Socialiser les pertes et privatiser les profits :
un bel exemple avec le nucléaire au Japon...
Qui peut encore affirmer que le nucléaire, c'est pas cher ? Tous les modèles de calcul n'incluent aucunement le coût assurantiel, d'ailleurs aucune compagnie d'assurance n'est prete à assurer ce risque. C'est l'Etat, l'assureur. Comme pour les risques liés aux OGM ou autres "plaisanteries"… C'est tout de meme terrible que l'on doive maintenant au Japon recourir en masse au pétrole et au gaz naturel pour alimenter les centrales thermiques afin de compenser l'arrêt des réacteurs. Oh, grands stratèges et autres spécialistes de prospective conseillers de nos princes modernes, quelle responsabilité porterez-vous devant le monde ?!
29/03 | 09:39 | mis à jour à 12:27 | Jean Michel Gradt
l'électricien japonais Tepco demande l'aide de l'Etat
L'électricien a formellement demandé au gouvernement de lui accorder 9,1 milliards d'euros en capital et un prêt de 7,7 milliards d'euros. En contrepartie de ces versements, le ministre de l'Industrie veut obtenir sa nationalisation.
Ecrit par 
Jean Michel GRADT
Photo : Reuters (Le ministre du Commerce, Yukio Edano)
Tokyo Electric Power Company (Tepco), l'opérateur de la centrale de Fukushima détruite par le tsunami du 11 mars 2011, demande l'aide de l'Etat japonais afin de lui éviter la faillite. La direction de l'électricien a formellement décidé jeudi d'une part, de demander au gouvernement de lui accorder une injection de capital de 1.000 milliards de yens (soit 9,1 milliards d'euros) et d'autre part, de lui prêter 850 milliards de yens (7,7 milliards d'euros), rapporte l'agence Kyodo.
Si ces deux requêtes parallèles sont acceptées par le gouvernement nippon de centre-gauche, le total des fonds publics injectés dans Tepco depuis la catastrophe atteindra au total 3.500 milliards de yens (31,8 milliards d'euros).
Selon la presse nippone, le ministre de l'Industrie et du Commerce, Yukio Edano (photo), qui doit valider dans les prochains jours ce nouveau plan de soutien à Tepco, n'acceptera d'aider encore la compagnie privée qu'en échange d'une prise de participation majoritaire à son capital. Selon des source proches du dossier, l'Etat voudrait même une option pour porter sa participation à 66 % du capital si l'entreprise traîne les pieds pour mettre en oeuvre les réformes. Mais les deux parties ne sont pas encore tombées d'accord sur le niveau exact de la future participation de l'Etat.
Reste que la demande de Tepco ouvre la voie à la l'élaboration d' un business plan qui sera bientôt à être soumis à M.Edano. Pour l'heure, la présentation de ce nouveau business plan a été retardée par la recherche d'un nouveau président. Ce dernier devra surmonter d'énormes difficultés pour opérer un retour à la rentabilité. En effet,Tepco, qui alimente en électricité plus de 45 millions de personnes dans le centre du pays ne parvient pas à faire face, seul, à l'explosion de ses dépenses. Il doit à la fois financer le programme de compensation des victimes de la catastrophe _ d'où la demande de prêt de 850 milliards de yens_ , démanteler les réacteurs de sa centrale de Fukushima détruite par le tsunami (ce qui prendra 40 ans) et acheter en masse du pétrole et du gaz naturel pour alimenter ses centrales thermiques, dont la production doit compenser l'arrêt de ses 17 réacteurs.
Période de doute
Le sauvetage de Tepco survient dans une période de doutes quant à l'avenir même de la politique du Japon en matière d'énergie atomique. Le 11 mars dernier, lors de la cérémonie qui s'est déroulée à Tokyo pour le premier anniversaire de la catastrophe de Fukushima, le Premier ministre nippon, Yoshihiko Noda, a pris cet engagement : « Nous mènerons à bien la mission historique qui est la nôtre de permettre la renaissance de notre nation.». Si les propos se voulaient rassurants, de plus en plus de Japonais se montrent sceptiques quant à la capacité du pouvoir politique à faire face à cette tâche. Et, en un an, le fossé s'est creusé entre l'opinion publique et la classe politique et administrative, accusée d'incompétences dans la gestion de la catastrophe.
Sur les 54 réacteurs qui composent le parc de l'archipel, un seul _ le réacteur n° 3 de la centrale de Tomari exploitée par Hokkaido Electric's _ est encore en service jusqu'au 5 mai et le gouvernement recherche le soutien des autorités locales pour redémarrer les unités fermées.
J-M.G (AVEC AGENCES)