• La cour de cassation confirme le non-lieu de Pierre Pellerin

     Souvenez-vous du Pr Pellerin qui, en 1986 affirmait que le nuage de Tchernobyl n'avait pas franchi la frontière...
     Le déni continue .... Même au sein de la justice française ... Les prochaines étapes  pour les plaignants et les associations :  la Cour Européenne de justice ?  puis le tribunal pour juger les crimes de santé publiques qui se monte en Italie ?  La secte nucléaire a gangréné toutes les instances et la justice française n'y a pas échappé.

    Combien de médecins et spécialistes connaissent les causes des cancers de la thyroïde ? Parmi eux, combien ont le courage de dire la vérité ? Préférant se taire afin de ne pas compromettre leur carrière !

    Gaulois.

      Le 21 novembre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg

     

     

     

     

     

     

               Tchernobyl : 26 ans déjà !

    La cour de cassation a confirmé, mardi 20 novembre, le non-lieu dans l'enquête sur l'impact du nuage de Tchernobyl en France.

    Cette décision met définitivement hors de cause l'ancien patron du Service central de protection contre les rayons ionisants (SCPRI, aujourd’hui fondu dans l’IRSN), Pierre Pellerin.

    Seul à avoir été poursuivi dans ce dossier, il avait été mis en examen pour tromperie aggravée, mais la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris l'avait mis hors de cause le 7 septembre 2011 en prononçant le non-lieu.

    La cour d'appel avait estimé qu'il «n'a pas été constaté, en France, une augmentation significative des cancers de la thyroïde» et qu’il était, «en l'état des connaissances actuelles, impossible d'établir un lien de causalité certain entre les pathologies constatées et les retombées du panache radioactif de Tchernobyl», rappelle la cour de cassation dans son arrêt.

    Ce que confirme un rapport de l’Institut national de veille sanitaire (InVS), datant de 2011. «Une évaluation des conséquences sanitaires de l'accident de Tchernobyl en France a été publiée en 2001. Ce travail concluait que les connaissances scientifiques actuelles ne permettent pas d’exclure la possibilité d’un faible excès de cancers de la thyroïde en France lié à cet accident. Cependant, les estimations quantitatives de risque sanitaire (EQRS) utilisant les niveaux d’exposition aux retombées de cet accident (cartographie de l'Institut de radioprotection et sûreté nucléaire –IRSN- ont permis d’exclure un impact important des retombées de Tchernobyl en France. Par ailleurs, les évolutions temporelles et les répartitions spatiales de l’incidence du cancer de la thyroïde ne peuvent être expliquées par les retombées de l’accident de Tchernobyl. Compte tenu des ordres de grandeur estimés, des excès de cas de cancers de la thyroïde, tels qu’ils sont attendus pour ces niveaux d’exposition, seront difficiles à mettre en évidence.»

    Avocat de parties civiles dans, Bernard Fau estime que l'on «ferme de plus en plus le prétoire pénal aux affaires de santé publique», alors qu'il n'y a, selon lui, «aucun autre moyen d'accéder à la vérité» pour les victimes. L'avocat de Pierre Pellerin, Georges Holleaux, se satisfait de ce que la cour de cassation mette «fin à 25 ans de danse du scalp autour» de son client. Pierre Pellerin, qui est «très soulagé», «n'a pas menti et n'a trompé personne», a ajouté l'avocat.

    L'enquête avait été ouverte en 2001, suite au dépôt d’une plainte de l'Association française des malades de la thyroïde (AFMT) et de la Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité (Criirad).

    La juge d'instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy avait concentré ses investigations sur les informations communiquées en termes de radioactivité sur l'Hexagone au moment du passage du nuage au printemps 1986, en particulier sur une minimisation des risques encourus.

    Dans un autre rapport, publié en 2011, l’InVS rappelait que le cancer de la thyroïde avait connu une forte croissance (+6% par an, en moyenne) en France, entre les années 1980 et 2000. «Les facteurs de risque du cancer de la thyroïde sont encore mal connus et seuls l’exposition aux radiations ionisantes, en particulier durant l’enfance, et le déficit en iode sont clairement établis», indique l’étude. Les 7 auteurs rappellent aussi que des facteurs nutritionnels, reproductifs, hormonaux et anthropométriques sont également suspectés, ainsi que des susceptibilités génétiques.

    Ces arguments n’ont pas convaincu les autorités corses. En novembre 2011, la collectivité territoriale a débloqué un budget de 400.000 euros pour financer une étude épidémiologique sur les conséquences sanitaires du passage du nuage de Tchernobyl au-dessus de l’île. Le travail a été confié à l’hôpital Galliera de Gênes (Italie).

    Connaître ses adversaires

    Yves Lenoir, spécialiste des questions nucléaires et président de l'association " Enfants de Tchernobyl Belarus ", nous éclaire ici sur un autre personnage, mais pas seulement.

    Gaulois.

    A propos de Mikhaïl Balonov
       Il faut aller plus loin que la seule présentation de Balonov mais en partant de celle-ci pour montrer le défi que nous devons relever. Malheureusement les uns et les autres raisonnent à partir de vieilles idées caduques ou non pertinentes. Nos adversaires sont bien plus intelligents et infiniment mieux préparés.
    Mikhaïl Balonov est un radiobiologiste de formation.

    L'examen de ses publications permet de distinguer deux phases dans sa carrière.

    La première est une carrière de laboratoire consacrée aux effets du tritium sur le vivant et à sa dosimétrie. La première publication date de 1974 et la dernière et cinquième de 1989. Il se révèle ainsi un scientifique très peu productif et limité à un seul sujet.

    La catastrophe de Tchernobyl a été la chance de sa vie, qu'il a su saisir. De scientifique il s'est mué en propagandiste militant de l'innocuité des retombées de l'accident. Quelques mois après ce dernier, il se rendit dans une région très polluée de la Russie d'où les gens demandaient à être évacués. Pour les convaincre de se calmer il fit venir avec lui un scientifique accompagné de sa femme enceinte et les présenta comme allant vivre et travailler sans crainte dans la région (voir le papier publié par le Lancet en avril 2006).

    Ce haut fait le fit manifestement remarquer et, très rapidement, il fut introduit dans les sphère dirigeantes de l'atome et de la radioprotection onusienne (AIEA, CIPR, UNSCEAR) et de leur haut-parleur l'OMS. Le rythme de ses publication fut en gros multiplié par 6, ce qui laisse à penser que sa signature vaut sésame depuis 1990. Elles sont toutes consacrées aux séquelles de Tchernobyl et d'autres pollutions radioactives d'ampleur, dans des domaines très largement en dehors de ses compétences académiques.

    Ayant gravi tous les échelons, il a joué un rôle central dans les travaux du Chernobyl Forum (une organisation d'"experts" envoyés par toutes les agences de l'ONU et par les trois républiques de l'ex-URSS touchées par Tchernobyl) et dans la rédaction du rapport final publié en 2005. Satisfait par l'excellence de sa prestation l'UNSCEAR lui confia la direction de la rédaction de son rapport 2008 sur Tchernobyl, qui apparaît comme une resucée de celui du Chernobyl Forum, sans doute pour apporter aux conclusions controversées de ce dernier (seulement 50 morts et 4000 cancers à venir) le sceau de la "science onusienne des radiations". Après 2008 il a passé le plus clair de son temps à prêcher la doctrine Tchernobyl de l'UNSCEAR et de la CIPR (où il est président du Comité 2 chargé de la dosimétrie) dans colloques et conférences.

    Après Fukushima, il s'introduisit dans le paysage japonais en envoyant une offre de service publique bilingue (anglais et japonais) où il se présentait avec sa seule casquette CIPR. Sa fonction de consultant auprès de l'AIEA n'était, notamment, pas mentionnée… Puis il prit la direction de la préparation du rapport sur la dosimétrie de Fukushima, assisté d'une pléiade de "spécialistes", dont le fameusement souriant Pr Shunichi Yamashita (qui avait participé, en tant que détaché de son Université à la CIPR, aux travaux du Chernobyl Forum). Ce rapport a été publié par l'OMS en mai dernier. L'étiquette OMS est là pour abuser la crédulité du public puisqu'à part le secrétariat et trois observateurs aucun de ses rédacteurs n'émarge à la liste des employés de l'organisation.

    Le rapport sur la dosimétrie est le premier étage de la construction du déni des séquelles de Fukushima. Il faut ici se rappeler que la dosimétrie de Tchernobyl avait été l'occasion d'un couac retentissant. Les mesures des taux de pollution radioactive des régions touchées étaient acquises fin mai-début juin 1986 (j'en ai la preuve sous forme de cartes sorties d'ordinateurs que j'ai photographiées à Moscou en 1990). Par application des relations dose-effet du modèle CIPR, les soviétiques avaient calculés qu'il fallait prévoir 40 000 cancers mortels. La délégation soviétique, dirigée par Valéry Legassov, à la conférence de l'AIEA d'août 1986 annonça ce chiffre. Les autres délégations convergeaient vers 4000 ! La presse se fit l'écho de ces divergences. Un vrai désastre, bien plus grave que l'accident. Heureusement des personnes comme le Chef du Département de Radioprotection du CEA, le Dr Henri Jammet, lequel avait pris les devants dès mai 86 (vu la cacophonie des recommandations officielles selon les pays touchés) avaient mis en chantier deux Conventions à l'AIEA, les fameuses Conventions de Déclaration, et d'Assistance qui furent votées fin septembre 1986 par l'AG de l'ONU. La Convention d'Assistance donne la gestion des crises radiologiques à l'AIEA (le mot "santé" n'apparaît pas dans ce texte). La cohérence ne ferait plus défaut.

    Revenons à la dosimétrie. La seule solution pour combler le fossé entre les prévisions était de revoir la dosimétrie. Legassov fut visiblement mis sur la touche puisque c'est Moïsseiev (Moisseiev avait publié un papier sur la sûreté des réacteurs RBMK dans le numéro de février 1983 du bulletin de l'AIEA, où il présentait cette technologie comme l'une des plus sûre car exempte du risque de perte totale de refroidissement, ce qui est vrai…) qui dirigea la délégation soviétique à la seconde conférence de l'AIEA sur Tchernobyl de septembre 1987. La porte de sortie trouvée fut une série d'erreurs d'un facteur de 7 à 15 dans les évaluations des doses au public. En clair l'application directe du modèle CIPR ne donnait pas le bon résultat et il avait fallu raboter les coefficients, point par point, pour "harmoniser" et "normaliser" le bilan prévisionnel de Tchernobyl à celui demandé par le reste du monde. Ce bilan s'est avéré "bon" puisque presque vingt ans plus tard il a été quasiment confirmé par le rapport du Chernobyl Forum.

    La dosimétrie est donc la clé du bilan d'une catastrophe radiologique. Ce qui se passe sur le terrain ne compte pas. Tout ce qui se produit non prévu par le modèle ne peut être imputé aux radiations ! Comme jamais aucun gouvernement ne mettra en cause les conclusions d'un rapport onusien, toute contestation basée sur les chiffres est vouée à l'échec ! La seule solution : montrer que ces rapports n'obéissent pas aux critères imposés pour la production de science, c'est-à-dire, au premier chef, toutes les références (un chiffre, une courbe, autant de références), et une controverse ouverte organisée à l'initiative d'un responsable politique.

    A Fukushima les choses se sont passées sans hiatus. L'AIEA et l'UNSCEAR ont pris les choses en main à peine les pompes de refroidissement enfin en fonction. Et le programme de préparation du bilan prévisionnel définitif de la catastrophe fut défini en mai 2011 et présenté à la conférence de septembre 2011. Après la dosimétrie, il annonçait un rapport provisoire de l'UNSCEAR sur les effets sur la santé pour fin 2012 et le rapport définitif pour mars 2013. Le fait que l'OMS endosse le rapport sur la dosimétrie devait sans doute contribuer à endormir l'opinion (la presse ne s'en fit quasiment pas l'écho…, sinon bêtement) et rassurer les décideurs. L'AIEA n'a pas bonne presse après Fukushima…

    On voit pour conclure que Balonov est la cheville ouvrière du dispositif. Il a l'expérience ; on connaît son sens de la communication et l'inventivité de son esprit quand il s'agit de faire avaler les pilules.

    Pendant ce temps-là, sur le terrain, les économistes adeptes et experts du "principe d'optimisation" conditionnent les habitants et les élus des régions touchées pour les persuader que les mesures qui leur sont et seront imposées sont ce qu'il y a de meilleur. Le CEPN, encore sous couvert de la CIPR, est à la manœuvre ; encore un vétéran de Tchernobyl…

    La tragédie radiologique de Fukushima reproduit celle de Tchernobyl avec presque 15 ans d'avance, si on prend pour point de départ la date de l'accident atomique.

    Le travail que j'ai entrepris depuis avril 2011 vise à persuader que l'ennemi n'est pas tant la radioactivité, qui, en dehors du nuage d'iode, agit lentement, voire très lentement, que la clique constituée de ceux qui ont reçu des agences radioprotectrices de l'ONU la mission d'en nier la dangerosité à long terme.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :