• Expulsé, il s'immole par le feu.

    Être expulsé de son logement est sans doute la pire des choses qui puisse arriver aux personnes en difficulté. Comme expliqué dans ce communiqué, perdre son logement, c'est tout perdre. Au delà de la nécessite de se loger, le logement est devenu une source juteuse de revenus  et d'exploitation des plus pauvres, au profit d'une classe bourgeoise dénuée de toute pitié et à des années lumière de la réalité sociale. Les pouvoirs en place qui se succèdent ne font rien pour améliorer le sort des familles précaires. Dans ce monde ou le profit est roi, aucun argument ne peut justifier les mises à la rue de familles. Tout est mis en œuvre pour acculer à la misère. Les familles victimes de ces marchands de sommeil sont taxés de mauvais payeurs et de mauvaise foi, quand ils ne sont pas en plus victimes de racisme ou de xénophobie. Pendant ce temps, il est dépensé des sommes colossales pour l'entretien du patrimoine. Au fait, c'est sans doute aussi et largement pour préserver sans vergogne le patrimoine de la classe dirigeante. Vous savez, cette classe dont la plupart sont régulièrement accusés de détournements et de fraudes en tous genre.

    C'est vrai que la France est le pays des droits de l'homme ??

    Gaulois.

     

    Communiqué du DAL ( Droit Au Logement )

    Paris le 26 juin 2014

    Un père de famille s’immole devant la sous Préfecture après avoir reçu le courrier confirmant l’expulsion de sa famille. Arrêt immédiat des expulsions sans relogement ! Droit Au Logement apprend avec tristesse et émotion qu’un père de 2 enfants, vivant en HLM au Kremlin Bicêtre, s’est aspergé d’essence et s’est immolé devant la Sous-préfecture de l’Hay les Rose (Val de marne), car il venait de recevoir l’avis préfectoral autorisant le concours de la force publique, pour l’expulser avec sa famille de son logement HLM. Un jugement d’expulsion pour impayé de loyer avait été rendu à leur encontre semble-t-il depuis 2011. Une dette de quelques milliers d’euros s’était accumulée. Nous apportons notre soutien à sa femme et ses enfants, et espérons de tout cœur qu’il survivra. Ce drame révèle la terrible angoisse qui a saisit ce père, face à la perspective de se trouver à la rue, avec sa famille.  Cette angoisse, nous la connaissons, elle rôde et enfle à mesure que la procédure avance, aveugle, dictée par des priorités strictement et froidement financières, sans considération pour l’humain. L’expulsion sans relogement peut briser une vie; Cette honte  de n’avoir pu assurer un toit et une vie décente à ses enfants, nous la comprenons, d’autant plus que les loyers et les charges grimpent et que le trop souvent les revenus baissent. Deux mois d’impayé suffisent, la CAF est alors informé,  les APL sont coupées, faisant grimper la dette à toute vitesse. Le jugement d’expulsion “avec le concours de la force armée, si besoin est” est ordonné, la procédure “d’exécution” s’enclenche, puis le Préfet donne “le concours de la force publique”, le locataire est informé,il reste alors une à deux semaines, puis un petit matin,  l’huissier frappe à la porte avec la police. C’est l’expulsion.   Et lorsque l’on n’a pas les soutiens, c’est la rue car les dispositifs d’hébergement et d’accompagnement jusqu’au relogement ne fonctionnent plus, malgré la loi.  Cette loi qui proclame, dans son article L 345-2-2 et 3 du code de l’action social que chaque personne à la rue en situation de détresse, qui fait appel au 115, doit être accueillie en urgence et maintenue jusqu’à une orientation vers un hébergement stable ou un relogement. Cette loi que le 1er ministre n’a même pas évoqué dans son plan de relance pour le logement, car il est destiné au milieu de l’immobilier, non pas aux classes populaires. Il aurait pu annoncer un plan d’urgence et de réquisition des logements et locaux vacants, pour secourir les plus fragiles... Pas un mot. Là aussi la logique glacée des dépenses publiques fait son œuvre. Le 115 est saturé, il trouve au mieux un hébergement dans un département lointain, tandis que l’aide sociale à l’enfance propose fréquemment aujourd’hui de placer les enfants et de laisser les parents sur le trottoir.   La rue c’est la honte, c’est l’éclatement de la famille avec un risque sérieux de placement, c’est la perte  de son emploi si on en a encore un, c’est la disparition progressive des liens familiaux, des amis, c’est la maladie, et la mort lente. L’espérance de vie d’un sans abri est de 15 ans. Nous savons en partie pourquoi ce père de famille à commis ce geste de désespoir, et ce qui l’y a conduit : une dette de quelques milliers, d’euros, un dispositif lacunaire de prévention des expulsions en logement social, et l’inefficacité croissante et délibérée des pouvoirs publics pour aider les plus fragiles à obtenir et se maintenir dans un logement accessible et décent, et à être accueilli en cas de coup dur.   Nous attendons que le Préfet  du Val-de-Marne suspende cette expulsion, que le bailleur social signe un protocole afin de rétablir les APL  retro activement et apure la dette, ou qu’il reloge cette famille. Ce drame devrait rappeler au Gouvernement qu’il doit faire respecter le droit au logement et mettre en œuvre les moyens pour appliquer les lois favorables aux mal logés et aux sans toit. C’est sa compétence. Arrêt immédiat des expulsions sans relogement ! Un toit c’est un droit !


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :