2 240 piscines, exactement…
Cet articles fait suite à celui posté le 9 janvier dans cette rubrique ( voir ci-dessous )
Les chiffres annoncés donnent le vertige. La région de BURE devient, à terme, un véritable gruyère ... Radioactif.
Hervé Kempf, du " Monde " a en effet apporté quelques précisions fournies par l'ANDRA.
C'est une note précisant nettement les choses.
Gaulois.
(ajout du 12 janvier 2012)
Des lecteurs ont remarqué un certain vague, un chiffrage un peu flottant, en ce qui concerne le nombre de piscines cité dans la chronique. Et il est vrai que j'ai nagé trop vite dans les chiffres. Il fallait plonger plus avant dans les documents. Ce que j'ai fait, en ré-interrogeant l'Andra.
Celle-ci me précise le 10 janvier que Cigéo est prévu pour pouvoir stocker 70 000 m3 de déchets MA-VL (moyenne activité et vie longue) et 10 000 m3 de déchets HA (haute activité et vie longue). Ces volumes concernent les "colis primaires", préparés par Areva et contenant les déchets proprement dits.
Mais l'Andra prévoit de reconditionner ces "colis primaires" dans des "colis de stockage" tels que "le volume des colis de stockage rapporté au volume des colis primaires représente de l'ordre d'un facteur 3 pour les déchets HA et de l'ordre d'un facteur 4 pour les déchets MA-VL". Ainsi, il faudra stocker un volume d'environ 280 000 m3 de colis de déchets MA-VL, et 30 000 m3 de colis de déchets HA, soit au total 310 000 m3.
Si l'on considère qu'une piscine olympique mesure 50 m sur 25 m sur 2,5 m de profondeur moyenne, soit 3 125 m3, il faut donc compter 99 piscines. Mais l'installation comptera de nombreuses galeries d'accès et de circulation, nécessaires pour acheminer les colis et les engins nécessaires pendant la durée d'exploitation du site. En fait, l'Andra annonce qu'il faudra excaver 7 millions de m3, soit 2 240 piscines olympiques.
Quant aux combustibles Mox, au cas où ils ne seraient pas retraités – ce qui est fort probable –, il faudrait alors les stocker directement dans l'installation, ce qui impliquerait de creuser et d'aménager un volume supplémentaire important de galeries. C'est ce qu'indique le schéma p. 289 du dossier Argile 2005, où S1a représente le projet tel qu'il est présenté aujourd'hui (et qui suppose que tous les combustibles, y compris les Mox, sont retraités) et S1b représente le projet dans lequel les combustibles Mox seraient stockés directement (les scénarios S1a et S1b sont définis dans Argile 2005-Synthèse, p. 44). Par comparaison avec l'image de la p. 287 du document, cela signifie qu'il faudrait excaver de l'ordre de 4 millions de m3 supplémentaires (ou 1 280 piscines olympiques) et étendre la surface de la zone souterraine de quelque 8 km2. Le coût, lui aussi, augmenterait de près de moitié.
Article paru dans l'édition du 08.01.12
(ajout du 12 janvier 2012)