• Les dessous de Roland Garros et du sport

    Santé des riches - santé des pauvres.

    Roland Garros n'arrive pas à la cheville de la FIFA
    C'est dire l'ampleur de tous ces scandales.
    Et là, il ne s'agit que du monde sportif ! De haut niveau.

    Dans le même ordre d'idées et pour mémoire. A quelques mois des Jeux Olympiques d'Albertville de 1992, en Savoie, un hôpital flambant neuf était construit à Moûtiers. Il s'agissait de faire bonne figure pour ces JO d'hiver dont les co-organisateurs n'étaient autre que Michel Barnier ( ex-député de Savoie ) et Jean-Claude Killy ( ancien champion de ski )
    Le service d'urgence ultra moderne devait permettre de réparer les membres cassés et les traumatismes des skieurs de haut niveau ( et les autres, dans une moindre mesure ). Parallèlement, un service de maternité était également inclus dans ce nouvel hôpital. Ce que le grand public ignorait, et pour cause, c'était la disparition de ce service après les jeux, puisque déjà la lutte locale pour garder une maternité à Moûtiers avait commencé dans les années 80. La vrai fausse promesse de Barnier de conserver le service maternité dans le « Nouvel hôpital olympique » avait redonné espoir aux habitants de La vallée de Tarantaise. Mais c'était sans compter sur la politique hospitalière, implacable !  http://www.ledauphine.com/savoie/2010/04/07/moutiers-la-maternite-a-ferme-en-2001

    La cerise sur le gâteau. Si vous connaissez les vallées de Maurienne et de Tarantaise, les arguments avancés par les technocrates parisiens sous la houlette de Claude Evin étaient des plus cocasses. Après la fermeture de la maternité de Moûtiers, ces mamans pouvaient se rendre à celle d'Albertville, ou celle de Bourg St Maurice, les deux étant situées à moins de 30 km. D'autant que le réseau routier est aménagé en voie autoroutière. Sauf que l'hiver, avec le grand rush des sports du ski le week-end, la voie est saturée depuis Alberville jusqu'à Bourg st Maurice. Pour y avoir vécu de nombreuses années, je peux vous assurer qu'il faut parfois plusieurs heures pour parcourir 20 ou 30 km. Qu'à cela ne tienne, dans ce cas, les futures mamans seront transportées par hélicoptère à la maternité de St Jean de Maurienne. Là encore, les décideurs ont fait fort, se contentant de consulter la carte. En effet, il faut savoir que pour aller de la région de Moûtiers à St Jean de Maurienne il faut passer au-dessus du col de la Madeleine qui culmine à 2000 mètres. L'hiver, les tempêtes de neige sont fréquentes, interdisant le survole par hélicoptère. Finalement, envers et contre tout, la maternité sera fermée en janvier 2001. 

    Le sport ne fait pas exception à la règle : selon que tu sois puissant ou misérable....
    Gaulois.
            
    https://fr.fr.facebook.com/99198717860/photos/a.10151435383867861.1073742388.99198717860/10151435383897861/
    " Le service d'urgences à Roland Garros est géré par une boite privée avec de très bon médecins : 9 chirurgiens, 8 urgentistes, 9 échographistes, 2 radiologues pour faire des IRM (sic) 31 kinés , 20 infirmières... pour les joueurs et joueuses et un peu pour le public qui est en pleine forme puisqu'il vient voir les matchs.
    À coté les urgences d'Ambroise Paré avec ses 140 passages aux urgences dont 10% très graves: 2 urgentistes séniors, 2 internes, 1 radiologue qui fait tout, 7 infirmières... aujourd hui 10heures d'attente avec des vieux à garder, des fractures à opérer, toute la misère du coin et les blessés de Roland Garros !...
    Tellement à l image de la société et des problèmes d'organisation !"
    PATRICK PELLOUX Médecin hospitalier urgentiste.


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  • Médecins étrangers

    Ou la France des paradoxes. 

    Les lecteurs vont sûrement penser que je n'aime pas la France. C'est vrai que parfois je ne fais pas dans la dentelle quand je me lance dans la critique.
    La vrai question est de savoir ou va la France. Le regard porté sur les étrangers, faut-il le rappeler encore, dans le pays des droits de l'Homme, est au sommet de la bêtise. D'abord c'est quoi un étranger ? Quelqu'un qui vient d'un autre pays, d'une autre planète ?
    La confusion, si bien entretenue par ceux qui nous gouvernent fait des ravages dans les esprits. Il faut bien reconnaître que l'amalgame entre étranger et racisme est solide.
    Depuis la révolution industrielle, la France est faussement bienveillante envers les étrangers lorsqu'il s'agit d'exécuter les plus sales besognes ( Hauts fourneaux, mines de charbon, travaux publics et bâtiment, etc...) Sans eux, ou en serait le pays ? Les contradicteurs avanceront que si les étrangers n'étaient pas là, les français feraient le travail. Pas si sûr !
    Voilà maintenant que le pays s'en prend aux médecins étrangers. Des fois qu'ils seraient incompétents. La France est mal placée pour faire de telles critiques puisque ses têtes pensantes ont fui à l'étranger, notamment les États Unis et le Royaume Uni qui, bizarrement ne sont pas considérés comme pays étrangers. Ce qui explique d'ailleurs l'utilisation de l'anglais tous azimuts dans le langage courant en France. Vous allez encore penser que je suis contre l'anglais. Pas du tout ! Chaque pays doit garder sa culture, éventuellement la faire partager aux autres pays, mais sûrement pas l'imposer.   

    http://blogs.mediapart.fr/blog/victorayoli/160513/merde-l-anglais

    Ces articles en disent assez long sur la mentalité française. Les médecins étrangers sont des étrangers, donc incompétents ! La preuve puisque qu'un chirurgien étranger de l'hôpital de Dreux opérait depuis 27 ans et qu'il doit quand-même apprendre à opérer !
    La France ne s’embarrassait pas de préjugés lorsqu'elle colonisait les pays africains, les DOM TOM et ailleurs. Aujourd'hui encore, si la colonisation a pris un autre visage, les immigrés restent la cible privilégiée des français.
     

    https://www.atd-quartmonde.fr/n48-les-immigres-prennent-des-emplois-aux-francais/

    Cocorico....
    Gaulois.

     

     

     


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  • Non, le cancer n’est pas le fruit du hasard !

    Il est coutume de dire que le hasard fait bien les choses !
    La preuve, puisque ces scientifiques véreux – N'ayons pas peur des mots -  rejettent sur le hasard une majorité de cancers.
    C'est bien pratique pour tous ceux qui nous polluent sans vergogne avec une industrialisation à outrance. Si la sagesse des acteurs industriels et politique était à la hauteur des enjeux de la survie des êtres vivants, ces cancers soi-disant dû au hasard disparaîtraient.
    Pas besoin d'être scientifique pour affirmer que le hasard, dans ce domaine bien précis est pure spéculation. Au stade des recherches actuelles, des scientifiques honnêtes sont en mesure de prouver qu'il y a corrélation entre les diverses et nombreuses pollutions et les cancers.
    Les plus septiques avanceront que les cancers existent depuis bien plus longtemps avant la révolution industrielle. Certes on ne peut pas le nier puisque des facteurs naturels entrent en ligne de compte. Ce qui est plus évident en revanche, c'est la recrudescence du nombre des cancers en quelques décennies et correspondant avec un court décalage au début de cette industrialisation à outrance.
    Cette propagande honteuse vise à satisfaire les lobbies, avec comme toujours la bénédiction des décideurs politiques dont l'ambition est d'abord d’asseoir leur position sur l'échelle sociale.       
     

    LE MONDE | 07.01.2015

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/07/non-le-cancer-n-est-pas-le-fruit-du-hasard_4550613_3232.html

    Par Annie Thébaud-Mony
    En ces premiers jours de 2015, les médias ont diffusé le message selon lequel le cancer serait essentiellement le fruit du hasard. Une aubaine pour les industriels de l’amiante, de la chimie, des pesticides, du nucléaire, du pétrole et j’en passe… Pour eux, sans aucun doute, cette « découverte scientifique » devrait clore toute controverse sur le rôle des risques industriels dans la survenue du cancer !
    L’origine de cette pseudo-découverte est un article paru dans la prestigieuse revue Science, le 2 janvier, présentant les résultats d’une corrélation statistique particulière (Christian Tomasetti et Bert Vogelstein, « Variation in cancer risk among tissues can be explained by the number of stem cell divisions », www.sciencemag.org, 2 janvier). Partant de l’observation d’une différence de fréquence du nombre de cancers selon les organes (poumon, colon, cerveau, etc.) – à l’exclusion de ceux qui sont actuellement en augmentation vertigineuse (sein et prostate) –, Christian Tomasetti et Bert Vogelstein font l’hypothèse que ces variations s’expliqueraient par des modalités différentes de division cellulaire au sein de ces organes. Ils prennent en considération ce que les biologistes appellent les cellules souches, qui ont la capacité de s’autorenouveler, de se différencier en d’autres types cellulaires et de proliférer en culture. Ils établissent ensuite une corrélation statistique entre le nombre total de divisions cellulaires de ce type de cellule sur la durée moyenne de la vie dans la population américaine et le risque moyen de survenue du cancer de tel ou tel organe aux Etats-Unis. Statistiquement significative, la corrélation est alors interprétée comme validant l’hypothèse selon laquelle le cancer serait issu – pour l’essentiel – d’un sinistre loto cellulaire. La faute à « pas de chance » !
    Ce raisonnement simpliste fait penser à d’autres corrélations qui auraient pu fonder des hypothèses tout aussi fantaisistes. Pour alerter les étudiants de l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) sur les risques d’interprétation hâtive en matière de statistiques, Joseph Klatzmann, ancien administrateur à l’Insee, ancien professeur d’économie rurale à l’Institut national agronomique Paris-Grignon, directeur d’études à l’EHESS, citait fréquemment l’exemple suivant (Joseph Klatzmann Attention Statistiques ! Comment en déjouer les pièges. La Découverte, 1985, dernière réédition, 1996) : entre les années 1950 et 1990, la courbe de croissance d’utilisation des réfrigérateurs a été exactement parallèle à celle de l’épidémie de cancer. Serait-ce l’utilisation du réfrigérateur qui cause le cancer ? A l’évidence, une telle interprétation prêterait à sourire si elle ne reflétait pas ce que les auteurs de l’article de Science se sont permis de faire, à savoir extrapoler d’une corrélation à l’affirmation d’une causalité.
    Trois angles morts
    Or, au moins trois angles morts de leur « démonstration » la discréditent totalement. Tout d’abord, ils omettent de faire référence dans leur modèle au fait que la cellule souche ne se transforme pas spontanément en cellule cancéreuse. Elle le fait sous l’effet de mutations qui elles-mêmes sont produites par des agents cancérogènes externes. On retrouve ici le rôle de l’amiante, des rayonnements ionisants, des fumées diesel, des pesticides et autres substances toxiques connues depuis longtemps pour leurs propriétés cancérogènes (sans parler de toutes celles dont la toxicité n’a pas été testée…).
    Le deuxième angle mort est ce qu’occulte le recours à une incidence globale du cancer dans la population générale, à savoir les inégalités face au cancer. Pour ce qui est de la situation française (qui n’est pas fondamentalement différente de celle de la population américaine), un ouvrier a dix fois plus de risque de mourir de cancer (et de façon précoce avant 65 ans) qu’un cadre supérieur. Sauf à considérer que les ouvriers ont des cellules souches tout à fait particulières – ce qui ressemblerait à une forme d’eugénisme –, force est de considérer, pour comprendre cette inégalité, la différence très significative d’exposition à des cancérogènes professionnels, mise en évidence par une enquête du ministère du travail. Selon l’enquête Sumer 2010 réalisée par la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques et la direction générale du travail-Inspection médicale du travail, les ouvriers sont dix fois plus exposés dans leur travail à des cancérogènes que les cadres supérieurs.
    Le troisième angle mort est la non-prise en compte par Christian Tomasetti et Bert Vogelstein des connaissances acquises de longue date sur les caractéristiques fondamentales du cancer, suite aux travaux de nombreuses disciplines scientifiques autres que l’épidémiologie. Cette maladie commence, certes, au cœur des cellules mais s’inscrit, pour chaque individu touché, à la croisée de deux histoires. L’une est celle des atteintes, simultanées et/ou répétées, provoquées par les agents toxiques (poussières, substances chimiques, rayonnements) au cours de multiples événements de la vie professionnelle, résidentielle, environnementale et comportementale ; l’autre est, face à ces agressions, celle des réactions de défense de l’organisme, elles-mêmes extrêmement variables selon les individus. Plus se multiplie la présence de molécules toxiques dans la vie quotidienne, et plus se multiplient aussi, non seulement les processus mutagènes ou cancérogènes propres à chacun d’eux, mais ce qu’on appelle la synergie entre eux et aussi la manière dont ces différents processus interfèrent eux-mêmes avec les mécanismes de défense de l’organisme.
    Ajoutons que l’étude ainsi publiée par la revue Science a été sponsorisée par des fondations privées dont la première est le fonds Virginia & D. K. Ludwig pour la recherche sur le cancer. Le fondateur en est Daniel Ludwig, un magnat américain du transport maritime qui fut le promoteur des supertankers, mais aussi de la déforestation en Amazonie brésilienne pour l’exploitation arboricole d’espèces de pins et eucalyptus à croissance rapide pour le marché mondial de la pâte à papier. Vendant cette exploitation à un consortium brésilien, Daniel Ludwig a investi le produit de cette vente dans le fonds qui porte son nom, soutenant ainsi la production de connaissances sur le cancer, utiles aux industriels mais fondamentalement nuisibles à la santé publique.
    Répercussion médiatique
    Que la statistique appliquée au cancer s’inscrive, une fois de plus, dans cette mise en doute systématique des effets mortifères des risques industriels, que j’ai longuement décrite récemment, ne m’étonne malheureusement pas. En revanche, mon inquiétude est la répercussion médiatique d’un tel article et ses effets sur l’opinion publique, alors que l’épidémie de cancer a pris des proportions catastrophiques en France et dans le monde. Entre 1984 et 2012, le nombre annuel de nouveaux cas est passé, en France, de 150 000 à 355 000. Selon l’Organisation mondiale de la santé, pas moins de 15 millions de décès sont dus au cancer dans le monde chaque année soit presque un décès toutes les deux secondes. Et encore, ces chiffres sous-estiment grandement ce qui se passe dans les pays où une part importante de la population est privée d’accès à un quelconque diagnostic de cancer.
    Or le cancer est évitable, à condition d’éradiquer les cancérogènes en milieu de travail, dans l’environnement et la consommation. Pourtant, dans le champ de l’épidémiologie, des chercheurs s’obstinent à produire des modèles statistiques dénués de sens par rapport à la réalité dramatique du cancer. L’outil mathématique utilisé pour cette production de l’incertitude donne à la démarche l’apparence de la rigueur, de l’objectivité, pour tout dire de la science. Surtout, cela rend quasi impossible l’échange et la discussion entre, d’une part, les travailleurs et citoyens, victimes de cancers associés à l’exposition aux substances toxiques, et, d’autre part, les scientifiques qui jonglent avec les chiffres, abstraits et anonymes, de milliers de cas de cancers. Ainsi, des spécialistes servent la cause des industriels, en renforçant, par des travaux scientifiques publiés, l’incertitude concernant les liens entre toxiques et cancer.
    Avec l’extension de la chimie, du nucléaire, la prolifération des cultures OGM, la dissémination des nanoparticules, les risques de la téléphonie mobile et autres nouvelles technologies, sous couvert de « progrès », industriels et responsables politiques s’affranchissent chaque jour davantage de l’obligation première fondamentale du respect de la vie, avec la complicité des plus prestigieuses institutions scientifiques. L’article paru dans Science, le 2 janvier, en témoigne une fois encore.
    Annie Thébaud-Mony est sociologue, directrice de recherches honoraire à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, chercheuse associée au Groupement d’intérêt scientifique sur les cancers professionnels (GISCOP 93) à l’université Paris XIII. Elle est l’auteure de Travailler peut nuire gravement à votre santé (La Découverte, « Poche », 2008) et de La science asservie. Santé publique : les collusions mortifères entre industriels et chercheurs, La Découverte, Paris, 2014.
    Annie Thébaud-Mony (Sociologue)

    Si nous naviguons sur la toile, nous trouvons une infinité de documents sur les cancers et l'environnement. Ce papier datant de 2009 semble indiquer une approche de la vérité, même si la timidité de l'INSERM ( Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale ) et de l'AFSSET ( Agence Française de Sécurité Sanitaire de l'Environnement et du Travail ) sont évidentes.

    Gaulois.

    Cancer et environnement: l’Afsset prône un «changement de paradigme»

    Le 03 juillet 2009 par Sabine Casalonga
     

    http://www.journaldelenvironnement.net/article/cancer-et-environnement-l-afsset-prone-un-changement-de-paradigme,9106

    Dans son avis sur l’expertise de l’Inserm «Cancers et environnement» rendu public hier, l’Afsset prône l’application du principe de précaution par la réduction des expositions aux facteurs de risque, qu’ils soient avérés ou suspectés, en priorité chez les plus vulnérables. Certaines recommandations figureront dans les prochains plans gouvernementaux.
    «L’environnement explique sans aucun doute la hausse de l’incidence actuelle des cancers», souligne Gérard Lasfargues, chargé de l’expertise en santé environnement à l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset). De fait, les facteurs environnementaux sont suspectés d’être en partie responsables de l’augmentation du nombre de cancers depuis 1980 –estimé de 35% chez les hommes et de 43% chez les femmes en France en taux d’incidence annuel (en prenant en compte l’évolution démographique). Objet de controverse, la part de l’environnement dans l’origine des cancers varierait de 1 à plus de 50%. En réalité, cette estimation est difficile à réaliser au regard de la diversité des substances chimiques considérées, ainsi que du manque de données sur l’action synergique de multiples polluants à faible dose et sur les mécanismes biologiques à l’origine de nombreux cancers. D’après les études récentes, les facteurs environnementaux interagiraient avec d’autres facteurs (génétiques, métaboliques).

    Rendue publique en octobre 2008 (1), l’expertise collective de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a justement évalué le rôle des facteurs environnementaux avérés (amiante, radiations ionisantes etc.), et suspectés (pesticides, polluants de l’air, ondes électromagnétiques, etc.) dans la survenue de 9 types de cancer (2) en forte augmentation depuis 25 ans. Dans son avis, l’Afsset a repris les principales conclusions de l’expertise, complété les recommandations sur la base d’auditions réalisées avec des associations, des juristes et des experts, mais aussi ajouté ses propres recommandations en matière de recherche, évaluation et gestion des risques.

    L’Afsset plaide pour un «changement de paradigme» en matière de réglementation, visant à compléter la stratégie actuelle fondée sur l’évaluation du danger des substances (caractère cancérogène) par une approche d’évaluation des risques sanitaires. En effet, l’exposition d’un grand nombre de personnes à un agent cancérogène à faible dose induit le même impact sur la santé qu’une exposition à forte dose d’un petit nombre de personnes. L’Afsset déplore ainsi que la réglementation Reach ne concerne que les substances produites à un volume élevé sans tenir compte des niveaux d’exposition réels.

    «Le dichlorométhane, une substance produite à 11.000 tonnes par an, très utilisée dans l’industrie (plastique) et dans des produits courants (cosmétiques, pneus) est associée à une exposition forte de la population. Pourtant la réglementation n’impose pas de règles contraignantes puisqu’il est classé cancérogène de catégorie 3 [effet suspecté mais non avéré, en raison d’un manque de données épidémiologiques], explique Martin Guespereau, directeur général de l’Afsset. Nous estimons qu’il faut agir dès maintenant en appliquant le principe de précaution». L’Afsset proposera bientôt une révision de la valeur-limite d’exposition professionnelle (VLEP) pour cette substance.

    La coexistence de plusieurs classifications, à l’échelle française, européenne ou internationale, est également source de confusion. A titre d’exemple, le formaldéhyde classé cancérogène de catégorie 1 par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) est classé catégorie 3 par l’UE (3). Or, cette classification joue un rôle en procédure pénale pour la détermination de la faute et de la réparation du préjudice subi. Parmi les autres recommandations de l’Afsset figurent en milieu professionnel la substitution des substances cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction (CMR) ou à défaut la réduction des expositions, le renforcement des contrôles réglementaires, des actions d’information, de sensibilisation et de formation et l’amélioration de la surveillance des cancers et des populations exposées.

    Côté recherche, l’Afsset plaide également pour un nouveau modèle fondé sur un renforcement des études d’exposition, l’utilisation des biomarqueurs et l’interdisciplinarité avec le recours aux sciences humaines et sociales mais aussi le développement de l’approche socio-économique. «Les inégalités d’exposition aux facteurs environnementaux en fonction des catégories professionnelles, du sexe ou de l’âge, méritent d’être prises en compte», souligne Martin Guespereau.

    Autre nouveauté, l’Afsset souhaite que les études de coût-bénéfice, très fréquentes aux Etats-Unis mais rares en France, soient introduites dans le débat afin d’influencer les décideurs. «On peut ainsi évaluer à 130.000 euros le bénéfice sanitaire et social de la prise en compte des fibres courtes d’amiante dans la réglementation telle que préconisée par l’Afsset dans un avis récent (4)», souligne Martin Guespereau. Certaines recommandations de l’Afsset devraient être incluses dans les prochains plans gouvernementaux: PNSE 2 (5) plan Cancer, et plan Santé au travail.

    (1) Dans le JDLE «Cancers et environnement: forts soupçons sur les pesticides»
    (2) Cancers du poumon, du sein, de la thyroïde, de l’ovaire, du testicule, de la prostate, mésothéliomes, tumeurs cérébrales et hémopathies malignes (leucémies, lymphomes)
    (3) Dans le JDLE «Formaldéhyde au travail: l’Afsset préconise de renforcer la prévention»
    (4) Dans le JDLE «Amiante: vers un durcissement de la réglementation?»
    (5) Plan national santé environnement 2 (2009-2013)

     


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  • La grève des médecins ...

    La grève des médecins est quelque chose d'insupportable, exerçant un chantage odieux, en particulier dans le contexte actuel. Ils affichent sans vergogne leur volonté de s'orienter vers une médecine de riches, laissant sur le bord de la route les plus défavorisés, de surcroît ceux qui ont généralement le plus besoin de soins. Après leur refus ( 40 % ) de consulter ceux qui sont sous le régime de la CMU ( Couverture Maladie Universelle ), voilà qu'ils s'opposent au tiers payant généralisé, sous le seul prétexte qu'ils seront réglés par la sécurité sociale avec plusieurs semaines de retard. Ont-ils seulement pensé que bon nombre de travailleurs indépendants sont réglés avec plus de deux mois de retard, souvent après 90 jours. Sans parler de ceux qui  ne le sont jamais. Alors que les médecins seront toujours payés.
    Voilà une corporation des mieux nantis, qui aspire majoritairement à résider au soleil pour soigner les plus riches. Alors que leurs compétences sont de plus en plus douteuses, se contentant le plus souvent de vous orienter vers les spécialistes, car incapables de diagnostiquer les problèmes de santé de leurs patients. Non décidément, rien ne va plus en France.
    Vous n'êtes pas malades ? Alors surtout ne changez rien !
    Gaulois.        
     
    27-12-14

     

    http://www.lemonde.fr/sante/article/2014/12/27/la-greve-des-medecins-se-poursuit-et-pourrait-se-prolonger_4546539_1651302.html


    En grève depuis le 23 décembre pour protester notamment contre le projet de loi santé, les médecins libéraux n'entendent pas reprendre le travail rapidement.
    « Cette grève normalement s'arrête le 31 décembre. Mais on sait que ça va durer, on sait que ça va être obligé de durer. On est en face d'un ministère qui est particulièrement sourd », a déclaré  le président de la Fédération des médecins de France (FMF) Jean-Paul Hamon sur RTL.
    L'Union française pour une médecine libre (UFML) a aussi appelé dans un communiqué à la poursuite du mouvement « devant la fermeté hostile et méprisante du ministère ». Marisol Touraine a jusque-là exclu de répondre aux médecins avant la rentrée et la relance des discussions sur la réécriture du texte, dont l'examen a été reporté à avril.
    Lire : Les principales dispositions du projet de loi santé
    « EXASPÉRATION »
    Selon la CSMF, le principal syndicat de médecins généralistes, le mouvement de grève serait « particulièrement suivi » avec plus de « 80 % de cabinets médicaux fermés ». L'ampleur de cette mobilisation démontre, selon le syndicat, « l'exaspération et la détermination de la profession » contre le projet du gouvernement. Un texte « qui va détruire l'organisation des soins libéraux de proximité auxquels les Français sont attachés pour en faire une usine à gaz aux mains de l'administration où tout sera plus compliqué et plus long ».
    Lire les témoignages : Grève des médecins libéraux : « Ce gouvernement veut vendre notre profession à la découpe »

    Les médecins ont également des revendications tarifaires : les généralistes demandent une consultation à 25 euros, les spécialistes la revalorisation des actes.
    Lire : Urgentistes, généralistes, cliniques : qui fait grève et pour quoi ?
    LA PRISE EN CHARGE DES PATIENTS ASSURÉE
    Malgré l'intensité du mouvement, le ministère de la santé a assuré, vendredi, que « la continuité et la permanence des soins sont assurées en cette période de fêtes ».
    « A ce jour, aucune difficulté particulière dans la prise en charge des malades n'a été signalée sur l'ensemble du territoire. Les taux de fréquentation des services d'accueil des urgences sont stables par rapport à ce qui a été observé pendant la même période les précédentes années. »
    Selon Jean-Paul Hamon, la ministre de la santé « a un peu de chance et les patients aussi », « il y a effectivement moins de patients en ce moment, il n'y a pas d'épidémie, il y a très peu de pathologies », a-t-il relevé.


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  • Quelques vérités sur le Téléthon

    Vous y croyez vous, à l’éthique et l'efficacité du Téléthon ?
    Encore un sujet qui va sans doute me procurer quelques ennemis. Un peu plus ou un peu moins, peu importe, ce qui compte, c'est de dénoncer de tels scandales.
    Chaque année, nous avons droit à ce tapage médiatique, grand cirque organisé afin de nous en mettre plein la vue. D'ailleurs pour ceux qui regardent encore la télé – et ils sont nombreux – Ils sont servis !Même Nelson Mandela s'est fait voler la vedette.
    Ce carnaval a pour but de collecter du fric paraît-il pour une bonne cause. Quelle cause ? car il y en a tellement et ce ne sont pas les quelques millions d'euros escroqués au peuple naïf qui va faire avancer la recherche. D'autant que ces quelques millions représentent une faible part de la collecte.
    Il faut le crier haut et fort, ce cirque est une insulte envers les malades qui espèrent à leur guérison, en croyant à ces grandes messes.
    Quand est-ce que l'état prendra ses responsabilités en assurant le financement de la recherche, loin des lobbies privés. Car enfin , quelle somme France-télévision demande-t-il à l'organisation du Téléthon ? Et les artistes, pleins aux as, combien touchent-ils. Quand bien même ils participeraient à ce bazar gratuitement, ils ont là une formidable opportunité à soigner leur image. Il y a pourtant fort à parier que du Téléthon, ils s'en tapent royalement. 
    Gaulois.  
     

    Bernard Dugué

    http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/quelques-verites-sur-le-telethon-16530

    Oui je sais, il n’est pas politiquement correct de critiquer le Téléthon (la presse sait se faire unanime sur ce sujet,  par exemple Le Monde), surtout que cette institution vieille de vingt ans voit son anniversaire gâché par un tacle irrégulier de l’évêché de Fréjus. Cette recherche scientifique menée par l’AFM, forcément louable, au service de l’humanité, dans le prolongement de la laïcité, est contestée par d’affreux conservateurs catholiques qui, de plus, sont opposés à l’avortement. Hélas, cette contestation rend suspecte toute mise en cause du Téléthon et c’est bien dommage car il y aurait beaucoup à dire sur cette énorme machine techno-scientifique administrée par l’AFM. Cela dit, si la controverse de Fréjus est sans commune mesure avec celle de Valladolid, elle a du moins permis d’attirer l’attention des médias et du public sur un changement de stratégie scientifique adopté par l’AFM. Il sera question de cela et d’autres « réflexions à haut risque polémique » exposées dans cet article. Question : sommes-nous encore dans l’esprit des Lumières ou bien dans une sorte de mythification entretenue par une propagande médiatique ?
    Foucault disait que ses textes étaient des boîtes à outils pour démonter les « mécanismes » de la société. Les livres d’Ellul méritent aussi d’être employés pour saisir la nature des rouages et ressorts impliqués dans des faits sociaux comme le Téléthon.
    « On est évidemment en droit de se demander comment la propagande peut arriver à obtenir un résultat, une action d’ordre réflexe court-circuitant l’opération intellectuelle » (Ellul, Propagandes, p. 42, Economica)
    Voilà un point de départ. Contourner les mécanismes de la raison pour obtenir l’assentiment d’un groupe d’individus, moyennant déploiement de stars, de bons sentiments, de spectacles de rue avec des gens qui y croient et bien évidemment, une homélie prononcée par les journalistes, comme à la messe, avec lecture de quelques fragments du missel savant, génome, thérapie, gène, grande tentative, saut d’exon, réparation cellulaire. Quelques chercheurs se dévouent pour être filmés, en bons stakhanovistes de la paillasse, se livrant corps et âme, soixante-dix heures par semaine, à la grande cause de la lutte contre les maladies d’origine génétique. Evidemment, on cache la réalité des résultats scientifiques et les objectifs réels poursuivis par l’AFM. Pause !

    Pointer le caractère propagandiste de ce show est chose aisée pour qui sait utiliser quelques textes savants mais est-ce bien nécessaire ? Admettons que la critique du Téléthon soit efficace, cela amène à quoi ? Peut-être à orienter les dons vers d’autres causes qui pour certains paraissent plus utiles. Je pense évidemment aux Restos du cœur. Bref, mettre en concurrence la charité ne paraît pas forcément élégant ni légitime. Après tout, même si l’utilisation des fonds et les informations diffusées s’offrent au soupçon, au bout du compte, de l’argent part vers la recherche et puis, cette grande kermesse crée un lien social à une époque où la société se délite. D’ailleurs, une de mes connaissances m’a fait part de cet événement qui, dans une commune X, a fait se rencontrer des gens qui s’ignoraient. Mais alors pourquoi faire un billet là-dessus, me direz-vous ? Peut-être pour servir la cause citoyenne en cherchant de la transparence tout en prenant la mesure des choses. Puisse ce qui est semé ici et maintenant être moissonné dans l’avenir démocratique...
    Revenons sur les faits. Un « chargé de mission » de l’évêché de Fréjus a jugé que donner au Téléthon servait une cause contraire aux préceptes moraux et idéologiques de l’Eglise. Pourquoi ce revirement soudain alors que les catholiques soutenaient cette cause jusqu’alors ? En fait, deux évolutions se sont conjuguées. D’un côté, on assiste à une crise identitaire de l’Eglise, attestée par quelques faits récents, dont une conférence prononcée à Ratisbonne par le Pape. D’un autre côté, la stratégie de l’AFM a été infléchie ces dernières années. Partant du constat que la thérapie génique a échoué, l’AFM a essayé de se légitimer en développant en parallèle une stratégie de contournement. Grâce aux technologies de procréation disponibles, en l’occurrence le DPI, diagnostic préimplantatoire, on élimine les embryons porteurs du gène déficient, pour produire la naissance d’un nouveau-né « sain ». Les succès sont probants. L’AFM (communiqué du 30/11/00) n’aurait pas hésité à présenter Valentin, né après un DPI, comme un bébé miraculé, entretenant la confusion en présentant cette naissance comme un succès thérapeutique. En vérité, ce résultat sort complètement de la mission que s’est donnée l’AFM à ses débuts. Il n’est plus question de guérir mais de permettre à un couple présentant des risques d’ordre héréditaire de procréer en toute sécurité. Evidemment, on ne peut nier la légitimité de procréation mais on peut tout aussi bien admettre que la société n’a pas forcément d’obligation de résultat et qu’en la matière, ce couple peut adopter un enfant. C’est ce que font bien des couples stériles. Les informations diffusées par les scientifiques lors des téléthons relèvent pratiquement de l’escroquerie intellectuelle. A la limite, on peut l’accepter si la cause servie est légitime mais même sur ce plan, on doit émettre quelques soupçons.
    J’espère avoir montré qu’on peut critiquer les objectifs de l’AFM et l’usage de cet instrument de promotion (ou de propagande) qu’est le Téléthon, sans se réclamer de l’Eglise ni de son idéologie. (Pour ma part, je serais le premier à descendre dans la rue si le droit à l’avortement était menacé !) En spéculant un peu plus, on pourrait imaginer à terme, le droit évoluant, que le DPI soit autorisé à titre de produit commercial, pratiqué par des cliniques privés qui, moyennant subsides, permettraient à un couple fortuné d’avoir un nouveau-né aux yeux bleus et cheveux blonds et que ces cliniques fort juteuses soient dirigées par d’anciens scientifiques ayant bénéficié des subsides de l’AFM.
    Il est assez clair que l’AFM (dont on doit néanmoins souligner ses aides et le réconfort apporté aux familles et malades) poursuit des objectifs « scientifiques » ayant peu ou prou dévié de l’éthique des débuts. Ce communiqué de Jacques Audin, émis de 2002, donne quelques éclaircissements (à lire aussi ce communiqué de presse plus récent qui confirme le précédent sans être aussi détaillé). Il y est question d’un fonctionnement opaque de la recherche menée par les centres recevant l’argent de l’AFM. On ne sera pas surpris. Dès lors qu’il s’agit de sous et moyens, les scientifiques notables de la gestion savent y faire pour s’attribuer force prébendes, alors que le système s’autonomise conformément aux principes découverts par le sociologue Luhmann. On notera également le décalage conséquent entre les promesses initiales (notamment la « grande tentative ») et la faiblesse des résultats obtenus. La thérapie génique est un échec, mais le Généthon est une machine technoscientifique des plus performante. Lors du précédent Téléthon, les scientifiques ont été « obligés » de présenter le saut d’exon comme une avancée considérable alors même que si cette prouesse, réalisée par Luis Garcia sur des souris, était applicable à l’homme, elle ne ferait que transformer une myopathie de Duchenne en myopathie de Becker. Tel est le triste sort des chercheurs, condamnés à faire croire à des avancées remarquables, à l’instar des administrateurs du pèlerinage de Lourdes en quête de guérisons surnaturelles, attestées par le « Conseil scientifique » de l’Eglise chargé de statuer sur les faits en toute bonne foi !
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    En résumé, le Téléthon est devenu une institution autant qu’une tradition. Il offre à ceux désirant soutenir une « cause éthique et légitime » l’occasion de se manifester à des degrés divers, comme bénévoles dans l’opération, comme militants d’un jour se prêtant aux manifestations sous le regard des caméras, heureux de s’impliquer dans une aventure collective, de se faire reconnaître en exposant le chèque représentant le montant des dons recueillis. La télévision publique sert de caisse de résonance. Les téléspectateurs, bien que passifs, sont invités à faire un geste simple, composer un numéro et promettre un don. La recherche subventionnée par l’AFM relève plus de la technoscience que de la véritable recherche fondamentale qui crève faute de moyens et qui, elle, devrait bénéficier de financements supplémentaires et même de dons. Mais que peut promettre cette recherche, sauf à explorer l’inconnu et défier les limites de la connaissance ? Cela n’intéresse pas le grand public qui, conditionné par l’idéologie de la performance et de la satisfaction rapide des désirs, est prêt à croire à des prouesses scientifiques du moment qu’elles sont présentées avec une habile rhétorique de persuasion. C’est sans doute cela, la plus grande réussite du Téléthon. Avoir su propager des espoirs dans des millions de cerveaux disponibles. Et obtenir le denier du culte (ou des incultes).
    Le mot de la fin sera accordé à Jacques Audin, dont je fais miens les propos : « Les solutions thérapeutiques de ces maladies viendront vraisemblablement d’autres domaines de recherche non médiatisables. Encore faut qu’ils ne disparaissent pas, coincés entre le surdimensionnement des recherches impulsées par le Téléthon et l’appauvrissement du financement de l’Etat. La recherche demande du temps et ce type de financement reposant sur la générosité publique fragilise la continuité des recherches. La recherche demande de l’humilité et contrairement à la conception des dirigeants de l’AFM et du pouvoir politique, elle ne peut fonctionner par objectifs, le but de la recherche n’est pas de séduire les donateurs, mais de comprendre la nature ! »

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    Le Telethon en baisse : les raisons d'une cash-machine télé périmée

    Publié le 08-12-2012 à 14h58 - Modifié le 08-12-2012 à 14h58

    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/731838-le-telethon-en-baisse-les-raisons-d-une-cash-machine-tele-perimee.html



    Par François Jost
    Analyste des médias
    LE PLUS. La 26ème édition du Téléthon s'est déroulée les 7 et 8 décembre 2012, récoltant 81 millions d'euros : score en baisse par rapport aux précédentes années. Pour François Jost, analyste des médias, la formule miracle du Téléthon est devenue ennuyeuse, de cet ennui incontournable signant un spectacle qui n'a pas évolué d'un pouce en 26 ans.

    TÉLÉTHON. Il y a un genre télévisuel qu’on appelle "call tv". Il regroupe ces émissions, en général matinales, où un animateur pose une question dont la réponse est évidente – "Quelle est la chanteuse née en Egypte dont le nom commence par DA et fini par DA ?" – simplement dans le but de générer de l’argent avec des coups de téléphone.
     
    Ces programmes ont souvent une audience très faible, donc peu de publicités, mais ils sont, en raison de leur dispositif bon marché, très rentables pour la chaîne.
     
    Le Téléthon : une lassante machine à engranger de l'argent
     
    Bien qu’il soit évidemment différent, le Téléthon entretient un point commun avec ces émissions au rabais : c’est une machine à engranger de l’argent qui n’attire pas les foules, fussent-elles sentimentales.
     
    Hier soir, entre les Miss et la soirée de France 2, les téléspectateurs n’ont pas vraiment hésité : alors que celles-ci faisaient 39% de part d'audience, ce qui est assez tout à fait exceptionnel, la principale chaîne publique devait se contenter de 9,8% de part d'audience : l’écart s’est encore creusé par rapport à l’année dernière.
     
    Les promesses de don, quant à elles, sont en baisse par rapport à l’année dernière mais si elles restent encore importantes Est-ce un effet de la crise ou une lassitude devant le spectacle audiovisuel ?
     
    L'ennui, résultat de la compassion obligatoire et immuable
     
    D’où vient l’ennui qu’il suscite, effectivement ? D’abord, d’un principe émotionnel intangible depuis la fondation du programme, qui est fondé sur un paradoxe : pour susciter la compassion, et donc l’envoi de dons, il faut émouvoir, jouer sur la pitié, qui est un des deux principes aristotéliciens de l’adhésion du public au spectacle, mais pas trop car, comme le savent tous les "marketeurs", la communication culpabilisante fait fuir les Français (à la différence des Anglais, par exemple).
     
    Du coup, depuis 1987, date du lancement du programme, les parrains sont presque obligatoirement des comiques : cela commença avec Jerry Lewis, puis se succédèrent Pierre Perret, Gérard Jugnot, Thierry Lhermitte et Anne Roumanoff, Gad Elmaleh, notamment.
     
    Mais ces comiques opèrent tous la métamorphose qui a mené Coluche du Café de la Gare aux Restos du cœur, c’est-à-dire la transformation d’un personnage grinçant, politiquement incorrect en bon Samaritain.
     
    Il faut voir ces jours-ci Frank Dubosc, avec ses bons yeux de chien battu, après une nuit courte, se cacher derrière l’animatrice, pour rire, ou glisser un souvenir ému sur son "papa". Toutes ces personnalités qui ont été appréciées parce qu’elles secouaient un peu le PAF deviennent dans le Téléthon des personnalités en quête de sainteté.
     
    Des défis un peu ridicules, un long direct : grosse fatigue
     
    Et puis, il y a les défis : une animatrice qui traverse une chute d’eau en Corse attachée à un filin, des nageurs qui s’élancent pour un bain de mer, des "ménagères" qui fabriquent des gâteaux.
     
    Dans le meilleur des cas, c’est Intervilles, dans le pire c’est Midi en France, cette émission de Laurent Boyer, qui visite chaque jour une ville, avec le même ennui. Ce samedi matin, le studio du direct était dans un bus qui traversait Paris : on aurait dit les visites touristiques du Tour de France… sans les coureurs.
     
    On pourrait imaginer que le Téléthon en tant que programme télévisuel, pourrait susciter cet effet d’agenda que nous aimons dans la télévision, ce plaisir du retour régulier de programmes qui scandent les saisons qui passent : Téléthon à la télévision… Noel en décembre !
     
    Mais pour susciter un tel effet, faut-il ressasser indéfiniment le même spectacle ? Malgré la crise financière, il semble que ce soit moins le versant économique qui lasse que la formule télévisuelle intangible, qui n’est plus capable de fédérer les téléspectateurs.
     
    En sorte qu’on peut se demander ce qui rapporte le plus : le spectacle figé de long direct ou le simple fait d’incruster un numéro de téléphone dans l’image de tous les programmes de France Télévisions ? D’où vient l’argent des téléspectateurs de France 2 ou de ceux de France 3, France 4, France 5, France O, qui regardent autre chose, mais que le 3637, dans un coin de l’image, qui rappelle l’opération de l’AFM ?

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    Expérimentation animale : les chiens cobayes, face cachée du Téléthon

    http://lesmoutonsenrages.fr/2013/12/04/experimentation-animale-les-chiens-cobayes-face-cachee-du-telethon/

    C’est peu connu, mais une partie des dons versés au Téléthon finance la recherche sur des chiens. Reportage dans le chenil où ont lieu les expérimentations.
    Le compteur final du téléthon 2010, le 4 décembre 2010 (DURAND FLORENCE/SIPA)
    Le Téléthon a déjà fait l’objet de polémiques quant à l’utilisation médiatique des enfants malades ou encore la gestion des fonds récoltés, mais rarement concernant la recherche que l’AFM Téléthon finançait. Une partie de cette recherche utilise en effet, comme de nombreuses unités de recherche, des animaux de laboratoire, pratiquant ce qu’il est communément appelé l’expérimentation animale.
     
    Le Téléthon 2013
    La 27e édition du Téléthon aura lieu les 6 et 7 décembre 2013 aux Studios 107 à La Plaine-Saint-Denis avec Patrick Bruel comme parrain. Les dons atteignent près de 100 millions d’euros chaque année. Au total, 2 milliards d’euros ont été collectés.
    Les mouvements de protection animale, dont des associations spécifiquement anti-vivisection comme le CCE2A ou International Campaigns, connaissent une ampleur certaine depuis 2009-2010 qui n’a pas échappé aux organisateurs du Téléthon.
    Accusé par ces associations de « financer la vivisection », le Téléthon a choisi de reconnaître officiellement que la recherche qu’il finançait était parfois amenée à utiliser des animaux, tout en soulignant le strict respect de la législation en vigueur.
    Mais cette concession médiatique, grâce à laquelle l’AFM a pu démentir toute expérimentation occulte, ne s’est pas traduite par une véritable information transparente. En réalité, il est quasiment impossible d’en savoir plus sur ces animaux utilisés par la recherche que finance le Téléthon : quelles espèces ? En quelle quantité ? Pour quels protocoles ? A la conférence de presse de la dernière édition du Téléthon, un malaise non dissimulé face à ces questions m’avait déjà interpelée.
     
    Les chiens myopathes, ces invisibles
    Après plus de deux mois d’intenses échanges, j’ai enfin pu approcher les fameux chiens myopathes qui servent à la recherche sur la myopathie de Duchenne. Les associations de protection animale connaissent leur existence, mais possèdent très peu d’informations sur le traitement qui leur est réservé.
    Sur le site du laboratoire qui les utilise, seules quelques photos des membres du laboratoire avec un chien dans les bras sont présentes [nous n’avons pas souhaité nommer le labo pour ne pas exposer son personnel à d’éventuelles attaques personnelles, hélas courantes, ndlr].
    Le choix de cette absence de communication est simple : « Vous comprenez, on ne peut pas montrer ça aux gens », m’explique un animalier, alors que je rentre pour la première fois dans le chenil des chiens myopathes, situé dans l’un des bâtiments de l’école vétérinaire de Maisons-Alfort.
    Des chiens cobayes dans le chenil (DR)
    Montrer comment s’effectue la recherche irait à l’encontre même des objectifs du Téléthon et surtout de sa méthode : l’impact émotionnel. Les chiens ne peuvent plus s’alimenter, et vivent donc avec une sonde pour être nourris, ils ont des difficultés respiratoires et motrices très lourdes. Certains chiots ressemblent déjà à des robots et ne font quelques pas qu’au prix d’un essoufflement accablant. Cette réalité occultée par l’AFM Téléthon, dont les affiches sont présentes dans les couloirs du chenil, est très dure à supporter.
     
    « J’aimerais pas être à leur place »
    Les associations de protection animale n’ont donc pas tort : une partie des dons sert effectivement à financer l’expérimentation animale. A la question « les animaux souffrent-ils ? », l’un des praticiens m’avoue sans détour, sur le ton de l’humour :
    « Je peux vous dire que j’aimerais pas être à leur place ! »
    Certains chiens du chenil ne subissent aucune expérience particulière et servent simplement de témoins : on constate sur eux l’évolution et le déploiement de la maladie.
    Ces chiens font partie du « protocole histoire naturelle ». Pourquoi continuer d’observer des témoins malades ? Parce qu’il y a « autant de types de myopathies que d’individus », et que la connaissance de la maladie requiert une observation constante d’individus malades différents.
    Cette souffrance créée et non soulagée fait partie des aspects dénoncés par les associations de protection animale, qui soulignent l’inutilité de ces protocoles pour une maladie dont l’évolution sans traitement est bien connue.
     
    Un élevage de chiens destinés aux labos
    Dans le chenil des chiens myopathes de l’école vétérinaire de Maisons-Alfort, on ne soigne pas, on reçoit des animaux génétiquement modifiés pour naître myopathes sur lesquels on teste différents protocoles. D’où viennent-ils ? D’un élevage qui fait beaucoup parler de lui depuis 2010 : le CEDS, le Centre d’élevage du domaine des Souches, situé à Mézilles, un petit village de l’Yonne.
    Depuis 2010, chaque année, une manifestation regroupant associations et militants dénonce cet élevage de chiens destinés aux laboratoires, et accusé de maltraitance dans ses locaux, entre autres à la suite d’un témoignage, devant la justice, d’un ex-employé aujourd’hui décédé.
    En 2010, les manifestants étaient 400, en 2012 ils étaient plus d’un millier, faisant surgir dans les médias l’existence de cet élevage familial jusqu’alors peu connu. Un site internet dédié à la fermeture de cet élevage a même été créé. Monique et Michel Carré, propriétaires de cet élevage, ont radicalement refusé de répondre à mes questions.
    La responsable de l’expérimentation animale de la DDCSPP (Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations) de l’Yonne a, elle, sèchement coupé court à toute communication.
     
    « C’est pour la bonne cause »
    Le leitmotiv des chercheurs que j’ai pu rencontrer est l’incompréhension du grand public pour leur travail. « On craint surtout les intégristes : ils détournent les images et les propos », m’assure un animalier.
    Le durcissement de la législation européenne portant sur l’expérimentation animale et le renforcement de la médiatisation de ses pratiques douloureuses ont provoqué un repli draconien des chercheurs. Les laboratoires utilisant des animaux sont devenus impénétrables pour qui n’y travaille pas : « Moins on en parle, mieux c’est », me confirme un animalier.
    Pour éviter certaines attaques militantes, le laboratoire Sanofi ne détient plus de primates. Il sous-traite ces expériences à des instituts de recherche publics, m’indique un chercheur du centre de recherche de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière, situé à La Pitié-Salpêtrière.
    Un jeune animalier m’explique que sa famille ou ses proches n’ont jamais apprécié son métier. Il se désole :
    « Le problème, c’est que les gens sont bien contents après que la recherche fasse des progrès, et nous on a juste le mauvais le rôle ! Maintenant, je ne précise plus que je travaille dans un laboratoire : quand on me demande ce que je fais, je dis juste que je suis animalier. »
     
    Position d’autant plus difficile pour ces animaliers qui avouent à la base avoir choisi ce métier par amour des animaux…
    « Evidemment, ce n’est jamais facile de les voir souffrir, ou même de les euthanasier, mais on se dit que d’autres arrivent ensuite. Et puis c’est pour la bonne cause. »
     
    Se passer de la recherche sur les animaux ?
    L’expérimentation animale est parfois remise en question pour des raisons scientifiques (la transposition du modèle animal au modèle humain s’avère plus que problématique, voire parfois dangereuse pour la santé humaine), mais ce n’est pas le cas ici de la myopathie de Duchenne, « présente naturellement sur les labradors dans une forme très proche de celle qui affecte l’homme », m’explique-t-on.
    Faux dilemme
    Dans la plupart des cas, l’idée qu’il faudrait choisir « entre des animaux et des humains » est un faux dilemme. Une immense partie des expériences faites sur les animaux ne concerne pas la recherche sur des maladies, mais la toxicologie, les cosmétiques, les solvants, les colorants, et les armes chimiques et bactériologiques. La recherche sur les médicaments concerne souvent de nouveaux produits, dont la création n’est faite qu’à des fins commerciales.
    Les associations de protection animale dénoncent les abus de protocoles utilisant des animaux qui pourraient faire usage des méthodes alternatives sans animaux.
    Pourquoi ne pas changer de méthodes lorsque cela est possible ? Selon les chercheurs sur la myopathie :
    « Rien ne remplacera jamais la complexité d’un organisme vivant. »
    Pourtant, d’autres scientifiques m’ont confié une raison moins avouable, comme l’explique un neurobiologiste :
    « On préfère continuer de faire comme on sait faire, avec des modèles vivants, comme on a toujours fait. C’est la vieille méthode qui marche, disons. C’est triste, mais la peur du changement est réelle. »
     
    La reconnaissance des ces animaux invisibles
    La collusion entre tous les acteurs de l’expérimentation animale est aussi pointée du doigt par les associations de protection animale. Avant d’obtenir le droit d’expérimenter sur des animaux, les équipes de chercheurs doivent soumettre à des comités d’éthique leur protocole : ce dernier est chargé d’appliquer le principe des « 3R » (réduire, raffiner, remplacer), qui a été mis en place pour éviter l’utilisation d’animaux quand celle-ci peut être évitée. Mais les membres de ces comités sont des chercheurs et, surtout, les protocoles sont pratiquement systématiquement validés. On m’a même attesté que les protocoles commençaient souvent parfois avant d’avoir l’aval des comités, « pour des raisons de délais trop longs ».
    Dernier point noir : celui de la reconnaissance des ces animaux invisibles. Les chiens myopathes en sont le meilleur exemple. Confinés dans des animaleries qui ressemblent à des bunkers, ils vivront sans voir la lumière du jour, dans des cages souvent situées en sous-sol, subissant des expériences quotidiennes avant d’être euthanasiés. Les malades, premiers concernés par la recherche, ont eux-mêmes rarement connaissance de ces animaux, qui font pourtant partie des premiers acteurs de la recherche.
    Il ne s’agit pas de devoir choisir entre des vies humaines et des vies animales mais déjà de montrer au grand public ce que l’on fait, dans quelles conditions et quel est le prix à payer pour la recherche.
    L’association de réflexion sur la maladie de Huntington, Ding Ding Dong, a en ce sens entreprit un projet pour que les malades puissent rendre hommage en quelque sorte aux animaux « sacrifiés » (c’est le terme scientifique) pour la recherche. Une piste pour Le Téléthon ?
    Audrey Jougla
    Le nouveau paradigme
    Via les Brindherbes
    Voir les commentaires sur le site !!


    La grande escroquerie du Téléthon?

    http://www.elishean.fr/aufeminin/la-grande-escroquerie-du-telethon/

    6 juillet 2013
    par OLIVIER BONNET.

    « La générosité publique pour financer… les futurs profits des laboratoires privés!
    Le 5 décembre 2008, nous mettions en ligne un article au titre volontairement coup-de-poing, La grande escroquerie du Téléthon, qui avait déchaîné les passions : 148 commentaires pour 11838 visites.Nous nous étions alors basé sur plusieurs écrits du professeur Jacques Testart. Deux ans plus tard, puisque Téléthon toujours il y a, remettons le couvert. « Le téléthon s’est achevé hier soir sur des promesses de don en baisse pour la 4ème année consécutive* », écrit le Webzine messin Le Graoully déchaîné. (…)
    En 4 ans , les dons ont baissés de près de 20% ; l’an dernier, c’est Pierre Bergé qui avait été accusé d’être responsable de la chute des promesses de dons. Et l’an prochain ? Toute noble est la cause, on peut se demander pourquoi cette générosité sélective du groupe France télévisions ; ouvrir 30 heures durant son antenne pour cette vaste opération, coûteuse de surcroît, n’est-ce pas faire de la solidarité sélective ?
    Rappelons que le Téléthon français est la plus grande opération de collecte populaire au monde et recueille à lui seul 3% des dons annuels des Français toutes causes confondues. Alors bien sûr, apitoyés par les enfants qu’on montre chaque année à longueur de Téléthon et qui, il faut bien l’avouer, sont autrement plus attachants qu’un vieux pédé sidéen, vous allez me rétorquer qu’il faut être solidaire de cette cause qui peut tous nous toucher. Oui ; comme peut tous nous toucher la pauvreté ; on peut tous un jour se retrouver faisant la queue devant un bus des Restos du coeur. Mais à qui revient la charge de ne pas laisser crever les pauvres ou de tenter de soigner les myopathies.
     
    « La somme récoltée hier soir par le Téléthon, c’est 40% de ce que l’état va rembourser au seul Bernard Tapie; c’est à peine 3 fois le chèque fait par les impôts à Bettencourt pour son bouclier fiscal. Et l’Etat n’aurait donc pas les moyens de financer la recherche sans qu’on passe par le culpabilisant Téléthon? »
    Le Syndicat national des travailleurs de la recherche scientifique (SNTRS-CGT) attaque lui sous l’angle thérapeutique :
    « Depuis 24 ans par le biais du service public de la télévision, le Téléthon nous fait miroiter que les dons vont faire progresser la recherche et aider aux traitements des maladies génétiques. Force est de constater que les résultats ne sont pas du tout au niveau des promesses réitérées chaque année.
    Et pour cause, l’AFM [Association française contre les myopathies, NdA]prétend lutter contre toutes les maladies génétiques rares en privilégiant les pathologies de l’enfant, plus médiatisables. (…) Les discours enthousiastes sur les perspectives de la thérapie génique et cellulaire présentées comme des messages publicitaires destinés à inciter aux dons reposent sur une vision réductrice de la démarche scientifique. Pour développer ces thérapies, il est fondamental de continuer à explorer l’ensemble des mécanismes de régulation des cellules normales et pathologiques. Or, la recherche pour le traitement des maladies génétiques ne peut-être que freinée par la politique scientifique actuelle de créneaux de plus en plus étroits déterminés uniquement par les stratégies des industriels.
    Les robinets de l’innovation sont quelque peu taris du coté des industriels de la pharmacie du fait de la réduction des champs de recherche publique menée par tous les gouvernements depuis de nombreuses années. La manne financière du Téléthon focalisé sur quelques créneaux sans développement du front des connaissances a contribué à amplifier cette réduction des champs disciplinaires, obérant les possibilités d’aboutir à des traitements. Ce n’est pas la réduction de 15% des crédits de paiement alloués aux laboratoires par l’Inserm et le CNRS pour 2011 qui va améliorer les choses. »
    Puisque l’angle économique est abordé, convoquons enfin Christian Jacquiau, commissaire aux comptes, expert comptable et essayiste, qui en passe par ce prisme pour aboutir à un réquisitoire politique :
    « Magnifique exhibition de générosité qui force l’admiration chaque année, tant les sommes récoltées sont astronomiques, alors que des pans entiers de la recherche sont par ailleurs complètement sinistrés. C’est que depuis sa création (1987), le Téléthon français a rapporté plus de 1,6 milliards d’euros ! Une manne exceptionnelle sur laquelle plus de 119 millions d’euros ont été consacrés à ses frais de gestion et près de 175 millions… aux seuls frais de collecte des dons. Respectivement 7,3 % et 10,7% des dons recueillis, selon les chiffres communiqués par l’Association française contre les myopathies (AFM). Des chiffres qui donnent le vertige… Mais qui ne doivent pas faire oublier l’envers du décor de cette joyeuse et gigantesque kermesse surmédiatisée.
    Car derrière cette très belle démonstration de la puissance télévisuelle se cache une bien curieuse réalité. Beaucoup moins glorieuse celle là… Le désengagement de l’État de ses fonctions essentielles : la santé, la recherche et l’éducation, notamment. Avec en toile de fond une formidable illustration du fameux théorème libéral : mutualisation des dépenses/privatisation des profits. Étrange modèle que celui qui consiste à faire appel à la générosité publique pour financer les travaux de chercheurs privés – au seul bénéfice d’une cause, certes noble mais strictement ciblée. Chercheurs qui s’empresseront, dès que leurs travaux auront abouti, de déposer des brevets qui assureront non seulement leurs fortunes personnelles mais qui permettront aussi à des laboratoires – privés eux aussi – de s’enrichir sur la commercialisation de nouveaux médicaments qu’ils vendront alors au prix fort à ce qu’il restera d’une Sécurité sociale exsangue, n’assumant déjà plus son rôle de protection mutualisée des plus faibles.
    Car enfin… Si l’État et ceux qui se déchirent pour alterner à le représenter prenaient et assumaient véritablement leurs responsabilités, ne veilleraient-ils pas à assurer un financement approprié de la recherche publique ? Cela aurait pour effet immédiat de réduire les coûts de santé, la sécurité sociale n’ayant plus à assurer le service de substantiels bénéfices aux laboratoires privés, comme elle est contrainte de le faire aujourd’hui. (…)
    Ce modèle d’appropriation de l’argent public par le privé – prélevé autoritairement où grâce aux moyens sophistiqués de la séduction médiatique – n’est pas nouveau.  Et pas davantage limité à la santé. Il y a longtemps déjà qu’en application du fameux AGCS, il a été appliqué pour la première fois aux concessions d’autoroutes, de parkings publics et de bien d’autres… Ici comme ailleurs, les usagers ont été, dans un premier temps, soumis à de substantiels droits de péage destinés à financer les travaux initiaux de réalisation. Avant que ces ouvrages n’entrent discrètement dans le patrimoine de sociétés concessionnaires privées qui n’avaient plus alors qu’à engranger les substantiels bénéfices tirés d’un patrimoine… appartenant en réalité aux usagers et à la collectivité des citoyens, mais détourné par les politiques au profit de structures privées, habilement constituées à cet effet.
    Comble d’ironie, et l’altruisme médiatisé ayant ses limites, les généreux donateurs du Téléthon bénéficient d’une réduction d’impôts de 66% du montant des dons qu’ils promettent à l’AFM.«Après réduction d’impôts, votre don de 100 € ne vous revient qu’à 34 €», explique l’AFM sur son site. Mais ce qu’économise le donateur, c’est l’État qui le paiera. Ainsi pour la seule année 2009, c’est un peu plus de 62 millions d’euros qui sont passés – ni vus, ni connus – du budget de l’État (via les déductions fiscales accordées aux donateurs) à la recherche privée… via le Téléthon.
    Sans engagement et sans contrepartie. Emblématique, non seulement d’une certaine idée de la recherche publique mais bien au-delà, du rôle de l’État dans la société, le Téléthon serait-il devenu un moyen efficace de nous faire admettre – en chansons, avec flonflons et serpentins – le détricotage méticuleux et systématique des acquis sociaux issus du Conseil national de la Résistance que les politiques ont de plus en plus de mal à nous faire accepter? »
    *88 millions d’euros de promesses de dons aujourd’hui lundi.
    Mise à jour 2011: lisez le billet d’Handicapé-méchant, qui critique vivement cet article (entre autres) et défend le Téléthon.
     
    Le professeur Testart dénonce une « mystification »
    « C’est scandaleux. Le Téléthon rapporte chaque année autant que le budget de fonctionnement de l’Inserm tout entier.
    Les gens croient qu’ils donnent de l’argent pour soigner. Or la thérapie génique n’est pas efficace.
    Si les gens savaient que leur argent va d’abord servir à financer des publications scientifiques, voire la prise de brevets par quelques entreprises, puis à éliminer des embryons présentant certains gènes déficients, ils changeraient d’avis.
    Le professeur Marc Peschanski, l’un des artisans de cette thérapie génique, a déclaré qu’on fait fausse route. On progresse dans le diagnostic, mais pas pour guérir. De plus, si on progresse techniquement, on ne comprend pas mieux la complexité du vivant. Faute de pouvoir guérir les vraies maladies, on va chercher à les découvrir en amont, avant qu’elles ne se manifestent. Cela permettra une mainmise absolue sur l’homme, sur une certaine définition de l’homme »: Jacques Testart, directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), spécialiste en biologie de la reproduction, « père scientifique » du premier bébé éprouvette français, et auteur de plusieurs essais témoignant de son engagement pour « une science contenue dans les limites de la dignité humaine«, dans une interview accordée à Médecines-Douces.com.
    Testart écrit aussi sur son blog:
    « Les OGM sont disséminés sans nécessité puisqu’ils n’ont pas démontré leur potentiel et présentent des risques réels pour l’environnement, la santé et l’économie. Ils ne sont donc que des avatars de l’agriculture intensive qui permettent aux industriels de faire fructifier les brevets sur le vivant. Au contraire, les essais thérapeutiques sur les humains sont justifiés quand ils sont la seule chance, même minime, de sauver une vie. Mais il est contraire à l’éthique scientifique (et médicale) de faire miroiter des succès imminents des uns ou des autres. Malgré la persistance des échecs, les tenants de la thérapie génique (qui sont souvent les mêmes que ceux des OGM) affirment que « ça va finir par marcher  », et ont su créer une telle attente sociale que la « mystique du gène » s’impose partout, jusque dans l’imaginaire de chacun. Le succès constant du Téléthon démontre cet effet puisqu’à coups de promesses toujours réitérées, et grâce à la complicité de personnalités médiatiques et scientifiques, cette opération recueille des dons dont le montant avoisine celui du budget de fonctionnement de toute la recherche médicale en France.
    Cette manne affecte dramatiquement la recherche en biologie puisque le lobby de l’ADN dispose alors du quasi monopole des moyens financiers (crédits publics, industriels, et caritatifs) et intellectuels (focalisation des revues, congrès, contrats, accaparement des étudiants…).
    Alors, la plupart des autres recherches se retrouvent gravement paupérisées – une conséquence qui paraît échapper aux généreux donateurs de cette énorme opération caritative… »
    Dernière citation pour la route, extraite de l’ouvrage de Testart, Le vélo, le mur et le citoyen :  »Technoscience et mystification : le téléthon.
    Depuis bientôt deux décennies, deux jours de programme d’une télévision publique sont exclusivement réservés chaque année à une opération remarquablement orchestrée, à laquelle contribuent tous les autres médias: le Téléthon.
    Ainsi, des pathologies, certes dramatiques mais qui concernent fort heureusement assez peu de personnes (deux ou trois fois moins que la seule trisomie 21 par exemple), mobilisent davantage la population et recueillent infiniment plus d’argent que des maladies tout aussi terribles et cent ou mille fois plus fréquentes. On pourrait ne voir là que le succès mérité d’un lobbying efficace, et conseiller à toutes les victimes de toutes les maladies de s’organiser pour faire aussi bien. Ce serait omettre, par exemple, que :
    -  le potentiel caritatif n’est pas illimité. Ce que l’on donne aujourd’hui contre les myopathies, on ne le donnera pas demain contre le paludisme (2 millions de morts chaque année, presque tous en Afrique) ;
    - presque la moitié des sommes recueillies (qui sont équivalentes au budget de fonctionnement annuel de toute la recherche médicale française) alimentent d’innombrables laboratoires dont elles influencent fortement les orientations. Ainsi, contribuer à la suprématie financière de l’Association française contre les myopathies (l’AFM, qui recueille et redistribue à sa guise les fonds collectés), c’est aussi et surtout empêcher les chercheurs (statutaires pour la plupart, et donc payés par l’État, mais aussi thésards et, surtout, post-doctorants vivant sur des financements de l’AFM, forcément fléchés) de contribuer à lutter contre d’autres pathologies, ou d’ouvrir de nouvelles pistes ;
    - il ne suffit pas de disposer des moyens financiers pour guérir toutes les pathologies. Laisser croire à cette toute puissance de la médecine, comme le fait le Téléthon, c’est tromper les malades et leurs familles ;
    - après vingt ans de promesses, la thérapie génique, ne semble plus être une stratégie compétente pour guérir la plupart des maladies génétiques ;
    -lorsque des sommes aussi importantes sont recueillies, et induisent de telles conséquences, leur usage mériterait d’être décidé par un conseil scientifique et social qui ne soit pas inféodé à l’organisme qui les collecte. Mais comment aussi ne pas s’interroger sur le contenu magique d’une opération où des gens, allumés par la foi scientifique, courent jusqu’à l’épuisement ou font nager leur chien dans la piscine municipale… pour « vaincre la myopathie » ? Au bout de la technoscience, pointent les oracles et les sacrifices de temps qu’on croyait révolus…«  
    En conclusion : ne donnez pas au Téléthon !






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  • Portable pour mieux se porter

    Voilà une info qui ne manque pas de contradiction.

    D'un côté, tout le monde, ou presque déconseille l'utilisation du portable justement pour des questions de santé et d'un autre côté le portable serait bénéfique, « Financièrement » s'entend.
    Et oui, le fric, toujours le fric ! La santé, on s'en tamponne. C'est d'ailleurs la même chose dans bien des domaines :
    Les OGM sont dangereux mais paraît-il doivent résoudre les problèmes de la faim dans le monde.
    Le nucléaire est dangereux ( ça dépend qui le dit ), mais paraît-il est une énergie bon marché !
    Les pesticides améliorent les rendements mais empoisonnent la planète.
    Etc...
    Nous sommes pris pour des c...
    Gaulois.

    http://www.next-up.org/pdf/12_Conseils_de_prevention_afin_de_limiter_son_exposition_aux_rayonnements_du_telephone_mobile.pdf


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  • Nouvelle rubrique

    Une nouvelle rubrique à consulter et qui fait suite à l'article ci-dessous sur les cancers.

    " Nucléaire - L'holocauste qui vient "

    N'oubliez pas de consulter, comme je le recommande régulièrement, le site de l'observatoire du nucléaire qui donne de sinformations régulières sur la secte nucléaire : observ.nucleaire.free.fr


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  • Il est temps de redéfinir ce qu'est vraiment un cancer


    Une multitude de facteurs cancérigènes
     



    Tout le blabla médiatique sur le cancer ne fait guère avancer les choses. Il est aisé de comprendre pourquoi. Contrairement aux affirmations de ce médecin, il est fort probable que les causes de cancers sont connues, mais cachées. Derrière cette maladie qui touche des millions de personnes à travers le monde, le puissant lobbying de la santé est à l’œuvre. C'est bien connu, il faut des malades pour se donner bonne conscience, les soigner et faire du fric, beaucoup de fric.
    On entend dire que les cancers sont en nette progression. On entend dire aussi que les cancers ont toujours existé  http://www.helmo.be/esas/mapage/euxaussi/sante/cancer.html
    Il est indéniable que ces maladies évoluent à travers les époques. Les cancers d'il y a des milliers d'années sont très probablement d'origines différentes de nos jours. On sait maintenant que le cancer est une maladie de l'ADN, souvent irréversible. Aux véritables causes « Officielles » liées au tabac et à l'alcool s'ajoutent des problèmes environnementaux liés à l'activité humaine. Ces causes là ne sont pas ou si peu dénoncées, justement pour ne pas freiner les lobbys.
    Qui se soucie de la santé des gens? Pouvu qu'ils vivent assez longtemps pour gonfler le portefeuille des multinationales et décideurs.
    Gaulois.

           
    Un début de piste :
    http://forum.psychologies.com/psychologiescom/Sante/vraies-causes-cancer-sujet_333_1.htm

    Une approche des véritables causes de cancers ?
    http://www.artac.info/fr/prevention/prevention-environnementale/l-origine-environnementale-des-cancers_000126.html

    Une approche de la vérité :
    http://monctonfreepress.ca/article/les-vraies-causes-du-cancer

    Et là :
    http://nucleaire-nonmerci.net/risquessurlasante.html
    http://www.leparisien.fr/societe/cancer-revelations-sur-les-essais-nucleaires-francais-17-07-2012-2092862.php
    http://www.dissident-media.org/infonucleaire/millions.html

    Alexei Yablokov :
    http://fukushima.over-blog.fr/article-les-heros-de-la-radioprotection-1-alexei-yablokov-105462638.html
    Un résumé de son ouvrage en français, paru à l'Académie des Sciences de New-York :
    http://www.planetenonviolence.org/Tchernobyl-du-Professeur-Yablokov-Consequences-de-la-Catastrophe-pour-l-Homme-et-la-Nature_a1512.html


    L'article du Monde :

    http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/01/03/il-est-temps-de-redefinir-ce-qu-est-vraiment-un-cancer_1812637_1650684.html#xtor=EPR-32280229

    Il n'est pas du ressort de la science de définir la santé, car sa subjectivité la rend incompatible avec les impératifs de démonstration et de preuve. Les rares médecins qui ont essayé, comme René Leriche avec son "silence des organes" ou Claude Bernard avec son "activité normale des éléments organiques", relèvent de l'anecdote historique. Certains philosophes ont pris ce risque : pour Friedrich Nietzsche, elle était un "état idéal où chacun peut le mieux faire ce qu'il fait le plus volontiers", pour Georges Canguilhem, une "capacité à surmonter les crises", pour Alain Froment, un "pouvoir être". Que dire enfin des définitions institutionnelles parfois cocasses comme "l'état d'équilibre en fonction du tempérament" de Diderot et d'Alembert, ou le fameux "bien-être complet" de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ?
    Définir scientifiquement le concept général de "maladie" relève du même défi, puisque le Larousse et le sens commun la définissent comme une altération de la santé. On tourne en rond.

    "OBJETS-MALADIE"
    En revanche, pour de nombreuses entités pathologiques vécues par les patients et observées par les cliniciens de façon similaire, la science peut nommer et définir des "objets-maladie" avec une précision suffisante. L'angine streptococcique, la fracture du tibia, la polyarthrite rhumatoïde, la migraine, le diabète insulino-dépendant de type 1, la schizophrénie font partie de ces entités cliniques assez compatibles avec la rigueur de la terminologie scientifique.
    Quant au mot "guérison", il ne peut avoir de définition précise que s'il fait référence à un objet-maladie de type aigu préalablement bien défini. Les guérisons de la fracture du tibia et de l'angine streptococcique sont faciles à déterminer. Pour les maladies chroniques et cycliques comme celles de nos autres exemples, le mot guérison est inadapté ; la médecine, qui essaie alors d'améliorer le "pouvoir être" des patients, parle de rémission, de stabilisation ou de quiescence.
    Le modèle biomédical actuel décrit de nouveaux objets-maladie, qui ne sont plus vécus par le patient, ni observés par le clinicien. Il s'agit de "facteurs de risque" ou d'"anomalies" à potentiel pathogène. L'hypercholestérolémie ou le polype du côlon sont de bons exemples de ces nouveaux objets biomédicaux où les termes de guérison et de rémission perdent tout sens, puisqu'ils n'ont aucune correspondance avec le vécu des patients.

    MALADIES VÉCUES ET NON VÉCUES
    La cancérologie offre une situation nouvelle et insolite dans l'histoire de la médecine et de la terminologie médicale. Le mot guérison y possède une définition très précise pour tous les types de cancers, alors que la majorité des objets-maladie de cette discipline n'en ont toujours pas.
    Les "objets" cancers appartiennent aux deux registres. D'une part, des maladies vécues par le patient ou décelées par le clinicien (ganglions, saignements, fatigue, etc.) : ce sont des objets-maladie cliniques. D'autre part, des maladies non vécues, mais découvertes par dépistage : ce sont des objets-maladie biomédicaux.
    Le terme de guérison, quant à lui, s'applique sans discernement à ces deux types d'objets. En cancérologie, la guérison correspond à une période de cinq ans sans symptômes cliniques, sans modification de l'imagerie et de la biologie des tumeurs, sans récidive locale ni métastase. Passé ce délai de cinq ans, un cancer est déclaré guéri.
    Bien qu'arbitraire dans sa composante temporelle, cette définition serait scientifiquement acceptable si l'objet-maladie avait été préalablement défini avec une rigueur au moins équivalente.

    MODÈLE CLINIQUE OU BIOMÉDICAL
    Or il n'en est rien. Un cancer est-il une cellule considérée comme "anormale" par l'anatomopathologiste ? Un cancer est-il une tumeur devenue symptomatique pour le patient ou son médecin ? Un cancer est-il un amas cellulaire temporaire à guérison spontanée ? Un cancer est-il une tumeur latente ou dont la progression ne diminue pas la durée totale de vie ? Un cancer est-il une maladie métastatique qui épuise les défenses naturelles du patient et finit par le tuer ? Un cancer est-il une maladie foudroyante qui tue son porteur en quelques mois ?
    A ce jour, aucun expert ne peut répondre à ces questions pour aucun cancer ni aucun porteur (même si la génétique de certaines tumeurs commence à proposer de timides pistes pronostiques). Malgré tout, la guérison, telle que définie ci-avant, fait l'objet d'un très large consensus parmi les cancérologues. L'autre aspect insolite de la cancérologie est ce que nous pourrions appeler "l'équivalence secondaire du vécu". Les patients se vivent cancéreux de la même façon, quel qu'ait pu être le modèle initial de définition de leur objet-maladie : clinique ou biomédical, diagnostiqué ou dépisté. Etrangement, la découverte d'une maladie virtuelle ou potentielle crée une maladie vécue.

    AUCUNE SÉLECTION CLINIQUE PRÉALABLE
    Avec le dépistage "organisé" qui s'adresse à tous sans sélection clinique préalable (en France : sein et côlon), ces flous terminologiques posent deux nouveaux types de problèmes. Pour la santé publique, il en résulte une augmentation de la morbidité cancérologique vécue. Pour la biomédecine et la recherche fondamentale, le maintien de cette confusion risque d'être, à terme, une source de discréditation et d'entrave.
    Avec la généralisation de ce dépistage de masse, de plus en plus de patients sont ainsi déclarés guéris d'une tumeur qui se serait manifestée quinze ans plus tard. Ils seraient donc médicalement "guéris" quinze ans avant d'être "cliniquement" malades et leur maladie clinique serait apparue vingt ans après le diagnostic biomédical. Dans les cas d'une tumeur latente ou à régression spontanée, ils seraient déclarés "guéris" d'une maladie qu'ils n'auraient jamais eue !
    La guérison étant ainsi définie, on peut affirmer que 90 % des cancers dépistés très tôt guérissent. Cette formulation n'étant, par convention, ni erronée ni mensongère, peut être répétée sans réévaluation par les spécialistes et les médias. Pourtant, pour une science qui se veut rigoureuse, cette définition et cette formulation ne sont plus acceptables.
    La terminologie de la cancérologie doit évoluer pour faire accéder cette discipline au rang de science. Il s'agit d'un impératif d'autant plus catégorique que les cancers sont un fléau de l'humanité.
    Le supplément "Science & techno" publie chaque semaine une tribune libre ouverte au monde de la recherche. Si vous souhaitez soumettre un texte, prière de l'adresser à sciences@lemonde.fr
    Luc Périno, médecin, essayiste et écrivain


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  • Vaccins

    La vaccination est de plus en plus suspectée d'effets indésirables, voir dangereux. Les soupçons dont fait état cet article ne sont pas anodins.

    Comme d'ailleurs les polémiques qui se sont développées autour de la grippe A, le médiator, etc...

     

    S'il y a, et c'est probable, des effets d'exagérations dans la critique, il ne faut surtout pas oublier que les laboratoires ne sont pas des philanthropes et que les dérivent sont inévitables.

    Gaulois.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     Ce que les médecins pensent de la vaccination

    Enquête non publiée, et pour cause. Bonne lecture.

    Gaulois.

     Mercredi 21 novembre 2012
    Ce que les médecins pensent de la vaccination : l’enquête-choc, non publiée, de l’INPES *

    Alors que l’on nous a seriné, pendant des années, que les doutes sur les vaccins n’avaient pas lieu d’être, “que ces produits étaient parmi les plus sûrs”, que le corps médical est en majorité en faveur des vaccins et que les populations sceptiques sont très minoritaires et soit-disant d’origine sectaire, une enquête-choc de l’INPES (tellement choc d’ailleurs qu’elle en est restée NON PUBLIEE) démontre tout le contraire.
     
    L’INPES (Institut National de Prévention et d’Education à la Santé) a en fait réalisé, en 2005, avec l’Institut de Sondage BVA, une enquête auprès d’un échantillon représentatif de 400 médecins français, généralistes et pédiatres afin d’évaluer leur perception de l’utilité et de la sécurité des vaccins. Les résultats sont si éloquents qu’il fallait, bien entendu, tenter au maximum, d’en dissimuler les résultats au public….
    58 % des médecins se posent des questions sur l’utilité des vaccins donnés aux enfants. 
    31 % des médecins se posent des questions sur la sécurité des vaccins.
    La référence à cette enquête est donnée, très confidentiellement, aux praticiens dans le document de l’INPES intitulé “Vaccinations, Guide pratique pour le praticien” et est notée comme suit :
    ”BVA. Étude sur les vaccins pédiatriques auprès des médecins généralistes et des pédiatres. 2005 : p. 31 – non publiée.”
    EST-CE VRAIMENT NORMAL, démocratiquement parlant, que de tels résultats soient demeurés aussi longtemps aussi confidentiels ?
    Car, pendant ce temps, la plupart de ces médecins QUI DOUTENT soit de l’utilité soit de la sécurité ont fort probablement continué à vacciner aveuglément de peur de faire part publiquement de leurs doutes, en commençant par leur patientèle !!!
    Si ces médecins ont ainsi accepté de donner franchement leur avis dans ce type d’enquête, c’est bien entendu parce qu’ils ont forcément dû recevoir une garantie absolue d’anonymat.
    L’omerta est si forte que, dans les faits, hélas, c’est toujours le sinistre “Faites ce que je dis, pas ce que je fais” qui prévaut. Au détriment du patient bien sûr et de son droit à un consentement libre et éclairé.
    Il n’en reste pas moins qu’avec de tels chiffres, plus aucune obligation vaccinale d’aucune sorte ne saurait encore trouver la moindre légitimité scientifique ou démocratique.
    Source : http://www.inpes.sante.fr/50000/OM/pdf/vaccination/09vod_guide-medecin.pdf

    * Institut National de prévention et d'éducation pour la santé

     

     


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  • Un bébé meurt faute de maternité

       Ce n'est sûrement pas le premier bébé, ou la première maman qui mourront, faute de maternité de proximité.
    Les « Technocrates » de la santé, quelle que soit la couleur politique du moment, vous diront avec l'assurance qui caractérise leur arrogance et leur mépris qu'il est préférable de disposer de moins d'établissements mais plus sûrs question sécurité. Ils penchent d'ailleurs pour le retour de la naissance au domicile. En fait il ne s'agit que de question économique et de rentabilité car pour le reste ils s'en tapent royalement.
    Savez-vous que du temps du ministre de la santé Claude Evin, quelques mois avant les jeux olympiques d'hiver de 1992 en Savoie, ces « spécialistes » de la santé envisageaient, en période hivernale, de transférer par hélicoptère les femmes sur le point d'accoucher, de la vallée de la Tarantaise vers la Vallée de la Maurienne. C'est-à-dire de la région de Moûtiers qui devait fermer sa maternité vers St Jean de Maurienne. Ceci au-dessus d'un massif montagneux de plus de 2000 mètres d'altitude, sans aucun doute avec le risque des tempêtes de neige l'hiver et bien sûr le surcoût de ce  transport. Cette maternité, où deux de nos enfants sont nés, fermera en janvier 2001.   http://www.ledauphine.com/savoie/2010/04/07/moutiers-la-maternite-a-ferme-en-2001
    Il se dit souvent que la santé n'a pas de prix. Allez donc dire cela aux ministres successifs de la santé !
    Gaulois.


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  • Médecins plus chères pour les vieux !

    Ce syndicat a raison, il faut taxer les vieux ! Il faut les rendre malades s'ils ne le sont pas ! Afin qu'ils deviennent complètement dépendants des services médicaux en tout genre et des médecins sans scrupules. Il faut profiter de leur faiblesse et faire du fric sur leur dos. les plumer jusqu'à ce que mort s'ensuive, mais le plus tard possible, le temps de s'enrichir. C'est très probablement pour cela que l’espérance de vie augmente. Ainsi, le business va bon train.
    Soyons sérieux, ce syndicat de médecins, sans doute ces 40 % qui refusent les « bénéficiaires de la CMU » ne peut faire pire. Ceux-là sont à coup sûr loin du serment d’Hippocrate ( aujourd'hui le serment de respecter le code de déontologie médical ) http://vmnsante.wordpress.com/2009/08/ , qu'ils ont dû jeter aux orties et remplacé par le serment du pognon (2). Leurs arguments sont une provocation envers les médecins encore honnêtes. Je peux vous assurer que ces médecins véreux font défiler dans leur cabinet les patients à la vitesse de la lumière et de la carte vital. Ils ne font pas carrière pour soigner les gens, mais pour se faire du fric. Ces médecins sont en grande partie responsables du déficit de la sécurité sociale.
    Un exemple : mon médecin traitant actuel me surveille tous les quatre mois pour le diabète, alors que le précédent souhaitait me voir tous les quinze jours, parfois chaque semaine. L'actuel prend au minimum quinze minutes pour l'auscultation alors que l'autre c'était à peine cinq minutes.
    Du côté des spécialistes, c'est encore pire. Savez-vous qu'ils sont en grande partie responsables de la désertification médicale (1). Complices des technocrates de la santé, ils émettent des rapports ou préconisations défavorables pour les petites structures. Comme par exemple les maternités des petites villes, qui ferment les unes après les autres, sous le prétexte de sécurité. Ces spécialistes ont la double étiquette de consultant interne des hôpitaux ainsi que leur cabinet dans les grandes villes. Ils ont transformé le service médical en hôpitaux usines.
    Ce que souhaite ce syndicat à l'égard de nos vieux est une mesure supplémentaire et discriminatoire pour s'engraisser davantage sur leur dos et celui de la Sécu.
    (1) Désertification très relative puisque l’Île de France et le sud de la Loire ne connaissent pas ou très peu cette pénurie. Là ou la densité de la population ou le climat sont  plus propices aux affaires.
    (2) La médecine est devenue une sciences sans conscience.

    Gaulois.
     


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  • Diabète et précarité

    Voir aussi mon article précédent du 4 janvier 2012 dans cette rubrique.

    Je m'insurge contre cet article.
    En effet, selon le docteur Hélène Bihan, les diabétiques seraient responsables de leur état. Ils ne se prennent pas en charge, ne se projettent pas dans l'avenir. Elle parle de prise en charge régulière, alors que la sécurité sociale a restreint le nombre de contrôles de glycémie à 200 par an.
    Avoir une alimentation équilibrée, dit-elle. Sans doute croit-elle que tous les diabétiques ont un revenu égal au sien ! Permettant de faire face à des dépenses importantes. Bien sûr elle aborde l'aspect financier, mais sait-elle que l'éducation nutritionnelle est un luxe et coûte très chère. C'est hors de portée de la majorité des diabétiques. 

    Ce n'est certes pas le sujet de l'article, mais il est flagrant de constater que l'on parle d'abord et avant tout des conséquences et non des causes du diabète. Comme les cancers et bien d'autres maladies. La communauté scientifique « Officielle » ignore volontairement les nombreuses recherches des scientifiques indépendants, ainsi que les causes « Evitables ». Comme toujours, elle reste sourde aux recherches qui ne sont pas dans le rang, qui ne répondent pas à des objectifs financiers.

    Il faut le répéter sans cesse. Tout le monde doit être malade, afin d'être soigné et contribuer au lobbie de la santé très juteux.

    J'aurai certainement l'occasion de revenir sur le sujet. 
    Gaulois.

     



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  • Une chercheuse refuse la Légion d'honneur

    La démarche de Annie Thébaud-Mony est toute à son honneur et vaut plus que mille légions d'honneur.

     Cécile Duflot va-t-elle réagir positivement ? On peut en douter car l'idéologie du travail à tout prix est très puissant. Le patronnat se fiche complètement des conditions de travail de leurs esclaves cobays.

    Gaulois.

    Publié le 4 août 2012.
    http://www.20minutes.fr/politique/981603-chercheuse-refuse-legion-honneur

    Une chercheuse, spécialiste des cancers professionnels, refuse la Légion d'honneur décernée par la ministre du Logement Cécile Duflot pour dénoncer l'"indifférence" qui touche la santé au travail et l'impunité des "crimes industriels".
    Dans une lettre adressée à la ministre, rendue publique samedi, Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche honoraire à l'Inserm, demande à la ministre d'intervenir pour "la remise en cause de l'impunité qui, jusqu'à ce jour, protège les responsables de crimes industriels".
    "Je ne fais pas ce geste contre Mme Duflot", précise à l'AFP la présidente de l'association Henri Pézerat (santé, travail, environnement) qui déplore que la crise économique occulte la santé des travailleurs et les questions environnementales.
    "Ma démarche se veut un appel à la mobilisation citoyenne, mais aussi parlementaire et gouvernementale, pour le respect des droits fondamentaux à la vie, à la santé, à la dignité", écrit-elle en accompagnement de sa lettre à la ministre datée du 31 juillet.
    "Nous
    voulons être pris au sérieux lorsque nous donnons à voir cette dégradation des conditions de travail (...), le drame des accidents du travail et maladies professionnelles, mais aussi l'accumulation des impasses environnementales, en matière d'amiante, de pesticides, de déchets nucléaires et chimiques..."
    "Cessons les vraies fausses controverses sur les faibles doses. Des politiques publiques doivent devenir le rempart à la mise en danger délibérée d'autrui, y compris en matière pénale", dit-elle dans sa lettre à Mme Duflot.
    Cette spécialiste, également porte-parole de Ban Asbestos France, évoque par ailleurs "la sous-traitance et le transfert des risques vers des populations très précarisées (maintenance, nettoyages, gestion des déchets)" .
    La chercheuse dont la carrière a été "bloquée pendant dix ans", plaide pour qu'enfin la recherche sur l'exposition aux cancérogènes au travail soit dotée des moyens financiers publics nécessaires et que les jeunes chercheurs qui s'y adonnent cessent d'être maintenus dans un statut précaire.
    Cécile Duflot a décerné le 14 juillet trente Légions d'honneur.

    Une chercheuse contre le crime industriel

    mercredi 8 août 2012 par Pièces et main d’œuvre

    « La reconnaissance que j’appelle de mes vœux serait de voir la justice française condamner les crimes industriels à la mesure de leurs conséquences, pour qu’enfin la prévention devienne réalité ». C’est en ces termes qu’Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche à l’Inserm, spécialiste de la « santé au travail », a refusé le 31 juillet 2012 la légion d’honneur proposée par la ministre Duflot. Le parti industriel et les tenants de la réindustrialisation française, les sections CGT d’Arkema, de Peugeot et du volailler Doux n’ont pas réagi.
    Nous profitons de ce geste de décence minimal – quoique exceptionnel – de la part d’une chercheuse en santé publique pour rappeler cette évidence : l’emploi tue, mais c’est en son nom que toutes les forces « progressistes », écolo-techniciennes, syndicalistes, « de gauche » réclament le « redressement productif » du pays. Quitte à se couvrir parfois d’une opportune conversion à la décroissance, sans jamais s’attaquer au tabou de l’emploi ni à la course à l’innovation – c’est-à-dire à la destruction de nos vies - que celui-ci exige.(1) Or chacun sait, grâce à Michel Destot, le maire PS-CEA de Grenoble que « à travers [l’innovation] apparaît le développement des activités économiques qui génère lui-même des emplois pour l’ensemble de nos concitoyens. Il y a là une véritable mine d’or, prenons-en conscience. » (2)
    Depuis trente ans, Annie Thébaud-Mony documente ce que nous avons résumé par la formule « Nos emplois valent plus que nos vies ». En 2007, elle écrit : « Le chômage, perçu comme principal problème social, a tendance à masquer les atteintes à la santé liées au travail. (…) En France, le travail tue, blesse et rend malade, à raison de deux morts par jour dus à des accidents, de huit morts par jour dus à l’amiante, de deux millions et demi de salariés exposés quotidiennement à des cocktails cancérigènes, de millions d’hommes et de femmes constamment poussés aux limites de ce qu’un être humain peut supporter, moralement et physiquement. » (3) Surprise : cette critique de l’emploi paraît dans le Monde diplomatique, aujourd’hui porte-parole de la gauche du parti industriel - qu’on se rappelle son récent appel en faveur des nanotechnologies, des biotechnologies et des technologies convergentes, au nom d’une « nouvelle révolution productive ». (4)
    Depuis trente ans, syndicalistes, associatifs citoyens et foules de gauche n’ont pas plus tiré de leçons que depuis un siècle, et continuent à réclamer plus d’encadrement du risque et de normes de protection des salariés. Or la notion même de risque professionnel, rappelle l’historien Jean-Baptiste Fressoz, fait partie de ces dispositifs conçus par l’industrie pour rationaliser son activité, pour incorporer et soumettre les ouvriers à sa comptabilité. « Il ne faut donc pas penser le risque professionnel comme un dispositif de régulation d’un monde auparavant libéral, mais bien au contraire, comme la solution promue par les industriels et les assureurs à la crise d’une régulation préalable beaucoup plus contraignante (…). En reconnaissant que les accidents étaient intrinsèques à la société technologique, la doctrine du risque permettait à la fois de libéraliser les formes techniques et de gouverner de manière plus efficace. (…) Plutôt que la naissance de "l’Etat-providence", le risque professionnel désigne une nouvelle forme de laisser-faire, plus efficace, car faisant l’économie de la morale ». (5)
    Bref, la notion de norme sous-entend un quota de pertes autorisé, avec calcul de leur coût.
    Cette économie a fait l’affaire des industriels aussi bien que des syndicats, qui, en « courtiers de l’assujettissement à l’économie » (6), n’ont cessé de marchander l’encadrement des nuisances, dans leur alliance avec l’industrie pour la défense d’un modèle de production toujours plus meurtrier.
    « Dans les années 1970, ce sont finalement l’analyse coût/bénéfice (on tolère un risque en fonction de l’intérêt économique des substances) et la définition de seuils qui s’imposèrent dans les instances de régulation. Les nouvelles normes internationales telles que « doses journalières admissibles » pour les aliments ou « concentration maximale autorisée » pour l’air opéraient un travestissement subtil : étant donné l’inexistence d’effet de seuil, elles consacraient de fait l’acceptation, pour des raisons économiques, d’un taux de cancer acceptable. » (7)
    Qui a accepté ? Les salariés des usines polluantes, les habitants et les élus des « territoires » bénéficiaires des retombées de ces « mines d’or », une population résignée devant le progrès-qu’on-n’arrête-pas et les impératifs de la compétition économique. Prenez Tarente, en Italie. Quand l’Ilva, énorme aciérie, s’y installe en 1960, seuls les obscurantistes adeptes du retour à la bougie regrettent le remplacement des moutons par les hauts-fourneaux. Même le Pape bénit ce complexe industriel qui fournit 40 000 emplois aux locaux. « C’était notre fleuron, évoque le maire actuel Ippazio Stefàno, mais, peu à peu, nous avons subi les désagréments de la grande industrie, l’augmentation des tumeurs et, ces dernières années, nous avons également constaté la croissance des maladies cardio-vasculaires, même chez des adultes de 45-50 ans. » (8) Surmortalité supérieure de 10 à 15 % à la moyenne nationale, malformations, maladies respiratoires, interdiction de consommer la viande locale et pour les enfants de jouer dehors : la dioxine règne à Tarente, et il aura fallu 52 ans de crime industriel pour que la justice mette sous séquestre une partie de l’usine, le 26 juillet 2012. Nos emplois valent plus que nos vies.
    Annie Thébaud-Mony : « Au terme de trente ans d’activité, il me faut constater que les conditions de travail ne cessent de se dégrader, que la prise de conscience du désastre sanitaire de l’amiante n’a pas conduit à une stratégie de lutte contre l’épidémie des cancers professionnels et environnementaux ».
    Nous perdons depuis trente ans, faute de nommer les maux qui nous affligent. Ceux qui ne font que leur boulot font un sale boulot, et les crimes industriels sont aussi commis par ceux-là. On ne se lamentera pas sur la fermeture de PSA et du groupe Doux. Brisons les machines à produire le cancer.
    Lire aussi : Le cancer de l’industrie – Syndicalisme et chimiothérapie, Pièces et main d’œuvre, mai 2012
    NOTES
     1 Cf Sous le soleil de l’innovation, rien que du nouveau !, Pièces et main d’œuvre, mai 2012
     2 In L’espace alpin et la modernité, bilan et perspectives au tournant du siècle, sous la direction de Daniel J. Grange, PUG 2002
     3 Le travail, lieu de violence et de mort, Le Monde diplomatique, juillet 2007
     4 Industrie, le socle de la puissance, Le Monde diplomatique, mars 2012
     5 Jean-Baptiste Fressoz, L’Apocalypse joyeuse, une histoire du risque technologique (le Seuil, 2012)
     6 Encyclopédie des Nuisances, Adresse à tous ceux qui ne veulent pas gérer les nuisances mais les supprimer, 1990
     7 Jean-Baptiste Fressoz, op. cité
     8 La Libre Belgique, 4/08/12
    Pour télécharger ce texte, ainsi que le courrier adressé par A. Thébaud-Mony à Cécile Duflot, cliquer sur les icônes ci-dessous.

    La lettre à Cécile Duflot :


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  • Bilan de santé

    J'aime bien ce billet. Même si c'est sommaire, il pose assez bien les problèmes de la santé en France.

    Je ne voudrais pas être mauvaise langue, mais il est de loin bien plus facile de trouver un policier q'un médecin ou assimilé. D'ailleurs, l'avez-vous remarqué ? Il y a de plus en plus de flics et de moins en moins de médecins. Inutile de les chercher, ils sont concentrés sur la région parisienne et le sud de la France, au soleil.

    Question de choix personnel, m'a rétorqué un jour en 1991 un lieutenant de gendarmerie, à l'occasion d'une manifestation de défense d'une maternité en voie de fermeture.....

    Gaulois avait la mauvaise idée d'avoir une rage de dents il y a 3 ans pendant le week-end des Rameaux. Mal lui en pris, c'est le cas de le dire. La plupart des dentistes étaient en congé. Deux ont répondus que n'étant pas suivi par eux, ils ne pouvaient pas .... !

    Enfin Gaulois trouve un dentiste qui accepte de le prendre à son cabinet. Mais après l'examen de la dent en cause, il faut l'arracher. Ce que le dentiste stagiaire, en remplacement du dentiste attitré, tente en vain. La mâchoire en compote, Gaulois se précipite chez son médecin traitant qui, après avoir encaissé la ultra-courte consultation, prend contact avec la clinique dentaire au Mans. Ouf, la dent sera enfin arrachée.

    La rage de dent a commencé le vendredi du week-end des rameaux et la dent arrachée en milieu de semaine qui suivait Pâcques ! Entre temps, deux consultations complètement inutiles aux urgences de l'hôpital local, sans même indiquer un cabinet dentaire. Une consultation chez le dentiste stagiaire ainsi que le médecin traitant et enfin la note de la clinique dentaire. Sans parler des déplacements estimés au total à 300 km.

    Vous croyez que Gaulois a une dent contre les dentistes ? !

    Gaulois.     

       


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  • Hold up sur la santé

    Je vous conseille de visionner cette vidéo qui, si vous l'ignorez encore, vous éclairera sur le hold up de notre santé par l'Union Européene.

     

    http://institut-protection-sante-naturelle.eu/video/Petition1204/Petition1205.html?utm_source=Newsletter&utm_medium=emailing&utm_campaign=petition_12/05

     

    http://institut-protection-sante-naturelle.eu/

    Heureux celles et ceux qui ne sont jamais malades. Pour les autres, ils deviennent dépendants " Prisonniers "  du système.  

    Gaulois.

     


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