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Le pouvoir et l'argent

Députés et Sénateurs

 Coluche disait : « Je ne suis pas pour dire du mal de la politique....Hein ! Si quand-même un peu ! »

 Le sénat est la chambre haute du parlement. Vous me direz à juste titre que ce n'est pas un scoop.

 Mais si je vous dis que le sénat est aussi le refuge de certains députés. Prenons l'exemple du très estimé des Percherons ( ! ), le député-maire UMP Jean-Claude Lenoir, de la 2ème circonscription de l'Orne, à Mortagne au Perche. Faut-il le souligner, député depuis 1993, soit 18 ans.

 Le député craint que les proches présidentielles passent à gauche et, du même coup, la dissolution de l'assemblée nationale. N'étant pas certain de garder son poste de député, il a pris les devants en se présentant aux sénatoriales. Ainsi, après son élection de septembre 2011 assurée par les grands électeurs locaux, ses amis, il est assuré de garder ce mandat pour six années supplémentaires. En effet, le sénat ne peut être dissout. Si le mandat de sénateur de Jean-Claude Lenoir est remis en question dans six ans, il aura 73 ans. Il bénéficiera donc de la retraite de député et sénateur. Sans oublier celle de cadre supérieur à EDF et de professeur d'histoire.

 Puisqu'on vous dit que les retraités sont pauvres !

 Au fait, combien gagne un sénateur ?

 Deux journalistes, Robert Colonna d'Istria et Yvan Stefanovitch publient : Le Sénat : Enquête sur les super-privilégiés de la République, aux éditions du Rocher. Les auteurs font un constat : l'Assemblée nationale a toujours le dernier mot sur les décisions législatives tandis que le Sénat se contente de les accepter... Pourtant, si son rôle est minime, selon les journalistes, les sénateurs ainsi que leurs collaborateurs, jouissent de nombreux privilèges.

 Source : Colonna d'Istria et Yvan Stefanovitch, Le Sénat : Enquête sur les super-privilégiés de la République, Editions du Rocher, 2008

 Pour commencer, un sénateur coûte près d'un million d'euros aux contribuables (un député, 950 000 euros...) ce qui revient à 330 millions d'euros par an pour le budget du Sénat ! Si les sénateurs ne touchent que 5 400 euros net par mois, ils ont droit à de nombreuses indemnités et privilèges de tout ordre. Ainsi, ils perçoivent une « indemnité de résidence » de 160 euros, une « indemnité représentative de frais de mandat » de 610 euros qui leur permettent de payer des collaborateurs notamment.
Mais ce n'est pas tout. Les sénateurs peuvent bénéficier encore de nombreux privilèges : ils ont droit d'emprunter gratuitement les taxis dans Paris et sa périphérie, ils peuvent dépenser jusqu'à 4,8 millions d'euros par an de « frais postaux et communications », ils ont un accès gratuit au réseau SNCF, en première classe. Enfin, ils ont droit à des prêts au logement tout à fait exceptionnels s'élevant à 2% pour un montant de 75 000 euros, remboursables sur 18 ans.
Le véritable problème de ces « super-privilégiés » qui peuvent circuler à travers la France gratuitement, c'est que précisément, ils n'en profitent pas. En effet, 90 seulement d'entre eux assistent chaque semaine aux débats du Sénat, un tiers vient de temps à autre et le dernier tiers n'y met jamais les pieds. Des sanctions pour pénaliser l'absentéisme sont prévues : trois absences consécutives en commission entraîne 700 euros d'amende, mais elles ne sont jamais appliquées. Ainsi, les sénateurs font à leur guise et continuent de bénéficier de « super-privilèges ».

 Revenons à notre cher député-sénateur Jean-Claude Lenoir. Chaque samedi matin, ou presque, il fait le tour du marché de Mortagne au Perche. Un sourire par-ci, une poignée de main par-là, il est passé maître dans l'art de soigner son électorat. Lors des campagnes électorales, il organise des meetings dans les communes de sa circonscription auxquels il a pris soins d'inviter son électorat.

Pour se déplacer dans sa circonscription de l'Aigle – Mortagne au Perche ou à Paris, Jean Claude Lenoir bénéficiait, en tout cas pendant son mandat de député, d'un véhicule mis à sa disposition par EDF. Voici l'article du Canard Enchaîné datant du 6 avril 2005 :

« Le Canard enchaîné » - Mercredi 6 avril 2005

Un député qui roule à l’EDF

S’appuyant sur un dossier transmis par le juge Courroye, le parquet de Paris vient d’ouvrir une enquête préliminaire dont la vedette est un député UMP de l’Orne, Jean-Claude Lenoir.  Ancien cadre d’EDF chargé du lobbying auprès des parlementaires, celui-ci est devenu député et, en juin 2004, rapporteur du projet de loi gouvernemental sur l’électricité et le gaz. Il reste très branché sur l’entreprise publique, ce qui lui a valu d’être étiqueté «  député EDF » par certains de ses collègues et n’est d’ailleurs pas le seul élu dans ce sous-groupe parlementaire. Selon les premiers éléments recueillis par la brigade financière, EDF met gracieusement à sa disposition une Peugeot 607 et en assure les frais d’entretien et d’essence.

Avec cette voiture de luxe, le député Lenoir effectue chaque semaine l’aller-retour entre Paris et Mortagne-au-Perche ( Orne ), la capitale du boudin, dont il est le maire. Et il l’utilise pour tous ses déplacements dans sa circonscription. Du coup, quelques mauvaises langues se demandent s’il a bien l’esprit libre pour assurer en toute objectivité le contrôle parlementaire d’EDF.

Interrogé par le « Canard », Jean-Claude Lenoir affirme que cette puissante berline, immatriculée dans l’Orne et qu’il déclare comme avantage en nature, lui est attribuée au titre du Conseil supérieur de l’électricité et du gaz, qu’il préside. Une institution qui donne son avis sur les projets de loi relatifs à la politique énergétique. Autant dire que ses membres ne s’épuisent pas à la tâche et que la  fonction ne nécessite pas forcément l’utilisation d’une puissante voiture.

Le journal local « Le Perche » reprenait et complétait cet article dans son édition du 27 avril 2005. Très édifiant.

27-04-05_1.jpg

Le personnage n'était pas seulement le député EDF, mais aussi le Monsieur nucléaire qui, de par sa fonction de membre et président du conseil supérieur de l'électricité et du gaz, était chargé de relations entre le parlement et le gouvernement sur les questions liées au nucléaire, qu'il affectionne. D'ailleurs, c'est en grande partie à cause de lui si le Perche ne voit aucun projet d'installations d'éoliennes aboutir.

Le personnage ne s'est probablement jamais vanté d'un autre scandale qui m'a été glissé à l'oreille par quelques élus des environs de Mortagne. Ce devait être, sauf erreur, à la suite de sa réélection de député de 2002. Pour fêter l'évènement il avait invité les élus de la communauté de commune à un repas dans un restaurant chic parisien. Les premiers élus arrivés sur place s'entendaient dire qu'il n'y avait pas de salle réservée au Nom de Jean Claude Lenoir. Mais l'un d'eux un peu plus fûté demandait si une salle était réservée au nom d'EDF. Ce qui était effectivement le cas. En fait, le restaurant chic était sans nul doute payé par EDF. Cela s'appelle du détournement d'argent public.

Bien entendu, il faut être prudent car je n'ai aucune preuve de ce scandale.

Un autre scandale plutôt cocasse. Depuis quelques années, nous pouvons contourner la ville avec l'aménagement d'une rocade. Ce qui est plutôt positif. Bien entendu, cette rocade est équipée de rond-points facilitant l'accès aux diverses entrées de la ville. Au milieu de ces rond-points étaient disposés des bustes grandeur nature de chevaux qui n'avaient rien de « Percherons » mais plutôt d'étalons de couleur noir. Personnellement, je trouvais cela ni beau ni moche. Et puis quelques semaines plus tard, plus de chevaux ! Je me suis dit qu'ils avaient été retirés après quelques protestations. Pas du tout, selon la rumeur qui semble bien fondée, le propriétaire de ces bustes les a tout simplement récupérés, faute d'être payé par la collectivité. Nos élus ne sont pas à cela près avec l'argent des contribuables.

Vous pensez que je suis mauvaise langue ? Si vous habitez la région de Mortagne au Perche, n'hésitez pas à apporter des précisions sur la politique locale de ce pays du Perche féodal.

 

Petits déplacements du président

Le 9 novembre 2010, Nicolas Sarkozy « Le bien aimé », se déplace à Colombey-les-Deux-Eglises pour le 40ème anniversaire de la mort du général De Gaulle.

Ce déplacement de quelques heures a coûté 284 614 euros, révèle la cour des comptes qui s’en étonne.

Sans doute sommes-nous mauvaise lange et la cour des comptes s’est probablement trompée. Car enfin, comment croire que le roi ne fait pas attention à nos sous. Et puis quoi, 284 614 euros, c’est vraiment négligeable. Tout juste 20 ans de notre petite retraite.

De quoi nous plaignons-nous.

Pour en savoir plus sur les déplacements du roi :

2010/07/la-cour-des-comptes-epingle-les-couts-de-deplacement-de-lelysee.html">http://www.leblogfinance.com/2010/07/la-cour-des-comptes-epingle-les-couts-de-deplacement-de-lelysee.html

La reine et les médias

 Le couple présidentiel peut-il encore nous étonner ?

 Certes non, le président, digne descendant du roi soleil, nous a habitué à ses frasques publiques.

La première dame de France n’est pas en reste, puisqu’à l’occasion elle manifeste son mécontentement. Contrariée par la publication de photos d’elle enceinte dans GALA, elle demande un dédommagement au magazine people qui de son côté reste serein et sûr de son bon droit. Les clichés, qui ont été pris au fort de Brégançon ou elle avait reçu dix épouses de marins embarqués au large de la Libye, ont été reproduits dans GALA sans aucune autorisation. Il paraît que l’épouse du roi ne porte pas plainte.

Admettons que la publication de ces photos soit litigieuse, il est à retenir plusieurs hypothèses :

Si la « Reine » ne porte pas plainte, mais demande un dédommagement, cela ne s’apparente-il pas à un chantage, à défaut d’arrangement avec le magazine ? A moins que, à quelques mois des présidentielles, une plainte officielle n’arrangerait sans doute pas les affaires du roi.

Il est possible aussi que ce soit encore une bonne occasion de faire du blé, car enfin ce couple étant proche du seuil de pauvreté, il faut bien qu’il arrondisse ses fins de mois difficiles.

Une autre hypothèse possible : un arrangement entre le couple royal et la presse afin de médiatiser la grossesse de la reine et faire gagner des voix au roi en 2012.

 



 



 

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