Quelques vérités sur le coût abyssale de l'énergie nucléaire devrait éclairer les lanternes des plus septiques.
Il va sans dire que cette technologie de mort n'a jamais été rentable, ni aujourd'hui, ni hier.
Sans parler des risques d'accidents qui planent au dessus de nos têtes.
Gaulois.
Grégory Lamotte / Fondateur et président de Comwatt
Le 07/07/16
Le nucléaire est aujourd'hui moins compétitif que les énergies renouvelables. EDF et l'Etat sont contraints de prendre des risques que les contribuables devront assumer.
En 1970, le prix de l'électricité nucléaire était bien plus bas que le prix des renouvelables. À cette époque, beaucoup de pays ont choisi d'investir dans cette technologie, probablement à juste titre. Mais depuis cette date, les mauvaises nouvelles se sont accumulées et le nucléaire a perdu progressivement ses trois avantages que sont le prix, l'indépendance énergétique et l'emploi.
Depuis 1970, chaque nouvelle génération de centrale coûte plus cher que la précédente. Plus le temps passe, plus la technologie est complexe à mettre en oeuvre. Nous le constatons tous les jours avec les injonctions de l'Autorité de sûreté nucléaire qui mettent régulièrement en demeure EDF de respecter les critères de qualités. D'un autre côté, les chantiers étant de plus en plus complexes, ils mettent de plus en plus de temps à se réaliser. En 1970, il fallait en moyenne quatre ans, en 2014 la moyenne est de 10 ans, avec des records à plus de 16 ans. Le nucléaire est une des seules technologies au monde à avoir une courbe d'apprentissage négative, c'est-à-dire que plus nous avons d'expérience et plus le délai et le prix augmente. Une complexité plus importante et un temps de construction qui double, cela nous entraîne forcément vers une explosion des coûts.
Depuis les années 2000, le prix du nucléaire a été multiplié par 5 et le prix du solaire divisé par 6. Le projet de réacteur nucléaire de type EPR qu’EDF souhaite construire en Angleterre va commercialiser de l'électricité à un prix de 0,12 €/kWh à partir de 2027 (les Anglais s'engagent à acheter à ce prix pendant 35 ans, ce prix est indiqué dans le contrat). En comparaison, en 2016 le solaire et l'éolien produisent de l'énergie en Europe (Royaume-Uni, Allemagne, France...) vendue à 0,07 €/kWh. En 2027, le solaire sera à moins de 0,04 €/kWh selon le rapport de BNE (Bloomberg New Energy). Le nucléaire est donc trois fois plus cher que les renouvelables sans subventions.
Depuis que la dernière mine d'uranium a fermé en France, nous avons tiré un trait sur l'indépendance énergétique. 100 % de l'uranium est donc importé, ce qui rend la France vulnérable en cas de conflits, comme nous l'avons observé lors de conflits proches du Niger.
Selon une étude de l'OCDE, à quantité d'énergie produite équivalente, les renouvelables créent 6 fois plus d'emplois que les énergies nucléaires. D'autant plus que les renouvelables étant installés sur nos toitures et dans nos champs de France vont créer des emplois locaux, non délocalisables. Ainsi avec l'énergie solaire et éolienne, nous faisons d’une pierre deux coups, nous réduisons notre facture et sans subventions nous créons de l'emploi local pour que l'argent reste à la maison.
En 2016, le nucléaire est devenu si peu compétitif que sans le soutien public, la plupart des constructeurs de centrales (comme Areva) auraient déposé le bilan. Les banques ne croient plus au nucléaire, c'est pour cette raison qu’EDF (via nos impôts) va devoir supporter seule le risque financier de son projet d'EPR anglais de Hinkley point qui est de 22 milliards d'euros (plus que la capitalisation d’EDF qui est de 19 milliards d'euros). L'État va devoir injecter 5 milliards d'euros pour recapitaliser Areva et éviter ainsi le dépôt de bilan, mais comme la situation économique d'Areva ne se redresse pas, il va falloir réaliser cette opération tous les deux ans.
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En plus de sous-estimer le démantèlement avec les estimations les plus basses du monde, EDF vient d'annoncer vouloir retarder de 50 ans le démantèlement des anciennes centrales nucléaires. La raison invoquée : un virage technologique à 180° avec un démantèlement sous air et non plus sous eau. Mais derrière ce rapport, se cache un signal clair : « après moi le déluge ! ». Qui va payer dans 50 ans des économies que nous aurons réalisées en 2016 ? C'est une dette aux générations futures qui est inexcusable. Nous ne pouvons plus nous permettre pour des raisons électorales de fixer le niveau des tarifs réglementés de vente de l’électricité en dessous des coûts d’EDF. Il faut cesser de faire payer par l'impôt les pertes abyssales du nucléaire et enfin proposer une énergie post nucléaire !
Grégory Lamotte est président fondateur de Comwatt