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Actualité Fukushima

Surtout ne pas oublier Fukushima, Tchernobyl et toutes les inconséquences dramatiques liées à cette énergie mortifère.

Gaulois.

Un conseil municipal veut redémarrer deux réacteurs au Japon

TOKYO (Reuters) – Le conseil municipal de la ville japonaise d’Ohi, qui abrite une centrale nucléaire, a estimé nécessaire lundi de redémarrer les deux réacteurs mis à l’arrêt comme tous les autres du pays depuis la catastrophe de Fukushima. A l’approche du pic de consommation estival, la préfecture de Fukui, où se trouve Ohi, et le Kansai voisin, qui abrite la mégalopole d’Osaka, pourraient connaître des pénuries d’électricité. Face à cette menace, l’assemblée d’Ohi a décidé de reconnecter au réseau les réacteurs n°3 et 4 de la centrale nucléaire d’Ohi exploitée par Kansai Electric Power. …

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Une première ville japonaise accepte de rallumer ses réacteurs nucléaires

Le gouvernement japonais qui tente d'organiser la relance de ses 50 réacteurs pour éviter de graves pénuries de courant a obtenu une première victoire. Les autorités locales d'une petite bourgade de l'ouest du pays ont donné leur accord. Mais d'autres approbations sont encore nécessaires.

La bourse de Tokyo n'a pas attendu de confirmation. Juste avant la clôture, ce lundi, le titre de l'électricien Kansai Electric Power Company (Kepco) a bondi de 5,6% lorsque les investisseurs ont découvert les premières dépêches annonçant que la municipalité d'Ohi, dans la préfecture de Fukui, à l'ouest du pays, s'était prononcée en faveur du redémarrage de deux réacteurs nucléaires du groupe, situés sur sa commune.

Choquée par la catastrophe de Fukushima-Daiichi, la mairie avait jusqu'ici empêché le rallumage des tranches n°3 et n°4, éteintes il y a quelques mois, pour des inspections de routine. Immédiatement, les courtiers se sont pris à espérer une relance progressive de la plupart des 50 réacteurs du pays, dont l'arrêt fait craindre de lourdes pénuries de courant. Dans la région desservie par Kepco, le gouvernement a prévu de demander aux habitants et aux entreprises de réduire leur consommation d'électricité d'au moins 15% cet été, lorsque la demande sera traditionnellement à son maximum, pour éviter des coupures de réseau.

Les autorités et Kepco avaient progressivement accentué leur lobbying sur les élus et les habitants d'Ohi, qui redoutent d'avoir, un jour, à subir le drame des populations proches de la centrale détruite par le tsunami. Hier, les représentants de l'assemblée de la ville ont indiqué que leurs peurs d'un accident n'avaient pas été toutes dissipées par les tests de résistance, organisés par le gouvernement central, mais ils ont expliqué qu'ils s'inquiétaient plus encore pour la santé économique de leur petite communauté.

La ville de 8.800 habitants recevait avant la catastrophe de Fukushima jusqu'à 24 millions d'euros de subventions annuelles en échange de son acceptation de la centrale et une large part de l'emploi des habitants était assurée par l'électricien ou ses fournisseurs. « A court terme, l'arrêt des centrales n'a pas détruit d'emplois ou endommagé les économies locales », s'est offusqué, hier soir, Greenpeace au Japon, qui tentait de démontrer depuis des semaines aux habitants d'Ohi que le démantèlement éventuel de la centrale et la mise en place d'énergie renouvelable auraient pu créer localement une croissance plus durable.

Si l'accord des autorités locales, dont le feu vert est nécessaire après tout arrêt temporaire de réacteurs dans le pays, est une victoire clé pour le gouvernement nippon, les autorités doivent encore obtenir l'aval du gouverneur de la préfecture, qui attend les conclusions d'un panel d'experts sur la sécurité du site, mais surtout jauger la réaction de l'opinion publique et des élus dans les villes avoisinantes. Ces habitants n'ont légalement pas les moyens de bloquer un redémarrage mais ils pourraient activer des réseaux politiques afin de contraindre le gouvernement à ne pas « précipiter » sa décision.

YANN ROUSSEAU

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Jeudi 17 mai 2012

fukushima.over-blog.fr

 Pour ne pas oublier Fukushima, pour que les évènements tragiques de 2011 ne se perdent pas dans les limbes de l’Internet, pour laisser une trace indélébile avant que les faussaires de l’Histoire ne tentent de changer le fil des évènements, pour le grand livre de la mémoire des hommes, des auteurs ont pris leur plume pour essayer de révéler l’indicible de cette catastrophe sans précédent.

 Voici la présentation de ces livres tous aussi intéressants les uns que les autres. Ouvrages à lire pour une fois dans le monde réel, sans écran, avec la douceur du papier et l’odeur de l’encre

arton4022.jpgOublier Fukushima

Arkadi Filine

Les Editions du bout de la ville

 « La catastrophe nucléaire au Japon serait résolue. Catastropher, liquider, évacuer, réhabiliter, banaliser : autant d’épisodes d’un feuilleton destiné à nous faire oublier Fukushima. Autant de chapitres de ce livre pour défaire les mensonges des États nucléarisés. « Je ne veux plus y retourner. Là-bas, la vie a été effacée », explique une grand-mère japonaise qui a fui la zone contaminée. La catastrophe dans laquelle se débattent les Japonais n’est pas seulement un aperçu de ce qui nous attend partout ailleurs, c’est aussi le miroir grossissant de notre condition présente, celle de prisonniers d’un monde clos. Chaque foutue aspiration à la liberté se cogne aux murs des installations nucléaires, se perd dans le temps infini de la contamination. Quelle existence reste-t-il à mener avec un dosimètre autour du cou ?

De Tchernobyl à Fukushima, du Japon à la France, des textes, des récits, des documents. Pour contribuer à l’histoire immédiate du désastre nucléaire. Pour nourrir quelques esprits qui refusent de se résigner.

Ni héros, ni martyr, Arkadi Filine est l’un des 800 000 liquidateurs de Tchernobyl. Svetlana Alexievitch lui donne la parole dans son livre La Supplication. Pour ce livre, trois personnes de la génération Tchernobyl ont choisi d’emprunter son nom. Elles se reconnaissent dans son sens de la dérision, au bord du gouffre, son attitude désespérée mais pas résignée. » 

arton5045-87dc3.jpgAprès Fukushima

Laurent Mabesoone

Editions Golias

  Comment parler de la vie et de l’avenir quand on a vécu une catastrophe nucléaire ? « Après Fukushima » est un recueil collectif de haïkus, ces poèmes japonais extrêmement brefs, dans lesquels les auteurs expriment leur ressenti, leurs peurs, leurs espoirs. L’ouvrage est coordonné et préfacé par Seegan Mabesoone ‒ nom de plume de Laurent Mabesoone ‒ qui assure également la traduction des textes en japonais.

Né en 1968, Laurent Mabesoone est poète de haïku mais aussi romancier, essayiste et comparatiste français s’exprimant en langue japonaise. Il enseigne actuellement la littérature comparée à l’Université Jûmonji de Tokyo et l’Université Shinshu. Il a créé en 2004 le cercle de poètes de haïku Seegan kukaï, qui se réunit régulièrement à Nagano et à Nagareyama (Chiba). Il est aussi un des initiateurs du mouvement du "ruban jaune anti-nucléaire" au Japon. » 

01071601366.jpgFukushima, récit d'un désastre

Michaël Ferrier

Editions Gallimard

 « Vendredi 11 mars 2011, en début d'après-midi, la vibration des fenêtres. Quelque chose s'ouvre, grogne, frémit, demande à sortir. » Michaël Ferrier, auteur de « Tokyo. Petits portraits de l'aube et de Sympathie pour le fantôme », raconte depuis le Japon où il vit le désastre de Fukushima. Au pire de la tourmente, il tire du chaos un récit saisissant et d'une grande beauté. Au-delà de l'énoncé des faits, Michaël Ferrier engage une réflexion humaine sur le nucléaire et sur la vie dans les zones contaminées, « la demi-vie », cette « entreprise de domestication comme on en a rarement vu depuis l'avènement de l'humanité ».

« On peut très bien vivre dans des zones contaminées : c'est ce que nous assurent les partisans du nucléaire. Pas tout à fait comme avant, certes. Mais quand même. La demi-vie. Une certaine fraction des élites dirigeantes – avec la complicité ou l'indifférence des autres – est en train d'imposer, de manière si évidente qu'elle en devient aveuglante, une entreprise de domestication comme on en a rarement vu depuis l'avènement de l'humanité. » 

tunasrienvuTu n’as rien vu à Fukushima

Daniel de Roulet 

Editions Buchet-Chastel

"  C’est une lettre personnelle à une amie japonaise, en souvenir d’une soirée passée à Tokyo il y a un an, jour pour jour, avant le tsunami et la catastrophe nucléaire de Fukushima. Cette lettre évoque aussi d’autres malheurs qui ont secoué le Japon et le souvenir heureux d’un séjour sur les plages de Sendai – fascination extrême pour l’élégance inquiète de cette culture raffinée.
Il est aussi question du rapport entre les nucléocrates et la littérature, des difficultés de se comprendre entre l’Europe et le Japon. L’auteur, qui a lui-même travaillé dans une centrale nucléaire, écrit ces pages d’une lucidité bienfaisante comme un écho à Hiroshima, mon amour - dans lequel l’héroïne s’entendait reprocher : Tu n’as rien vu à Hiroshima. »
 

9782907681957.jpgFukushima. Dans la zone interdite

William Tanner Vollmann

Editions Tristram

 « L'Américain William Vollmann, au lendemain du séisme, s'est équipé de protections sommaires pour se rendre sur les lieux. Il raconte son périple dans la "zone interdite" et note tout ce qu'il a vu - habitants en fuite, villes fantômes, destructions apocalyptiques. Pendant ce "voyage à travers l'enfer", il a aussi écouté les rescapés et, en reporter scrupuleux, il rapporte ce qu'il a entendu : des témoignages où se mêlent le fatalisme et la colère, l'ignorance et l'inconscience, l'incompréhension et le désespoir de ceux qui "ont fait l'expérience de tout perdre". » (source du commentaire) 

journaldesjourstremblants.jpgJournal des jours tremblants

Yoko Tawada

Editions Verdier

 « Journal d'une Japonaise qui vit en Allemagne, Yoko Tawada. Elle dénonce la langue de bois des autorités nipponnes, qui ont longtemps dissimulé les menaces, minimisé les risques, manipulé les médias et étouffé les inquiétudes d'un peuple naturellement passéiste, tout en censurant les voix des antinucléaires. Et Yoko Tawada ajoute : "Tokyo est une ville qui continue de rire joyeusement, la nuit, avec l'électricité que Fukushima produit au péril de la vie de ses riverains." » (source du commentaire)

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 D’autres livres ont sans doute été édités ou paraîtront dans le futur sur la catastrophe de Fukushima. Je les ajouterai à cette liste au fur et à mesure que j’en prendrai connaissance.

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