• Fukushima: le difficile nettoyage des zones contaminées

    Qui l'eût cru, les populations peuvent être rassurées, tout va rentrer dans l'ordre. On passe un bon coup d'aspirateur et hop ! Mettre des déchets radioactifs dans des incinérateurs traditionnels ? J'ai des doutes. Si un lecteur " Physicien " veut bien m'éclairer.

    Gaulois.

    Créé le 23/01/2012 à 09h11 -- Mis à jour le 23/01/2012 à 11h42


    Des débris après le tsunami au Japon à Otsuchi le 8 mai 2011 Toshifumi Kitamura afp.com
    JAPON - La population espère retrouver bientôt une vie normale, mais la décontamination des sites est compliquée...
    Dix, vingt ans ou même plus d'un siècle de déchets habituels cumulés dans les villes du littoral nord-est du Japon en une seule journée, le 11 mars 2011. Dix mois plus tard, il reste des monceaux à traiter, une tâche rendue plus rude par la radioactivité. Ravagée par le violent séisme et le tsunami gigantesque qui ont tué plus de 19.000 personnes, la côte Pacifique du Japon est un vaste champ de ruines. Une grande partie des détritus ont été déblayés et regroupés, mais le tri et le traitement (recyclage, incinération) sont loin d'être achevés et ces montagnes de déchets représentent un danger (effluves, incendies, etc.).
    L’espoir de revenir à «une vie normale»
    «Notre espoir est que tout soit le plus vite possible enlevé pour revenir ensuite à une vie normale», confie un résident de l'agglomération saccagée d'Onagawa appelant à l'aide ses compatriotes sur internet. «Je veux reconstruire ma maison dès que possible», renchérit une voisine. «Nous voulons terminer en trois ans, mais si les choses se poursuivent au rythme actuel, cela semble difficile, il faut absolument accélérer», indique pour sa part le ministre de l'Environnement, Goshi Hosono, également chargé du suivi de l'accident nucléaire de Fukushima. «Nous prenons des dispositions supplémentaires, comme la construction de sites temporaires d'incinération, mais même cela ne suffira pas», poursuit-il.
    De fait, selon lui, il n'y a d'autre solution que de faire appel à la solidarité nationale et de mobiliser des infrastructures dans toutes les régions pour se débarrasser rapidement des 16 millions de tonnes de détritus de la préfecture de Miyagi (la plus touchée) et des 4,42 millions d'Iwate. Pour les 2,28 millions de Fukushima, où se sont dispersées en masse des éléments radioactifs, le traitement sera effectué sur place. La ville de Tokyo a déjà accepté de prendre en charge une partie des débris, «mais les autres localités n'ont rien décidé», déplore le ministre.
    La contamination effraye
    Les autorités locales rencontrent l'opposition de leurs administrés qui craignent la contamination radioactive des déchets de Miyagi et Iwate, deux préfectures proches de celle de Fukushima, ainsi que les risques de dispersion lors de la combustion, fût-ce dans des lieux dédiés. Le gouvernement tente de rassurer en expliquant que les installations sont pourvues de filtres assez fin pour empêcher le passage des particules radioactives. De surcroît, des mesures sont effectuées et seulement les déchets ne dépassant pas un certain niveau de radioactivité seront pris en charge dans des incinérateurs conventionnels.
    Tokyo, qui a entrepris le traitement de déchets de Miyakoshi (préfecture d'Iwate), assure prendre de multiples précautions. Les détritus sont scrupuleusement triés sur les lieux de la catastrophe à la main et avec des engins de chantier (retrait des objets et matières dangereuse, séparation bois, plastique, métaux, etc.). Toutes les heures est mesurée la radioactivité de l'air dans la zone de tri, dans quatre directions différentes. Une partie est traitée sur place. Le reste est stocké temporairement en attendant les résultats de nouvelles mesures de radioactivité. Les déchets ne présentant pas de risques sont chargés dans des containers, puis de nouveau mesurés avant d'être transportés par train jusqu'à Tokyo où ils sont brûlés. «La radioactivité mesurée dans les cendres est de 133 becquerels par kilogramme, c'est moins que le niveau temporaire fixé pour la nourriture, il n'y a pas de danger et pas lieu de s'inquiéter», argue Goshi Hosono.
    «Nous voulons à tout prix nous reconstruire»
    Son ministère affirme que des dispositions sont prises pour s'assurer que les personnes qui oeuvrent dans les zones de tri et d'incinération ne risquent pas d'être exposées à un niveau de plus d'un millisievert par an (maximum autorisé pour le grand public en temps normal). Pour les citoyens des environs, le surcroît ne doit pas dépasser 0,01 millisievert par an. «Nous voulons à tout prix nous reconstruire. Pour ce faire, il faut au plus vite que nous évacuions ces déchets. Je souhaite vraiment que les habitants de Tokyo et des autres régions comprennent la situation dans laquelle nous sommes», implore Yoshiaki Suda, maire d'Onagawa.
    © 2012 AFP


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