Les moulins au fil de l'eau


Si les septiques avancent que les moulins au fil de l'eau sont d'une autre époque, ils ont tout-à-fait raison. Mais là s'arrête les arguments très négatifs lancés par ceux qui souhaitent leur disparition, entre autre le WWF et les fédérations de pêche en rivière qui feraient bien de revoir leur copie sur la question. En effet, prétendre que les moulins empêchent la libre circulation des poissons est une erreur fondamentale. J'en veux pour preuve une époque pas si lointaine des années 50...60 que j'ai bien connue en milieu rural. C'était l'époque de mon enfance et adolescence dans l'Allier. Nous vivions la campagne de la France profonde ( l'expression n'a rien de péjoratif ! ) et habitions dans un ancien moulin, abandonné pour des raisons que j'ignore.
Je peux vous dire que la quantité de poissons que je sortais de la petite rivière prouvait que les moulins n'empêchaient en rien les migrations de la faune aquatique. En une petite après-midi, j'étais capable de sortir un sceau de poissons. Des vairons, gougeons, ablettes, Vandoises, truites, etc...
Ce moulin abandonné était une exception puisque à moins de cinq kilomètres de chez nous, en amont et en aval se trouvaient quatre moulins en service. Le plus proche étant celui où nous achetions les produits de basse-coure et la farine. Je garde de ce moulin un souvenir éternel. Avec le fils du meunier qui avait le même âge que moi, nous jouions à cache-cache à travers les méandres des courroies qui actionnaient tamis et broyeurs. Le brave meunier nous réprimandait sans cesse car il craignait de nous voir happés par les courroies sans protection. Il y eu bien quelques petits incidents tels que l'extrémité d'un doigt pincé, entre poulies et courroies, heureusement sans gravité. L'insouciance de notre jeunesse nous faisait oublier les absences de sécurité.
La construction de ces moulins était très bien pensée, avec ce que l'on appelle le bief, ou petit canal artificiel https://fr.wikipedia.org/wiki/Bief

Le meunier n'était pas contre le « Progrès ». Le moulin ayant la particularité d'avoir un grand espace entre le dégueuloir du bief et la roue, avec une chute d'eau très importante, il avait fait installer une turbine-génératrice inclinée. Le système était ingénieux et permettait d'actionner et la turbine et le moulin indépendamment l'un de l'autre. Son moulin devenait sans doute le plus moderne du secteur. J'appris plus tard que dans d'autres moulins, la roue actionnait simultanément la machinerie de concassage et une génératrice. Mais quelques expériences ne furent guère concluantes par manque de puissance. Tout cela ne demandait qu'à être amélioré mais c'était sans compter sur les lobbies des moulins industriels et d'EDF http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lectricit%C3%A9_de_France
Je crois aujourd'hui que les opposants aux moulins répondent naïvement aux poussées des lobbies que sont les moulins industriels qui ont commencé à sévir après la guerre, ainsi d'ailleurs que la « fée électricité », avec les centrales à charbon et au fuel, puis le nucléaire. A propos de nucléaire, le WWF, qui est cité dans l'un de ces articles, est pour le moins paradoxale. Puisqu'il défend les énergies renouvelables en remplacement des énergies fossiles, sans citer le nucléaire ou plus précisément l'uranium. Mais c'est un autre sujet...
http://www.wwf.fr/s-informer/actualites/a-l-occasion-du-lancement-de-sa-nouvelle-campagne-mondiale-le-wwf-plaide-pour-des-investissements-massifs-en-faveur-des-energies-propres-et-renouvelables
Les moulins au fil de l'eau et les petits barrages se comptaient par dizaines de milliers après la guerre. Si leur rendement énergétique peut être remis en cause, il est possible aujourd'hui d'améliorer considérablement ce rendement, avec des générateurs plus performants.
Les moulins à vent n'ont hélas pas échappé à la marche dévastatrice de ce qui est appelé le « Progrès ! ».
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/noroi_0029-182x_1969_num_63_1_1656
Ces initiatives de remise en état des moulins sont à encourager, pas seulement pour la beauté et le tourisme, mais aussi et surtout pour leur utilité écologique de production locale d'électricité. Et pourquoi pas, le retour aux fonctions originelles des moulins.
Un roman à lire, peut-être encore disponible. Colette Vlérick témoigne et fait revivre des coutumes sur les moulins d'une époque aujourd'hui révolues.
http://livre.fnac.com/a1313492/Colette-Vlerick-Le-ble-noir
Gaulois.