Aider les sans papiers est un crime !
Dans bien des domaines, les élus, de gauche ou de droite ont des points communs et pas des plus honorables. L'exemple du maire d'Abbeville en est l'expression lamentable.
Il est à souhaiter que Nourhada Spicher se batte pour une vrai justice sociale. Pour la justice tout simplement.
Monsieur le maire d'Abbeville, vous n'inspirez pas le respect, mais plutôt le dégoût. Si aider un sans-papier est un crime, alors soyons des criminels.
Gaulois.
http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-regionale/Je-prouverai-mon-innocence
15 mai 2012
L'adjointe d'Abbeville, Nourhada Spicher, mise en examen pour aide au séjour d'une personne sans papiers vendredi, assure n'avoir rien à se reprocher.
L'élue est choquée, mais combative. Nourhada Spicher, adjointe à la Jeunesse et vie des quartiers à Abbeville, assure «n'avoir rien à se reprocher », dit qu'elle «a confiance en la justice » et qu'elle «prouvera son innocence ».

Nourhada Spicher dans le bureau de son avocat, Me Stéphane Diboundje, hier : «Je vais me battre»
Les gendarmes ont débarqué à son domicile mercredi à 6 heures du matin. «J'ai eu peur, je pensais qu'ils venaient me prévenir d'un accident ou quelque chose comme ça. Puis ils m'ont dit que j'étais placée en garde à vue. J'étais choquée, affolée ». L'élue passera 48 heures à la brigade de gendarmerie. «Cela a été vraiment pénible. Je pensais à mon mari, mes enfants, toute ma famille ».
La justice soupçonne l'élue d'avoir aidé une personne sans titre de séjour à résider en France. Elle lui a fourni un certificat d'hébergement dont l'homme ne s'est pas servi. «C'est un ami de 30 ans. La seule chose que l'on peut me reprocher, c'est d'avoir offert un repas, donné des vêtements, de l'avoir hébergé une ou deux nuits. (...) Est-ce un délit ? Je ne pensais pas que cela en était un », explique-t-elle.
Selon son avocat Me Stéphane Diboundje, cette personne sans papiers est devenue «par la suite en situation irrégulière », et l'élue (PS) dit qu'elle «l'ignorait ».
Nourhada Spicher dit avoir été choquée par l'article paru dans le Courrier picard samedi. Parce que nous relations que son interpellation a eu lieu en même temps que celle de huit autres personnes dans le cadre d'une enquête sur des faits de trafic de drogue et de travail dissimulé.
Elle dit craindre que certains fassent l'amalgame. Alors elle le répète : «Je n'ai strictement rien à voir avec ces affaires de stupéfiants et autres. Lors de ma garde à vue, j'ignorais même qu'il y avait d'autres personnes interrogées en même temps que moi. Je ne comprends pas pourquoi on m'a cité dans un dossier avec ces autres affaires ».
«Même si en tant qu'élue et donc personnage public, ma cliente est exposée, elle doit bénéficier de la présomption d'innocence. Une garde à vue et une mise en examen ne veulent pas dire que l'on est coupable », insiste Me Stéphane Diboundje.
La question de sa démission dans ses fonctions municipales a été abordée en mairie d'Abbeville. «La question m'a été posée. Mais je n'ai pas à démissionner. Je n'ai rien fait, et je vais me battre », rapporte l'adjointe.
Hier soir, la ville d'Abbeville envoyait un communiqué : « Attaché à la présomption d'innocence, mais aussi à l'exemplarité des élus, (...) j'ai décidé, en accord avec l'ensemble des maires adjoints, de lui retirer ses délégations et ce, à compter de ce jour », écrit le maire (PS) Nicolas Dumont.
GAUTIER LECARDONNEL