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    Quelques nouvelles de Fukushima

     

    Fukushima > 8% du territoire japonais contaminé au cesium radioactif

    Ouest-France - 29 novembre 2011

    Alors que le débat sur l'avenir du nucléaire fait rage en France, cette carte fraîchement publiée par le ministère japonais des Sciences invite à hiérarchiser les enjeux: sanitaires avant d'être économiques, encore que...

    Japan.gif

    Carte extraite du quotidien Asahi Shimbun

    Ce ministère considère comme "contaminées" toutes les zones où la radioactivité mesurée (dont a été soustraite la radioactivité naturelle) dépasse les 10 000 becquerels au mètre carré.

    Au total, plus de 30 000 km2 ont été contaminés au cesium-137 (et au cesium-134), par quatre gros nuages dans les deux semaines qui ont suivi l'explosion des réacteurs de la centrale de Fukushima-Daichii. La pluie et la neige ont rabattu les particules au sol, qui en est tapissé.

    La zone contaminée s'étend sur 8% du territoire de l'archipel.

    C'est la superficie de la Belgique.

    C'est peu ou prou celle de la Bretagne à quatre (27000 km2) ou cinq (34000 km2) départements. Or le cesium-137, très facilement assimilé par l'organisme via le lait par exemple, est l'élément qui pose la plus grave menace à long terme pour la santé humaine, avec une demi-vie de 30 ans.

    Il y a dix jours, les autorités japonaises ont ordonné le retrait de la vente de riz récolté dans la région de Fukushima : des tests avaient révélé une radioactivité hors normes (630 bq par kg au lieu des 500 admis) dans un échantillon cultivé à 50 km du lieu de l'accident.

    Depuis, de nouveaux échantillons ont révélé une radioactivité encore supérieure (jusqu'à 1050 bq par kilo) et de nouvelles interdictions ont été prononcées. Ce qui n'a pas empêché du riz contaminé de se retrouver bel et bien dans les paniers à provisions, comme l'écrit l' >Asahi Shimbun.

    Fukushima: le béton de l'enceinte de trois réacteurs sans doute entamé 01/12/2011

     

    La centrale nucléaire de Fukushima, le 12 novembre 2011 David Guttenfelder afp.com

     

    JAPON - Le combustible du réacteur 1 a entièrement fondu...

    Le combustible nucléaire qui se trouvait dans les réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale accidentée de Fukushima a rongé une partie du béton de l'enceinte de confinement, sans toutefois traverser la coque en acier, selon des hypothèses de l'opérateur Tokyo Electric Power (Tepco).

    Le combustible du réacteur 1 a entièrement fondu

    Dans un rapport d'analyses rendu public mercredi soir, Tepco explique que ses nouveaux calculs laissent supposer que le combustible du réacteur 1 a entièrement fondu, percé la cuve sous pression et est tombé sur le plancher en béton de l'enceinte de confinement, le traversant sur une profondeur qui pourrait atteindre 65 centimètres. Le combustible fondu se trouverait ainsi par endroits à 37 centimètres de la coque en acier, elle-même entourée d'un bâtiment de béton reposant sur une dalle de 7,6 mètres d'épaisseur. Une partie du combustible des deux autres réacteurs -- les réacteurs 2 et 3 -- a également fondu en partie, percé la cuve sous pression et commencé de tomber sur le béton, le rongeant sur quelques centimètres. Tepco estime cependant que grâce à l'eau déversée, le processus d'érosion du béton est stoppé.

    L'opérateur ne peut pour le moment qu'échafauder des hypothèses à partir de simulations informatiques, sur la base de diverses mesures effectuées par des instruments de télécontrôle. Nul ne peut se rendre compte de visu de l'état réel des réacteurs, à cause de rayonnements si élevés qu'ils interdisent à l'homme d'approcher le coeur des installations. Il faudra des années avant d'y parvenir.

    Une aggravation n'est pas totalement écartée en raison des risques sismiques

    Les réacteurs 1, 2 et 3, les plus endommagés sur les six de Fukushima Daiichi, ont été victimes d'une perte totale de système de refroidissement à cause du tsunami du 11 mars, ce qui a entraîné la fusion du combustible et des explosions d'hydrogène qui ont soufflé les bâtiments supérieurs, projetant d'énormes quantités de matières radioactives dans l'environnement.

    La situation est désormais à peu près stabilisée et la température des réacteurs maintenue sous 100 degrés, mais une aggravation n'est pas totalement écartée en raison des risques sismiques permanents dans la région. Cet accident atomique, le pire depuis celui de Tchernobyl en 1986, a forcé des dizaines de milliers de personnes à abandonner leur domicile situé à moins de 20 km du complexe, et poussé au total 150.000 résidents de la préfecture de Fukushima à déménager.

    Fukushima, le début de la fin

    Agora Vox - 2 décembre 2011

    Au moment où l’on apprend que 8% du territoire Japonais, soit 30 000 km2, est perdu pour des dizaines d’années, et que les scientifiques profitent de l’opportunité offerte, pour découvrir ce qui va arriver avec le corium, le directeur de la centrale de Fukushima, malade, se refuse à imaginer que la catastrophe y soit pour quelque chose.

     

    En effet, Masao Yoshida âgé de 46 ans, a dû quitter son poste le 28 novembre 2011 pour être hospitalisé ; TEPCO refuse de confirmer la cause exacte de sa maladie, mais comme il est présent sur le site depuis le 11 mars, il est facile d’en comprendre la raison.

    3 ouvriers sont déjà morts depuis l’accident, et là aussi TEPCO se refuse à l’imputer à l’exposition aux radiations. lien

    Mais, pour la première fois, le 12 novembre 2011, des journalistes ont été autorisés à visiter les ruines de Fukushima Daiichi, et David Guttenfelder en a profité pour prendre des photos pour le compte de la prestigieuse revue « National Geographic ».

    La tache ne lui a pas été rendue facile car les journalistes n’étaient pas autorisés à quitter le bus, et tout ce qu’il a pu photographier, ça a été des débris, des véhicules renversés, des bassins d’eau stagnante, et du coté des réacteurs, aucun signe de vie.

    Le compteur Geiger tenu par un travailleur affichait gaillardement ses 300 microsievertslien

    Au sujet du corium, il est difficile d’établir le tableau de sa décroissance radioactive, puisque sachant que le centre de sa masse se trouve en principe aux environs de 3000 °C, il n’est guère possible de connaitre la température du reste.

    Quant au risque d’explosion, il n’est pas inutile de rappeler les explications que donnait le Professeur V. Nesterenko, ce physicien nucléaire, membre de l’académie des sciences du Belarus, docteur ès sciences techniques, en charge des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl.

    Il affirmait que si la masse de corium de Tchernobyl qui avait déjà percé la cuve du réacteur, rencontrait les masses d’eau contenues dans les sous sols du réacteur, le mélange des 1400 kg composé d’uranium-graphite aurait été susceptible de provoquer une explosion atomique 50 à 80 fois plus puissante que celle d’Hiroshima. lien

    Pour Uehara Haruo, concepteur de la centrale japonaise, interviewé le 20 novembre dernier, l’explosion hydro-volcanique est inévitable. vidéo

    Le 30 novembre 2011, TEPCO a rendu public les analyses concernant le corium, déclarant que, dans le pire des cas, toutes les barres de combustible du réacteur n°1 pourraient avoir fondu et se retrouver au fond de l’enceinte de confinement, laquelle est recouverte d’une plaque d’acier qui pourrait avoir été érodée a une profondeur de 65 cm, (vidéo) et il ne resterait que 37 cm à traverser pour atteindre la « feuille de métal ». lien (Rappelons qu’à Tchernobyl, la dalle de béton avait 1 mètre d’épaisseur. lien)

    Ensuite, que va-t-il se passer ? bien malin qui pourrait le dire, mais il est probable qu’il sera difficile de donner de bonnes nouvelles.

    Si, comme à Tchernobyl, un serpentin de refroidissement avait été installé sous la plaque de béton du réacteur, au mépris du danger couru par les milliers de mineurs au travail, lesquels avaient creusé un tunnel pour permettre la pose de ce serpentin, il est possible qu’une partie du danger aurait pu être évitée, mais ce n’est pas le cas, et le pire est logiquement devant nous.

    D’après l’association « Union de Tchernobyl » 10 ans après la catastrophe, plus des 20 000 hommes de 30 à 40 ans ayant participé au chantier après l’accident, étaient morts de l’exposition aux radiations.

    Sur les 400 kg de plutonium qui étaient dans le réacteur de Tchernobyl, on estime que près de 100 kg ont été rejetés dans l’environnement, et l’on sait qu’un microgramme de plutonium est une dose mortelle pour un homme pesant 70 kg. lien (à Fukushima, il y a 68 tonnes de combustible nucléaire dans le réacteur n°1).

    Mais revenons à Fukushima : dans cette vidéo, le détail des explosions des premiers jours.

    Rappelons qu’aucun français n’a été invité le samedi 12 novembre à Fukushima, et que la seule présence française consistait en un drapeau qui flottait non loin de l’installation de « décontamination de l’eau » qui est loin d’être probante, alors qu’elle devait être terminée avant la fin de l’année.

    D’après Tetsuya Terasawa, porte parole de TEPCO, il y a encore 40 000 tonnes d’eau au fond du bâtiment du réacteur (photo), et 90 000 tonnes d’eau, nettoyées d’après TEPCO, sont stockées dans de grands réservoirs de 12 mètres de hauteur. lien

    Il nous faudra donc nous contenter de l’article écrit par le journaliste du « New York Times », Martin Falker, en se souvenant que les conditions de « visite » étaient particulièrement surveillées.

    Celui-ci rappelait que le Ministre Goshi Hosono chargé de la catastrophe, avait confirmé que le chantier allait se poursuivre pendant encore 30 ans, espérant un « arrêt à froid » en fin d’année, (lien) sans expliquer pour autant comment il pourrait parvenir à l'arrêt à froid du corium ?

    Depuis les mensonges à répétition des exploitants de la centrale, leur crédibilité est largement entamée et aux dernières nouvelles, on apprenait le 1er décembre 2011 qu’un incendie se serait déclaré dans le bâtiment n°3. lien

    En France, jamais à l’abri d’une outrance, Eric Besson, Ministre de l’industrie à accumulé les contre vérités lors du débat qui l’a confronté à la candidate écologiste présidentielle le 29 novembre 2011 sur l’antenne d’Europe 1. vidéo

    Arlette Chabot et Michael Darmon qui animaient le débat, n’ont pas bougé le moindre petit doigt pour rectifier la vérité : il aurait suffit qu’ils potassent un peu le sujet avant de recevoir les belligérants, car laisser dire sans broncher qu’en France on paye l’électricité le double de celle des allemands relève de la faute professionnelle.

    Heureusement, mais trop tard, d’autres journalistes ont donné des informations plus sérieuses, rappelant que la différence n’était pas du double mais seulement du quart. lien

    Cette différence ne va pas durer trop longtemps puisqu’il va bien falloir approvisionner les caisses en vue du démantèlement des centrales nucléaires françaises.

    Rappelons que celui de « super » Phénix était estimé à 900 millions et qu’il coutera au moins 10, voire 20 fois plus. lien

    Le démantèlement des autres étant estimé à 260 millions, et si la même approximation est faite, on comprend aisément qu’il faudra bien plus approvisionner et que le tarif du prix de l’électricité s’en ressentira.

    Et puis, il faudra bien payer pour la gestion des déchets, et si pour l’instant 35 milliards d’euros ont été engloutis pour le site d’enfouissement de Bure, il n’y a, à ce jour, aucune solution acceptable, si l’on veut bien respecter les générations futures. lien

    On se souvient aussi qu’en mars 2011 le même Eric Besson avait démenti toute hausse prochaine des tarifs (lien) ; Quelques mois après l’électricité augmentait de 3,4%, et d’après Pierre Gadonneix, l’ex patron d’EDF, il faudrait augmenter le prix d’au moins 20%.

    D’ailleurs, l’autocrate présidentiel reconnaissait le 25 novembre 2011 que l’on ne payait pas l’électricité nucléaire à son prix réel. lien

    Jamais à l’abri d’un dérapage, Besson se flattait de l’investissement français dans les énergies propres, oubliant étrangement les milliers d’emplois sacrifiés par l’Etat dans le domaine photovoltaïque, suite au gel récent des projets. lien

    Le cocorico de Besson n’était pas non plus justifié sur le dossier éolien offshore, puisque l’on sait que notre pays est le cancre européen en la matière, comme on peut le découvrir sur ce lien.

    Seule Eva Joly a dégainé quelques vérités, comme par exemple lorsqu’elle a expliqué que rester dans le nucléaire couterait plus cher que d’en sortir, et que tourner la page nucléaire serait créateur de milliers d’emplois. lien

    Le seul développement de l’éolien off-shore sera, selon le rapport de l’EWEA, créateur de près de 170 000 emplois d’ici 2020, et 300 000 emplois d’ici 2030. lien

    Le démantèlement des 48 réacteurs sera aussi créateur d’emplois, puisqu’on sait déjà qu’a Malville, « Superphénix » le démantèlement procure depuis 14 ans du travail à  500 travailleurs, et il y a encore du boulot pour au moins 10 ans, (lien) ce qui signifie que le démantèlement des 19 centrales pourrait employer près de 10 000 travailleurs.

    Quand aux projets présidentiels, qu’ils soient de l’EPR ou d’ITER, ils posent plus de problèmes qu’ils n’en résolvent.

    L’EPR finlandais connait déjà un dépassement de près de 4 milliards d’euros, (lien) à la charge de l’Etat français, et pose aussi des problèmes de sécurité. lien

    De toute façon, celle des français est déjà menacée, et si l’on ouvre ce lien, on découvre quel est le danger qui menace chacun de nous.

    Au sujet d’Iter, s’il faut en croire le physicien Jean Pierre Petit, accompagné de Michèle Rivasi, des phénomènes inquiétants pourraient se produire à l’intérieur du plasma où la fusion devrait s’opérer, genre « coups de foudre » de 15 millions d’ampères, avec les conséquences que l’on imagine : dissémination catastrophique de tritium, de plomb, de bérylliumvidéo

    Ce projet dangereux qui vient de passer de 5 à 15 milliards fait plutôt mauvais genre dans une Europe couverte de dettes (lien) mais comme dit mon vieil ami africain : « la Terre est ronde mais les fous sont dans les coins  ».

    L’image illustrant l’article provient de « yugiohtheabridgedseries.com »

    JPEG - 99.8 ko
    Fuck The Nuke - yugiohtheabridgedseries.com

    Merci à Corinne Py et à tous les internautes qui par leurs informations, ont permis l’écriture de cet article.

    Articles anciens à consulter absolument !

    Le mensonge nucléaire de Sarközi

    Fukushima, un silence inquiétant

    Fukushima, tournée mondiale

    Fukushima, tragédie en sous sol

    La France a peur

    Ce cher nucléaire

    On a retrouvé le corium de Fukushima

    Le silence des salauds

    Le Japon bientôt inhabitable ?

    Fukushima, le mensonge organisé

    Ça fume à Fukushima

    C’est foutu…shima

    Fukushima, plus jamais ça !

    Fukushima, la fuite en avant

    Fukushima, le syndrome Japonais

    Fukushima, le Monde du Silence

    Entre fusion et confusion

    Fukushima, nuages noirs à l’horizon

    Fukushima, et maintenant… ?

    Fukushima : Sarko pète les plombs !

    Fukushima, mon amour

    Tchernobyl : drôle d’anniversaire

     


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  • Le professeur Chris Busby s'exprime sur Fukushima

    Pour voir la vidéo :

    http://www.youtube.com/user/Independentwho?feature=mhe#p/a/u/2/SgfgKkr59IA

    Comme toujours, tout va bien ! Au Japon comme à Tchernobyl.

    Arrêtons vite, très vite ces criminels.

    Gaulois.


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  •  2 vidéos qui en disent long
     

    Changements inhabituels : qu'arrive-t- il aux enfants maintenant ? 14.07.2011
    Le Dr Masamichi Nishio , chef de du centre anti-cancéreux d’Hokkaïdo
    Il commente l'ouvrage de Yablokov et Nesterenko. Ouvrage publié par l'académie des sciences de New-York.
    Il remet en cause la CIPR et  témoigne que la  CIPR a renoncé à étudier les effets des radiations internes car cela aurait " gêné le développement de l’industrie nucléaire " !
    Sous titrage en français.
    http://www.youtube.com/watch?v=RtLYproD6Zg&feature=player_embedded#

    Fukushima children forced to drink radioactive milk at school
    http://www.youtube.com/watch?v=Aq4JG9ULVNE&feature=related

    29.09.2011
    Intervention  d’ Akira Matsu  du New Komeito devant les responsables gouvernementaux japonais et notamment : M. Yoshihiko Noda : 1er Ministre, Osam Fujumina , chef de Cabinet du secrétariat  ( qui sourit cyniquement ) ,  M. Yukio Edo, Ministre de l’industrie et de l’économie
    Elle dénonce le cynisme et la barbarie du gouvernement japonais envers les populations contaminées de la région de Fukushima
    Sous titrage en anglais.

    Rappelons-nous que des scientifiques dénonçaient aussi  les silences et les mensonges qui ont suivis la catastrophe de Tchernobyl. La chappe de plomb de l'ancien système soviétique a fait que peu de monde était au courant.

    Aujourd'hui, avec cette nouvelle catastrophe, les informations circulent. Les citoyens sont informés. Les choses évoluent, certes lentement, mais sûrement.

     Gaulois.

     


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  • La face cachée d'Hiroshima

    Le documentaire " La face cachée d'Hiroshima " diffusé le 12 octobre 2011 sur FR 3 est encore visible ici : http://mega-streaming.info/video/HRR7UD3BHDDO/La-Face-cach%C3%A9e-de-Hiroshima 


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  • " stop à l'énérgie nucléaire " 100 femmes de Fukushima : un sit-in à
    Tokyo 27.10.11

    Les témoignages de ces femmes devant la caméra sont sans concession. 

    Pour voir la vidéo Sous titrage en anglais et en français
    http://www.youtube.com/watch?v=eop6t99h7lM&feature=player_embedded




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  • A Fukushima, tout va bien !!

    Les mesures prises par les dirigeants Japonais sont criminelles.  N'hésitez pas à signer cet appel. 

    Gaulois.

    Cette pétition est en anglais, italien, allemand, japonais et français

    Lien pour aller signer :
    https://docs.google.com/spreadsheet/viewform?hl=en_US&formkey=dFV1NWEwOVd5STNMb2ZNVzlYTWxuR0E6MQ#gid=0

     À la personne concernée
     

    Nous vous écrivons cette lettre à l'appui d'un réseau de milliers de
    mères à travers le Japon qui craignent la dévastation résultant des
    tsunamis du 11 Mars 2011 et depuis sa survenance de négligence grave des
    politiques du gouvernement . Nous croyons que la négligence du
    gouvernement aura des conséquences plus néfastes que l'impact déjà
    catastrophique du tsunami et de l'exposition aux radiations résultant.
    Une hausse presque certaine dans les taux de cancer pour des millions de
    personnes est le meilleur scénario de la fuite continue des réacteurs n
    ° Fukushima Daiichi 1, 2, 3 et 4. Il est de notre intention de limiter
    l'exposition des êtres humains à ce risque autant qu'il sera possible.
     

    Déclaration d'intention. C'est la conviction du soussigné que les
    décombres radioactifs dangereux dans des centrales de Fukushima et les
    autres zones autour doivent être laissés sur le site de la catastrophe.
    Les efforts doivent être concentrés pour mettre un terme incendies à la
    centrale nucléaire, et les gens devraient être évacués de la zone
    immédiate conformément aux niveaux de radiations qui étaient bien
    définis avant le 11 Mars. Tous les changements de politique japonaise
    récente du gouvernement d'augmenter les niveaux de radiation admissible
    doivent être annulés pour revenir aux niveaux admissibles définis
    d'avant la catastrophe.

    Aujourd'hui le gouvernement japonais systématiquement propage les
    matières radioactives, encourage publiquement l'organisation
    d'événements où manger des aliments provenant de Fukushima est montré en
    exemple d' acte patriotique, élève les normes de radiation pour les
    aliments comme pour les gravats. Par exemple au Japon aujourd'hui de la
    nourriture ayant 499 Bq / kg peut être légalement distribuée sur le
    marché sans aucune étiquette pour les consommateurs. De même le
    gouvernement japonais a augmenté par deux fois les niveaux admissibles
    de radiation pour les gravats qu'ils livrent maintenant à travers tout
    le pays pour être brûlés et jetés dans l'océan à différents endroits, y
    compris la baie de Tokyo. Ce comportement négligent doit être stoppé ou
    un événement déjà dévastateur va se transformer en une catastrophe
    environnementale historique avec une portée internationale. Le ministère
    japonais de l'environnement estime à 23.820.000 tonnes de gravats
    résultant de la catastrophe de Mars dans les régions côtières d'Iwate,
    Miyagi et Fukushima préfectures. Cette décombres est l'un des nombreux
    obstacles auxquels les Japonais sont confrontés, car ils doivent retirer
    les gravats afin de pouvoir reconstruire leurs vies. Comme si le fait de
    ces gravats n'étaient déjà pas un problème assez grand pour le
    gouvernement, il y a en plus le fait que beaucoup de ces décombres
    contiennent des matières radioactives provenant de la catastrophe
    nucléaire de Fukushima.

      Le gouvernement local de Tokyo a officiellement accepté 1.000 tonnes
    de gravats en provenance d' Iwate, ils devront acheminer jusqu'à Tokyo
    ces débris sur des trains, les brûler afin d'utiliser leurs cendres
    comme matière de remplissage dans la baie de Tokyo à partir de la fin de
    Octobre, 2011. Les estimations du gouvernement préfectoral d'Iwate
    indiquent que les décombres contiennent 133 Bq / kg de matière
    radioactive. Cela aurait été illégal avant Mars, mais le gouvernement
    japonais a changé le niveau de sécurité pour les gravats de 100 Bq / kg
    à 8000 Bq / kg en Juillet 2011, puis de nouveau à 10 000 Bq / kg en
    Octobre. Les représentants du gouvernement local de Tokyo ont annoncé
    qu'ils acceptent 500.000 tonnes de gravats au total.
     

    Dans la même préfecture d'Iwate, Le 12 août 2011, des mesures de 1 130
    Bq / kg ont été détectées sur le bois de chauffage (sur écorce de
    surface), et les autorités locales de Kyoto qui allait le brûler pour un
    événement religieux populaire ont décidé de ne pas faire en raison de la
    contamination.

    Il est difficile de spéculer sur la précision des conséquences de ces
    actions du gouvernement, mais personne ne peut contester qu'un énorme
    pari sur l'environnement est en train d'être joué.

    Le problème n'est pas limité à la région de Tokyo, qui est
    géographiquement à proximité des zones touchées. Le gouverneur de Tokyo,
    a déclaré qu'il espérait que cela encouragerait d'autres autorités
    locales à accepter les décombres elles aussi. Le ministre de
    l'Environnement, M. Hosono, a déclaré le 4 Septembre 2011 lors d'une
    conférence de presse que "c'est la considération du gouvernement
    national [ou le Japon comme la nation] pour partager la douleur de
    Fukushima avec tout le monde [ou partout] dans Japon ", réitérant son
    intention de créer une usine de transformation finale en dehors de la
    préfecture de Fukushima où les débris et les ordures divers à proximité
    de l'accident nucléaire seront brûlés. Si de nombreuses autres
    collectivités locales au Japon décident de suivre l'exemple de Tokyo il
    en résultera la contamination totale des terres et de l'eau des zones
    pas encore directement atteinte par les émissions radioactives.

    Nous vous demandons s'il vous plaît de dissuader le gouvernement
    japonais de propager, de bruler et de déverser les gravats provenant des
    zones contaminées. Ces gravats devraient être laissés sur place et les
    gens eux devraient être évacués de ces zones selon les normes en place
    avant le 11 Mars. C'est l'opinion du soussigné qui, s'il leur est permis
    de continuer, nous assisterons à une erreur historique menée par le
    gouvernement japonais qui aura un impact négatif sur des vies humaines
    pendant des centaines d'années à venir. L'alternative est que nous
    agissions immédiatement pour empêcher de telles conséquences, et
    l'histoire se souviendra que Fukushima Daiichi région a été rendue
    inhabitable plutôt que d'une pire alternative.
     

    Humblement Signé,
     


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  • Pour info


    - article  d'un certain Alieen Kawanogoe  qui réagit notamment à l'article de presse du journal Mainichi suite à la venue de W. Babenko, Directeur adjoint de Belrad au Japon   :
    http://educationinjapan.wordpress.com/2011/10/17/education-radiation-updates-on-the-fukushima-nuclear-crisis-and-food-radiation-contamination-situation/

    - article de presse paru dans le journal Mainichi le 13 octobre 2011 : Japan 's food radiation limits set too high : Belarussian scientist
    http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/news/20111013p2g00m0dm010000c.html

    - vidéo de la conférence de W. Babenko au Japon le 12.10.2011: ( japonais-russe)
     http://translate.googleusercontent.com/translate_c?hl=en&prev=/search%3Fq%3DULADZIMIR%2BBABENKA%26hl%3Den%26biw%3D1280%26bih%3D599%26prmd%3Dimvns&rurl=translate.google.com&sl=ja&u=http://www.youtube.com/watch%3Fv%3DqWSGYyMhOME&usg=ALkJrhj5zrwNYBEDCCjVtF9eZW1zL6wV9Q


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  • Pour être régulièrement informé sur Fukushima, allez sur ce lien.

    Gaulois.

     http://fukushima.over-blog.fr/article-les-veilleurs-de-fukushima-77494576-comments.html#anchorComment


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  • Si le sujet n'était pas si grave, nous pourrions en rire ! La secte nucléaire ne recule devant aucun mensonge.

    Celui-là est de taille ! C'est peut-être un signe. Un signe du déclin du nucléaire. Les pro-nucléaires s'accrochent à leurs balivernes comme à des bouées de sauvetage !

    Gaulois.

     

    France et Japon mêmes méthodes : mensonge et obscurantisme sur la radioactivité

    Samedi 2 juillet 2011

    Shunichi YamashitaUn discours invraisemblable a récemment été tenu au Japon par un médecin qui affirme, dans le contexte de la catastrophe nucléaire de Fukushima, que la radioactivité n’a pas d’effet pour les gens qui sont de bonne humeur :

    « Pour dire la vérité, les radiations n'affectent pas les gens qui sourient, mais ceux qui sont soucieux. Cela a été clairement démontré par des études sur des animaux. Boire peut donc être mauvais pour votre santé, mais des buveurs joyeux sont par chance moins affectés par les radiations. Je ne vous conseille pas de boire, mais rigoler supprimera votre phobie des radiations. » (Extrait du discours du 21 mars 2011 du Dr Shunichi Yamashita, professeur à l'université de Nagasaki (médecine moléculaire et recherche sur la radioactivité) (1)

    Je croyais naïvement que ce genre de propos ne pouvait être tenus que par des personnes irresponsables, loin de chez nous en France, où l’on se targue sans cesse d’être les meilleurs. Eh bien non… Les tenants de l’atome civil et militaire, à cours d’arguments en faveur de l’énergie nucléaire depuis le 11 mars, se gargarisent de mensonges et d’idées obscurantistes.

    J’en ai été convaincu en écoutant l’émission « Là-bas si j’y suis » du 30 juin 2011 sur France-Inter : « Nucléaire français, soyez sans inquiétude » (2). Ce n’est pas au Japon, ce n’est pas à Tchernobyl, c’est en France, à Saint-Maur-des-Fossés (Ile-de-France, à 8 km de Paris) : tout un quartier, où un collège de 700 élèves est implanté, a été fortement contaminé au tritium durant des mois en 2010 (début de la contamination en avril 2010, alerte donnée le 3 novembre 2010), à cause de la présence d’un filtre provenant de Valduc. 

    Alors que François Bugaut, directeur du CEA (Commissariat à l’Energie Atomique) de Valduc (là où l’on fabrique les têtes nucléaires des bombes atomiques) dit que sa priorité numéro un, c’est la transparence immédiate, en particulier vis-à-vis du public, on entend henri-plagnol.jpgHenri Plagnol, le maire UMP de la commune de Saint-Maur se plaindre de ne pas avoir été prévenu de l’incident nucléaire (classé au niveau 2) et condamner l’opacité du CEA !

    Henri Plagnol

    Dans une réunion d’information destinée aux habitants, le représentant de l’IRSN a simplement dit aux parents d’élèves : ce sont des doses très faibles, il n’y a pas de danger. Et Anne Tardif, parent d’élève, de rapporter : « Pour lui [la personne de l’IRSN participant à cette réunion d’information publique] le risque faible, c’était équivalent à un risque nul. Si nos enfants avaient développé un peu plus tard un cancer, ce serait plus lié au stress que nous, parents, leur aurions causé autour de cette histoire du tritium qu’à cause du tritium lui-même. » N’est-ce pas le même type de discours que celui de Shunichi Yamashita ? Nous avons bien ici un discours obscurantiste qui nie les effets des faibles doses, alors que ceux-ci sont tout à fait identifiés de manière scientifique. 

    Le reportage ne dit pas si cette personne de l’IRSN est la même que celle interviewée ensuite.  La journaliste, Inès Léraut, interroge Alain Rannou, conseiller scientifique à l’IRSN, qui affirme : « Le fait de laisser penser à des personnes qu’elles sont exposées à un risque, ça peut avoir des conséquences autrement plus importantes que le risque réel. (…) Le stress peut être un facteur de risque. » Face au tritium, il faut donc rester zen pour échapper au risque de cancer ! Je pense à tous ceux qui n’auront pas le temps d’écouter l’émission, alors je vous livre un extrait de l’interview retranscrit, car il ne faut pas rater ce grand moment de journalisme :

     alain rannou Alain Rannou

    - IL : La science préfère ne pas faire part de son incertitude face au public de peur de le stresser ?

    - AR : (soupir) Je répondrai pas. Je suis désolé de vous dire que vous avez une vision qui n’est pas…

    - IL : Qui est pas bonne ?

    - AR : Non, mais j’ai l’impression de ne pas vous convaincre, alors…

    - IL : Où vous ne me convainquez pas, c’est que l’IRSN ayant été autrefois attaché au CEA, les gens qui font partie de l’IRSN comme vous aujourd’hui - vous êtes entrés au CEA en 1983, vous avez travaillé 20 ans pour le CEA - est-ce que ça vous paraît pas être un conflit d’intérêts que de juger, d’interpréter des résultats qui concernent des dégâts provoqués par le CEA, de les interpréter, vous et vos collègues qui aussi appartenez au CEA, alors que vous en étiez salariés ?

    - AR : (silence)

    - IL : Vous savez pas ?

    - AR : Bon écoutez, je ne suis pas venu pour parler de ça. Franchement, je vous le dis, je ne suis pas venu pour parler de ça.

    - IL : Mais…

    - AR : Vous coupez, s’il vous plait, qu’on se mette d’accord, hein. Vous coupez votre appareil, s’il vous plait. »

    Cet homme perd ses moyens parce qu’il n’arrive pas à convaincre la journaliste. Quand on travaille dans le nucléaire, il faut y croire, il faut avoir la foi (« Dieu merci » dit souvent le directeur du CEA de Valduc). C’est très grave, car la radioactivité est un phénomène physique et non pas mental. La sûreté nucléaire, en France et au Japon, dérive ainsi vers des pratiques de désinformation du public qui font frémir. Cela relève en effet du pénal : non assistance à personne en danger (3).

    Quant aux mensonges, deux exemples de plus avec ce reportage. François Bugaut, directeur du CEA (Commissariat à l’Energie Atomique) de Valduc dit, en s’appuyant sur l’IRSN et l’ASN, que l’impact sanitaire de cet incident est absolument nul. (« Dieu merci, on n’a pas de doute là-dessus »). Pourtant, les analyses d’urine montrent que les personnes concernées sont contaminées au tritium. F. Bugaut dit aussi qu’il ne sort pas un seul becquerel du CEA de Valduc, alors que, selon Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire à la Criirad, « Les autorisations de rejet du CEA Valduc sont très importantes puisque c’est 1850 térabecquerels d’autorisation de rejet de tritium dans l’atmosphère, c’est-à-dire 1 850 000 milliards de becquerels par an. (…) Le site de Valduc a rejeté en 2010 350 000 milliards de becquerels. »

    Ces gens mentent donc avec un aplomb impressionnant !

    Contamination au tritium

    L’industrie nucléaire rejette des millions de milliards de becquerels de tritium dans l’eau et dans l’air : « Plus on produit d’électricité, plus on produit du tritium. C’est pourquoi depuis plusieurs années, la production de tritium est proche de la limite annuelle réglementaire » a déclaré EDF en 2006, à propos de ses réacteurs nucléaires. Le tritium étant difficile à contenir, des pollutions accidentelles se produisent également. 

    La fabrication de têtes nucléaires exige aussi de produire et donc de rejeter des quantités colossales de tritium. Le retraitement des déchets nucléaires conduit également à des rejets très importants. Le rayonnement du tritium est complexe à mesurer : la contamination au tritium est donc difficile à évaluer. Une fois rejeté dans l’environnement, le tritium contamine l’eau, la faune, la flore et les personnes. 

    Hydrogène radioactif, le tritium est absorbé aisément par les organismes vivants, une faible partie de ce tritium est alors incorporé dans l’ADN des cellules, où ses rayonnements radioactifs peuvent être dévastateurs. Le tritium est un élément cancérigène et mutagène avéré, et des voix s’élèvent dans la communauté scientifique pour dénoncer la sous-évaluation du risque sanitaire lié à cet élément.

    source : http://groupes.sortirdunucleaire.org/Contamination-au-tritium

    (1) source : http://bistrobarblog.blogspot.com/2011/06/fukushima-22-juin.html

    Des Japonais réclament d'ailleurs la démission du Dr Shunichi Yamashita depuis qu'il a été nommé au poste de Conseiller à la Gestion des risques de santé dus aux radiations dans la préfecture de Fukushima : http://www.youtube.com/watch?v=YBYtkNc7dMY&feature=player_embedded

    (2) Emission écoutable ici :

     http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=2217 

     (3) Deux plaintes ont été déposées, l’une contre X par le réseau sortir du nucléaire, l’autre contre le CEA par la Criirad.

     sources : http://www.votresante.org/news.php?dateedit=1300262218&page=0

     

     

     

     

     


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    Reportage Fukushima

    Publié le 26/09/2011 à 20:10 par libre-infos Tags : art france enfants

    Voici un très bon reportage sur la situation au Japon, sur ARTE.

    Comme il sera retiré prochainement, il est accessible sur le site " Les enfants de Tchernobyl Belarus ":

    http://enfants-tchernobyl-belarus.org/doku.php?id=dossiers:fukushima

    Fukushima : les révoltés du nucléaire

    Alors que la France prononce vingt cinq ans plus tard un non lieu général sur Tchernobyl – et les supposés mensonges sur le nuage radioactif - les Japonais décident de prendre leur destin en main. Malgré une discrétion et un fatalisme farouches, ils n'acceptent plus les mensonges d'Etat.
    Tandis que les autorités nippones bloquent l'importation de tous les outils de détection de la radioactivité pour empêcher que la population s'en équipe, une poignée de Japonais se rebelle et passe à l'action.
    Parmi eux, Wataru Iwata, musicien. Il n'a aucune compétence scientifique. Cet été, il est pourtant venu en France et en Allemagne se former en urgence pour apprendre à mesurer la radioactivité. Il est reparti avec plusieurs détecteurs.Notre équipe l'a suivi dans son pays alors qu’il mène avec de nombreux autres Japonais, une campagne inédite de mesure réelle de la radioactivité tout autour de la zone d'exclusion de la centrale de Fukushima. Les résultats sont édifiants : la radioactivité est bien plus élevée que ce qu'affirment les autorités.
    Les Japonais se mobilisent, interpellent le gouvernement, se rassemblent, multiplient les campagnes de mesure, et décident de dénoncer les mensonges de leurs gouvernants.
    Ce reportage, aux allures de road movie dans des zones dévastées, montre que des milliers de Japonais sont exposés chaque jour à des doses radioactives très nocives.
    Par ailleurs, la France, avec ses organismes indépendants comme la CRIIRAD et l'ACRO, est l'un des premiers pays à venir en aide à ces "Erin Brokovitch" du nucléaire, et réalise pour eux des analyses à distance.

    Jamais les forfaitures de la secte nucléaire ne seront suffisament dénoncées. Les mensonges, la désinformation, les silences assourdissants des grands médias, à la botte des pouvoirs en place, s'exercent sur la catastrophe nucléaire de Fukushima comme depuis vingt cinq ans sur celle de Tchernobyl.  Aujourd'hui, Fukushima est oublié. Les médias préfèrent nous gaver avec les tribulations et déboirs des politiques qu'ils mettent en avant, comme un épais rideau sur la tragédie que vit le peuple japonnais.

    Combien y aura-t-il encore de catastrophes avant une insurection planétaire ?

    Combien de victimes y aura-t-il avant que les peuples se lèvent pour dire non !

    Gaulois.

    Corinne Lepage nous livre son témoignage après son récent séjour au Japon.

    De retour de Fukushima, où le silence et les mensonges tuent

    Par Corinne Lepage | Présidente de Cap21 | 02/09/2011 | 19H10

    japon_tokyo_inside.jpg

    Depuis plusieurs semaines déjà, la catastrophe de Fukushima ne fait plus la une de l'actualité. Pour l'immense majorité de nos concitoyens, la question est réglée et il va quasi de soi que Tepco, et Areva pour ce qui est du traitement des eaux polluées, maîtrisent parfaitement la situation.

    Les personnes qui devaient être évacuées l'ont été, le taux de radioactivité baisse et le Japon, vu de France, est prêt à faire redémarrer des centrales. Du reste, régulièrement, la presse, informée par les soins du lobby nucléaire français, indique que telle ou telle centrale va redémarrer.

    Cela est dramatiquement et tragiquement faux.

    Des millions de mètres cube d'eau contaminée

    Tout d'abord, les autorités japonaises - j'ai rencontré le secrétaire d'Etat à l'Environnement, le vice-ministre de l'Environnement et le vice-gouverneur de Fukushima - reconnaissent que la catastrophe est en cours et que rien n'est réglé. Les informations sont très rares.

    Les autorités admettent que trois cœurs nucléaires ont fondu et que les cuves ont été transpercées. Cependant, ils ignorent ce qu'il se passe aujourd'hui, en particulier ce point vital de savoir si le radié a été percé par le corium ou non, ce qui signifierait, bien entendu, la pollution irréversible de la nappe phréatique.

    Concernant le traitement de l'eau, Greenpeace considère qu'il vient à peine de débuter. Les autorités reconnaissent l'entassement de boues radioactives dont évidemment personne ne veut parler mais aussi les millions de mètres cube d'eau contaminée.

    Les dosimètres encore bloqués à l'aéroport

    En second lieu, et c'est tout aussi préoccupant, la situation des familles qui vivent dans la région de Fukushima est, au sens propre du terme, véritablement tragique. J'ai passé près de deux heures avec l'association, qui regroupe plusieurs centaines de familles et qui est animée par des femmes déterminées et révoltées.

    On peut les comprendre. Ce qui leur est arrivé rappelle de très près ce que nous avons vécu avec Tchernobyl et la manière dont les choses se mettent en place nous renvoie au spectre du passé.

    Tout d'abord, et même si on peut comprendre que, vivant en même temps un tremblement de terre et un tsunami, la situation était passablement désorganisée, l'organisation météorologique japonaise était tout de même dans l'incapacité suspecte de fournir les cartes des vents au moment de la catastrophe de Fukushima. Les populations n'avaient aucune idée d'où venaient les vents.

    Aucune instruction ne leur a été donnée, aucune pastille d'iode ne leur a été distribuée. Il a fallu attendre plus d'un mois pour qu'elles puissent disposer d'une information publique sur le niveau de contamination et aujourd'hui, ce sont 40 000 dosimètres qui restent bloqués par décision politique à l'aéroport de Tokyo. Les familles ne savent donc pas quel est le niveau de la radioactivité dans laquelle elles vivent.

    Les mères inquiètes pour leurs enfants

    Sur le plan de l'alimentation, des prélèvements sont faits mais leurs résultats sont donnés bien après que les aliments ont été mis sur le marché et consommés. L'essentiel pour ces mères est, bien entendu, la situation de leurs enfants.

    DSC03646.jpg

    Au Japon, comme partout dans les pays membres de l'AIEA, le niveau admissible pour les populations est de 1 millisievert par an. Il est de 20 millisieverts pour les travailleurs du nucléaire. Aujourd'hui, dans les zones où vivent ces gens, dans la préfecture de Fukushima, le niveau est largement supérieur avec 5 millisieverts, jusque parfois 20 millisieverts.

    Ces femmes exigent pour leurs enfants comme pour elles-mêmes le droit de vivre dans un environnement à 1 millisievert. Le problème est que personne n'a les moyens de répondre positivement à leurs questions.

    Il faut envisager une évacuation plus large

    Deux solutions sont envisageables : soit la décontamination - et on en parle beaucoup au Japon - soit l'évacuation. Il semblerait que quelques cours de récréation aient fait l'objet d'une décontamination, qui consiste à retirer 50 à 60 cm de terre, dont on ne sait du reste pas où on va la stocker.

    Cela permet de réduire le niveau de la pollution. C'est peut-être possible au niveau local avec des résultats qu'il conviendrait de vérifier. C'est évidemment impossible à l'échelle d'une préfecture entière.

    De ce fait, c'est bien la deuxième solution qu'il faut envisager. Elle consiste bien évidemment à permettre aux gens qui le veulent de partir. Mais pour qu'ils puissent s'en aller, encore faut-il leur permettre d'aller vivre ailleurs.

    La vérité de la situation, et c'est là tout son aspect tragique, c'est que les autorités japonaises font ce qu'elles peuvent dans une certaine mesure. Toutefois, puisque l'information est confisquée, les moyens donnés aux gens pour connaître la réalité de la situation leur sont refusés.

    Les agriculteurs pas indemnisés

    Du point de vue du changement et des décisions techniques à prendre, le monde agricole n'est pas en reste et devient lui aussi victime de la défaillance des autorités.

    La préfecture de Fukushima promeut les produits agricoles de la région de Fukushima et se plaint des mauvaises rumeurs qui les concernent. Il m'a été fait cadeau d'un magnifique cageot de pêches. La vérité est, bien entendu, que l'immense majorité des produits de cette zone ne devrait pas être consommée mais pour qu'ils ne le soient pas, encore faut-il que les agriculteurs qui les produisent puissent être indemnisés et gagner leur vie. Or, tel n'est pas le cas.

    Cette situation absolument tragique à laquelle est exposée le Japon s'exprimerait ainsi pour tout pays industrialisé, les mêmes risques produisant probablement les mêmes effets. C'est précisément la raison pour laquelle la chape du silence s'est mise sur le Japon.

     Ce lien vers une vidéo qui en dit long : http://www.youtube.com/watch?v=Ip4aMIXHd5s

     


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