• La dangereuse imposture nucléaire 

     Voilà une synthèse sans concession qui en dit long sur l'imposture nucléaire. Peut-être de quoi  interpeller les pro-nucléaires ? Pas si sûr, une secte reste une secte.

    N'oublions pas que la technologie nucléaire est la plus incertaine que l'homme, dans sa folie, impose à toute force aux peuples victimes des catastrophes. Les scientifiques sont dépassés malgré leur arrogance et sont incapables de maitriser les conséquences de " Leurs catastrophes " . 

    Gaulois.

     http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/09/07/la-dangereuse-imposture-nucleaire_1757119_3232.html


    LE MONDE 07.09.2012 à 14h01 • Mis à jour le 07.09.2012 à 18h46

    Par Jean-Jacques Delfour, professeur de philosophie en CPGE, ancien élève de l'ENS de Saint-Cloud

    L'information commence à émerger : dans la centrale nucléaire de Fukushima, la piscine du réacteur 4, remplie de centaines de tonnes de combustible très radioactif, perchée à 30 mètres, au-dessus d'un bâtiment en ruine, munie d'un circuit de refroidissement de fortune, menace l'humanité d'une catastrophe pire encore que celle de Tchernobyl. Une catastrophe qui s'ajoute à celle de mars 2011 à Fukushima : 3 réacteurs percés qui déversent leur contenu mortel dans l'air, dans l'océan et dans la terre.
    Les ingénieurs du nucléaire ne savent pas quoi faire face à tous ces problèmes. Ils ont déclamé que la sécurité, dans le nucléaire, était, est et sera totale, que, lorsqu'une catastrophe majeure a lieu, personne n'a de solution à proposer. Telle est l'effroyable vérité que révèle Fukushima. Tchernobyl avait été mis au compte de l'incompétence technique des Soviétiques. Impossible de resservir la même fable politique.

    Si l'on fait usage de sa raison, il ne reste qu'une seule conclusion : l'incompétence des ingénieurs du nucléaire. En cas de panne du circuit de refroidissement, si l'échauffement du réacteur atteint un seuil de non-retour, il échappe au contrôle et devient un magma en fusion de radionucléides, de métal fondu et de béton désagrégé, très toxique et incontrôlable (le corium).

    La vérité, posée par Three Miles Island, Tchernobyl et Fukushima, est que, une fois ce seuil franchi, les ingénieurs sont impuissants : ils n'ont pas de solution. Ils ont conçu et fabriqué une machine nucléaire mais ils ignorent quoi faire en cas d'accident grave, c'est-à-dire "hors limite". Ce sont des prétentieux ignorants : ils prétendent savoir alors qu'ils ne savent pas. Les pétroliers savent éteindre un puits de pétrole en feu, les mineurs savent chercher leurs collègues coincés dans un tunnel à des centaines de mètres sous terre, etc. Eux non, parce qu'ils ont décrété qu'il n'y aurait jamais d'accidents très graves.

    Dans leur domaine, ils sont plus incompétents que les ouvriers d'un garage dans le leur. S'il faut changer le cylindre d'un moteur, les garagistes savent comment faire : la technologie existe. Si la cuve d'un réacteur nucléaire est percée et si le combustible déborde à l'extérieur, les "nucléaristes" ne savent pas ce qu'il faut faire. On objectera qu'une centrale nucléaire est plus complexe qu'une voiture. Certes, mais c'est aussi plus dangereux. Les ingénieurs du nucléaire devraient être au moins aussi compétents dans leur propre domaine que ceux qui s'occupent de la réparation des moteurs de voiture en panne : ce n'est pas le cas.

    Le fait fondamental est là, affolant et incontestable : les radionucléides dépassent les capacités technoscientifiques des meilleurs ingénieurs du monde. Leur maîtrise est partielle et elle devient nulle en cas d'accident hors limite, là où on attendrait un surcroît de compétence : telle est la vérité, l'incontestable vérité. D'où l' aspect de devin à la boule de cristal des ingénieurs et des "spécialistes" du nucléaire. La contamination nucléaire ? Sans danger, affirment-ils, alors qu'ils n'en savent rien. L'état du réacteur détruit sous le sarcophage de Tchernobyl ? Stabilisé, clament-ils, alors qu'ils n'en savent rien. La pollution nucléaire dans l'océan Pacifique ? Diluée, soutiennent-ils, alors qu'ils n'en savent rien. Les réacteurs en ruine, percés, détruits, dégueulant le combustible dans le sous-sol de Fukushima ? Arrêtés à froid et sous contrôle, assurent-ils, alors qu'ils n'en savent rien.

    Les effets des radionucléides disséminés dans l'environnement sur les générations humaines à venir ? Nuls, clament-ils, alors qu'ils n'en savent rien. L'état des régions interdites autour de Tchernobyl et Fukushima ? Sans nocivité pour la santé, aujourd'hui, comme pour des décennies, proclament-ils, alors qu'ils n'en savent rien. Pour qui les radiations sont-elles nocives ? Seulement pour les gens tristes, avancent-ils, alors qu'ils n'en savent rien. Ce sont des devins. L'art nucléaire est un art divinatoire. C'est-à-dire une tromperie.

    Le nucléaire, qui s'annonçait comme la pointe avancée du savoir technoscientifique au point de se présenter comme une sorte de religion du savoir absolu, se révèle d'une faiblesse extrême non pas par la défaillance humaine mais par manque de savoir technoscientifique. Quelle que soit la cause contingente du dépassement du seuil de non-retour (attentat terroriste, inondation, séisme), l'incapacité de réparer et de contrôler la dissémination des radionucléides manifeste un trou dans le savoir qui menace la certitude de soi de la modernité. Les modernes prétendaient avoir rompu avec les conduites magiques. Le nucléaire est l'expérience d'une brutale blessure narcissique dans l'armature de savoir dont s'entoure l'homme moderne ; une souffrance d'autant plus grande que c'est sa propre invention qui le place en situation de vulnérabilité maximale.

    En effet, le refus de considérer la possibilité réelle d'un accident hors limite a pour conséquence la négligence pratique et l'indisponibilité de fait des moyens techniques appropriés à ces situations hors limite. Ces moyens n'existent pas ; et personne ne sait si l'on peut les fabriquer. Peut-être qu'un réacteur en "excursion" est incontrôlable ou irrécupérable.

    Je ne le sais pas et aucun "nucléariste" ne le sait; mais il est sûr que personne ne le saura jamais si l'on n'essaye pas de fabriquer ces outils techniques. Or l'affirmation d'infaillibilité empêche leur conception. Sans doute, ouvrir ce chantier impliquerait d'avouer une dangerosité jusqu'ici tue et de programmer des surcoûts jusque-là évités. Ainsi, l'infaillibilité des papes du nucléaire a plusieurs avantages : endormir les consciences et accroître les profits, du moins tant que tout va bien ; l'inconvénient majeur est de nous exposer sans aucun recours à des risques extrêmes.

    Tout savoir scientifique ou technique est, par définition, incomplet et susceptible de modification. Affirmer l'infaillibilité d'un savoir technoscientifique ou se comporter comme si cette infaillibilité était acquise, c'est ignorer la nature du savoir et confondre celui-ci avec une religion séculière qui bannit le doute et nie l'échec. D'où l'effet psychotique de leurs discours (infaillibles et certains) et de leurs pratiques (rafistolages et mensonges). Tout observateur est frappé par cette contradiction et plus encore par son déni. Chacun est sommé d'un côté de leur reconnaître une science et une technique consommées et de l'autre côté de se taire malgré le constat de leur échec. Bref, le nucléaire rend fou. Mais ce n'est qu'un aspect de notre condition nucléaire. Contaminés de tous les pays, unissez-vous !

    Jean-Jacques Delfour, professeur de philosophie en CPGE, ancien élève de l'ENS de Saint-Cloud



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  • Fukushima : des médecins dénoncent désinformation et risques minimisés

    Inlassablement, il faut dénoncer les agissements irresponsables des décideurs politique  " Responsables ". 

    Inlassablement, il faut informer les populations des dangers minimisés, pourtant réels.

     Gaulois.

    Champ de riz à Fukushima

    Article en français  : " Fukushima :  des médecins dénoncent désinformations risques minimisés"  sur le site ddmagazine  ci-dessous :
    http://www.ddmagazine.com/201209032496/Actualites-du-developpement-durable/Fukushima-des-medecins-denoncent-desinformation-et-risques-minimises.html

    Le 03 septembre 2012

    L'association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW) s'est tenue à Hiroshima du 24 au 26 août derniers. À cette occasion elle a envoyé une délégation de 30 médecins de différentes nationalités sur le site de Fukushima le 28 août pour rencontrer des médecins locaux, et fait part de son constat et de ses recommandations pour protéger la santé des Japonais après la catastrophe. [Ci-dessus champ de riz à Fukushima, photo CC prise en 2006]

    L'IPPNW rappelle en premier lieu que le nucléaire civil et le nucléaire militaire sont inextricablement liés, extrêmement dangereux pour la santé à tous les stades, risquent de rejeter des quantités catastrophiques de radiations, et représentent le danger le plus important pour la santé de l'humanité (ici le document original en anglais ).

    Les médecins rappellent que les désastres nucléaires comme Fukushima ont des conséquences graves sur le long terme ; que les contaminations se propagent via l'océan et l'atmosphère à toute la planète avec des impacts sur la santé de ses habitants. Ils rappellent également qu'il n'existent pas de traitement approprié pour guérir des effets catastrophiques sur la santé de l'explosion d'une bombe atomique ou d'un accident comme Fukushima.

    L'IPPNW s'inquiète de la santé de plus de 20 000 employés qui ont travaillé sur le site de Fukushima depuis la catastrophe et de ceux, très nombreux, qui viendront encore y travailler pendant des décennies. L'association souligne de nombreux cas rapportés de protection insuffisante des travailleurs, de résultats de mesures falsifiés à la baisse, de mauvaises informations diffusées par les dirigeants, et via le système scolaire, tendant à minimiser le risque des radiations.

    L'IPPNW avait déjà tenu a faire part de ses recommandations au gouvernement japonais. Dans un courrier au Premier ministre Japonais Nato Kan l'association internationale de médecins avait rappelé que dès les premiers jours après la catastrophe de Fukushima elle avait exprimé ses regrets que les populations locales et la communauté internationale n'aient pas été complètement informées de la nature et de l'étendue des émissions radioactives, que les zones d'évacuation n'aient pas été plus larges, que les valeurs limites d'exposition semblaient inadéquates à la protection de la population, en particulier des femmes enceintes et des enfants.

    L'association rappelle qu'elle est perturbée par des rapports récents mettant en causes les agences gouvernementales en charge de la sûreté nucléaire, parce qu'elles auraient fait passer l'intérêt économique et politiques avant celui de la santé publique.

    Une situation encore instable
    Les médecins s'inquiètent de l'instabilité actuelle de la situation (faisant certainement référence aux piscines de combustibles usés du réacteur N° 4, ndlr) et des risques liés à un éventuels prochains séismes (le réacteurs 4 en ruines pourrait s'effondrer). Dans cette éventualité, Ils invitent le gouvernement à mettre en place des mesures d'évacuations rapides d'une zone de 80 à 100 km autour de la centrale.

    Des doses inacceptables
    Les médecins de L'IPPNW considèrent que la limite de dose autorisée actuelle pour la population de 20 mSv (20 millisievert) est inacceptable. Plus concrètement l'association appelle à : indiquer de façon détaillée les zones contaminées ; gérer les populations sur la base des contaminations externes et internes (via la respiration des poussières et l'alimentation, ndlr) exacts, et non sur la simple mesure de la distance à la centrale nucléaire ; mettre en place un système de suivi de la santé des populations qui soit transparent, partagé avec la communauté internationale, vérifiable par des scientifiques indépendants ; remettre le maximum de doses admissible par la population à 1 mSV (insistant encore sur la prise en compte de l'exposition interne, celle qui se fixe dans les organes comme les poumons, le foie, ou les os, ndlr) et sur la nécessité d'appliquer cette mesure immédiatement aux enfants et aux femmes enceintes ; informer largement les citoyens sur les moyens de se protéger des retombées radioactives liées à la catastrophe.  

    Source de l'association internationale IPPNW  ( Association Internationale des Médecins pour la prévention de  la guerre nucléaire)  : texte en anglais daté du 29 Août 2012 ci-dessous :
    http://fukushimasymposium.files.wordpress.com/2012/08/20120829_ippnw_recommendations_fukushima.pdf


    Il existe une association française AFMPGN ( Association Française des Médecins pour la prévention de la guerre nucléaire ) qui adhère à IPPNW .
    Un compte-rendu du Forum organisé par Independentwho en mai dernier a été rédigé par le Dr Françoise Ducloux :
     http://amfpgn.org/site/cr-du-forum-scientifique-et-citoyen-organise-par-%C2%AB-independent-who-%C2%BB/#more-2076


    Un colloque sur les leçons du désastre de Fukushima  est annoncé cet automne par cette association française en direction des médecins généralistes :
    voir article : http://amfpgn.org/site/les-lecons-de-la-catastrophe-de-fukushima-pour-les-medecins/

    Extrait :
    "V- LE POINT DE VUE DE L’AMFPGN
    Devant un tel risque potentiel pour nos patients et devant l’inertie des pouvoir publics, réticents à toute prise en compte des leçons du désastre de FUKUSHIMA, nous pensons qu’il est de notre devoir de s’emparer du problème. Mais nous voulons le faire à notre manière, avec les organisations de médecins généralistes, en partant de la base. C’est à partir des questions, des besoins, et de la demande de formation sur des points précis des praticiens que doit surgir nos propositions pour les pouvoirs publics et nos actions dans le domaine de la formation. C’est l’objectif unique de notre proposition de colloque à l’automne sur cette unique problématique. Les leçons de la catastrophe de FUKUSHIMA sont pour nous simples: puisque les médecins généralistes se retrouveront, bon gré mal gré, aux avant-postes de la santé publique en cas de désastre nucléaire, c’est à eux de dire quel rôle entendent-ils jouer dans cette situation, quelle prévention leur parait nécessaire, et quelle formation doit être exigée."  ( souligné par VR)
    Commentaire : Faut-il que les médecins généralistes français se préparent à la catastrophe atomique en France ou bien serait-il plus judicieux qu'ils réfléchissent comment éviter la catastrophe car après: ne sera-t-il pas trop tard ?...
    " C'est avant la catastrophe qu'il faut agir, après il est trop tard " Roger Belbéoch, physicien français ( 1928-2011)


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  • Fukushima : et si le pire était à venir ?

    Toutes les catastrophes nucléaire passées telles que Tchernobyl et Fukushima pour les plus importantes, ou à venir, réservent à l'humanité une somme d'incertitudes dont les populations n'ont pas idée de l'importance.
    A cela il ne faut pas oublier d'inclure les essais nucléaires, les bombardements atomiques de 1945 sur le Japon ainsi que l'utilisation massive de munitions à l'uranium appauvri.
    Si le nucléaire civil ou militaire sont intimement liés par l'exploitation, il l'est tout autant par les désastres occasionnés sur le vivant.
    Sans le moindre excès de pessimisme et au risque de passer pour des catastrophistes aux yeux des pro-nucléaires et des septiques, quelques scientifiques indépendants faut-il le souligner, parlent d'hiver nucléaire ou encore d' Holocauste nucléaire.    
    http://www.aredam.net/uranium-dossier-technique.html
    http://www.aredam.net/HD%20express_3.pdf
    http://quimper.letelegramme.com/local/finistere-sud/quimper/ville/debat-d-idees-albert-jacquard-ne-lache-rien-04-02-2012-1590046.php


    Gaulois.

    Fukushima : et si le pire était à venir ?

    Créé le 22-08-2012 à 16h41 - Mis à jour le 23-08-2012 à 11h12

    Par Vincent Jauvert

    Personne ou presque ne le dit : au cœur de la centrale japonaise dort une "bombe" dont les effets, en cas de nouveau séisme, seraient dévastateurs. De notre envoyé spécial au Japon.

              A cause de la piscine du réacteur 4 (sur le toit), un nouvel accident peut se produire n'importe quand.   (SIPA)

    C'est une petite piscine - et un désastre planétaire en puissance. Un cube en béton de onze mètres de profondeur, rempli d'eau et bourré de combustibles nucléaires usagés : 264 tonnes de barres très radioactives ! Depuis un an et demi, ce bassin dit de "désactivation" repose à trente mètres du sol sur le bâtiment ébranlé du réacteur numéro 4 de la centrale de Fukushima-Daiichi. Il n'est plus protégé ni par un toit solide ni par des murs, mais par une simple bâche de plastique blanche.
    Ce scénario d'apocalypse obsède la plupart des chercheurs
    Les risques d'une telle situation sont incommensurables. Si, à la suite d'un typhon (dont la saison commence fin août) ou d'un nouveau tremblement de terre, la piscine venait à se vider ou à s'écrouler, la catastrophe qui en résulterait serait probablement sans précédent dans l'histoire de l'humanité. La mise à l'air libre de ces 264 tonnes de combustibles nucléaires pourrait dégager dans l'atmosphère dix fois plus de radioactivité que l'accident de Tchernobyl, si ce n'est davantage. Ce serait, disent certains, la fin du Japon moderne et, en tout cas, une calamité pour l'ensemble de l'hémisphère Nord qui deviendrait gravement et durablement contaminé.

                                                           La piscine du réacteur 4. (Noriaki Sazaki-AP-AFP)

    Sensationnalisme ? Délire catastrophiste de militants antinucléaires ? Malheureusement, non. Ce scénario d'apocalypse obsède la plupart des chercheurs sérieux qui ont étudié le dossier. Jusqu'en septembre dernier, le professeur Koichi Kitazawa présidait la prestigieuse Agence japonaise pour les Sciences et la Technologie (JST), qui n'est pas, loin s'en faut, une antichambre de Greenpeace. Cette année, il a dirigé une grande commission d'enquête sur l'accident nucléaire de mars 2011. "Après avoir écouté des centaines de témoins, ma conviction est faite, raconte cet universitaire respecté. A la centrale de Fukushima, le pire est peut-être à venir. A cause de la piscine du réacteur 4, un nouvel accident peut se produire n'importe quand, qui menacerait la survie même de mon pays." Et le scientifique ajoute :
    Je prie pour que, dans les semaines à venir, une violente tornade saisonnière ne s'abatte pas sur la centrale."
    Haut responsable du département de l'Energie sous Bill Clinton, Robert Alvarez a été l'un des premiers à tirer la sonnette d'alarme. Il confirme : "Si un tremblement de terre ou tout autre événement venait à affecter cette piscine, il pourrait en résulter un incendie radiologique catastrophique, avec près de dix fois la quantité de césium 137 qui s'est propagée à la suite de l'accident de Tchernobyl." Notons que les explosions à la centrale de Fukushima n'ont libéré qu'un sixième de ce césium émis à Tchernobyl. Autrement dit, la chute de cette piscine, qui selon l'expression du physicien français Jean-Louis Basdevant, semble être maintenue en hauteur par les seules "forces de l'esprit", pourrait être soixante fois plus grave que la catastrophe de mars 2011. Cette dernière ayant provoqué l'évacuation permanente de 160 000 personnes dans un rayon de vingt kilomètres autour du site atomique, on peine à imaginer ce que "soixante fois plus grave" veut dire.
    Une radioactivité équivalente à 5 000 fois la bombe nucléaire de Hiroshima!
    Un professeur à l'Institut de Recherche nucléaire universitaire de Kyoto, Hiraoki Koide, propose, lui, une comparaison plus effrayante encore, surtout pour les Japonais. "Si le bassin du réacteur numéro 4 devait s'effondrer, assure-t-il, les émissions de matière radioactive seraient énormes : une estimation prudente donne une radioactivité équivalente à 5 000 fois la bombe nucléaire de Hiroshima." A notre connaissance, personne ne l'a contredit. [...]


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  • Papillons mutants

    Faut-il s'étonner d'une telle information ? Bien sûr que non !
    La catastrophe de Fukushima est comparable à celle de Tchernobyl et les effets sur la faune, la flore et les humains seront assurément tout aussi comparables et catastrophiques.
    Du point de vue de l'information, elle est beaucoup plus accessible pour Fukushima, malgré tous les efforts pour cacher la vérité. Tandis que le système de l'ex URSS ne laissait passer aucune information.
    Quoi qu'il en soit, il faut s'attendre à des suites dramatiques bien plus importantes sur l'atteinte du génome tant humain qu'animal et les maladies génétiques qui s'ensuivront, comme à Tchernobyl.

    http://www.google.fr/search?q=Maladies+g%C3%A9n%C3%A9tiques+de+Tchernobyl&hl=fr&prmd=imvns&tbm=isch&tbo=u&source=univ&sa=X&ei=VWU7UJnnH8fZ0QWk7oHQAw&sqi=2&ved=0CCoQsAQ&biw=1024&bih=599

    Gaulois.

     
    EN IMAGES - Des papillons mutants découverts après Fukushima
    Créé le 14/08/2012 à 10h18 - Mis à jour le 15/08/2012 à 08h45
    http://www.rtl.fr/actualites/international/article/des-papillons-mutants-decouverts-apres-fukushima-7751617993








     

     

     

     

     

    Un papillon de nuit / AFP/Archives / Franck Fife

    Et dire que Godzilla, le gros varan mutant, est d'origine japonaise... Des papillons des alentours de la centrale de Fukushima et les deux générations suivantes ont souffert de mutations à cause de la radioactivité, ont découvert des chercheurs japonais. Mais à quoi ressemblent-ils alors ?

    La radioactivité a changé leur code génétique sur trois générations:

     

    "12 % d'entre eux présentaient des anomalies" selon le rapport scientifique :


    Des ailes plus petites et des yeux étranges

    Environ 12% de petits papillons bleus de la famille des lycénidés exposés à la radioactivité à l'état de larves lors de la catastrophe nucléaire de mars 2011 ont développé des anomalies, notamment des ailes plus petites et une malformation des yeux, ont expliqué des chercheurs.



     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Ces insectes attrapés non loin de la centrale accidentée Fukushima Daiichi en mai, soit deux mois après l'accident, ont ensuite été élevés en laboratoires à des fins de reproduction. Quelque 18% de la génération suivante a développé des problèmes similaires, a souligné Joji Otaki, professeur à l'Université Ryukyu d'Okinawa (sud), mardi auprès de l'AFP.


    La proportion a encore grimpé (à 34%) pour la troisième génération, alors que les scientifiques avaient pris soin de choisir un papillon sain d'une autre région pour l'accoupler avec un papillon de Fukushima. Six mois après le désastre, un nouveau lot de papillons a été attrapé près de Fukushima Daiichi et cette fois le taux d'anomalie de la génération suivante a été mesuré à 52%, a précisé M. Otaki.

    Les scientifiques ont aussi réalisé une expérience test sur une population de papillons non affectés. Ils les ont exposés en laboratoire à de faibles doses de radioactivité et ont constaté la même proportion d'anomalies que chez la première génération de papillons de Fukushima.

                                                                       Les gènes des papillons touchés

    Les résultats de cette étude ont été publiés dans Scientific Reports, un journal sur internet diffusé par l'éditeur du magazine Nature. "Nous en avons tiré la conclusion claire que les radiations dégagées par la centrale Fukushima Daiichi avaient endommagé les gènes des papillons", a souligné M. Otaki.

    Il a toutefois prévenu que ces résultats devaient être pris avec précaution, précisant que l'effet observé n'était avéré à l'heure actuelle que sur les papillons et sur aucune autre espèce animale ni sur l'homme. Son équipe va mener de nouvelles expériences sur d'autres animaux.



    Les humains touchés ?

    Aucune personne n'est morte directement du fait des radiations provoquées par l'accident de Fukushima, mais les habitants de la région et les travailleurs qui interviennent sur la centrale endommagée, redoutent toujours des effets à long terme.

    Des associations affirment que des effets de la radioactivité se sont transmis sur plusieurs générations à Hiroshima et Nagasaki, après le lancement de bombes atomiques par les Américains en août 1945 à la fin de la Seconde guerre mondiale.

    Entretien avec Michel Fernex, professeur émérite de médecine et spécialiste des impacts sanitaires des radiations

    http://groupes.sortirdunucleaire.org/Entretien-Michel-Fernex

    Mutations chez les papillons de Fukushima : quelles conclusions en tirer ?

    "Il est temps de cesser de mentir. Il faut reconnaître le danger que représentent les problèmes génétiques qui vont s’amplifier".
    Question : Que penser de la méthodologie adoptée et du sérieux de l’étude ?
    Michel Fernex : Cette étude consacrée à un papillon bleu commun au Japon montre que les retombées radioactives de Fukushima altèrent le génome de cette espèce animale [1]. C’est un excellent travail de recherche conduit sur le terrain et au laboratoire par sept universitaires. Les photos illustrent bien les altérations congénitales qui étaient déjà présentes deux mois après les explosions chez les papillons femelles, et qu’on retrouve amplifiées dans les deux générations qui ont suivi.
    On était en droit d’attendre une telle qualité et une telle rapidité de la part des universitaires japonais. On doit d’autant plus regretter qu’aucune Faculté de Médecine de ce pays hautement qualifié dans ces domaines n’ait eu le même courage. En effet, les autorités cherchent à minimiser ou occulter l’impact de la dissémination des énormes quantités de radionucléides artificiels libérées suite à la catastrophe atomique. Encore aujourd’hui, le pays impose le silence et l’immobilité au corps médical.
    Q : Quelles sont les principales conclusions à tirer de cette étude ?
    M. F. : Les rayonnements ionisants ont une radiotoxicité qui altère le développement de l’animal. C’est l’effet tératogène [= producteur de malformations]. Les rayonnements sont aussi mutagènes : ils peuvent altérer directement l’ADN des gènes et entraîner la mort ou provoquer des anomalies héréditaires qui ne s’exprimeront souvent qu’après plusieurs générations.
    Chez les papillons de Fukushima, les dommages génétiques sont non seulement précoces, mais en plus ils augmentent significativement de génération en génération. Ce phénomène repose probablement sur ce qu’on appelle une atteinte périgénétique : les rayonnements ionisants peuvent altérer certaines parties essentielles de la cellule (cytoplasme, membrane) sans même avoir pénétré dans son noyau. Ces altérations périgénétiques sont directement transmises aux descendants et, phénomène nouveau, vont s’aggraver de génération en génération.
    Q : Cette étude confirme-t-elle les précédents travaux sur les impacts de la radioactivité sur les animaux, notamment à Tchernobyl ?
    M.F. : Cette étude confirme tous les travaux antérieurs. Ainsi, une étude réalisée de 1986 à 1996 par des chercheurs biélorusses sur 22 générations de campagnols de la région de Tchernobyl avait déjà démontré la poursuite d’une telle aggravation du dommage génétique, découvert dans des zones avec une radioactivité sur les sols de 2 546 000 Becquerels par mètre carré, ce qui est énorme, mais aussi à 300 km de là, près de Minsk, avec seulement 12 000 Bq/m2 [2].
    Plusieurs équipes de scientifiques, dont celles d’Anders Møller et Thimothy Mousseau [3], ont étudié la zone de 30 km de rayon évacuée autour de Tchernobyl. Elles ont montré qu’une contamination radioactive importante des sols entraînait encore, plus de 20 ans après, une baisse de la biodiversité et de l’abondance par espèce du fait de la réduction de la fertilité et de la mortalité précoce chez les oiseaux. Dans les régions fortement contaminées, la population des différentes espèces de grands mammifères, des reptiles, des batraciens et des arthropodes comme les papillons, les sauterelles et les bourdons s’est réduite.
    Ces mêmes chercheurs ont constaté en 2011 l’impact négatif des rayonnements ionisants à Fukushima chez les oiseaux et les papillons. Seul l’effectif des araignées a augmenté, peut-être parce que l’affaiblissement des proies rend leurs toiles plus efficaces. Ces études quantitatives étant répétées durant 3 années consécutives, les mesures de 2012 confirmeront peut-être cette hypothèse.
    Q : Que penser alors des théories abondamment répandues selon lesquelles la nature reprendrait ses droits dans les zones contaminées ? [4]
    M.F. : Certes, dans la zone d’évacuation de Tchernobyl, les animaux ne sont plus menacés par leur principal prédateur, l’homme. Mais il est faux d’évoquer une nature luxuriante : les recherches sur la faune font état d’une diminution de population, d’une mortalité accrue et d’une baisse de fertilité chez quasi tous les animaux étudiés, du fait des pathologies héréditaires et de la contamination de leur alimentation, notamment par le césium 137. Les hirondelles connaissent ainsi une quasi-extinction [5].
    La théorie d’une "nature préservée" autour de Tchernobyl effectue une grossière impasse sur tous ces travaux, qui restent peu connus du grand public du fait de la censure et de l’arrêt des financements de l’A.I.E.A. . C’est un cliché mensonger destiné à légitimer l’ouverture de la zone d’évacuation à un certain type de tourisme, comme le souhaite l’Ukraine, et bien sûr à nier l’impact réel d’un accident nucléaire majeur.
    Q : Dans quelle mesure peut-on en tirer des conclusions sur les conséquences sanitaires pour les êtres humains ?
    M.F. : La dernière phrase de ce travail me gêne. Elle prétend que cette étude n’a pas de portée en ce qui concerne les humains, alors qu’elle confirme les risques pour les autres espèces. Or la génétique concerne tous les animaux.
    Une telle augmentation des dommages génétiques a en tout cas été observée chez les humains. Le Professeur Yuri Dubrova a pu la mesurer chez des familles d’irradiés de Tchernobyl. Il retrouve cette augmentation sur trois générations, chez les bergers de Sémipalatinsk (Kazakhstan), irradiés par les derniers essais nucléaires aériens russes.
    À Fukushima, comme ce fut le cas à Tchernobyl, les autorités n’ont pas évacué les populations à temps. On doit imaginer que les milliers d’habitants évacués trop tard ainsi que les travailleurs qui s’acharnent à réduire la contamination de l’environnement, en particulier de la nappe phréatique, auront des descendants génétiquement plus affectés qu’eux-mêmes.
    Par ailleurs, les enfants n’ont pas été protégés par la distribution de comprimés d’iode stable pour éviter l’augmentation des maladies thyroïdiennes, mesure qui a été prise en Pologne pour 10 millions d’enfants, sans effet secondaire notable. Ce qui est également grave à Fukushima, c’est que les familles confinées trop longtemps n’ont pas reçu d’aliments radiologiquement propres, alors que le Bélarus, pays le plus pauvre d’Europe, avait fait cet effort pendant huit ans. Malgré cela, dans les zones contaminées de Tchernobyl, 8o% des enfants sont malades plus de 20 ans après l’explosion.
    Q : Est-il difficile de publier une telle étude dans le contexte actuel au Japon ? Et à Tchernobyl ? Quel message devrait être aujourd’hui adressé aux autorités sanitaires ?
    M.F. : Les autorités japonaises peuvent penser que les papillons bleus, malades ou non, ne préoccupent pas la population… À Tchernobyl, on a trois pays différents. Dans une certaine mesure, l’Ukraine informe et les deux autres pays (Russie et Biélorussie) se taisent le plus souvent.
    Dans tous les cas, il est temps de cesser de mentir. Il faut reconnaître le danger que représentent les problèmes génétiques qui vont s’amplifier. Il est donc nécessaire d’établir des plans de recherches pour découvrir et développer des antimutagènes pour qu’une prévention de ces mutations toujours nuisibles devienne réalisable.
    Une dernière remarque enfin : qui a le droit de promouvoir une énergie produite par des industries qui empoisonneront gravement l’avenir de nos enfants et petits enfants ?
    Les experts sont d’accord qu’une nouvelle catastrophe atomique est inéluctable et que même un réacteur de sixième génération ne serait pas sûr, comme l’exprime un chercheur en physique nucléaire du CERN. Déjà, le professeur Vassili Nesterenko disait qu’il était illusoire d’améliorer la sécurité de ces machines, tant que l’erreur humaine est possible. Pour fonctionner correctement, le nucléaire aurait besoin d’humains infaillibles... et d’autres qui acceptent de vivre en ignorant les impacts néfastes de cette technologie.
    Propos recueillis par Charlotte Mijeon



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  • « À Fukushima, les leçons de Tchernobyl sont ignorées »

    Malgré tous les efforts de la secte nucléaire et des grands médias à la botte pour cacher la vérité, des personnalités se lèvent pour dévoiler la situation au Japon.

     Gaulois.

     Par Michel Fernex le 24/07/2012 à 05:00

    Propos recueillis par Élisabeth Schulthess
    http://www.lalsace.fr/actualite/2012/07/24/michel-fernex-a-fukushima-les-lecons-de-tchernobyl-sont-ignorees



    Dr Michel Fernex : « Les études scientifiques en cours montrent qu’il y a autant de dommages génétiques dans les secteurs contaminés de Fukushima que de Tchernobyl. » Archives Thierry Gachon

    De retour d’un voyage de dix jours au Japon, le Dr Michel Fernex dénonce mensonges et silences qui mettent en danger les populations contaminées par la catastrophe de Fukushima.
    Que retenez-vous de vos échanges avec des professeurs de la faculté de médecine de Fukushima ?

    J’ai pu rencontrer quatre professeurs de cette université, en cardiologie, urologie, médecine interne et ophtalmologie. Des médecins qui semblent tout ignorer des affections liées à la contamination. Ils étaient très surpris de voir apparaître chez des sujets jeunes des infarctus du myocarde, du diabète, des maladies des yeux. Je leur ai parlé des travaux du professeur Bandajevsky, de Gomel, en collaboration avec l’institut indépendant Belrad, auprès des populations touchées par Tchernobyl. Ces études ont mis en évidence les liens entre contamination, notamment par le Césium 137, et ces pathologies.

    Directive a été donnée à l’université de Fukushima de ne pas parler de nucléaire. Seul un jeune professeur d’écologie tente des études sur les conséquences de la catastrophe sur les enfants. Il subit des menaces. La majorité des universitaires sont disciplinés, ils ferment les yeux pour sauver leur carrière : c’est très grave. Un pays aussi fort en recherche que le Japon devrait approfondir les études sur les altérations génétiques induites par la contamination et développer des antimutagènes pour réduire les anomalies génétiques qui se transmettront de génération en génération.

    Des maladies de la thyroïde apparaissent déjà, mais les cancers ont un temps de latence qui fait qu’ils ne séviront que dans quatre ans, tout comme les cancers du cerveau chez les enfants et plus tard chez les adultes. Le nombre de bébés de faible poids à la naissance augmente. Le nombre de naissances de filles baisse de 5 % parce que l’embryon féminin est plus vulnérable. L’évolution des maladies du nouveau-né et du mongolisme est encore gardée secrète.

    Comment les populations des régions contaminées vivent-elles aujourd’hui ?

    J’ai rencontré des femmes réfugiées à Kyoto qui n’ont pas été informées des risques, ni des précautions à prendre, qui ne recevaient pas de nourriture propre. Dans la ville de Fukushima, les gens restent enfermés dans les maisons, ne jardinent plus. La radioactivité est excessive, même dans les cours d’école décapées. Le gouvernement veut renvoyer des familles actuellement à l’abri des radiations dans leurs quartiers d’origine encore très pollués.

    Dans les campagnes, des petits paysans qui vivent en autarcie se nourrissent de riz contaminé. Un riz qui n’est plus vendable. Les paysans sont ruinés. Ils auraient besoin de pectine pour bloquer l’absorption des radionucléides et accélérer leur élimination.

    De la pectine de pomme ?

    L’expérience acquise au Belarus montre que des cures de trois semaines de pectine de pomme vitaminée permettent de diminuer la charge de césium, donc de diminuer les dommages aux tissus. Ces cures peuvent être renouvelées tous les trois mois et doivent s’accompagner de mesures de précaution dans le choix et la préparation de la nourriture pour protéger notamment les enfants. Les autorités japonaises n’ont pas fait ce travail d’information et de prévention. En revanche, la traduction en japonais du Petit guide pratique d’une radio-protection efficace, écrit par Vladimir Babenko, de l’Institut Belrad, a été très vendue au Japon.

    Autrement dit, les leçons de Tchernobyl n’ont pas été entendues par les autorités ?

    Non. Après la catastrophe, il n’a pas été distribué d’iode stable dans les trois jours. C’est une faute grave de ne pas prendre cette mesure de prévention simple pour éviter les maladies de la thyroïde et les souffrances. L’évacuation a été retardée, comme à Tchernobyl. Au-delà de 30 km, il n’y a pas eu d’évacuation et les gens partis volontairement ne seront pas indemnisés. Les règles internationales de protection radiologique n’ont pas été respectées : les doses admissibles de radioactivité ont été rehaussées, même pour les enfants qui sont pourtant cent fois plus sensibles aux rayonnements ionisants que les adultes. Les autorités soviétiques avaient refusé de franchir ces limites de doses. Les autorités japonaises ont accepté, sous l’influence du lobby de l’atome représenté par l’AIEA [Agence internationale de l’énergie atomique], venue sauver l’industrie nucléaire plutôt que les populations. Et l’OMS était complètement éteinte.

    Des dosimètres ont pourtant été distribués aux enfants ?

    Le dosimètre donne une idée de l’irradiation externe, et non de la charge en radionucléides artificiels dans l’organisme. Les rayonnements internes chroniques sont dix fois plus pathogènes que les doses externes. Il faudrait régulièrement mesurer cette contamination interne et conseiller les familles sur la façon de vivre, de manger, de s’habiller en zone contaminée. Ce n’est pas fait. C’est criminel.

    Qu’est-ce qui vous a amené à aller à Fukushima ?

    Mon impertinence. Il y a quelques mois, suite à la lecture d’un article du journal japonais Mainichi Daily News, j’avais envoyé un long article pour répondre point par point à des affirmations que j’estime fausses. Ma réponse a été publiée en entier et a fait le buzz au Japon au point que des Japonais, en particulier des associations de victimes, m’ont invité à faire une tournée de conférences. J’ai pu mesurer combien le lobby nucléaire est actif pour relancer les réacteurs alors que les victimes sont abandonnées.

    LIRE Après l’accident atomique, Guide pratique d’une radio-protection efficace, par Vladimir Babenko, Éditions Tatamis. Les articles du Dr Fernex et de nombreux autres scientifiques sur le site internet : http://enfants-tchernobyl-belarus.org

    le 24/07/2012 à 05:00 par Propos recueillis par Élisabeth Schulthess

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    A consulter absolument :

    Un rapport en cours de traduction de la Commission indépendante sur la catastrophe nucléaire de Fukushima

    http://fukushima.over-blog.fr/article-rapport-de-la-commission-independante-sur-la-catastrophe-nucleaire-de-fukushima-la-verite-devoilee-108417997.html







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  • Nouvelles de Fukushima et pétition

    Je transmet ce message de Pierre Fetet. Merci de transmettre à votre tour en direction de vos réseaux.

    Gaulois.

    Malgré le cinéma de Tepco qui vient de retirer deux assemblages neufs de la piscine de l’unité 4, la menace n’a pas changé, elle est toujours maximale : les 1533 assemblages restants sont toujours à la merci d’un effondrement du bâtiment ou d’une fuite en cas de séisme violent. Et ce danger va perdurer encore durant 1 an et demi dans le meilleur des cas, mais plutôt 2, voire 3 ans en réalité tant la tâche de transférer le combustible est complexe.

    Etant donné la réponse du l’ONU aux organisations japonaises, j’ai pensé qu’il ne fallait surtout pas abandonner le combat. C’est pourquoi j’ai lancé une pétition voilà 2 semaines afin d’exiger de l’ONU la création d’une équipe scientifique internationale pour gérer spécifiquement le problème de la piscine 4.

    A l’heure où j’écris, 6356 signatures ont été récoltées. Si vous jugez utile de la faire circuler dans vos contacts et vos réseaux, je vous mets les liens vers les deux versions désormais disponibles (français et anglais).

    Merci d’avance !

    Pierre Fetet

    Argumentaire et pétition en français :

    http://fukushima.over-blog.fr/article-appel-urgent-pour-eviter-une-nouvelle-catastrophe-nucleaire-mondiale-107834979.html

     
    Argumentaire et pétition en anglais :

    http://fukushima.over-blog.fr/article-an-urgent-appeal-to-avoid-another-global-nuclear-disaster-108329137.html

     
    Lien direct vers la pétition :

    http://www.avaaz.org/fr/petition/Appel_urgent_pour_eviter_une_nouvelle_catastrophe_nucleaire_mondiale/?cfWvucb

     


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  • Nouvelles du Japon

    Les nouvelles du village nucléaire mondial

    Publié le 4 juillet 2012

    http://gen4.fr/2012/07/les-nouvelles-du-petit-monde-du-nucleaire.html/

    Japon :

     

     

     

     

     

    Les unités n°. 3 et 4 de la central d’Ohi au Japon

    A Ohi, les choses ne se passent pas précisément comme le village nucléaire Japonais l’avait envisagé : l’unité n°. 3 devait se voir raccordée au réseau aujourd’hui mais – allez imaginer cela ? – le matériel fait décidément de la résistance, la turbine principale a ainsi récemment rencontré des problèmes de vibrations retardant d’autant la mise en production, même si le réacteur n°. 3 a bien re-divergé (1) dimanche matin.
    Le redémarrage « officiel » de l’installation n°. 3 est maintenant fixé au jeudi 5 juillet, à moins que de nouveaux incidents / alarmes ne prolongent à nouveau ce délai. Une vingtaine d’alarmes différentes ont en effet résonné depuis le 16 juin lors de cette opération de « redémarrage » de l’unité n°. 3 d’Ohi, ce qui prouve bien que l’énergie nucléaire est loin d’être disponible instantanément et contrôlable à 100%.

    Environ 700 manifestants barrent l’accès au site d’Ohi le 1er juiillet 2012
    Durant ce temps, les manifestations anti-nucléaires se poursuivent au Japon avec quelques centaines de manifestants qui ont bloqué dimanche la route d’Osaka à Ohi, et un millier de personnes qui ont de nouveau manifesté contre le nucléaire dans le centre de Tokyo, 48 heures après la démonstration géante de vendredi ayant rassemblé 200.000 manifestants devant la résidence de M. Noda.
    Apparemment indifférentes à ces réactions populaires locales ainsi qu’aux sondages qui établissent que plus de 70% des Japonais sont opposés au redémarrage précipité des réacteurs nucléaires du pays, les autorités Japonaises envisagent de redémarrer la tranche n°. 4 d’Ohi vers le 17 juillet ainsi que la très dangereuse unité de production de Kashiwazaki-Kariwa, exploitée par le sinistre opérateur TEPCO, au début de l’année 2013.
    Pour conclure sur l’épineux sujet d’Ohi, deux éminents professeurs de sismologie Japonais (3) ont récemment averti que : « Le Japon était en train d’ignorer les leçons sécuritaires exprimées l’année dernière » en redescendant de plusieurs niveaux sur les beaux discours sécuritaires ayant suivi la catastrophe de Fukushima-Daiichi. D’après les scientifiques, l’industrie électronucléaire continue de largement sous-estimer le risque sismique et les sismologues de la NISA semblent manifestement tout sauf neutres dans ce dossier.
    Pendant ce temps, à Fukushima-Daiichi, la situation du refroidissement de la piscine n°. 4 reste précaire, l’opérateur TEPCO ayant du finalement installer un nouvel équipement d’alimentation électrique des unités de refroidissement, les unités mobiles primaire et secondaire (2) ayant refusé de fonctionner durant plus de 30 heures (3) ; la température de la piscine n°. 4 était alors passée de 33° à 43° C en une trentaine d’heures soit une élévation de température d’environ 0.33° / h.

     

     

     

     

     

    1.33 µSv/h à Minamisoma, ex-zone « rouge » réouverte aux visites des ex-résidants

    Sur le terrain de la contamination, une famille évacuée de Minamisoma raconte son calvaire et précise que : « La décontamination ne semble mener nulle part« . La famille est autorisée à retourner chez elle de manière provisoire (5), ce qui leur permet de malheureusement constater que les niveaux de radioactivité sont toujours extrêmement élevés, plus de 15 mois après l’accident.
     
    USA : au Japon (et ailleurs) les preuves de la contamination se trouvent dans les filtres à air
    Les Japonais, ainsi que toutes les autres personnes ayant des doutes sur la contamination de la zone dans laquelle elles vivent / travaillent / se déplacent se trouvaient confrontées à l’épineux problème suivant : comment vérifier la présence ou l’absence de niveaux élevés de contamination radioactive dans leur habitation / bureau / voiture ?

     

     

     

     

     

    Les différents filtres testés par KI4U

    Jusqu’à très récemment encore, le problème n’avait pas de réponse : les autorités Japonaises vous envoyaient paître avec vos échantillons et faire analyser ces filtres par des sociétés privées était hors de prix.
    Depuis peu, la société Américaine KI4U (6) offre l’expertise gratuite des filtres d’habitacle de voiture, de climatiseur fixe ou mobile et autres filtres HEPA… Il suffit de cliquer dur le bouton « Get Tracking Code » en bas de cette page pour recevoir gratuitement un numéro d’expédition valable pour le transport de votre filtre vers les labos de KI4U et leur analyse radiologique. Les résultats vous parviendront généralement dans un délai de 7 jours après la réception du filtre.



    BN’s SAM940 « Defender »
    Les filtres expédiés seront testés à l’aide d’un SAM940 qui permet de détecter rapidement les niveaux de contamination et l’analyse des radionucléides éventuels retenus dans votre échantillon. L’appareil permet de détecter des concentrations anormales d’Iode-131, de Césium-137, de Plutonium-239, de Cobalt-60, de Potassium K-40 (pour étalonnage).
    Si vous souhaitez que les filtres analysés vous soient retournés, KI4U vous demandera pour la réexpédition.
    Et si vous vous demandez : « mais pourquoi offrent-ils ce service ? » Nous répondrons que les gens de KI4U sont curieux de connaître la situation radiologique réelle des différents coins du monde, qu’ils disposent du matériel, des équipes et du temps nécessaires et surtout, surtout, qu’ils disposent de toute l’indépendance nécessaire vis-à-vis du village nucléaire, ce qui n’est pas monnaie courante dans le domaine très « verrouillé » de l’expertise radiologique et dosimétrique.

    Un exemple d’affichage du SAM940
    (1) Divergence : démarrage du réacteur suite au lancement de la réaction de fission nucléaire
    (2) Équipements de refroidissement de secours, les installations principales ayant été endommagées durant la phase critique de l’accident
    (3) MM. Ishibashi de l’Université de Kobé et Watanabe de l’Université de Tokyo
    (4) Du 30/6 à 0630 au 1er juillet à 1507
    (5) La zone d’Odaka, Minamisoma a été déplacée de « zone interdite » en « zone de visite autorisée » le 15 avril 2012
    (6) KI4U ressemble à un indicatif radioamateur (Joe Green) mais signifie également Ki 4 U autrement dit : « Des pilules d’iodure de Potassium pour vous » ; les labos de KI4U sont établis au Texas, USA
    Ce contenu a été publié dans Les stratagèmes du village nucléaire mondial par admin@gen4.fr. Mettez-le en favori avec son permalien.

     


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  • 20'000 Japonais manifestent à Tokyo contre l'énergie nucléaire

    Alors que le Japon  traverse une crise sans précédent, la secte nucléaire, sous couvert de considérations économiques, tente de relancer cette technologie criminelle.

    Gaulois.
     
    22.06.2012 16:13

    http://www.rts.ch/info/monde/4092732-20-000-japonais-manifestent-a-tokyo-contre-l-energie-nucleaire.html

    La remise en exploitation de deux réacteurs nucléaires provoque la grogne des Japonais. [Kimimasa Mayama - Keystone]
    Au moins 20'000 opposants à l'utilisation de l'énergie atomique manifestaient vendredi à Tokyo devant la résidence du Premier ministre japonais contre le redémarrage de deux réacteurs nucléaires.
    "Saikado hantai !" ("Non à la relance !") hurlaient les manifestants, parmi lesquels le journaliste dénonciateur de scandales Satoshi Kamata, un des meneurs du mouvement "Adieu l'énergie nucléaire !" A ses côtés se trouvait aussi l'écrivain Prix Nobel Kenzaburo Oe, à l'origine d'une pétition rassemblant à l'heure actuelle plus de 7,5 millions de signatures. Une autre manifestation de ce genre est prévue la semaine prochaine.
    Deux réacteurs remis en marche
    Le 16 juin dernier, le Premier ministre japonais Yoshihiko Noda avait donné son feu vert à la remise en exploitation de deux réacteurs de l'ouest du Japon, Ohi 3 et 4, les premiers à pouvoir redémarrer depuis l'accident atomique de Fukushima provoqué par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011.
    Le jugement des autorités locales et du gouvernement, qui repose avant tout sur des considérations économiques tout en assurant que des mesures spéciales de sécurité seront prises, est loin de faire consensus. Le Premier ministre avait pourtant promis de ne prendre de décision "qu'après avoir obtenu la compréhension de la population".
    Alors que ceux dont les affaires dépendent de l'exploitation des réacteurs et les milieux industriels se réjouissent, les opposants dénoncent les risques selon eux encourus puisque tous les réacteurs du pays sont en bord de mer et en zone sismique. Même des personnalités qui, sur le principe, sont pour le redémarrage des réacteurs, trouvent la démarche du gouvernement japonais un tant soit peu hâtive et cavalière.
    Sécurité en question
    Les plans de la compagnie Kansai Electric, gérante de la centrale d'Ohi (ou Oi), prévoient divers renforcements de la sécurité du site, mais le tout ne sera pas terminé avant 2015. Quant aux résultats des tests de résistance rendus obligatoires, ils ont été validés par une instance, l'Agence de sûreté nucléaire, qui va disparaître dans quelques semaines sous sa forme actuelle après avoir été accusée de multiples erreurs dans le passé et de connivence plus ou moins directe avec les industriels du secteur.
    ats/bkel

    Pour accéder à d'autres informations très pertinentes sur le nucléaire : " Observatoire du nucléaire ici " :

    http://observ.nucleaire.free.fr/


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  • Fukushima, un futur sans avenir

    Nous y voilà, l'hiver nucléaire s'installe. Nier l'évidence équivaut à un suicide collectif planétaire.

    Bien d'autres avant moi l'on prédit, notamment dans la communauté des scientifiques et experts indépendants.

    Mais à entendre le silence étourdissant des médias, tout va bien....dans le pire des mondes.

    Gaulois.

     http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/fukushima-un-futur-sans-avenir-118287

    Alors que les médias continuent de faire l’impasse sur la situation au Japon, la situation continue inexorablement à se dégrader, et les jours qui viennent pourraient se montrer décisifs.

    C’est le 25 mai 2012 que des journalistes japonais de la chaine « TV Asahi » lors de l’émission « Hodo Station » ont révélé l’importance de la dégradation de la situation.

    C’est toujours la piscine du réacteur N°4 qui pose le plus de problèmes.

    Installée à 20 mètres au dessus du sol, contenant 1535 assemblages neufs, ou usagés, pour un poids total de 264 tonnes, elle a été dégradée par les explosions et les incendies qui ont eu lieu le 15 mars 2011 et elle contient beaucoup plus de combustibles qu’il ne le faudrait.

    Or la surcharge d’assemblage a réduit la proximité entre les casiers d’assemblages, ouvrant la possibilité d'une criticité en cas de surchauffe.

    Le bâtiment dans lequel se trouve la piscine a manifestement une inclinaison anormale et à la suite des dommages subis, la base de la piscine a été renforcée, ce qui ne rassure pas pour autant Masashi Goto, ingénieur expert en conception de centrales nucléaires résistantes aux séismes :

    « Même si les murs existent, il n’y a pas de manière simple d’en connaître la stabilité. A quel point la stabilité a-t-elle été compromise par la haute température de l’incendie ? Il est essentiel d’avoir toutes les données quand vous travaillez sur un calcul structurel. Chaque fois que Tepco publie des données, ils disent toujours : « nous avons calculé ceci, voici le résultat de ce que nous avons fait, donc il n’y a pas de dangers ». Mais il n’ont jamais publié une donnée que quelqu’un de l’extérieur pourrait utiliser pour vérifier leurs conclusions ».

    Pourtant Tepco affirme, par la voix de son porte parole, que « le bâtiment ne penche pas  » sur la base de mesures laser, et de niveau d’eau et que « les barres de combustible usagées sont stockées en sécurité  ». curseur à 2’30’

    Mais, connaissant la facilité de Tepco (dont l’ex-dirigeant vient d’être mis en examen) à cacher la vérité, et sachant que le toit et des murs du bâtiment ont été soufflés par une explosion d’hydrogène, on peut légitimement douter de ses affirmations, d’autant que visiblement le mur externe est déformé vers l’extérieur. (curseur à 3’57)

    Yukiteru Naka, qui a été impliqué dans la construction de la centrale, manifeste lui aussi de l’inquiétude : « je dois dire qu’il y a un risque concernant l’unité 4. (…) les conduits s’étendent sur des dizaines de kilomètres et étant donné que c’est une construction provisoire, ce n’est pas censé résister aux secousses sismiques. (…) il n’y a pas assez de maintenance. (…) j’estime qu’il faudrait peu de temps pour vider la piscine si les tuyaux étaient endommagés et causaient une fuite. (…) si la piscine se vide, aucun travailleur ne pourra s’approcher du bâtiment réacteur 4, ni des bâtiments 1,2 et 3 ».

    La difficulté vient du fait, que suite au tsunami, aux explosions, aux incendies, la grue qui permettait le déchargement des combustibles de la piscine est hors service.

    Tepco a promis d’en installer une nouvelle, qui en laissant les combustibles dans l’eau, pourrait les sortir de la piscine endommagée, et les mettre en sécurité dans une autre piscine, mais ils ne pensent pas pouvoir réaliser ça avant décembre 2013, voire plus tard.

    Tepco a en effet admis qu’il faudrait 3 ans avant d’envisager le retrait des barres de combustible. (curseur à 7’45’’)

    Or, si la piscine fuit, ou s’écroule, les assemblages se trouveront exposés à l’air, et se mettront à chauffer à tel point qu’il ne sera plus possible de les refroidir, dégageant une énorme radioactivité qui menacerait bien au-delà du Japon.

    Hiroaki Koide, professeur à l’institut de recherche nucléaire universitaire de Kyoto , est conscient du danger : « si la piscine devait s’effondrer à cause d’un nouveau gros séisme, les émissions de matière radioactives seraient énorme : une estimation prudente donne une radioactivité équivalente à 5000 fois la bombe nucléaire d’Hiroshima ».

    C’est ce que confirme la JAEA (institut de recherche de l’agence de l’énergie atomique du Japon), estimant que si la température dépasse 700°C, les gaines peuvent se briser et laisser s’échapper les pastilles de carburant composées d’uranium et de plutonium. (ce fameux MOX que nous avons fabriqué en France). lien

    C’est l’expérience qu’ils ont réalisée avec des gaines de combustible, vides bien sur, prouvant que la gaine se brisait à partir de 700°C. (curseur à 3’)

    Sur cette image, des gaines de combustibles éclatées sous l’effet de la chaleur.

    Si certains ingénieurs écartent la possibilité d’une température dépassant les 300°C, d’autres experts décrivent un scénario différent.

    Lors d’un séisme, si le bâtiment n° 4 et sa piscine s’effondraient, les assemblages se retrouveraient sur le sol, recouverts par les poutrelles, et les murs en béton du bâtiment, empêchant la circulation d’air, ni bien sur un refroidissement par l’eau, et ils affirment : « nous ne pouvons donc pas écarter le scénario d’une fusion ».

    Les experts de l’institut ajoutent : «  sans refroidissement par l’air, la destruction des barres par échauffement et la libération des matières radioactives signeraient probablement le début de la fin pour le Japon, et peut-être pour le monde  ». lien

    L’intégralité du reportage de l’émission japonaise sous titrée est en 2 parties  : 1 et 2.

    La situation en ce début juin ne s’arrange pas :

    En effet, le 6 juin 2012, les techniciens sur place à Fukushima ont remarqué que la température de l’eau de la piscine n°4 a augmenté de 8° C en 45 heures, passant de 34°C à 42°C.

    La raison de cette brusque augmentation provient de la panne prolongée du système de refroidissement.

    C’est d’abord un problème électrique sur l’un des boitiers de contrôle de l’unité mobile de refroidissement (image) qui a provoqué l’arrêt de circulation d’eau le lundi 4 juin, vers 18h, et la pompe de secours qui devait prendre automatiquement le relais ayant refusé de fonctionner, la température de la piscine a fatalement augmenté.

    Tepco estime que la température devrait théoriquement monter de 0,3° par heure, ce qui laisserait environ 11 jours avant que la température n’atteigne 90° C.

    Ce n’est pas une nouveauté, et le 12 avril dernier on se souvient que le système de refroidissement avait déjà connu une défaillance (lien) faisant monter la température à plus de 55°C. lien

    A la décharge de l’exploitant, si l’on considère l’urgence dans laquelle il a fallu installer des kilomètres de tuyaux, des milliers de raccords, des systèmes de commande fragiles, avec en prime de hauts niveaux de radioactivité, il n’était pas évident de mettre en place des systèmes de secours performants et surs. lien

    L’eau contenue dans la piscine a été mesurée à 100 kBq/l et l’évaporation de cette eau augmente chaque jour un peu plus la pollution ambiante de l’air, laquelle continue de s’échapper et faire le tour de la planète depuis le 11 mars 2011.

    Tepco, sur le point d’être nationalisé, s’apprêterait à lancer enfin la construction d’un barrage souterrain afin de restreindre les fuites radioactives vers l’océan (lien) mais celles de l’air continue d’augmenter et le professeur Takeda Kunihiko, de l’université de Chubu, constatant l’augmentation régulière et progressive de celle-ci dans son pays, estime que le 31 mars 2015, la dose annuelle atteindra 5mSv, et que plus personne ne pourra vivre au Japon après cette date. lien

    En France, depuis le départ de l’ex-président de la République, dont on savait l’attachement qu’il portait à l’industrie nucléaire, certaines vérités commencent à sortir du puits.

    On se souvient que ce dernier avait formellement affirmé le 17 avril 2012 n’avoir jamais tenté de vendre une centrale nucléaire au dictateur libyen, déclarant : « c’est un mensonge éhonté, il n’a jamais été question de vendre une centrale à Monsieur Kadhafi  ». lien

    Or, « l’observatoire du nucléaire » vient de publier sur son blog le texte de l’accord nucléaire signé entre les deux pays à Tripoli le 25 juillet 2007, document que l’on peut découvrir sur ce lien.

    En attendant les citoyens anti-nucléaires ont décidé des actions conjointes le 13 octobre 2012, dont la plus originale est peut-être celle qui va être organisée dans la région lyonnaise.

    Il s’agit de « la marche des réfugiés » : imaginant qu’un accident majeur s’est passé à la centrale nucléaire de Bugey, qui a dépassé depuis longtemps la limite d’âge, (lien) et qui a été le témoin en 1971 de la première manif antinucléaire, (vidéo) : des femmes, des enfants, des hommes vont converger vers Lyon, laissant sur leur passage des panneaux indiquant la « zone d’exclusion », pour finalement être accueillis dans des tentes de secours en plein cœur de Lyon.

    Comme dit mon vieil ami africain : « si quelqu’un t’as mordu, il t’a rappelé que tu avais des dents  ». 

    L’image illustrant l’article (explosion de Tchernobyl) provient de « fukushima.over-blog.fr »

    Merci aux internautes pour leur aide précieuse

    Olivier Cabanel

    Une pétition à signer sur ce lien

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  • Fukushima : la catastrophe durable

     Deux documents à lire et à regarder.

    Sans pessimisme excessif, le calvaire des Japonais ne fait que commencer.

    Toute catastrophe nucléaire a un début, mais il est quasi impossible d'en déterminer la fin.

    Gaulois.

      Entretien avec Paul Jobin

    par David Bornstein & Bernard Thomann [09-03-2012]

    Paul Jobin, qui suit les travailleurs de la centrale nucléaire de Fukushima, analyse le déni gouvernemental concernant les conséquences sanitaires de leur travail et, plus largement, les effets à long terme de la catastrophe. Cette censure est cependant battue en brèche par les mobilisations sociales qui passent notamment par internet.

    Le 12 avril 2011, le gouvernement japonais annonça que l’accident nucléaire de Fukushima, survenu un mois auparavant, avait atteint le niveau 7, le plus haut niveau de l’échelle INES (International nuclear event scale). Seule la catastrophe de Chernobyl avait eu le même niveau de gravité. Depuis, la transparence de l’information et les mesures de radioprotection prises par le gouvernement japonais et l’entreprise Tepco ont régulièrement été mises en cause, non seulement par les médias et le monde associatif, mais même par des experts proches du pouvoir. Le sociologue Paul Jobin nous montre à quel point les normes d’exposition qui sont appliquées aux travailleurs de la centrale nucléaire et aux populations civiles des régions contaminées et qui sont affichées comme répondant au leitmotiv de la radioprotection, le principe ALARA (“As Low As Reasonably Achievable”), relèvent finalement de logiques avant tout politiques et économiques et n’ont pas de véritables fondements épidémiologiques. Dans les premiers jours de la catastrophe nucléaire, le 14 mars 2011, le ministère de la Santé et du travail (Kōsei rōdōshō) annonçait ainsi que les maximales d’exposition pour les travailleurs étaient relevées à 250 millisieverts par an, au lieu de 20 à 50 mSv en temps ordinaire. Les doses maximum d’exposition envisageables pour les écoliers de Fukushima provoquèrent en outre la colère des habitants et des enseignants et la démission fracassante de Kosako Toshiso membre d’un comité consultatif pour le ministère des Sciences et de l’éducation. Il est, de plus, aujourd’hui très difficile de mesurer ce que sera l’impact sanitaire d’une catastrophe qui est loin d’être terminée, tant les études existantes, et dont les plus connues ont été menées sur les victimes des bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki, sont l’objet de controverses. Les difficultés de la radioprotection et le fait que l’on sache aujourd’hui que l’on est passé très près d’une catastrophe qui aurait pu être d’une dimension encore plus considérable, sans les efforts héroïques et les sacrifices des travailleurs de la centrale aidés des pompiers et des soldats des forces d’autodéfense (armée japonaise), rendent très présomptueuse l’idée même d’une gestion du risque dans le domaine nucléaire.

     

    Paul Jobin est maître de conférences à l’Université Paris Diderot et directeur de l’antenne de Taiwan du Centre d’Études Français sur la Chine contemporaine. Il a notamment été l’auteur de Maladies industrielles et renouveau syndical au Japon (Editions Ehess, 2006) et codirigé Santé au travail, Approches critiques (La découverte, 2012). Depuis le déclenchement de la catastrophe, il poursuit des recherches entamées depuis près de dix ans auprès des travailleurs de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Il analyse en particulier le déni dont les conséquences sanitaires de leur travail continuent de faire l’objet et les mobilisations sociales à l’œuvre pour une meilleure reconnaissance de ces maladies industrielles.

    http://www.laviedesidees.fr/Fukushima-la-catastrophe-durable.html

    Quel est le bilan de la catastrophe de Fukushima ?

    Le gouvernement japonais a déclaré le 16 décembre dernier que la catastrophe était terminée, que le site était sous contrôle puisqu’il y avait eu un cool down des réacteurs — mais lorsque j’interroge les ouvriers qui sont toujours sur le site, visiblement la situation est loin d’être sous contrôle et stable. En ce qui concerne le bilan de la catastrophe, pour l’instant il n’est pas question du bilan humain que la contamination par exemple au césium ou d’autres radionucléides pourraient entrainer. De fait, c’est encore un peu tôt pour qu’il y ait des conséquences de l’exposition aux rayons ionisants. Cela risque de venir malheureusement. Un dispositif d’enquête est mis en place à l’université de Fukushima, mais il est très contesté par un grand nombre d’associations civiles, de citoyens qui soupçonnent le gouvernement de les traiter comme des cobayes, un peu comme ce qui avait eu lieu pour Hiroshima et Nagasaki, sans avoir véritablement le souci de les protéger. Ce qui fait en particulier polémique, ce sont les maximales d’exposition que le ministère de la santé et du travail s’apprête à considérer comme un horizon acceptable : 20 millisieverts par an au lieu de 1 millisievert par an en temps normal. Certains experts auprès du gouvernement estiment que jusqu’à 100 millisieverts par an, il n’y a pas de danger, même pour les enfants.

    La société civile réagit-elle ?

    Fin avril, un de ces experts, le professeur Kosako, a annoncé sa démission en larmes à la télévision. Ça a eu un impact très important, non seulement dans le milieu nucléaire mais aussi sur la population y compris parmi les militants du nucléaire, jusque-là en état d’apathie, tétanisés. On disait : si même lui a cette réaction, cette inquiétude, si même lui refuse d’exposer les enfants à une norme pareille, il faut faire quelque chose.

    On a dit à l’étranger que les Japonais étaient passifs ou naïfs par rapport aux informations qui leur étaient divulguées. Ce n’est pas vrai, on a vu une grogne des téléspectateurs, de la société civile à l’égard des informations fournies par les grands médias et en particulier la chaine nationale. Il y a eu d’abord un usage massif d’internet, grosse différence avec Tchernobyl : non seulement des forums de discussion mais des forums d’informations très précises, qui transmettent des cartographies de relevé dosimétriques effectués par des citoyens lambda équipés de dosimètres, ou bien par des universitaires indépendants du gouvernement ou de l’autorité de sûreté nucléaire et tout est mis en commun sur des blogs. C’est difficile de s’y retrouver pour un citoyen peu familier des questions de radioprotection ; mais on voit à l’inverse que les citoyens ordinaires sont en train de devenir des spécialistes de radioprotection. On voit des mères de famille qui jusque-là n’étaient pas du tout conscientes ou mobilisées qui deviennent des expertes populaires. Ce qui pousse les grands médias eux aussi à prendre leurs responsabilités et leurs distances par rapport aux déclarations gouvernementales.

    Le gouvernement s’est-il décidé à sortir du nucléaire ?

    L’ambiguïté du gouvernement japonais à l’égard d’une sortie du nucléaire tient au fait que ce qu’on a appelé le village nucléaire, le lobby nucléaire japonais, a encore de beaux restes : le monstre n’est pas mort et il se manifeste de différentes façons ; je pense que son pouvoir s’est amoindri au sein du ministère de l’économie qui abrite toujours l’autorité de sûreté nucléaire. Il y a un projet de réforme de cette autorité mais pour l’heure elle est encore sous la tutelle du ministère de l’économie. Ça faisait un milieu incestueux entre les industriels du nucléaire, l’autorité de sûreté et le ministère de l’économie mais je pense qu’au sein du ministère de l’économie il y a de plus en plus d’économistes qui voient le coût de la catastrophe et le coût du nucléaire, même sans catastrophe, en terme de démantèlement des centrales ou de la gestion des barres de combustibles usagés, des déchets radioactifs : un peu comme récemment en France, le rapport de la cour des comptes a rendu officiel le coût économique du nucléaire. Jusqu’à présent il n’y avait que Greenpeace qui faisait ça ou ce type d’associations anti-nucléaire. Là, lorsque c’est la cour des comptes, on s’est dit : ah bon il y a quelque chose... Je pense qu’au Japon, il y a un débat analogue, encore plus dramatique par rapport à la situation. C’est vrai que ça n’apparaît pas encore clairement dans une déclaration très nette. Ca a été le cas avec Kan, et je pense que c’est pour cette raison qu’il a été évacué du pouvoir. Depuis fin août, la situation a encore évolué et c’est difficile de voir pour l’heure quelle est la force de résistance de ce lobby nucléaire.

    A-t-on pris la mesure du risque nucléaire depuis Fukushima ?

    En termes de sûreté il y a un angle mort énorme du risque nucléaire. J’en veux pour preuve un entretien que j’ai eu avec un spécialiste de la gestion des crises nucléaires en France à l’IRSN, Olivier Isnard, qui a été dépêché auprès de l’ambassadeur du Japon dès le 12 mars pour conseiller l’ambassadeur de France au Japon dans la gestion de la crise. Je l’ai interrogé sur les normes de radioprotection qui avaient été relevées pour les ouvriers de 20 millisieverts à 250 millisieverts par an. Je les trouve très dangereuses pour les ouvriers et je lui ai demandé ce qu’il en pensait. Il m’a dit : 250 millisieverts par an, ce n’est rien. Parce qu’à ce moment-là l’enjeu, c’était de sauver les piscines qui contiennent les barres de combustible usagées. Car si elles fondaient, c’était un débit de dose tel qu’on ne pouvait plus faire intervenir personne sur le site. Ce n’était pas en millisieverts c’était de 100 à 1000 sieverts / heure. Il m’a dit : si on envoie quelqu’un, il est grillé tout de suite comme une saucisse. Je lui ai demandé : quelles seraient les conséquences si ces piscines fondaient, si on perd le site, alors qu’est ce qui se passe ? Il m’a répondu : c’est un risque tel qu’on ne veut pas y penser. Ces choses-là sont rarement rationalisées, rarement explicitées et le scénario rappelle ce que Nesterenko, le physicien nucléaire qui avait été directement amené à gérer la catastrophe de Tchernobyl avait dit : si il n’y avait pas eu le sacrifice des liquidateurs, c’est toute l’Europe de l’Ouest qui y serait passée, et serait devenue pratiquement inhabitable. Le problème c’est que ça n’est pas dit, puisqu’eux-mêmes ne veulent pas y penser ! C’est une porte ouverte aux fantasmes les plus fous, qui rappelle le cauchemar de Kurosawa dans son film Rêve...

    Retranscription : Stéphanie Mimouni.

    par David Bornstein & Bernard Thomann [09-03-2012]

    _________________________________________________

    Le récit de Fukumo USUDA

    Un récit touchant qui nous interpelle

    Vidéo sous titrée en français

    http://fukushima.arte.tv/#!/4890

    Rie est ma traductrice. Elle habite Bali. Comme la plupart des Japonais vivant à l’étranger, elle culpabilise de ne pouvoir rien faire pour son pays. Au Japon, l’information concernant Fukushima est très difficile à obtenir. Les média bottent en touche. Ainsi, début novembre j’apprends par des amis de Greenpeace que le réacteur N°2 repart en phase critique. Les news prennent 15 secondes pour évoquer l’événement mais passent au moins 5 minutes à suivre une femme qui retourne sur les lieux du Tsunami où elle récite des poèmes. Depuis Bali, Rie obtient l’information. Elle se demande pourquoi les Japonais ne manifestent pas plus clairement leur désapprobation lorsque le gouvernement signe un accord avec le Vietnam pour exporter une centrale nucléaire. Elle ne comprend pas pourquoi on n’évacue pas les enfants de la préfecture de Fukushima. Durant tout le voyage, nous échangerons sur tous ces sujets, cherchant désespérément à donner un sens à cette catastrophe, refusant catégoriquement d’en être de simples spectateurs.

     


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