• Quelques livres sur Fukushima

      Pour ne jamais oublier Fukushima et que les évènements tragiques de 2011 ne se perdent pas dans les limbes de l’Internet, pour laisser une trace indélébile avant que les faussaires de l’Histoire ne tentent de changer le fil des évènements, pour le grand livre de la mémoire des hommes, des auteurs ont pris leur plume pour essayer de révéler l’indicible de cette catastrophe sans précédent.

    Voici la présentation de ces livres tous aussi intéressants les uns que les autres. Ouvrages à lire pour une fois dans le monde réel, sans écran, avec la douceur du papier et l’odeur de l’encre.

     

    arton4022.jpgOublier Fukushima

    Arkadi Filine

    Les Editions du bout de la ville

    La catastrophe nucléaire au Japon serait résolue. Catastropher, liquider, évacuer, réhabiliter, banaliser : autant d’épisodes d’un feuilleton destiné à nous faire oublier Fukushima. Autant de chapitres de ce livre pour défaire les mensonges des États nucléarisés. « Je ne veux plus y retourner. Là-bas, la vie a été effacée », explique une grand-mère japonaise qui a fui la zone contaminée. La catastrophe dans laquelle se débattent les Japonais n’est pas seulement un aperçu de ce qui nous attend partout ailleurs, c’est aussi le miroir grossissant de notre condition présente, celle de prisonniers d’un monde clos. Chaque foutue aspiration à la liberté se cogne aux murs des installations nucléaires, se perd dans le temps infini de la contamination. Quelle existence reste-t-il à mener avec un dosimètre autour du cou ?

    De Tchernobyl à Fukushima, du Japon à la France, des textes, des récits, des documents. Pour contribuer à l’histoire immédiate du désastre nucléaire. Pour nourrir quelques esprits qui refusent de se résigner.

    Ni héros, ni martyr, Arkadi Filine est l’un des 800 000 liquidateurs de Tchernobyl. Svetlana Alexievitch lui donne la parole dans son livre La Supplication. Pour ce livre, trois personnes de la génération Tchernobyl ont choisi d’emprunter son nom. Elles se reconnaissent dans son sens de la dérision, au bord du gouffre, son attitude désespérée mais pas résignée.

    arton5045-87dc3.jpg Après Fukushima

     coordonné et préfacé par Laurent Mabesoone

    Editions Golias

    Comment parler de la vie et de l’avenir quand on a vécu une catastrophe nucléaire ? « Après Fukushima » est un recueil collectif de haïkus, ces poèmes japonais extrêmement brefs, dans lesquels les auteurs expriment leur ressenti, leurs peurs, leurs espoirs. L’ouvrage est coordonné et préfacé par Seegan Mabesoone ‒ nom de plume de Laurent Mabesoone ‒ qui assure également la traduction des textes en japonais.

    Né en 1968, Laurent Mabesoone est poète de haïku mais aussi romancier, essayiste et comparatiste français s’exprimant en langue japonaise. Il enseigne actuellement la littérature comparée à l’Université Jûmonji de Tokyo et l’Université Shinshu. Il a créé en 2004 le cercle de poètes de haïku Seegan kukaï, qui se réunit régulièrement à Nagano et à Nagareyama (Chiba). Il est aussi un des initiateurs du mouvement du "ruban jaune anti-nucléaire" au Japon.

    Les droits d’auteurs seront versés intégralement à l’Association pour la protection de la vie et de l’environnement face à l’accident nucléaire (président M. Takao Odome, à Minami Soma).

    01071601366.jpgFukushima, récit d'un désastre

    Michaël Ferrier

    Editions Gallimard

    Vendredi 11 mars 2011, en début d'après-midi, la vibration des fenêtres. Quelque chose s'ouvre, grogne, frémit, demande à sortir. » Michaël Ferrier, auteur de « Tokyo. Petits portraits de l'aube et de Sympathie pour le fantôme », raconte depuis le Japon où il vit le désastre de Fukushima. Au pire de la tourmente, il tire du chaos un récit saisissant et d'une grande beauté. Au-delà de l'énoncé des faits, Michaël Ferrier engage une réflexion humaine sur le nucléaire et sur la vie dans les zones contaminées, « la demi-vie », cette « entreprise de domestication comme on en a rarement vu depuis l'avènement de l'humanité ».

    « On peut très bien vivre dans des zones contaminées : c'est ce que nous assurent les partisans du nucléaire. Pas tout à fait comme avant, certes. Mais quand même. La demi-vie. Une certaine fraction des élites dirigeantes – avec la complicité ou l'indifférence des autres – est en train d'imposer, de manière si évidente qu'elle en devient aveuglante, une entreprise de domestication comme on en a rarement vu depuis l'avènement de l'humanité.

    tunasrienvuTu n’as rien vu à Fukushima

    Daniel de Roulet 

    Editions Buchet-Chastel

    C’est une lettre personnelle à une amie japonaise, en souvenir d’une soirée passée à Tokyo il y a un an, jour pour jour, avant le tsunami et la catastrophe nucléaire de Fukushima. Cette lettre évoque aussi d’autres malheurs qui ont secoué le Japon et le souvenir heureux d’un séjour sur les plages de Sendai – fascination extrême pour l’élégance inquiète de cette culture raffinée.
    Il est aussi question du rapport entre les nucléocrates et la littérature, des difficultés de se comprendre entre l’Europe et le Japon. L’auteur, qui a lui-même travaillé dans une centrale nucléaire, écrit ces pages d’une lucidité bienfaisante comme un écho à Hiroshima, mon amour - dans lequel l’héroïne s’entendait reprocher : Tu n’as rien vu à Hiroshima. 

    9782907681957.jpgFukushima. Dans la zone interdite

    William Tanner Vollmann

    Editions Tristram

    L'Américain William Vollmann, au lendemain du séisme, s'est équipé de protections sommaires pour se rendre sur les lieux. Il raconte son périple dans la "zone interdite" et note tout ce qu'il a vu - habitants en fuite, villes fantômes, destructions apocalyptiques. Pendant ce "voyage à travers l'enfer", il a aussi écouté les rescapés et, en reporter scrupuleux, il rapporte ce qu'il a entendu : des témoignages où se mêlent le fatalisme et la colère, l'ignorance et l'inconscience, l'incompréhension et le désespoir de ceux qui "ont fait l'expérience de tout perdre".  (source du commentaire)

    journaldesjourstremblants.jpgJournal des jours tremblants

    Yoko Tawada

    Editions Verdier

    Journal d'une Japonaise qui vit en Allemagne, Yoko Tawada. Elle dénonce la langue de bois des autorités nipponnes, qui ont longtemps dissimulé les menaces, minimisé les risques, manipulé les médias et étouffé les inquiétudes d'un peuple naturellement passéiste, tout en censurant les voix des antinucléaires. Et Yoko Tawada ajoute : "Tokyo est une ville qui continue de rire joyeusement, la nuit, avec l'électricité que Fukushima produit au péril de la vie de ses riverains." (source du commentaire)

    51EiU5kSgXL__SL500_AA300_-copie-1.jpgL'Archipel des séismes
    sous la direction de Corinne Quentin et Cécile Sakai
    Editions Philippe Picquier

    Romanciers, poètes, essayistes et artistes japonais, livrent leurs témoignages, réactions à vif, méditations et visions sur la triple catastrophe ‒ séisme, tsunami, accident nucléaire ‒ qui a frappé la région du nord-est du Japon le 11 mars 2011.
    Ces textes déclinent le courage, le deuil et la révolte, mais aussi l'ironie, voire l'humour noir, signes d'une force et d'une lucidité critique largement partagées. C'est en ce sens un document essentiel pour comprendre la société japonaise aujourd'hui, pour partager ses doutes et ses espoirs d'une reconstruction sur des fondations qui pourraient être nouvelles. 

    On remarquera entre autres « La centrale nucléaire de Fukushima. Histoire d’un « renoncement à la sécurité » Que sont indépendance, démocratie, transparence devenues ? » de Shioya Yoshio, « Nous, peuple de Fukushima – Agitation nécessaire pour vivre dans l’après-11 mars » de Ikeda Yûichi, « Le temps sinistré : un seul traitement, sortir du nucléaire » de Saitô Tamaki, « Adieu au nucléaire ! » de Ôe Kenzaburô et « Le goût de Fukushima » de Sekiguchi Ryôko.

    Les contributions des auteurs et des traducteurs sont bénévoles.
    Tous les bénéfices de la vente de cet ouvrage seront reversés aux sinistrés du Tôhoku.

    51SCpkFymaL SL500 AA300 -copie-1Journal d'Apocalypse

    Philippe Nibelle

    Editions du Rocher

    11 mars 2011 : le plus grand tremblement de terre (8.9 sur l’échelle de Richter) ravage le Japon. Des milliers de morts ! Autant de disparus !

    Parmi les survivants du séisme, un Français : Philippe Nibelle, professeur d’université. Il est le lien qui permettra, de télévision en télévision, de nous faire partager, jour après jour, les affres de la population.

    41-KMKZCppL__SL500_AA300_.jpgLes Sanctuaires de l'abîme : Chronique du désastre de Fukushima

    Nadine Ribault et Thierry Ribault

    Editions Encyclopédie des nuisances

    Comme chacun s’en souvient, un tremblement de terre, un raz-de-marée et un accident nucléaire ont frappé la région de Fukushima, au Japon, en mars 2011. En suivant les initiatives de Wataru Iwata, fondateur d’une association appelée "Projet 47", visant à faire en sorte "que les gens accèdent à l’information juste et exacte et prennent conscience de ce qui est véritablement en train de se passer", les auteurs retracent la chronique des événements qui ont suivi le déclenchement de l’accident à la centrale de Fukushima – tergiversations du gouvernement et de l’entreprise responsable de la centrale, désinformation de la population, à qui l’on ne cesse de répéter qu’il n’y a aucun danger –, et rappellent la manière dont l’industrie du nucléaire "pacifique" a été promue par le gouvernement japonais depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, en collaboration avec les États-Unis, afin de rendre non seulement acceptable mais désirable une technologie que les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki avaient marquée du sceau de l’infamie.
    L’ouvrage met en lumière le rôle joué par des organisations mafieuses ou semi-mafieuses telles que la Fondation Sasakawa dans la négation des conséquences des catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima sur la santé des populations, ainsi que le rôle joué par les yakuza dans l’assistance aux populations immédiatement après la catastrophe, se substituant à des "pouvoirs publics" étatiques et locaux totalement dépassés par les événements. Sont également remis en question un certain nombre de clichés concernant ce qu’il est convenu d’appeler la culture japonaise, qui rendrait la population particulièrement apte à se résigner à une sorte de fatalité. La réalité est fort différente, comme l’attestent notamment les pillages constatés après la catastrophe, ainsi que les sentiments de désespoir et de panique qui animent de larges couches de la population.

    Autres livres en langue anglaise :

    Se rendre sur la page spéciale du blog Fukushima-is-still-news

    http://fukushima-is-still-news.over-blog.com/article-books-on-fukushima-105457772.html.

     D’autres livres ont sans doute été édités ou paraîtront dans le futur sur la catastrophe de Fukushima. Je les ajouterai à cette liste au fur et à mesure que j’en prendrai connaissance.

    Bibliographie - Filmothèque proposées par le collectif " IndependentWHO "

    www.independentwho.org

     

     

     

     

     

     

     


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