• Dans les villes mortes autour de Fukushima

    Ou l'histoire se répète.

    Comme à Tchernobyl, La zone de Fukushima devient une terre de désolation sur laquelle il sera dangereux d'y vivre pour longtemps. Il ne fait aucun doute qu'une grande partie du Japon subira les conséquences de cette catastrophe. Les maladies provoquées par la contamination radioactive va s'étaler sur des décennies, voir des siècles. Les malformations, les atteintes au génome humain, comme d'ailleurs la faune et la flore s'éterniseront. Bien que le nucléaire soit dans une phase de déclin, les dangers de graves catastrophes subsistent un peu partout dans le monde. Faire la promotion du nucléaire est un crime, un génocide. N'ayons pas peur des mots ;un holocauste programmé.

     http://www.ecolo.be/?Forum-nucleaire-campagne-de

     Ceux qui organisent ce forum devraient être traduits en justice. Vous avez dit justice ?

    Gaulois.

    LE MONDE | 10.03.2014 Par Philippe Pons (Préfecture de Fukushima, envoyé spécial)

     http://www.lemonde.fr/japon/article/2014/03/10/dans-les-villes-mortes-autour-de-fukushima_4380447_1492975.html

     Arrêt de bus abandonné dans la ville de Tomioka, à 10 km au sud-est de la centrale de Fukushima Daiichi

    Dans le ciel, les corbeaux planent. Des papiers tourbillonnent dans le vent. Le silence pesant des rues sans vie est rompu par une porte qui claque ou des tôles ondulées qui grincent… Depuis trois ans, Tomioka est une ville morte. Cette commune de 16 000 habitants du nord-est du Japon avait résisté au puissant séisme du 11 mars 2011, et au tsunami qui l'avait suivi. Mais quelques jours après le tremblement de terre, la population a fui : l'océan avait envahi la centrale de Fukushima Daiichi, située à une quinzaine de kilomètres, provoquant la catastrophe nucléaire la plus importante depuis Tchernobyl (1986). Les habitants ne sont jamais revenus. Dans la rue principale, on tombe sur une quincaillerie ouverte. Devant la devanture, balais, râteaux et tuyaux d'arrosage ont été sortis pour attirer le client, comme si de rien n'était. Chaque jour, le patron de 67 ans est là. Il ouvre son coffre-fort d'un autre âge et fait l'inventaire. Lorsqu'il a fini, il recommence. L'homme vit dans un logement provisoire à Iwaki, à une trentaine de kilomètres. « Je n'ai rien d'autre à faire », dit-il. ICI, RIEN N'A CHANGÉ DEPUIS TROIS ANS A l'autre bout de la Nationale 6, qui passe devant l'entrée de la centrale accidentée, une autre petite ville, Okuma (11 500 habitants), est interdite d'accès en raison d'un taux de radioactivité élevé. Avant l'accident, la mairie avait élevé un portique à la gloire de Tepco, l'opérateur de la centrale. Okuma est doublement condamnée : ses habitants n'y retourneront pas et elle accueillera les déchets irradiés. En d'autres termes, elle est sacrifiée à jamais. Au nord de la centrale, à Namie (20 000 personnes), interdite sauf à ses habitants, qui n'ont cependant pas le droit d'y dormir, ce sont les mêmes images de désolation. La zone a été balayée par le tsunami. Alors qu'ailleurs, les gravats ont été déblayés, ici, rien n'a changé depuis trois ans : maisons effondrées, carcasses de voitures défoncées et chalutiers échoués dans les rizières envahies d'herbes géantes. Par endroits, un petit autel bouddhique a été élevé avec de menues offrandes. La centrale est à sept kilomètres. Dans la rue commerçante épargnée par la vague géante, l'entrepôt du distributeur de journaux est rempli des piles ficelées d'exemplaires du quotidien daté du 12 mars 2011, jamais distribués. A la « une », une photo du désastre. 154 000 SINISTRÉS DANS DES LOGEMENTS PROVISOIRES « Les sinistrés sont tombés dans l'oubli, dit un restaurateur de Minamisoma (70 000 habitants), un peu plus au nord. On n'a rien à léguer à nos enfants : le terrain ne vaut plus un sou. Les jeunes partent. Une ville sans les cris des gamins, ce n'est plus une ville. » Les deux tiers des 154 000 sinistrés (soit 8 % de la population de la préfecture de Fukushima) vivent toujours dans des logements provisoires. Selon une enquête de décembre 2013, deux tiers d'entre eux ne pensent pas rentrer. Quelque 30 000 personnes pourraient pourtant être autorisées à regagner leurs logements dans la zone irradiée dans les deux années à venir.

    Zonage des territoires évacués en date du 7 août 2013

    Sur les 130 kilomètres qui séparent Minamisoma, au nord de la préfecture de Fukushima, et Hirono, au sud, s'égrènent bourgs et hameaux désormais sans vie. Les rizières jaunissent. Les serres ne sont plus que de squelettiques charpentes métalliques dont les bâches en lambeaux flottent au vent. Les chemins des fermes abandonnées sont parsemés de kakis pourris. Impossible de les manger : ils contiennent une forte dose de césium. Depuis avril 2013, la géographie de la contamination est en « peau de léopard » : zones rouges totalement interdites, zones vertes où l'on peut se rendre sans y dormir et zones orange, en voie de décontamination. En plein milieu d'une zone dite sans danger, on tombe soudain sur des portions de territoire interdites d'accès car hautement contaminées. « LES RATS ET LES SERPENTS SE SONT MULTIPLIÉS » Lire aussi : Fukushima : « Des victimes condamnées à vivre un désastre illimité » Dans tous les villages, les habitants s'inquiètent. « Les hirondelles et les moineaux ont disparu, il n'y a plus de grenouilles, des arbres meurent sans que l'on sache pourquoi », dit un ancien fonctionnaire de la mairie d'Iitate (6 000 habitants), à 100 km au nord-est de la centrale. Responsable d'une équipe de décontamination, il préfère garder l'anonymat. « Les rats et les serpents se sont multipliés. On voit davantage de faucons. Dans les maisons moisies, qui ont souvent été cambriolées, on ne peut plus vivre. Ici, il n'y a plus d'avenir. » Les sangliers, qui se sont souvent accouplés à des cochons abandonnés dans l'exode, ravagent les campagnes, poursuit-il. Se nourrissant de tout ce qu'ils trouvent, ils sont hautement contaminés. « LA NATURE, AUJOURD'HUI, IL FAUT S'EN MÉFIER » « Dans notre région, on n'avait que la nature, dit Mika Nemoto, une jeune femme du bourg de Miyakoji, dans la petite ville de Tamura (40 000 habitants). Mais on ne peut plus la toucher : on ne peut plus manger ses produits, boire son eau ; nos enfants ne peuvent plus jouer dans la montagne et doivent se balader avec un dosimètre autour du cou. La nature, c'était une amie. Aujourd'hui, il faut s'en méfier. » Certains paysans retournent inlassablement la terre, espérant en extirper le mal. Les éleveurs, dans une région réputée pour sa viande bovine, ont jeté l'éponge : à Kawauchi (2 800 habitants, dont la moitié est revenue), quatre-vingts familles pratiquaient l'élevage. Il n'en reste plus que sept. Lorsque la région de Namie fut interdite d'accès, un éleveur a ignoré les injonctions des autorités d'abattre le bétail, venant en cachette le nourrir. Masami Yoshizawa a été arrêté plusieurs fois, mais il a continué. Dans son pré paissent une cinquantaine de bovins, nourris avec du fourrage provenant d'autres régions. Sur une citerne, quelques mots ont été tracés rageusement en rouge : « Il faut sauver la vie ». Philippe Pons (Préfecture de Fukushima, envoyé spécial)

     

    REPORTERS WITHOUT BORDERS / REPORTERS SANS FRONTIERES
    PRESS RELEASE / COMMUNIQUÉ DE PRESSE

    Reporters sans frontières dénonce la censure

    03.11.2014

    ENG : http://en.rsf.org/japan-nuclear-lobby-still-gagging-11-03-2014,45980.html

    FRA : http://fr.rsf.org/japon-trois-ans-apres-la-catastrophe-le-11-03-2014,45979.html

    JAPAN

    Nuclear lobby still gagging independent coverage three years after disaster

    Reporters Without Borders deplores the climate of censorship and self-censorship that continues to prevail in discussion of nuclear energy in Japan three years after the disaster at the Fukushima Daiichi nuclear power plant, 250 km north of Tokyo.

    In particular, Reporters Without Borders condemns the treatment of independent journalists and bloggers who are critical of the government and the nuclear energy lobby, dubbed the “nuclear village” by its detractors.

    The latest example is a “criminal contempt” complaint against freelance journalist and blogger Mari Takenouchi for a tweet about a project by an NGO called Ethos for encouraging the population to keep living in areas contaminated with radioactivity, which she described as “human experiments.”

    “The complaint brought against Mari Takenouchi is yet another example of the way groups linked to the nuclear energy lobby are trying to gag opposing views,” said Benjamin Ismaïl, the head of the Reporters Without Borders Asia-Pacific desk.

    “By criticizing the programme to encourage inhabitants to keep living in still radioactive areas, this journalist is just documenting a legitimate and well-substantiated concern about the health risks linked to radiation. We urge the head of Ethos, Ryoko Ando, to withdraw her complaint against Takenouchi, which acts as a deterrent to all independent news providers.

    “As we feared in 2012, the freedom to inform and be informed continues to be restricted by the ‘nuclear village’ and government, which are trying to control coverage of their handling of the aftermath of this disaster. Its long-term consequences are only now beginning to emerge and coverage of the health risks and public health issues is more important than ever.”

    Ismaïl added: “However, those who try to draw attention to the continuing risks linked to radiation or who accuse of the government of being unprepared or even deliberately minimizing the risks are censored and harassed by the authorities and the nuclear power industry, which increasingly resembles a dark and untouchable mafia.”

    Takenouchi, a freelance journalist who has a blog and has translated three books on nuclear radiation, was notified on 29 January by the police of Iwaki Minami, in Fukushima prefecture, that Ethos director Ryoko Ando (also known as Yoko Kamata) had brought a criminal contempt complaint against her in connection with the tweet.

    After interrogating Takenouchi at her home for three hours on 13 February, the Fukushima police asked her to go to police headquarters the next day, when she was interrogated for another four hours. The findings of their investigation were sent at the beginning of March to Fukushima’s chief prosecutor, who will then decide whether to prosecute her.

    In her articles and in interviews for independent media, Takenouchi has accused the government of pursing a public relations policy that plays down the radiation health risk for people in contaminated areas.

    She has written: “Ethos is a programme where residents including pregnant women and children are encouraged to keep living in contaminated areas through carrying out decontamination and radiation measurement, which most importantly resulted in sickness among the majority of children. This was conducted in Belarus and now is in Fukushima funded by pro-nuclear lobbies.”

    She pointed out on 3 February that the Ethos programme’s launch had only been reported at the local level by national public TV broadcaster NHK and some local TV stations. To alert public opinion, she recently posed a video in which she describes the findings of her research, based mainly on material in the public domain, about radiation risks and the dangers that the Ethos programme poses for the youngest sector of the population.

    (Video on the website)

    This case recalls the libel suit that the head of a nuclear security systems company brought against freelance journalist Minoru Tanaka in 2012 in connection with his coverage of developments in the nuclear energy industry after the disaster. The suit was abandoned in August 2013.

    Ever since the Fukushima-Daiichi disaster in 2011, freelance journalists and foreign news media trying to cover Japan’s nuclear energy industry have found their access to information being restricted.

    Both Japanese and foreign reporters have described to Reporters Without Borders the various methods used by the authorities to prevent independent coverage of the disaster and its consequences.

    They have been prevented from covering anti-nuclear demonstrations and have been threatened with criminal proceedings for entering the “red zone” declared around the plant. And they have even been interrogated and subjected to intimidation by the intelligence services.

    Reporters Without Borders is previewing here a passage from the “Fukushima censored” video that will be posted on our website (www.rsf.org) soon.

    (Video on the website)

    Japan has fallen 22 places in the Reporters Without Borders press freedom indexin the past two years, and is now ranked 59th out of 180 countries.

    The six-place fall of the past year is partly attributable to the Japanese Diet’s adoption of a special intelligence protection bill on 26 November that will allow the government to classify any sensitive information as a “state secret.”

    ______________________________________


    JAPON

    Trois ans après la catastrophe, le lobby nucléaire continue de censurer les acteurs indépendants de l’information

    Reporters sans frontières déplore le climat de censure et d’autocensure qui continue de régner sur la question du nucléaire, trois ans après l’accident nucléaire à la centrale de Fukushima Daiichi (nord de Tokyo). L’organisation dénonce le traitement réservé aux journalistes et blogueurs indépendants et critiques à l’encontre des autorités et du lobby nucléaire, surnommés "village nucléaire" par leurs détracteurs. Dernier cas recensé par l’organisation, la journaliste freelance et blogueuse Mari Takenouchi, accusée d’"outrage criminel" après avoir critiqué l’organisation non gouvernementale " Ethos " et son projet de repeuplement volontaire des zones irradiées.

    "La procédure judiciaire lancée contre Mari Takenouchi est un nouvel exemple de la manière dont certains groupes liés à des organismes pro-nucléaires cherchent à museler les voix contradictoires. En dénonçant le programme encourageant les habitants à rester dans des zones irradiées, la journaliste ne fait que documenter une inquiétude légitime, argumentée au regard des risques médicaux liés aux radiations. Nous demandons à la directrice de l’organisation Ethos, Mme Ryoko Ando, de retirer sa plainte à l’encontre de Mari Takenouchi, qui constitue un message dissuasif pour tous les acteurs indépendants de l’information", déclare Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières.

    "Comme nous le craignions en 2012, la liberté d’informer et de s’informer continue d’être mise à mal par le ’village nucléaire’ et les autorités, qui s’évertuent à contrôler l’information sur la gestion de ’ l’après-crise ’. Les conséquences de la catastrophe sur le long terme commencent à peine à émerger et les enjeux en matière d’information sur les risques sanitaires et la santé publique sont plus que jamais d’actualité. Mais ceux qui tentent d’attirer l’attention sur la permanence des risques liés aux radiations, de dénoncer le manque d’anticipation des autorités, voire leur politique de minimisation des risques, sont censurés et harcelés par ces dernières et les acteurs privés du secteur nucléaire qui, pris dans son ensemble, ressemble de plus en plus à une mafia opaque et intouchable", ajoute Benjamin Ismaïl.

    Le 29 janvier 2014, Mari Takenouchi, journaliste freelance, auteure du blog savekidsjapan.blogspot.fr et traductrice de trois livres traitant des radiations nucléaires, a été informée par la police d’Iwaki Minami, à Fukushima, du dépôt d’une plainte à son encontre par la directrice de l’organisation Ethos, Ryoko Ando (de son vrai nom Yoko Kamata) pour diffamation pénale, suite à la publication d’un tweet dans lequel la journaliste aurait qualifié leur programme d’"expérience sur des êtres humains".

    Le 13 février, la police de Fukushima a interrogé la journaliste à son domicile pendant près de trois heures, avant de la convoquer, le lendemain, au commissariat, où elle a de nouveau été entendue pendant quatre heures. Début mars, les informations recueillies ont été envoyées au procureur de Fukushima. Ce dernier devrait ensuite décider de la continuation ou non de la procédure judiciaire à l’encontre de la journaliste.

    Dans ses articles et interviews publiés par les médias indépendants, la journaliste dénonce une politique de communication menée par le gouvernement visant à minimiser les dangers posés par les radiations auprès des populations des zones contaminées. Pour la journaliste "Ethos est un programme par lequel les résidents, y compris les femmes enceintes et les enfants, sont encouragés à continuer à vivre dans les zones contaminées en participant à la décontamination et à la mesure des radiations, ce qui a entraîné des maladies chez la majorité des enfants concernés. Ce programme, conduit en Biélorussie et désormais lancé à Fukushima, est financé par les lobbies pro-nucléaires. "Le 3 février, Mari Takenouchi notait sur son blog que l’annonce du lancement du programme Ethos n’avait été relayée que par quelques chaînes locales et la chaîne de télévision nationale NHK, au niveau local seulement.

    Afin d’avertir l’opinion publique, la journaliste a récemment mis en ligne une vidéo dans laquelle elle décrit l’état de ses recherches, notamment basées sur des sources publiques, sur les dangers liés aux radiations et les risques posés par le programme Ethos pour la frange la plus jeune de la population.

    (Vidéo sur le site)

    Cette affaire n’est pas sans rappeler la poursuite en justice à l’encontre du journaliste freelance Minoru Tanaka, accusé de diffamation par le président d’une entreprise de systèmes de sécurité pour centrale nucléaire, suite à ses enquêtes sur les coulisses de la gestion de l’incident nucléaire à la centrale de Fukushima-Daiichi. En aout 2013, les poursuites ont été abandonnées.

    Depuis 2011, les journalistes freelance et les médias étrangers qui couvrent les sujets liés au nucléaire sont particulièrement visés par des restrictions dans l’accès à l’information. Parfois empêchés de couvrir les manifestations anti-nucléaires, menacés de procédures judiciaires pénales pour s’être rendus dans la " zone rouge ", interrogés et intimidés par les services de renseignement, plusieurs journalistes indépendants, japonais et étrangers, ont décrit à Reporters sans frontières les multiples entraves déployées par les autorités pour empêcher une couverture indépendante de l’accident nucléaire et de ses conséquences.

    L’organisation dévoile ici un premier extrait du document vidéo " Fukushima censuré " qui sera prochainement mis en ligne sur www.rsf.org

    (Vidéo sur le site)

    En deux ans, le Japon est passé de la 22eme position à la 59ème position au classement mondial de la liberté de la presse.

    En 2014, le pays a encore perdu six places, une chute s’expliquant en partie par l’adoption, le 26 novembre 2013, par la Diète d’un projet de loi sur la “protection des renseignements spéciaux” (special intelligence protection bill), donnant toute latitude au gouvernement pour qualifier de ‘secret d’État’ toute information qu’il jugerait trop sensible.

    Benjamin Ismaïl

    Head of Asia-Pacific Desk
    Reporters Without Borders
    47, rue Vivienne - 75002
    Paris - France
    +33 1 44 83 84 70

    Websites :
    https://en.rsf.org/asia,2.html
    https://surveillance.rsf.org/en/
    https://www.wefightcensorship.org/index.html
    Twitter :
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