• Derrière le miroir

    Ou le tapage médiatique à n'en plus finir et le tsunami émotionnel

     N'en doutons pas, tout ce cirque va très vite tomber dans l'oubli. Vous ne trouvez pas que ça pue l'hypocrisie à plein nez et la récupération à tour de bras par ceux qui, aujourd'hui se réclament du droit d'expression. Manuel Walls,  pour ne citer que lui, est aussi un "je suis Charlie" alors qu'il n'a cessé de détruire la liberté d'expression depuis qu'il est premier ministre et qu'il s’apprête, sous des prétextes bidons, a introduire une loi anti-terroriste à la française sur le modèle « patriote act » made in USA d'ailleurs fortement contesté par les défenseurs des droits de l'homme. Des lois qui, comme celles instaurées par Nicolas Sarkozy en son temps, ne servent à rien, sinon à engendrer une répression aveugle et opposer les citoyens contre les citoyens.
    Passées les premières 24 heures, les charognards de la politique ont commencé la récupération et adopté une stratégie virant à la tragédie qui a touché tout le monde. Nos dirigeants le savent bien, c'est communicatif, comme de bailler en public. Voir ces millions de "je suis Charlie" dans la rue alors que le journal était en faillite a finalement quelque chose d'artificiel. Pas sûr que ce soit une réelle solidarité avec Charlie Hebdo.
    Comme c'était prévisible, la popularité de nos principaux dirigeants remonte, même si ce n'est pas fracassant.

    http://www.bfmtv.com/politique/cote-de-popularite-du-mieux-pour-hollande-et-valls-apres-les-attentats-857214.html

     http://www.rtl.fr/actu/politique/apres-les-attentats-en-france-la-cote-de-popularite-de-manuel-valls-continue-de-grimper-7776239117

    Laissons passer quelques semaines et les moutons, n'ayant plus d'herbe à brouter, changeront de pré.

    Qui étaient ces terroristes
     
    Produits de toute pièce par un système sans concession ?
    A lire absolument :
    L’enfance misérable des frères Kouachi
    Eloïse Lebourg (Reporterre)
    jeudi 15 janvier 2015

    http://www.reporterre.net/L-enfance-miserable-des-freres

     

    Quelle était l’enfance de Chérif et Saïd Kouachi, les deux hommes qui ont assassiné les journalistes et les policiers à Charlie Hebdo ? Une enfance misérable, de père absent et de mère prostituée, dans un immeuble populaire du 19e arrondissement de Paris. Evelyne les a connus, elle témoigne. Un document exclusif de Reporterre

    Elle en rêvait, de son logement social. Elle pose donc meubles, enfants, mari, dans un F4 du 156 rue d’Aubervilliers, à Paris. Avec son CAP de comptabilité, Evelyne s’en va chaque matin travailler tout près de la cité, en plein 19e arrondissement. Nous sommes dans les années 1980. La mixité sociale n’est encore qu’une théorie, un concept.
    « Ici, nous vivions entre pauvres. Et encore, la plupart des gens, une fois passées quelques années, partaient ailleurs. Le quartier craignait vraiment. Nous avons décidé de rester pour changer notre environnement nous-mêmes, nous les locataires du 156. Nous voulions sauver notre quartier. »
    Un enfant comme les autres
    Alors, Evelyne crée des associations. L’une d’elles, Jeunes et locataires, voit le jour dans les années 1990. Son but est de sortir les enfants, de leur faire découvrir autre chose « que le ghetto ». Son association est une des rares à traverser le temps, elle existe pendant plus de dix ans. Elle parvient à dégoter quelques subventions, alors elle prend la main des gamins du quartier et les emmène ailleurs. Un goûter dans un parc, une sortie dans un beau quartier de Paris, et même un jour : Eurodisney.
    On la prévient, dans la bande des enfants, l’un est particulièrement coquin, voire turbulent. Il s’appelle Chérif. Il se balade toujours avec son grand frère Saïd, plus discret. À croire que le plus petit est l’aîné. Saïd pleurniche tout le temps, et suit toujours son cadet. Evelyne surveille le cadet « comme du lait sur le feu ».
    « J’adorais cet enfant. Il suffisait qu’on le cajole, qu’on le prenne dans les bras pour qu’il se calme. Moi, je l’ai trouvé touchant, ébahi comme tous les autres par la bande à Mickey. » Un enfant comme les autres, qui croit en la magie de Disney, et qui se calme dès qu’on l’apaise. « On les emmenait au cinéma, Chérif adorait y aller. »


    Mère en détresse
    Sa mère n’a pas d’argent pour payer la cantine, et elle n’est pas du genre à demander de l’aide. Evelyne qui aide tout le monde à faire ses papiers, ne l’a jamais vue dans son bureau. On ne sait rien du père, et peut-être même les enfants ont-ils des pères différents. Ils ont toujours vécu ici, nés en 1980 et 1982. Deux des cinq enfants ont déjà été placés ailleurs par les services sociaux, quand Evelyne suit Cherif et Saïd.
    Quelques mois après la sortie à Eurodisney, Chérif rentre de l’école comme chaque midi. Accompagné comme toujours de son grand frère, il découvre ce midi-là, en plein milieu de l’appartement, sa maman morte. Morte de quoi ? Elle aurait avalé trop de médicaments. Pour beaucoup, il s’agit d’un suicide.
    Finalement, tout le monde connaissait le quotidien de cette mère célibataire. Et les langues des habitants du quartier finissent par se délier. Elle ne parvenait plus à subvenir aux besoins de ses cinq enfants, elle avait fini par faire le trottoir pour arrondir les fins de mois. Elle serait morte, selon la gardienne qui était la seule qui lui parlait, enceinte d’un sixième enfant.
    Les enfants sont orphelins, Saïd a douze ans, Chérif a dix ans. Ils quitteront le 156, pour passer leur adolescence, en Corrèze, dans un établissement de la Fondation Claude Pompidou
    "On aurait dû aider cette maman"
    Evelyne l’a reconnu sur sa télé mercredi 7 janvier. « J’ai appelé mon gendre, qui lui aussi a grandi dans le quartier. Il m’a bien confirmé. J’ai pleuré. Je me suis dit que je suis responsable. J’aurais dû aider cette maman. On n’aurait jamais dû emmener les enfants à Eurodisney, avec cet argent-là, on aurait dû aider cette maman. Chérif avait une dizaine d’années, pas plus. Finalement, à n’avoir rien vu, nous avons tué cette mère et avons été incapables de sauver ses enfants. »
    Evelyne est inconsolable devant sa télévision. « Chérif était un enfant comme les autres. Mais il n’aura pas reçu d’amour… Il a trouvé dans le fanatisme religieux, la famille qu’il n’a jamais eue. Ils ont su lui monter la tête. En même temps, c’est facile de s’en prendre à des gamins aussi isolés et fragiles. Personne n’était là pour le remettre dans le droit chemin. »
    "S’il avait eu une enfance heureuse, serait-il devenu terroriste ?
    Evelyne tient pour responsable la politique de la Ville. « Le but était de parquer là les pauvres. Et personne ne s’en occupait. Les assistantes sociales démissionnaient une à une. Elles avaient trop de boulot par chez nous, elles préféraient se faire muter ailleurs. Alors chaque mois, on avait une nouvelle personne qui reprenait notre dossier, et au final, on n’avançait pas. »

    Evelyne en veut aussi beaucoup au manque d’encadrement des enfants. « Il n’était pas rare que l’on voit des enfants de cinq-six ans traîner devant l’immeuble à minuit. Chérif lui, était comme abandonné. Je me souviens d’un jour durant lequel nous organisions un goûter. Nous n’avions pas de local, alors nous allions dans les caves. Je suis remontée chercher des gobelets, et là, j’ai vu un gardien demander à Chérif, qui était tout maigrelet, de se mettre à genoux pour demander pardon, parce qu’il avait fait une bêtise. Comme il n’avait pas de papa, et une maman absente, il était un peu le souffre-douleur. Enfin, je ne voudrais pas que vous pensiez que je le défends. Mais je veux dire, s’il avait eu une enfance heureuse, serait-il devenu un terroriste ? »
    Elle raconte aussi, pour expliquer le contexte de désarroi, l’histoire d’un autre jeune, habitué de la brigade des mineurs, qu’elle faisait dormir chez elle, parce qu’il était battu par sa maman. Un jour, il fugue, les premières nuits, il dort sur le toit. Evelyne finit par le ramasser, lui faire passer une nuit dans le lit de son fils. Le matin, elle le dépose à la police. C’est un habitué, quatre fois qu’il vient. La première fois, à cause d’une brûlure au troisième degré causé par un fer à repasser. Evelyne se met en colère : « Combien de fois devrai-je vous l’amener avant que vous le retiriez de sa mère ? »
    Mais le policier veut d’abord savoir comment l’enfant a vécu pendant ces huit jours d’errance. Il comprend tout, quand l’enfant parle d’un monsieur. « Les enfants étaient tellement laissés à l’abandon que le 156 était devenu un repère de pédophiles. Ils passaient le soir, les gamins étaient livrés à eux-mêmes sur le parking. Les parents ne les cherchaient pas… »
    "Nous étions entourés de violence"
    Evelyne en a marre : « Nous avions quatre centres sociaux dont La maison des copains de La Villette, Action fraternelle, ou encore Espace 19, mais les éducateurs, salariés, n’étaient pas plus âgés que les délinquants et leur donnaient rendez-vous dans les cafés à fumer des clopes et boire des verres. Moi, j’appliquais la méthode bénévole de la ’maman’ et je n’ai jamais eu de problème avec ces jeunes. Sont-ils totalement responsables de ce qu’ils deviennent ? Délinquants, drogués, et pour les frères Kouachi, ces monstres incompréhensibles ? »
    Marise (prénom modifié) se pose la même question. À l’époque, elle aussi habite le quartier. Militante, elle multiplie les associations pour venir en aide aux quartiers difficiles. « J’ai vécu de bons moments. Mais avant les années 90, et la prise de conscience que la mixité sociale était indispensable, nous ne parlions pas de ça lors de nos réunions politiques. (NDLR : Marise a d’abord été militante au PC, puis au PS). La société délaisse les pauvres, les met en colère, les rend violents, puis parfois haineux. »
    « Les seuls qui acceptaient de vivre au 156 étaient les sans-abris. Nous étions entourés de violence. » Evelyne renchérit. « Je me souviens de ces gamins dont le père était toujours saoûl, et s’endormait avant que les enfants ne rentrent de l’école. Il fermait à clef, les enfants dormaient dans les escaliers. Nous faisions des signalements, mais même les professeurs ne disaient rien… C’est une société entière qu’il faut condamner d’avoir laissé grandir des enfants dans une telle misère. »


    "Terreau fertile"
    Evelyne, chrétienne qui pense qu’il faut savoir rire de tout, savait que doucement l’islam gagnait dans le quartier. « Je voyais de plus en plus de femmes porter le voile, puis avoir des propos de moins en moins laïcs. » Marise acquiesce : « Au début, dans les années 90, un des pratiquants de la mosquée de la rue de Tanger faisait partie du Conseil de Quartier. On l’aimait beaucoup, il était très laïc, très ouvert. Nous faisions nos réunions dans la mosquée. Je trouvais cela formidable. Puis notre ami, un jour nous a dit qu’il quittait la mosquée, qu’il ne se retrouvait plus dans les paroles de l’imam. Dès lors, la porte de la mosquée nous est restée à jamais fermée, et nous voyions le changement dans le comportement. Les salafistes ont petit à petit pris possession des lieux, jusqu’à l’arrestation de la cellule des Buttes Chaumont. »
    Marise pense que l’intégrisme ne peut prendre racine que sur ce genre de terreau fertile où la précarité et l’abandon ont pris la place normalement nécessaire de l’intégration. « Mais je suis optimiste, depuis l’avènement de la mixité sociale, les choses vont mieux. Je reste persuadée que la mixité était la bonne solution. En revanche, ces enfants nés dans le triple abandon, d’une société, parfois de racines, et encore pire d’éducation, n’ont pas pu apprendre les limites, pas pu s’intégrer… Et ils ont trouvé refuge dans la délinquance, la violence, la prison, et parfois dans l’intégrisme religieux. Il reste cependant de nombreuses structures à créer pour prévenir, intégrer, encadrer. Tenez, pour l’intégration, moi j’aime beaucoup animer l’atelier tricot au Centre Social Riquet mais je dis aux femmes d’arrêter de parler une langue entre elles que je ne comprends pas, j’ai l’impression qu’elles parlent de moi. Ça les fait rire. Mais finalement, parler le même langage quand on est ensemble, c’est plus simple non ? »
    Pour Marise, « nous sommes responsables de ne pas avoir offert une jeunesse équilibrée à ces mômes, en n’ayant jamais vu la souffrance de leur mère, leur désarroi d’orphelins… Mais ce n’est pas une excuse pour tuer les autres et ne pas avoir le recul face à l’absurdité du fanatisme… »
    Evelyne, elle, qui a pris sa retraite et vit maintenant dans la région Centre, concède : « Je ne devrais pas le dire, vous allez me prendre pour une folle, mais quelque part, moi ces gamins-là, je les plains… »

    Tous les morts n'ont pas la même valeur

    Ce texte, politiquement incorrect ne figure pas sur la toile

    17 personnes assassinées par des fanatiques religieux et 4 millions de personnes sortent dans la rue, et tous les médias parlent d’une seule voix pour d’écrire ces horribles actes.
    130 000 morts depuis le début de la guerre civil en Syrie, il y a 4 ans.
    1000 victimes de la secte Boko-Haram au Nigéria en seulement 4 jours, entre le 4 et le 7 Janvier 2015.
    2000 personnes tuées en Palestine rien que sur l’année 2014.
    Tous ces mineurs du Niger, travaillant dans les mines d’uranium d’Aréva, ‘les plus sûr du monde’ et qui meurt avant l’âge de 60 ans.
    Et si peu de réaction !
    Est-ce parce qu’ils sont noirs, arabes ou musulmans ? Ces humains, parce qu’ils n’ont pas la bonne carte d’identité, seraient-ils moins humains ?

    TOUS LES MORTS N’ONT PAS LA MÊME VALEUR !

    1 soldat français meurt au combat en Afghanistan, c’est l’émoi, la tristesse, un drame pour la République qui perd un ‘soldat de la liberté’. Une enquête est même lancée.
    1 fillette meurt d’une balle française en Afghanistan, ça ne fait même pas une ligne dans les journaux. Alors pourquoi une enquête ?

    TOUS LES MORTS N’ONT PAS LA MÊME VALEUR !

    1 policier est abattu, froidement, par un fou furieux et ce sont 4 millions de manifestants, des funérailles nationales à l’Elysée, sa famille interviewée aux journaux télévisés de 13h et de 20h, un éloge de sa vie et de ses collègues.
    1 manifestant est tué par la gendarmerie démocratique et, seulement, 10 milles personnes manifestent leur émotion et leur peur sur la liberté de manifester. Une enquête est ouverte par la police des polices et les journalistes répètent, sans recul, la version policière, c’est-à-dire celle de ceux accusé d’homicide. Evidemment la famille de la victime est privée de médias.
    1 habitant des quartiers HLM est tué par la police républicaine, la France ne se lève pas, la version policière, la même que celle du procureur, tourne en boucle dans les médias locaux. La victime y est décrite si négativement, qu’à les écouter le policier en question devrait être décoré pour ce meurtre. La famille de la victime est sommet de faire profil bas et de lancer des appels au calme, si elle veut que l’enquête de la police de polices daigne commencer.

    TOUS LES MORTS N’ONT PAS LA MÊME VALEUR !

    Dans ces quartiers, tout comme dans les colonies françaises que sont les DOM-TOM, lorsqu’un môme de 12 ans perd un œil par un tir de flashball des gardiens de la paix, les journalistes, criant leur indépendance aujourd’hui, répètent depuis trop longtemps la version policière, au mot près. La famille est laissé seule à elle-même pour une bataille judiciaire, longue de plusieurs années, trop souvent classée sans suite.
    Et les 4 millions de personnes qui défilaient pour les Droits de l’Homme et la Liberté, où sont-elles ?

    TOUS LES MORTS N’ONT PAS LA MÊME VALEUR !

    Pour que les violences des forces de l’ordre restent aussi inadmissibles que celles des racistes de tout poil qui veulent imposer leurs idées par la force et la peur.
    Pour que les blessés par la police, leurs familles et les familles des tués par la police reçoivent le même traitement que celui des victimes de Charlie Hebdo, de l’Hyper Casher et de l’imprimerie.
     Et pour afficher notre entier soutien aux blessés, mutilés et aux familles des tués par la police.
    Nous serons présents à la manifestation du 22 février à Nantes. Lieu et date auxquels, en 2014, 3 manifestants y ont perdu un œil et 3 autres sont toujours en prison pour avoir osé s’être exprimé dans la rue.

    TOUS LES MORTS AURONT LA MÊME VALEUR !

    Gaulois.


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