• La légende Fukushima

    Une tribune dont le titre est évocateur sur la politique du secret, du mensonge et du déni orchestré par la pieuvre nucléocrate. Il faut croire que cette secte est d'une puissance qui peut faire peur. La levée de boucliers contre le nucléaire n'a jamais été aussi forte et pourtant la propagande pro-nucléaire continue, telle un rouleau compresseur. Seule, une mobilisation mondiale de grande envergure peut arrêter ce raz de marré.
    Encore une fois, rappelons-nous toujours cette déclaration immonde du rapport de l'OMS n° 151 de 1958, ( bas de page 50 ) http://whqlibdoc.who.int/trs/WHO_TRS_151_fre.pdf

    "Cependant, du point de vue de la santé mentale, la solution la plus satisfaisante pour l'avenir des utilisations pacifiques de l'énergie atomique serait de voir monter une nouvelle génération qui aurait appris à s'accommoder de l'ignorance et de l'incertitude et qui, pour citer Joseph Addison, le poète anglais du XVIIIe siècle, saurait “chevaucher l'ouragan et diriger la tempête”
     
    Gaulois.
     

    TRIBUNE 

    23 septembre 2014
    http://www.liberation.fr/terre/2014/09/23/la-legende-fukushima_1106968

    Dans les débats énergétiques et face au changement climatique, l’industrie du nucléaire semble encore promouvoir la sécurité de ses services, après des désastres humains comme ceux de Tchernobyl ou de Fukushima, qui auraient dû suffire à mettre en évidence le coût humain inacceptable du nucléaire et à envisager des changements radicaux, comme ce fut le cas dans certains pays européens.
    Dans ce contexte, la légende du «zéro mort», complaisamment entretenue par certains scientifiques, joue un rôle stratégique à chaque catastrophe, et on l’entend à propos de Fukushima désormais ; alors même que les autorités et les citoyens des pays concernés doivent faire face à une recrudescence de la mortalité de la population.
    Trois ans et demi après l’accident de Fukushima, le nombre de décès relatifs à l’explosion de la centrale nucléaire Tepco Daiichi de Fukushima ne cesse de s’accroître. Selon le journal Tokyo Shimbun, plus de 1 100 décès sont comptabilisés au 11 septembre. La population vieillissante, relogée dans des logements «provisoires», a été la première touchée. Le droit au refuge ne leur ayant pas été accordé, en dépit des recommandations faites par le rapporteur aux droits de l’homme de l’ONU, Anand Grover, suite à sa mission au Japon fin 2012, aucun accompagnement financier ne permet à ces habitants le relogement. Leurs conditions sanitaires se dégradent au fur et à mesure du temps qui passe, alors que d’autres décident de partir à leurs frais devant l’instabilité environnementale insupportable au quotidien. La chute dans une spirale de paupérisation touche une partie d’entre eux, livrée à la dépression et à l’alcoolisme. Les villes de Namie (333 décès), Tomioka (250 décès), Futaba (113 décès) et Okuma (106 décès), adjacentes à la centrale dont les fuites d’eau contaminée sont toujours hors de contrôle, comptent au total 802 décès, identifiés officiellement comme conséquents de l’explosion de la centrale (55 ont été enregistrés dans les six derniers mois). Le journal Fukushima Minpo tirait la sonnette d’alarme le 21 juin en rapportant les propos du ministère de l’Intérieur sur le nombre de suicides en recrudescence. La multiplication du nombre des cancers de la thyroïde doit également être prise en compte dans le bilan des conséquences sanitaires de l’explosion. Selon la commission d’enquête du département de Fukushima, 104 enfants de moins de 18 ans, parmi les 300 000 composants l’échantillon, ont été diagnostiqués comme atteints d’un cancer de la thyroïde. Les voix d’épidémiologues, à l’intérieur comme à l’extérieur du Japon, se lèvent pour contrer la position des experts de la commission départementale de Fukushima, selon laquelle ces cancers ne seraient pas conséquents de l’explosion. Ceux-ci «justifient» l’augmentation du nombre de cas par le perfectionnement des outils radiologiques actuels.
    Dans la même logique d’une tentative de réconfort moral des habitants, et la double perspective de la réouverture de la zone d’évacuation afin d’y reloger la population au plus vite, et du redémarrage programmé de deux centrales en 2014, le ministère de l’Environnement soutient, dans un rapport du 17 août, qu’en-deçà de 100 msv/an, il n’y aurait aucune conséquence sur la santé.
    Le professeur Tsuda Toshihide, de l’université d’Okayama, spécialisé en épidémiologie, a remis en cause publiquement, l’enquête de l’université médicale de Fukushima, en affirmant d’une part que le rapport de l’OMS de 2013 notifie une augmentation présente et à venir du nombre de cancer à Fukushima, d’autre part que la position du gouvernement japonais niant les conséquences sanitaires en-deçà de 100 msv est une aberration scientifique. Le professeur Keith Baverstock, épidémiologue, ancien membre de l’OMS, dans une lettre ouverte au Comité scientifique de l’ONU sur les conséquences des émissions radioactives (UNSCEAR) s’en prend, quant à lui, au rapport 2013 de l’UNSCEAR en précisant que ce document n’est paru que trois ans après l’enquête sur laquelle il est basé en raison des conflits entre les membres qui composent la commission. L’un d’eux, le docteur Wolfgang Weiss, s’est opposé à sa publication, qui conclut à la négation de tout accroissement du nombre de cancers en rapport avec l’explosion. Néanmoins, ce rapport ne nie pas le fait que l’accident n’est en rien terminé, puisque, selon les déclarations même de Tepco (mai), la radioactivité s’échappe toujours de la centrale dans l’océan Pacifique et dans l’air.
    Devant les doutes émis par les experts sur les rapports officiels, d’autres, qui émanent néanmoins des mêmes organisations (OMS, IAEA, ICRP) tranchent lors du 3e Symposium des experts internationaux à Fukushima, organisé par la fondation Sasakawa et l’université Médicale de Fukushima les 8 et 9 septembre. Le titre annonçait le dépassement des querelles épidémiologiques pour, enfin, atteindre les sommets prometteurs de la résilience et de la reconstruction. Pour Abel Julio González qui, tout en étant membre de l’UNSCEAR, occupe la fonction de membre de la commission sur les normes sécuritaires de l’IAEA, tout est une question de communication et il s’agit d’abord de calmer les inquiétudes «irraisonnées» des populations dues, selon lui, au terme «contamination» qui, référant à la pathologie, fait peser sur l’irradiation une image négative. Idée reprise par Emilie van Deventer (OMS) qui propose l’intégration de workshops sur l’irradiation et ses bénéfices comparables à ceux du soleil, dans la formation des enfants d’écoles primaires. «Quoi qu’il en soit, conclut-elle, nous devons gagner le pari du coût bénéfice.»
    Ces experts, si assurés de la valeur de leurs postulats psychologiques sur les peurs de l’opinion et les moyens de les manipuler, ne devraient-ils pas plutôt s’intéresser aux données et à l’évidence des conséquences en terme de santé publique que ce bref état des lieux nous a permis de montrer ?
    Cécile ASANUMA-BRICE Chercheure associée au centre de recherche de la Maison franco-japonaise de Tokyo



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  • Fukushima : le témoignage inédit de l'homme qui a évité le pire

    De ce témoignage, il faut retenir au moins deux choses, intimement liées. La secte nucléocrate joue aux apprentis sorciers. Normal si c'est une secte.

    La technologie nucléaire, sous toutes ses formes est trop instable et dangereuse pour être exploitée,  Aucun physicien honnête et indépendant soutiendra le contraire.

    Au fait vous en connaissez beaucoup des physiciens indépendants qui peuvent librement s'exprimer ?

    Gaulois.

    http://www.liberation.fr/monde/2014/09/11/fukushima-un-temoignage-inedit-de-l-homme-qui-a-evite-le-pire_1098374

    11 septembre 2014

    RÉCIT
    Dans une audition qui ne fait surface qu'aujourd'hui, le directeur de la centrale en mars 2011 met en cause la gestion de la crise par le gouvernement et Tepco, l'opérateur.
    C’est un témoignage de première main qui a valeur de document historique. Il émane de celui qui a évité le pire à la centrale de Fukushima Daiichi après le séisme et le tsunami du 11 mars 2011. Masao Yoshida était aux manettes du site quand la catastrophe naturelle a viré à l’accident nucléaire planétaire. Trois ans et demi jour pour jour après le 11 mars, le gouvernement japonais a publié ce jeudi les auditions de 19 des protagonistes de la crise de l’accident, dont celle du directeur de la centrale, reprises par la presse japonaise.
    Décédé d’un cancer l’année dernière, Masao Yoshida avait passé près d’une trentaine d’heures entre juillet et novembre 2011 à raconter cette crise à un groupe d’enquêteurs gouvernementaux. Ces auditions ne devaient pas être publiées, mais deux journaux, dont l’Asahi Shimbun en août, avaient publié de larges extraits. Sous la pression des médias, le gouvernement japonais a finalement décidé de rendre public ce document unique sur la plus grave crise nucléaire depuis Tchernobyl en 1986. Quitte à contredire les dernières volontés du patron de Fukushima qui ne souhaitait pas que ses propos soient publiés.
    Au cours de ses longues interviews, Masao Yoshida revient longuement sur le début de la crise, les actions et les errements des techniciens, le travail dans l’extrême urgence et la peur, en plein «désespoir» et avec le pressentiment du «désastre» à venir. «Si la situation était devenue vraiment horrible et qu’il ait fallu fuir, j’aurais laissé le minimum de personnes indispensables. Moi, j’avais l’intention de rester», a-t-il raconté aux enquêteurs. Comme le rappelle le Japan Times, Yoshida a demandé aux ouvriers non indispensables des entreprises travaillant avec Tepco de «rentrer chez eux». Mais il dément tout projet d’abandon du site suspecté un temps par le Premier ministre Naoto Kan qui manquait d’informations en provenance de Tepco. «Le siège (de Tepco) et le bureau du Premier ministre ont eu des discussions absurdes (sur un retrait), mais (les travailleurs) ont-ils fui? Non.»
    Son témoignage détaille les opérations pour tenter de reprendre le contrôle du site ravagé par les vagues, les secousses, les explosions en série et menacé par trois cœurs de réacteurs en fusion. «Quand a explosé le bâtiment du réacteur 3, nous n’avions sur le coup plus de nouvelles de 40 personnes. A cet instant, je me suis dit que s’il leur était arrivé quelque chose, je me trancherais le ventre sur place. Heureusement, personne n’est mort: c’était une chance dans le malheur, sans doute grâce à Dieu.»
    Le site du Yomiuri Shimbun cite Yoshida évoquant les doutes sur l’action des générateurs diesel emportés par les flots, précisant les opérations pour ventiler les bâtiments, etc. Incohérences, retard, contre-ordres, il éclaire également le climat de tension et d’incompréhension entre le siège de Tepco qui gère la centrale, à Tokyo, et le bureau du Premier ministre, Naoto Kan: «Pourquoi est-ce que j’étais obligé de parler directement avec le gouvernement, qu’est-ce que faisait le siège (Tepco), et l’autorité ? J’ai toujours trouvé ça insensé.» Les médias japonais et l’AFP reviennent sur l’action décisive du patron de la centrale qui a continué de refroidir les réacteurs avec de l’eau de mer, désobéissant au Premier ministre et contredisant – heureusement — les ordres de Tepco. «J’ai indiqué au groupe de gestion de crise sur le site : "Je vais dire (au siège à Tokyo) que l’injection d’eau de mer sera suspendue, mais il ne faut en aucun cas l’arrêter." Puis, j’ai dit au siège que l’injection avait été stoppée.»
    Par ailleurs, Yoshida a alerté les autorités sur le problème de l’eau à Fukushima. «J’ai prévenu dès le mois de mars 2011 que si l’on ne s’occupait pas correctement du traitement urgent de l’eau, on aurait du mal à stabiliser la situation.» Trois ans et demi plus tard, le problème reste entier. Et la centrale reste dans un état très précaire.
    Arnaud VAULERIN Correspondant à Kyoto


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  • Les enfants de Fukushima sont gravement malades

    Comme toujours, La toute puissante secte nucléaire nie les faits terrifiants. Ce qui est insupportable, c'est qu'elle agit - directement ou indirectement - avec l'aval du conseil de sécurité de l'ONU, par l'entremise de l'AIEA ( Agence Internationale à l’Energie Atomique ).

    Combien d'années faudra-t-il avant que cette organisation criminelle ( l'AIEA ) soit définitivement dissoute et avec elle disparaisse la technologie du nucléaire ?

    Combien faudra-t-il encore de victimes du nucléaire - tant civil que militaire - avant que les puissants de ce monde entendent enfin le Requiem pour les millions de morts ?

    Gaulois.

     

    le 6/07/14

    Traduit de l'anglais

    La situation au Japon est catastrophique, la situation réelle au niveau de la contamination restant un sujet tabou. Entre les fuites d’eau et la situation en sous-sol, la situation est depuis de longs mois complètement incontrôlable et les conséquences n’en seront que tragiques, au niveau planétaire. En regardant du côté de Tchernobyl qui ne concernait qu’un seul réacteur à l’uranium, on peut voir que les terres sont toujours contaminées et inhabitables sur une grande superficie, le Japon avec trois réacteurs chargés au plutonium ne peut pas échapper à la règle, et les conséquences n’en seront que funestes car au niveau évacuations, elles sont restées très limitées géographiquement…. Et toujours ce silence autours du sujet…

    Le nucléaire à un point commun avec les guerres, les premières victimes sont généralement celles qui n’ont rien demandé, les enfants….

    Plus de 48 % des 375.000 jeunes – presque 200.000 enfants – testés par l’Université de Médecine de Fukushima vivant à proximité des réacteurs souffrent aujourd’hui d’anomalies pré-cancéreuses de la thyroïde, principalement de nodules et de kystesQuelque 39 mois après les multiples explosions à Fukushima, le taux de cancers de la thyroïde chez les enfants des environs sont montés en flèche, dépassant de 40 fois la normale.

    Plus de 48 % des 375.000 jeunes – presque 200.000 enfants – testés par l’Université de Médecine de Fukushima, vivant à proximité des réacteurs souffrent aujourd’hui d’anomalies pré-cancéreuses de la thyroïde, principalement de nodules et de kystes. Le taux est en voie d’accélération.

    Plus de 120 cancers infantiles ont été relevés quand on ne s’attend qu’à trois seulement, déclare Joseph Mangano, directeur exécutif du Projet Radiation et Santé Publique. L’industrie nucléaire et ses chantres continuent de nier cette tragédie sanitaire.

    Certains ont en fait affirmé que « pas une seule personne » n’a été affectée par la libération massive des radiations de Fukushima, qui, pour certains isotopes, a dépassé de presque 30 fois celle d’Hiroshima. Mais l’épidémie mortelle de Fukushima concorde avec les impacts subis par les enfants après l’accident de Three Mile Island en 1979 et l’explosion de Tchernobyl en 1986, de même qu’avec les conclusions rapportées pour d’autres réacteurs commerciaux. La probabilité que l’énergie atomique puisse causer de telles épidémies a été confirmée par la Commission Canadienne de Sécurité Nucléaire, qui dit qu’une « augmentation du risque de cancers infantiles de la thyroïde » accompagnerait une catastrophe nucléaire.

    Dans l’évaluation des perspectives de la construction d’un nouveau réacteur au Canada, la Commission dit que le taux « augmenterait de 0,3 % à une distance de 12 kilomètres de l’accident. Mais cela suppose la distribution de comprimés d’iodure de potassium et une évacuation d’urgence, ce qui ne s’est produit ni à Three Mile Island, ni à Tchernobyl, ni à Fukushima. Les chiffres ont été analysés par Mangano. Il a étudié les impacts des radiations créées par des réacteurs sur la santé humaine depuis les années 80, démarrant son travail avec un radiologue légendaire, le Dr Ernest Sternglass et le statisticien Jay Gould. Mangano confirme que la santé globale au sein de populations sous le vent (des réacteurs) s’améliore quand on ferme les réacteurs et décline quand ils sont ouverts ou ré-ouverts. Les enfants à proximité ne sont pas les seules victimes de Fukushima. L’un des responsables de la centrale, Masao Yoshida est mort à 58 ans d’un cancer de l’œsophage. Masao a héroïquement refusé d’abandonner Fukushima au pire moment de la crise, sauvant probablement des millions de vies.

    Les ouvriers du site employés par des entrepreneurs indépendants – dont de nombreux sont dominés par des syndicats du crime – sont souvent laissés sans aucune surveillance pour l’exposition aux radiations. La colère du public augmente avec les plans du gouvernement pour obliger les familles – dont certaines avec de nombreux enfants – à retourner dans la région lourdement contaminée autour de la centrale. Suite à l’accident de 1979, les propriétaires de Three Mile Island ont nié que le réacteur avait fondu. Mais une caméra robot l’a confirmé ensuite. L’état de Pennsylvanie a mystérieusement fait disparaître la liste d’enregistrement des cancers, puis a dit qu’il n’y avait « aucune preuve » d’un quelconque décès.

    Mais un large éventail d’études indépendantes confirme les taux en élévation de mort d’enfants et d’un excès de cancers parmi la population générale. Morts en excès, mutation et taux de maladies parmi les animaux du secteur ont été confirmés par le Département d’Agriculture de Pennsylvanie et les journalistes locaux. Dans les années 80, un juge fédéral, Sylvia Rambo, a bloqué un recours collectif de quelques 2400 habitants de Pennsylvanie sous le vent, déclarant qu’il n’y avait pas eu suffisamment de radiations libérées pour affecter quiconque. Mais 35 ans après, personne ne sait la quantité de radiations qui s’est échappée ou sa direction. Les propriétaires de Three Mile Island ont tranquillement payé des millions de dollars aux victimes sous le vent en échange de leur silence.

    À Tchernobyl, le rassemblement de 5000 études a montré un nombre supérieur à 1 million de décès. Les effets des radiations sur les jeunes sous le vent en Biélorussie et en Ukraine ont été horribles. Selon Mangano, 80 % des « enfants de Tchernobyl » nés sous le vent depuis l’accident ont été affectés par un large éventail d’impacts allant de malformations et de cancers de la thyroïde à des maladies à long terme du cœur, du système respiratoire et mentales. Les résultats signifient que seul un jeune sous le vent sur cinq peut être reconnu en bonne santé. Les Médecins pour la Responsabilité Sociale et la branche allemande des Médecins Internationaux pour la Prévention des Guerres Nucléaires ont averti de problèmes parallèles près de Fukushima. Le Comité Scientifique des Nations-Unies sur les effets des radiations atomiques (UNSCEAR) a récemment publié des rapports qui minimisent les impacts des catastrophes sur les humains.

    L’UNSCEAR est intimement lié à l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique, dont le mandat est de promouvoir l’énergie nucléaire. L’AIEA (Agence Internationale de l’Énergie Atomique) a depuis toujours l’ordre de contrôler en les bâillonnant les conclusions des Nations-Unies sur les impacts sanitaires des réacteurs.

    Source : Eco Watch (Harvey Wassermann) http://ecowatch.com/2014/06/14/fukushima-children-dying/

     


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  • Crise sanitaire à Fukushima

    Les promoteurs de la secte nucléaire peuvent toujours freiner les informations. La vérité sur les conséquences de telles catastrophes sortira de toute façon. Même si hélas il est trop tard pour les innombrables victimes que personne n'est en mesure de chiffrer avec précision. Nous savons pourquoi.

    Si l'énergie nucléaire est en déclin, nous ne sommes pas à l'abri d'une nouvelle catastrophe majeure dans l'attente de son abandon total. 

    Gaulois.

     

    http://www.netoyens.info/index.php/contrib/03/08/2014/Crise-sanitaire-a-Fukushima

     

    Véronique Gallais - 3 août 2014

    Pourquoi il faut de nouvelles recherches maintenant Article de Joseph Mangano et Janette Sherman, publié sur www.counterpunch.org, édition du week-end 01-03/08/2014, traduit de l’anglais (V. Gallais) Article original (en anglais) :  http://www.counterpunch.org/2014/08/01/the-fukushima-health-crisis/

    Plus de trois ans après le désastre nucléaire de Fukushima, pratiquement aucune enquête sanitaire n’a été menée ou publiée à propos des conséquences pour les Japonais. Un rapport des Nations Unies paru en avril dernier tentait essentiellement de faire l’impasse sur ce problème, estimant « improbables » des conséquences sanitaires de la catastrophe. En fait, le comité des Nations Unies a fait une estimation très large de la pire catastrophe nucléaire de l’histoire (ou la pire depuis Tchernobyl), avant même que des études scientifiques soient réalisées. Pourtant une enquête conduite localement sonne l’alarme. L’Université médicale de Fukushima a trouvé que 46% des enfants de la région présentaient des nodules ou kystes précancéreux et un cancer de la thyroïde a déjà été diagnostiqué chez 130 d’entre eux, au lieu de 3 attendus (selon les probabilités habituelles). De façon incroyable, l’Université détourne la science en assurant que les fusions de cœurs de réacteurs ne sont pour rien dans ces chiffres élevés. Mais les enquêtes japonaises devraient aller bien plus loin que le dépistage de symptômes thyroïdiens. Et le Japon n’est pas la seule région où il faudrait enquêter puisque les retombées radioactives se sont répandues au-dessus de tout l’hémisphère Nord. En 2011, nous avons estimé que 13 983 morts supplémentaires avaient eu lieu pendant les 14 semaines après l’accident à Fukushima, alors que les niveaux des retombées étaient les plus élevés – à peu près du même ordre qu’après Tchernobyl en 1986. Nous avons travaillé sur la base d’une seule statistique disponible à cette époque et mis en garde de ne pas en conclure que les retombées radioactives étaient responsables de la totalité de ces morts supplémentaires. Des chiffres finaux sont sortis cette semaine. Le différentiel de mortalité entre 2010 et 2011 pendant les quatre mois après l’accident est de +2.63%, contre +1.54% pour le reste de l’année. La différence correspond à 9 158 morts ; elle est donc inférieure aux 13 983 que nous avions estimées mais c’est tout de même un pic non négligeable. Encore une fois, il n’est pas question ici de conclure que seul l’accident de Fukushima est responsable de ces morts mais certaines données interpellent. Par exemple, les plus importants différentiels concernent les cinq Etats de la côte ouest (Océan Pacifique), qui ont reçu les plus fortes retombées de Fukushima aux Etats unis, ainsi que les cinq Etats voisins (Arizona, Idaho, Montana, Nevada et Utah) qui ont également reçu des retombées importantes, quoique dans une moindre mesure que le premier groupe. L’accroissement de la mortalité au printemps 2011 a touché pour l’essentiel des personnes âgées de plus de 80 ans. Un grand nombre de ces personnes avaient une santé fragile ; l’exposition accrue aux radiations pourrait avoir avancé la date de leur mort. Les radiations de Fukushima sont similaires à celles de bombes atomiques, rejetant plus de 100 substances chimiques non présentes dans la nature. Les radionucléides penètrent dans l’organisme à travers les précipitations qui aboutissent dans la chaîne alimentaire. Une fois dans l’organisme, ces particules endommagent ou détruisent des cellules, entraînant des maladies ou la mort. Des responsables de santé publique, auparavant sceptiques, admettent maintenant que les radiations, même à très faibles doses, peuvent être dommageables. Par exemple, des études ont montré que des rayons X passés sur l’abdomen de femmes enceintes augmentent le risque de cancer mortel pour l’enfant, ce qui a conduit à abandonner ces pratiques ; les retombées des essais atomiques au-dessus du Nevada ont entraîné jusqu’à 212 000 cancers chez les Américains ; les travailleurs du nucléaire sont exposés à des risques élevés pour un grand nombre de cancers. Aussi, plutôt que de tirer des conclusions non étayées par des enquêtes scientifiques comme le fait le comité des Nations Unies, il faut conduire des recherches médicales sur l’évolution des taux de morbidité et de mortalité au Japon. Des enquêtes similaires devraient être menées également dans des pays comme la Corée, la Chine, l’est de la Russie et les Etats Unis. Ne pas connaître les conséquences sanitaires de Fukushima ne fait qu’augmenter le risque de voir de nouveau un tel désastre se produire à l’avenir. Joseph Mangano est Directeur exécutif du Projet Radioactivité et Santé Publique.  Janette D. Sherman MD est interne et toxicologue, et rédacteur de l’ouvrage Chernobyl: Consequences of the Catastrophe for People and the Environment (Tchernobyl : Conséquences de la catastrophe pour la population et l’environnement).


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  • Critique d'un rapport des Nations Unies

    Ce document est à lire absolument.

    L'Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW) critique à juste titre ce rapport de L'UNSCEAR ( Nations Unies )

    Souvent, lorsque le sujet des conséquences de l'irradiation nucléaire est abordée avec le public, en particulier sur l'avenir des générations futures et nos enfants, il est courant de s'entendre dire :

    " Nos enfants ? Et bien ils feront comme nous, ils se démerderont ! "

    Qui dit mieux !!

    Gaulois.

     

     


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  • Dans les villes mortes autour de Fukushima

    Ou l'histoire se répète.

    Comme à Tchernobyl, La zone de Fukushima devient une terre de désolation sur laquelle il sera dangereux d'y vivre pour longtemps. Il ne fait aucun doute qu'une grande partie du Japon subira les conséquences de cette catastrophe. Les maladies provoquées par la contamination radioactive va s'étaler sur des décennies, voir des siècles. Les malformations, les atteintes au génome humain, comme d'ailleurs la faune et la flore s'éterniseront. Bien que le nucléaire soit dans une phase de déclin, les dangers de graves catastrophes subsistent un peu partout dans le monde. Faire la promotion du nucléaire est un crime, un génocide. N'ayons pas peur des mots ;un holocauste programmé.

     http://www.ecolo.be/?Forum-nucleaire-campagne-de

     Ceux qui organisent ce forum devraient être traduits en justice. Vous avez dit justice ?

    Gaulois.

    LE MONDE | 10.03.2014 Par Philippe Pons (Préfecture de Fukushima, envoyé spécial)

     http://www.lemonde.fr/japon/article/2014/03/10/dans-les-villes-mortes-autour-de-fukushima_4380447_1492975.html

     Arrêt de bus abandonné dans la ville de Tomioka, à 10 km au sud-est de la centrale de Fukushima Daiichi

    Dans le ciel, les corbeaux planent. Des papiers tourbillonnent dans le vent. Le silence pesant des rues sans vie est rompu par une porte qui claque ou des tôles ondulées qui grincent… Depuis trois ans, Tomioka est une ville morte. Cette commune de 16 000 habitants du nord-est du Japon avait résisté au puissant séisme du 11 mars 2011, et au tsunami qui l'avait suivi. Mais quelques jours après le tremblement de terre, la population a fui : l'océan avait envahi la centrale de Fukushima Daiichi, située à une quinzaine de kilomètres, provoquant la catastrophe nucléaire la plus importante depuis Tchernobyl (1986). Les habitants ne sont jamais revenus. Dans la rue principale, on tombe sur une quincaillerie ouverte. Devant la devanture, balais, râteaux et tuyaux d'arrosage ont été sortis pour attirer le client, comme si de rien n'était. Chaque jour, le patron de 67 ans est là. Il ouvre son coffre-fort d'un autre âge et fait l'inventaire. Lorsqu'il a fini, il recommence. L'homme vit dans un logement provisoire à Iwaki, à une trentaine de kilomètres. « Je n'ai rien d'autre à faire », dit-il. ICI, RIEN N'A CHANGÉ DEPUIS TROIS ANS A l'autre bout de la Nationale 6, qui passe devant l'entrée de la centrale accidentée, une autre petite ville, Okuma (11 500 habitants), est interdite d'accès en raison d'un taux de radioactivité élevé. Avant l'accident, la mairie avait élevé un portique à la gloire de Tepco, l'opérateur de la centrale. Okuma est doublement condamnée : ses habitants n'y retourneront pas et elle accueillera les déchets irradiés. En d'autres termes, elle est sacrifiée à jamais. Au nord de la centrale, à Namie (20 000 personnes), interdite sauf à ses habitants, qui n'ont cependant pas le droit d'y dormir, ce sont les mêmes images de désolation. La zone a été balayée par le tsunami. Alors qu'ailleurs, les gravats ont été déblayés, ici, rien n'a changé depuis trois ans : maisons effondrées, carcasses de voitures défoncées et chalutiers échoués dans les rizières envahies d'herbes géantes. Par endroits, un petit autel bouddhique a été élevé avec de menues offrandes. La centrale est à sept kilomètres. Dans la rue commerçante épargnée par la vague géante, l'entrepôt du distributeur de journaux est rempli des piles ficelées d'exemplaires du quotidien daté du 12 mars 2011, jamais distribués. A la « une », une photo du désastre. 154 000 SINISTRÉS DANS DES LOGEMENTS PROVISOIRES « Les sinistrés sont tombés dans l'oubli, dit un restaurateur de Minamisoma (70 000 habitants), un peu plus au nord. On n'a rien à léguer à nos enfants : le terrain ne vaut plus un sou. Les jeunes partent. Une ville sans les cris des gamins, ce n'est plus une ville. » Les deux tiers des 154 000 sinistrés (soit 8 % de la population de la préfecture de Fukushima) vivent toujours dans des logements provisoires. Selon une enquête de décembre 2013, deux tiers d'entre eux ne pensent pas rentrer. Quelque 30 000 personnes pourraient pourtant être autorisées à regagner leurs logements dans la zone irradiée dans les deux années à venir.

    Zonage des territoires évacués en date du 7 août 2013

    Sur les 130 kilomètres qui séparent Minamisoma, au nord de la préfecture de Fukushima, et Hirono, au sud, s'égrènent bourgs et hameaux désormais sans vie. Les rizières jaunissent. Les serres ne sont plus que de squelettiques charpentes métalliques dont les bâches en lambeaux flottent au vent. Les chemins des fermes abandonnées sont parsemés de kakis pourris. Impossible de les manger : ils contiennent une forte dose de césium. Depuis avril 2013, la géographie de la contamination est en « peau de léopard » : zones rouges totalement interdites, zones vertes où l'on peut se rendre sans y dormir et zones orange, en voie de décontamination. En plein milieu d'une zone dite sans danger, on tombe soudain sur des portions de territoire interdites d'accès car hautement contaminées. « LES RATS ET LES SERPENTS SE SONT MULTIPLIÉS » Lire aussi : Fukushima : « Des victimes condamnées à vivre un désastre illimité » Dans tous les villages, les habitants s'inquiètent. « Les hirondelles et les moineaux ont disparu, il n'y a plus de grenouilles, des arbres meurent sans que l'on sache pourquoi », dit un ancien fonctionnaire de la mairie d'Iitate (6 000 habitants), à 100 km au nord-est de la centrale. Responsable d'une équipe de décontamination, il préfère garder l'anonymat. « Les rats et les serpents se sont multipliés. On voit davantage de faucons. Dans les maisons moisies, qui ont souvent été cambriolées, on ne peut plus vivre. Ici, il n'y a plus d'avenir. » Les sangliers, qui se sont souvent accouplés à des cochons abandonnés dans l'exode, ravagent les campagnes, poursuit-il. Se nourrissant de tout ce qu'ils trouvent, ils sont hautement contaminés. « LA NATURE, AUJOURD'HUI, IL FAUT S'EN MÉFIER » « Dans notre région, on n'avait que la nature, dit Mika Nemoto, une jeune femme du bourg de Miyakoji, dans la petite ville de Tamura (40 000 habitants). Mais on ne peut plus la toucher : on ne peut plus manger ses produits, boire son eau ; nos enfants ne peuvent plus jouer dans la montagne et doivent se balader avec un dosimètre autour du cou. La nature, c'était une amie. Aujourd'hui, il faut s'en méfier. » Certains paysans retournent inlassablement la terre, espérant en extirper le mal. Les éleveurs, dans une région réputée pour sa viande bovine, ont jeté l'éponge : à Kawauchi (2 800 habitants, dont la moitié est revenue), quatre-vingts familles pratiquaient l'élevage. Il n'en reste plus que sept. Lorsque la région de Namie fut interdite d'accès, un éleveur a ignoré les injonctions des autorités d'abattre le bétail, venant en cachette le nourrir. Masami Yoshizawa a été arrêté plusieurs fois, mais il a continué. Dans son pré paissent une cinquantaine de bovins, nourris avec du fourrage provenant d'autres régions. Sur une citerne, quelques mots ont été tracés rageusement en rouge : « Il faut sauver la vie ». Philippe Pons (Préfecture de Fukushima, envoyé spécial)

     

    REPORTERS WITHOUT BORDERS / REPORTERS SANS FRONTIERES
    PRESS RELEASE / COMMUNIQUÉ DE PRESSE

    Reporters sans frontières dénonce la censure

    03.11.2014

    ENG : http://en.rsf.org/japan-nuclear-lobby-still-gagging-11-03-2014,45980.html

    FRA : http://fr.rsf.org/japon-trois-ans-apres-la-catastrophe-le-11-03-2014,45979.html

    JAPAN

    Nuclear lobby still gagging independent coverage three years after disaster

    Reporters Without Borders deplores the climate of censorship and self-censorship that continues to prevail in discussion of nuclear energy in Japan three years after the disaster at the Fukushima Daiichi nuclear power plant, 250 km north of Tokyo.

    In particular, Reporters Without Borders condemns the treatment of independent journalists and bloggers who are critical of the government and the nuclear energy lobby, dubbed the “nuclear village” by its detractors.

    The latest example is a “criminal contempt” complaint against freelance journalist and blogger Mari Takenouchi for a tweet about a project by an NGO called Ethos for encouraging the population to keep living in areas contaminated with radioactivity, which she described as “human experiments.”

    “The complaint brought against Mari Takenouchi is yet another example of the way groups linked to the nuclear energy lobby are trying to gag opposing views,” said Benjamin Ismaïl, the head of the Reporters Without Borders Asia-Pacific desk.

    “By criticizing the programme to encourage inhabitants to keep living in still radioactive areas, this journalist is just documenting a legitimate and well-substantiated concern about the health risks linked to radiation. We urge the head of Ethos, Ryoko Ando, to withdraw her complaint against Takenouchi, which acts as a deterrent to all independent news providers.

    “As we feared in 2012, the freedom to inform and be informed continues to be restricted by the ‘nuclear village’ and government, which are trying to control coverage of their handling of the aftermath of this disaster. Its long-term consequences are only now beginning to emerge and coverage of the health risks and public health issues is more important than ever.”

    Ismaïl added: “However, those who try to draw attention to the continuing risks linked to radiation or who accuse of the government of being unprepared or even deliberately minimizing the risks are censored and harassed by the authorities and the nuclear power industry, which increasingly resembles a dark and untouchable mafia.”

    Takenouchi, a freelance journalist who has a blog and has translated three books on nuclear radiation, was notified on 29 January by the police of Iwaki Minami, in Fukushima prefecture, that Ethos director Ryoko Ando (also known as Yoko Kamata) had brought a criminal contempt complaint against her in connection with the tweet.

    After interrogating Takenouchi at her home for three hours on 13 February, the Fukushima police asked her to go to police headquarters the next day, when she was interrogated for another four hours. The findings of their investigation were sent at the beginning of March to Fukushima’s chief prosecutor, who will then decide whether to prosecute her.

    In her articles and in interviews for independent media, Takenouchi has accused the government of pursing a public relations policy that plays down the radiation health risk for people in contaminated areas.

    She has written: “Ethos is a programme where residents including pregnant women and children are encouraged to keep living in contaminated areas through carrying out decontamination and radiation measurement, which most importantly resulted in sickness among the majority of children. This was conducted in Belarus and now is in Fukushima funded by pro-nuclear lobbies.”

    She pointed out on 3 February that the Ethos programme’s launch had only been reported at the local level by national public TV broadcaster NHK and some local TV stations. To alert public opinion, she recently posed a video in which she describes the findings of her research, based mainly on material in the public domain, about radiation risks and the dangers that the Ethos programme poses for the youngest sector of the population.

    (Video on the website)

    This case recalls the libel suit that the head of a nuclear security systems company brought against freelance journalist Minoru Tanaka in 2012 in connection with his coverage of developments in the nuclear energy industry after the disaster. The suit was abandoned in August 2013.

    Ever since the Fukushima-Daiichi disaster in 2011, freelance journalists and foreign news media trying to cover Japan’s nuclear energy industry have found their access to information being restricted.

    Both Japanese and foreign reporters have described to Reporters Without Borders the various methods used by the authorities to prevent independent coverage of the disaster and its consequences.

    They have been prevented from covering anti-nuclear demonstrations and have been threatened with criminal proceedings for entering the “red zone” declared around the plant. And they have even been interrogated and subjected to intimidation by the intelligence services.

    Reporters Without Borders is previewing here a passage from the “Fukushima censored” video that will be posted on our website (www.rsf.org) soon.

    (Video on the website)

    Japan has fallen 22 places in the Reporters Without Borders press freedom indexin the past two years, and is now ranked 59th out of 180 countries.

    The six-place fall of the past year is partly attributable to the Japanese Diet’s adoption of a special intelligence protection bill on 26 November that will allow the government to classify any sensitive information as a “state secret.”

    ______________________________________


    JAPON

    Trois ans après la catastrophe, le lobby nucléaire continue de censurer les acteurs indépendants de l’information

    Reporters sans frontières déplore le climat de censure et d’autocensure qui continue de régner sur la question du nucléaire, trois ans après l’accident nucléaire à la centrale de Fukushima Daiichi (nord de Tokyo). L’organisation dénonce le traitement réservé aux journalistes et blogueurs indépendants et critiques à l’encontre des autorités et du lobby nucléaire, surnommés "village nucléaire" par leurs détracteurs. Dernier cas recensé par l’organisation, la journaliste freelance et blogueuse Mari Takenouchi, accusée d’"outrage criminel" après avoir critiqué l’organisation non gouvernementale " Ethos " et son projet de repeuplement volontaire des zones irradiées.

    "La procédure judiciaire lancée contre Mari Takenouchi est un nouvel exemple de la manière dont certains groupes liés à des organismes pro-nucléaires cherchent à museler les voix contradictoires. En dénonçant le programme encourageant les habitants à rester dans des zones irradiées, la journaliste ne fait que documenter une inquiétude légitime, argumentée au regard des risques médicaux liés aux radiations. Nous demandons à la directrice de l’organisation Ethos, Mme Ryoko Ando, de retirer sa plainte à l’encontre de Mari Takenouchi, qui constitue un message dissuasif pour tous les acteurs indépendants de l’information", déclare Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières.

    "Comme nous le craignions en 2012, la liberté d’informer et de s’informer continue d’être mise à mal par le ’village nucléaire’ et les autorités, qui s’évertuent à contrôler l’information sur la gestion de ’ l’après-crise ’. Les conséquences de la catastrophe sur le long terme commencent à peine à émerger et les enjeux en matière d’information sur les risques sanitaires et la santé publique sont plus que jamais d’actualité. Mais ceux qui tentent d’attirer l’attention sur la permanence des risques liés aux radiations, de dénoncer le manque d’anticipation des autorités, voire leur politique de minimisation des risques, sont censurés et harcelés par ces dernières et les acteurs privés du secteur nucléaire qui, pris dans son ensemble, ressemble de plus en plus à une mafia opaque et intouchable", ajoute Benjamin Ismaïl.

    Le 29 janvier 2014, Mari Takenouchi, journaliste freelance, auteure du blog savekidsjapan.blogspot.fr et traductrice de trois livres traitant des radiations nucléaires, a été informée par la police d’Iwaki Minami, à Fukushima, du dépôt d’une plainte à son encontre par la directrice de l’organisation Ethos, Ryoko Ando (de son vrai nom Yoko Kamata) pour diffamation pénale, suite à la publication d’un tweet dans lequel la journaliste aurait qualifié leur programme d’"expérience sur des êtres humains".

    Le 13 février, la police de Fukushima a interrogé la journaliste à son domicile pendant près de trois heures, avant de la convoquer, le lendemain, au commissariat, où elle a de nouveau été entendue pendant quatre heures. Début mars, les informations recueillies ont été envoyées au procureur de Fukushima. Ce dernier devrait ensuite décider de la continuation ou non de la procédure judiciaire à l’encontre de la journaliste.

    Dans ses articles et interviews publiés par les médias indépendants, la journaliste dénonce une politique de communication menée par le gouvernement visant à minimiser les dangers posés par les radiations auprès des populations des zones contaminées. Pour la journaliste "Ethos est un programme par lequel les résidents, y compris les femmes enceintes et les enfants, sont encouragés à continuer à vivre dans les zones contaminées en participant à la décontamination et à la mesure des radiations, ce qui a entraîné des maladies chez la majorité des enfants concernés. Ce programme, conduit en Biélorussie et désormais lancé à Fukushima, est financé par les lobbies pro-nucléaires. "Le 3 février, Mari Takenouchi notait sur son blog que l’annonce du lancement du programme Ethos n’avait été relayée que par quelques chaînes locales et la chaîne de télévision nationale NHK, au niveau local seulement.

    Afin d’avertir l’opinion publique, la journaliste a récemment mis en ligne une vidéo dans laquelle elle décrit l’état de ses recherches, notamment basées sur des sources publiques, sur les dangers liés aux radiations et les risques posés par le programme Ethos pour la frange la plus jeune de la population.

    (Vidéo sur le site)

    Cette affaire n’est pas sans rappeler la poursuite en justice à l’encontre du journaliste freelance Minoru Tanaka, accusé de diffamation par le président d’une entreprise de systèmes de sécurité pour centrale nucléaire, suite à ses enquêtes sur les coulisses de la gestion de l’incident nucléaire à la centrale de Fukushima-Daiichi. En aout 2013, les poursuites ont été abandonnées.

    Depuis 2011, les journalistes freelance et les médias étrangers qui couvrent les sujets liés au nucléaire sont particulièrement visés par des restrictions dans l’accès à l’information. Parfois empêchés de couvrir les manifestations anti-nucléaires, menacés de procédures judiciaires pénales pour s’être rendus dans la " zone rouge ", interrogés et intimidés par les services de renseignement, plusieurs journalistes indépendants, japonais et étrangers, ont décrit à Reporters sans frontières les multiples entraves déployées par les autorités pour empêcher une couverture indépendante de l’accident nucléaire et de ses conséquences.

    L’organisation dévoile ici un premier extrait du document vidéo " Fukushima censuré " qui sera prochainement mis en ligne sur www.rsf.org

    (Vidéo sur le site)

    En deux ans, le Japon est passé de la 22eme position à la 59ème position au classement mondial de la liberté de la presse.

    En 2014, le pays a encore perdu six places, une chute s’expliquant en partie par l’adoption, le 26 novembre 2013, par la Diète d’un projet de loi sur la “protection des renseignements spéciaux” (special intelligence protection bill), donnant toute latitude au gouvernement pour qualifier de ‘secret d’État’ toute information qu’il jugerait trop sensible.

    Benjamin Ismaïl

    Head of Asia-Pacific Desk
    Reporters Without Borders
    47, rue Vivienne - 75002
    Paris - France
    +33 1 44 83 84 70

    Websites :
    https://en.rsf.org/asia,2.html
    https://surveillance.rsf.org/en/
    https://www.wefightcensorship.org/index.html
    Twitter :
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  • Un rapport stupéfiant

    Il ne s'agit pas d'agitation alarmiste, mais de faits bien réels et catastrophiques.
    Si le navire américain a été fortement pollué par la radioactivité, l'océan n'a pas été épargné avec une baguette magique. Il est heureux que ce rapport soit mis au jour, même si cela ne résout pas les graves problèmes de contamination.
    Depuis que la technologie nucléaire, tant civile que militaire est exploitée, l'irradiation de la planète va croissante et met, avec le temps, la planète en danger.
    Il faut le répéter sans cesse, la technologie nucléaire est à bannir définitivement.  
    Gaulois.
     

    OpEdNews Op Eds 2/27/2014 at 10:40:23
    Documents Say Navy Knew Fukushima Dangerously Contaminated the USS Reagan
    Des documents disent que la Navy savait que Fukushima a dangereusement contaminé l'USS Reagan

    http://www.opednews.com/articles/Documents-Say-Navy-Knew-Fu-by-Harvey-Wasserman-Fukushima_Fukushima-Cover-up_Radiation-140227-461.html


    Par Harvey Wasserman
    Traduit de l'anglais
    Un nouveau rapport stupéfiant indique que la marine américaine savait que les marins du USS Ronald Reagan à propulsion nucléaire avaient subi une importante irradiation due à la centrale atomique de Fukushima après les fusions de cœurs et les explosions, il y a près de trois ans. 


    USS Ronald Reagan - Nimitz class nuclear carrier
    (image by Phillip Cowell)

    Si cela est vrai, les révélations jettent une lumière nouvelle sur le procès en dommages et intérêts de 1 million de $ intenté par les marins contre Tokyo Electric Power. Beaucoup de marins souffrent déjà d'effets dévastateurs sur la santé mais se heurtent à un mur de la part de  Tepco et de la Marine.  
     
    Le Reagan avait rejoint plusieurs autres navires américains dans l'opération Tomodachi ("Amitié") pour aider les victimes du tremblement de terre et du tsunami le 11 Mars 2011. Des preuves photographiques et des  témoignages directs confirment que le 12 Mars 2011, le navire était à 2 miles de Fukusima,Dai'ichi alors que les réacteurs  commencaient à entrer en fusion et exploser.
     
    Au milieu d'une tempête de neige, les hommes de pont ont été enveloppés dans un nuage chaud qui apportait un goût métallique. Les marins témoignent que les 5500 membres de l'équipage du Reagan ont été informés par l'interphone du navire d'éviter de boire ou de se baigner dans l'eau dessalée tirée d'une mer radioactive. L'énorme porte-avion a rapidement cessé ses efforts humanitaires et a navigué à 100 miles au large, où les communications internes de la Marine récemment publiées confirment qu'il y avait toujours des doses  importantes de retombées radioactives.
     
    Un grand nombre de marins du Reagan et d'autres navires stationnés à proximité rapportent maintenant un large éventail d'affections qui rappellent celles documentées sous le vent  des essais de la bombe atomique dans le Pacifique et le Nevada, et de Three Mile Island et Tchernobyl. Un goût métallique similaire a été décrit par les pilotes qui ont largué la bombe atomique sur Hiroshima, et par les habitants du centre de la Pennsylvanie sous le vent de Three Mile Island. Certaines parties des atolls sous le vent des essais des bopmbes du Pacifique Sud restent inhabitables six décennies plus tard.
     
    Parmi les 81 demandeurs dans le recours collectif fédéral il y a une femme marin qui était enceinte au cours de la mission, et son bébé ("Baby AG") né en Octobre présente des mutations génétiques multiples.
     
    Officiellement, Tepco et la Marine disent que les doses étaient sans danger.
     
    Mais un nouveau rapport étonnant d'un universitaire américain basé à Tokyo confirme que des officiers de la Marine ont communiqué sur ce qu'ils savaient être l'irradiation grave du Reagan. Écrit par Kyle Cunningham et publié dans Japan Focus, " Mobilizing Nuclear Bias"décrit  l'interaction entre les gouvernements américain et japonais alors que Fukushima tournait à la  catastrophe.
     
    Cunningham écrit que les conversations transcrites obtenues à travers le Freedom of Information Act montrent des officiers de marine qui reconnaissent que, même à 100 miles de Fukushima, les lectures du Reagan "comparativement à un bruit de fond normal [sont] environ 30 fois ce que vous devriez détecter à partir d'un échantillon d'air normal à la mer ».
     
    Sur le porte-avion à propulsion nucléaire "tous nos moniteurs donnaient une alarme continue au même niveau de valeur. Et puis nous avons pris des échantillons d'air sur le pont d'envol et avons obtenu la même valeur", dit la transcription.
    Des retombées graves ont également été apparemment trouvées sur les hélicoptères  revenant de missions de secours. Un expert du gouvernement américain non nommé est cité dans l'article Japan Focus disant:
    A 100 mètres de distance (du réacteur? =away), il (l'hélicoptère) lisait 4 sieverts par heure. C'est un nombre astronomique et il m'a dit: ce que ce nombre signifie pour moi, une personne qualifiée,  c'est qu'il n'y a plus d'eau sur les réacteurs et ils sont juste en train de fondre, il n'y a rien qui empèche la libération de radioactivité. C'est une estimation indiscutable et terrible (?). (Communication confidentielle, le 17 sept. 2012).
    La transcription contient alors une discussion des impacts sur la santé qui pourraient survenir dans une période de "10 heures. C'est un problème de thyroïde."
    Tepco et la Navy soutiennent que le Reagan n'a pas reçu une dose suffisamment élevée pour justifier de graves préoccupations. Mais le Japon, la Corée du Sud et Guam ont estimé des transporteurs trop radioactifs pour entrer dans leurs ports. Des stocks de photographies montrent  les marins travaillant en masse pour nettoyer le pont du navire.
     
    Le bateau de 4,3 milliards de $ est maintenant amarré à San Diego. Les critiques se demandent s'il va rester là définitivement. Les tentatives visant à décontaminer les navires américains irradiés pendant les essais nucléaires du Pacifique  de 1946-1963 ont été vaines. Des centaines de marins ont été exposés à de fortes doses de rayonnement, mais certains navires ont dû être coulés de touts façons.
     
    Les fuites sur le site de Fukushima continuent de s'aggraver. Malgré ses dénégations, Tepco a récemment admis qu'il avait sous-estimé certaines libération de radiations d'un facteur de 500 pour cent. Un nouveau rapport indique que des particules de césium radioactif 134 de Fukushima ont été détectées dans l'océan au large de la côte Ouets de l'Amérique du Nord.
     
    Les préoccupations mondiales continuent d'augmenter au sujet de la crise en cours à Fukushima avec des fuites de liquides, le retrait préoccupant des barres de combustible radioactif, la recherche de trois noyaux fondus manquants, l'influence du crime organisé sur le site et bien plus encore. La circulation de l'information a été sérieusement contrariée par la "loi sur les secrets d'état" de l'administration du pro-nucléaire Abe, qui impose des pénalités importantes à ceux qui pourraient rapporter ce qui se passe à Fukushima.
     
    Mais si cette nouvelle preuve est vraie, cela signifie que la Marine savait que le Ronald Reagan avait été recouvert par des retombées radioactives importantes et cela jette sur l'accident une lumière encore plus sinistre qu'on le croyait auparavant.  
     
    Les marins sinistrés sont empêchés de poursuivre la Marine, et leur procès contre Tepco dépendra d'une série de défis internationaux complexes.
     
    Mais une chose est certaine: ni eux, ni la communauté internationale n'ont obtenu quoi que ce soit qui se rapproche de l'entière vérité sur Fukushima.


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  • Des SDF japonais embauchés pour nettoyer Fukushima

    Dans l'immonde, difficile de faire pire. Et en France, qui ira nettoyer la région ayant subi une catastrophe " Inéluctable " de cette ampleur ?

    Gaulois.

     

     

     

    http://www.france24.com/fr/20131230-autorites-japonaises-embauchent-sans-domicile-fixe-nettoyer-fukushima/

    Alors que les travaux de décontamination autour de la centrale nucléaire de Fukushima ont pris beaucoup de retard, des entreprises privées, payées par les autorités, n'hésitent pas à recruter des SDF pour assurer ce travail.
    Presque trois ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, les autorités japonaises ont toujours d’énormes difficultés à décontaminer la région touchée par les fuites radioactives. Manque de main d'œuvre, étendue de la zone, risques de radiation... autant d'obstacles qui ralentissent les différents chantiers. Pour faire face à ce retard, des sans-abri ont été embauchés directement par des entreprises sous-traitantes de l’État pour effectuer des travaux de nettoyage, comme vider des maisons abandonnées, balayer autour des sites, arracher l’herbe ou encore racler la terre

    "Nous sommes une cible facile pour les recruteurs. Nous sommes tous réunis ici avec nos sacs dans cette gare et nous sommes faciles à localiser. Ils n’ont qu’à nous dire : "vous cherchez du travail ? Est-ce que vous avez faim", raconte à l'agence Reuters, Shizuya Nishiyama, un SDF, rencontré à Sendai, situé à 60 km de Fukushima, dans le nord-est du Japon.

    Les yakuzas font des affaires

    Le reportage : http://www.france24.com/fr/20131230-autorites-japonaises-embauchent-sans-domicile-fixe-nettoyer-fukushima/
    Les journalistes ont en outre constaté sur place que l’emploi de ces "ouvriers du nucléaire" fait l’objet d’un florissant business, loin d'être légal. Alors que les autorités ont signé des contrats avec plusieurs centaines d’entreprises [733 selon le décompte de Reuters] pour s’occuper de cette décontamination pour un budget total de 35 milliards de dollars, la mafia japonaise s’est aussi immiscée dans le marché.En sous-main, "un réseau de criminels et de courtiers illégaux, qui recrutent des SDF, sont devenus très actifs à Fukushima", explique Reuters. "Les contrats du ministère de l’Environnement dans la zone la plus radioactive de la préfecture de Fukushima sont particulièrement lucratifs car le gouvernement paye 100 dollars de plus par journée pour chaque travailleur en raison des risques".
    "Il y a beaucoup d’entités inconnues qui sont impliquées dans les projets de décontamination", confirme le professeur Takayoshi Igarashi de l’Université de Hosei, ancien conseiller de l’ex-Premier ministre Naoto Kan. "Il faut vraiment qu’il y ait un contrôle plus sévère sur les entreprises, sur ce qu’elles font et quand.”
    L’emprise de la pègre dans ce secteur
    Courant 2013, plusieurs membres de la mafia des yakuzas ont pourtant été arrêtés. Ils sont accusés d’avoir infiltré l’entreprise de travaux publics Obayashi, l’une des cinq plus grandes du pays, en y faisant travailler illégalement des ouvriers chargés de la décontamination. Les dirigeants d’Obayashi n’ont pas été mis en cause directement, mais cette affaire a montré l’emprise de la pègre dans ce secteur.
    D’autres scandales pourraient d’ailleurs sortir dans les prochains mois. Les travaux de nettoyage ont en effet pris des retards très importants. Le ministère de l’Environnement a ainsi annoncé le 26 décembre que la décontamination des sites pourrait prendre deux à trois ans de plus que la première échéance prévue en mars 2014. Les quelque 60 000 personnes qui ont quitté leur domicile à la suite de la catastrophe nucléaire devront encore patienter de très longs mois.
    Avec Reuters


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  • Fukushima : le scandale étouffé du contrôle européen des aliments

        Peut-on s'étonner de telles agissements ? Évidemment non puisque la secte nucléaire est incapable de gérer une situation post catastrophe. Là, il s'agit de disséminer en toute impunité la radioactivité un peu partout dans le monde, espérant la rendre invisible et indolore aux yeux des populations. Fukushima suit la même voie que Tchernobyl, c'est-à-dire le mensonge, le secret et des populations sacrifiées servant de cobayes.
    La Commission européenne se rend délibérément complice du pouvoir Japonnais. Tout comme le groupe parlementaire EELV par son inaction avérée.
    Il ne faut jamais oublier ce paradoxe.
    La capacité de fabriquer des armes atomiques et des réacteurs nucléaires civiles est immense. Assurer la gestion et la protection des humains, de la faune et de la flore est nulle. C'est la spirale infernale dans laquelle est enfermée la nucléocrature.
    Ce qui explique bien des comportements criminels.
    Gaulois.


    Patrick Samba

     27 novembre 2013
    http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/fukushima-le-scandale-etouffe-du-144314

    Ce scandale, c'est la décision injustifiée et coupable en terme de santé publique, et probablement entachée d'illégalité, prise par la Commission européenne en octobre 2012, d' "assouplir" les contrôles effectués sur les aliments en provenance du Japon, et plus particulièrement des 12 préfectures touchées par la catastrophe nucléaire de Fukushima. C'est la décision d'exposer sciemment la population européenne à un bien plus grand risque d'intoxication alimentaire par les radionucléides de Fukushima.


    La vidéo constituant l'objet central de cet article, n'a été visionnée, au moment de la rédaction de celui-ci, que 23 fois depuis le 22 décembre 2012. Ce 22 décembre est la date à laquelle le seul commentaire présent sur le blog politique hébergeant cet enregistrement a été rédigé. Ce jour-là son auteur a interrogé la détentrice du blog, une parlementaire européenne EELV, laquelle avait déposé cette vidéo sur son blog un mois auparavant, précisément le 29 novembre 2012, en ces termes :
    "A l’heure où je vous écris, la vidéo postée sur Youtube a été visionnée 122 fois. Je suis allé voir sur le site officiel d’EELV si ce grave sujet est traité : j’ai rentré votre nom dans le moteur de recherche. Il n’y a rien. Ce sujet, je le répète, est très grave (au point même que le commissaire dont les propos sont surréalistes, totalement irresponsables, finit par s’étrangler [à 12'20''] ). Et vous allez vous contenter de mettre cette information sur votre blog ? Merci de votre réponse."
    Deux jours plus tard, Sandrine Bellier, l'élue EELV interpellée, puisque c'est d'elle dont il s'agit, (mais que ce soit elle ou un(e) autre élu(e) n'a pas beaucoup d'importance. D'autant que si elle se retrouve en première ligne, c'est en tant qu'elle remplaçait une collègue absente. Et par ailleurs quel est le nombre de parlementaires ayant questionné la Commission européenne sur ce grave sujet ?), celle-ci, donc, répond à son interlocuteur :
    "J’ai transmis votre message dont je vous remercie. Et comme vous vous pouvez vous en douter, mon engagement et actions ne se limitent pas à ce que je peux mettre sur ce blog. Avec mes collègues au Parlement européen nous continuons à travailler sur cette question."
    Nous sommes actuellement au mois de novembre 2013. A ce jour, et sauf erreur très improbable, l'affaire effectivement très inquiétante évoquée dans cette vidéo, n'a toujours pas fait l'objet du moindre dossier sur le site officiel d'EELV. C'est donc que la direction de ce parti, appelée "La Firme" par certains militants, si tant est qu'elle ait jugé utile de la traiter en interne - ce que l'on ignore à moins d'être dans le secret des dieux, et ce dont on peut sérieusement douter en raison d'un nombre de vues de la vidéo très faible - n'a pas estimé essentiel de le porter à la connaissance du plus grand nombre.
    A l'époque de la découverte de cette vidéo je n'ai pas souhaité rédiger immédiatement un article, attendant de voir le résultat de la démarche de Sandrine Bellier auprès de la direction d'EELV. Mais il m'arrivait néanmoins de mettre cette vidéo en lien que ce soit dans des commentaires sur AgoraVox, ou dans les mails que j'adressais à des journalistes ou des élus. Comment expliquer qu'ensuite et bien que surveillant l'affaire de près, je ne parvins pas à l'écrire ? Certes avec le temps le sujet malheureusement s'éloignait de sa prime actualité. Mais ceci n'est pas une raison suffisante. D'autant moins qu'il rentrait en résonance avec le sujet singulièrement plombant d'un article que j'avais écrit sur AgoraVox en avril 2012 : Un nouveau génocide en préparation, et cette fois-ci mondial ? Mais en fait... "d'autant moins" ou "d'autant plus" ? Car celui-ci ayant été mon article le plus lu, il m'arrive d'imaginer qu'il ait pu alerter des autorités compétentes et courageuses. Malheureusement je n'ai jamais rien lu sur internet qui vienne confirmer cette espérance. D'où forcément le sentiment d'impuissance que l'on ressent bien souvent à dénoncer l'intolérable. Et puis l'intolérable, n'est-ce pas parfois foncièrement subjectif ?
    Mais aujourd'hui ce nombre de 145 vues de la vidéo m'est insupportable. Et puis il y a eu cette récente affaire du vote au Sénat. Et bientôt, samedi prochain, il se pourrait bien que "la Firme" soit reconduit à la direction d'EELV, ce qui, au regard de ces deux ans et demi d'inaction dans l'après-Fukushima, apparait intolérable. Or il s'avère que je fais encore confiance à l'idéal ayant prévalu à la création de ce parti. Et puis il est impératif que la France entame rapidement sa sortie du nucléaire, avant qu'un accident dramatique ne survienne.
    En un an, 23 vues ! 23 VUES !!! Le résultat de l'intervention de ce commentateur sur le blog de Sandrine Bellier, de l'intervention de celle-ci auprès de la Firme (laquelle à priori a eu lieu, il n'y a pas de raison d'en douter) et des miennes s'est soldé depuis presqu'un an par un nombre de... 23 vues ! En réalité bien moins de 23 personnes l'ont vue, puisqu'il m'arrive d'y retourner de temps en temps pour observer l'évolution de son visionnage. 145 au total ! Environ 145 personnes... en France et dans le monde ! Fonctionnaires et élus européens compris, gouvernement et fonctionnaires français compris, dirigeants, élus et militants d'EELV compris, et le reste du monde compris, 145 personnes seulement, et au maximum, ont vu cette vidéo !
    Il y a là comme un petit problème...
    Car il s'agit d'une vidéo où il est explicitement reconnu que la Commission Européenne a pris la décision, apparemment en toute illégalité, de - pour user d'un euphémisme - "prendre le risque" en toute connaissance de cause d'accroitre l'intoxication de la population européenne par les radionucléides de Fukushima.

    Que l'on ne vienne pas s'étonner ensuite de l'apparition d'épidémies d’intoxication alimentaire à l'Escherichia Coli Entéro-Hémorragique !
    Mais peut-être d'ici quelques jours, parce que vous aurez jugé utile de diffuser cette vidéo conscients que c'est notre santé à tous qui est en jeu, le nombre de personnes l'ayant visionnée aura décuplé.
    Peut-être. Si vous ne vous laissez pas accabler et que vous acceptiez de réagir...
    Il est essentiel en tout état de cause qu'avant le congrès d'EELV samedi à Caen le maximum de militants d'EELV l'ait visionnée. Alors si vous en connaissez, ne vous laissez pas paralyser par l'hésitation. Et pourquoi pas également ajouter un commentaire sur le blog de Sandrine Bellier, au lieu, ou en plus, d'en faire sur cet article ?...
    Fukushima, un risque de contamination toujours bien réel | Sandrine Bélier

    La vidéo sur le site : http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/fukushima-le-scandale-etouffe-du-144314

    ▶ Objection de Sandrine Bélier sur les mesures de contrôle des aliments en provenance de Fukushima - YouTube
    (Si vous avez un doute sur le caractère pleinement conscient de la grave responsabilité qu'assume, néanmoins avec l'anxiété d'une probable forfaiture, le commissaire européen en justifiant cette décision de la Commission européenne, observez la manière dont, rapidement, il tripatouille sans arrêt le fil de son écouteur, avant de s'étouffer. C'est assez parlant)


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  • Fukushima, retour au pays ?

        A Fukushima, tout va bien ! D'ailleurs il est interdit de prétendre le contraire.

    Gaulois.

     A Fukushima, les autorités prescrivent un retour au « pays natal » 

    http://www.rue89.com/2013/11/07/a-fukushima-situation-guerre-247293

    07-11-2013

    Les administrateurs du désastre de Fukushima – Etat, réseaux interlopes, scientifiques, experts, contre-experts, mouvements citoyens et organisations non gouvernementales – sont devenus les cogestionnaires de dégâts en chaîne, chacun œuvrant au nom d’un intérêt supérieur hautement revendiqué : protéger.

    L’auteur

    Thierry Ribault est co-auteur avec Nadine Ribault de « Les Sanctuaires de l’abîme : chronique du désastre de Fukushima » aux éditions de l’Encyclopédie des Nuisances, Paris, 2012.
    Que s’agissait-il de protéger cependant lorsque, en mai 2013, les décideurs ont achevé la réouverture des zones interdites ? Que protège-t-on en incitant les populations à revenir vivre sur des terres contaminées où le seuil d’inacceptabilité, fixé à 20 milliesieverts par an, est quatre fois supérieur à celui fixé à Tchernobyl – sans compter les « points-chauds » à plus de 50 millisieverts – et vingt fois plus élevé que le seuil internationalement recommandé ?
    Que protège-t-on en appelant à retrouver une « vie normale » à proximité d’un complexe nucléaire hautement dangereux : inondations, fuites d’eau contaminée, démarrage imminent d’opérations d’extraction des 400 tonnes de combustibles de la piscine du réacteur n°4, dont les produits de fission représentent 14 000 fois ceux de la bombe de Hiroshima ?
    Quelle est donc la nature de cette « protection » ici mise en œuvre par l’ensemble de la société ?
    Quelles relations incestueuses la lient pour longtemps à la soumission ?

    Associations de victimes déboutées

    Soulignant les nuisances et les limites des sociétés industrielles à l’aube du XXIe siècle, ce désastre a démontré, si besoin était encore, à quel point l’Etat, qui ne peut plus gérer les accidents de son développement, délègue à d’autres le soin de le faire. A l’intérieur de ce cadre établi et à leur corps défendant, de multiples « mouvements citoyens » ont dû faire le constat de leur impuissance.
    Les « All Stars Demo », avec à leur tête le haut du panier de la contestation anti-nucléaire nobélisée, usent plus les semelles de la piétaille manifestante que les nerfs du gouvernement. Les associations de victimes, qui mènent Tepco et l’Etat devant les tribunaux, viennent d’être déboutées. Les agriculteurs avouent ne pas consommer les aliments irradiés qu’ils mettent cependant sur le marché.
    Quant aux populations restées sur place, tétanisées par la propagande qui les condamne, incapables de décider de sauver leur vie, elles attendent une mort déclarée statistiquement probable, mais non certaine, et se font les cobayes d’une « science » eugéniste et radio-négationniste, puisque niant les effets de la radioactivité, pourtant, préalablement et scientifiquement, établies.

    Les populations fuient hors de la réalité

    Les populations, ainsi sommées de considérer la contamination radioactive telle une « mauvaise rumeur », tombent dans l’apathie, le découragement et fuient hors de la réalité. Pendant ce temps-là, ladite rumeur embauche 20.000 personnes pour la seule décontamination extérieure à la centrale, et, contrairement à ce qu’annoncent les pouvoirs publics, serait, dans ce même but, dans l’obligation de dépenser 210 milliards d’euros.
    Pendant ce temps-là, le 7 septembre 2013, à Buenos Aires, lors de son discours devant le Comité olympique international, le Premier ministre Shinzo Abe « donne la garantie absolue que les questions sanitaires ne constituent pas un problème jusqu’à présent, et qu’elles n’en constitueront pas plus à l’avenir. »
    Représenter la réalité tel un enfer n’est pas suspect ; exhorter systématiquement à la fuir l’est. Voilà pourtant le premier fondement de la protection à l’œuvre, à Fukushima, aujourd’hui.

    Une science d’ascenseur

    Le second fondement a consisté en la mise en place insidieuse d’une science d’ascenseur qui s’est construite précisément par renvois entre ses protagonistes avec, pour principale visée, l’accès optimisé à de non moins ascendantes carrières. C’est à la science ce que la « musak » est à la musique : un ersatz apparemment insignifiant, aux finalités répressives.
    Ainsi Shinobu Goto, spécialiste des sciences de l’environnement à l’université de Fukushima, dénonce-t-il la partition entre d’un côté, des citoyens, qui ne seraient qu’irrationnels et émotifs, et de l’autre, des experts scientifiques dont le jugement serait le plus pertinent dans une situation comme celle de Fukushima.
    De fait, on a vu, à travers l’exemple du désormais trop fameux professeur Shunichi Yamashita, médecin promptement nommé dès avril 2011 à la tête de l’enquête sanitaire menée par l’université de médecine de Fukushima et défenseur zélé de l’innocuité des radiations en deçà de 100 millisieverts par an, combien certains experts scientifiques savent établir des zones d’ignorance là où des certitudes avaient enfin fini par apparaître.

    Des scientifiques transformés en experts

    Les dix-neuf cas de cancer de la thyroïde jusqu’à présent officiellement détectés et opérés, parmi les enfants de Fukushima et les 25 autres cas en attente d’une intervention chirurgicale, sont ainsi considérés, par ces fossoyeurs de vérité, comme s’étant trop rapidement déclarés pour que l’on puisse considérer qu’ils aient un lien quelconque avec l’accident nucléaire.
    Pour le radiobiologiste Keith Baverstock, ancien responsable du programme de protection contre les radiations au bureau européen de l’OMS (Organisation mondiale de la santé), une telle imposture renvoie précisément à la transformation de nombre de scientifiques en « experts » qui, sous couvert de s’inscrire dans le consensus établi par leur « communauté », évitent de véritables confrontations scientifiques avec leurs « pairs ».
    Obligeant chacun à ralentir le pas pour paître en toute quiétude dans les prairies des dangers avérés, et gommant les désagréables rumeurs que font circuler quelques émotifs inquiets, parce que mal informés, on a laissé épandre une science de l’oubli dont l’objectif, tel un pesticide sélectif destiné à anéantir le souvenir, est de produire les conditions psychologiques censées améliorer le bien-être et la protection de tous, menant ainsi à un niveau jamais égalé la soumission volontaire.
    Les chœurs de l’internationale nucléariste
    A qui, à quoi s’agit-il exactement de se soumettre ?
    Visant à réduire à néant une loi humaine qui veut que, paradoxalement, les contextes d’insécurité seuls permettent aux populations de penser, de décider et d’agir avec une relative liberté d’esprit, les autorités japonaises, encouragées en cela par les chœurs de l’internationale nucléariste, ont établi en pierre de touche la sécurité, quitte à lui faire prendre, dans le contexte de mise en auto-expérimentation qui caractérise désormais la situation à Fukushima, des allures d’inhumanité.
    Juan Carlos Lentijo, directeur à l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) de la division Cycle du combustible et technologie des déchets – donc manifestement rompu aux questions de l’humain et de sa destinée dans la société nucléaire – rendait récemment les conclusions de sa mission, « encourageant les institutions japonaises à accroître leurs efforts de communication relative à l’acceptabilité d’une dose allant de 1 à 20 millisieverts par an, dose qui est en conformité avec les normes internationales ».

     

    Un ouvrier nucléaire sur le site de Fukushima Daiichi, le 12 juin 2013 (Toshifumi Kitamura/AP/SIPA)

    Trois jours plus tard, Olivier Isnard, de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), entonnait la même berceuse :
    « Dans cette étape intermédiaire, et selon les recommandations internationales en vigueur, on peut revivre dans la zone contaminée à condition que le niveau d’exposition externe et de contamination interne combinés n’excède par 20 millisieverts par an. »
    Le perroquet équilibriste de l’IRSN, toutefois, nous alerte :
    « Près des maisons, les niveaux sont peut-être par endroits redevenus tolérables, mais inutile de songer à aller dans les bois cueillir des champignons alentour et les manger, car ce sont des éponges à radioactivité. »
    Autant dire – quand on sait que la périphérie de la zone de décontamination (cette dernière n’étant jamais définitive) n’excède pas les 20 mètres pour les habitations situées en bordure de forêt – que cette survie en zone contaminée, qui nous est, dans un premier temps, présentée comme « transitoirement » vivable, est dans les faits, à court comme à long terme, invivable, bien que recommandée par ceux qui prennent soin de laisser aux autres le risque de l’expérimenter.
    Cellule de protection contre le suicide
    Tout à leur recherche de la croissance perdue, les pouvoirs publics, faisant ample usage de l’oxymore du retour à la vie dans les zones contaminées, ne reculent devant rien pour établir, entre la protection et la soumission, un lien incestueux indestructible et incontournable. Ainsi, en guise d’explication aux cent suicides liés au désastre nucléaire dans les départements de
    Fukushima, d’Iwate et de Miyagi, entre juin 2011 et août 2013, notamment parmi les personnes habitant des logements provisoires, le ministère de l’Intérieur met en cause « la charge nerveuse que représente l’allongement de la période de refuge loin du pays natal ».
    Protéger les populations psychologiquement défaites, en leur prescrivant un retour au « pays natal », indispensable à leur survie, tel est l’objectif. Ramenés à l’état de tragiques dépressifs, pris en charge à la va-comme-je-te-pousse, les habitants seront, à Fukushima, soulagés de pouvoir faire appel à une cellule de protection contre le suicide, pompeusement baptisée, dans le flot des grandes ambitions qui suivent les désastres, « Centre de soin pour l’esprit ».
    750 euros pour « préjudice psychologique »
    Ne nous y trompons pas, cependant : chacun des 80 000 habitants des municipalités évacuées, proches de la centrale, pouvant prétendre à une allocation mensuelle de 750 euros pour « préjudice psychologique » – il convient de replacer cet apparent sursaut heidegerrien des autorités dans son contexte budgétaire.
    C’est d’ailleurs au nom d’une protection tout aussi trébuchante que le seuil de 20 millisieverts par an « autorisant » le retour des populations évacuées, a été prescrit par le gouvernement en décembre 2011.
    Un ministre d’Etat ayant participé aux réunions préparatoires à l’époque, confiait en mai 2013, qu’un seuil à 5 millisieverts – qui a prévalu à Tchernobyl – aurait impliqué l’évacuation d’une partie des deux plus grandes villes du département, Fukushima et Koriyama, plus de 300 000 habitants chacune, « rendant impossible le fonctionnement du département », sans compter « les inquiétudes relatives aux dédommagements supplémentaires ». Voilà qui a le mérite d’être clair.
    Rappelons, d’autre part, qu’une partie des travailleurs de la centrale de Fukushima Daiichi était, avant l’accident, recrutée parmi les habitants qui l’avoisinaient. Or, depuis le 11 mars 2011, 29 000 personnes y ont officiellement travaillé, dont 87% pour le compte de 800 sous-traitants, payées entre 4 et 8 euros de l’heure, tandis que 20 000 autres intervenaient, comme nous l’avons dit, pour la décontamination à l’extérieur du site.
    Ce pharaonique besoin de main-d’œuvre, qui ira croissant pour au moins le prochain demi-siècle, et la nécessité financière, pour Tepco, de ramener à leur niveau antérieur les salaires provisoirement relevés peu après l’accident, peuvent expliquer le recours à la noble, mais peu poétique, rhétorique du « retour au pays natal » qui, soudain, semble avoir bon dos.
    Seriner aux gens de rentrer « chez eux » est en contradiction absolue avec ce que nombre d’entre eux réclament depuis plus d’un an. Dans le cadre de la Loi de protection des enfants et des autres victimes du désastre de Fukushima, votée en juin 2012, dont les décrets d’application n’ont pas encore vu le jour, la population exige un accès plus facile et moins coûteux aux examens médicaux, et la garantie du droit au refuge et à la migration, promu par le haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations unies, Arnand Grover. Son rapport, présenté en avril dernier à Genève, a été superbement piétiné par un gouvernement japonais accaparé à mettre en œuvre un plan de protection des populations, d’une toute autre nature. Et pour cause.
    Des cuves et des hommes
    Il règne à Fukushima une atmosphère d’obsolescence programmée.
    Les cuves de stockage d’eau contaminée n’ont jamais été prévues pour durer au-delà de cinq ans et cela fera bientôt trois ans que personne ne l’ignore.
    Dès le mois de décembre 2011, Tepco avait déclaré que, compte tenu des 200 à 500 tonnes d’eau affluant chaque jour dans les bâtiments qui abritent les réacteurs, la capacité maximale de stockage de l’eau contaminée – à l’époque 155 000 m3 – serait atteinte en mars 2012 et que l’entreprise serait alors contrainte d’effectuer des rejets massifs dans l’océan.
    Dès avril 2011, Sumio Mabuchi, ministre de l’Aménagement du territoire, avait lancé un appel pour la construction d’un mur souterrain afin d’arrêter le flot d’eau sous la centrale.
    Deux ans et demi plus tard, Tepco s’oriente, pour la rondelette somme de 340 millions d’euros, vers la construction d’une « barrière de glace » de 1 400 mètres dont la seule maintenance coûterait annuellement 10 millions d’euros (hors coûts de consommation massive d’électricité). Efficacité et faisabilité d’un tel projet désormais considérées comme douteuses par les spécialistes eux-mêmes, le responsable de l’entreprise la plus au fait des techniques de congélation des sols déclarait récemment :
    « La mise en place d’une telle technologie ne peut être envisagée avant l’horizon 2015. »
    Une « situation de guerre »
    L’expertise scientifique, occupée une fois de plus à faire le jeu de la soumission par la tranquillisation des populations voulue par les autorités politiques, plutôt qu’à prouver son intelligence, Paul Reuss, ingénieur au Commissariat à l’énergie atomique, déclarait voici peu :
    « La mer est spontanément et naturellement radioactive, à cause de l’uranium qu’elle contient. Donc si on en rajoute un petit peu, évidemment ce n’est pas agréable, mais ce ne sont pas des quantités considérables. »
    Moins relativiste et sans doute spontanément et naturellement plus concerné, un officier des Forces japonaises d’auto-défense évoque une « situation de guerre », tandis qu’un éditorialiste compare les fuites radioactives aux plans de l’armée impériale lors de la bataille de Guadalcanal :
    « 20 000 officiers et soldats ont péri de faim sur cette île du Pacifique, car ils ont été privés d’approvisionnement. »
    Sous-estimation des forces adverses, excès de confiance en soi, incapacité des officiers à comprendre la situation de terrain.
    Pression inhumaine sur les ouvriers
    Les décideurs sous-estimant les problèmes liés aux fuites d’eau contaminées, leur confiance dans des réservoirs de stockage et un système de décontamination dont on connaît toutes les défaillances depuis plus de deux ans, s’avérant excessive, les ouvriers de Fukushima se retrouvent à travailler sous une pression inhumaine.
    Nombre d’entre eux reversent un tiers de leur paie journalière à l’un des cinquante gangs de yakuza qui sévissent dans le département et 68% de leurs employeurs inspectés entre janvier et juin 2013, ont été pris en flagrant délit de violation du code du travail.
    Le « secrétariat d’Etat à la politique spéciale en matière d’eau contaminée », nouvelle trouvaille des autorités, aura sous peu, n’en doutons pas, des solutions à proposer.
    L’administration du désastre de Fukushima achève de sceller l’unité inextricable de la soumission et de la protection dans les sociétés industrielles et fait de cette unité une nécessité objective contre laquelle chacun se croit impuissant. Ce désastre apporte la preuve criante que la part de soumission gigantesque qu’implique désormais la citoyenneté ne garantit en retour que d’une protection feinte.
    A Fukushima, il en va désormais des hommes comme des cuves : on connaît leur durée de vie, mais on parie sur une relative élasticité de leur résistance, les uns comme les autres n’étant rien de plus que des ressources matérielles à disparition programmable, en attente de remplacement.
    Avec la collaboration de Cécile Asanuma Brice, chercheur associée à la Maison franco-japonaise de Tokyo.

    Pour aller plus loin, copier/coller les liens dans votre navigateur : 

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/energie-environnement/actu/0203112932392-fukushima-des-villages-evacues-pourraient-etre-definitivement-condamnes-626832.php

    http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/recovery/AJ201311040066

    http://mainichi.jp/english/english/newsselect/news/20131030p2a00m0na006000c.html

    http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/fukushima/AJ201310260046

    http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hg2kmz1tP5zQ1OX5vgoVgo8E-vgA?docId=7336a499-2872-4af0-802e-ff8371efff60

    http://www.lessentiel.lu/fr/news/monde/story/31241462

    http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/analysis/AJ201310110006

    http://www.nytimes.com/2013/10/02/world/asia/japans-nuclear-refugees-still-stuck-in-limbo.html?pagewanted=all

     

     


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