Fukushima, 4 ans après
Nous pourrions écrire des encyclopédies sur la catastrophe de Fukushima, comme celle de Tchernobyl il y aura bientôt 30 ans. Rien ne remplacera jamais la prise de conscience de ces drames humains qui se jouent autour de ces accidents provoqués directement par la main inconsciente de l'homme.
Combien faudra-t-il encore d'accidents majeurs, avant que ces fous dangereux soient encore responsables de millions de nouvelles victimes.
Le nucléaire est sur le point de s'écrouler, tel un château de carte, mais l'entêtement des responsables de la secte persistent, envers et contre tout. Il faut croire que cette technologie pourtant de plus en plus remise en cause à juste titre, tant sur le plan sécuritaire qu'économique profite aux décideurs.
Comme toujours, il faut bien lire entre les lignes le fil de l'actualité distillée par des médias rarement objectifs.
La naïveté, la passivité des populations, en particulier celles qui n'ont pas encore subi ces catastrophes peut faire peur. Pourtant, chaque citoyen de la planète est concerné. D'abord par la radioactivité qui s'amplifie lentement mais sûrement avec le temps. Ensuite sur le plan économique et social. La France, à travers AREVA, n'y échappe pas et les usagers de EDF vont bientôt réaliser pourquoi l'électricité-nucléaire est de plus en plus chère.
L'actualité, à méditer.
Gaulois.
Fukushima: le témoignage posthume du directeur de la centrale
Par Sébastien Pommier publié le 11/03/2015 à 09:21, mis à jour à 10:45
http://news.lexpress.fr/fukushima-le-temoignage-posthume-du-directeur-de-la-centrale-5286
Quatre ans jour pour jour après le tsunami et la catastrophe nucléaire de Fukushima, L'Express publie le témoignage du directeur de la centrale Tepco, Masao Yoshida, aujourd'hui décédé. Extraits.
Quatre ans jour pour jour après le tsunami et la catastrophe nucléaire de Fukushima, L'Express publie le témoignage du directeur de la centrale Tepco, Masao Yoshida, aujourd'hui décédé. Extraits.
[Inédit] C'était il y a quatre ans, le 11 mars 2011, à 14h46 heures locales, un séisme de magnitude 9 frappait au large des côtes japonaises, provoquant en cascade le pire désastre subi par le Japon depuis la Seconde Guerre mondiale. Au sein de la centrale de Fukushima Daiichi les coeurs de trois des six réacteurs entrent en fusion. Une première explosion saccage toute une partie du site, provocant la fuite d'une grande partie du personnel.
Au coeur de la centrale opérée par Tepco, le directeur de l'époque, Masao Yoshida, tente de colmater les brèches et de refroidir coûte que coûte les réacteurs. Interrogé par une commission d'enquête gouvernementale, Masao Yoshida, décédé le 9 juillet 2013 d'un cancer de l'oesophage, témoigne, de l'attente de la vague jusqu'à l'arrivée des autorités sur le site.
Un récit inédit qui s'appuie sur la publication en septembre dernier par le gouvernement japonais des 400 pages d'audition du directeur de la centrale. Des notes rendues publiques sous la pression de l'opinion. "Ces pages dévoilent une autre histoire: celle d'une équipe de travailleurs confrontés à un désastre annoncé. Une histoire qui, du reste, peut se lire comme un grand roman technique", note Franck Guarnieri, directeur de recherche à Mine Paris Tech qui édite le premier volume la traduction française de ce rapport d'enquête. Extraits.
Juste après le séisme
[Audition du 22/07, p. 98] À ce moment-là, j'étais surtout occupé à recevoir les rapports. Voyez-vous, l'ambiance, ce sont des rapports qui se succèdent sans discontinuer, quid du personnel? (et) des questions qui venaient du siège social, de la maison mère. L'ambiance de la salle à ce moment-là, c'est la confusion. (...) Tout le monde était bouleversé par le séisme, alors je me rappelle bien leur avoir dit de reprendre leur sang-froid. Ça, je le leur ai dit. Qu'il fallait qu'ils retrouvent leur sang-froid, qu'il ne fallait pas qu'ils s'affolent, qu'il fallait qu'ils procèdent aux vérifications posément. Je leur ai aussi dit qu'il allait y avoir des répliques, qu'il fallait prendre les mesures qui s'imposaient
Après la vague
[Audition du 22/07, p. 111] Là, pour être tout à fait franc, j'étais anéanti. Moi-même, je veux dire. Je me disais que nous étions face à une situation terrible. À l'évidence, nous allions vers un accident majeur et il fallait s'y préparer.
[Audition du 22/07, p. 125] Nous sommes tous tellement terrassés que nous sommes sans voix. Nous nous attelons à des tâches administratives, comme la déclaration de la perte de tout courant alternatif, le fameux article 10. Mais, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, tout en accomplissant ces tâches administratives, émotionnellement, nous sommes anéantis. Non, nous ne crions pas.
Après la fusion des trois réacteurs
[Audition du 29/07, p. 187] Pour refroidir, la seule source dont nous pouvons disposer sans limite, c'est la mer. L'eau douce, comme on l'a dit tout à l'heure, est limitée. À un moment ou un autre, forcément, elle va s'épuiser. Alors, il n'y avait pas d'autre solution que d'envoyer de l'eau de mer. Il fallait refroidir à tout prix (...), trouver un moyen d'abaisser la pression de l'enceinte de confinement. Ensuite, injecter, injecter, injecter de l'eau dans le réacteur. Pour dompter cette chose qui était en train de se déchaîner, il n'y avait que ça, l'eau de mer.
"Bande de tarés"
[Audition du 29/07, p. 207] Disons que les choses n'allaient pas bien. C'est à ce moment-là qu'une nouvelle fois, on reçoit des pressions du siège. Arrête de discutailler, fais-ci, fais-ça. On entendait les anciens de la boîte vociférer derrière. Je n'avais qu'une envie, qu'ils me foutent la paix. L'éventage ? Mais bien sûr qu'on s'en occupait, bande de tarés!
[Audition du 29/07, p. 270-271] Sur le terrain, on essaie de faire le maximum pour que les choses se déroulent au mieux plus tard et pour cela, il y a des étapes préliminaires. Mais ils n'arrivaient pas à le comprendre. Pour moi, que le nuage radioactif atteigne l'hélico du Premier ministre, ça m'est complètement égal. Je ne pensais qu'à faire baisser la pression au plus vite, qu'à injecter l'eau au plus vite, je n'avais que ça en tête
A Fukushima, l’interminable décontamination
LE MONDE
10.03.2015
Pierre Le Hir
« Le Japon a fait des progrès significatifs. La situation sur le site s’est améliorée. Mais elle reste très compliquée. » Tel est le constat des experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui, mi-février, ont effectué une nouvelle mission d’inspection de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima.
Une analyse partagée par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire français (IRSN) : « Un travail considérable a été réalisé avec d’énormes moyens. Mais le chantier est colossal et le plus gros reste à faire », estime Thierry Charles, directeur général adjoint chargé de la sûreté nucléaire.
Quatre ans après le séisme et le tsunami du 11 mars 2011, qui ont ravagé la région de Tohoku, dans le nord-est de l’île de Honshu, et dévasté le complexe atomique de Fukushima-Daiichi, la bataille de la décontamination ne fait que commencer. La radioactivité demeure partout présente, dans les réacteurs éventrés comme dans les sous-sols gorgés d’eau qui continuent de souiller le Pacifique.
Plus de 6 000 ouvriers se relaient en permanence – les niveaux de radiation obligeant à faire tourner les équipes – pour une gigantesque entreprise de démantèlement qui ne sera pas achevée avant trente ou quarante ans.
Véritable passoire
A court terme, la gestion des eaux contaminées reste le principal défi pour l’opérateur du site, la société Tepco. Car la centrale est une véritable passoire. Chaque jour, 350 m³ d'eau douce sont injectés, pour les maintenir à une température comprise entre 20 et 50 °C, dans les trois des six réacteurs qui étaient en fonctionnement lors de la catastrophe (les unités 1, 2 et 3) et dont les cuves sont percées.
Cette masse liquide, qui, au contact du combustible nucléaire dégradé, se charge en radioéléments solubles (césium, strontium, antimoine, tritium…), s’écoule dans les sous-sols des bâtiments, où s’infiltrent aussi des eaux souterraines, à raison de 300 m³ par jour.
Ce sont donc, quotidiennement, 650 tonnes d’eau radioactive qui doivent être pompées et traitées, avant d’être, pour une part, réintroduites dans le circuit de refroidissement et, pour le reste, entreposées sur le site, dans près d’un millier de réservoirs alignés à perte de vue ou enterrés. Plus le temps passe et plus le stock augmente : il se monte actuellement à 600 000 tonnes, et Tepco a d’ores et déjà prévu une capacité de stockage de près de 800 000 tonnes.
Pour stopper cette boucle infernale, plusieurs systèmes de décontamination ont été mis en place. Après avoir subi une série de pannes, ils peuvent aujourd’hui traiter jusqu’à 2 000 m³ d’eau par jour, pour en éliminer l’ensemble des radionucléides, à l’exception du tritium, pour lequel il n’existe pas de procédé d’extraction.
En janvier, ces dispositifs ne fonctionnaient pas encore à plein rendement, mais permettaient déjà d’épurer 1 300 m³par jour. Si bien que Tepco espère avoir bientôt dépollué toute l’eau entreposée sur le site : au début de l’année, l’entreprise a annoncé que cet objectif ne serait pas atteint fin mars comme prévu, mais, « si le rythme actuel est maintenu, courant mai ».
Batterie de parades
Reste que des fuites à répétition continuent de se produire. Fin février, des capteurs placés sur une conduite d’évacuation des eaux pluviales et souterraines vers la mer ont ainsi mesuré des taux de radioactivité 70 fois supérieurs aux valeurs habituellement enregistrées sur le site.
L’Autorité japonaise de régulation nucléaire a sévèrement rappelé à l’ordre Tepco, en lui reprochant de n’avoir fermé la conduite qu’au bout d’une heure et demie, malgré le déclenchement d’une alarme sonore. Quelques jours plus tard, c’est une nappe d’eau de vingt mètres de long qui a été découverte dans le bâtiment des turbines d’un réacteur.
Pour limiter les rejets dans le Pacifique, une batterie de parades a été déployée. D’abord, une barrière d’étanchéité de 900 mètres de long en bordure d’océan, dont les travaux sont presque terminés. Ensuite, un pompage dans la nappe phréatique en amont de la centrale, pour faire baisser son niveau et éviter sa contamination. Enfin, un « mur de glace » souterrain destiné à faire écran entre la nappe et les bâtiments nucléaires, grâce à l’injection d’un liquide gélifiant dans un réseau de 1 500 tuyaux enterrés. Les essais de glaciation du terrain devraient débuter cet été.
A terme, toute l’eau accumulée devra pourtant, une fois traitée, être rejetée dans l’océan. C’est la solution que préconise l’AIEA, mais les pêcheurs locaux et les associations écologistes s’y opposent farouchement. D’autant que la pollution du milieu marin, si elle a beaucoup décru, n’a pas disparu.
« Les rejets en mer continuent depuis le site de la centrale nucléaire, à un niveau difficile à quantifier, et l’ensemble du Pacifique nord est maintenant marqué par le césium 137- à un niveau comparable à celui mesuré dans les années 1960 à la suite des essais nucléaires atmosphériques, jusqu’à environ 500 mètres de profondeur », indique Jean-Christophe Gariel, directeur de l’environnement à l’IRSN.
Poissons contaminés
Dans un rayon de 20 km autour de la centrale, on trouve des « points chauds » où la radioactivité des sédiments marins atteint 5 000 becquerels par kilo (Bq/kg). Et des niveaux de contamination très supérieurs à la limite tolérée, qui est de 100 Bq/kg, sont encore observés chez certains poissons, notamment parmi les espèces vivant au fond de l’océan (poissons plats, congres, grondins, raies…).
En août 2014, sur vingt échantillons de poissons prélevés par Tepco dans le port de Fukushima, dix présentaient des concentrations en césium dépassant les normes, l’un d’eux atteignant 32 500 Bq/kg. Ce qui explique que la pêche demeure interdite dans la préfecture japonaise.
Mais les eaux ne sont pas seules à empoisonner le site nucléaire. Il faut aussi vider les piscines de refroidissement qui contenaient, au total, plus de 3 000 assemblages de combustible. L’opération a été achevée avec succès, fin décembre, pour la piscine du réacteur 4, la plus importante et la plus endommagée. L’extraction des barres de combustible des réacteurs 3, 2 et 1 doit s’échelonner de 2015 à 2019.
Le plus difficile reste à venir : l’évacuation des cœurs des trois réacteurs, qui ont fondu juste après l’accident en formant un magma extrêmement radioactif (du corium), lequel a perforé les cuves et s’est répandu au fond des bâtiments.
Tepco ne prévoit pas de s’y attaquer avant 2020 ou 2025. Une intervention humaine directe est impossible. Il faudra localiser le corium avec des caméras, concevoir des robots commandés à distance avec des outils de découpe et d’extraction spéciaux, fabriquer des conditionnements adaptés… Une intervention que l’AIEA qualifie d’« énorme défi à long terme » et qui n’a encore été réalisée nulle part ailleurs.
Lire aussi : Malgré l’hostilité de l’opinion japonaise, la relance du nucléaire est acquise
Fukushima: l'industrie nucléaire rend l'âme, faisons lui rendre les armes
10 mars 2015 | Par Les invités de Mediapart
Alors que se profile la conférence internationale sur le climat en décembre 2015 à Paris, le quatrième anniversaire de Fukushima permet de rappeler une chose : "la lutte contre le changement climatique implique une refonte totale du système énergétique". Michèle Rivasi, députée européenne, vice-présidente du groupe des Verts/Alliance libre européenne, nous livre son point de vue sur la situation.
La catastrophe nucléaire de Fukushima célèbre tristement son quatrième anniversaire. Alors que la situation sur place reste hors de contrôle, l'ensemble de la filière nucléaire est aujourd'hui remise en cause, non seulement pour des motifs éthiques mais aussi pour des raisons économiques. L'occasion de faire un état des lieux des conséquences de Fukushima.
Que ce soit de l’eau souterraine qui remonte et se mélange à celle fortement contaminée ayant servi à refroidir les réacteurs, ou - chemin inverse - de l’eau contaminée passant dans les sous-sols pour rejoindre l’océan, Tepco ne sait pas réagir : chaque jour, ce sont 400 nouveaux m3 qui doivent être pompés et stockés, et 300m3 qui partent vers la mer.
À ce jour, 370.000 tonnes d'eau hautement contaminées sont stockées dans milliers de citernes dont l'étanchéité s'avère peu fiable comme en attestent des fuites classées au niveau 3 de l'échelle internationale des événements nucléaires (INES, le niveau 3 correspondant à un incident grave) en août 2013.
Décontaminer ? Les stations de traitement cumulent les dysfonctionnements: le système de décontamination prévu par Areva (ALPS, Advanced Liquid Processing System) a été abandonné faute d'efficacité.
Geler les eaux-souterraines ? C'est prévu en mai, mais les tests réalisés jusque-là sur une galerie ne sont pas concluants ; la solution de dernier recours a été de cimenter le tout, sans aucune garantie d’étanchéité.
Depuis décembre 2014, l’augmentation de la quantité de césium 134, 137, tritium dans les forages de dérivation, couronnées par une fuite d’eau vers l’océan 70 fois plus radioactive que sur le site-même de la catastrophe, montrent que la situation n’est vraiment pas sous contrôle.
Une seule bonne nouvelle: Tepco a réussi à retirer le combustible de la piscine du réacteur 4, qui faisait peser le risque d’une contamination encore plus grave que celle du 11 mars 2011. En cas de perte de refroidissement, c’est jusqu’à 250 km de la centrale qu’il aurait fallu évacuer…
Au niveau social, le gouvernement japonais essaye de minimiser l’ampleur de la catastrophe et prône un retour à la normale. Le nombre d’évacués, de "réfugiés du nucléaire", s’élève encore à 120 000 personnes.
Certains ont été contraints de revenir sur des terres contaminées, d’autres d’y rester puisque l'évacuation forcée n'a eu lieu que dans un périmètre de 20 kilomètres entourant la centrale de Fukushima (dont la préfecture comptait 2 millions de personnes).
Pendant ce temps, ce sont plus de 6000 ouvriers qui tentent de réguler la catastrophe au péril de leur vie, dans un site extrêmement accidenté et soumis à des doses de radiations quotidiennes inédites.
Les coûts de la catastrophe ont été estimés à plus de 257 milliards de dollars par le gouvernement japonais en 2011, supportés par les contribuables japonais depuis la nationalisation de Tepco en 2012. Et encore, c'est sans compter les retombées négatives de la radioactivité sur le tourisme, l'agriculture ou même la crise énergétique qui s'en est suivie...et jugulée grâce à d'intenses efforts en matière d'économies d'énergie.
On le sait, cette catastrophe a provoqué un changement de discours des autorités de sûreté européennes, mais aussi de certaines personnalités politiques et a même renforcé la volonté de certains pays européens de sortir du nucléaire (Allemagne, Suisse) ou de ne pas s'y engager (Italie, avec un nouveau référendum en 2011).
L’accident est devenu probable et l’emploi du futur de l’indicatif est une nouveauté: que se passerait-il donc en Europe en cas de rejets massifs de radioactivité ? C’est ce qui intéresse de plus en plus d’organisations de la société civile comme le réseau européen Nuclear Transparency Watch qui publiera dans les prochaines semaines un rapport sur les mesures post-accidentelles dans différents pays européens.
Les conclusions sont simples : un accident nucléaire n’est pas gérable, encore moins lorsqu’il implique des populations parlant des langues différentes, avec des mesures de protection différentes et des systèmes d’alertes différents.
De quoi semer la panique pour la gestion d'un accident frontalier comme cela pourrait être le cas à la centrale de Fessenheim (Allemagne et Suisse directement concernées) ou Cattenom (la quasi-totalité du Luxembourg pourrait être évacuée), pour n'en citer que deux.
Si peu de choses ont bougé depuis ces 4 ans passés à essayer de lutter contre des dégâts irréversibles, pourquoi marquer encore cette date ? Parce qu’elle touche notre futur.
4, c’est le nombre de réacteurs nucléaires dont le redémarrage est envisagé d’ici fin 2015 alors que le Japon se passe depuis 18 mois de l’électricité nucléaire. Une sortie physiquement possible, donc.
4 (voire 5) milliards d’euros c’est l’endettement d’Areva, membre de « l’équipe de France du nucléaire », ce qui met à mal l’idée d’une industrie florissante et présage d’une débâcle économique de plus grande ampleur.
Mais surtout, 4, c’est le facteur de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 (par rapport à 1990) visé par de nombreux pays développés, dont la France.
Alors que se prépare la conférence internationale sur le climat en décembre 2015 à Paris, la commémoration de Fukushima permet de rappeler une chose : la lutte contre le changement climatique implique une refonte totale du système énergétique avec une place centrale pour les économies d’énergie.
Le nucléaire, avec des constructions s’étalant sur 10 ans, des coûts initiaux exorbitants et une production centralisée et non flexible, bloque ce changement de paradigme.
Si la sortie du nucléaire est un impératif moral à bien des points de vue, il semble que l'argument économique soit le seul capable de fissurer les dogmes qui empoisonnent l'avenir énergétique de la France, et du monde entier. Et si les gouvernements n'entendent pas nos voix, une solution simple s'impose: changer d'opérateur pour sa fourniture d'électricité et participer au financement d'un mix électrique 100% renouvelables.
fukushima
Michèle Rivasi
Des données officielles de l'IRSN ( Institut de Radio protection et de Sûreté Nucléaire )