

    Le nucléaire est l’un d’eux, parmi les dangers que la folie humaine a développé.

    Gaulois

     

    1- L'histoire oubliée des «radium girls», dont la mort a sauvé la vie à des milliers d'ouvrières

    https://www.buzzfeed.com/authorkatemoore/lhistoire-oubliee-des-radium-girls-dont-la-mort-a-sauve-la?utm_term=.tbrAgq7RJ#.ys0e9Gq5V

    Pendant la Première Guerre mondiale, des centaines de jeunes femmes ont été employées dans des usines horlogères pour peindre au radium des cadrans phosphorescents. Ces ouvrières qui brillaient littéralement dans le noir allaient souffrir de très graves effets secondaires. Leur calvaire marque le début d'une course contre la montre judiciaire et leur mort changera à jamais la vie des travailleurs américains.

    Publié le 13 Mai, 2017 à 11:11 a.m.

     

    Kate Moore

     

     

     

     

    Andrea Hickey / BuzzFeed

    Le 10 avril 1917, Grace Fryer a 18 ans lorsqu'elle est embauchée par l'United States Radium Corporation (USRC). Les États-Unis sont entrés en guerre quatre jours plus tôt et avec deux frères soldats, Grace a bien l'intention de tout faire pour soutenir l'effort de guerre et aider son pays. Elle ne sait pas encore que son nouveau travail changera sa vie pour toujours –et, avec elle, les droits des ouvriers.

    Les filles fantômes

    Avec la déclaration de guerre, Grace rejoint des centaines d'ouvrières dans une usine horlogère située à Orange, dans le New Jersey. Leur tâche consiste à peindre des cadrans de montre au radium, le nouvel élément découvert à peine 20 ans plus tôt par Marie Curie. Un emploi considéré comme «un métier d'élite pour les pauvres ouvrières»: leur salaire dépasse de trois fois la moyenne en usine et les plus chanceuses peuvent espérer monter en grade et rejoindre ainsi les 5% de femmes les mieux payées du pays. Alors que les femmes gagnent en indépendance, les ouvrières goûtent à la liberté financière. Beaucoup sont adolescentes, et leurs petites mains parfaites pour la délicatesse de l'ouvrage. Elles se passent le mot entre amies ou au sein de leur famille et, dans l'atelier, il n'est pas rare de voir des rangées de sœurs travailler les unes à côté des autres.

    La phosphorescence du radium constitue une grande partie de son attrait. Rapidement, les peintres de cadrans gagnent un surnom, les «filles fantômes», parce que lorsqu'elles sortent de l'usine, le soir, elles brillent littéralement dans le noir. Pour encore plus d'effet, les jeunes femmes en viennent à porter leurs robes de bal au travail afin de rayonner sur la piste de danse le soir venu. Certaines recouvrent même leurs dents de radium: leur sourire étincelant faisait tomber raides leurs soupirants.

    Comme ses collègues, Grace suit à la lettre la technique qu'on lui a apprise pour peindre des cadrans dépassant à peine les 3 centimètres de diamètre. Pour un trait le plus fin possible, les filles doivent affiner la pointe du pinceau dans leur bouche –le procédé s'appelle le «marquage aux lèvres». À chaque geste, des centaines de fois par jour, les ouvrières avalent un peu de la luminescente

    peinture verte

     

     

    Chicago Daily Times / Sun-Times Media

    Charlotte Purcell montre la technique du marquage aux lèvres.

    Mensonges et vérité

    «La première chose qu'on leur a demandée», se rappelle Mae Cubberley, l'une des formatrices de Grace, «c'était est-ce que ce truc est nocif?» «Naturellement, si c'était mauvais, on n'allait pas le porter à notre bouche, mais M. Savoy [le contremaître] nous avait assuré que ce n'était pas dangereux, qu'il ne fallait pas avoir peur.»

    Ce n'était pas vrai. Dès sa découverte, le radium était connu pour sa nocivité: Marie Curie elle-même s'était gravement brûlée en le manipulant. Des gens étaient morts empoisonnés au radium bien avant l'embauche de la première «fille fantôme» dans l'usine d'Orange. C'est pour ça que les hommes, dans les laboratoires utilisant du radium, portaient des tabliers de plomb et manipulaient leurs échantillons à l'aide de pinces aux extrémités en ivoire. Mais les jeunes filles qui peignaient les montres n'ont jamais eu le droit à ce genre de protection et personne n'a jamais estimé que ce soit nécessaire.

    Le fait est qu'à l'époque, de petites quantités de radium –comme celles auxquelles étaient exposées les ouvrières– étaient considérées comme bonnes pour la santé. On avalait de l'eau au radium pour se donner du peps et il était possible d'acheter des crèmes de beauté, du beurre, du lait ou du dentifrice boostés à l’élément magique. Dans les journaux, la réclame promettait des «années de vie supplémentaires» à leurs consommateurs.

    Sauf que cette croyance se fondait sur des recherches menées par les fabricants de ces mêmes produits, aux affaires plus que lucratives. Tous les signaux d'alarme ont été ignorés. Lorsque les ouvrières demandent si la peinture est sûre, les contremaîtres répondent qu'elle leur donnera bonne mine.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Daily Herald Archive / Getty Images

    Le premier décès

    En 1922, une des collègues de Grace, Mollie Maggia, tombe malade et doit quitter l'atelier. Personne ne sait ce qui cloche chez elle. Ses problèmes ont commencé par une rage de dent: son dentiste l'arrache, mais une autre dent commence à la tourmenter et doit être ôtée à son tour. À la place des dents manquantes, Mollie voit apparaître de douloureux ulcères, comme autant de fleurs noires, rouges et jaunes dégoulinant de sang et de pus. Elle souffre le martyre et sa bouche dégage une odeur pestilentielle. Ce sont ensuite ses jambes qui commencent à lui faire mal, elle n'arrive bientôt plus à marcher. Son médecin lui diagnostique des rhumatismes et la renvoie chez elle avec une ordonnance d'aspirine.

    En mai 1922, Mollie est désespérée. Elle n'a quasiment plus de dents et sa mystérieuse maladie n'a cessé de progresser: toute sa mâchoire inférieure, son palais et même une partie de ses oreilles ne sont plus qu'«un énorme abcès». Mais le pire est à venir. Un jour, lorsque son dentiste tâte délicatement son os maxillaire dans sa bouche, ce dernier se brise entre ses doigts. Le médecin est horrifié. Il retire la maxillaire «sans opération, en mettant simplement ses doigts dans la bouche de Mollie et en tirant vers lui». Quelques jours plus tard, de la même manière, on lui retire la partie basse de la mâchoire de la même manière.

    Mollie est littéralement en train de se décomposer. Et elle n'est pas la seule: Grace Fryer, aussi, commence à ressentir des douleurs dans sa mâchoire et dans ses pieds, tout comme les autres «radium girls».

    Elles rongeaient leurs os de leur vivant

     

    Le 12 septembre 1922, l'étrange infection qui accable Mollie Maggia depuis moins d'un an s'est propagée aux tissus de sa gorge. La maladie en vient à lentement ronger sa veine jugulaire. Vers 17h, sa bouche se remplit de sang et l'hémorragie est si violente qu'une infirmière est incapable de l'étancher. Mollie Maggia meurt à l'âge de 24 ans. Ses médecins, qui n'arrivent pas à se décider sur la cause de son décès, l'attribuent à tort à la syphilis. Un diagnostic que ses anciens patrons utiliseront contre elle.

    L'une après l'autre, comme les minutes égrenées par les aiguilles d'une montre, les collègues de Mollie la suivront dans la tombe.

    Une affaire à étouffer

    L'employeur des jeunes femmes, l'USRC, nie pendant quasiment deux ans toute responsabilité dans leur décès. En 1924, après un ralentissement d'activité qu'ils attribuent à des «ragots» impossibles à dissiper, les cadres de l'USRC se résignent à faire appel à un expert pour étudier les liens «présumés» entre l'activité professionnelle des «radium girls» et leur mort.

     «M. Savoy nous avait assuré que ce n'était pas dangereux, qu'il ne fallait pas avoir peur.»

    Contrairement aux précédentes études sur les bienfaits du radium, cette analyse est indépendante. Lorsque l'expert présente ses conclusions –il y a bel et bien un lien entre la peinture et la maladie ayant emporté les ouvrières– au président de l'USRC, ce dernier sort de ses gonds. Au lieu d'accepter l'étude, il en commande d'autres pour qu'elles arrivent à des conclusions inverses. Il ment aussi au ministère américain du travail, qui avait commencé à enquêter sur l'affaire, en lui cachant les résultats du premier rapport. Publiquement, il accuse ses anciennes employées de vouloir «refourguer» leur maladie à leur entreprise et refuse toutes les demandes de dédommagement de leurs nombreux frais médicaux.

    La lumière qui ne ment pas

    Lorsque leur entreprise font taire le rapport, les ouvrières sont face à un défi d'envergure: prouver le lien de causalité entre leur mystérieuse maladie et les particules de radium ingérées au quotidien. Si elles sont persuadées que leur travail est fautif, elles doivent combattre le consensus de l'époque considérant l'élément comme bénéfique. En réalité, ce n'est qu'à la mort du premier employé masculin de l'usine que les spécialistes prendront les choses au sérieux. En 1925, Harrison Martland, un brillant médecin, met au point des tests prouvant une fois pour toutes que les ouvrières ont bien été intoxiquées au radium.

    Ce n'est qu'à la mort du premier employé masculin de l'usine que les spécialistes prendront les choses au sérieux.

     Le Dr Martland explique aussi ce qui s'est passé à l'intérieur de leur corps. Dès 1901, on savait qu'une exposition externe au radium pouvait être extrêmement nocive: Pierre Curie avait lui-même déclaré qu'il ne voulait pas entrer dans une pièce contenant un kilo de radium pur, tant il risquait de voir brûlée toute la peau de son corps, de perdre la vue et probablement la vie. Martland allait découvrir qu'une ingestion de radium, même à très faible dose, pouvait causer des dégâts mille fois plus graves.

    Une fois ingéré, le radium s'était installé dans le corps des femmes et émettait des radiations aussi constantes que destructrices. Elles rongeaient leurs os de leur vivant. Le radium s'en prenait à tout leur organisme: la colonne vertébrale de Grace Fryer fut «pulvérisée», ce qui l'obligea à porter un corset en métal. La mâchoire d'une autre jeune femme est totalement dévorée. Les jambes des ouvrières allaient aussi raccourcir et devenir aussi friables que des coquilles d’œufs.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Comme un sinistre présage, ces os allaient aussi se mettre à briller dans le noir. Cette lumière ne pouvait mentir. Parfois, une femme prenait conscience de son empoisonnement au radium en passant devant un miroir la nuit. Si une fille fantôme s'y reflétait, alors son macabre destin était scellé.

    Harrison Martland avait compris combien l'intoxication était mortelle. Une fois à l'intérieur du corps, il était impossible de se débarrasser du radium, les os des jeunes victimes étaient assiégés.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Vue de face et de profil d'une ouvrière atteinte d'un sarcome du menton causé par l'exposition au radium.

     

    Le combat

    Le zèle de l'industrie du radium pour discréditer les travaux pionniers de Harrison Martland allait être bien peu de chose face au courage et à la ténacité des «radium girls» qui s'organisent pour combattre l'injustice. Leur bataille relève aussi d'une motivation altruiste: des centaines de peintres de cadrans étaient employées aux quatre coins des États-Unis. «Ce n'est pas pour moi que je lutte, commenta Grace Fryer, je pense aux centaines de jeunes femmes auxquelles je pourrai servir d'exemple.»

    De fait, Grace est en première ligne de la bataille, déterminée à trouver un avocat malgré les innombrables portes closes. Les conseils peinent à croire les ouvrières, tremblent devant les puissants industriels ou ne sont pas prêts à se lancer dans un combat juridique qui exige la modification des législations en vigueur à l'époque. En ce temps-là, l'intoxication au radium n'était pas considérée comme une maladie professionnelle –elle n'avait d'ailleurs pas été découverte avant l'affaire des «radium girls»– et les ouvrières étaient bloquées par les délais de prescription exigeant qu'une plainte pour empoisonnement professionnel soit déposée dans les deux ans après l'exposition. Sauf qu'une irradiation prend son temps et la plupart des ouvrières, prisonnières d'un cercle judiciaire vicieux, étaient tombées malades au minimum cinq ans après leur embauche. Mais il en faudra plus pour que Grace, fille d'une syndicaliste, se résigne à lâcher l'affaire: ses patrons devaient admettre leurs responsabilités.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Grace Fryer

    En 1927, un jeune et brillant avocat, Raymond Berry, accepte de défendre Grace et quatre de ses collègues, qui se retrouvent alors au cœur d'un débat judiciaire à l'écho international. Sauf que le temps était désormais compté pour les ouvrières: selon les médecins, elles n'ont que quatre mois à vivre et l'entreprise semble bien décidée à faire durer la procédure. Avec ses amies, Grace est obligée d'accepter un accord à l'amiable. Mais, comme Grace l'avait voulu, le monde prend conscience des dangers du radium.

    L'affaire des «radium girls» du New Jersey fait les gros titres des journaux locaux, et l'affaire crée une onde de choc qui se propage à toute l'Amérique. À Ottawa, dans l'Illinois, une autre peintre de cadran, Catherine Wolfe, fut horrifiée par ces articles. «Dans notre usine, les réunions ont quasiment tourné à l'émeute, se souvient-elle. Nous tremblions tellement de peur qu'il nous était presque impossible de travailler.»

    Sauf que son entreprise, Radium Dial, imite l'USRC et nie toute responsabilité. Les examens médicaux prouvent que les ouvrières montrent des signes évidents d'irradiation, mais les résultats sont camouflés. Radium Dial va jusqu'à acheter des pleines pages dans la presse locale où l'on pouvait lire: «Si nous avions eu la moindre raison de croire que nos conditions de travail étaient dommageables à la santé de nos employées, nous aurions immédiatement fermé nos ateliers.» Lorsque les premières ouvrières commencent à mourir, les cadres de Radium Dial pillent leur tombe pour qu'aucun médecin légiste n'analyse leurs os irradiés.

     

    Un rendez-vous avec l'Histoire

    Si l'irradiation ne se manifestait pas chez toutes les femmes par des problèmes à la mâchoire comme Mollie Maggia, toutes allaient un jour ou l'autre développer des sarcomes –d'énormes tumeurs cancéreuses susceptibles de toucher n'importe quel endroit du corps. Une peintre de cadran, Irene La Porte, meurt ainsi d'une tumeur pelvienne «plus grosse que deux ballons de foot».

    Lorsque les premières ouvrières commencent à mourir, les cadres de Radium Dial pillent leur tombe pour qu'aucun médecin légiste n'analyse leurs os irradiés.

     En 1938, Catherine Wolfe (épouse Donohue) développe une tumeur à la hanche de la taille d'un pamplemousse. Comme Mollie Maggia avant elle, elle avait perdu ses dents et des bouts des os de sa mâchoire tombaient de sa bouche, devant laquelle elle devait constamment tenir un mouchoir souillé de pus. Elle avait aussi vu certaines de ses amies mourir, ce qui l'avait dotée d'une volonté de fer.

    Lorsque Catherine commence à batailler au milieu des années 1930, les États-Unis traversent la Grande Dépression. Avec ses collègues, Catherine est conspuée: elle osait s'en prendre à l'une des rares entreprises encore debout. Son dossier est jugé en 1938, alors qu'elle n'a plus que quelques jours à vivre. Elle ignore les conseils de ses médecins et témoigne sur son lit de mort. C'est ainsi qu'avec l'aide de son avocat (bénévole) Leonard Grossman, elle obtient finalement justice. Non seulement pour elle, mais pour tous les travailleurs américains.

     

    L'audience au chevet de Catherine Donohue, chez elle.

    L'héritage

    L'affaire des «radium girls» est l'une des premières dans laquelle un employeur a été déclaré responsable de la santé de ses employés aux États-Unis. Elle mène à de nouvelles législations cruciales pour les ouvriers et, en fin de compte, à la création de l'Occupational Safety and Health Administration, l'agence fédérale de protection des travailleurs américains. Avant l'OSHA, 14.000 personnes mouraient chaque année au travail. Aujourd’hui, on dépasse à peine les 4500. En outre, ces ouvrières offrirent à la science un legs «inestimable».

    Mais vous ne verrez pas souvent leurs noms cités dans les livres d'Histoire, car, individuellement, les «radium girls» ont été globalement oubliées. Construit autour de leurs propres mots, issus de leurs journaux intimes, de leur correspondance ou de leurs témoignages devant les tribunaux, mon nouveau livre, The Radium Girls, essaye de rééquilibrer la balance. Parce qu'il ne faut pas oublier que c'est grâce à leur force, leurs souffrances et leur sacrifice que des droits des travailleurs ont été obtenus. Nous bénéficions tous de leur courage.

    Grace Fryer et Catherine Donohue –pour n'en nommer que deux– sont des femmes qu'il nous faut saluer. Leur mémoire mérite d'être honorée. Leurs vies écourtées étincellent dans notre Histoire. Et elles brillent aussi au sens strict: avec une demi-vie de 1600 ans, le radium est toujours ancré dans leurs os. Dans leur tombe, les «filles fantômes» rayonneront encore longtemps.

    Ce post a été traduit de l'anglais par Peggy Sastre.

    I am the author of The Radium Girls, the incredible true story of the American women who stood up and fought for justice and in so doing changed the world.

    Contact Kate Moore at .

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    2 - En marche vers le crime nucléaire

     
    http://www.acdn.net/spip/spip.php?article1095&lang=fr

    Publié le 19 octobre 2017

    Dans leur longue marche vers la mise en service de l’EPR de Flamanville, EDF et le gouvernement viennent de franchir une étape décisive, avec la bénédiction du Conseil d’Etat en date du 16 octobre.

    Chacun sait aujourd’hui que l’EPR n’est pas seulement un gouffre financier, un modèle de gabegie, d’incurie, de tromperies, de dissimulations et de détournements, mais encore une aberration technologique, un condensé de malfaçons, et la plus belle promesse de catastrophe nucléaire civile, dont Fukushima n’a pas suffi à détourner la folie des dirigeants français. Un seul homme semble encore l’ignorer, mais à lui seul il va sauver l’EPR du néant. C’est le chef de l’Etat, le chef de chez les chefs. Il est en marche, il arrive, et le Conseil d’Etat vient de lui dégager la voie. Voici pourquoi et comment.

    Le 12 décembre 2005, un arrêté gouvernemental établit des exigences de tenue mécanique, de qualité de conception et de fabrication, que les équipements nucléaires sous pression (cuves de réacteurs, générateurs de vapeur…) devront sans faute respecter. La moindre défaillance de ces pièces pourrait conduire à un accident majeur.

    Dix ans passent, pendant lesquels l’EPR de Flamanville accumule les retards, les surcoûts, les déboires, les malfaçons et les malversations, à l’instar de son prédécesseur vendu « clés en main » aux Finlandais… et toujours pas entré en service.

    Début 2015, Areva finit par « signaler » à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) les anomalies, que l’une et l’autre connaissent déjà depuis longtemps, dans la cuve du réacteur de l’EPR fabriquée par Creusot Forges, en matière de tenue mécanique et de qualité : l’acier du couvercle et du fond de la cuve ne respecte pas les normes de résilience. En cas de choc thermique ou autre, il peut se fissurer ou se disloquer. Logiquement, la cuve doit être refusée. Trop tard. L’ASN l’a laissée mettre en place et elle est quasiment inamovible.

    Heureusement, le 30 décembre 2015, à l’heure où les Français préparent le réveillon, un arrêté du ministre de l’Ecologie prévoit une procédure dérogatoire pour la mise en service d’équipements de ce type, même s’ils ne satisfont pas à toutes les normes de sûreté. La sécurité de la population passe après les intérêts d’EDF, d’Areva et de la balance commerciale. Et surtout après le prestige de la France et de son « savoir-faire nucléaire ».

    Indignées, plusieurs associations (France Nature Environnement, Réseau “Sortir du nucléaire“, Greenpeace, Notre Affaire à Tous et le CRILAN) déposent auprès du Conseil d’Etat deux requêtes en excès de pouvoir. Ce sont ces recours que le Conseil d’Etat vient de rejeter le 16 octobre, faisant sauter l’ultime obstacle sur la voie qui permettra au gouvernement de décréter la mise en service du réacteur de Flamanville, la dérogation n’étant plus qu’une formalité.

    Entre-temps en effet, M. Macron régnant, l’ASN a déblayé le terrain. En juillet 2017, elle formule un « projet d’avis » admettant que l’acier de la cuve prévue pour 60 ans n’est pas aux normes, mais qu’il pourra (et devra) tenir pendant 6 ans avant le remplacement du couvercle.... Encore hésitante, l’ASN lance une consultation publique pendant l’été et réserve son avis définitif pour la fin de l’année. 13 000 citoyens répondant à l’appel réfutent et rejettent dans leur quasi-totalité son avis "provisoire", rejoignant l’avis d’experts reconnus en sûreté nucléaire. Vont-ils être entendus ? Que nenni ! Comme si de rien n’était, le 11 octobre, l’ASN confirme mot pour mot son avis de juillet. Entériné cinq jours plus tard par le Conseil d’Etat.

    Qu’on se le dise : un crime contre la population française, européenne et mondiale se prépare. Les criminels fourbissent leurs armes, le Lobby est à l’affût. Nous sommes le gibier.

    ACDN
    contact@acdn.net
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  •  Les milliards d’Areva

    Cet article de l’observatoire du nucléaire démontre que si les gouvernements changent, la politique nucléaire de la France elle, ne change pas. EDF et AREVA s’empêtrent dans le tapis ! Jusqu’à la prochaine catastrophe.

     Jusque là, ça va….

     Gaulois. 

     Déficit budgétaire : Macron muet sur les milliards déjà détruits par EDF et Areva… et sur ceux qui vont suivre !

     http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article181

     La polémique fait actuellement rage à propos des 4,5 milliards d’économies exigées par M. Macron pour satisfaire la Commission européenne en contenant le déficit de la France à 3% du PIB. Mais il n’est presque personne pour pointer une des causes principales des difficultés budgétaires de la France : l’industrie nucléaire, avec en particulier la faillite consommée d’Areva et celle programmée d’EDF.

     

    Ainsi, le 8 mars 2017, l’Etat a versé 3 milliards pour recapitaliser EDF. Et, entre le 12 et le 31 juillet 2017, l’Etat injecte pas moins de 5 milliards dans les différentes structures issues de la faillite d’Areva. En particulier, dès le 12 juillet, 2 milliards ont déjà été versés par l’Etat à Areva SA, qui n’est désormais plus qu’une structure de défaisance sur le modèle du fameux "Consortium de réalisation" créé pour faire payer par les citoyens la faillite du Crédit Lyonnais.
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    De toute évidence, ce puits sans fond va continuer à coûter très cher puisque, le 20 juillet, l’opérateur Finlandais TVO a annoncé que la Chambre de commerce internationale (CCI) avait rendu un nouvel arbitrage partiel en sa faveur et au détriment d’Areva concernant le chantier désastreux de l’EPR finlandais. Il est désormais quasiment certain, comme annoncé de longue date par l’Observatoire du nucléaire, que cet arbitrage va se terminer un nouveau fiasco général pour Areva… et donc pour les finances publiques françaises : TVO réclame (à juste titre) près de 3 milliards de dédommagements
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    On peut ajouter à ce triste tableau la curieuse opération mise sur pied en décembre 2014 par un ministre de l’économie nommé Emmanuel Macron qui, sans la moindre justification, a fait racheter par l’Etat plus de 27 millions d’actions d’Areva (détenues par le Commissariat à l’énergie atomique) à un prix supérieur à la cotation officielle : 12,2 euros au lieu de 9,04 (*). Depuis, comme on pouvait le prévoir, l’action d’Areva a continué à s’effondrer (elle ne vaut plus que 4,4 euros), achevant de faire un nouveau fiasco de cette étrange opération macronienne.
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    On notera aussi la grande "pudeur" du premier ministre Edouard Philippe lorsqu’il s’est ému des 8 milliards manquant dans les caisses de l’Etat, oubliant que plus du quart de cette somme venait des errements d’Areva en particulier à l’époque où il était lui-même un cadre influent de cette entreprise à la dérive !
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    Les citoyens de France doivent savoir que ces sommes, pourtant affolantes, ne constituent pourtant qu’un petit aperçu des factures incommensurables qui vont être peu à peu publiées au fur et à mesure des révélations concernant les déboires de l’atome hexagonal.
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    D’ailleurs, sous nos yeux, et sans que personne ne le stoppe, le PDG d’EDF s’apprête à lancer une nouvelle opération catastrophique avec le projet de construction de deux EPR à Hinkley Point (Grande-Bretagne). Même si ces réacteurs ne seront probablement jamais construits, ou au pire jamais terminés comme l’annonce obstinément l’Observatoire du nucléaire, il est clair que ce projet va achever de ruiner EDF qui a déjà consacré (gaspillé) sur place plusieurs milliards.
    .
    Il est aussi notable que, avant même que le chantier ne soit commencé, la facture du projet ne cesse d’augmenter : début juillet, c’est un premier surcoût de près de 2 milliards qui a été annoncé, préfigurant les réévaluations successives comme c’est le cas depuis 10 ans concernant les chantiers EPR de Finlande et de Flamanville.
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    Il est toujours possible de se consoler en rappelant qu’Areva et EDF ne sont pas seuls dans cette galère : Westinghouse, l’entreprise historique du nucléaire aux USA et dans le monde, a elle aussi fait faillite, entrainant dans les bas fonds son actionnaire majoritaire, le japonais Toshiba (**).
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    L’industrie nucléaire est entrée dans la dernière phase de son existence, mais son agonie va hélas durer encore des années, sur fond de catastrophes nucléaires en cours (Tchernobyl, Fukushima) et probablement à venir, de déchets radioactifs abandonnés, de centrales à démanteler "offertes" à nos descendants, et de factures insensées qui vont faire passer pour une aimable plaisanterie (et une cynique diversion) les polémiques actuelles sur le budget de l’armée française…
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    (*) http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article181
    (**) http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20170411-japon-empetre-westinghouse-calvaire-toshiba-continue

     


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  • Cuve de l'EPR et falsifications nucléaires

    l'effondrement prévisible et irréversible de l'atome de France :

     Une réflexion qui ne manque pas de réalisme sur l'état du nucléaire français. A lire et à méditer, en attendant sagement que ça nous pète à la g.....

     Par Stéphane Lhomme

    Directeur de l'Observatoire du nucléaire
    http://www.observatoire-du-nucleaire.org

     http://www.alternatifs44.com/2016/11/cuve-de-lepr-et-falsifications.html

     http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/11/24/le-parc-nucleaire-francais-est-en-bout-de-course_5037311_3232.html

     

    Lorsque des problèmes de conformité de la cuve de l’EPR de Flamanville ont été reconnus par Areva en avril 2015, il s’agissait presque d’une information anodine tant le chantier de ce réacteur a connu - et connait encore - de retards, malfaçons et surcoûts.

    Mais, peu à peu, au fil des semaines et des révélations, cette affaire a dévoilé ce qui est incontestablement un des pires scandales industriels de tous les temps, tous pays confondus.

    Ainsi l’industrie nucléaire française, présentée continuellement comme « triomphante », « exemplaire », « enviée dans le monde entier », est en réalité un repaire d’escrocs qui, depuis des décennies, bâclent la fabrication de milliers de pièces, les couvrent par des certificats de sûreté falsifiés, et les utilisent sans se rendre compte ou sans se préoccuper de leurs déficiences !

    Et que dire l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), « la plus compétente et la plus intransigeante du monde » ? Soit elle est totalement déficiente au point de n’avoir jamais rien vu de ce trafic, soit elle en est tout simplement complice.

    Nul ne peut prédire quelles seront les nouvelles révélations de la semaine à venir, toujours plus incroyables que les précédentes au fur et à mesure qu’est déroulé le fil d’une improbable pelote. Mais, d’ores et déjà, la situation est inextricable.

    D’abord, la cuve de l’EPR de Flamanville, déjà installée dans le réacteur en construction, a été mal usinée et présente des faiblesses qui, si les règles normales de sûreté sont appliquées (ce qui serait la moindre des choses !), devrait aboutir à l’interdiction de son utilisation.

    Rappelons que les règles de sûreté prévoient « l’exclusion de la rupture de la cuve ». Cela signifie que cette rupture ne peut, ne doit pas survenir, car alors RIEN n’est prévu et c’est un scénario similaire à Fukushima, voire bien pire encore.

    Si l’Autorité de sûreté fait normalement son travail, EDF sera alors obligée de détruire une partie du réacteur (construit avec tant de mal !) pour en extraire cette cuve et la remplacer par une autre… qu’il faudra toutefois encore fabriquer et, si possible, de façon correcte !

    Ces opérations prendraient au bas mot 3 à 4 ans, sachant que l’EPR a déjà accumulé des retards insensés : débuté en 2007, le chantier devait être achevé en 2012. Le bout du calvaire est annoncé par EDF pour 2018, mais on peut raisonnablement en douter. Et si la cuve est recalée, ce serait pour 2020, 2022, 2025… ou jamais !

    Pendant ce temps, EDF perd des milliards, nos milliards ! Annoncé au départ à 2,8 milliards, le coût de l’EPR est désormais estimé au triple, 8,5 milliards, en attendant la facture finale qui sera assurément bien au-delà des 10 milliards, sans compter l’affaire de la cuve.

    Mais il y a encore pire : entre temps, Areva a livré aux Chinois deux cuves pour les EPR en chantier à Taïshan, et elles aussi présentent des faiblesses probablement rédhibitoires. Les Chinois attendent le verdict technique pour envoyer à la France la facture incommensurable de deux réacteurs arrêtés pendant des années, détruits en partie pour en extraire des cuves défaillantes en attendant d’éventuelles cuves de rechange…

    L’Autorité de sûreté nucléaire, confrontée à cette situation sidérante, et épiée par les observateurs du monde entier, n’a eu d’autre alternative que de demander EDF de lancer des vérifications dans ses réacteurs et à Areva de reprendre les dossiers des pièces usinées dans les forges du Creusot et autres usines, pour voir si des fautes industrielles n’avaient pas été commises sur d’autres pièces que les cuves.

    Ces vérifications n’en sont encore qu’au début mais l’on sait déjà que ce sont en réalité des milliers de pièces nucléaires qui ont été bâclées et ce depuis… 1965. Nous voilà réduits à attendre que les coupables eux-mêmes veuillent bien faire toute la lumière. Qui peut encore leur faire confiance ?

    A l’approche de l’hiver 2016, ce sont néanmoins sept réacteurs dotés de générateurs de vapeur suspects qui sont arrêtés, et cinq autres qui doivent l’être selon un calendrier qu’EDF impose à la prétendue « Autorité » de sûreté, alors que celle-ci devrait faire stopper immédiatement tous les réacteurs concernés.

    A cela, et en attendant d’éventuelles autres révélations, il faut ajouter la chute d’un générateur de vapeur de plus de 500 tonnes dans le réacteur n°2 de la centrale de Paluel (Seine-Maritime) le 31 mars 2016. Les vibrations et dégâts occasionnés ont gravement endommagé le réacteur qui est arrêté pour longtemps et peut-être pour toujours.

    Par ailleurs, le réacteur n°5 de la centrale du Bugey (Ain) subit lui aussi un arrêt de longue durée du fait de l’incapacité d’EDF à remédier à un grave défaut d’étanchéité de l’enceinte de confinement.

    En résumé, le parc nucléaire français est en bout de course, délabré et parsemé de pièces déficientes. Dans le même temps, les finances d’EDF sont dans un état si déplorable que l’entreprise pourrait sous peu rejoindre Areva dans la faillite, et est de toute façon dans l’incapacité d’entretenir correctement ses réacteurs.

    Les dirigeants politiques et industriels français en sont réduits à guetter les prévisions de la météo en priant que l’hiver soit particulièrement doux. Car, à la moindre vague de froid, il est fort probable que ce sera la pénurie d’électricité. Peut-être la France sera-t-elle sauvée par les pays voisins, à condition qu’ils aient assez d’électricité pour leur propre consommation et pour lui en envoyer : le pays de l’atome est à genoux.

    Cette situation insensée illustre le caractère absurde et dérisoire de l’annonce par EDF de la construction de deux EPR en Grande-Bretagne, à grands coups de milliards… qui n’existent pas.

    Les zélateurs de l’atome et les citoyens trop longtemps abusés sont probablement stupéfaits d’assister à l’effondrement de cette industrie supposée être triomphante. Or, en réalité, cette situation était parfaitement prévisible.

    Effectivement, construire un parc nucléaire revient à programmer une situation inextricable pour 30 à 40 ans plus tard. C’est ce qu’à fait la France dans les années 70 avec deux circonstances terriblement aggravantes : la taille surdimensionnée de ce parc, qui démultiplie les problèmes, et la rapidité de construction. Ce dernier point est d’ailleurs crucial.

    Pendant des décennies, l’édification en quelques années de 58 réacteurs a été présentée comme un exploit extraordinaire, ce qui n’est d’ailleurs pas faux du simple point de vue industriel. Le problème est que tous ces réacteurs arrivent en fin de vie dans un bel ensemble et non de façon échelonnée. Le piège se referme, d’autant qu’aucune alternative énergétique n'a été engagée.

    Les grands parcs nucléaires – principalement ceux des USA, du Japon, de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne et bien sûr de la France – ont été construits et financés pendant les fameuses « 30 glorieuses », quand l’argent coulait à flot.

    C’est ainsi que des sommes insensées ont été consacrées à l’édification de centaines de réacteurs : 100 aux USA, 58 en France, 54 au Japon, etc. Cette opération, ou plutôt ce coup de force dans la mesure où les opinions publiques étaient déjà fortement opposées à l’atome, ne peut (heureusement !) être réédité aujourd’hui car les caisses sont vides.

    L’argent n’est même plus disponible pour rafistoler les vieux réacteurs, sans parler de leur démantèlement, et pour s’occuper des déchets radioactifs : le tout est légué aux générations suivantes qui, pourtant, auront probablement bien d’autres problèmes à affronter.

    Il a parfois été dit que l’aventure nucléaire était comme un voyage en avion… sans piste d’atterrissage. Les réservoirs sont vides et la descente a commencé. Au mieux elle se soldera par un désastre industriel et financier, au pire ce dernier sera accompagné d’une ou plusieurs catastrophes nucléaires.

    Les atomistes les plus obtus osent encore prétendre que Tchernobyl est « de la faute des Soviétiques » et Fukushima « de la faute du Tsunami ». Ces arguties ne trompent plus personne : le nucléaire s’effondre et entraine la France, « royaume de l’atome », dans une chute irréversible. Notre maison est irradiée et nous regardons ailleurs…

     

    Un décret très discret

     Les commentaires sont superflus. On nous mitonne à la sauce nucléaire

     Tous exposés à de plus fortes radiations. C’est ce que prépare un décret très discret

    https://reporterre.net/Tous-exposes-a-de-plus-fortes-radiations-C-est-ce-que-prepare-un-decret-tres

     https://www.crashdebug.fr/actualites-france/12452-tous-exposes-a-de-plus-fortes-radiations-c-est-ce-que-prepare-un-decret-tres-discret

     

    La circulaire européenne relative à la protection des populations contre les expositions aux radiations intégrera le droit français par décret en janvier 2017. L’auteur de cette tribune, dans une lettre ouverte aux ministres concernées, s’indigne que ce texte modifie « gravement » le code de la santé publique en relevant les seuils jugés tolérables par l’administration en cas d’accident comme ceux de Tchernobyl et Fukushima.

    Jean-Marie Matagne est le président de l’Action des citoyens pour le désarmement nucléaire (ACDN). Il est également docteur en philosophie.


    Saintes, le 29 septembre 2016

    Madame Ségolène Royal
    Ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, chargée des relations internationales sur le climat

    Madame Marisol Touraine
    Ministre des Affaires sociales et de la Santé

    Mesdames les ministres,

    Honte à vous, si vous signez en l’état le « Décret n° 2017-xxxx du xx/01/2017 relatif à la protection sanitaire contre les dangers résultant de l’exposition aux rayonnements ionisants et à la sécurité des sources de rayonnements ionisants contre les actes de malveillances (sic) ».

    Ce décret, qui pour répondre à une demande européenne doit être pris en janvier 2017 par le Premier ministre, « sur le rapport de la ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer en charge des relations internationales sur le climat », modifie le code de la santé publique. Gravement. Horriblement.

    Sa longueur (84 pages), sa technicité le rendent pratiquement illisible au commun des mortels. Pour y comprendre quelque chose, il faut au moins bénéficier des lumières de la Criirad. En opacité, il ne le cède en rien à un certain projet de constitution européenne qui fut soumis naguère au peuple français et rejeté par lui. Sans doute mériterait-il de subir le même sort.

    Car il édicte une flopée de normes auxquelles devront se soumettre les utilisateurs en tous genres du nucléaire, pour continuer à exercer joyeusement leur activité. Les plus sympathiques de ces normes visent à limiter — à défaut de le supprimer — l’impact maléfique du gaz radon dans certains bâtiments publics. Mais, au-delà de ces mesures censées protéger la population, le cœur du décret se cache au chapitre Ier, Section 4, intitulée : « Gestion des situations d’urgence radiologique. » L’ignoreriez-vous, Mesdames ?

    Il tient en trois lignes :


        « Art. R. 1333-55. – I. – Pour l’application du principe d’optimisation prévu à l’article L. 1333-3, est fixé un niveau de référence à 100 mSv [milliSievert] en dose efficace reçue pendant la durée de la situation d’urgence radiologique, comprenant tout type d’exposition. » (Projet de décret, p. 24.)

     

    Admirons la langue de bois.

    Concrètement, les « situations d’urgence radiologique » dont il s’agit ici, ce sont les effets d’un accident majeur du type Tchernobyl ou Fukushima, survenu sur un ou plusieurs réacteurs nucléaires par suite d’une défaillance humaine ou matérielle, d’un événement naturel extrême, d’un attentat ou d’un « acte de malveillance ». Ou résultant d’une explosion atomique.

    267794 Photo Fournie Par Greenpeace De L Un De Ses Membres Mesurant A L Aide D Un Compteur Geiger La RadioaUn membre de Greenpeace mesurant à l’aide d’un compteur Geiger la radioactivité, le 27 mars 2011, à Fukushima.

     

    Ce décret nous prépare donc à la catastrophe. Comment ? En décrétant que la dose moyenne d’exposition aux radiations, jugée tolérable par l’administration pour une personne pendant les premières semaines de la « situation d’urgence », sera 100 fois plus élevée que la dose limite d’exposition annuelle (1 mSv) tolérable en temps normal. Cent fois plus, rien que ça. Que les personnes exposées ne la tolèrent pas et qu’elles en crèvent, ce n’est pas le problème de l’administration.

    On aurait pourtant cru, Mesdames, que c’était le problème d’une ministre de l’Environnement et d’une ministre de la Santé. Cherchez l’erreur.

    Et ce n’est pas fini. Quand la situation ne sera plus « urgente », mais que des personnes continueront à être exposées à la contamination ou à l’irradiation, la « dose de référence » dont elles profiteront à leur corps défendant (dose qui n’a rien de limitatif, précise la Criirad) restera 20 fois plus élevée que ne l’est actuellement la « dose limite » (impérative, elle).

    En effet :

       « Art. R. 1333-67. – Par application de l’article L. 1333-3, est fixé un niveau de référence à 20 mSv en dose efficace pour toute personne exposée à ces situations sur une année afin de définir la stratégie initiale de gestion des parcelles polluées. » (Projet de décret, p. 28)

     Ainsi, les personnes qui auront eu le malheur de se trouver dans la zone initiale d’exposition et de subir 100 fois plus de rayonnements ionisants que n’en supporte un humain normalement constitué pourront continuer, si elles se trouvent sur une « parcelle polluée », à en supporter 20 fois plus pendant un an (ensuite, ce sera laissé à l’appréciation des « responsables » locaux).

    Tmi Cleanup 2Une équipe de nettoyage de la radioactivité d’un bâtiment annexe après l’accident de la

    centrale de Three Mile Island, aux États-Unis, en 1979.

     Évidemment, les « parcelles » en question ne sont pas prévisibles et n’ont d’autre limite que les frontières françaises qui, comme on sait, sont étanches à la radioactivité.

    Mais comment expliquez-vous, Mesdames, que dans la fourchette proposée par la circulaire européenne : de 20 à 100 mSv en « situation d’urgence », puis de 1 à 20 mSv pendant l’année qui suit, la France choisisse la « dose de référence » maximale ?

    Ce choix est criminel. Il condamne à vivre et à mourir en zone contaminée des millions de personnes. Si vous avez à cœur de défendre l’environnement et la santé, à supposer même qu’il faille accepter la perspective inacceptable d’une catastrophe nucléaire, c’est la norme la plus basse qu’il vous fallait choisir. Seriez-vous à la solde du lobby nucléaire ?

    Pour vous défaire de ce soupçon, vous avez le choix entre deux issues : récuser ce projet de décret et exiger la fermeture de tous les réacteurs qui justifient son existence, ou bien le cosigner et assumer l’accusation d’avoir préparé un crime contre l’humanité, le jour où adviendra la catastrophe qui fera prendre pour une bluette l’affaire du sang contaminé.

    Au cas où vous n’obtiendriez pas que le gouvernement adopte un plan de fermeture des réacteurs, vous pourriez toujours démissionner.

    Veuillez agréer, Mesdames les ministres, l’expression de ma haute considération.

     Source(s) : Reporterre.net via Lesbrindherbes.org

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    Radioprotection mondiale, copinage et serment de secret

    Là, c'est bien la secte nucléaire dans ses basses œuvres. Jugez plutôt !

    Pierre Dubochet | 1er mai 2014

    http://www.pierredubochet.ch/radioprotection-mondiale,-copinage-et-serment-de-secret.html

    Le dispositif de radioprotection mondiale : copinage, complaisance, serment de secret sur la pollution

    «
    Je jure de ne rien révéler ou utiliser de ce qui sera porté à ma connaissance». Vous avez dit transparence ?

    Tout en haut de ce dispositif, les scientifiques qui publient leurs découvertes dans des revues à comité de lecture. Il serait bien que la situation en Biélorussie par exemple montre que les budgets sont alloués vers les situations de pollution radioactive les plus sérieuses ; la réalité est différente.

    En dessous, l’UNSCEAR (United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation), fondée en 1955. Elle prend connaissance des publications et en retient ce qu’elle veut, n’étant soumise à aucun contrôle scientifique.

    En dessous, la CIPR (Commission Internationale de Protection Radiologique), émanation d’un comité de protection contre les rayons x et le radium, se fonde en 1950. Elle reçoit les publications de l’UNSCEAR et rédige ses recommandations. Vous comptez sur une information objective relativement à la pollution radioactive ? Vous allez être déçu. 

    Avant d'entrer en fonction, depuis le 15 juin 1966, les agents de ce service doivent accepter un «serment de secret sur la pollution radioactive
    » devant un tribunal d’instance en ces termes : «Je jure de bien et fidèlement remplir mes fonctions et de ne rien révéler ou utiliser de ce qui sera porté à ma connaissance à l’occasion de (mon) exercice». Aucun membre ne peut parler d’une quelconque pollution sans l’autorisation de son supérieur.

    Le document est mis à jour en 1983 : «
    Je jure de bien et fidèlement remplir mes fonctions et de ne rien révéler ou utiliser, directement ou indirectement, même après cessation de mes fonctions, de ce qui aura été porté à ma connaissance à l'occasion de [mon] exercice)», selon parution au Journal Officiel de la République française. 

    Par ailleurs, ce petit groupe remplace ses membres par cooptation. Il s’auto perpétue. Est-ce l'idée que vous aviez de la radioprotection mondiale ?

    Les membres de la CIPR (14 membres pour la commission principale) se retrouvent dans d’autres organisations, notamment dans l’UNSCEAR. Cette solidarité est dommageable à la prise en compte de réflexions différentes.

    Encore en dessous se trouvent AEN, IRPA, OCDE, AIEA, OMS, etc. Elles conservent ce qui leur paraît opportun des recommandations de la CIPR, puis rédigent les standards internationaux en matière de radioprotection, qu’elles transmettent en leur nom.

    C’est avec ce qu’il reste que les législations nationales sont décidées. 

    Les liens entre la CIPR et l’OMS sont formalisés en 1956 à Genève. L’OMS s’engage également à aider la CIPR à traduire et à diffuser ses recommandations. L’OMS institue des liens avec l’AIEA et l’UNSCEAR en 1959. 

     

    A Flamanville, l’Autorité de sûreté nucléaire est dans la main d’EDF

    Ou le copinage à tous les niveaux !

    Source : MédiaPart

     https://www.mediapart.fr/journal/france/181016/flamanville-l-autorite-de-surete-nucleaire-est-dans-la-main-d-edf

     18 octobre 2016 | Par Pascale Pascariello

     Deux inspecteurs de l’Autorité de sûreté nucléaire, chargés du contrôle des conditions de travail et de la sûreté sur le chantier de l’EPR, futur réacteur en construction, et dans trois autres centrales en Normandie, ont subi pressions et menaces de leur direction, au profit d’EDF. Et au mépris de la sécurité.

     « Je suis inspecteur du travail à la division de Caen de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Depuis 2011, j’ai subi et encaissé, dans le cadre de mon activité professionnelle, de nombreuses et parfois très lourdes pressions voire menaces, de multiples injonctions contradictoires, qui ont généré une situation de souffrance au travail. » C’est ainsi que débute le recours d’Alain auprès du président du tribunal administratif de Caen, en août 2016, pour faire reconnaître en accident du travail son épuisement psychologique survenu le 16 octobre 2015.

    La direction de l’Autorité de sûreté nucléaire « a essayé de m’imposer sa position ou d’influer sur les choix que j’avais à faire dans le cadre de ma mission d’inspecteur du travail », en particulier, « sur des sujets pouvant représenter des enjeux pour EDF – l’exploitant des centrales –, dès qu’un contrôle pouvait engendrer des suites impactant EDF de façon notable (suites pénales, impact industriel…) ou qu’il a fait l’objet d’une intervention hiérarchique d’EDF », explique Alain.  

     

    Résultat : il y a un an, il s’écroule. Ce burn-out oblige Alain à interrompre son activité professionnelle durant sept mois. L’expertise médicale est claire : « Épuisement professionnel. Le trouble peut être considéré comme un accident du travail, conséquence d’une série d’événements survenant par le fait ou à l’occasion du travail. » Depuis 2008, en tant qu’inspecteur du travail, Alain, ingénieur de l’industrie et des mines, est en charge, en Normandie, de trois centrales en activité et du chantier de l’EPR, futur réacteur nucléaire en construction à Flamanville (Manche). À ses côtés à partir de 2010, Laurent assure également une partie des contrôles de sûreté nucléaire.

    Ces deux inspecteurs ont mené, entre 2010 et 2014, des contrôles qui ont abouti, pour certains, à des procès retentissants. Suite à l’accident mortel d’un soudeur le 24 janvier 2011, sur le chantier de l’EPR, leur enquête retient la responsabilité de deux entreprises, dont Bouygues. Toujours sur le chantier du futur réacteur nucléaire, leurs inspections ont révélé la situation de travail illégal de près de 500 ouvriers polonais et roumains. Encadrés et dirigés par Bouygues, ils n’avaient ni congés payés, ni droit au chômage, et un salaire inférieur à la convention collective française.

    Ce système de fraude, dont Bouygues a bénéficié entre 2009 et 2012 sur l’EPR, lui a permis quelques belles économies. L’Urssaf, quant à elle, estime son préjudice global entre 9 et 12 millions d’euros. Le contrôle mené par les deux inspecteurs, Alain et Laurent, aboutira à un procès en correctionnelle en mars 2015, l’une des plus importantes affaires de travail illégal jugée en France.. Bouygues a été condamné à 25 000 euros d’amende. Il sera rejugé en appel du 7 au 10 novembre prochain.

    Loin d’être félicités pour leur professionnalisme, ces deux inspecteurs ont subi de nombreuses pressions de leur direction. Parmi les nombreux faits que rapporte Alain dans son dossier : en juin 2011, il se heurte à EDF qui fait obstacle à une inspection inopinée dans la centrale de Flamanville. Informé, le procureur de la République de Cherbourg demande à Alain de lui signaler, par écrit, ce délit afin qu’il rappelle à EDF son obligation de respecter la loi. Mais Alain est confronté à sa direction qui tente de le dissuader de notifier ce délit à la justice. Néanmoins, il ne cède pas à ces pressions et envoie un courrier au parquet de Cherbourg. Quelques semaines plus tard, il est convoqué par sa direction pour un entretien « officieux » de sanction.

    Il est alors informé que son comportement remet en cause sa carrière. Sa direction va jusqu’à lui reprocher d’avoir adressé à EDF un courrier signalant les poursuites judiciaires encourues. « J’observe que ma hiérarchie, très prompte pour me demander de me justifier, tant pour ce qui concerne mes constats que pour ce qui concerne mon comportement quand EDF s’en plaint, est beaucoup moins prompte à réagir quand il s’agit de me défendre vis-à-vis d’EDF », constate Alain.
     
    Les pressions de ce type se multiplient, les entretiens de sanction également. On reproche par exemple à Alain d’alerter, en septembre 2013, le ministère du travail sur une organisation mise en place par EDF dans les centrales nucléaires en matière de radioprotection et présentant des risques pour les salariés. Alain informe EDF, par courrier, qu’au regard des irrégularités constatées, il envisage de proposer une mise en demeure. Là encore, il est convoqué pour un rappel à l’ordre par sa direction. Pire, ignorant les conclusions de l’inspecteur, la direction de l’Autorité de sûreté nucléaire et le ministère du travail décident conjointement de réviser la réglementation… en faveur d’EDF.

    Qu’elle est loin la belle image d’une institution indépendante et transparente prônée par Pierre-Franck Chevet, président de l’Autorité de sûreté nucléaire. Le 6 novembre 2012, dès sa nomination, lors de son audition par la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, Pierre-Franck Chevet déclarait : « Selon moi, l’ASN repose sur quatre valeurs essentielles : compétence et rigueur, indépendance et transparence.. Toutes sont nécessaires mais ne sont suffisantes qu’inscrites dans la durée. » Bel exercice de communication qui tranche avec une tout autre réalité.

    Les échanges de mails entre Alain et sa hiérarchie témoignent de toutes les difficultés rencontrées lorsqu’il signale des irrégularités manifestes et graves de la part d’EDF. Il doit faire face au comportement de l’exploitant des centrales, peu disposé à l’informer de ses manquements en matière de sécurité et sûreté nucléaire. Il doit, en outre, affronter sa direction qui fait obstacle à ses conclusions lorsqu’elles vont à l’encontre d’EDF.

    Certains échanges décrivent comment l’ASN valide les irrégularités d’EDF. Alain alerte ainsi sa direction : « Je constate qu’EDF Flamanville ment et nous dissimule volontairement des informations relatives à la radioprotection. Je prévois un rappel à l’ordre. Et je dois défendre (une nouvelle fois) mot pour mot mes observations et justifier ma position vis-à-vis de ma hiérarchie et donc y consacrer un temps et une énergie non nuls. Bilan : EDF ment et nous offre même les preuves écrites. Est-il envisagé un rappel à l’ordre écrit par l’ASN ? Non. Qui s’en prend plein la g… ? L’inspecteur du travail qui projette de rappeler par écrit à EDF que le mensonge aux autorités administratives et judiciaires est un délit. »

    « Je constate qu’EDF Flamanville ment »

    Face à ces pressions exercées sur ces inspecteurs, et alors même que l’Autorité de sûreté nucléaire, gendarme du nucléaire, se doit d’être affranchie de tout lien avec EDF, la justice va intervenir. En effet, en octobre 2013, survient un nouvel incident sur le chantier de l’EPR : une pièce d’un appareil de manutention, le pont polaire, situé à l’intérieur du bâtiment réacteur, est projetée en l’air et fait une chute de 20 mètres. Par chance, aucun ouvrier n’est blessé. Alain et son collègue, Laurent, procèdent au contrôle de cet équipement, utilisé pour lever et installer des composants pouvant atteindre plus de 560 tonnes. Il s’agit d’un appareil primordial en terme de sûreté nucléaire et de sécurité des travailleurs.

    Le rapport des inspecteurs révèle qu’EDF a mis en place un dispositif non conforme, qui ne dispose d’aucun système d’arrêt d’urgence. Vu la gravité des faits constatés, Alain et son collègue alertent à plusieurs reprises EDF. Le premier électricien de France ignore ces rappels à l’ordre. Il s’apprête même à utiliser son dispositif à haut risque pour installer la cuve du réacteur, mettant ainsi en danger les salariés et les installations. Les deux inspecteurs saisissent la Direction régionale du travail (DIRECCTE) pour mettre en demeure l’électricien. EDF dispose alors de six mois pour rendre sa machine aux normes. D’ici là, interdiction formelle de l’utiliser.
    Mais EDF n’a pas l’intention de respecter la loi. Il a d’ailleurs préparé une grande journée de communication en rameutant la presse locale et nationale pour assister à l’installation de la cuve de l’EPR.

    La direction régionale du travail rappelle alors EDF à l’ordre, dans un courrier du 16 janvier 2014 : « Vous envisagez de réaliser les premières manutentions dès le 21 janvier 2014. Je vous rappelle qu’il n’existe aucune possibilité, applicable à votre situation, de déroger à la loi qui interdit d’utiliser des équipements de travail qui ne répondent pas aux règles techniques de conceptions. »

    Allant à l’encontre de ses propres inspecteurs et de la Direction régionale du travail, c’est le directeur général de l’Autorité de sûreté nucléaire, en personne, qui, le 21 janvier 2014, écrit à EDF : « Je vous informe ne pas avoir d’objection à la réalisation des opérations de levages des gros composants. » La direction de l’ASN autorise ainsi EDF à enfreindre la loi et à utiliser un équipement dangereux, en l’état, pour les salariés et la sûreté nucléaire.

    Les faits sont si graves que le procureur de la République Éric Bouillard décide d’y donner suite en ouvrant une enquête préliminaire. Motifs : « Mise à disposition aux salariés de matériel dangereux » et « utilisation de ce matériel malgré une mise en demeure ».
    En juin 2014, il la transmet à Nanterre, afin « que soit entendue la direction de l’Autorité de sûreté nucléaire », dont le siège est situé à Montrouge, en région parisienne.

    Contacté par Mediapart, le procureur Éric Bouillard souhaite comprendre pourquoi l’ASN, une autorité « qui doit être indépendante à l’égard de celui qu’elle contrôle, surtout en matière de sûreté nucléaire, a contredit ses propres inspecteurs et a autorisé EDF, alors qu’il existait une interdiction d’utiliser cette machine, à enfreindre la loi au risque de mettre en danger des hommes et des installations ». Depuis, Éric Bouillard a été nommé à la tête du parquet d’Ajaccio. Il a tenté avant son départ, en septembre 2015, de savoir où en était l’enquête du côté de Nanterre : silence radio.

    Contacté par Mediapart, Nanterre explique ne pas retrouver le dossier d’enquête. Est-il resté au fond des tiroirs ? Impossible donc de se pencher sur les liens entre l’ASN et EDF. La transparence a ses limites.

    Après ce nouvel affront de leur direction, Laurent, le collègue d’Alain, ne tiendra pas longtemps. Épuisé psychologiquement, il devra cesser son travail, en juillet 2014. Le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, n’ignore rien de la situation. En effet, suite au burn-out de son collègue, Alain lui adresse, le 30 juillet 2014, un courrier détaillé faisant état de l’ensemble des pressions subies :

     https://html2-f.scribdassets.com/8kkcvp8e9s5iq4pk/images/1-5d83676d07.jpg

     Extrait :

     La réponse du président de l’ASN ne viendra que deux mois plus tard. Il félicite le travail de l’inspecteur et regrette à demi-mot le comportement d’EDF. Cependant, nulle part, il n’y est fait mention des diverses pressions exercées. Encore moins des solutions pour y remédier. Ainsi que le regrette Alain, « le courrier du président de l’ASN n’exprime aucune reconnaissance des “dysfonctionnements” que je décrivais ni aucune proposition de nature à éviter qu’ils ne se renouvellent ».

    Avec le départ de son collègue, la situation d’Alain ne va pas s’améliorer. Épuisé, il assume, seul, le travail de deux inspecteurs. Mais un espoir survient, en septembre 2015, lorsqu’il apprend que son collègue, Laurent, est prêt à réintégrer son poste, toujours vacant. Fausse joie. Le 16 octobre, il apprend officieusement que la direction de l’ASN s’oppose au retour de Laurent, pourtant seul postulant à ce poste.

     Alain s’effondre et envoie ce mail à sa direction : « Je suis au bord de l’explosion. D’un côté par la charge de travail avec des dossiers importants… de l’autre la perspective qu’il n’y ait toujours personne sur le poste alors qu’il y a un candidat [Laurent] qui correspond parfaitement est juste insupportable pour moi. Quel est l’objectif réel de l’ASN ? Me détruire ? Me pousser au départ ? Au burn-out ? Au suicide ? » Le même jour, une alerte du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) est lancée pour « danger grave et imminent » concernant Alain, en « situation professionnelle de détresse ». Alain a été en arrêt maladie durant sept mois.

    Alain et son collègue ne sont pas seuls. Plus de dix ingénieurs de l’Autorité de sûreté nucléaire ont tenu à leur apporter, par écrit, leurs témoignages et soutiens. Tous reconnaissent l’investissement et la rigueur des deux inspecteurs, formant un « binôme efficace et vertueux » pour reprendre l’une des attestations. Alain est notamment présenté comme « un agent performant et motivé ayant une énorme capacité de travail, très soucieux de sa mission au service des conditions de travail des salariés ».

    Certains ingénieurs s’interrogent, également, sur le comportement de leur direction à leur encontre. L’un d’entre eux fait ce constat: « Les difficultés avec l’exploitant (EDF) et pressions sont supportées directement par l’inspecteur et pas par l’administration (l’ASN). Cette situation est d’autant plus difficile lorsque les positions de la hiérarchie de l’ASN et de l’inspecteur ne sont pas partagées… J’ai souvenir d’un moment difficile pour Alain et son homologue, lorsqu’ils ont constaté que le pont polaire de l’EPR, et surtout les équipements devant soulever les équipements lourds, n’étaient pas conformes à la réglementation. Là encore, ils ont eu beaucoup de mal à faire accepter leur position par la hiérarchie de l’ASN […]. Pour conclure, je suis inquiet de la situation, singulièrement pour la santé d’Alain, mais également plus largement en observant que l’administration ne sait pas prendre en compte les risques psycho-sociaux encourus par ses agents. »

     

    Pierre-Franck Chevet, président de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) (Reuters/Charles Platiau).

    Alors même que le silence est d’usage au sein du corps des Mines, Alain a également reçu une lettre signée par dix-neuf ingénieurs de l’Autorité de sûreté nucléaire, en avril 2016. En voici un extrait : « Nous tenions à t’exprimer notre soutien et notre admiration devant ton courage. Ton courage, nous le connaissions déjà. Il était clair devant ton investissement sans relâche […]. Ton courage à ne jamais baisser les armes dans l’adversité quand la plupart d’entre nous auraient sans doute plié pour se protéger. En s’y mettant à tous, on va bien trouver un moyen de te renvoyer l’ascenseur […].. »

    Le burn-out d’Alain n’a pas été sans conséquence à l’intérieur de l’ASN. Pierre-Franck Chevet a adressé, en mai 2016, à la division de Caen, dont dépend l’ingénieur, le message suivant : « Bonsoir, je comprends l’émotion que vous avez ressentie à la suite de l’intervention de Alain. Un point a eu lieu entre les représentants du personnel siégeant au CHSCT et la direction générale de lʼASN. Cette réunion a permis un partage d’informations et un examen des premières actions pouvant contribuer à vous apporter un soutien. J’invite celles et ceux d’entre vous qui en éprouvent le besoin à s’adresser à la cellule d’écoute qui vient d’être mise en place […]. »

    Le CHSCT a lancé une expertise sur les conditions de travail, confiée au cabinet Idenea qui devrait prochainement rendre ses conclusions. Alain ne serait pas un cas isolé au sein de l’ASN, selon le CHSCT, qui n’a pas souhaité s’exprimer davantage sur la situation. L’ASN a refusé de reconnaître l’épuisement professionnel d’Alain en accident du travail.

    Sollicitée à de nombreuses reprises depuis une semaine, l'Autorité de sûreté du nucléaire n'a pas répondu à nos questions.

    Les prénoms des deux inspecteurs ont été modifiés.

     Gaulois

     

     



     



     

     



     


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  • Le nucléaire et son coût


    Quelques vérités sur le coût abyssale de l'énergie nucléaire devrait éclairer les lanternes des plus septiques.

    Il va sans dire que cette technologie de mort n'a jamais été rentable, ni aujourd'hui, ni hier.

    Sans parler des risques d'accidents qui planent au dessus de nos têtes.

    Gaulois.


    Six questions sur le nucléaire, une bombe fiscale à retardement

    Grégory Lamotte / Fondateur et président de Comwatt

     

    Le 07/07/16

     

    http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-158645-nucleaire-francais-la-bombe-fiscale-des-10-prochaines-annees-2012936.php?f8aWSeY0lSx8667M.99#Xtor=AD-6000

    Le nucléaire est aujourd'hui moins compétitif que les énergies renouvelables. EDF et l'Etat sont contraints de prendre des risques que les contribuables devront assumer.

    La France a-t-elle eu raison de miser sur le nucléaire dans les années 1970 ?

    En 1970, le prix de l'électricité nucléaire était bien plus bas que le prix des renouvelables. À cette époque, beaucoup de pays ont choisi d'investir dans cette technologie, probablement à juste titre. Mais depuis cette date, les mauvaises nouvelles se sont accumulées et le nucléaire a perdu progressivement ses trois avantages que sont le prix, l'indépendance énergétique et l'emploi.

    Le nucléaire est-il toujours rentable en 2016 ?

    Depuis 1970, chaque nouvelle génération de centrale coûte plus cher que la précédente. Plus le temps passe, plus la technologie est complexe à mettre en oeuvre. Nous le constatons tous les jours avec les injonctions de l'Autorité de sûreté nucléaire qui mettent régulièrement en demeure EDF de respecter les critères de qualités. D'un autre côté, les chantiers étant de plus en plus complexes, ils mettent de plus en plus de temps à se réaliser. En 1970, il fallait en moyenne quatre ans, en 2014 la moyenne est de 10 ans, avec des records à plus de 16 ans. Le nucléaire est une des seules technologies au monde à avoir une courbe d'apprentissage négative, c'est-à-dire que plus nous avons d'expérience et plus le délai et le prix augmente. Une complexité plus importante et un temps de construction qui double, cela nous entraîne forcément vers une explosion des coûts.

    L'électricité produite par les centrales nucléaires est-elle la moins chère ?

    Depuis les années 2000, le prix du nucléaire a été multiplié par 5 et le prix du solaire divisé par 6. Le projet de réacteur nucléaire de type EPR qu’EDF souhaite construire en Angleterre va commercialiser de l'électricité à un prix de 0,12 €/kWh à partir de 2027 (les Anglais s'engagent à acheter à ce prix pendant 35 ans, ce prix est indiqué dans le contrat). En comparaison, en 2016 le solaire et l'éolien produisent de l'énergie en Europe (Royaume-Uni, Allemagne, France...) vendue à 0,07 €/kWh. En 2027, le solaire sera à moins de 0,04 €/kWh selon le rapport de BNE (Bloomberg New Energy). Le nucléaire est donc trois fois plus cher que les renouvelables sans subventions.

    Le nucléaire garantit-il notre souveraineté économique ?

    Depuis que la dernière mine d'uranium a fermé en France, nous avons tiré un trait sur l'indépendance énergétique. 100 % de l'uranium est donc importé, ce qui rend la France vulnérable en cas de conflits, comme nous l'avons observé lors de conflits proches du Niger.

    Le nucléaire est-il bon pour générer des emplois locaux ?

    Selon une étude de l'OCDE, à quantité d'énergie produite équivalente, les renouvelables créent 6 fois plus d'emplois que les énergies nucléaires. D'autant plus que les renouvelables étant installés sur nos toitures et dans nos champs de France vont créer des emplois locaux, non délocalisables. Ainsi avec l'énergie solaire et éolienne, nous faisons d’une pierre deux coups, nous réduisons notre facture et sans subventions nous créons de l'emploi local pour que l'argent reste à la maison.

    Qui va payer le déficit de compétitivité du nucléaire français ?

    En 2016, le nucléaire est devenu si peu compétitif que sans le soutien public, la plupart des constructeurs de centrales (comme Areva) auraient déposé le bilan. Les banques ne croient plus au nucléaire, c'est pour cette raison qu’EDF (via nos impôts) va devoir supporter seule le risque financier de son projet d'EPR anglais de Hinkley point qui est de 22 milliards d'euros (plus que la capitalisation d’EDF qui est de 19 milliards d'euros). L'État va devoir injecter 5 milliards d'euros pour recapitaliser Areva et éviter ainsi le dépôt de bilan, mais comme la situation économique d'Areva ne se redresse pas, il va falloir réaliser cette opération tous les deux ans.

    Lire aussi :
    EDF affiche un bénéfice net en chute alors que le projet Hinkley Point reste sur le fil du rasoir

    En plus de sous-estimer le démantèlement avec les estimations les plus basses du monde, EDF vient d'annoncer vouloir retarder de 50 ans le démantèlement des anciennes centrales nucléaires. La raison invoquée : un virage technologique à 180° avec un démantèlement sous air et non plus sous eau. Mais derrière ce rapport, se cache un signal clair : « après moi le déluge ! ». Qui va payer dans 50 ans des économies que nous aurons réalisées en 2016 ? C'est une dette aux générations futures qui est inexcusable. Nous ne pouvons plus nous permettre pour des raisons électorales de fixer le niveau des tarifs réglementés de vente de l’électricité en dessous des coûts d’EDF. Il faut cesser de faire payer par l'impôt les pertes abyssales du nucléaire et enfin proposer une énergie post nucléaire !

    Grégory Lamotte est président fondateur de Comwatt









     

     


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  • Déclaration de Montréal

    Assurément une énième déclaration sur ce sujet. Si louable soit-elle, la secte nucléaire n'en tiendra aucun compte. 

    Nous ne le répèterons jamais assez, la folie humaine a trouvé, à travers le nucléaire, un outils par excellence d'auto-destruction. Finalement comme si la fin de notre espèce devait être avancée de quelques centaines de millions d'années. 

    Puisqu'il s'agit de folie humaine, ce document digne de bonne foi nous en révèle les contours...Macabres. Je laisse aux lecteurs le soins d'en cerner toute l'ignominie de ce qui fut ce double massacre terroriste nucléaire  des USA  les 6 et 9 août 1945. Les scientifiques, les médias et le public dont la France se félicitaient d'une telle monstruosité.    

      

    71ème anniversaire des bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki   La bombe atomique couverte par un brevet français ? 

    L'énergie atomique se manifesta publiquement pour la première fois le 6 août 1945: destruction à peu près complète et instantanée d'Hiroshima. La "performance" fut répétée trois jours plus tard sur Nagasaki avec le même succès. Si la surprise fut grande dans l'opinion publique, parmi les savants il n'en fut rien car ils envisageaient ce développement scientifique depuis 1939Contrairement à ce qui a été écrit plusieurs années plus tard, ces destructions de masse ne traumatisèrent ni le milieu scientifique ni l'opinion publique. Elles furent perçues comme le début d'une ère nouvelle, "l'âge atomique" confirmant la fiabilité de cette nouvelle source d'énergie.
     

    (Photo Masayoshi Onuka)
    Le 7 août, au poste de quarantaine militaire de Ninoshima, à environ 4 kilomètres au large de Hiroshima. Beaucoup de ceux atteints de profondes brûlures dues à la chaleur de l'explosion, restent étendus ainsi sans bouger, respirant à peine, jusqu'à ce que la vie s'en aille. 
    Le mercredi 8 août 1945on put lire à la une du journal Le Monde : "Une révolution scientifique: Les Américains lancent leur première bombe atomique sur le japon". L'unanimité fut assez parfaite dans l'ensemble de la presse. L'ampleur du désastre, ces êtres humains qui, en quelques millionièmes de seconde, furent "volatilisés" et ne laissèrent qu'une ombre sur les murs, loin de déclencher horreur et indignation, fut reçue comme la preuve objective d'un avenir radieux pour une humanité qui allait enfin être débarrassée à tout jamais des contraintes du travail. La matière se révélait source inépuisable d'énergie, qu'il serait possible d'utiliser partout sans limite, sans effort, sans danger. 

    D'invraisemblables projets étaient présentés sérieusement comme à notre portée dans un avenir très proche. On parlait de faire fondre la glace des pôles par bombardement atomique pour produire un climat tempéré sur la terre entière, d'araser le Mont Blanc ou de combler la Méditerranée pour irriguer le Sahara (Joliot), etc. 

     
    Le délire scientiste n'a plus jamais atteint de tels sommets. Les explosions sur le japon furent glorifiées et bénies par tout ce que l'establishment scientifique avait de disponible: à l'époque cela s'appelait "les savants". La mobilisation fut spontanée pour nous initier à cet avenir que les prix Nobel du "Projet Manhattan" nous avaient soigneusement préparé. Hiroshima devait ouvrir à l'humanité une ère de liberté, on entrait dans la modernité libératrice.
     
    La seule voix discordante fut celle d'Albert Camus dans l'éditorial de Combat le 8 août 1945: "Le monde est ce qu'il est, c'est-à-dire peu de chose. C'est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d'information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique. On nous apprend, en effet, au milieu d'une foule de commentaires enthousiastes, que n'importe quelle ville d'importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d'un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l'avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. [...] Il est permis de penser qu'il ya quelque indécence à célébrer une découverte qui se met d'abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l'homme ait fait preuve depuis des siècles". Ces positions lui valurent, quelques jours plus tard, de violentes critiques.
     
    Pour France-Soir, l'ère nouvelle fut inaugurée le 16 juillet 1945, date de l'essai de la première bombe atomique. Il titre le 8 novembre 1945: "Le 16 juillet 1945 à Alamogordo, par une nuit d'orage, le monde est entré dans une ère nouvelle". L'article se poursuit ainsi: "L'espèce humaine a réussi à passer un âge nouveau: l'âge atomique". 
    Ce même journal titrait un article le 9 août 1945: "L'emploi de la bombe atomique ouvre des horizons illimités". 

     
    Le 10 août 1945, après la destruction de Nagasaki, France-Soir confiait ses colonnes à "un prince, académicien français et prix Nobel de physique" qui titrait son article: "L'homme pourra demain tirer plus d'énergie de quelques grammes de matière désintégrée que de la houille, de l'eau et du pétrole, par le prince Louis de Broglie, de l'Académie française". 
     
    Le 8 août 1945, le journal Libération titrait en première page: "La nouvelle découverte peut bouleverser le monde. [...] Charbon, essence, électricité ne seraient bientôt plus que des souvenirs".
     
    L'Humanité du 8 août 1945 titre en première page: "La bombe atomique a son histoire depuis 1938, dans tous les pays des savants s'employaient à cette tâche immense: libérer l'énergie nucléaire. Les travaux du professeur Frédéric Joliot-Curie ont été un appoint énorme dans la réalisation de cette prodigieuse conquête de la science". Les journaux mentionnent à de nombreuses reprises la part jouée par la France dans cette prodigieuse découverte. Ainsi on trouve dans le Figaro du 9 août 1945 un communiqué de l'AFP: "Paimpol 8 août - M. Joliot-Curie fait de Paimpol la communication suivante: L'emploi de l'énergie atomique et de la bombe atomique a son origine dans les découvertes et les travaux effectués au Collège de France par MM. Joliot-Curie, Alban et Kowarski en 1939 et 1940. Des communications ont été faites et des brevets pris à cette époque". Un de ces brevets porte sur les "Perfectionnements aux charges explosives", brevet d'invention n° 971-324, "demandé le 4 mai 1939 à 15 h 35 min à Paris" (lire: L'histoire de la protection des brevets de l'équipe Joliot).
     
     
    Cependant, personne n'osa en 1945 réclamer au gouvernement américain des royalties, bien que finalement on affirmât que la destruction de Hiroshima était couverte par un brevet français! Seul un bénéfice moral était attendu en exigeant que l'opinion mondiale reconnût la contribution française aux massacres d'Hiroshima et de Nagasaki.
      
     
      
    Témoignages:  - Récits des jours d'Hiroshima du docteur Shuntaro Hida
    - 
    Futaba Kitayama, atomisée à 1 700 mètres de l'hypocentre à Hiroshima
    - 
    Hideo Shimpo atomisé â 1 300 mètres de l'hypocentre à Hiroshima
    - 
    Tomiko Matsumoto atomisé à 1 300 mètres de l'hypocentre à Hiroshima
    - 
    Ube Makoto atomisé à 3 kilomètres de l'hypocentre à Hiroshima
    - 
    Hiroshima 54 jours d'enfer du Docteur Michihiko Hachiya
    - 
    Tamiki Hara atomisé à Hiroshima

    A lire:
    L'homme qui défia la censure (Les destructions de masse de la bombe atomique ne traumatisèrent ni le milieu scientifique, ni la presse, ni l'opinion publique)
    Hiroshima et Nagasaki anéanties pour rien 
    Les ingénieurs oubliés de la bombe
    Lire l'extrait du livre "Plus clair que mille soleils" de Robert Jungk qui présente les physiciens ayant participés à la construction de la bombe atomique américaine, leurs motivations puis les réticences de certains...)
    Hiroshima 8h15 le 6 août 1945
     
      
      
     

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  • Nucléaire coût et responsabilité

    Le coût abyssale du nucléaire n'est plus à démontrer. Quand aux responsabilités en cas de catastrophe, ce sera sauve qui peut !

    Mais ne soyons pas mauvaise langue, le nucléaire en France est sûr ... Jusque là.

    Preuve en est de l'EPR, que les concepteurs sont incapables de construire.

    Votre facture d'électricité augmente ? Allez donc savoir pourquoi !

    Gaulois.

    Le stockage de déchets radioactifs de Bure pourrait coûter près de 35 milliards d’euros

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/01/11/le-stockage-de-dechets-radioactifs-de-bure-pourrait-couter-pres-de-35-milliards-d-euros_4845468_3244.html

    LE MONDE | 11.01.2016

     

    Combien coûtera l’enfouissement des déchets radioactifs français dans le sous-sol de la commune de Bure (Meuse) ? Depuis le début du projet de Centre industriel de stockage géologique (Cigéo), le chiffre final reste inconnu. Le chantier est pourtant majeur, puisqu’il s’agit d’enterrer, à 500 mètres de profondeur, les 80 000 m3 de résidus à haute activité et à vie longue (des centaines de milliers ou des millions d’années pour certains) produits par le parc électronucléaire hexagonal.

    En 2005, la facture avait été estimée entre 13,5 et 16,5 milliards d’euros. En 2009, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), chargée de ce projet, l’avait réévaluée à 36 milliards d’euros. Mais ce montant était contesté par les producteurs de déchets : principalement EDF, pour les réacteurs nucléaires, mais aussi Areva, pour les usines de retraitement du combustible et le CEA, pour les centres de recherche.

    Dans un dossier de chiffrage transmis au ministère de l’écologie en octobre 2014 – et jusqu’ici non accessible au public –, l’Andra estime désormais le coût du projet à environ 34,4 milliards d’euros, dont 19,8 milliards pour la construction, 8,8 milliards pour l’exploitation durant plus de cent ans et 4,1 milliards d’impôts et taxes, auxquels s’ajoute 1,7 milliard de dépenses diverses. Cela, aux conditions économiques de 2012.

    Il revient à présent à la ministre de l’écologie de fixer, par arrêté, le « coût de référence » du site. Ségolène Royal devrait arbitrer « prochainement », indique son cabinet. Arbitrer car, dans leurs observations, EDF, Areva et le CEA proposent de retenir un coût très inférieur, de seulement 20 milliards d’euros, modulé d’une « marge pour risques à déterminer ». Selon les trois producteurs de déchets nucléaires, appelés à financer l’installation, l’Andra n’aurait pas pris en compte toutes les « optimisations » possibles et certains de ses calculs s’écarteraient du « retour d’expérience industriel ».

    Lire aussi : A Bure, un campement contre « la poubelle nucléaire »

    Comment la ministre tranchera-t-elle ? Entre 20 et 34,4 milliards d’euros, l’écart est énorme. L’enjeu principal est celui de la sûreté. Précisément, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a publié, lundi 11 janvier, son avis sur le dossier de chiffrage, rendu en février 2015 mais jusqu’ici non public. Il en ressort que « certaines hypothèses retenues par l’Andra, d’ordre technique et économique, sont trop optimistes et de ce fait non conformes à l’impératif de prudence qui s’impose ». En clair, le chiffrage de l’Andra serait lui-même sous-évalué.

    En particulier, explique Jean-Christophe Niel, le directeur général de l’ASN, le dossier de l’Andra ne prend pas en compte la possibilité que le volume de déchets à stocker soit plus important que prévu, dans le cas d’un arrêt du retraitement du combustible. Et il mise sur des « opportunités » de réduction des coûts (galeries souterraines plus longues, alvéoles de stockage des fûts radioactifs plus grandes…) dont « la démonstration de sûreté reste à faire ».

    En tout état de cause, le « cimetière radioactif » de Bure, comme l’appellent ses opposants, devra encore franchir plusieurs étapes : d’abord, une loi sur la réversibilité du stockage, puis, en 2018, une demande d’autorisation de création, avec une enquête publique, avant une éventuelle mise en service en 2025, pour une phase pilote de cinq à dix ans.

    Lire aussi : Les déchets radioactifs tentent de refaire surface dans la loi Macron, en vain



     

     





     

     


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  • La France, le Bugey et la Suisse

    Ou la dictature du nucléaire français.

    A l'évidence, la France nucléaire, c'est-à-dire la plupart des politiques, B. Accoyer bille en tête sous la coupe de la secte nucléocrate, n'aime pas les menaces venant des pays voisins. Pourtant, la centrale du Bugey est un risque énorme pour une large région du sud-est de la France et de la Suisse. Il ne fait aucun doute que si une centrale Suisse était aussi proche de la France, cette dernière déclarerait la guerre.

    Le nucléaire français est sûr, sans danger. Pas si sûr que ça. Jusque là, ça va ….

    Si Accoyer habitait la Bretagne, au lieu de la Haute Savoie, il y a fort à parier qu'il ne répondrait même pas aux autorités Suisse. Lui qui parle d'ingérence, il oublie un détail d'importance ; l'ingérence incontrôlables des radionucléides provenant du Bugey, ou d'ailleurs.

    Ce triste personnage ferait bien de prendre au sérieux la plainte Suisse, toute aussi sérieuse que la menace d'accident nucléaire. Il serait d'ailleurs intéressant de savoir ou se réfugierait le député en cas de catastrophe ? A l'assemblée nationale ?

    Cocoricooooo !!!

    Gaulois.

     

    La centrale nucléaire du Bugey menace la Savoie

    http://www.lecourrier.ch/139205/la_centrale_nucleaire_du_bugey_menace_la_savoie

    Jeudi 19 mai 2016

    Laurent Blondaz

    Bernard Accoyer, député de Savoie, a accusé d’ingérence les autorités genevoises qui ont porté plainte contre la centrale du Bugey. Pourtant, selon Laurent Blondaz, la région ne se relèverait pas d’un accident atomique.

    Le 2 mars dernier, la ville et le canton de Genève (Suisse) ont déposé une plainte en pénal pour mise en danger d’autrui au sujet de la centrale nucléaire du Bugey (Ain), située à une septantaine de kilomètres de la cité.1 Précisions données quelques jours plus tard dans une conférence de presse, rassemblant Esther Alder (maire de Genève), Antonio Hodgers (conseiller d’Etat), l’avocate Corinne Lepage, ainsi que les représentants d’une association bugiste: «Nous voulons absolument la fermeture de la centrale nucléaire du Bugey. [...] La technologie nucléaire vieillissante qui nous entoure constitue un risque majeur. [...] En cas d’accident grave, Genève serait dans la zone d’évacuation.»

    En fait, l’industrie nucléaire et l’Etat français ne font qu’un. Quatre jours seulement après cette conférence de presse, l’ancien président de l’Assemblée nationale et député-maire d’Annecy-le-Vieux (Haute-Savoie), Bernard Accoyer, répliquait par un communiqué, qui fut rapidement repris par la quasi-totalité des journaux nationaux. Selon lui, «on ne peut pas laisser dire n’importe quoi!» Les centrales européennes sont «sûres».

    «Sûres», les centrales françaises? Tout comme l’étaient les quatre réacteurs de Fukushima, la veille du 11 mars 2011? Le Japon est un pays pourtant largement reconnu pour sa fiabilité. Ses nombreuses méthodes de qualité: lean, kaisen, Ishikawa, 5S et autres... font référence dans le monde industriel. Mais bien sûr, les Français sont probablement plus intelligents que les Japonais et que les Genevois...

    Pas si sûres en fait, ces centrales françaises. C’est ce que dit un autre Bernard, le professeur Laponche, physicien nucléaire, polytechnicien, et donc lui-même issu du sérail industriel énergétique: «Il y a une forte probabilité d’un accident nucléaire majeur en Europe... La France est dans l’erreur. Avec le nucléaire, elle s’obstine à privilégier une énergie non seulement dangereuse mais obsolète.»

    Bernard Accoyer fustige par ailleurs «l’ingérence» des autorités genevoises. Mais garantit-il qu’un nuage radioactif français s’échappant d’un réacteur défaillant ne fasse pas «ingérence» un jour dans le ciel de la cité de Calvin? Ce qui est regrettable pour ce représentant du peuple, c’est qu’il ne mette pas en question la sécurité des territoires et de ses habitants, dont ses électeurs annéciens, ainsi que l’ensemble des Savoyards. Car oui, les populations risquent très gros. Les réacteurs 2, 3, 4 et 5 du Bugey, qui sont actuellement en activité, sont les plus anciens de France, avec ceux de la très contestée Fessenheim, en Alsace. Ils sont issus d’ailleurs de la même technologie. Toute la Savoie est située à moins de 150 km de la centrale. De surcroît, les vents d’ouest dominants amplifient les risques. Chambéry est à 50 km, Annecy à 70 km, que dire de Belley, du Bugey, et du proche Dauphiné, qui seraient en cas d’accident une zone d’évacuation sans retour?

    Et cette centrale a tout pour ne pas plaire: zone d’inondation, zone sismique, exposition aux attentats en étant à moins de 15 km de la piste de l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry, soit à moins de deux minutes de détournement d’avion. Le site du Bugey accueille aussi Iceda: la décharge nucléaire nationale à ciel ouvert, ainsi que le réacteur n°1, arrêté depuis plus de vingt ans, mais non démantelé, comme le sont d’ailleurs l’ensemble des anciens réacteurs français. Et n’oublions pas non plus l’encombrant réacteur Superphénix de Creys-Malville (Isère), situé à 15 km en amont, qui doit rester accessible aussi pour son démantèlement.
    A Fukushima, cinq ans après, les fuites radioactives se déversent toujours dans l’océan. On comptabilise plus de 1900 décès indirects, et, malgré les déportations de plus de 150 000 personnes, dont certaines ne pourront jamais regagner leur lieu de vie. Les terres sont contaminées et il ne sera pas possible d’y remédier. Une augmentation importante des cancers est à redouter.

    Qu’en serait-il si un accident similaire se produisait au Bugey? La Savoie entière perdrait son économie et son âme. Les eaux minérales d’Evian, de Thonon, d’Aix seraient impropres à la consommation, ou à défaut, délaissées par les consommateurs. Idem pour les reblochons: pastilles vertes pour «fermiers», rouges pour «laitiers», jaune et noir pour «irradiés»? Idem pour les tommes, beauforts, abondances ou autres chevrotins... mais aussi nos vins, et autres produits du terroir qui marquent l’identité savoyarde. L’économie touristique serait aussi anéantie. Qui viendrait encore en vacances se baigner dans un lac irradié, ou surfer une poudreuse d’isotopes radioactifs, ou rechercher le calme intérieur dans une montagne contaminée? Le risque pour la Savoie est immense.

    Dans les années 1970, le philosophe Denis de Rougemont fustigeait déjà les «arguments» lénifiants» des promoteurs de cette énergie. Nous n’aurions «pas le choix». Les tournures changent au fil des décennies, mais la pression sur l’opinion publique reste la même. Aujourd’hui, on ose même apporter de fallacieuses raisons environnementales: l’arrêt du nucléaire ne permettrait pas d’atteindre les objectifs de la COP21! «Il ne faut pas prendre ses désirs pour des fatalités!» disait de Rougemont2. Cela demeure malheureusement d’une très vive actualité.

    L’industrie nucléaire, contrôlée par une petite élite nationale issue du Corps des mines, n’apporte rien à l’économie savoyarde. Pourquoi la défendre? En revanche, Savoie Technolac accueille le très prometteur Ines, Institut national de l’énergie solaire. Une multitude de jeunes pousses et de PME sont prêtes à éclore et à se diffuser régionalement. La transition énergétique n’attend qu’une chose: que l’on fasse le bon choix!

    Pour toutes ces raisons, le Mouvement région Savoie, soucieux du devenir de ce territoire et de sa population, soutient la plainte déposée par les autorités genevoises. Il demande la fermeture au plus vite des quatre réacteurs du Bugey. Avant qu’il ne soit trop tard! Il s’indigne vivement contre le souhait irresponsable du gouvernement français d’augmenter de dix ans la durée de vie des centrales, dont les réacteurs montrent déjà de nombreux éléments de fatigue.

    • 1.Donnant suite à cette plainte, le parquet de Paris a ouvert début mai une enquête préliminaire (ndlr.)

    • 2.Denis de Rougemont, L’Avenir est notre affaire! édition Stock, 1977.

     

    * président du MRS, un mouvement régionaliste savoyard qui «milite pour le droit de vivre et décider au pays». Paru dans Reporterre, reporterre.net

     

     


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  • Un livre à paraître bientôt

     

    Malgré tous les efforts de la secte nucléaire pour jeter le discrédit sur ceux qui, à juste titre, dénoncent les méfaits de la radioactivité, le nucléaire est en perte de vitesse et c'est tant mieux. Faudra-t-il affirmer encore longtemps que cette technologie est synonyme de mort.

    Ne manquez pas cet ouvrage car l'auteur sait de quoi il parle.

    Gaulois.

     

     

    http://enfants-tchernobyl-belarus.org/doku.php

     

     

    Le bilan humain de la catastrophe de Tchernobyl d’avril 1986 a été définitivement figé avec le rapport adopté en 2006 par l’ONU et les gouvernements biélorusse, russe et ukrainien. Ce bilan minore considérablement le nombre de victimes, car il « ignore » de nombreuses séquelles constatées chez les millions de personnes exposées aux retombées radioactives et chez les 800 000 « liquidateurs » de l’accident. Et, en octobre 2011 un expert russe qui avait coordonné la rédaction de ce rapport a affirmé au Japon que la santé de la population touchée par les rejets radioactifs de la catastrophe de Fukushima, en mars 2011, ne serait pas affectée…
    Comment expliquer cette scandaleuse culture du déni des effets de la radioactivité ? En se plongeant dans les archives, en remontant aux premiers usages intensifs des rayons X et du radium. C’est ce qu’a fait Yves Lenoir pour ce livre où il retrace la surprenante histoire de la construction progressive d’un système international de protection radiologique hors normes au sein de l’ONU, qui minore systématiquement les risques et les dégâts des activités nucléaires.
    On apprend ainsi comment les promesses de l’« énergie atomique » civile ont fait l’objet dans les années 1950 d’une intense propagande au niveau mondial : non seulement cette énergie satisfera sans danger les besoins de l’humanité, mais l’usage généralisé de faibles doses de radioactivité permettra de décupler la production agricole ! Surtout, Yves Lenoir révèle que les normes de protection des travailleurs de l’énergie atomique ou des populations qui pourraient être exposées après un accident nucléaire ont été définies par une poignée d’experts, en dehors de tout contrôle démocratique. Il explique leurs méthodes pour construire une « vérité officielle » minimisant les conséquences de Tchernobyl. Et comment ces procédés ont été mis en œuvre, en accéléré, après Fukushima. Une remarquable enquête historique, riche de nombreuses révélations.

     

     

     


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  • On nous y prépare ... A la catastrophe

    Une autre contribution de Pierre Péguin - Physicien

    Les nucléocrates pourraient avancer qu'il s'agit de pessimisme à outrance, pourtant ... Il est évident que le conditionnement des populations à l'acceptation de catastrophes nucléaires possibles ne date pas d'aujourd'hui. Souvenez-vous de ce rapport de l'OMS en 1958

    http://whqlibdoc.who.int/trs/WHO_TRS_151_fre.pdf 

    Rapport ou il est question de santé mentale face à l'utilisation de l'énergie atomique, notamment en bas de page 50 de ce rapport, cette formulation on ne peut plus limpide  : 

     "Cependant, du point de vue de la santé mentale, la solution la plus satisfaisante pour l'avenir des utilisations pacifiques de l'énergie atomique serait de voir monter une nouvelle génération qui aurait appris à s'accommoder de l'ignorance et de l'incertitude et qui, pour citer Joseph Addison, le poète anglais du XVIIIe siècle, saurait “chevaucher l'ouragan et diriger la tempête”

    Vous avez bien lu ! C'est l'OMS, soumise à l'AIEA, qui écrit une telle formule.

    N'oublions jamais que la secte nucléaire s'attache dans ses basses oeuvres à formater les populations en les maintenant dans l'ignorance et le mensonge tout en décrédibilisant le monde scientifique qui ose dénoncer ses méfaits. En terme de nucléaire, la démocratie est totalement absente.

    Merci à Pierre Péguin pour ses contributions éclairantes.

    Gaulois.


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