• Fukushima: coût du traitement estimé à 100 milliards d'euros

    http://www.observatoire-du-nucleaire.org

    C'est proprement inouï : l'industrie la plus dangereuse qui soit, celle du nucléaire, est autorisée à sévir alors qu'elle n'est pas couverte par les sociétés d'assurance. On comprend ces dernières, au vu des conséquences incommensurables d'un désastre atomique. L'entreprise japonaise Tepco est, comme tout exploitant nucléaire, surtout compétente dans l'activité qui consiste à mentir. Quelques temps après le début de la catastrophe de Fukushima, Tepco estimait le coût du désastre à environ 50 milliards d'euros, avant de reconnaître aujourd'hui que ce sera plutôt 100 milliards.
    Connaissant le lobby nucléaire, nous pouvons estimer que la réalité est bien pire, peut-être plus proche de 1000 milliards. Et encore, peut-on évaluer financièrement la souffrance des centaines de milliers de gens contaminés, des 100 000 personnes évacuées, de celles qui auraient du l'être (mais où ?), des salariés réduits au chômage, des agriculteurs et éleveurs qui ont dû détruire leurs récoltes et tuer leurs bêtes, etc ?  L'argent ne rachètera jamais toutes ces souffrances (cf http://bit.ly/WM1vTw ). C'est probablement pour cela que Tepco souhaite en verser le moins possible...
       

     

     

     

     

     

    Photo mise à disposition par la compagnie Tepco montrant des employés qui projettent de la résine     sur le sol à côté des réacteurs nucléaires, le 1er avril 2011

     

    Vidéo : Gavin Allwright parle de Fukushima : http://bit.ly/WM1vTw

     Dépêche afp : http://bit.ly/SAUjD1 :

    Le coût du traitement de l'accident nucléaire de Fukushima, comprenant la décontamination et les dédommagements des victimes, pourrait atteindre 100 milliards d'euros, le double de la somme prévue, selon la compagnie gérante de la centrale, ruinée par le tsunami du 11 mars 2011.
    La catastrophe de Fukushima, la plus grave du secteur depuis celle de Tchernobyl (Ukraine) en 1986, a entraîné d'importantes émissions radioactives dans l'air, les sols et les eaux de la région, et obligé une centaine de milliers d'habitants à quitter leur logement.
    La somme de 10 000 milliards de yens (100 milliards d'euros), qui relève pour l'heure de l'hypothèse, ne comprend toutefois pas les charges liées au démantèlement des quatre réacteurs ravagés sur les six que compte le site. Ces opérations dureront quelque 40 ans et nécessiteront le développement de nouvelles technologies ainsi que la formation de milliers de techniciens.
    "Nous devons discuter avec le gouvernement des besoins selon plusieurs scénarios", a répondu mercredi le président de Tepco, Kazuhiko Shimokobe, à un journaliste l'interrogeant sur le risque d'un doublement du montant de 5000 milliards de yens précédemment évoqué par le groupe.
    "Nous ne savons pas à l'heure actuelle quel sera le coût total, car nous révisons les chiffres pour la décontamination et les compensations chaque trimestre, mais si cela dépasse 5000 milliards de yens, l'entreprise aura du mal", a-t-il prévenu.
    Bonne conduite
    Tepco indique en outre dans un document qu'une rallonge du même ordre de grandeur sera nécessaire en cas de volonté de nettoyer une zone plus étendue que celle définie initialement, ainsi que pour la construction de sites de stockage temporaires de détritus radioactifs.
    Comme gage de bonne conduite, la compagnie a promis d'économiser plus de 3.300 milliards de yens (près de 33 milliards d'euros) en une décennie.
    Et d'ajouter que des fonds supplémentaires de l'Etat allaient de toute façon être requis pour le retrait du combustible fondu et autres interventions liées à la déconstruction du site, Tepco n'ayant mis de côté que 1.000 milliards de yens (10 milliards d'euros), une somme nettement insuffisante.
    Il est néanmoins probable que le groupe revoie plusieurs fois ses évaluations, sachant notamment que rien n'a encore été décidé ni pris en compte concernant les deux réacteurs épargnés de Fukushima Daiichi et les quatre de la deuxième centrale, Fukushima Daini, de cette préfecture du nord-est du Japon.
    Réparations
    Tepco a de surcroît insisté mercredi sur la nécessité de repenser le schéma actuellement en vigueur pour financer les réparations nécessaires.
    Il prévoit par ailleurs de créer dans la région de Fukushima un siège dédié à la gestion de ce sinistre historique, une option qui devrait permettre de faire des économies de fonctionnement.
    Un centre de recherche sera également mis en place pour concevoir les techniques requises pour le nettoyage du site et des environs.
    La compagnie, nationalisée cet été, est incapable d'assumer seule le coût de la catastrophe.
    Elle est non seulement contrainte d'indemniser plus d'un million et demi de victimes et de procéder à des dépréciations massives d'actifs, mais elle doit également continuer à alimenter l'est du Japon, dont Tokyo. Elle doit pour cela faire tourner à plein régime ses centrales thermiques et dépenser de ce fait des sommes astronomiques en achat de gaz et pétrole.
    AFP


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