• Article mal présenté, mais qui garde toute sa signification


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  • Généralisation des bavures policières

     

    Les avocats et Reporterre dénoncent haut et fort la recrudescence de violences de plus en plus nombreuses. C'est tant mieux car lorsqu'il s'agit d'un simple citoyen, il n'est pas vraiment pris au sérieux.

    Les pitbull de la république frappent de plus en plus souvent, de plus en plus fort, entraînant souvent de graves séquelles, voir la mort. Ils sont le bras armé au service du pouvoir qui sert à museler toute contestation. Ce n'est pas nouveau, mais l'escalade a pris une ampleur inquiétante. 

    Comme je le dis souvent, le peuple mouton est gardé par des loups féroces.   

    Gaulois.  

    Les violences policières se généralisent, constatent les avocats de France

    12 juin 2018 Marie Astier (Reporterre)

      https://reporterre.net/Les-violences-policieres-se-generalisent-constatent-les-avocats-de-France

     

     

    Lors d’une journée de réflexion organisée par le Syndicat des avocats de France, de nombreux témoignages ont montré que les violences policières touchent en France de plus en plus de secteurs de la société : militants écologistes et sociaux, migrants, jeunes des quartiers populaires... Les réponses juridiques émergent peu à peu. Mais une prise de conscience de la société face à la « fabrique des monstres » est indispensable.

    Quelle est l’issue la plus probable d’une plainte déposée par une victime de violence policière ? Le non-lieu. Dur constat, pour des avocats. C’est pourtant sur celui-ci que s’est ouverte la journée de réflexion et d’échanges sur les violences policières, organisée par leur syndicat, samedi 9 juin.

    « Nous sommes dans un contexte d’urgence », a introduit Laurence Roques, présidente du Syndicat des avocats de France (SAF). « Il y a les migrants et les militants poursuivis au col de l’Echelle [Hautes-Alpes], la répression des manifestations, l’intervention militaire sur la Zad, les interpellations au lycée Arago... »

    Cette violence est-elle isolée ou systémique ? A quel moment l’usage de la force par les forces de l’ordre devient-il illégal ? Comment les avocats peuvent-ils y répondre, et en collaboration avec quels autres acteurs ? Voici quelques questions que s’est posé le syndicat, qui avait invité pour l’occasion militants, syndicalistes, associatifs, sociologues, « street médics », journalistes, victimes de ces violences. Devant une cinquantaine de personnes, la première table ronde a traité des opérations de maintien de l’ordre notamment lors des manifestations et sur les Zads, la seconde des violences policières dans les quartiers et contre les minorités.

    La lutte contre le terrorisme « a ouvert la voie à une doctrine de répression »

     De cette dense journée ressort d’abord une historicité de ces violences. Eric Beynel, du syndicat Sud Solidaires, se souvient des manifestations de 1986, et de la mort de Malik Oussekine. « Après il y avait eu une modification des doctrines, moins de tirs tendus de grenades, la dissolution de la brigade des voltigeurs », responsables de la mort de l’étudiant. Pourtant ces violences se poursuivent, puisque « à Calais et sur le littoral les violences contre les migrants sont documentées depuis les années 1990 », note de son côté Solenne Lecomte de la Cabane juridique. Hervé Kempf, rédacteur en chef de Reporterre et intervenant à cette journée, place un point de basculement au 11 septembre 2001, les attentats et la lutte contre le terrorisme ayant « ouvert la voie à une doctrine de répression ». Les violences policières qui ont d’abord frappé les quartiers populaires « se sont ensuite transférées dans d’autres zones de la société », observe-t-il. Les manifestations anti-G8 ou G20 ont aussi eu leur lot de répression, comme le note Billy, « street médic » depuis huit ans. Le médecin porte assistance aux blessés en manif’. « En 2011, à Nice, lors des manifestations anti-G20, c’est la première fois que j’ai vu autant de sang, de blessés dus à des grenades », se rappelle-t-il. Dans le monde de l’écologie, l’intervention César sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes en 2012 a fait date. Puis la répression des actions des militants climat lors de la COP 21 en 2015 à Paris a également marqué. « On était dans le contexte post-attentats de janvier et novembre, l’état d’urgence a servi à justifier la répression », dit Hervé Kempf.

    Vers une logique d’interpellations

     

    Hématome causé par un tir de flashball lors de l’intervention militaire sur la Zad en avril.

    « En France, on va à contre-courant du reste de l’Europe, qui s’oriente vers la désescalade », observe Claire Dujardin, avocate de la famille de Rémi Fraisse. « Selon les autorités, il y a de plus en plus de violences de la part des manifestants, mais ce n’est pas le cas, il n’y a pas d’augmentation du nombre de blessés chez les forces de l’ordre. En revanche elles sont en sous-effectif alors que leurs missions augmentent. Surtout, il y a une évolution d’une doctrine de maintien de la foule à distance vers une logique de corps à corps pour interpeller. »

     Claire Dujardin, avocate, et Laurence Roques, présidente du Syndicat des avocats de France : « La France va à contre-courant de l’Europe ».

    Une évolution confirmée, le 8 juin, par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb lui-même, lors de sa visite au centre d’entraînement des forces de gendarmerie de Saint-Astier (Dordogne), où il s’est félicité que des officiers de police judiciaire soient « désormais insérés directement dans les rangs des unités de maintien de l’ordre ».

    Outre les gaz lacrymogènes, qui font bien plus que faire pleurer, particulièrement lors des expositions prolongées, plusieurs armes blessent voire mutilent lors des manifestations ou sur les Zads : LBD (lanceur de balles de défense), grenades à effet de souffle (la OF F1 a tué Rémi Fraisse, la GLI F4 a mutilé Robin Pagès et Maxime Peugeot), et grenades de désencerclement, liste Me Dujardin. « On les qualifie d’armes non-létales, mais c’est juste qu’elles sont en-dessous d’un certain seuil statistique de mortalité », précise Billy.

    Un lourd silence se fait dans la salle quand lui et une autre « médic » de la Zad décrivent les blessures des 330 personnes qu’ils ont prises en charge à Notre-Dame-des-Landes ces deux derniers mois : des morceaux de grenade de plus de deux centimètres logés à côté de la colonne vertébrale ou d’une artère vitale, des éclats multiples de grenades sur tout le corps, certains ne pouvant être retirés car logés dans des zones trop sensibles, des pertes de conscience, des tirs tendus de flash-ball touchant les yeux ou les parties génitales, provoquant d’impressionnants hématomes. « Je me suis sentie comme en zone de guerre, le 11 avril, le troisième jour des expulsions, quand après une charge très violente et des tirs de GLI F4 il y avait six personnes au sol dans un champ, et il fallait évaluer le niveau de gravité de chacun pour décider qui évacuer en premier. Là on a appris que les gendarmes avaient tout bouclé, alors qu’on avait quelqu’un à envoyer à l’hôpital. Les gendarmes ont retardé son évacuation », raconte Sarah, de l’équipe médic. Une atmosphère provoquant un stress post-traumatique : « Il y a des dizaines et des dizaines de personnes qui en rêvent encore, réagissent à la moindre explosion », ajoute la soignante.

    Même si de nombreux témoignages montrent que les gendarmes ont frappé en situation offensive plutôt que défensive, il est difficile de prouver que l’on sort de la légalité. Le constat des avocats est que très peu de textes régissent l’usage des armes. « Or s’il n’y a pas d’encadrement, il ne peut pas y avoir de problème ! » regrette Claire Dujardin.

    Harcèlement policier

    Les violences policières prennent une autre forme quand elles ciblent les migrants ou ont lieu dans les « quartiers ». Dans ces derniers, « les contrôles d’identité sont la porte d’entrée de la violence », relève Slim Ben Achour, avocat. D’après les chiffres cités, 10 à 12 millions seraient menés chaque année, et viseraient principalement les jeunes noirs et arabes : c’est le contrôle au faciès. Certains peuvent subir plusieurs contrôles d’identité par jour, être emmenés au poste une heure ou plus pour « vérification », être déshabillés, brutalisés, humiliés, certains de ces actes étant qualifiés d’agressions sexuelles par les avocats.

    Ce harcèlement présente des similarités avec celui subi par les migrants à Calais ou ailleurs. Les associations présentes (Gisti et Cabane juridique) décrivent les tentes lacérées, les gaz lacrymogènes à répétition, y compris sur la nourriture, les difficultés pour aller aux douches, les arrestations et les déplacements loin de leur lieu d’hébergement, les brutalités, la confiscation de papiers administratifs. Les militants portant secours aux exilés sont à leur tour visés, victimes d’amendes à répétition, d’insultes, de vérifications au poste voire de garde à vue pour « sois-disant » outrage aux forces de l’ordre.

    « Il y un phénomène de “propriété policière”, il y a des groupes et des espaces sociaux particuliers où la police se dispense d’obéir aux règles de droit », observe le sociologue Jérémie Gauthier. « Et ces pratiques ont lieu sur les personnes qui ont le moins de ressources pour les contester. »Solenne Lecomte parle elle d’« une culture de la violence ». Autrement dit, les violences policières ne sont pas le fait d’individus isolés mais sont systémiques. « Face à elles, il faut donc jouer collectif », poursuit-elle, lutter contre la « solitude de la plainte ». Ainsi, la Cabane juridique a déposé en 2016 une série de 54 plaintes d’exilés dénonçant des violences subies par la police.

    Mais rares sont les fois où elles aboutissent. Une exception est ce que les avocats appellent « le dossier du 12e arrondissement ». 18 jeunes avaient porté plainte contre des violences répétées de la part d’une brigade de police de leur quartier. Trois policiers ont écopé début avril de cinq mois de prison avec sursis chacun. « Le rôle de la presse a été déterminant », insiste Slim Ben Achour, qui a porté l’affaire. « Elle a obligé le procureur à faire comme s’il se saisissait du dossier. Il faut prendre à témoin la population. »

     

    Luce Fournier : « Un argument que l’on nous oppose est que puisqu’il n’y a pas de plaintes, il n’y a pas de violence. »

    Certains explorent d’autres voies. Luce Fournier porte avec le collectif Vigizad un dossier devant le Défenseur des droits. Cela consiste à lui apporter une série de témoignages et à lui demander d’enquêter sur les violations des droits ainsi dénoncées. Il peut rendre un rapport. « Un des arguments que l’on nous oppose souvent est que puisqu’il n’y a pas de plaintes, il n’y a pas de violences, raconte-t-elle. Cette procédure est une façon de les faire exister dans la langue de l’administration. L’autre intérêt est qu’il a accès aux rapports de la gendarmerie. La procédure est souple, rapide, collective. »

    C’est aussi la première étape avant une action plus offensive : il s’agirait de porter plainte devant le tribunal administratif. « On peut faire condamner le préfet qui a mené les opérations de maintien de l’ordre, et à travers lui l’Etat », explique la militante.

    Toujours côté juridique, Claire Dujardin, après le non-lieu dans l’affaire Rémi Fraisse, souhaite se tourner vers la Cour européenne des droits de l’homme. Elle a bon espoir : la France a récemment été condamnée à verser 6,5 millions d’euros de dommages et intérêts à un jeune homme devenu handicapé à la suite d’une interpellation musclée. Les tribunaux français l’avaient tous débouté.

    Enfin, la journée a été l’occasion d’évoquer des actions concertées et transdisciplinaires. Le collectif Désarmons-les prône la mise en place d’une expertise indépendante sur les armes de la police réunissant biologistes, avocats, médecins, militants, etc. Une campagne commune pour l’interdiction des grenades a également été évoquée. Celle de lutte contre le contrôle au faciès se poursuit. Une des actions originales est proposée par le collectif Quoi ma gueule : il s’agit de filmer les policiers lors des contrôles d’identité, chose que tout citoyen a le droit de faire.

    Autant de tentatives de ne pas laisser ces violences se dérouler en toute impunité, car, insiste Solenne Lecomte, toute la société est concernée : « On fabrique des monstres qui ne sont jamais sanctionnés et on espère que le jour où ils seront face à nous ils cesseront les coups. »




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  • Linky passe en force

    Mon commentaire se résume à ceci : nous sommes en dictature.

    Lecture à méditer

    Gaulois.

     

     


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  • Des générateurs de vapeur défectueux
    dans les centrales nucléaires françaises :
    délicieuse audience au Conseil d'Etat


    Observatoire du nucléaire - http://www.observatoire-du-nucleaire.org
    Publication du mardi 29 mai 2018

     


     Lundi 14 mai 2018, saisi par l'Observatoire du nucléaire à propos des générateurs de vapeur défectueux en service dans le parc nucléaire français, situation aussi sidérante que dangereuse mais à laquelle personne (ou presque) ne semble porter attention, le Conseil d’État a organisé une "enquête à la barre".

    Il s'agit d'une procédure fort ancienne et tombée depuis longtemps en désuétude, mais "qui vit une nouvelle jeunesse, le Conseil d’État y recourant de manière accrue depuis quelques années en particulier pour éclairer la résolution des contentieux économiques et financiers les plus complexes." (1)

    Sans nourrir d'espoirs excessifs sur le résultat final de notre démarche, pourtant parfaitement justifiée, nous ne pouvons que nous féliciter de voir que le Conseil d'Etat a pris cette affaire avec le sérieux qu'elle mérite au vu de la gravité des conséquences possibles, à savoir tout simplement un Fukushima français, contrairement à l'ensemble des médias (*) qui n'avaient dépêché personne mais qui, il est vrai, avaient des affaires autrement plus importantes à traiter : succession de Johnny Halliday, mariage princier en Grande-Bretagne, etc.

     
    Un ordre du jour soigneusement élaboré
     

    Loin de bâcler l'affaire, le Conseil d’État a donc réuni une formation complète (un Président, deux Assesseurs, deux Maîtres des requêtes et d'autres Conseillers d’État), convoqué EDF et l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), invité bien sûr l'Observatoire du nucléaire, mais aussi soigneusement élaboré l'ordre du jour (voir fichier lié), remontant même chronologiquement jusqu'à la révélation publique, le 7 avril 2015, des défectuosités de la cuve du réacteur EPR en construction sans fin à Flamanville (Manche).


     Rappel : une procédure en référé en janvier 2017

    Pour mémoire, l'Observatoire du nucléaire avait saisi le Conseil d’État en urgence fin 2016 pour tenter d'empêcher le redémarrage annoncé par EDF, avec la bénédiction de la gentille ASN, de trois réacteurs sur la vingtaine concernée, à savoir Tricastin 3, Gravelines 2 et Dampierre 3. Au final, tous les réacteurs dotés de générateurs de vapeur défectueux avaient pu très vite redémarrer grâce entre autre à un argument très "scientifique" avancé par EDF dans son mémoire en défense et réitéré sans honte oralement : "L'arrêt de réacteurs en période de froid hivernal poserait des problèmes pour l'approvisionnement énergétique". Avouez que, finalement, la métallurgie n'est pas une science très compliquée.


     Pourquoi seulement ces trois réacteurs ?

    Comme expliqué ci-dessus, lorsque l'Observatoire du nucléaire a déposé son recours, n'était annoncé que le redémarrage des trois réacteurs suscités (2). Voilà pourquoi, un an et demi plus tard, seuls ces trois réacteurs sont visés par la procédure qui a perduré entre temps alors que, bien sûr, tous les réacteurs qui fonctionnent actuellement avec des générateurs de vapeur défectueux devraient être arrêtés.


     Reprenons tout dans l'ordre

    Le 7 avril 2015, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) publiait une note (3) titrée "Anomalies de fabrication de la cuve de l’EPR de Flamanville" rendant publique une importante malfaçon reconnue par la société Areva sur la cuve du réacteur EPR en construction à Flamanville (Manche). Notez bien que, contrairement à ce qui est écrit ici ou là, ce n'est pas l'ASN qui est à l'origine de cette révélation explosive (4). A la suite de cette information, outre le suivi du dossier de la cuve elle-même, l’ASN demandait à Areva et EDF de faire des vérifications sur le parc nucléaire.


      De surprise en surprise

    Il est alors effectivement apparu que de nombreuses pièces, fabriquées soit par Creusot Forge soit par l’entreprise japonaise Japan Casting and Forging Corporation, étaient elles aussi défectueuses, ce qui avait totalement échappé à EDF et à l'ASN (dont on ose encore nous dire qu'elles sont "à la pointe de la sûreté nucléaire").

    Ainsi, le 18 octobre 2016, l’ASN publiait une note (5) titrée "L’ASN prescrit la réalisation sous trois mois de contrôles sur les générateurs de vapeur de cinq réacteurs d’EDF dont l’acier présente une concentration élevée en carbone" qui précise que "Les analyses menées à la demande de l’ASN par EDF depuis 2015 concluent que certains fonds primaires de générateurs de vapeur, fabriqués par Areva Creusot Forge ou JCFC, présentent une zone de concentration importante en carbone pouvant conduire à des propriétés mécaniques plus faibles qu’attendu".


      La tactique du gendarme (du nucléaire)

    Or, le 5 décembre 2016, l’ASN (qui se fait appeler sans rire le "gendarme du nucléaire") publiait une nouvelle note (6) titrée "Situation des générateurs de vapeur dont l’acier présente une concentration élevée en carbone : l’ASN considère que le redémarrage des réacteurs concernés peut être envisagé". Une position plus que surprenante de la part de l’ASN qui, dans cette même note, reconnaissait pourtant que la concentration excessive en carbone "peut conduire à des propriétés mécaniques de l’acier plus faibles qu’attendu, et remettre en cause la sûreté des réacteurs, qui repose sur l’exclusion de la rupture de ces composants".


      Exclusion de rupture

    Il faut absolument retenir que "l’exclusion de la rupture" de la cuve ou d’un générateur de vapeur ne signifie pas qu'elle ne peut pas se produire mais que cette rupture ne doit en aucun cas se produire : on se trouverait alors en situation d’accident nucléaire majeur pouvant être comparable à ceux de Tchernobyl ou Fukushima. Faire fonctionner des réacteurs nucléaires avec des pièces conformes est déjà une terrifiante prise de risque car, selon la formule consacrée, le risque zéro n’existe pas, mais il est encore plus irresponsable et injustifiable de faire fonctionner des réacteurs avec des cuves ou des générateurs de vapeur non conformes.


     Contrôle technique

    Pour obtenir l'autorisation de redémarrer les réacteurs comportant des pièces non conformes, EDF a indiqué à l'ASN qu'elle allait prendre des "mesures compensatoires" : c'est comparable à un automobiliste dont la voiture a été recalée au contrôle technique mais qui veut quand même rouler… en s'engageant à conduire prudemment et, surtout, à accélérer et freiner avec modération. Sauf que là, la voiture est une centrale nucléaire.

    Ces curieuses demandes ont été explicitées lors d’une conférence de presse commune tenue par l’ASN et l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) le 5 décembre 2016, dont on peut voir la vidéo sur le site web de l’ASN. On apprend ainsi que "par exemple, la température d'un réacteur décroît ou croît normalement de 28°C par heure lors des phases d'arrêt et de redémarrage. Les réacteurs visés par cette décision devront limiter les variations de températures à 14°C par heure lors de ces phases transitoires". (7 et 8)


     Mesures compensatoires et dispositions complémentaires

    Ces "mesures compensatoires", supposées éviter un choc thermique qui causerait la rupture de la pièce et donc l’accident nucléaire grave, ne sont toutefois pas évidentes à mettre en œuvre en toute circonstance. En effet, dans son courrier (9) du 5 décembre 2016 adressé à EDF, le directeur général de l’ASN demande à EDF de prendre des "dispositions complémentaires" pour essayer de limiter autant que faire se peut les situations dans lesquelles la baisse de température du réacteur serait trop rapide.


     Interdire les évènements imprévus...

    Par exemple : "Je vous demande de mettre en oeuvre des dispositions complémentaires permettant de limiter la probabilité d’occurrence d’un choc froid sur un fond primaire de générateur de vapeur ; vous examinerez notamment la possibilité d’un renforcement de la surveillance exercée par l’équipe de conduite et la mise en place de dispositions destinées à empêcher le redémarrage d’une pompe primaire à la suite d’une ouverture intempestive de la vanne régulant le débit dans les échangeurs du circuit de refroidissement du réacteur à l’arrêt". (9 à nouveau)

    Pour reprendre l'image de la voiture délabrée mais autorisée quand même à rouler, il s'agit en quelque sorte de passer avant elle en suppliant les automobilistes de ne pas occasionner un embouteillage ou avoir un accident car, derrière, arrive une voiture qui ne doit sous aucun prétexte freiner brusquement. La "sûreté" nucléaire française tourne à la farce.


     Les "règles de l'art"

    Mais ce n'est pas tout : dans son avis technique (10) du 30 novembre 2016, l’IRSN estime acceptable le fonctionnement des réacteurs avec les dites "mesures compensatoires", toutefois sous réserve de l’exactitude des chiffres donnés… par EDF : "Sous réserve que les mesures [de teneur en carbone] aient été réalisées dans les règles de l’art et en conformité avec les précautions annoncées par EDF à l’égard de la décarburation, l’IRSN considère que l’hypothèse d’une teneur en carbone au plus égale à 0,39 % en face externe est recevable pour la suite de la démonstration".

    Nous avons questionné en séance les représentants de l'ASN sur la vérification du respect de ces fameuses "règles de l'art" et leurs réponses embarrassées ont bigrement intéressé les conseillers d'Etat : finalement, c'est seulement EDF qui assure avoir bien agi... Mais ce n'est pas tout : nous avons pu montrer, ce qui a aussi suscité un réel intérêt chez les Conseillers d'Etat, que c'est à la centrale nucléaire du Bugey (Ain) que l'ASN avait fait une inspection consacrée aux tests de concentration carbone opérés par EDF.

    La "justification" de l'ASN est que "les contrôles réalisés sont du même type sur chacun des réacteurs concernés". Donc, on nous demande croire sur parole que, si EDF a correctement réalisé les tests au Bugey (mais toujours sous réserve qu'ils aient été faits "dans les règles de l'art"), cela a alors forcément été aussi le cas dans les autres centrales. Qui peut être convaincu par ces affirmations parfaitement gratuites ?


     Conclusion

    Nous avons finalement demandé au Conseil d'Etat de contraindre EDF et l'ASN à tout simplement appliquer leurs propres exigences, à savoir que la concentration en carbone des générateurs de vapeur doit être conforme et que, de fait, les réacteurs qui ne respectent pas cette règle ne doivent pas être autorisés à fonctionner, même avec ces curieuses "mesures compensatoires" et "dispositions complémentaires". Résultat dans quelques semaines (date non connue à ce jour).


     Stéphane Lhomme
    Directeur de l'Observatoire du nucléaire

    (*) On notera que l'Agence France Presse (AFP) n'a pas commis la même "erreur" que lors de l'audience en référé où elle avait (par mégarde ?) envoyé une journaliste dont il a fallu ensuite censurer la dépêche, de peur de déclencher en France un "inutile" débat de société sur le thème "Est-ce bien raisonnable de faire fonctionner des réacteurs nucléaires avec des pièces cruciales défectueuses ?". En n'envoyant personne, la direction de l'AFP n'a donc pas eu besoin cette fois de censurer.


     
    (1) http://www.conseil-etat.fr/Actualites/Discours-Interventions/Enjeux-et-defis-du-Conseil-d-Etat-de-France
    (2) http://www.romandie.com/news/Nucleaire-trois-reacteurs-doivent-redemarrer-le-20-decembre_RP/760903.rom
    (3) https://www.asn.fr/Informer/Actualites/EPR-de-Flamanville-anomalies-de-fabrication-de-la-cuve
    (4) http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article336
    (5) https://www.asn.fr/Informer/Actualites/Controles-complementaires-sur-les-generateurs-de-vapeur-de-cinq-reacteurs-d-EDF
    (6) https://www.asn.fr/Presse/Actualites-ASN/Situation-des-generateurs-de-vapeur-dont-l-acier-presente-une-concentration-elevee-en-carbone
    (7) http://www.actu-environnement.com/ae/news/generateurs-vapeur-defectueux-ASN-autorise-redemarrage-reacteurs-nucleaires-28021.php4
    (8) http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/12/05/l-asn-autorise-le-redemarrage-de-8-reacteurs-nucleaires_5043705_3244.html
    (9) https://www.asn.fr/Media/Files/Aptitude-au-service-des-fonds-primaires-de-generateur-de-vapeur-fabriques-par-JCFC
    (10) http://www.irsn.fr/FR/expertise/avis/2016/Documents/novembre/Avis-IRSN-2016-00369.pdf


            


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  • Avec le saccage, bavures et mensonges

    Ou N.D. des Landes  laboratoire de la répression ! 

    De nombreuses personnes avancent sans discernement  que les zadistes ont ce qu'ils méritent. Patience, leur tour viendra bientôt.

    Gaulois 

     

    Communiqué du groupe presse de la zad (en pdf en pièce jointe) ----- Les mensonges de la gendarmerie sur les circonstances du tir de grenade qui a mutilé Maxime.

    Alors que l'opération de gendarmerie en cours sur la zad venait de commettre une faute aussi dramatique que prévisible, le premier réflexe du parquet comme du ministère de l'intérieur a été de dégainer au plus vite dans les médias le récit adéquat dans le but de couvrir les faits, se justifier de la mutilation de maxime et tenter de neutraliser les réactions. M. Collomb ou le procureur général s'y sont employés immédiatement de la manière la plus affirmative possible, sans la moidre décence ni le moindre regret. C'est l'usage.

    Au-delà des considérations générales sur la brutalité de l'opération policière en cours, de la dangerosité avérée des grenades explosives et de leur usage immodéré sur la zad ces dernières semaines, nous avons souhaité pour notre part attendre d'avoir pu croiser différents témoignages avant d'être aussi affirmatif sur les faits. Il nous apparaît aujourd'hui que la version gouvernementale selon laquelle les gendarmes auraient lancé des grenades pour se dégager en urgence d'un groupe d'une cinquantaine de manifestant.e.s les attaquants avec des cocktails molotovs est une fiction. Les communiquant.e.s de la gendarmerie pouvaient aisément le vérifier : chacune des interventions des gendarmes sur la zone a été filmée par leurs services.

    D'après les témoignages que nous avons recueilli, le drame est au contraire intervenu dans un moment décrit comme calme ou quelques dizaines de personnes faisaient face de manière statique depuis environs 45 minutes aux gendarmes mobiles. Ceci alors que le déblaiement d'habitat de la chateigne était en cours derrière la ligne policière. Les gendarmes étaient alors très nombreux face à un groupe réduit de manifestant.e.s. Un effectif de gendarmes mobiles, en embuscade est alors sorti à l'improviste de la forêt. Ils ont chargé les manifestant.e.s pour les dégager du champs et susciter un mouvement de panique.

    Cette charge subite a effectivement causé une fuite immédiate des personnes présentes, en direction de l’unique et étroit passage de sortie au bout du champs. C'est à ce moment là qu'une série de grenades a été lancée sur quelques personnes à la queue du groupe tentant d'échapper à la charge. Après l'explosion, plusieurs personnes se sont retournées et ont vu la victime, debout, dos aux gendarme, se tenant le poignet droit avec la main gauche. Celle-ci a ensuite été plaquée au sol et tirée plusieurs mètres plus loin.

    Les témoins disent avoir vu les gendarmes "nettoyer" autour de la victime, enlever les morceaux de chair et mettre de la terre sur les traces de sang. Ce qui ressort de l'ensemble des témoignages est clair : contrairement à ce qu'ils affirment, les gendarmes ne sont pas intervenus avec des grenades explosives pour se dégager d'un groupe d'assaillant.e.s et se sortir d'une situation de danger grave, mais bien pour disperser des manifestant.e.s alors statiques et en sous-nombre d'un champs.

    Ceci n'a d'ailleurs malheureusement rien d'inhabituel dans cette opération policière. Au cours des dernières semaines, chacun peut témoigner que les grenades explosives GLI-F4, entre autres armes mutilantes, ont été utilisées à de multiples reprises comme simple outil de dispersion et de terreur et non pour faire face à des attaques réelles d'opposants.

    Soulignons en passant que du côté même des gendarmes, les seules blessures graves dans leur rangs - à l'automne 2012 comme lors de cette nouvelle vague d'expulsion - ont été causées par un mauvais usage et l'explosion de leurs propres grenades. ---

    Nous appelons à réagir partout pour dénoncer les mutilations causées par les armes de la police et la brutalité de l'opération toujours en cours sur la zad. --

    Liste de communication de la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes. 06.95.06.81.49 zadcontactpresse@riseup.net Zone A defendre - http://zad.nadir.org/ --


    Pour Maxime, mutilé sur la zad le 22 mai 2018 - lettre de Robin, mutilé à Bure le 15 août 2017.

    Robin est un jeune père de famille blessé grièvement à Bure en Août dernier par une grenade explosive GLI-F4. Il nous a fait parvenir une lettre qu'il a transmis à Maxime, dont la main a été arrachée par une grenade explosive GLI-F4 hier sur la zad. "Il est tombé près de 4000 grenades explosives sur la ZAD depuis le début de son invasion par les gendarmes mobile". Elles avaient déjà fait plusieurs centaines de blessés depuis le début de l'opération. La lettre est disponible en pdf en pièce jointe. ///

    LETTRE DE ROBIN, MUTILÉ À BURE LE 15 AOÛT 2017.

    Mettre des mots sur l'horreur. Ne pas céder à la résignation. Au terrorisme d'État. Malgré le stylo qui tremble, écrire. Témoigner. Ne pas se laisser écraser par le concert d'opérations sémantiques, de propagande préventive et de censure qui cherche à nous couper de notre empathie et de la révolte qu'elle devrait spontanément engendrer. Maxime vient de perdre sa main. Sa main droite. Pour toujours. Il rejoint bien plus gravement encore, l'enfer que j'ai vécu durant 9 mois.

     Le 15 août 2017, à Bure, l'explosion d'une grenade GLI-F4 tirée par les gendarmes mobiles creusait mon pied gauche sur un diamètre de 13cm et jusqu'à 3cm de profondeur arrachant peau, veines, nerfs, muscles et pulvérisant les os. C'était pendant une manifestation contre le projet Cigéo d'enfouissement de déchets radioactifs à 500m de profondeur. Il y a eu 30 blessés dont 4 graves. Contrairement à ce que leur nom indique, les grenades GLI-F4 contiennent de la TNT et explosent ! Leurs déflagrations font 1m de diamètre et peuvent tuer si elles touchent une partie vitale. Les appellations de « lacrymogènes » ou d'« assourdissantes » que la préfecture et les ministres leur donnent dans les médias servent à masquer la vérité à leur sujet : CE SONT DES ARMES DE GUERRE !

     L'État utilise des armes de guerre pour terrasser le peuple. Dans le cas présent, les conséquences sont bien pires qu'un tir à balle réelle. Déjà, à l'époque, j'avais alerté sur les dangers des grenades explosives en organisant une manifestation pour exiger leur interdiction mais les grandes chaînes ont cantonné l'information à la région Lorraine. La majorité des français ignore encore la vérité sur ce sujet. Il est tombé près de 4000 grenades explosives sur la ZAD depuis le début de son invasion par les gendarmes mobiles. Provoquant des centaines et des centaines de blessés notamment à cause des éclats de métal qu'elles projettent.

    Où est la violence ? Maxime est actuellement à l'hôpital. Outre les intenses douleurs et le fort traumatisme qui le suivront nuit et jour, il devra désormais supporter ce handicap inimaginable : vivre avec une seule main. Cette main, que l'explosion lui a arraché sur le coup, l'État lui a volé pour prix de son combat, pour prix de notre combat. Dans les dernières décennies, la militarisation du maintien de l'ordre a fait couler trop de sang. Combien d'éborgnés ? Combien de mutilés ? Combien de vies déchirées par l'utilisation criminelle des flashballs et des grenades explosives ? La violence de l'État pour mater toute résistance est extrême. Elle cherche à nous terroriser, à nous acculer à la résignation.

    Face à cela, la solidarité est notre arme et jamais la peur ne doit nous arrêter. Proches, moins proches et tous ceux qui croiseront la route de Maxime, prenez soin de lui ! Tenez bon ! Il y a mille et une manières de lui apporter ce qui lui permettra de vivre. Écoutez-le, cherchez, trouvez ! La vie continue, le combat pour elle aussi. Maxime tiens bon !
     

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  •  Saccage aveugle de Notre Dame des Landes

     Ou L’arbitraire en marche 

    A Notre Dame des Landes, tout est détruit, la faune, la flore, les habitations, si précaires soient-elles, quand ce ne sont pas les habitants. On se croirait en pleine guerre, sur un champ de bataille.

    Les bien pensants argumentent que la force s’exerce des deux côtés. Bien entendu ils ne voient que celle venant de ceux qui eux ont le mérite de protéger la nature.

    Le retour à l’état de droit dont il est question par le gouvernement ne vaut même pas une rustine sur une jambe de bois. Plus rien n’arrête le pouvoir français. L’adage, pris à contre sens, n’a jamais été aussi vrai : « Quand la force des arguments ne suffit plus, on utilise les arguments de la force » La force bestiale et cruelle !

    Souvent je le dis et le répète, la France est le pays des droits de l’homme ! Mais de quels droits s’agit-il ?

    Gaulois.

     L’intervention militaire sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes saccage la nature

     17 mai 2018 / Lorène Lavocat (Reporterre)  

     https://reporterre.net/L-intervention-militaire-sur-la-Zad-de-Notre-Dame-des-Landes-saccage-la-nature

    L’opération militaire lancée contre la Zad de Notre-Dame-des-Landes le 9 avril a saccagé l’environnement. Sols écrasés, arbres abattus, nature polluée par les gaz et les résidus de plastique, animaux perturbés en pleine saison de reproduction… les Naturalistes en lutte listent les dommages faits à cet écosystème exceptionnel.

    Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), reportage

     À quelques pas de la « route des chicanes », le chemin de la Noue bruisse d’un chant printanier. Sur une branche de chêne bourgeonnante, un rossignol tonitruant tente d’attirer sa belle. « Cette opération militaire brutale au printemps, en pleine période de reproduction pour de nombreuses espèces, c’est un crime ! » s’indigne Jean-Marie. Botaniste amoureux du bocage, cet habitant de la Zad s’inquiète des dégradations irréversibles causées par l’intervention des gendarmes sur l’écosystème sensible et unique de Notre-Dame-des-Landes.

    Une alerte relayée par plusieurs Naturalistes en lutte. « Comme chacun le sait, ou devrait le savoir, (mais cela ne semble pas être le cas pour quiconque dans ce gouvernement), avril est un mois décisif pour la plus grande partie des populations d’espèces animales et végétales, écrivent-ils sur leur site. Décisif, car c’est à cette époque de l’année que les végétaux déploient leur feuillage et se couvrent de fleurs accueillantes pour les butineurs. Décisif car, pour la faune, c’est le temps des amours et de la naissance des jeunes, qui assureront le maintien et la survie de l’espèce pour les années futures. »

     Jean-Marie, botaniste, habitant de la Zad et Naturaliste en lutte. 

     Pour comprendre ce qui se trame dans le bocage, Jean-Marie nous emmène à travers les prairies humides, sur les traces des lieux de vie détruits par les pelleteuses. Du jardin permacole de la « Noue non plus » ne subsistent que quelques topinambours accrochés à leur butte. « Ils ont transformé le potager et la cabane en terre paille en bourbier, se désole le botaniste. Si c’est comme ça qu’ils pensent préserver la vocation agricole de la Zad… »

     « Un risque fort de destruction direct de la faune et de la flore » 

     Des Cent noms au Far West, ce sont partout les mêmes images de terre retournée en grosses mottes asséchées par le soleil, d’arbres à moitié arrachés et d’objets divers — bidon en plastique, livre, selle de vélo — enfouis dans le sol. « Les personnes qui habitaient ici étaient très respectueuses de l’écosystème, très conscientes écologiquement, précise Jean-Marie. C’est très choquant de voir leur lieu de vie saccagé. »

     L’emplacement de la Noue non plus. 

     Si les naturalistes craignent « un risque fort de destruction direct de la faune et de la flore », les impacts de l’opération lancée le 9 avril sont difficiles à quantifier. Zones inaccessibles car bouclées par les gendarmes, disparition rapide des cadavres emportés par des charognards (corbeaux ou renards), complexité de la mise en place d’un protocole… et manque de temps. « Tout a été tellement vite, soupire notre guide, qui habitait aux Cent noms au moment de l’expulsion. Je découvre tous les jours de nouvelles dégradations. »

    Les plus directement visibles sont ces ornières profondes qui traversent prairies et talus, là où les pelleteuses sont passées. « Le sol a été tellement tassé par des engins de plusieurs dizaines de tonnes, décrit le botaniste en saisissant ce qui s’apparente à une brique compacte. Or ces sols ont une structure particulière, leur endommagement compromet le bon fonctionnement de l’écosystème : comment voulez-vous que la zone humide continue de stocker et de filtrer l’eau si elle est tassée et retournée ? »

     Autre caractéristique du bocage, certains talus et certaines prairies sont constitués de terres rares que l’on appelle « oligotrophes », car elles sont très pauvres en nutriments. Ces terres héritées des landes du XIXe siècle (ça ne s’appelle pas Notre-Dame-des-Landes pour rien !), avant la création des haies bocagères, forment donc des milieux très particuliers, où se retrouvent des végétaux singuliers comme le chêne tauzin avec ses pousses rosées, le carum verticillé aux petites fleurs blanches ou la scorzonère naine. « Les milieux riches en nutriment, “eutrophes”, sont aujourd’hui très répandus du fait notamment de l’usage d’engrais, souligne Jean-Marie. À l’inverse, les milieux oligotrophes sont rares, et hébergent donc une biodiversité très riche. »

     Sur la Zad, le 15 mai 2018.

     Au-delà de ces bouleversements édaphiques, l’intervention des gendarmes a occasionné un grand dérangement. D’après les Naturalistes en lutte, les passages d’engins et de militaires, notamment de nuit, ont pu écraser et tuer nombre de batraciens et de micromammifères (campagnols, hérissons, musaraignes). Les armes chimiques utilisées se révèlent ainsi des composés extrêmement toxiques pour des organismes de faible masse corporelle « qui peuvent être contaminés, soit par inhalation, soit par ingestion d’aliments contaminés soit, comme pour les amphibiens, par contact avec la peau ». Sur leur site, ils précisent : « Une grenade lacrymogène peut recouvrir une surface de 800 m² d’un nuage irritant déployé sur une hauteur de 3 à 5 m. Bien que leur composition chimique ne soit pas parfaitement connue, nous savons que les gaz contiennent du 2-chlorobenzylidene malononitrile (CS) de faible toxicité pour les êtres humains (…) Mais le poids d’un insecte, d’un oiseau, d’un amphibien, d’une chauve-souris ou d’une musaraigne n’est pas celui d’un homme ! »

     L’onde de choc des grenades de désencerclement, qui génèrent un impact sonore dépassant les 150 dB, est susceptible d’affecter les chauves-souris. Sans compter les quelque 48.000 capsules en plastique de gaz et les dizaines de milliers de fragments de plastique de grenades disséminés un peu partout pour des centaines d’années.

     La menace pour le bocage de l’agriculture intensive 

     De retour sur le chemin de la Noue, Jean-Marie guette au milieu de la symphonie des oiseaux le sifflement presque tropical du loriot d’Europe, au plumage jaune flamboyant. « Les populations d’oiseaux diminuent en même temps que les insectes sont tués par les pesticides, rappelle-t-il. Mais à Notre-Dame-des-Landes, comme il n’y a pas eu d’industrialisation de l’agriculture — en partie parce que les terres sont pauvres et en partie parce que le projet d’aéroport puis l’occupation zadiste ont empêché le développement de grandes exploitations intensives — les insectes et les oiseaux sont encore très nombreux ! »

    Sauf que « les détonations multiples, qui parfois se suivent pendant plusieurs dizaines de minutes, à différentes périodes de la journée, le bruit du déplacement des véhicules et les cris, lors des affrontements, perturbent indubitablement les oiseaux chanteurs présents dans les haies », s’alarment les Naturalistes en lutte. Les mâles peinent ainsi à défendre leur territoire et à attirer les femelles, ce qui épuise les individus et affaiblit le succès de la formation de couples. « Il est avéré qu’un nid de chouette hulotte était établi dans une des cabanes qui ont été détruites. Elle était pour cette raison précise délaissée par son habitante humaine ! » Chacun redoute donc la prochaine opération militaire, qui provoquerait à coups sûrs de nouveaux saccages.

     

                               Une prairie humide.

                                   

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
         
     Une prairie saccagée. 

     Mais le pire pourrait encore être à venir. Car certaines parcelles du bocage ne sont pas inscrites sur un formulaire individuel et pourraient être récupérées par d’autres agriculteurs, installés dans des systèmes intensifs. D’autres sont bien « fichées », mais revendiquées par leurs anciens propriétaires. « Si certaines prairies se retrouvent exploitées à grand renfort d’engrais et de pesticides, cela perturberait l’ensemble de l’écosystème unique que constitue la Zad, craint Jean-Marie. On aurait des sortes de barrières chimiques qui empêcheraient les circulations et les équilibres de se faire : ce morcellement provoquerait une perte de biodiversité ». Le bocage de Notre-Dame-des-Landes, avec ses nombreux talus et ses prairies humides, est unique en son genre en France, de par son étendue et sa densité de haies.

    C’est pourquoi les Naturalistes en lutte demandent l’inscription et le respect de clauses environnementales en amont de toute acquisition ou location de terres dans le bocage. « On ne se bat pas que pour 40 projets et 300 ha de terres, insiste Jean-Marie. On défend un écosystème global et des modes de vie respectueux et harmonieux avec la nature »

     

     

     


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  •  Macron et la chasse

    Venant de l’individu, ce n’est pas une surprise. Et dire que les français ont voté pour lui. Là, nous pouvons l’associer à un autre président, vous savez celui qui adore les armes. Sans oublier le dirigeant espagnol qui tuait les éléphants.

    Il paraît que la majorité des français est hostile à la chasse. Nous pouvons en douter.

    Ça me rappelle ce jour ou j’ai dû chasser les chasseurs chassant à moins de 50 mètres de notre habitation. Vivre à la campagne est parfois dangereux !

    Avec l’appui du président pour les chasseurs, nous risquons le pire.

    Gaulois.

    Emmanuel Macron couvre les chasseurs de cadeaux

     5 mai 2018 / Maxime Louis 

    https://reporterre.net/Emmanuel-Macron-couvre-les-chasseurs-de-cadeaux

    Le chef de l’État choye les chasseurs et satisfait leurs demandes. Cela menace la sécurité des campagnes et dégrade la biodiversité, estime l’auteur de cette tribune

     

    Maxime Louis est juriste, ancien candidat du Parti animaliste aux élections législatives 2017 à Metz, adhérent du Parti animaliste et de l’Association de protection des animaux sauvages (Aspas). Il gère la page Facebook « Animaliste Moselle » et s’investit localement pour défendre la cause animale.

     

     

    Ces derniers mois, le monde de la chasse s’est abreuvé des faveurs du gouvernement. Son excellente relation avec l’exécutif s’en est trouvée confortée.

    D’abord, par un arrêté du 2 janvier 2018, les chasseurs sont désormais autorisés à utiliser « un modérateur de son », ou silencieux, pour leurs armes à feu. Cette mesure scandaleuse va accroître le sentiment d’insécurité des Français (71 % des personnes interrogées, selon un sondage Ifop de 2017), fondé sur de réels dangers. Rappelons que 150 accidents ont été comptabilisés pendant la saison 2017-2018, dont douze mortels parmi lesquels deux mineurs et trois non-chasseurs.

    Par ailleurs, le site web Chasse passion a qualifié d’« immense victoire pour la chasse française » la rencontre du 15 février 2018 entre la Fédération nationale des chasseurs (FNC), représentée par Willy Schraen, et Emmanuel Macron. Le président de la République a annoncé la division par deux en juin 2018 du prix du permis national de chasse — soit désormais 200 euros —, la réouverture des chasses présidentielles, la possibilité de chasser sur tout le territoire national et une dérogation qui autorise la chasse aux oies cendrées jusqu’au 28 février 2019 (au lieu du 1er février, comme l’impose la réglementation européenne).

     Des Français dans leur immense majorité hostiles à la chasse

    Ces pistes de réforme inspirées par les chasseurs dans leur intérêt exclusif ne sont en aucun cas soutenues par les Français. En effet, selon un sondage Ifop de 2016, 91 % des personnes interrogées désirent ardemment une réforme de la chasse. D’après un autre sondage Ifop de 2017, 81 % d’entre eux souhaitent l’interdiction de la chasse le dimanche et 79 % la réduction des périodes de chasse.

    La sécurité des citoyens devrait être la priorité de l’action publique. L’État a en effet un devoir constitutionnel d’assurer la sécurité de ses ressortissants. L’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 est sans appel : « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression. » L’article L111-1 du Code de la sécurité intérieure dispose en ces termes que « la sécurité est un droit fondamental et l’une des conditions de l’exercice des libertés individuelles et collectives. L’État a le devoir d’assurer la sécurité en veillant, sur l’ensemble du territoire de la République, (…) à la protection des personnes et des biens ». Enfin, l’article 5 de la Convention européenne des droits de l’homme souligne que « toute personne a droit à la liberté et à la sûreté ». Mais où se trouvent la sécurité et l’intérêt général lorsque les aspirations des Français sont bafouées pour la satisfaction d’une minorité ?

    Si l’on en croit les mots du chef de l’État, les chasseurs sont les garants de la biodiversité terrestre. La classe politique ne tarit pas d’éloges à leur sujet et valorise leur rôle par les textes juridiques. L’article L420-1 du Code de l’environnement en dit long sur cet état d’esprit : « Par leurs actions de gestion et de régulation des espèces dont la chasse est autorisée ainsi que par leurs réalisations en faveur des biotopes, les chasseurs contribuent à la gestion équilibrée des écosystèmes. »

    Gestion de la biodiversité ? Un tiers des animaux chassés sont issus d’élevage…

    Mais en quoi les chasseurs seraient-ils « les garants de la biodiversité » sachant qu’un tiers des animaux chassés proviennent d’élevage ? Comme l’a rappelé le naturaliste Pierre Rigaux, il existe en France des milliers d’enclos privés (régis par le très léger article L424-3 du Code de l’environnement) qui permettent aux chasseurs de venir tuer toute l’année les animaux de leur choix contre rémunération, sans aucun contrôle externe. Il est difficile de comprendre en quoi tuer des animaux derrière des enclos contribue à « la gestion équilibrée des écosystèmes ».

    De plus, le chef de l’État a renouvelé son soutien aux chasses traditionnelles que sont, parmi d’autres, la vénerie sous terre (40.000 pratiquants selon l’Association pour la protection des animaux sauvages — Aspas) et la chasse à courre (10.000 pratiquants selon l’Aspas) dont le nombre d’équipages ne cesse d’augmenter. Pourtant, selon un sondage Ifop de 2017, 84 % des personnes interrogées demandent l’interdiction de la chasse à courre, interdiction déjà en vigueur dans de nombreux pays (Allemagne, Belgique, Écosse…) en raison de sa cruauté. Le député Bastien Lachaud a déposé en janvier 2018 une proposition de loi visant à l’interdire ; elle semble avoir peu de chance d’être retenue.

    Rajoutons à cela le droit de détruire des millions d’animaux qualifiés de « nuisibles » (renards, belettes, martres…) dont la liste est établie selon l’article R427-6 du Code de l’environnement, par le ministre compétent, après l’avis du très partial Conseil national de la chasse et de la faune sauvage dirigé par… les chasseurs ! Lorsque la saison de chasse est terminée, ils peuvent donc s’adonner au massacre des « nuisibles ».

    Des chasseurs qui veulent « écarter les dérives animalistes et antispécistes »

    Mais cela n’est jamais assez pour les chasseurs. Dans leur cahier de doléances qui regroupe trente propositions, ils exigent de pouvoir chasser les espèces protégées, d’éradiquer le loup et d’« écarter les dérives animalistes et antispécistes ».

    Le chasseur se présente comme le régulateur d’une faune sauvage qui doit être domptée par le feu des armes et les pièges. Tout opposant à la chasse est discrédité et qualifié de dangereux extrémiste. Pourtant, n’est-ce pas le chasseur qui, selon le philosophe et auteur de L’Utopie (1516), Thomas More, « cherche dans le sang et le meurtre une stérile jouissance. Les Utopiens pensent en outre que cet amour de la mort, même de la mort des bêtes, est le penchant d’une âme féroce, qui ne tardera pas à le devenir, à force de se repaître de ce plaisir barbare » ?

    Le but des chasseurs demeure sans appel : tuer toujours plus d’animaux, plus longtemps, plus facilement. Renforcés par la bénédiction du président, forts d’un groupe parlementaire de 106 députés et de 67 sénateurs, protégés par la loi et ménagés par la justice, ils continueront à massacrer chaque année, par amour pour la nature, 31 millions d’animaux sauvages.

    Willy Schraen affirmait que « retirer la chasse, c’est faire mourir à petit feu la nature ». Erreur, Monsieur Schraen, c’est le feu de vos armes qui tue la nature. Sachez que si Emmanuel Macron était cohérent avec ses propos tenus lors de l’assemblée générale de la FNC en 2017 — « Défendons notre biodiversité, la biodiversité européenne et mondiale avec des règles adaptées et beaucoup plus de pragmatisme » —, il commencerait par faire interdire la chasse.

     

     

     

     

     


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  • Loi sur le secret d'affaires

    Le gouvernement actuel est prêt à tout pour satisfaire son pouvoir. Plus rien ne l'arrête.

    Si cette loi est adoptée, s'en est fini de toute information des citoyens.  

    C'est la porte grande ouverte à une dictature déjà en marche ! 

    Nous serons transformés, formatés, robotisés au gré des multinationales.  

     L'appel de Elise Lucet est relayé par Pollinis :

    Chère amie, cher ami,

    Je vous transmets cette vidéo d'alerte de la journaliste Élise Lucet à propos de la Loi Secret d'affaires contre laquelle nous nous battons ensemble et qui va être examinée par les parlementaires dans les jours qui viennent.

    Le combat de cette éminente journaliste pour la liberté de la presse rejoint le notre : ne pas laisser les lobbies nous imposer leur loi du silence, aux journalistes et à leurs sources, mais aussi aux associations comme la nôtre, aux chercheurs, aux scientifiques... Car cette loi liberticide permettrait de passer sous silence toutes les pratiques des firmes et les données sur les produits qu'elles commercialisent, notamment les pesticides.

    Je vous laisse regarder le message qu'elle vous adresse, et j'espère que vous pourrez le diffuser autour de vous très rapidement : avec une mobilisation massive, nous pouvons faire amender cette proposition de loi et sauver le droit à l'information des citoyens !

    https://info.pollinis.org/secrets-daffaires-appel-urgent-elise-lucet/

    Bien cordialement,

    Nicolas Laarman

    Délégué général de POLLINIS


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  • Ces bras cassés qui nous gouvernent 

    Ce document s'adresse à tous ceux qui font avancer les choses aussi à ceux qui disent " que voulez-vous qu'on fasse ? "


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  • Violence d'état

    Ou la force aveugle en marche

    Ce qui se passe actuellement à Notre-Dame-des-Landes est digne d'une dictature. Le pouvoir actuel, dans l'incapacité de justifier la construction de l'aéroport, et pour cause, prend sa revanche sur les occupants de la ZAD. Un déchaînement de violence sans pareil contre des individus qui n'ont qu'un seul but, vivre près de la nature. Les médias, comme toujours à la botte, décrivent des scènes de violence exactement comme un gamin jouant avec une console de jeux ! Mais là, ce n'est plus un jeux !

    Les Zadistes sont considérés comme des occupants illégaux, sans le moindre discernement sur le fond. Quand bien même les terres ne leur appartiennent pas, au moins ils la cultivent et ne demandent rien en échange, sinon de pouvoir exploiter la terre autrement plus utilement que d'y voir des pistes aéroportuaires, destructrices de l'environnement. Seulement voilà, les Zadistes sont montrés du doigt comme des voyous profiteurs, qui ne paieront pas d'impôts. Ce qui reste à démontrer, n'en déplaise aux nantis endoctrinés par l'état policier et les multinationales dans un système marchand et à des années-lumière de l'écologie.

    Détruire des habitations comme le fait actuellement la police est le pire du pire. La plupart de ces personnes ont sué à construire ce qui leur permettait de s'abriter, de cultiver, bref de vivre. Le gouvernement est prompte à contrecarrer ce qui le dérange, ce qui dérange ses propres intérêts, alors qu'il aurait mieux à faire en d'autres circonstances.

     

    Notre-Dame-des-Landes est un incroyable gâchis, à la fois social, écologique et pécuniaire dont le contribuable fera les frais. 

    Gaulois.

    Un texte éclairant de Pierre Dardot et Christian Laval :

     

     

     

     

     

         


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    Le temps des cathédrales

     

    Ou la séparation de l’église et de l’état a fait long feu

    D’aucun diront qu’il ne faut pas confondre patrimoine et religion. Pourtant, à y regarder de plus près, philosophiquement s’entend, la cathédrale de Chartres bat les records en terme de religion. N’est-elle pas « baptisée » Notre dame des armées. Quelle horreur !

    http://notredamedesarmees.com/Pelerinage-de-Chartres

    Soit je n’ai rien compris, soit le catholicisme est une grande armée, au service de celui qu’ils appellent dieu. C’est sans doute vrai, car il suffit de remonter le temps pour constater les ravages de l’église par les envoyés des papes. Aujourd’hui, les choses n’ont guère changé, puisque la plupart des conflits actuels sont intimement liés à la religion.

    La lecture de cet article de l’Écho Républicain me donne la nausée ! Sous le seul prétexte de la présence de ce monument, symbole du pouvoir religieux, il n’est pas permis de construire sans observer des règles toutes plus absurdes les unes que les autres. Bientôt, les églises et les cathédrales devront être dégagées de toute construction à des lieux alentours. Comme par exemple les éoliennes.

    Le patrimoine a bon dos. N’en déplaise aux décideurs politiques, comme par exemple celui qui règne en maître absolu à Chartres et qui n’est pas l’envoyé du pape ! Ce ne sont pas les sauvegardes et protections des monuments qui nourrissent les populations, que ce soit sur le plan matériel ou philosophique. Avec la bénédiction des représentants de l’état et de l’UNESCO, imposer de telles règles, comme il est dit dans l’article, c’est comme imposer une religion, ici sans aucun doute la plus dangereuse.

    C’est pourtant bien connu, toute religion est l’opium des peuples, sournoisement entretenu par ceux qui gouvernent pour en tirer profit.

    Gaulois.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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    Quand la police refuse l’accouchement à une femme… migrante

    Ou la police dans ses basses œuvres

    Lamentable ! La police de Vichy n'aurait pas fait pire, il y a bientôt 80 ans ! Ces douaniers sont des incapables, ou plutôt capables du pire. Ils traitent les migrants plus mal encore que des bêtes, au risque, ici de mettre en danger la vie de cette femme et de son bébé.

    Il faut le rappeler sans cesse, la France est le pays des droits de l'homme. Les douaniers s'en moquent éperdument. Honte à la France !  

    Gaulois.

     13 mars 2018 / Benoit Ducos 

     https://reporterre.net/Quand-la-police-refuse-l-accouchement-a-une-femme-migrante

     

     Dans les Alpes, les réfugiés arrivant d’Italie bravent le froid et la neige. L’auteur de cette tribune raconte sa maraude de la soirée de samedi dernier. Venant en aide à une famille de migrants, il a vu sa voiture immobilisée par les douanes alors que la mère était sur le point d’accoucher.

    Benoit Ducos se présente comme « un maraudeur en infraction ». Chaque soir depuis le début de l’hiver, des maraudes se déroulent aux cols de Montgenèvre et de l’Échelle (elles sont à l’arrêt pour ce dernier col, les conditions de passage étant trop dangereuses), à la frontière italienne. Elles sont effectuées par des bénévoles des associations Tous migrants et Refuges solidaires, à Briançon. Selon l’état de santé des migrants qu’ils croisent, les bénévoles les accompagnent à Briançon où ils sont hébergés quelques jours avant de reprendre leur voyage.

     


     

     Samedi 10 mars 2018, Montgenèvre (Hautes-Alpes), aux alentours de 21 h.

    Une maraude ordinaire comme il s’en passe tous les jours depuis le début de l’hiver. Au pied de l’obélisque Napoléon de Montgenèvre, une famille de réfugiés marche dans le froid. La mère est enceinte. Elle est accompagnée de son mari et de ses deux enfants (2 et 4 ans). Ils viennent tout juste de traverser la frontière, les valises dans une main, les enfants dans l’autre, à travers la tempête. Nous sommes deux maraudeurs à les trouver, à les trouver là, désemparés, frigorifiés. La mère est complètement sous le choc, épuisée, elle ne peut plus mettre un pied devant l’autre. Nos thermos de thé chaud et nos couvertures ne suffisent en rien à faire face à la situation de détresse dans laquelle ils se trouvent. En discutant, on apprend que la maman est enceinte de 8 mois et demi. C’est l’alarme, je décide de prendre notre véhicule pour l’emmener au plus vite à l’hôpital. Dans la voiture, tout se déclenche. À notre arrivée au niveau de la Vachette (à 4 km de Briançon), elle se tord dans tous les sens sur le siège avant. Les contractions sont bien là… c’est l’urgence. J’accélère à toute berzingue. C’est la panique à bord. Lancé à 90 km/h, j’arrive à l’entrée de Briançon… et là, barrage de douane.

    Il est 22 h. « Bon sang, c’est pas possible, merde, les flics ! » Herse au milieu de la route, ils sont une dizaine à nous arrêter. Commence alors un long contrôle de police. « Qu’est ce que vous faites là ? Qui sont les gens dans la voiture ? Présentez-nous vos papiers ? Où est-ce que vous avez trouvé ces migrants ? Vous savez qu’ils sont en situation irrégulière !? Vous êtes en infraction !!! »… Un truc devenu habituel dans le Briançonnais. Je les presse de me laisser l’emmener à l’hôpital dans l’urgence la plus totale. Refus ! Une douanière me lance tout d’abord : « Comment vous savez qu’elle est enceinte de 8 mois et demi ? » Puis, elle me stipule que je n’ai jamais accouché, et que par conséquent je suis incapable de juger de l’urgence ou non de la situation. Cela m’exaspère, je lui rétorque que je suis pisteur secouriste et que je suis à même d’évaluer une situation d’urgence. Rien à faire, la voiture ne redécollera pas. Ils finissent par appeler les pompiers. Ces derniers mettent plus d’une heure à arriver. On est à 500 mètres de l’hôpital. La maman continue de se tordre sur le siège passager, les enfants pleurent sur la banquette arrière. J’en peux plus. Une situation absurde de plus.

    Dans la nuit, la famille est à nouveau réunie

    Il est 23 h passés, les pompiers sont là… ils emmènent après plus d’une heure de supplice la maman à l’hosto. Les enfants, le père et moi-même sommes conduits au poste de police de Briançon à quelques centaines de mètres de là. Fouille du véhicule, de mes affaires personnelles, contrôle de mon identité, questions diverses et variées, on me remet une convocation pour mercredi prochain à la Police aux frontières (PAF) de Montgenèvre. C’est à ce moment qu’on m’explique que les douaniers étaient là pour arrêter des passeurs. Le père et les deux petits sont quant à eux expulsés vers l’Italie [1]. Pendant ce temps-là, le premier bébé des maraudes vient de naître à Briançon. C’est un petit garçon, né par césarienne. Il est séparé de son père et de ses frères ; l’hôpital somme la PAF de les faire revenir pour être aux côtés de la maman. Les flics finissent par obtempérer. Dans la nuit, la famille est à nouveau réunie.

    La capacité des douaniers à évaluer une situation de détresse nous laisse perplexes et confirme l’incapacité de l’État à comprendre le drame qui se trame à nos maudites frontières. Quant à nous, cela nous renforce dans la légitimité et la nécessité de continuer à marauder… toutes les nuits.

    Le col de l’Échelle mi-décembre 2017.

     

    Rendez-vous est donné mercredi 14 mars, à 9 h, devant les locaux de la Police aux frontières de Montgenèvre pour soutenir Benoit Ducos lors de sa convocation.

     


     

    COMPLÉMENT D’INFO

     La « cordée solidaire », mi-décembre 2017.

    Écouter le reportage radio de Pierre Isnard-Dupuy « À Névache, “cordée solidaire” avec les migrants ». Organisée mi-décembre 2017, cette « cordée solidaire » avait pour objectif d’alerter sur les risques que prennent les migrants en franchissant la frontière alpine.

     

     

     

     

     


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    La saison des docteurs Folamour du nucléaire est ouverte

     Un document intéressant, d'un point de vue du laxisme de l'après catastrophe. Fukushima, c'est du pareil au même que Tchernobyl. On ne fait rien, sinon ce serait reconnaître la dangerosité du nucléaire. L'industrie passe avant les populations sacrifiées. Pire, il est conseillé aux populations de revenir vivre dans leurs régions contaminées. Les acteurs de ces horribles mascarades sont des criminels patentés. 

    Bonne lecture.

    Gaulois.

    Février 2018 / Libération / les blogs 

     Cécile Asanuma-Brice

    http://japosphere.blogs.liberation.fr/2018/02/20/fukushima-quand-communication-et-populisme-prennent-le-dessus-sur-la-prevention-des-risques/

     

     

     Personnage aux allures de mascotte installée dans la gare de Fukushima après la catastrophe, nommé Kibitan, en référence au Kibitaki, oiseau Ficedula narcissina, espèce commune dans la région du Tohoku. Ici en tenue Saint-Valentin... Photo 

     

    Alors que démagogie et nationalisme prennent le pas sur la prévention des risques, c'est autour du 11 mars que chaque année, depuis l'accident nucléaire de 2011, une série de conférences destinées à prôner un retour à la vie normale en zone contaminée sont organisées. A défaut de sauver les populations qui en sont victimes, sauver l'industrie nucléaire est désormais le combat de quelques uns, dont le rôle est de faire porter la responsabilité de la gestion des conséquences des aléas de l'atome sur les populations qui les subissent. Un jeu de rôle pas comme les autres.

     
    11 mars 2011, un séisme de magnitude 9 survient au large des côtes du Tohoku, région nord est du Japon, entraînant la formation d’un tsunami de plusieurs dizaines de mètres et l’explosion de la centrale nucléaire de Fukushima dai 1. Ce désastre naturel à l’origine du désastre humain, pourtant annoncé depuis des décennies, n’avait pas empêché de construire deux centrales nucléaires sur une faille sismique que l’on savait active : la plaque du Pacifique avance chaque année sous la plaque Eurasienne sur laquelle se trouve l’île du Honshu, île principale de l’archipel nippon. Au regard des dégâts engendrés, non par le seul Tsunami, mais également par l’explosion de la centrale, on aurait pu s’attendre à quelques états d’âme de la part des autorités nucléaires internationales. La remise en cause d’une telle industrie aurait été amplement justifiée. Mais sagesse et raison n’étant pas au nombre des fleurons du monde industriel il n’en a rien été, bien au contraire. C’est ainsi que depuis sept années, les autorités nationales et internationales de gestion du nucléaire développent une propagande active multipliant les conférences auprès des Japonais. Celle-ci vise à les convaincre d’abandonner leur peur et d’accepter enfin d’apprendre à gérer leur vie dans un environnement contaminé.

    Les acteurs de l’endormissement

    Le 29 janvier dernier, en fin d’après-midi, au siège du journal
    Mainichi [1] <http://japosphere.blogs.liberation.fr/2018/02/20/fukushima-quand-communication-et-populisme-prennent-le-dessus-sur-la-prevention-des-risques/#_ftn1> , s’est déroulée l’une de ces conférences, la première d’une longue série dont le pic se situe de fin janvier à fin avril. Y sont invitées des personnalités connues pour leur position engagée dans la poursuite du nucléaire, comme le professeur Hayano Ryugo, nationaliste assumé, spécialisé en physique expérimentale à l’université de Tôkyô [2] <http://japosphere.blogs.liberation.fr/2018/02/20/fukushima-quand-communication-et-populisme-prennent-le-dessus-sur-la-prevention-des-risques/#_ftn2> ou Kainuma Hiroshi, sociologue à l’université de Ritsumeikan (Kyôto). L’un et l’autre sont acteurs du programme ETHOS [3] <http://japosphere.blogs.liberation.fr/2018/02/20/fukushima-quand-communication-et-populisme-prennent-le-dessus-sur-la-prevention-des-risques/#_ftn3> , initiative visant à apprendre aux habitants à gérer leur vie dans les territoires contaminés. Ce programme est soutenu par la Commission Internationale de Protection Radiologique (CIPR), l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), l’Université médicale de Fukushima et la Fondation d’extrême droite Sasakawa. Hayano Ryugo et Kainuma Hiroshi proposent diverses activités au cours de l’année, dont la visite de la centrale nucléaire de Fukushima par des lycéens de la région [4] <http://japosphere.blogs.liberation.fr/2018/02/20/fukushima-quand-communication-et-populisme-prennent-le-dessus-sur-la-prevention-des-risques/#_ftn4> . Ils les emmènent en bus sur les lieux hautement contaminés afin de leur prouver qu’ils sont bel et bien en vie à leur retour, partant du postulat que la populace mal éduquée prétendrait à une mort subite au passage dans les zones radioactives. Ils confient le rôle d’ « éducateur » à ces jeunes recrues, désormais en charge de s’ouvrir auprès de leurs semblables et de témoigner de ce qu’ils ont vu. Ces jeunes âmes enrôlées malgré elles, auront pour rôle de calmer les tensions autour d’elles et ainsi permettre l’encouragement au retour des habitants à vivre dans l’ancienne zone d’évacuation.



    Conférence du 29 janvier 2018, au siège du journal « Mainichi », à l’occasion de la sortie de l’ouvrage : « 
    Repenser « la discrimination à Fukushima » pour être heureux. Photo : ©CécileBrice -

    Mais où est donc passé notre bonheur ?

    Accompagné de quelques témoins invités à évoquer le réconfort dans l’inconfort, et à prononcer des discours relevant plus de la méthode Coué que de la démarche scientifique, le binôme Hayano-Kainuma s’affiche, animant conférence sur conférence au programme des deux mois à venir. Dans ces séminaires, le principal procédé utilisé pour expliquer au public qu’il est responsable de la perte de son bonheur et innocenter les responsables de l’accident nucléaire, consiste en un retournement sémantique audacieux. Celui-ci a pour but d’imputer la responsabilité tant des maladies engendrées par la radioactivité et le désarroi lié à l’évacuation, non à l’explosion de la centrale, mais aux victimes elles-mêmes. Ainsi seraient coupables de la détresse régnante tous ceux qui, par leurs « angoisses exacerbées », répandraient un sentiment d’instabilité autour d’eux, voir dégageraient un climat à l’origine de leur propre stigmatisation puisque s’avouant contaminés...
    Nous partageons avec vous quelques « perles » parmi les divers messages diffusés :
    - la question des masques et autres signes extérieurs de protection pouvant engendrer la peur ou l’inquiétude des personnes avoisinantes qui, elles, ne porteraient pas de vêtements de protection, seraient à éviter.

    - Les voyages dans d’autres départements organisés par certaines associations pour la réhabilitation sanitaire des enfants afin de leur permettre des promenades libres en montagne ou en forêt, ce qui est impossible dans les régions touchées par la contamination à Fukushima, eux aussi, seraient à conjurer car présupposant un environnement initial contaminé.

    - le fait qu’il faudrait cesser les enquêtes sanitaires concernant le dépistage des cancers de la thyroïde trop coûteuses. Faisant fi des études épidémiologiques sur la question, les intervenants s’aventurent à dénoncer la terminologie de « cancer », cette maladie n’étant, selon eux, pas si mortelle. Cette appellation de « cancer » génèrerait inutilement la crainte des habitants, augmentant d’autant leur stress.

    Il s’agit donc de brandir la menace de ce qui pourrait advenir avec des « si » (si l’on fait une erreur en opérant d’un cancer de la thyroïde, vous pourriez avoir les cordes vocales coupées), contre une peur, dans les faits justifiée, de ce qui est déjà présent : la contamination.
    Afin d’éviter toute discussion avec l’assemblée des auditeurs présents (une soixantaine), les deux heures de présentation se terminent sans échange de questions-réponses avec la salle. L’affaire est donc close et les accusateurs accusés..


    Conférence du 29 janvier 2018 intitulée :
    « Pour dépasser les divergences et stigmatisations engendrées par l’accident nucléaire ». Traduction du texte affiché : « On ne connaît pas la mortalité (du cancer de la thyroïde). On opère ceux que l’on trouve. Mais il arrive qu’en faisant l’opération on touche les cordes vocales et que la voix ne sorte plus, ou encore que l’on blesse la thyroïde et que les hormones ne soient plus diffusées. » Transcription des paroles de Kodama Kazuya (professeur en biologie moléculaire). Photo©CécileBrice -

    La solution promulguée afin de résister à ce qu’ils désignent comme « rumeurs malsaines » véhiculées par les personnes pensant que la vie dans les territoires contaminées ne pourrait être saine (une drôle d’idée !), est un retour à la normale dans les villes contaminées. Les communes principalement visées sont celles de l’ancienne zone d’évacuation qui rouvrent une à une à l’habitat, malgré des taux de contamination encore très élevés.[5] <http://japosphere.blogs.liberation.fr/2018/02/20/fukushima-quand-communication-et-populisme-prennent-le-dessus-sur-la-prevention-des-risques/#_ftn5> Cette réouverture de la zone se fait de façon autoritaire puisque la sortie des communes de la zone d’évacuation engendre la coupure systématique des aides financières aux anciens résidents aujourd’hui réfugiés.

    Les motivations de la propagande au retour

    Cette volonté de revenir à une vie normale en zone contaminée est motivée par le coût jugé exorbitant de l’évacuation des populations dans le calcul des risques et des assurances couvrant les aléas des centrales nucléaires [6] <http://japosphere.blogs.liberation.fr/2018/02/20/fukushima-quand-communication-et-populisme-prennent-le-dessus-sur-la-prevention-des-risques/#_ftn6> . Avec pour conséquence une augmentation du coût de l’exploitation des centrales. Il faudrait donc limiter l’évacuation des populations en cas d’accident, leurs apprendre à assurer la décontamination elle-même, ainsi qu’ à vivre en territoire contaminé. En somme, l’élaboration d’une telle stratégie a pour but de rassurer les habitants afin de les former à la gestion des dégâts inhérents à l’exploitation des centrales nucléaires. A plus grande échelle, cette politique des entreprises du nucléaire vise à permettre la continuité de leur activité malgré une image catastrophique fondée sur des réalités qui ne le sont pas moins.
    C’est la raison pour laquelle, dans un même élan, AREVA, entreprise française désormais célèbre pour la mauvaise gestion de son activité mais également pour avoir vendu et pour continuer à exporter le combustible se trouvant à l’intérieur des centrales nucléaires japonaises (le MOX), vient d’être rebaptisée ORANO, affichant ainsi sa renaissance. D’un coup d’un seul, alors qu’Areva s’invente une nouvelle vie, Trump annonce une relance de l’activité du nucléaire aux Etats-Unis au moment où le Japon continue sa politique sur la communication du risque. Le but ultime est d’inculquer l’acceptation d’un nouvel atome pour la paix, tout en brandissant l’imminence d’un affrontement atomique avec la Corée du Nord.
    Ainsi, s’il importe d’agiter le drapeau de la menace militaire pour justifier la détention de l’arme toute puissante, il convient simultanément de faire taire la peur du danger sanitaire de l’atome, qui n’est pourtant plus un doute scientifique, de façon à engendrer son acceptation. Cette propagande active pour le consentement au nucléaire avait été mise en place après la seconde guerre mondiale, générant la construction de centrales nucléaires dans un Japon qui venait pourtant de subir l’explosion des bombes américaines de Hiroshima et Nagasaki. Faut-il que l’être ait la mémoire courte pour s’apprêter à entrer de nouveau dans l’ère nucléaire.

     


     

     

     

    [1] <http://japosphere.blogs.liberation.fr/2018/02/20/fukushima-quand-communication-et-populisme-prennent-le-dessus-sur-la-prevention-des-risques/#_ftnref1> Mainichi shinbun est l’un des principaux journaux japonais. Ce quotidien national est connu pour ses positions pro nucléaires.

    [2] <http://japosphere.blogs.liberation.fr/2018/02/20/fukushima-quand-communication-et-populisme-prennent-le-dessus-sur-la-prevention-des-risques/#_ftnref2> Indiqué sur le programme mais absent le jour même

    [3] <http://japosphere.blogs.liberation.fr/2018/02/20/fukushima-quand-communication-et-populisme-prennent-le-dessus-sur-la-prevention-des-risques/#_ftnref3> Voir à ce sujet notre article dans le Journal du CNRS : https://lejournal.cnrs.fr/articles/a-fukushima-la-... <https://lejournal.cnrs.fr/articles/a-fukushima-la-population-est-dans-une-situation-inextricable>

    « 
    Les acteurs impliqués dans la gestion du désastre japonais sont en partie les mêmes que ceux qui ont « géré » la crise nucléaire de Tchernobyl. C’est le cas notamment de Jacques Lochard, directeur du CEPN (Centre d’étude sur l’évaluation de la protection dans le domaine nucléaire), ainsi que du docteur Yamashita Shunichi, membre de la commission d’enquête sanitaire, l’un des premiers à avoir prôné le relèvement de la norme de sécurité à 100 mSv/an, ou encore du professeur Niwa de l’université médicale de Fukushima. Ce psychiatre argumente en faveur d’un retour des habitants en réponse aux taux de dépression et de suicide croissants liés à la douleur de l’éloignement de leur pays natal. De fait, les réfugiés sont privés de liberté de décision sur leur propre sort puisqu’on ne leur donne ni les moyens de pouvoir partir ni ceux de se réintégrer totalement. Autrement dit, on les contraint à devoir gérer leur quotidien dans un environnement contaminé. C’est justement l’objet du programme Ethos Fukushima, qui fait suite au programme Ethos Tchernobyl, l’un comme l’autre dirigés par Jacques Lochard et dans lesquels les docteurs Yamashita et Niwa jouent un rôle fondamental. Ce programme est basé sur le calcul du coût/bénéfice en matière de radioprotection et vise à apprendre aux habitants à gérer leur quotidien dans un environnement contaminé, la migration étant jugée trop coûteuse.”

    [4] <http://japosphere.blogs.liberation.fr/2018/02/20/fukushima-quand-communication-et-populisme-prennent-le-dessus-sur-la-prevention-des-risques/#_ftnref4> Par deux fois en 2016 et 2017. Voir notre article à ce sujet pour Sciences et Avenir,
    Fukushima, une catastrophe sans fin : https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environneme... <https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/nucleaire/tribune-fukushima-une-catastrophe-sans-fin_111224>

    [5] <http://japosphere.blogs.liberation.fr/2018/02/20/fukushima-quand-communication-et-populisme-prennent-le-dessus-sur-la-prevention-des-risques/#_ftnref5> Voir à ce sujet notre article dans la revue de l’ENS, Géoconfluences,
    Les migrants du nucléaire : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-sci... <http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-regionaux/japon/un-autre-regard/migrants-du-nucleaire>

    [6] <http://japosphere.blogs.liberation.fr/2018/02/20/fukushima-quand-communication-et-populisme-prennent-le-dessus-sur-la-prevention-des-risques/#_ftnref6> Voir à ce sujet notre article dans Libération
    , La légende Fukushima :

    http://www.liberation.fr/terre/2014/09/23/la-legen... <http://www.liberation..fr/terre/2014/09/23/la-legende-fukushima_1106968>
     
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    Cécile Asanuma-Brice, est chercheuse en sociologie Urbaine. Docteur de l’EHESS (école des hautes études en Sciences Sociales), ses recherches sont axées sur l’analyse des motivations à l’origine de la production de l’urbain au Japon. En 2000, Cécile Asanuma-Brice intègre l’école d’ingénierie de l’université de Chiba au Japon, ses recherches sont alors financées par le Ministère de la recherche Japonais.

    En 2005, elle participe à la création d’un bureau mêlant architecture et sociologie urbaine autour de l’architecte Maruyama Kinya, avec pour but la sensibilisation à un autre urbain possible, via des constructions participatives dans diverses régions du Japon et d’Indonésie.

    Résidente permanente au Japon, Cécile Asanuma-Brice étudie parallèlement les processus de transformation des paysages urbains par les politiques de logement, leur place et conséquences au sein de la société de sur-consommation japonaise. Ses analyses ont permis la mise en évidence des logiques sous-jacentes de la production des villes dans les pays « capitalisés ». Cela l’amène en 2011, à déchiffrer la protection de la population à Fukushima via de nombreux articles, documentaires et interviews sur le sujet.

    Ecrivain et photographe, elle est également auteur de compositions photographiques exposées notamment à Tôkyô, Yokohama et Fukushima : https://www.lalogec.com
     <https://www.lalogec.com>

     

     

     

     


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  • Gendarme sans pitié

    Ou les pitbull de la république dans leurs basses œuvres.

      

    Il s'agit là encore d'une bavure policière caractérisée. Ici la gendarme est sans conteste dénuée de toute pitié, la loi, c'est la loi. D'ailleurs la loi ils s'en servent à outrance, d'autant que nous sommes dans un état policier. La gifle que cette femme a donnée à la fliquette n'est en rien comparable à la peine qu'elle devait avoir. 

    Alors un bon conseil, demandez à vos parents de ne pas décéder, car en plus de votre chagrin, vous avez de fortes chances d'écoper d'une forte amende.

    Gaulois.

     

     


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    Porte-avions et pauvreté

    Cherchez l'erreur  

    La presse fait parfois bien les choses !

    Gaulois.


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